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˜˜˜˜˜˜Hold me down — HARLASKA
maybe life should be about more than just surviving


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29/01/2016 Sial 139 Cara Delevingne Mysterylight ; Liama (ava) merci hihi Soins & quelques aptitudes en tant qu'herboriste 40
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Sujet: Hold me down — HARLASKA
Dim 2 Oct - 0:03

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N’abandonne pas. Tes pas sont lourds et fatigués et ton corps semble s’affaisser un peu plus à chaque instant et pourtant tu continues d’avancer ; il ne faut pas cesser d’espérer, après tout ce chemin tu ne peux pas laisser tomber, tu ne peux peux pas le laisser tomber.
Ses sourires te hantent et son regard te manque, ils sont la lueur au bout du tunnel (si loin) et tout ce que tu souhaites c’est le rejoindre. Mais lorsque la nuit tombe, les démons sont rois ; ils te chassent, te tracassent, effacent la moindre parcelle de lumière, et tu te retrouves seule, désespérément seule. Lente torpeur qui s’immisce dans ton esprit et le possède ; elle agrippe tes rêves et se nourrit de ta peine afin de te faire sombrer dans le trépas. Mais chaque fois tu te relèves, plus forte, plus guerrière ; tu les connais bien, (les monstres dans le placard), et tu sais qu’ils existent, plus encore sur Terre, mais les plus dangereux sont aujourd’hui loin de toi, ceux qui se disent être des tiens, incarnations malsaines.

Tu ne regrettes rien ; pas même lorsque le froid se fait ressentir tu doutes – tu sais que tu as fait le bon choix. C’était ce qu’il y avait de mieux à faire, et t'en es persuadée. Là-bas tu n’étais pas à ta place, ça faisait longtemps que tu ne l’étais plus. Depuis le jour où Liam a été envoyé sur Terre, peut-être même depuis le jour où tu es sortie de prison. Alors même si tu étais presque certaine que tu t’étais perdue – tout se ressemblait c’était presque insupportable – tu étais heureuse d’avoir enfin eu le cran de quitter l’Odyssée. Même si tu n’avais prévenu personne, tu savais que nul ne viendra te réclamer. En réalité, ce qui t’effrayais le plus, en dehors du fait que tu pouvais te faire égorger si par malheur tu devais croiser des bandits ou des natifs pas très enjoués à l’idée de vous savoir aujourd’hui sur Terre, c’était qu’ils te retrouvent (qu'ils t'emprisonnent, encore).


Plus jamais. Plus jamais tu ne voulais croiser le regard de Richard, ces yeux d’horreur – ces yeux de bourreau ; plus jamais tu ne voulais les regards de pitié, les messes basses étouffées. Rien, rien ne te manquerait et tu le savais. Tout ce qui comptait aujourd’hui c’était de retrouver les Cents, peu importe si tu devais faire le tour de l’île (tu t’en fichais), parce que la seule personne qu’il te restait se trouvait là-bas.

Pauvre innocente. Si pathétique, si faible ; tu tanguais au-dessus du vide, un couteau sous la gorge qui t’éraflait la peau (naïve) ; si inconsciente que tu t'es lancée dans ta quête sans même trop savoir ce qui t’attendait dehors (de nouveaux monstres) (sans doute plus dangereux encore). Tu ne ferais pas plus d’une semaine, et encore – t’avais de l’eau mais jusqu’à quand, et puis il te restait combien de temps avant que tu ne t’empoisonnes avec une baie inconnue ?
Tu n’étais pas stupide au point de ne pas y avoir pensé, certes, mais de toute façon tu n’avais personne à qui demander de t'accompagner lors de ta fuite, personne à qui tu aurais été susceptible de te confier – qui t’aurais aidé ? Personne ne s’intéresse à la gamine ex-tôlarde pas foutue de se démerder toute seule, et on ne pouvait pas leur en vouloir.

Alors ça faisait trois jours. Trois jours que tu marchais le plus possible afin de poursuivre ta quête, trois jours que tu errais au milieu des arbres, complètement paumée, avec ton sac sur le dos et tes rangers usées. Le soleil matinal léchait doucement les cimes des arbres d’une teinte ocre chaleureuse, et l’obscurité se dissipait peu à peu. Tu t’étais autorisée quelques heures de sommeil mais tu ne voulais pas trop tarder – après tout, on ne savait pas qui pouvait rôder dans les parages, même si tu restais persuadée que les Terriens pouvaient être une source de savoir inestimable, au contraire d’un bon nombre d’Odysséens qui se confortaient dans leurs préjugés. De toute manière, jusqu'à maintenant, tu n’avais croisé encore aucun d’entre eux, et si tu restais ouverte d’esprit, tu appréhendais la première fois que tu en rencontrerais un (faiblarde).

Mais à l’heure actuelle, ta seule préoccupation était de trouver de quoi te nourrir. Ta paume glissait le long des roches calleuses et des écorces d’arbres tandis que tu arpentais les environs en quête de nourriture. Tu finis enfin par repérer des racines qui devaient être comestibles si tu te rappelais bien de ce que t’avait montré un herboriste, un peu plus bas au pied d'un arbre. De toute manière ces contrées t’étaient inconnues et tu n’avais encore rien trouvé de très probant hormis quelques plantes qui ne t’étaient pas assez familières pour que tu prennes le risque de t’empoisonner avec l’une d’elles, même si ton estomac criait famine. 
Tu commenças à mastiquer un morceau, grimaçant un peu – ce n’était pas facile à manger, et même après l’avoir rincés avec un peu d’eau pour ôter la terre, ça n’avait pas beaucoup de goût, mais ce n’était pas comme si tu étais en mesure de faire la fine bouche. La réalité peu à peu s’imposait à toi – tu n’allais pas tenir longtemps si tu n’entreprenais pas de chasser. Vivre avec uniquement des végétaux pour subsister n’était même pas envisageable et cette vérité te pesait un peu sur la conscience, bien que ça puisse paraître paradoxal d’accepter de manger de la viande mais de ne pas vouloir tuer l’animal (meurtrière inavouée).

Le bruit d’un craquement de branches te fit sursauter et te tira de tes pensées. Tu te redressas, tendant le cou pour essayer d’apercevoir l’auteur de ce bruit mais tu ne vis rien. Ton pouls s’accéléra tandis que tu t’efforçais de trouver ton calme, sans grand succès. Respire. Tu grimpas sur un rocher pour prendre de la hauteur, puis te dirigeas derrière un tronc d’arbre, priant pour que personne ne t’aie encore remarqué. Pourtant la curiosité prit le dessus – peut être étais-tu déjà usée par la solitude – et tu te décidas à jeter un coup d’oeil en direction des quelques bruits que tu avais entendu. Tu repéras enfin une silhouette masculine, occupée à trifouiller dans des plantes – l’une de celles que tu avais déjà aperçues mais que tu n’avais osé toucher. Tu t’approchas, lentement, tentant d’observer ses gestes méticuleux. Ses mains pourtant larges agissaient avec méthode et étaient assurées. Il faisait preuve de beaucoup de dextérité et tu savais qu’il n’était pas étranger ce genre de pratique. Tes pieds glissèrent lentement tandis que tu t’appliquais à ne pas faire le moindre bruit, occupée à contempler les gestes de l’homme, mais sans doute pas assez puisque tu fis rouler un pierre qui dégringola la pente sur laquelle tu t’étais juchée. Rapidement tu te replaças derrière le tronc, le souffle saccadé, te recroquevillant sur toi même. De toute manière, ça relèverait du miracle qu'il ne t'aie pas encore repérée. Alors tu attendis.

Tu attendis la sentence qui te serait attribuée, comme tu l’avais déjà fait si souvent, pauvre éplorée.

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Sujet: Re: Hold me down — HARLASKA
Jeu 3 Nov - 18:37

Les feuilles commencent lentement à se parer d'or et de carmin autour de toi, commencent à tomber et s'accumuler au pied de l'arbre de vie, à encombrer les fines allées et vos marches de bois. C'est un spectacle réjouissant, la nature qui se teinte de couleurs chaudes, se pare de ses plus beaux habits et puis meurt petit à petit. Le temps est doux en cette saison, le vent frais et les récoltes abondent, mais tu sais pertinemment que ce n'est que passager, que l'hiver frappera bientôt à vos portes. La saison froide arrive doucement et l'automne a toujours été une période précaire pour vous, vous rendant vulnérables. Car si l'épais feuillage de l'arbre de vie et les chênes attenants vous protège des regards des étrangers et des inconnus, et si l'hiver dissuade les plus aventureux de tenter de vous rejoindre au coeur de la forêt, l'automne et ses feuilles mortes vous fait perdre une partie de votre camouflage qui vous protège tant. Les pièges demeurent, les sentinelles aussi, mais avec automne rime abondance et prudence. Temps de faire les provisions et de préparer vos défenses.

Tu n'as pas le talent inné des sentinelles ou même des animistes pour repérer les pièges quand tu t'aventures dehors mais tu sais pertinemment où ils se trouvent, par force d'habitude, et tu les évites avec soin tandis que tes pieds foulent le sol, les feuilles mortes, branches tombées et cupules vides des hêtres crissant sous tes pas.

L'air est encore doux mais petit à petit, le brouillard s'installe et le froid avec lui. Tu sens l'humidité de l'automne comme une fine couche sur ta peau, pas désagréable, mais présente malgré tout. Le soleil se fait de plus en plus pâle, de moins en moins présent. Il te chauffe encore la peau, mais tu sais qu'il suffira de quelques semaines avant que ses rayons ne deviennent rares et à peine chauds et que tu devras privilégier fourrures pour ton corps et tourbe et bois pour chauffer tes quartiers dans l'arbre de vie. En attendant, tu dois profiter de cet entre-saison qui vous permet de prendre des forces et de cueillir ou chasser tout ce qui vous sera nécessaire durant l'hiver. C'est durant ces temps-ci qu'il te faut récolter valériane, bardane et consoude, entre autres, et tu ne perds pas ton temps en tergiversations. Les rhumatismes sont un des fléaux du froid et des plantes qui soulagent ces maux seront très certainement bien nécessaires dans les mois à venir alors tu récoltes, un peu tous les jours à chaque fois dans un endroit différent.

Aujourd'hui, tes pas t'ont mené non loin de la rivière, au nord du village. Tu peux voir quelques feuilles mortes s'entasser dans le lit et tu sais qu'il vous faudra probablement les enlever rapidement avant qu'elles ne s'accumulent et vous coupent un accès précieux à l'eau. Tu fronces les sourcils mais tu décides de remettre cette tâche à plus tard – ce n'est qu'une observation, pas ton but premier.

Tandis que tu te diriges vers une parcelle de fragon épineux, tu te demandes vaguement comment s'en sortent ceux du peuple du ciel près de vous. S'ils résistent mieux à l'hiver, cette fois-ci, s'ils ont assez de nourriture, assez de moyens. Cela fait presque un an qu'ils sont sur terre à présent et de ce que tu sais, leurs moyens de subsistance restent précaires. Oui, tu es venu en aide à Tennessee, mais a-t-elle réussi à appliquer ce que tu as pu lui enseigner ? A-t-elle eu suffisamment de chance pour que ses premiers essais soient fructueux ? Tu n'es pas aussi curieux vis-à-vis d'eux que peuvent l'être certains membres de ta tribu et tu te tiens en général assez éloigné de leur camp, la plupart des choses que tu sais proviennent d'une source extérieure, d'animistes ou sentinelles partis en vadrouille, rapportant les activités qu'ils peuvent noter. Tant qu'il n'y pas de signe de destruction naturelle massive et qu'il n'y a pas d'attaque ou de morts inexpliquées envers leur camp, tu t'en désintéresses assez. Leurs savoirs seraient bienvenus pour enrichir votre bibliothèque, bien sûr, mais tu es trop arrogant pour demander toi-même à ce qu'on t'enseigne leurs savoirs. D'ailleurs, les partageraient-ils même ? Si vos rapports sont cordiaux, tu imagines sans mal que certains parmi les Skaikru doivent se méfier de vous et préférer ne pas vous donner leurs secrets. Pensée que tu comprends et partages, par ailleurs, tu n'as guère envie que les débarqués se saisissent de vos connaissances pour les retourner contre vous. Aider Tennessee était une chose sans risque, destinée à leur survie, qui ne pouvait point vous faire de mal. Leur enseigner les chemins secrets qu'il y a dans la forêt ? Les pièges, les poisons ? C'est hors de question. Qui sait quel avantage cela pourrait leur donner sur vous ? Tu n'es pas prêt à risquer le bien de ta tribu pour des étrangers.

Une branche craque sous tes pas tandis que tu bouges prudemment, récoltant les baies toxiques pour servir comme potentiel poison puis déracinant et coupant le rhizome de la plante à l'aide de ta lame sans que ses feuilles piquantes ne te touchent. Tu en es à ta troisième plante quand un bruit t'alerte soudain, un glissement de feuilles qui dénote le déplacement d'un poids trop lourd et trop singulier pour être celui d'un animal, puis le roulement d'une pierre qui dégringole jusqu'à atterrir à quelques mètres de toi. Tes doigts s'arrêtent et tes phalanges se resserrent sur ta lame.

« Chon ste der ? »* demandes-tu calmement, élevant la voix pour que l'intrus t'entende. Quand tu n'obtiens pas de réponse, tu te relèves lentement. Imagines-tu cette respiration saccadée ? Tu te retournes et tournes le regard vers l'origine du bruit que tu as entendu plus tôt. Les arbres sont plus épars, ici, et il n'y en a pas dix milles qui puissent cacher la corpulence d'un humain. Tu gravis la pente, entendant plus clairement la respiration saccadée au fil de tes pas. Pas un assassin ou un tueur professionnel donc. Tu serais probablement déjà mort depuis. La poigne sur ta lame se relâche un brin, sans que le couteau ne quitte ta main. Ta voix porte quand tu parles à nouveau, t'adressant à l'inconnu qui se cache sans doute : « Chon yu bilaik ? Hakom yu kamp raun hir ? »

Quand tu parviens au tronc, tu repères comme tu l'avais deviné une figure humaine. Mais au lieu de tomber sur une forme debout, tu te retrouves à observer de haut une tête blonde, le corps recroquevillé sur elle-même. Tu notes rapidement ces vêtements qui ne sont pas de facture terrienne et cette peur sur son visage. Une enfant du ciel ? Non, femme rectifies-tu mentalement en détaillant davantage ses traits.

Tu réfléchis un instant au danger qu'elle peut représenter avant de ranger ton couteau. Tu reprends à son intention, en gonasleng, d'un ton que tu espères la rendra moins paniquée : « Qui êtes-vous ? Que faîtes-vous ici ? »



*« Qui est là ? »

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Sujet: Re: Hold me down — HARLASKA
Mar 22 Nov - 10:10

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C’était comme s’élancer à perdre haleine dans la gueule du loup, au beau milieu de ses crocs acérés, regard rouge inquisiteur qui te guette, et la langue qui frôle goulument ses canines à l’idée de dévorer une nouvelle proie. L’animal cauchemardesque te saisissait, t’emprisonnait de sa seule présence – tu étais pétrifiée. L’odeur fétide qu’il dégageait, de sang et de mort glaça chacun de tes membres sans que tu ne puisses esquisser le moindre mouvement. Hypnotique tu ne pouvais détacher ton regard de la bête (horrible monstre du placard) et il te semblait déjà pouvoir sentir la lame froide de la faucheuse contre ta gorge.

Inconsciente, sûrement, totalement perdue, émotionnellement parlant comme au sens propre du terme, et terriblement acculée face à la réalité qui semblait te faire face. Tu n’étais pas seule dans cette forêt, qui était plus meurtrière que jamais. Tu n’avais rien pour toi ; ni la connaissance de la Terre, ni celle des autres tribus, et pourtant tu avais pris la décision de partir. Lentement tu sentis une pointe de regret s’immiscer dans ton esprit tandis que la voix rauque te parvenait. Tu ne comprenais pas un mot de ce qu’il pouvait te raconter, et tu n’arrivais pas à savoir s’il s’agissait d’un ton menaçant ou simplement interrogateur. La peur vrillait tes sens, les retournait, les foutait littéralement en l’air et tu n’avais aucune idée de comment réagir face à cet inconnu. Alors, aussi stupide que cela puisse paraître, tu ne bougeas pas. Tu n’esquissas pas le moindre mouvement, pas l’ombre d’un geste ; tu restas désespérément fermée sur toi même, le regard dans tes genoux, priant pour qu’il t’oublie.

Tu avais entendu tellement de rumeurs – tellement de mensonges aussi – à propos des Terriens au point que tu ne savais même plus quoi penser d’eux. Être terrifiée ? Fuir ? Ou simplement tenter une approche plus diplomatique ? Mais tu n’avais jamais été douée en diplomatie, ou en n’importe quelle autre discipline nécessitant une prise de parole assurée. Toutes tes idées s’enchevêtraient dans une cacophonie indomptable que tu n’arrivais pas à surmonter. Bien trop souvent tes émotions prenaient le dessus sur ta raison et c’est bien ce qu’on t’a souvent reproché en tant que future médecin. Prends de la distance avec tes patients, Alaska. Sinon tu n’y arriveras jamais. Tu es beaucoup trop emphatique. Sois plus froide, Alaska. Tu te répétais souvent intérieurement ces quelques conseils prodigués sur l’Arche au cours de ta formation mais au fond tu n’y étais jamais vraiment parvenue ; bien souvent tu prenais le dessus sur toi-même pour mieux exploser. Véritable bombe humaine ; dangereuse, bien trop menteuse. T’as perdu le contrôle et maintenant que tu devais faire face à ce genre de situation tu étais bien incapable de faire le bon choix.

Et les pas se rapprochaient.
Ils se rapprochaient et tu ne pouvais rien faire, trop impuissante.
Le feuillage craquait sous son poids, la terre glissait tandis qu’il avançait.

Ton souffle se coupa, se perdit dans ta poitrine, mourut dans ta gorge l’espace de quelques secondes. Tes mains tremblantes se refermèrent autour de tes deux jambes, les serrant un peu trop fort comme pour essayer de te calmer mais rien n’y faisait – tu étais complètement dépassée par la situation.

Il s’arrêta.
Il s’arrêta, devant toi.
Tu pouvais sentir sa présente ; aura si forte qui semblait t’écraser, toi, la pauvre petite chose qu’on remarquait à peine. Il avait l’aura d’un leader. N’importe qui pourrait le remarquer, sans même le connaître. Lentement tes yeux se levèrent vers lui, et s’agrandirent à la vue de la lame pointée en ta direction. Tu ne pouvais voir que ça, cet instrument mortel, et la panique ne fit que grandir en toi. Tu voulais parler. Tu voulais avoir le courage de te justifier, mais rien ne vient. Tout ce que tu voyais c’était ce couteau. Il pouvait t’ôter la vie si facilement. Aussi facilement que ceux qui éjectaient les gens sur l’Odyssée. Ils n’avaient qu’à presser un bouton, et lui n’avait que ce poignard à brandir pour t’égorger. Un tressaillement de terreur de parcourut.

Tu veux vivre. Au fond de toi tu veux vivre. La mort, celle que tu as tant désiré par le passé – c’est fini tout ça. Tu n’as pas fini tout ce que tu as à faire. Tu dois vivre.

Enfin il baissa son arme. L’éclat argent qui se reflète au soleil disparu enfin, et le soulagement gonfla ta poitrine, sans pourtant que l’angoisse ne te quitte. Tu ne sais pas quoi dire. Tu ne sais pas ce qu’il faut faire ; engager la conversation, ne rien dire, attendre ? Ce monde là est tellement nouveau pour toi, et alors que les pensées fusent dans ta tête sans que tu ne parviennes à reprendre ton calme, sa voix rauque te percuta de nouveau de plein fouet.

Cette fois tu le compris. Chaque mot marqué d’un accent qui t’es complètement inconnu vint à ta rencontre d’une manière presque trop posée. Tu étais décontenancée. Il était horriblement serein dans sa façon de procéder. Et d’une certaine façon tu admirais le courage dont il faisait preuve, prêt à te tuer s’il le fallait mais également à discuter. Tu semblais si pathétique à côté de lui, avec ton corps minuscule et tes deux billes bleues qui le fixent sans encore trop savoir quoi répondre. Tes lèvres s’entrouvrirent, se fermèrent ; ta bouche se plia, se contorsionna dans une moue indécise, et enfin quelques tonalités presque étouffées s’échappèrent d’entre elle.

Je…


Au fond que pouvais tu lui dire ? Que tu avais fuit ton clan, que tu t’étais exilée ? Tu étais intimement persuadée que ce n’était pas le moment d’en dire trop sur toi – tu étais sans doute trop sur la défensive mais qui pouvait vraiment t’en vouloir au fond ? C’est vrai, tu as toujours été comme ça, ce n’est jamais toi qui a vraiment fait le premier pas. C’est Dim qui était venu vers toi, c’est Liam qui t’a approché. Tu n’es pas du genre à avoir le cran de te livrer.


Je voyage.


Léger sourire qui se traça sur tes lippes machinalement, celui qui était devenu presque comme un réflexe pour apaiser les tensions qui t’entouraient. Pourtant, il ne te semblait pas hostile, mais la peur de l’inconnu t’avait simplement montré un chemin plus sûr : être agressive ne te ferait rien gagner, et tu étais faiblarde physiquement comme psychologiquement ces derniers temps. Même la fuite ne te semblait pas envisageable, toi qui était littéralement plaquée contre un tronc d’arbre. Alors tu entrepris de lui retourner la politesse, sans trop savoir quoi lui demander finalement.

Et vous ? Vous m’avez fait peur.


Tu murmuras la dernière phrase comme un secret inavoué, messe basse qui t’étais plus au moins destinée mais au fond il a du tout entendre lui aussi.

Je suis désolée, si je vous ai dérangé.


Oh Alaska cesse de t’excuser
cesse de supplier, cesse de te plier
car pour une fois, tu n’as commis aucun méfait.

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Sujet: Re: Hold me down — HARLASKA
Mar 29 Nov - 0:35

Tu l'effraies.

C'est une sensation étrange, nouvelle, presque grisante d'une certaine manière. Tu n'es pas un guerrier, tu n'en as pas la carrure et tu n'as en rien des capacités de combat. Tu ne penses pas être particulièrement effrayant, menaçant ou hostile, tu n'as pas d'arme ostensible sur toi mis à part le couteau que tu utilises pour récolter tes ingrédients. Mais tu as l'air froid et dur et tu es un inconnu. C'est peut-être tout ce qu'il faut pour susciter la peur dans son regard.

Elle est recroquevillée, repliée sur elle-même comme si elle s'attendait à un coup, une attaque, une agression. C'est la première fois que tu as une telle attitude face à toi. Même d'autres enfants du ciel n'avaient pas agi ainsi en ta présence. Même lorsque tu grondais tes élèves ou élevais la voix lors des rares fois où un Conseil s'est révélé plus chahuté que prévu. Tu ne t'attendais pas à cette réaction. Que doivent-ils dire sur vous, ces gens-là, penser de vous ? Tu croyais que vos relations étaient bonnes, pacifiques, mais c'est la frayeur que tu peux lire dans les muscles contractés, ses phalanges serrées à en devenir blanches autour de ses jambes, sa respiration saccadée. Votre bonne entente n'est-elle faite que de faux semblants, êtes-vous dépeints horriblement en réalité ? Êtes-vous les monstres de leurs contes ? Comme les bombes, explosions et armes à feu sont les vôtres ?

Les prunelles bleues hésitent avant de se détacher du sol puis se lèvent vers toi. Ou plutôt la lame que tu tiens en main. Tu vois la panique qui agrandit ses yeux, le tremblement qui s'intensifie. Tu ranges ta lame. Elle est bien plus terrifiée par toi que toi par elle. Entre vous deux, tu es apparemment le plus menaçant, le plus dangereux. L'idée pourrait te faire sourire si une telle réaction n'aurait pas été si malvenue à cet instant précis.

« Je ne vais pas vous faire de mal. » dis-tu calmement, articulant clairement, d'un ton que tu espères apaisera ses tensions.

Elle peine à parler, de prime abord, encore secouée. Tu es patient, tu attends. Lentement, à distance respectueuse pour ne pas lui donner la sensation de la retenir prisonnière, tu t'abaisses à son niveau, mains ouvertes, paumes visibles pour montrer que tu n'as plus d'arme sur toi. Tu soutiens son regard tandis que tu finis par t'accroupir, ton poids s'enfonçant dans la terre meuble. Tes avant-bras posés sur tes genoux, tu attends, vois sa bouche qui forme des mots sans qu'aucun son n'en sorte. Entends la première syllabe qu'elle prononce, aussitôt étouffée et tue dès qu'elle s'échappe de ses lèvres. Tu as l'impression d'avoir un animal effaré en face de toi, un animal blessé. Tu te demandes si c'est juste la peur de toi qui la paralyse ainsi ou si autre chose la tracasse. Tu te demandes ce qu'elle fait ici. La raison de la hantise dans ses yeux.

La réponse qu'elle te donne te fait hausser les sourcils. Voyager ? Comme pour vérifier ses dires, tu balaies rapidement du regard l'horizon. Non, rien n'a changé depuis ta dernière venue, il s'agit toujours d'un endroit peu remarquable dans la forêt, sans réel signe distinctif. Tu ne perçois pas d'autre présence qui pourrait indiquer un entourage l'accompagnant pour un voyage. Tu doutes honnêtement de ses propos, et son mince sourire ne désamorce pas ton scepticisme. N'est-il pas dangereux pour une échouée du ciel de se promener seule en territoire terrien ? Certes, elle est sur vos terres et vous n'êtes pas la tribu la plus dangereuse. Mais si ses pas la menaient vers le désert, saurait-elle rebrousser chemin ? Saurait-elle quels risques elle encourt en allant par là ?

Elle te retourne ta propre question et ajoute à voix basse – presque involontairement, tu as l'impression – que tu lui as fait peur.

Tu lui adresses un léger sourire rassurant avant de répondre :

« Pardon de vous avoir effrayé. Les étrangers ne sont pas très courants dans les environs et certains événements récents m'ont rendu plus...méfiant. » Tu désignes d'un vague geste de la main les fragons épineux sur lesquels tu étais occupé encore quelques minutes plus tôt. « Je suis un soigneur, je récoltais des plantes pour mes réserves, avant l'arrivée de l'hiver. »

Ça te fait songer que choisir ce moment-ci pour voyager n'est certainement pas le choix le plus intelligent. Le temps est encore beau, mais il est indéniable que la saison va en rafraîchissant et que le ciel s'obscurcit. Tu ignores combien de temps elle compte voyager, jusqu'où elle compte se rendre mais cela te semble peu avisé, pour une Skaiplan. Fait-elle d'ailleurs partie de ceux arrivés plus récemment ? Ou de ceux qui sont là depuis des années ? Contrairement aux autres tribus, ils n'ont pas de caractéristiques particulières pour les distinguer entre eux si ce n'est que tu sais que les personnes plus âgées font forcément partie des derniers arrivés. Mais l'étrangère que tu as sous les yeux est suffisamment jeune pour faire partie du premier groupe. Si c'est le cas, elle est bien loin de chez elle.

« Ce n'est rien. » Tu balaies l'excuse rapidement. Elle ne t'a pas vraiment dérangé dans une tâche de haute importance, après tout. Et puis tu es...curieux, vis-à-vis d'elle. D'où lui vient cette peur ? Fuit-elle un ennemi ? Est-ce cela son prétendu voyage ?

« Vous êtes une enfant du ciel ? Ou vous faîtes partie des réfugiés de la forêt ? » Tu penches la tête légèrement sur le côté, scrutes son visage. Tu ajoutes, songeur : « Quitter votre camp seule n'est-il pas dangereux ? »

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Sujet: Re: Hold me down — HARLASKA
Mar 28 Fév - 13:44

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Il est gigantesque. De toute sa stature il t’écrase. Tu es si misérable à ses côtés, si minable au point de courber l’échine face à lui. Il ne t’a même pas heurtée ; il aurait pu se montrer barbare, violent, mais il n’en est rien. Pourtant tu ne le trouves pas moins terrifiant dans son absurde. Terrifiant dans sa simple existence. Ce n’est pas à cause son regard, pas ses gestes, son attitudes, sa façon qu’il a de t’observer qu’il te fige au moindre de ses mots. Il est ce que tu redoutes ; il incarne l’inconnu, le monstre du placard, celui dont on n’ose à peine prononcer le nom et qui intrigue la première fois qu’on le croise.
On ne sait pas quoi penser, quoi faire.
 Comment réagir.

 Et soudain on remet tout en question ; malgré la bonne entente qui règne sur les deux tribus on se questionne s’interroge, on se demande si finalement on ne ferait pas mieux de brandir une arme (juste au cas où) et si on a bien fait de leur faire (presque) confiance. La nature humaine revient subitement au galop, la peur de ce que l’on ne connait pas, de ce qui est trop incertain.
Tu n’échappes pas à la règle – à la différence peut-être que tu ne sais rien faire d’autre que de bégayer quelques mots, tentant de retrouver un peu de contenance (c’est peine perdue).

Pathétique.

Tu n’oses même pas effleurer sa peau de ton regard de glace. Comme si, par miracle, il allait disparaître dans un souffle. Comme s’il n’était qu’une illusion. Mais il est bien là, palpable devant toi. Léger mouvement de recul alors qu’il s’abaisse à ton niveau. La distance est raisonnable, ses paumes sont ouvertes – tout en lui indique une attitude diplomatique, une démarche de paix. Ta main tremblante vient replacer une mèche de tes cheveux derrière ton oreille. Tu n’as pas de courage. Celui que tu as toujours affiché n’est que factice. Tu n’es pas brave, pas ce genre de personne sur laquelle on peut compter en toute occasion. Tu fais partie des faibles sujets sans le moindre pouvoir entre leurs mains. Tu essayes juste de survivre. On a longtemps essayer de te persuader que c’était une qualité. D’une douceur naturelle, d’un sourire complaisant tu savais apaiser les tensions. Parfois tu osais sortir de ta coquille et dévoiler tes crocs mais ils demeuraient ceux d’un petit chaton plus que d’un redoutable félin.

Et puis il y a cette appréhension qui au fond te guette. Et s’il décidait de te ramener auprès des autres Odysséens ? L’idée qu’il te précipite dans ce cauchemar éveillé ne te plaisait guère, mais celle qu’il te conduise dans sa tribu ne te semblait pas plus souhaitable. En réalité, tu préférais sans doute qu’il te laisse tranquille, simplement ; que cette lueur bienveillante quitte son regard, qu’il te tourne le dos, comme si tu n’avais jamais existé.

C’était évident qu’il ne te croyait pas. Qui voyagerait avec si peu de vivres et d’équipements ? Qui oserait s’aventurer dans la forêt sans même la connaître, errant comme une bête sauvage effrayée ? Personne sans doute. Et plus les jours passaient, plus tu étais persuadée de t’être perdue. Tout ce ressemblait par ici, et dans la panique qui t’avais habitée cette nuit là tu avais couru droit devant toi. Fugitive d’une prison qui a toujours été sa maison. N’était-ce pas risible ?

Ta lèvre inférieure tressauta dans le but vain de prononcer quelques mots pour te montrer plus persuasive, mais aucun son distinct ne sorti de ta gorge hormis un petit hoquet confus. Alors tes lippes se fendirent dans un sourire ; fine esquisse de bonheur qui n’était qu’une surface pour le convaincre lui autant que toi.

Pardon de vous avoir effrayé. Les étrangers ne sont pas très courants dans les environs et certains événements récents m'ont rendu plus.
..méfiant. 


Tu plantas tes ancres bleues dans ses deux océans bruns. Involontairement indiscrète peut être ; tu scrutas son regard, plissant très légèrement les yeux, à la recherche de réponses. Des événements, il y en a eu beaucoup, et tu te demandais s’il évoquait d’autre tribu ou peut être la tienne. Mais la question qui te taraudait le plus était sans aucun doute la sincérité de ses excuses. Une honnêteté peu commune dont tu n’avais pas l’habitude transparaissait dans sa voix et tu ne savais si tu devais l’interpréter comme telle. Il semblait si confiant, si sûr de lui ; peut-être n’était ce qu’une apparence mais tu te rendais petit à petit compte qu’il avait la gentillesse de vouloir te mettre à l’aise. Était-ce un piège ? Ou bien les histoires racontées ne sont que de viles mensonges ? Dois je le croire ? Ta tête pivota légèrement, toujours emprise dans ta contemplation, avant de te rendre compte de ton attitude. Tes doigts s’enfoncèrent un peu plus dans la terre humide.

Je suis un soigneur, je récoltais des plantes pour mes rés
erves, avant l'arrivée de l'hiver.

Un sourire beaucoup plus franc et naturel frappa ton visage ; ta bouche s’entre-ouvrit légèrement tandis que d’un bond ton buste c’était redressé. Il était évident qu’il avait piqué ton intérêt. Un soigneur ? Tu avais tant à apprendre de cette planète, tant de remèdes, de pratiques à découvrir.

 
Vous êtes une enfant d
u ciel ? Ou vous faîtes partie des réfugiés de la forêt ? 

Tu dévias légèrement le regard. Que dire ? Mentir ? Si tu annonçais faire parti des réfugiés, peut-être t’aiderait à te rendre là-bas sans passée par la case Odyssée. Seulement tu te rappelais ta maladresse et ton incapacité à mentir. Si tes sourires et ton visage doucereux pouvait en tromper plus d’un, cela fonctionnait tant que tu n’ouvrais pas la bouche. Et de toute façon, tu ne connaissais pas la nature des relations entre les 100 et les autres tribus, tu n’avais pas vraiment accès à ce genre d’informations.

Quitter votre camp seule n'est-il pas dangereux ?


Le poids de son regard était trop lourd pour l’affronter. Tu fixais le sol, incertaine. Il était plus ou moins évident que c’était dangereux.

Ça l’est sans doute moins que d’être accompagnée.
murmuras-tu. Je… viens du ciel, certes, mais je ne suis pas des enfants envoyés préalablement.
Enfin tes yeux se levèrent vers lui. La tension entre vous semblait être largement redescendue et ça te réconfortait un peu. Juste un peu. Prudence était toujours de mise.

Soigneur dites vous ? Quelle coïncidence étrange, je suis également médecin. Enfin… Soigneuse pour les gens du ciel.

Tu avais peur de le froisser en reprenant tes mots mais tu voulais être certaine d’être comprise. Tu ne savais pas vraiment sur quel pied danser avec lui.

Enfin, peut-être utilisez vous aussi ce terme ?

Se rendant compte de sa maladresse elle écarquilla les yeux, sorti les mains de la terre, les secouant légèrement.


Euh, enfin, ce n’est pas que vous ne maitrisez pas bien notre langue bien au contraire mais…


Elle venait de projeter des particules de terre sur le visage de l’homme.

Oh mon dieu excusez moi je suis si…


Ses dents s’échouèrent sur sa lèvre inférieure, et d’un air tout naturel elle chassa la terre présente sur la joue du terrien.
Décidément elle n'était pas douée avec les mots.

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Sujet: Re: Hold me down — HARLASKA
Jeu 16 Mar - 21:07

Qui est l'étranger, qui est l'animal ?

À tes yeux, ces échoués des étoiles ne sont pas plus évolués que vous, malgré leur apparente technologie et les soit-disant progrès qu'ils ont accumulés au fil des années. Tu les connais, ces progrès, cette technologie, ces machines. Tu sais qu'ils détruisent, qu'ils tuent, qu'ils répandent le mal plus qu'ils ne font le bien et à ton sens, non, avoir le pouvoir de tout détruire ne fait pas de quelqu'un un être plus évolué. Juste quelqu'un de plus cruel, qui a perdu son humanité. Quelqu'un qui a oublié d'où il venait, comme ces arbres déracinés dont tu sais qu'ils se servaient comme décor. Éloignés de la terre, la couvrant de pierre et d'un mélange noir et visqueux, puant, l'étouffant et la couvrant de verre et de métal, de poison. Non, tu ne les envies pas, ces étrangers, tu ne les admires pas, dans leurs prisons froides et mortes. Mais tu sais qu'ils n'ont pas eu le choix, que les étrangers d'aujourd'hui sont les descendants de ceux qui ont détruit le monde un siècle auparavant. Ils ne sont pas plus fautifs que toi de la destruction du monde. Tu as appris à relativiser, au fil de tes rencontres et discussions avec eux, tu as appris à dissocier ta haine de leur technologie destructrice et errances désastreuses et ces naufragés des cieux qui n'ont probablement jamais demandé à finir là-haut ou ici, et qui, pour la plupart tu penses, respectent la nouvelle chance qui leur a été accordée. Prennent la Terre pour ce qu'elle est : un cadeau, qu'il ne faut pas prendre pour garanti, un trésor à respecter.

Toi, tu sais où tu te tiens. Tu peux deviner dans quelle catégorie ranger l'inconnue. Mais pour elle ? Tu as l'air d'être un animal étrange, dont elle ne sait que faire. Es-tu le premier terrien qu'elle rencontre ? Tu te rappelles les propos de Tennessee, déclarant que certains des leurs ne sortaient jamais des limites du campement, par peur. Voit-elle donc un monstre en toi ? Elle te scrute, t'étudie, comme si elle pouvait découvrir ta vraie nature dans tes traits, dans tes yeux. Te faire dévisager ne te dérange pas, tu sais parfaitement cacher ce qu'il y a à cacher et tu n'as que faire d'afficher le reste. Qu'elle te dévisage, si ça la rassure, si elle pense mieux pouvoir te connaître ainsi. L'humain apprend de l'observation, après tout et si elle a besoin de ça pour ne plus te craindre, soit. Tu lui rends son regard sans craindre un quelconque jugement – tu n'as rien à cacher à cette femme du ciel et tu n'as pas de mauvaises intentions.

Ses lèvres s'étirent plus franchement quand tu lui donnes ta fonction. Parce que tu confirmes ne pas être un guerrier et donc moins menaçant ? Peut-être, tu n'en sais rien. Mais elle a l'air moins craintive, plus perceptive à tes mots et c'est déjà ça.

Quand tu lui demandes de quel groupe elle vient, de ceux qui sont près de vous ou de ceux qui se sont installés dans les terres fertiles de l'ouest, son regard se dérobe. A-t-elle quelque chose à cacher ? A-t-elle été exilée ? Elle ne te semble pas être une criminelle. Mais elle a parlé de voyager, n'est-ce pas ? Pourquoi quitter la sécurité de son camp, si proche de la mauvaise saison, seule ? Son choix te rend perplexe.

Quand la réponse t'est donnée, une certaine lumière se fait sur les circonstances, pour assombrir d'autres faits. Elle vient du groupe le plus proche du vôtre, comme tu pouvais t'en douter. Mais pourquoi mal accompagnée ? Fuit-elle quelqu'un ? Craint-elle les siens, n'y est-elle plus la bienvenue ?

« Je vois. » réponds-tu lentement, alors que clairement, tu es plutôt confus. La situation te paraît très étrange. « Et je dois comprendre que vous...ne voulez pas y retourner ? Ou ne pouvez pas ? »

La distinction est importante. Les affaires internes des échoués du ciel ne te concernent pas et tu n'as aucune obligation de la leur rendre si il s'agit effectivement d'une criminelle. Mais tu préférerais savoir si un individu dangereux rôdait près de votre village. Elle a l'air peu dangereuse, fragile, presque, et semble convenir davantage à un rôle de victime que d'assaillant, mais tu ne peux faire taire ton naturel méfiant.

À ta surprise, elle revient sur le sujet de ta profession, et tu as presque l'impression d'entendre de l'enthousiasme dans sa voix. Malgré toi, un mince sourire t'est arraché tandis qu'elle multiplie les maladresses, craignant de te vexer sur ta maîtrise de l'anglais alors qu'elle s'adresse à toi. Tu as l'habitude de certaines pirouettes verbales devant toi à cause de ton statut, mais à ses yeux, tu n'es que soigneur, pas un chef de tribu. Tu dois avouer être curieux, toutefois. Tu n'as pas recroisé d'autres...médecins, depuis Adelaide et ton envie d'en savoir plus sur leurs méthodes n'a jamais pu être satisfaite. Peut-être cette étrangère pourra t'en apprendre plus ?

Tu es sur le point de répliquer et la rassurer quand, dans son agitation, un peu de terre vient te frapper la joue. Tu es sur le point d'enlever toi-même cette terre quand l'étrangère se confond en excuses et l'enlève elle-même.

Tu te figes, interdit, l'espace d'une seconde. Comment peut-elle être aussi familière dans ses contacts alors qu'elle ose à peine te regarder et te parler ? Tu ne la comprends décidément pas. Tu la scrutes, comme si tu pouvais comprendre comment son esprit fonctionnait. Il te faut quelques secondes avant de te rendre compte du silence qui s'est installé entre vous, du malaise, et tu tentes de la rassurer d'une voix calme :

« Ce n'est pas grave. Ce n'est que de la terre. »

Tu es un fils de Gaïa, tu préfères de loin être maculé de sa terre que te retrouvé piégé dans leurs monstres de métal hurlants. Mais tu te retiens de dire ça, de peur de l'offusquer.

« Et nous n'utilisons pas vraiment ce terme mais je l'ai appris d'une autre médecin de votre groupe. Adelaide ? » Tentes-tu. Peut-être y en a-t-il plusieurs dans ce campement. Tennessee semblait la connaître et si elle était une des chefs de son peuple, comme toi, tu imagines qu'elle devait être connue, mais tu n'arrives pas à te rappeler le nom entier que t'a donné Tennessee. Ce n'est pas très important. « Je suis un fisa, pour ma tribu, un guérisseur. » ajoutes-tu, donnant le nom de ta fonction en gonasleng. « Vous aussi, alors ? » demandes-tu, tête légèrement penchée sur le côté.

Et puis, seulement parce que tu te rappelles que lors d'interactions humaines, il est toujours préférable de se présenter, tu ajoutes, après coup : « Je m'appelle Harlan. »

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Sujet: Re: Hold me down — HARLASKA
Sam 1 Avr - 0:32

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C’était étrange. Les rumeurs chuchotées, les ragots échangés s’estompaient, devenaient flous et menteurs. Des chimères. Toutes ces fabules racontées n’étaient que des illusions trompeuses destinées à nourrir d’histoires des curiosités assoiffées. Tu t’en rendais compte au fur et à mesure que cet homme ouvrait la bouche. Un homme, oui, pas un animal – pas une étrangeté, un « natif » aux habitudes passées comme ils disaient. Certes il était différent ; il n’avait plus l’usage des technologies que vous vous évertuiez à brandir comme un signe distinctif de votre supériorité, mais il n’en était pas moins humain. Dotée de parole et d’intelligence. Sûrement plus que vous autres, fermés d’esprit.

Alors tu regrettas. 

Tu regrettas d’avoir, ne serait-ce qu’un instant, douté de qui il pouvait être. Lorsque tu songeais à ta réaction – le recul, la peur de l’autre, une méfiance maladive – tu te rendis compte à quel point c’était idiot d’agir de la sorte. Être effrayée par la simple cause des « on dit » était puérile comme premier contact. Certes, il t’avait pointé de son arme, mais n’était-ce pas légitime ? Tu l’as sûrement lui aussi surpris en te pointant dans cet endroit, que pouvais tu lui reprocher ?

Tu penchas légèrement la tête à l’entente de ses mots, puis serras les poings lorsqu’il te demanda d’expliciter plus clairement ta situation. Tu ne savais pas vraiment quoi lui dire ; avouer que tu ne t’y sentais pas à ta place, que techniquement tu ne souhaites pas y retourner mais également que tu ne le peux pas ; au risque de mourir étouffée par l’atmosphère qui t’écrases ?

Tes lèvres se plièrent, se tordirent dans une moue indécise. Ta bouche s’entrouvrit enfin mais ne prononça pas le moindre mot. Puis enfin tu lâchas simplement :
« J’avais besoin de respirer. »
Oh oui tu avais besoin de respirer ; vous n’étiez plus en orbite de la Terre mais tu te sentais toujours autant coupée du monde à leurs côtés. C’était comme s’ils vous retenaient avec des chaînes invisibles, vous écrasaient sous leurs ordres à deux balles. Mais vous n’étiez plus dans l’espace. Aujourd’hui vous pouviez partir sans vous faire tuer.
Dimitri n’a pas eu cette chance.
Il aurait tant voulu voir la Terre.
Mon souffle se bloqua l’espace d’une fraction de secondes.

Heureusement tu reprends consistance et parvient à revenir sur le sujet de vos professions respectives ; tu essaies de lui expliquer – oui, essayer est bien le mot, tant tu t’exprimais mal avec lui ; tu butais sur les mots, te reprenais, laissais transparaître l’hésitation dans ta voix. T’avais l’impression d’être montée à l’envers tant t’avais le coeur et les mots de travers ; définitivement pas douée pour parler avec quelqu’un sans commettre d’erreurs. Tu rougis un peu en le voyant esquisser un sourire alors que tu te débats dans ton discours. C’était gênant. Terriblement gênant et tes doigts se crispèrent dans la terre, s’agitèrent un peu.
C’est ainsi que tu vins salir son visage.
Alaska, où sont passées tes manières.

Par pur automatisme tu chassais de la pulpe de tes doigts les traces brunes. Bienveillante. On pourrait te reprocher tant de choses, mais pas celle-ci. Tu pinces les lèvres, gênée. Tu avais plus fait ça par réflexe ou pour autre chose. Le contraste entre ton hésitation dans tes mots et ce geste si soudain était flagrant, tu pouvais toi même t’en rendre compte. Alors rapidement tu ôtas ta main, baissa les yeux, comme une excuse silencieuse.

Sa voix rassurante vibra dans le creux de tes oreilles, formant une boule chaleureuse dans le creux de ta poitrine. Non, définitivement, cet homme était sûrement plus humain que la plupart de tes semblables.

Ta tête se releva au nom d’Adélaide. Tout le monde au sein de l’Arche la connaissait pour ses qualités de médecin. Tu lui vouais une grande admiration, et tu avais souvent pris plaisir à l’observer lorsque tu étais encore interne. Cette femme était une valeur certaine quand il fallait trouver quelqu’un en urgence pour recevoir des soins.

Fisa.
Le mot à la douce consonance résonna un instant dans ton crâne, comme un murmure apaisant. Tu aimais ce terme. Pour la chaleur qu’il dégageait, mais également pour la légèreté avec laquelle il l’avait prononcé. Un sourire se dessina sur tes lèvres, naturel, tandis que tu le regardais avec attention. 

Son visage carré et ses yeux d’un brun profond qui pouvaient impressionner au premier abord dégageaient une aura réconfortante. Cet homme t’inspirait de la sympathie et tes sourires se dessinaient naturellement sur ton visage au fil de ses paroles. La gêne n’avait pas disparu ; après tout tu étais toujours Alaska, mais le moment où il te terrifiait semblait être bien loin.

J’aspire à le devenir. Je pense que je ne suis pas encore assez bien formée pour prétendre à se titre. répondis-tu simplement.
Tu plongeas tes yeux bleus dans ses prunelles ébènes alors qu’il te dis son nom. Harlan. La consonance de son prénom était jolie – voilà la première chose à laquelle tu pensais après l’avoir entendu.

Har-lan.


Ton fort accent ressortit alors que tu essayais de prononcer son prénom correctement. Tu fronças les sourcils, regardas en l’air, les mains posées sur tes genoux alors que tu étais assise en tailleurs, puis prononça d’une voix forte et convaincue :

Harlan.


Tu lui sourias puis, comme il convenait de lui répondre, tu lui dis :

Je m’appelle Alaska. Enchantée.


Tu lui tendis ta main, en guise de salutations. Puis, tu te levas, et époussetas ton jean. À vrai dire, vu son état, ça ne servait déjà plus à grand chose ; dans cette forêt tu étais bien loin du monde aseptisé des hôpitaux mais ça ne te gênait guère. Tu aimais le changement.

Et vous, que faites vous par ici ? Vous venez d’une tribu voisine ?


Tu le regardas, curieuse, réellement intéressée. Tu fis quelques pas, descendit de la bute de terre sur laquelle tu t’étais réfugiée pour te pencher sur les plantes qu’il observait plus tôt. Tes mains effleurèrent les feuilles, puis tu en sectionnas une pour la porter à ton nez.



Je me demande bien ce que ça peut être…




Tu te tournas vers lui, souriante. 
Il te suffisait d’une passion commune pour te délier la langue.

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Sujet: Re: Hold me down — HARLASKA
Mar 4 Avr - 0:52

Tu la sens qui se détend au fur et à mesure. Peut-être parce qu'elle a enfin déterminé que tu n'étais pas un danger, que tu n'allais pas l'attaquer. Elle aurait pu tomber sur bien pire que toi, ici. Un animal sauvage mort de faim. Un mercenaire peu scrupuleux des accords en vigueur. Un solitaire peu sympathique envers les échoués du ciel. Somme toute, elle a eu de la chance, si l'on peut dire, de tomber sur toi. Tu n'es pas la personne la plus agréable du continent, certes, mais tu n'en es pas l'un des plus dangereux. Du moins, pas physiquement.

Tu la sens mal à l'aise, gênée, quand tu lui demandes la réelle raison de sa visite, si elle ne souhaite pas ou ne peut pas retourner dans son campement. Tu ne crois pas au prétexte du voyage une seule seconde et tu le lui as fait bien fait comprendre. Tu n'aimes pas les mensonges. Tu n'aimes pas les excuses. Et puis enfin, tu as la réponse. Besoin de respirer. Tu examines cette réplique un instant avant de hocher la tête, simplement.

« D'accord. »

Tu ne pousseras pas plus loin. Tu sais exactement ce que ça fait d'avoir parfois besoin de s'éloigner. Peut-être pas pour les mêmes raisons, car tu as clairement un attachement envers ta tribu et les tiens, mais les interactions humaines et les attentes à ton égard te pèsent parfois trop. Tu as toujours été quelqu'un de solitaire, préférant largement la nature à la compagnie humaine, et tes responsabilités vont à l'encontre de ça. Tu ne comprends que trop ce désir de s'écarter loin des siens. Tu te reposes probablement trop sur Ashiri dans ces cas-là, mais après tout, c'est elle qui prendra ta succession, à ta mort ou quand tu souhaiteras te retirer de toute activité politique. Alors il est préférable qu'elle connaisse le métier, qu'elle le maîtrise le plus tôt possible. Qu'elle ne se retrouve pas propulsée à cette place, comme toi tu l'as été, malgré la préparation de Hakon. Si professionnellement, tu avais déjà toutes les compétences requises, mentalement, tu n'étais pas prêt. Abandonner Ashiri à son sort quelques jours n'est peut-être pas la méthode la plus douce pour la former mais elle est au moins efficace.

Tu te demandes où l'étrangère compte aller ensuite. Si elle a un plan. Souhaite-elle rejoindre d'autres connaissances ? Peut-être des membres de ce groupe de jeunes arrivés plus tôt ? Tu penses que la laisser voyager seule alors qu'elle ne connaît pratiquement pas l'endroit est risqué mais elle ne fait pas partie de ta tribu et tu ne la connais pas, tu n'as aucun droit de lui déconseiller d'entreprendre une telle chose. Alors tu te contentes de répondre, sans cacher ton ton quelque peu sceptique :

« J'espère que vous trouverez ce que vous désirez lors de votre...voyage, dans ce cas. »

C'est encore la gêne, qui la saisit, quand elle vient retirer de la terre de ton visage. Le malaise est plus normal, cette fois, au moins, même si les contacts ne t'ont jamais autant dérangé que certains. Tant qu'il ne s'agit pas d'une agression, tu n'as rien contre le langage tactile. Tu le trouves plus honnête et plus facile à comprendre que les mots, parfois. Plus simple. Il est moins aisé de mentir avec des gestes, penses-tu. Peut-être est-ce pour cela que tu observes plus infiniment les gestes d'autrui que les paroles. Pas seulement parce que ta qualité de guérisseur te fait voir les muscles, tendons et os qui s'articulent pour mouvoir le corps et que tes yeux de druide notent les anomalies, les irrégularités, mais aussi parce que tu lis plus facilement les humains ainsi. Qu'un corps qui se rapproche d'un autre pour de la compagnie te parle davantage que mille discours. Qu'un regard détourné parle mieux que des paroles confuses ou menteuses. Alors non, le contact ne te gêne pas et tu n'en fais pas une histoire comme elle semble le faire. Tu n'y as pas vu malice, simplement maladresse, étrange familiarité et volonté de bien faire. Inutile de s'y attarder.

Le regard baissé se relève à la mention d'Adelaide. La connaît-elle, donc ? Un sourire se dessine peu à peu sur ses lèvres, signe que l'embarras semble avoir au moins disparu en partie. Le tien se fait un peu plus franc en contrepartie.

« Faut-il longtemps pour devenir...médecin, chez vous ? » Tu penches légèrement la tête sur le côté, intrigué. Leur formation t'intéresse. Tu as cru comprendre que la technologie jouait un rôle important chez eux en médecine. Peut-être est-ce pour cela que la formation est plus longue ? La jeune femme est loin d'être une adolescente, comme le seraient les druides en formation chez vous. « J'ai fini ma formation il y a presque... » Tu butes un instant sur le chiffre, ne retrouvant plus l'équivalent en gonasleng. Tu recomptes mentalement les chiffres dont tu te rappelles. « Seize ans ? » Tu hausses les épaules. C'est presque la moitié de ta vie. « Vous seriez déjà une guérisseuse confirmée chez nous. »

Un sourire amusé étire tes lèvres quand elle s'essaie à prononcer ton nom. Il y a un certain accent, là, mais rien de terrible. Au moins la consonance est correcte. À son tour, tu répètes son prénom. A-la-ska. Le prénom sonne presque comme l'un des vôtres et il glisse sur ta langue sans effort.

« Alaska. »

Tu hésites un instant avant de lui serrer la main. S'agit-il de quelque chose de coutumier pour eux ? Pour toi, serrer la main signifie surtout le marquage d'un accord entre deux parties, une parole donnée. Ce n'est pas vraiment ce qu'il se passe ici, n'est-ce pas ? Mais tu finis par imiter le mouvement. Il s'agit probablement d'une salutation de chez eux.

Quand elle se relève, tu fais de même, en partie soulagé de ne plus devoir t'accroupir indéfiniment. Tu étires légèrement ton dos, ne désirant pas te retrouver avec une douleur plus tard. Tu la fixes, indécis, quand elle te demande ce que tu fais ici. Ne lui as-tu pas dit plus tôt que tu récoltais des plantes ? Tu la suis des yeux quand elle décide de descendre de la butte sur laquelle tu as grimpé pour retourner à l'endroit où tu étais quelques minutes auparavant. Elle saisit une des feuilles, la porte vers son nez. Alarmé, tu te rends rapidement à son côté et lui retires la feuille des doigts.

« Les fruits sont toxiques. » donnes-tu en guise d'explication pour ton comportement. Il ne manquerait plus qu'elle tente de goûter les baies en les pensant des fruits inoffensifs. Tu fronces les sourcils. « Je ne connais pas le nom de la plante dans votre langue. Ça ressemble à...épine ? C'est pour... » Tu cherches les mots corrects, sans y parvenir. Tu n'as aucune idée de comment traduire ces termes médicaux. « ...des problèmes de sang ? Des veines. » fais-tu en désignant les vaisseaux sanguins sur ton propre bras, avant de rabaisser tes manches. « Et mon village n'est pas très loin d'ici, oui. Je suis Naori. » Tu hésites un instant avant d'ajouter, avec un sourcil interrogateur : « Suis-je le premier terrien que vous rencontrez ? »

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Sujet: Re: Hold me down — HARLASKA
Dim 23 Avr - 0:58

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La tension disparait peu à peu ; s’effile, semble s’effacer alors que le temps s’écoule. Tu es naïve. Malgré toutes les épreuves traversées – la mort, la prison, cette arrivée sur Terre, la perte des êtres qui te sont le plus cher, tu ne perds pas foi en l’humanité. Tu continues d’espérer, de croire au plus profond de toi qu’en chacun sommeille une part de générosité, de bienveillance.

Cet homme n’était pas un sauvage, pas un barbare, ni un quelqu’un souhaitant répandre le sang. Il ne te suffisait que de ça pour essayer de sympathiser avec la personne en face de toi. Quitte à partir à l’aventure, autant en apprendre plus sur le monde qui t’entoure — tu étais arrivée seule à cette conclusion.

Alors oui, tu étais naïve. Et bien innocente. Mais tu l’assumes.

Tu le sens peu convaincu alors qu’il évoque ton voyage. Rien de bien étonnant. Les mensonges n’ont jamais été ton fort – c’est peut être pour cela que tu n’as pas su en formuler un correct. Il ne s’agissait pas d’un tissus de bêtises mais bel et bien de la réalité. Tu étais en voyage – pas un voyage préparé, ou à peine, et qui n’était probablement pas admis par la communauté. Mais quelle importance ? Personne n’avait probablement remarqué ta disparition. Là-bas tu ne comptais pas. Tu ne comptes que pour une seule personne en réalité.

Et elle n’est pas là.
Projetée en cobaye sur cette terre qu’ils croyaient inhabitée.

« Je l’espère aussi. »


Un sourire franc illumine quelques peu ton visage tandis que le souvenir de Liam se ravive dans ta mémoire. Son nez légèrement retroussé par ses plaintes et cette moue qui le caractérise si bien. Tu avais l’impression de pouvoir le peindre avec une telle précision qu’il semblerait réelle tant ces anciennes pensées étaient intactes. Il était bien différent des autres – était-ce pour cela que tu t’étais attaché à lui ? Malheureusement, tu avais le chic pour t’intéresser et t’accrocher à ces personnes si peu conventionnelle au point où il leur arrive toujours des ennuis.

Tu espères que ça ne sera pas toujours le cas. Ta main ramène ta mèche derrière tes oreilles. Tu souries plus aisément, et tu ne les forces pas. Ce n’est plus ces sourires de société, de cire, de façade que tu affiches avec habileté quand ils sont nécessaires. Cet homme là est brut, vrai ; tu ne le connais pas mais tu le sens dans son expression, dans la manière de se comporter qu’il est une roche — une pierre fouettée, battue par les vents, sur laquelle on s’écorche les paumes et les genoux. Tu apprécies cette sensation. Peut-être est-elle fausse, totalement factice. Peut-être que tu te trompes sur toute la ligne. Mais ce n’est pas grave, tu aimes cette bouffée chaleureuse qu’il dégage un peu dans sa simple démarche emplie d’honnêteté. En es-tu réellement sûre Alaska ? Te chuchotes la petite voix de ta conscience. Non. Mais est-ce si grave d’y croire ?

« Oui, il faut quand même quelques années d’étude. Là où on était, les maladies étaient rares. Mais on a tout de même étudié le corps dans son intégralité, c’était intéressant. »


Tu sourias en évoquant ce métier qui te passionne.

« La vie est tout de même passionnante vous ne trouvez pas ? »


Tu posas ta tête dans ta main, fixant le paysage qui s’offre à toi sans vraiment l’observer, repensant à ton passé sur l’Arche.

« Je ne suis pas encore confirmée médecin, mais j’aimerai vraiment le devenir. »


Tu ouvres la bouche et le regardes, avec surprise. Seize ans ? Il ne paraissait pas si vieux pourtant. Tu fronces les sourcils avec incompréhension, les lèvres entrouvertes.

« Seize ans ? Mais… Excusez moi, mais je peux vous demander votre âge ? Mes excuses c’est très indiscret. »


Tes lèvres s’étirèrent dans un sourire dévoilant tes dents alors qu’il parvient à prononcer ton prénom avec un très léger accent. C’était déjà beaucoup plus probant que tes pitoyables essais et tu trouvais que sa façon de dire ton nom était comme une nouvelle mélodie à tes oreilles que tu appréciais déjà. Sa main fut un peu hésitante mais tout de même appuyée et chaleureuse. Tu ne vis pas là une sorte de méfiance mais plus une sorte d’incompréhension de sa part que tu trouvas justifiée. Tu avais tendu ta poigne sans même réfléchir, ne pensant pas que chez eux c’était sûrement bien différent. Tu te giflas intérieurement, ne voulant créer de malaise.

Tu te levas, répétas maladroitement une question qui se voulait quelque peu formelle. Tu voulais surtout changer de sujet et t’intéresser plus précisément à ce qu’il faisait. Tes doigts courent dans les différents feuillages. Tu en reconnu certains grâce à tes quelques compétences en la matière. Tu espérais pouvoir prétendre au titre d’herboriste un jour mais tu savais que tu avais tellement à apprendre. La nature te fascinait ; elle était autant une arme qu’une aide, un poison qu’un remède. Elle était tout bonnement incroyable, et tu sentais son pouvoir te transcender alors que tu effleurais les différents tissus végétaux.

Tu cueillis une feuille, la porte à ton nez pour en sentir toutes les effluves mentholées qui s’en dégagent alors que le dénommé Harlan te l’arrache des doigts. Tu le fixes avec incompréhension, penches légèrement la tête. 

Les fruits sont toxiques. Tu entrouvris la bouche, surprise, avant de pincer les lèvres, désolée, et d’esquisser un sourire. Tu jouas avec tes doigts, un peu gênée de la situation avant de laisser une légère quinte de rire s’échapper de tes lèvres.

« Merci. On se demande comment j’ai pu m’en sortir vivante jusqu’ici pas vrai. »


Tu retroussas un peu le nez et frottas de ton index ta joue.

« Excusez moi. Encore une fois. »


Tu joignis tes mains et laissas l’ébauche d’un sourire apparaître sur ton visage pour combler le silence qui menaçait de se mettre en place.

« Oh ? Des problèmes de sang ? Je vois. Quelque chose comme des hémorragies ? Ou plutôt comme une anémie ? »



Tu le regardas.

« Eum.. Je veux dire, quand ça saigne beaucoup ? Ou quand on manque de sang ? À moins que ce soit pour le purifier ? Ou s’il y a un manque de sucres ? »


Tu laissas ton regard caresser l’énorme feuillage qui se trouvait face à toi.


« Vous l’utiliser en baume ? En cataplasme ? infusé ? »


Sûrement trop curieuse.
Tu marchais dans la carrières, les mains dans le dos tandis qu’il se présentait.

« Naori ? C’est joli comme nom. J’espère que votre peuple vous ressemble. Ça serait une bonne chose. »


Tu t’arrêtas et le regardas. Malgré tes yeux bleus qui pouvaient paraître inquisiteurs, une certaine douceur s’en dégageait.

« Oui, vous êtes le premier. »


Tu baissas un peu la tête.


« Je ne suis partie qu’une fois en expédition avant de venir ici. Sinon on me demandait de rester cloîtrée dans l’enceinte du campement. J’y étais sûrement plus utile et puis… Je pense qu’ils n’avaient pas confiance en moi. »


Tu pinças les lèvres et baissas la tête.

C’était faux.

Qu’on puisse dire qu’après avoir purgé sa peine elle était lavée de ses crimes était totalement faux.
Elle était comme marquée au fer rouge par son passé.

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Sujet: Re: Hold me down — HARLASKA
Mar 2 Mai - 13:35

Tu vois le sourire qui illumine ses traits et le changement est radical. C'est curieux. Intéressant. Les traits s'adoucissent, et tu crois voir de...l'espoir, là ? Il ne s'agit peut-être donc pas d'un voyage pour fuir quelque chose mais retrouver quelque chose ? C'est un peu plus positif que tu ne le croyais, mais tu préfères ne pas commenter dessus. Cela ne te regarde pas vraiment, après tout.

Les mots coulent plus facilement, désormais, les sourires sont plus naturels, l'expression est moins circonspecte. Aurais-tu obtenu sa confiance ? Parce que tu ne mâches pas tes mots ? Ta brutale sincérité peut parfois choquer ou vexer certaines personnes. Tu ne prends des gants qu'en situation délicate, où faire attention à ce que tu dis est primordial, mais pour des problèmes triviaux, tu ne vois pas l'utilité d'enrober tes propos de formules complexes. Le sens n'est-il pas exactement le même, une fois la parole dépouillée de ses artifices ? C'est ce que tu crois, et tu ne cherches pas à faire des efforts inutiles. Tu n'es pas dans une situation dangereuse où mentir ou déguiser tes intentions serait nécessaire. Peut-être cette simplicité convient-elle mieux à Alaska, peut-être est-ce la qui la rend plus à l'aise. Tu ne sais pas, mais ce changement est bienvenu. Elle n'a pas de raison de te traiter avec méfiance, tu n'es pas hostile au peuple du ciel, simplement prudent.

Tu absorbes les informations précieuses sur leur formation. Les maladies étaient rares ? Avaient-ils réussi à éliminer les maux les plus communs pour se concentrer uniquement sur les infections plus difficiles à traiter ? Celles qui demeurent pour toi des énigmes complètes et qui te font passer des nuits d'insomnie, pleines de remords et de rage contre ton incapacité à guérir autrui ? À te maudire pour ne pas voir ce qui ne va pas, ne pas trouver de solution ? S'ils sont capables de guérir ces terribles maladies qui t'échappent totalement...alors...alors...

« Vous ne tombiez donc pas souvent malades ? Vous avez réussi à éradiquer les maladies les plus communes ? Comme... » Tu fronces les sourcils, cherches le terme exact, n'arrives plus à t'en souvenir. Tu finis par te rabattre sur un terme général, que tu espères qu'elle comprendra : « Les maux d'hiver ? Toux, fièvre, douleurs musculaires ? »

Oui, tu es curieux. Tu as presque besoin de savoir. Si en travaillant avec ces étrangers venus des étoiles, tu peux parvenir à venir en aide à ta tribu, à diminuer le nombre de morts que l'hiver emporte chaque année, à peut-être enfin guérir la mère d'Ashiri...

« Oui. » réponds-tu un peu distraitement. « Même si j'admets être plus intéressé par les remèdes eux-mêmes que l'aspect humain. » C'est toujours l'aspect pour lequel tu as été le moins doué. Pas assez sociable. Trop solitaire. Manque d'empathie. « Combien d'années vous faut-il pour apprendre avant de devenir...confirmé médecin ? » demandes-tu, reprenant les termes utilisés par Alaska.

Tu vois sa surprise et sa confusion quand tu annonces le nombre d'années depuis que tu es officiellement druide. Leur formation doit donc être très différente de la vôtre. Peut-être parce qu'ils utilisent beaucoup de technologie ? Peut-être est-ce pour cela qu'il y a si peu de maladies chez eux ? Tu ignores totalement comment ils se soignent. Utilisent-ils des plantes comme vous ?

« Ça ne l'est pas. » Tu souris légèrement, t'amusant de sa gêne. « Nous commençons notre formation à treize ans et la finissons à dix-huit ans. J'ai bientôt trente-quatre ans. »

Tu n'es pas encore considéré comme vieux, dans ta tribu, mais tu imagines que leur mode de vie doit être bien différent du vôtre. Chez vous, on est adulte à quinze ans et il est normal d'être chef d'une famille à vingt ans. Tu as simplement toujours fait passer en priorité tes responsabilités auprès de la tribu pour t'attarder bien longtemps sur ça. Ce n'est pas comme si tu y avais énormément d'intérêt non plus. Et puis, Ashiri est ton héritière, pas un quelconque enfant que tu pourrais avoir, la succession se joue au mérite, pas au sang.

Tu l'observes, la suis et l'empêches de commettre un impair tandis qu'elle effleure de façon presque insouciante tout ce qu'il y a autour d'elle. N'a-t-elle pas conscience que la terre peut être dangereuse ? Que tout n'est pas bon pour l'humain ? Peut-être n'avaient pas de plantes, là-haut, dans le ciel. Tu te rappelles qu'Adelaide t'a parlé d'un endroit stérile, sans vie, fait de métal et où l'oxygène manquait. Tu n'imagines pas comment ils ont pu vivre ainsi aussi longtemps. Tu penses que tu aurais préféré mourir que vivre indéfiniment dans une prison froide comme eux. Ne pas avoir la nature tout autour de toi...rien que l'idée t'horrifie.

« Pas besoin de vous excuser. » Tu ne comprends d'ailleurs pas pourquoi elle s'excuse. Elle n'a causé du tort qu'à elle-même, pas à toi. « Vous devez faire attention. Tout n'est pas bon, ici. »

Le barrage de questions qu'elle pose sur la plante sur laquelle tu étais occupé te perturbe quelque peu. Plusieurs des mots qu'elle te donne te sont complètement étrangers. Tu serres légèrement les dents. Ces étrangers, comme Tennessee, n'ont-ils pas conscience qu'ils parlent vite et utilisent des mots qui ne veulent parfois rien dire pour toi ? Que le gonasleng n'est pas ta langue maternelle ?

« Non, plutôt... » Tu claques la langue, essayant de trouver les termes corrects. Tu pratiques le métier et tu connais les mots dans ta langue, pas celle des guerriers. « La racine est réduite en poudre, qu'on mélange à de l'eau et avale. C'est quand le sang ne circule pas bien, que les veines gonflent. Dans les jambes des femmes, surtout. »

Tu espères être assez clair. Ce n'est pas la plante la plus vitale de ta pharmacopée mais il n'y a pas que des maladies graves que tu traites, mais également toutes les petites douleurs quotidiennes des membres du village.

Un sourire auto-dérisoire étire tes lèvres quand elle déclare qu'elle espère que ton peuple te ressemble.

« Pas tout à fait. Je n'en suis pas le meilleur représentant. » Ironique, quand tu en es l'un des dirigeants. Mais tu sais que ton caractère a toujours été plutôt singulier pour un Naori. Trop froid. Trop méfiant. Trop pessimiste. Trop sombre. « Mes compatriotes sont certainement plus doux et agréables. »

Plus croyants. Plus ouverts. Plus pacifiques. Parfois, tu songes que tu aurais peut-être eu davantage ta place dans une société au tempérament plus rude, comme les Athnas ou les Rahjaks. Mais tu ne t'arrêtes pas souvent là-dessus. Tu es Naori, tu es un conseiller de ta tribu, tu ne l'abandonneras pas parce que tu es un peu différent des autres.

Tu t'arrêtes dans ta progression quand elle fait halte devant toi et te fixe. Est-ce de la gêne que tu perçois, quand elle avoue que tu es le premier terrien qu'elle rencontre ? Elle t'étonne un peu à ne pas être sortie de son camp énormément. N'est-elle pas curieuse ? Mais tu peux comprendre la crainte de l'inconnu qui l'a sûrement guidée.

« J'espère que je vous donne une bonne image de nous, dans ce cas. » Qu'elle ne pense pas que vous êtes tous des sauvages dangereux. Qu'une guerre soit nécessaire parce qu'ils vous craignent et ne vous comprennent pas – comme ça a été le cas avec ces jeunes échoués et les tribus de l'ouest. Tu veux te faire des alliés du peuple du ciel, pas des ennemis, de préférence.

« Je comprends, je ne peux pas m'éloigner très longtemps de ma tribu non plus. » Davantage pour ton rôle de conseiller que ton rôle de druide, mais ça tu ne le dis pas. Tu penches légèrement la tête, intrigué par sa dernière déclaration. « Pourquoi n'avaient-ils pas confiance en vous ? Avez-vous fait quelque chose de mal ? »

Était-ce pour cela qu'elle fuyait son camp ?

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29/01/2016 Sial 139 Cara Delevingne Mysterylight ; Liama (ava) merci hihi Soins & quelques aptitudes en tant qu'herboriste 40
Solitude à la douce odeur de ciguë


Sujet: Re: Hold me down — HARLASKA
Lun 17 Juil - 23:05

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And you taught to cry in your pillow
forêt ; la sylve
septembre - octobre 2116
ft. harlan ; 1279 mots



Monticule d’informations. Source d’échanges mais qui pourtant ne parvient pas à tarir votre soif de connaissance. Tu te retrouves un  peu lui ; et les mots s’écoulent de ta bouche avec plus de fluidité. Tu le sens réceptif à tes mots et rien ne te fait plus plaisir ; tu étais une élève studieuse et serais probablement une enseignante de haute qualité, percevant le partage des savoirs comme le puit le plus profond destiné à abreuver l’humanité toute entière.

Harlan est étrange, mais dans cette différence il te plait. Tu sais qu’il doit te trouver toute aussi instable et insaisissable, et c’est là que l’étincelle de curiosité a enflammé son esprit. Les yeux qui brillent, les yeux qui brulent ; la langue qui se délie et les sourires qui se font plus francs, tout un enchevêtrement de signe prouvant qu’un semblant de relation commence à se tisser entre vous. Ou alors est-ce ton propre sentiment ? Peut-être que lui ne considère par les choses de la même façon. Tu aimerais bien que ce soit le cas. Avec lui au moins, tu n’as pas besoin d’évoquer le passé (douloureux), tu peux simplement te concentrer sur un avenir (plus radieux) que cette nouvelle terre semble te promettre.

Tu remarques bien vite qu’ici ils ne donnent pas de noms spécifiques aux maladies, simplement tes appellations plutôt vagues évoquant les symptômes. C’est vrai que vous aviez tellement répertorié de maladie depuis des siècles qu’il était devenu plus facile de les qualifier avec précision pour mieux s’y retrouver. Sa méthode te laisser un peu confuse, perplexe, mais elle te plait – elle laisse place au jeu, celui perpétuel du docteur allant à la poursuite de la maladie et donc du remède, afin de guérir les mots. Il faut comprendre le patient avant de le traiter, et là dans sa forme la plus brutes. Maux d’hiver. La maladie autrefois (ou même encore aujourd’hui) tueuse d’homme prend des airs de poésie.

« Vous voulez parler de la grippe ? En réalité, je n’ai jamais pu traiter l’un de ces cas… Je l’ai seulement étudiée par le biais de l’histoire. »

Des milliers de maladies simplement étudiées en théorie, et parfois avec regret. Tu admirais tes aînés pour avoir su éradiquer ce qui décimait auparavant ton peuple mais une partie de toi désirait apprendre au contact de la réalité. Cependant la tienne était que vous viviez sur l’Arche, dans une atmosphère pratiquement dépourvue de toute bactérie. Paradis à double tranchant. Aujourd’hui tu n’étais pas certaine de pouvoir traiter ce genre de choses.

« Je préfère sûrement l’humain aux remèdes puisque je n’ai pas encore eu l’occasion de beaucoup en administrer… Bien que les étudier est passionnant… Leur composition chimique, leurs agents… »

Tes yeux se perdirent un instant dans la vague avant de te rappeler que vous n’avez pas les mêmes bases de connaissance. Ce que tu lui disais là avait sûrement aucun sens à ses yeux.

« Il faut minimum sept ans. Après ça peut varier en fonction de notre spécialité. Moi j’ai fait six ans d’études avec une grosse base théorique mais de plus en plus de contact avec la réalité avant de commencer cinq ans de travail auprès d’un médecin confirmé avant d’être déclarée comme telle. »

Tu sourias et laissas tes doigts vagabonder dans tes cheveux. « Ça peut paraître tellement dérisoire à côté de vous. Pourtant toutes ces années m’ont semblé nécessaires, c’est marrant non ? Vous devez penser que c’est une perte de temps d’aller si tard dans le concret, et je dois vous avouer que moi aussi, je trépignais d’impatience. »

Alors qu’Harlan te dévoila son âge tu ne puis feindre ta surprise. Tu ne l’imaginais pas si vieux. Ou peut-être que si ? En fait, tu n’avais aucune idée de comment jauger l’âge des gens par ici. Leur physique avait endurée la Terre, tandis que vous, vous avez une peau presque trop parfaite pour sembler réelle. De vulgaires poupées de cire abandonnées dans l’espace qui fondent alors qu’elles viennent de toucher le sol, contre des rocs bruts sculptés par les intempéries créant une sublime harmonie.
Tu clignas légèrement des yeux, te rendant enfin compte de la réalité. Harlan était beau. Beau parce qu’il semblait vrai, beau parce qu’il avait vécu, beau parce qu’il semblait encore quelques peu dans la fleur de l’âge et beau parce qu’il n’avait pas cette sensation de mirage que vous traîniez derrière vous. Beau parce qu’il marque les esprit par le contraste de ses yeux sur sa peau.

« Votre formation semble si courte à côté de la notre. Pourtant vous êtes plus qualifiés que moi. » Tu murmuras presque les mots qui suivirent. « Encore une fois les dirigeants de l’Arche ont eu tout faux. Je ne suis même plus surprise. »

Alors que tu quittas ta place pour venir vagabonder, insouciante, dans la clairière, Harlan te rappela vite à l’ordre. La cruauté de la nature semblait plus aiguisée qu’un couteau et tu le savais, pourtant tu ne pouvais t’empêcher de l’apprécier un peu plus tandis que tu la découvrais. La Terre semblait être une utopie, un rêve, de ta prison de glace. Tu avais si longtemps observé la voute céleste et la planète bleue depuis ta cellule qu’il te paraissait impensable d’y être aujourd’hui. Tu n’étais toujours pas sûre de réaliser alors que les autres s’étaient faits à cette idée.

« Je sais. »

Tu plantas tes yeux océan dans ses prunelles un instant, les détaillant du regard avant de te rendre compte de ton geste. Tu détournas les yeux et continuas de l’écouter.

« Oh je vois. » Tu claquas des doigts. « C’est ingénieux. Je ne savais pas que cette plante servait à traiter ces maux là. Je devrais le noter quelque part avant de l’oublier. »

Tu le regardas, surprise, après sa déclaration. Pas le meilleur représentant ? Tu n’étais pas certaine de comprendre.

« Je pense que vous vous sous-estimez un peu trop, Harlan. Mais si votre peuple, est, comme vous le disiez, plus bon que vous ne l’êtes déjà, alors votre tribu doit être prospère. »

Du moins tu l’espérais. Les Odyssées semblaient être une arche vouée au naufrage, dont la coque était percée à coup de conflits, de trahisons, corruption et de personnes avides de pouvoir. Sans oublier les nombreuses interdictions dont ils étaient prisonniers. Tu étais contente de les avoir quittés.Au moins pour quelques mois.

« Ma mère était douce. » murmuras-tu dans un souffle. Un sourire nostalgique agrippa tes lèvres et tu ne poursuivis pas, laissant le silence flotter un instant. C’était stupide, il ne l’avait pas connue. Pourtant, elle avait ressenti le besoin d’en parler, juste une fois. « Mais les personnes les plus douces ne sont pas forcément les plus agréables. » Dimitri. Non qui résonne dans ton crâne et ta poitrine. Il n’était pas doux. Il était abrupte, parfois vulgaire, et revenchard. Il était. Il n’est plus.

« Oui, vous me donnez une bonne image de vous, ne vous en faites pas. » Un léger éclat de rire quitta tes lèvres. Tu aimais la façon dont il était prévenant envers toi, dont il s’inquiétait de l’image qu’il renvoyait, comme ambassadeur de tous les terriens, ou du moins, de son peuple.

Ton sourire te quitta et tu baissas légèrement les yeux. La culpabilité afflua tes veines, la rancoeur aussi. Tant d’émotions négatives que tu n’avais pas l’habitude de dompter, mais qui pourtant t’assaillaient depuis des années. Tu n’avais jamais su les apprivoiser. « Je suis… trop jeune. Et trop fragile, d’après eux, psychologiquement comme physiquement. » Tu soupiras. « Et puis, j’ai osé lever la voix une seule fois. Maintenant, je n’en ai plus le droit. » Vous ne l’aviez jamais eu. Toi aujourd’hui encore moins – ex-détenue chassée, pestiférée ; celle qui symbolise le désordre mais pourtant l’honnêteté. Alaska toi qui voulait juste défendre l’être aimé.



Dernière édition par Alaska C. Burckley le Lun 28 Aoû - 19:07, édité 1 fois

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Sujet: Re: Hold me down — HARLASKA
Jeu 24 Aoû - 2:03

Alaska semble comprendre ta confusion ou plutôt ta méconnaissance de certaines choses. Ta fierté t'empêche de reconnaître tes lacunes alors même que tu sais que ce n'est pas vraiment ta faute. Certainement ne peut-on t'en vouloir de ne pas totalement maîtriser une langue qui n'est pas la tienne, dans un vocabulaire qui appartient à un passé que vous avez largement voulu oublier. Vous, Naoris, vous avez voulu effacer les horreurs que la modernité et la technologie ont apportées, revenir à un mode de vie plus simple, plus sain. Peut-être comprendra-t-elle, peut-être que non. Tu ne peux pas lui imposer ta vision tout comme elle ne peut pas t'imposer la sienne, mais tu peux essayer de la comprendre, et vice-versa. Au moins, la jeune femme te semble plutôt ouverte d'esprit, capable d'accepter et d'aller de l'avant sans trop s'y attarder. C'est une bonne chose.

Grippe. Oui, c'est peut-être ça. Le mot te dit vaguement quelque chose, mais tu ne pourrais affirmer avec une totale certitude qu'il s'agit bien de cette maladie-là ou plutôt ce mot-là. Même si tu es bon bilingue comme tout Naori, le gonasleng n'a jamais été la priorité de ton enseignement.

« Je pense ? » réponds-tu avec une pointe d'hésitation. « Il y a des mots que je ne connais pas en gonasleng – votre langue – ou que j'utilise peu. » Tu te mords légèrement la lèvre, confus sur l'admission qu'elle vient de te faire probablement sans le remarquer. « L'histoire ? Vous n'avez donc...jamais connu ça, dans le ciel ? »

Oh, comme tu les envies, ces enfants du ciel. D'avoir éradiqué ces maladies communes, mais qui terrassent les plus faibles d'entre vous quand les vents froids meurtrissent vos chairs et gèlent vos os. Ces maladies qui, année après année, te désolent face à ton impuissance, quand tu dois enterrer aux côtés de Yuma ceux qui ont succombé aux toux qui secouent les poumons jusqu'au sang, au froid terrible qui frigorifie une peau impossible à réchauffer. Tu as envie de lui demander comment ils ont fait, comment c'est possible. Pour peut-être tenter de reproduire ça chez vous. Mais tu penses que c'est lié à leur technologie, et un frisson de dégoût te parcoure l'échine rien qu'à songer confier la vie des tiens à cette chose qui a tant détruit. Non. Mieux vaut garder tes valeurs, tes principes. Tes moyens, même s'ils sont peut-être moins efficaces, sont au moins en accord avec Gaïa. Tu ne peux pas en dire autant de leurs machines et de toutes leurs choses artificielles.

Tu l'écoutes tandis qu'elle te parle de composition chimique, d'agents. Tu n'as qu'une vague compréhension de ce que ça peut être, ayant lu ces mots dans des anciens manuels, sauvés des dégâts du temps, mais ils restent pour toi obscurs, mystérieux. Ce que tu préfères retenir, c'est qu'elle n'a jamais pratiqué vraiment les soins, malgré toute son expérience. C'est un pur gâchis selon toi. Pourquoi ne pas mettre une main qualifiée au travail, quand les maladies et la mort guettent toujours ? Tu ne les comprends pas, ces étrangers, et peut-être ne les comprendras-tu jamais vraiment.

Tu l'écoutes attentivement tandis qu'elle t'explique leur formation. Six ans minimum de théorie, ensuite ça pouvait varier avec les spécialités, cinq ans de pratique. Tu te rappelles Adelaide, qui te parlait qu'elle se concentrait surtout sur les enfants et les morts également, tu penses. Le concept t'avait déjà laissé perplexe alors, et tu ne comprends pas plus aujourd’hui, tu dois l'avouer.

« C'est...long, comme formation. » ne peux-tu t'empêcher de dire, ne parvenant pas non plus à cacher ta surprise. Sans vraiment songer que ce que tu fais pourrait paraître déplacé – c'est après tout elle qui a initié le premier contact –, tu saisis ses mains (douces, trop douces, elles n'ont jamais connu le dur labeur) entre les tiennes, comme si tu pouvais comprendre ce mystère rien qu'à l'observation. Comprendre pourquoi quelqu'un de qualifié ne pouvait travailler, sauver des vies. Tu les examines, ces paumes, ces phalanges, qui ont l'air si fragiles et si pâles à côté des tiennes. Trop protégés, là-haut. Trop éloignés de la Terre. Au bout de quelques secondes, tu relâches ses doigts, relèves le regard vers elle. « Je ne comprends pas pourquoi vous n'avez pas pu pratiquer, pourquoi vos dirigeants vous en ont empêchée. C'est du gâchis. »

La brutale franchise t'a réussi jusqu'à présent. Tu crois qu'elle l'apprécie aussi, d'une certaine façon, alors tu préfères parler sans ambages. N'a-t-elle pas dit elle-même qu'elle avait été impatiente de pouvoir pratiquer ?

« La pratique vient assez tôt dans notre formation, nous apprenons en observant, en nous exerçant. Nous n'avons pas tous ces...agents, composition chimique ? » fais-tu en reprenant ses mots, avec une légère hésitation dans la voix. « Ce n'est pas important pour soigner, guérir. Tant que l'on sait ce que l'on fait, que l'on sait à quoi sert ce qu'on utilise et comment cela fonctionne. » Tu hausses les épaules. « Notre mode de vie est différent, je pense. Même adultes certains d'entre vous ont l'air... » Incapables est un mot trop fort, trop cruel, trop brutal, tu t'en rends compte. Tu tentes d'adoucir ton propos. « Inexpérimentés ? Il y a beaucoup de choses que vous ne savez pas. Mais je suppose qu'il y a aussi beaucoup de savoirs que vous avez et que nous ne possédons pas. J'ai probablement moins de connaissances que vous. Nous avons...beaucoup effacé du passé. Pour ne pas commettre les mêmes erreurs et détruire la planète à nouveau. Nous n'utilisons pas de machines ou...outils comme vous. »

Tu repenses à ces aiguilles qui ont causé tant de tort aux Rahjaks...et à vous, indirectement. Aujourd’hui encore, tu ignores exactement quel mal a rongé le peuple du désert – mal pour lequel tu as été accusé d'empoisonnement alors que tu étais totalement innocent. Tu en rirais presque, si tu avais suffisamment d'humour pour ça.

Tu te surprends à afficher un sourire amusé face à la surprise qu'elle affiche en apprenant ton âge. Tu as l'air plus jeune que tu ne l'es, ce qui est assez rare pour un terrien. Tu ne te l'expliques pas vraiment et tu n'as jamais vraiment cherché à percer ce mystère. La Nature t'a fait ainsi, qui es-tu pour remettre son jugement en question ?

« J'ai l'air plus jeune que je ne le suis, je sais. C'est assez rare pour un terrien. Chez nous, on est adulte à quinze ans et on vit rarement au-delà de soixante ans. À cinquante ans, on est considéré un vieillard. »

Tu ne t'expliques pas comment Yuma a réussi à vivre aussi longtemps et tu t'inquiètes du jour où il partira, où il ne vous guidera plus. Tu as confiance en Rowena, tu sais ses capacités, mais ce n'est pas la même chose. Yuma a toujours été un guide, un édifice inamovible dans ton univers. Presque une sorte de dieu, si tu ne craignais pas de blasphémer en mettant l'homme ainsi sur un piédestal. Mais Rowena...Rowena est ton égale. Et peut-être es-tu trop arrogant et orgueilleux, mais tu ne penses pas que tu serais capable de te plier face à elle comme à Yuma. Tu ne peux t'empêcher de lui tenir tête quand ton opinion ne s'accorde pas à la sienne, et tu sais qu'un tel comportement envers un Grand Sage ne sera pas toléré. Mais peut-être Ashiri aura-t-elle pris ta place, à ce moment-là. Peut-être que ce sera mieux.

Tu as l'impression de voir une enfant, pleine de curiosité et d'insouciance, tandis qu'Alaska passe d'une plante à l'autre dans la clairière. Et pourtant, tu le sais, elle est tout sauf une enfant, elle a un corps de femme, et l'expérience d'une également. Tu ne peux t'empêcher de trouver...attendrissante, cette naïveté, cette innocence, presque. Même si tu sais que ce serait mieux qu'elle réalise au plus tôt les dangers qui l'entourent, pour sa propre survie, tu aimerais qu'elle puisse garder cette candeur un peu plus longtemps. Tu ne parviens pas à t'expliquer pourquoi. Peut-être que c'est cette douceur qui t'attire, immanquablement.

Ton sourire se fait légèrement plus mélancolique quand elle essaie de te défendre. Elle te connaît à peine, pourrait-elle vraiment te juger avec le bref aperçu qu'elle a eu de toi ? Non, certainement. Pourtant ses mots sont plaisants, d'une certaine façon.

« Vous ne me connaissez pas vraiment. » contres-tu, sans réelle méchanceté. Une simple observation. « Mais oui, ma tribu est prospère. Nous cherchons à éviter les conflits, cela nous a préservé de beaucoup de choses. »

Tu es intrigué par la soudaine mention de sa mère, par son affirmation selon laquelle les personnes les plus douces ne sont pas forcément les plus agréables. Car n'est-ce pas le cas, en réalité ? Tu l'observes, comme si tu parviendrais à la comprendre en déchiffrant l'azur de ses yeux, mais tu n'y trouves aucune réponse. Tu sais juste qu'elle fait probablement partie de ces personnes douces, qu'elle semble décrier. C'est étrange. Mais tu préfères ne pas presser le sujet, devinant là quelque chose d'ancien et secret auquel tu n'as probablement pas droit.

Tu aimes le son de son rire, léger, insouciant. Tu ignores comment il peut y avoir tellement de légèreté et de gravité dans un seul être. Elle te paraît à la fois fragile, comme une fleur qui vient d'éclore et en même temps, elle te semble accablée d'un poids que tu ne peux comprendre ou imaginer, comme les feuilles qui ploient sous les lourdes gouttes de pluie.

Elle semble honteuse, triste, peut-être aussi un peu en colère quand elle avoue les raisons du manque de confiance de ses dirigeants en elle. Tu n'aimes pas la voir comme ça.

Légèrement, du bout des doigts, tu relèves son menton pour qu'elle te fixe. Tu n'as jamais aimé ne pas pouvoir observer tes interlocuteurs. Tu n'es pas doué pour comprendre les émotions, mais tu sais reconnaître les signes physiques qui ne trompent pas. Les gestes ont toujours été plus faciles à déchiffrer pour toi que les mots, les sous-entendus, les énigmes. Et Alaska ? Elle est un livre ouvert.

« Vous n'avez pas le droit de...parler ? Donner votre avis ? » Tu fronces les sourcils, perplexe face à une telle interdiction. Un grave manque de respect peut mener à une peine, chez vous, bien sûr, mais il faut que l'offense soit extrême, une atteinte directe à l'autorité du Conseil ou aux esprits. Et une telle chose est si rare dans votre tribu qu'elle en est presque taboue. Perturber l'harmonie du clan n'est jamais une chose bien vue. « Votre régime ne me paraissait pas si dur. » murmures-tu, pensif, en repensant à tes interactions avec Adelaide.

Mais après tout, Tennesse n'avait-elle pas émis de telles remarques également ? Sous-entendu que le régime en place offrait peu de place au dialogue ? Tu as désormais l'avis de deux civiles et d'une dirigeante, et les visions ne collent pas entre elles. Tu te demandes comment tu es perçu, toi, en tant que conseiller au sein de ta tribu. Tu te demandes si l'on pense que tu es trop difficile d'accès, que tu prives de liberté. Tu sais que, par contraste avec Rowena, tu es fermé, dur, froid. Trop rationnel, trop catégorique. Tu n'as jamais aimé plier ou avouer tes torts. Tu ignores si ce trait est venu avec ton accès au pouvoir ou si tu as toujours été ainsi. Tu as passé la majorité de ta vie au service de ta tribu. Tu te rappelles à peine ce que c'est d'être normal. Au fond, tu ne l'as jamais vraiment été, à l'écart que tu étais déjà parce que trop doué dans ta discipline. Tu n'as eu qu'un an à partager une formation avec les autres apprentis druides avant d'être repéré par ton mentor et d'être propulsé au poste que tu occupes aujourd'hui.

Tu ignores les circonstances exactes de leur régime. Comment il fonctionne, si les dirigeants sont élus ou s'ils naissent avec ce pouvoir, comme chez les Rahjaks. Peut-être est-ce normal pour eux de supposer que la population leur obéira. Peut-être ne voient-ils pas ça comme de l'injustice.

Et puis, tes pensées reviennent sur les propos d'Alaska. Trop jeune, trop fragile. Cela te fait penser que tu ne sais pas son âge à elle.

« Quel âge avez-vous, vous ? »

Une question innocente qui vient si tardivement. Mais tu n'as jamais fonctionné comme les autres.

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29/01/2016 Sial 139 Cara Delevingne Mysterylight ; Liama (ava) merci hihi Soins & quelques aptitudes en tant qu'herboriste 40
Solitude à la douce odeur de ciguë


Sujet: Re: Hold me down — HARLASKA
Mar 12 Sep - 16:11

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And you taught to cry in your pillow
forêt ; la sylve
septembre - octobre 2116
ft. harlan ; 1511 mots



Un gouffre immense se dressait devant toi. Au bord du vide, tu fixais le vide qui vous séparait – séparation forcée par le temps, par l’histoire, et puis par l’évolution de vos cultures. Le progrès comme maître mot, jamais abandonné ; la volonté peut-être utopiste que la science créera un monde meilleur et qu’il faut continuer à aller de l’avant face au rejet. Face au rejet des armes à feu, des armes destructrices, létales, qui ont emporté des millions de vies. Le retour au plus près de la nature, le retour à la terre à la roche, à l’eau pure avec tous les inconvénients qui en découlent. Des visions diamétralement opposées que vous dépeignez dans votre discours ; tantôt tes mots reflètent la vérité qu’on t’a longuement inculqué tantôt ils marquent la surprise de vos différences.

Le choix de la science c’était aussi le choix de ne plus souffrir des maux devenus banals et dépourvus de craintes – la grippe, ou des épidémies ayant dévasté l’humanité des années auparavant ; mais c’était également accepter de faire face à des choses plus dévastatrices encore, car sans doute l’être humain n’aura jamais terminé de se battre – ou de se débattre selon les points de vue.

« Oui, excusez moi. » Nouveau sourire tendre, nouveau sourire un peu sucré qui laisse sous entendre que tu ne voulais pas le perdre. « Vous parlez vraiment bien notre langue, si bien que j’ai tendance à oublier que vous n’en êtes pas usuel. » Tu songeas un instant que tu aimerais apprendre, toi aussi, quête perpétuelle du savoir ; tu te dis que tu voudrais manier les langages avec aisance, préférant la diplomatie à la violence.

Tu levas les yeux vers lui, les lèvres pincées dans une légère moue embarrassée. Tu as lu, beaucoup ; tu as vu, compris les douleurs de ces maladies qui ont, à ses yeux, toujours appartenues au passé. Tu te disais que votre existence était sans doute plus douce sans ces terreurs d’hiver, et que tu étais heureuse que plus personne ne puisse les connaître. Mais maintenant que tu étais sur Terre, foulant son sol que tu avais pensé perdu à jamais, tu savais que cette réalité à laquelle tu t’étais habituée était fausse. La grippe, et d’autres maux tout aussi dangereux étaient présents, et frappaient aux portes des familles lorsque le froid faisait son apparition. « Non… » Tu comprends que vivre et grandir dans un monde aseptiser vous a fait dangereusement baisser votre garde. « La plupart des maladies ont été éradiquées alors que nous avons rejoins les étoiles. »

Et sans doute que votre formation ne devrait pas être si longue ; peut être que s’enterrer sous des monticules de livres parlant du passé et des maladies oubliées sans que vous ne puissiez vous exercer était vain. Peut-être que le savoir enfermé dans ta caboche pouvait paraître dérisoire sans que tu ne puisses l’appliquer – apprendre au plus près des patients était primordial. Tu t’en étais rendue compte alors que vous veniez d’arriver ; tous les médecins encore en vie, y compris en formation, avaient été réquisitionnés. Le travail sur le terrain était bien différent de ce que tu avais imaginé – mais pourtant tu avais su garder tant bien que mal la tête froide. « Très. J’espère que je pourrais un jour apprendre à appliquer tout ce que je sais. » Souvenirs d’opérations de fortunes effectuées sur une terre inconnue, avec le mot infection clignotant sans cesse dans sa tête. Tu avais été préparée à beaucoup de choses, mais pas à ça. Il fallait s’adapter.

Léger mouvement de sursaut signifiant de la surprise plus que de la peur alors qu’Harlan saisit tes mains – tes mains douces, fragiles, que tu croyais auparavant tout juste bonnes à cueillir les genêts en fleur. Tu étais capable de plus. Tu en était persuadée. « Peut-être. Mes doyens étaient doués. » Plus que toi, toi qui étais la relève. Observer pour apprendre – vous n’en avez plus le temps. « C'est sans doute de cette façon que j’ai pu me rendre utile lors de notre arrivée. Il y avait beaucoup de blessés. » Toi comprise. Blessures parfois invisibles. Tu le regardas, appréciant sa sincérité. Apprendre de l’autre est bien plus aisé lorsque les barrières telles que le mensonges ou la diplomatie exagérée sont abaissées.

« Ça l’est. Pas forcément pour guérir sur l’instant, mais ça l’est. » Tu aurais voulu plus pratiquer – mais tu ne pouvais pas nier que tout ce savoir s’était avéré utile. « La composition chimique nous permet de créer de nouveau remède. De comprendre comment fonctionne le médicament et comment fonctionne la maladie. Trouver des solutions, parfois durables. » Les vaccins – ceux qui permettaient un nouvel espoir. « Et ça évite les erreurs. Comme une maladie mal identifiée, avec un remède inadéquat. » Bien que ça arrivait toujours même avec ces fameuses compositions. Le risque zéro jamais atteint.

Tu lâchas un rire en l’entendant parler des adultes. Adultes ignorants ; ceux qui ne comprenaient pas le monde qui les entourait dans sa plus grande simplicité, ceux qui semblaient perdus sur leur propre terre mère. « C’est vrai. Nous sommes plutôt pointus sur des sujets qui, ici, ne veulent plus dire grand chose. » Robotique, astronomie, mécanique, science et nouvelles technologies. Le progrès primordial avant un retour brutal à la réalité primitive. « Peut-être qu’une vie plus simple comme la votre serait la solution. » Ton regard se voila un peu, n’oubliant pas tout ce qui s’est passé. « Vous n’avez pas l’air d’avoir rencontré nos problèmes. » La résistance sur l’Odyssée et même ici qui grondait silencieusement. La peur aussi ; celle de la perte matérielle et émotionnelle. L’incompréhension terrible. « J’aurai voulu que ce soit plus simple… Notre système était devenu si compliqué qu’il en était devenu étouffant. » La vie qui dépérissait – système de rations et de quotas pour la nourriture, l’eau, la famille. Pour les études et même pour la lecture. « Certains n’ont pas su l’endurer. » Dimitri n’a pas su l’endurer.

Soupire à peine audible qui se masqua derrière son sourire. Sourire lumineux, radieux. L’atmosphère qui s’était tendue redevient plus légère. Tu le rejoignis, arc solaire qui creusa tes joues. « Cinquante ans ? Ça me parait peu. Enfin, je suppose que maintenant pour nous l’espérance de vie sera plus courte encore, sans doute parce que notre corps est surexposé ici. Nous sommes trop habitués à la protection de l’espace. » Tu étais jeune. Insouciante, naïve même. Naïve car trop espérante pour l’avenir ; mais tu demeurais forgée, polie par ton existence. La vie n’a pas été facile, la vie t’avais frappée comme une roche battue par les vents, et seul ton caractère a réussi à y survivre – douceur pour continuer de vivre.

« Non, je ne vous connais pas vraiment. » Et tu continuas de sourire, encore et encore. « Mais… Si je reste méfiante. Si je préfère exercer la méfiance à une confiance mutuelle, on rentre encore dans un cercle sans fin voué à la haine. » Tu haussas vaguement les épaules. « Vous pouvez me trouver stupide ou puérile, mais je suis persuadée que si les choses vont si mal entre les tribus c’est parce que mon peuple se méfie des terriens comme les terriens se méfient des enfants du ciel. » Encore une utopie, sans doute ; mais tu avais toujours été comme ça. Liam te le disait, Dimitri te le répétait ; tu rêvais beaucoup trop, et tu te ferais piéger sans doute. Mais ce n’étais pas grave, c’est ce qu’elle se disait. « Je comprends. La paix est si difficile à obtenir. » Sur l’Odyssée la paix était fausse et douloureuse. Elle faisait taire les peuples et soulever les coeurs. La paix n’était pas saine, ni sereine. Elle était jouée ; théâtre de mensonges. Elle était dramatiquement mise en scène derrière la volonté d’une protection.

Tu déglutis, sentant ses doigts se glisser contre sa peau porcelaine. Tu plongeas ton regard azur dans ses prunelles brunes, surprise par son acte. Il évoqua ton régime, celui toujours plus ou moins appliqué que tu as fuis. Le régime qui exécutait, le régime qui bâillonnait. Un frisson parcouru son échine et elle s’efforça ne pas laisser les larmes lui monter aux yeux. La fatigue de la marche qui transparaissait, la fatigue d’avoir gardé la tête trop longtemps basse. « C’est que… c’est compliqué. » Il n’était pas dit que vous deviez vous taire ; vous le saviez. « Disons que… Certains s’y adaptent. D’autres pas. » Tu n’as pas su t’y adapter. Tu as juste réussi à l’endurer. À survivre, essayer d’exister.

Parfois, tu te dis que tu voudrais respirer.

« J’ai sans doute une vision biaisée du régime, étant donné que j’ai été en conflit avec ce dernier. Mes propos ne sont pas ceux à écouter, je pense. Surtout si vous voulez une relation pacifique avec nos dirigeants. » Tes yeux se perdirent encore dans la vague un instant avant qu’il ne te ramène brusquement à la réalité. Question légitime mais que tu avais presque oublié. « J’ai vingt-sept ans. » Tu te redressas un peu, ne laissant le poids de ton existence vouter tes épaules. « En fait, j’ai pris deux ans de retard dans ma formation. Et ensuite il y a eu l’accident et toutes ces choses donc… Je n’ai jamais pu finir mes études. » Surtout parce que tu as finis en prison.


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Sujet: Re: Hold me down — HARLASKA
Sam 23 Sep - 0:39

Au fur et à mesure de tes rencontres avec ces gens descendus du ciel, tu te rends compte que tes idées préconçues, tes préjugés, se sont souvent révélés infondés. Peut-être as-tu simplement eu de la chance, ou plutôt ta tribu, à avoir pour voisins un groupe plus mature que ces jeunes qui ont lancé une guerre contre les tribus sœurs de l'ouest. Tu sais que les choses ne sont pas si simples ou si manichéennes, en vérité, qu'il n'y a pas d'agresseur ou d'agressé, simplement des malentendus et une différence trop grande entre deux cultures, un fossé trop important, creusé par des générations qui ont vécu les choses différemment. Pour vous, ce sont des étrangers, des envahisseurs. Mais probablement vous voient-ils du même œil. Tu es au moins heureux que venir en aide à ces nouveaux étrangers ait facilité le contact entre vous. Tu n'as jamais voulu d'une guerre. Du moins, pas avec eux.

« Merci. »

Tu souris en entendant ses compliments sur ta maîtrise de leur langue. Tu ne lui précises pas que l'apprendre est nécessaire pour chacun d'entre vous, dans ta tribu, comme d'autres savoirs oubliés par les autres clans. Le gonasleng reste une langue étrangère pour toi. Une langue vieille, que tu n'utilises principalement que pour communiquer avec ce peuple venu des étoiles.

Tu ne peux empêcher la pointe d'envie que tu ressens en entendant que la plupart des maladies auxquelles tu fais face au quotidien ont été éradiquées, là-haut. Tu ignores comment, tu aimerais savoir pourtant. Mais peut-être est-ce un sujet pour une autre fois ?

Car inconsciemment, tu réalises que tu souhaites une autre fois. Un nouvel échange pour en apprendre davantage sur toutes ces choses que tu ignores. Tous ces progrès en médecine, les partagerait-elle avec toi ?

« Oh, je vois. Vous avez de la chance, dans ce cas. » Tu marques un temps d'arrêt, écoutes ses propos. « Un guérisseur est toujours utile, dans n'importe quel clan, je suis certain que vous pourrez travailler comme vous le souhaitez où que vous alliez, si vous prouvez vos compétences. »

Car tu n'oublies pas qu'elle a fait part de son intention de voyager. Tu ne sais pas vers où, si elle a un but précis ou si c'était simplement pour éviter que tu ne lui poses trop de questions. Tu es curieux et tu aimerais en apprendre davantage sur leurs savoirs, mais tu ne peux vraiment empêcher Alaska de partir, n'est-ce pas ? Car où irait-elle ? Dans votre tribu ? Même si elle n'a pas l'air dangereuse, tu ne peux te permettre d'introduire une étrangère dans ton village simplement parce que tu es curieux. Le peux-tu ? Non, tu essuieras certainement l'opposition de Caleb, toujours méfiant vis-à-vis de ces étrangers. Tu es moins sûr pour Rowena, mais vous vous opposez tellement souvent que par défaut, tu songes qu'elle refusera probablement aussi. Autant éviter de créer des remous inutilement au sein du Conseil.

Tu penches légèrement la tête sur le côté, confus devant son insistance sur l'importance de la composition chimique des éléments.

« Peut-être. » concèdes-tu. « Du moins, je pense que cela est plus important pour vous que pour nous. Je pratique depuis des années sans savoir tout ça, ça ne m'a pas empêché d'être un bon guérisseur. »

Sûrement pèches-tu par orgueil, mais tu ne peux t'empêcher de penser que ça ne doit pas être si important que ça. Car alors, vos ancêtres auraient certainement gardé ce souvenir, non ? Ou peut-être faut-il leurs machines, pour produire ce que la nature vous donne gratuitement ? Tu sais que là-haut, eux et leurs ancêtres créaient des choses synthétiques. Ce n'est pas ce que tu veux et l'idée même de vous empoisonner avec des choses qui ne sont pas nées de la terre te dégoûte.

Elle rit en t'entendant insulter de façon à peine voilée les connaissances de leurs adultes. Malgré toi, ça t'arrache un sourire. C'est un son mélodieux, agréable.

« Rien ne vous empêche de vous adapter à notre mode de vie. Je ne pense pas que votre vie là-haut soit adaptée à celle que vous pouvez avoir ici. Et n'est-ce pas l'occasion de prendre un nouveau départ ? De recommencer de zéro ? Mettre ce passé étouffant derrière vous ? »

C'est ce que vos ancêtres ont voulu faire, en effaçant une grande partie de votre passé. Et sûrement n'y avez-vous que gagné. Votre monde n'est-il pas plus pacifique désormais ? Les guerres ne font plus rage, dorénavant. La terre ne hurle plus à l'agonie, maltraitée par les humains cupides et cruels. Oui, tu en es persuadé, le monde aujourd'hui est meilleur que celui que leurs ancêtres ont laissé derrière eux.

Tu ne fais que hausser les épaules à sa remarque sur l'âge. Cinquante ans peut lui paraître peu, mais vous devenez matures et adeptes également bien plut tôt qu'eux. Tout est une question de perspective. Et tu ne peux répondre à ses propos sur la protection, tu ne sais après tout pas comment ils pourront évoluer, s'ils seront plus affectés que vous par la vie ici. La Terre donne et la Terre prend, en ses propres termes, en son propre temps. Voilà comment toi tu vois les choses. Même si ton métier consiste parfois à la combattre et tenter de faire gagner la vie.

Tu offres un murmure d'assentiment face à son optimisme. C'est rare à voir, et c'est rafraîchissant, d'une étrange façon. Trop innocente, probablement, trop candide, mais c'est une vision envers laquelle tu ne peux t'empêcher d'éprouver une certaine fascination. Un miroir inversé de ta propre personne.

« C'est une belle vision des choses. J'ai toujours été d'un naturel beaucoup plus...méfiant. Pessimiste. »

Et pourtant, ta méfiance s'endort, face à elle. Elle-même doit s'en rendre compte. Tu es curieux, fasciné, mais pas méfiant ou hostile. Tu ne l'as jamais vraiment été, envers ces étrangers, à part envers l'une qui vous a menacé d'une arme et sous-entendu que vous pourriez leur vouloir du mal. Tu penses Alaska sincère, pourvue de bonnes intentions et ton pessimisme caractéristique se tait, pour un moment.

Ses propos sont nébuleux, quant à son régime et tu as l'impression qu'il y a de la douleur, là, une peine liée à ce régime que tu ne comprends pas vraiment. S'adapter ? Et ceux qui ne s'adaptaient pas, devaient-il payer un lourd tribut ? C'est ce que tu crois déceler dans ses mots. Mais tu n'es pas là pour juger le système d'étrangers ou pour leur dicter leur façon de se conduire. Tu diriges ta tribu uniquement, pas celle des autres.

Tes sourcils se haussent légèrement en entendant dire qu'elle a été en conflit avec le régime. Alaska te paraît douce, bienveillante, qu'a-t-il pu se passer pour qu'elle cherche à contrer le système ? Est-il vraiment si mauvais qu'elle le laisse entendre ?

« D'accord, j'en prends note. » Tu notes aussi son âge, légèrement plus élevé que ce que tu aurais pu croire avec le nombre d'années d'études qu'elle t'a décrit. Deux années de retard, des études non terminées. Tu devines un non-dit, là, mais tu préfères ne pas insister. Ce n'est pas vraiment ta place.

Tes yeux se font plus critiques, quand tu notes la fatigue sur ses traits, ses épaules qui se redressent, comme si elle avait été accablée par un poids. Le harassement du voyage ? Peut-être bien. Elle te rappelle Tennesse, qui avait marché jusqu'à votre village sans provisions. Est-ce la même chose pour Alaska ? N'a-t-elle pas prévu de provisions pour tenir tout le long de son itinéraire ? Tu te retrouves bientôt à éprouver une certaine sollicitude à son égard, à vouloir l'aider. Son voyage peut peut-être attendre quelques instants ?

« Vous pouvez rester ici un moment, si vous le souhaitez. Si vous ne voulez pas reprendre votre voyage immédiatement. » Tu hésites un instant avant de proposer : « Je peux vous montrer les plantes à éviter et celles qui sont comestibles, si vous le souhaitez ? »

À cet instant, tu ne réalises pas que tu lui laisses le choix quant à une potentielle installation ici, dans la forêt naori, que tu lui donnes les clés pour y survivre. Pas encore et pas tout à fait.

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Sujet: Re: Hold me down — HARLASKA

 

Hold me down — HARLASKA

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