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˜˜˜˜˜˜Au coeur de la tempête [Décembre 2115]
maybe life should be about more than just surviving

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30/07/2016 Nexus 1186 Katie Mcgrath Nexus Druidesse 20
La Ciguë Noire


Sujet: Au coeur de la tempête [Décembre 2115]
Sam 1 Oct - 18:54

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Ce n'était pourtant pas la première fois qu'elle prenait ce chemin, pas la première fois qu'elle rejoignait les Athnas. Été comme hiver, Varghause n'avait jamais cessé de braver les éléments durant ses nombreux voyages, toujours porté par cette incroyable motivation pour partager ses soins en dehors de sa tribu. C'était ce qu'elle était, son besoin devenu vital de s'éloigner, d'arpenter les moindres recoins de l'île et bien qu'elle n'était pas la femme la plus sociale qui soit, apporter son aide aux autres étaient devenue là encore, un besoin qu'elle ne cessait d'assouvir. C'était sans doute pour cela que sa renommée commençait à être connu au fin fond du désert et par-delà les montagnes. La cigüe noire, qu'on l'appelait... un nom qui lui allait bien à n'en pas douter. Les gens s'étaient habitué à la voir au fil des années, on savait que lorsque sa sinistre silhouette se faufilait dans les villages, c'était pour transmettre les bons soins des druides Naoris. On lui pardonnait le venin de ses mots, son ton abrupt et son refus de créer des liens, juste parce qu'elle était utile. Mais en ce jour, Varghause doutait cruellement de pouvoir être utile à qui que ce soit....

La météo l'avait prise au dépourvu alors que la tempête s'était soudainement levé, abattant sur la druidesse et sa monture toute la puissance de l'hiver. Il était devenue difficile d'avancer, difficile de voir à travers la neige et la brume sans compter le vent glacial qui se glissait même à travers les vêtements. Où était-elle à présent ? Elle ne reconnaissait rien... Il n'y avait plus le moindre point de repère pour trouver le village Athna. Pourtant, ce n'était pas la première fois qu'elle faisait ce voyage, elle savait où trouver le volcan qui servait de refuge à la tribu des montagnes. Mais là, face à l'hiver, la druidesse se retrouvait désarmée. Affamée, assoiffée et frigorifiée, il était devenue presque impossible pour Varghause de continuer de marcher. Sa monture elle aussi souffrait et pour la soulager, la naori avait décidé de la libérer de son poids, se contentant de marcher à ses côtés. Mais le roncin luttait de plus en plus alors que le vent sifflait durement dans la montagne, menaçant comme jamais. L'animal tentait vainement de rebrousser chemin, tirant sur les rennes tenus en main par Varghause qui désespérait de faire avancer le cheval, de le calmer. Mais rien à faire, à chaque minute qui passait, l'animal redoutait la tempête. Dans un ultime hennissement, le cheval se cabra, tirant de ses forces alors que la druidesse lâcha les rennes, sa voix suppliante s’étouffant dans l'écho de l'hiver.

« Non... NON ! Reviens ! »

Mais trop tard, la monture avait déjà fait de mi-tour et usait de ses dernières forces pour partir au galop, emmenant avec lui les affaires de la Naori qui observait le cheval disparaître à travers le rideau de neige et l'épais brouillard. C'était une catastrophe ! Elle n'avait plus rien à présent et avait pour seule compagnie, le froid glacial des montagnes du nord. Tout ce chemin pour en arriver là... Elle qui était pourtant si proche du but. Épuisée, Varghause tituba avant de reprendre la marche, il était simplement hors de question d'abandonner ici. Mourir ? Pas aujourd'hui ! Bien décidé à continuer sa route et trouver un refuge, Varghause en oublia cependant son état déplorable. La fatigue et la faiblesse mêlée au froid ne faisaient pas bon ménage, si bien qu'il ne fallut pas bien longtemps avant que son corps ne commence à la faire souffrir. Ce froid mortel qui la glaçais jusqu'aux os avait tellement ralenti son rythme, le vent qui l'empêchait d'avancer, cette terrible envie de dormir... À travers la blancheur de la neige, la Naori vit le monde tourné... Bien vite le vertige la saisit, anéantissant son équilibre alors que ses jambes lâchèrent sous le poids de son corps endolorit. En quelques instants, tout cela ne fut plus qu'un mauvais souvenir alors que le noir l’envahit, l'engloutissant avec d'une force terrifiante. Inconsciente dans la neige, la cigüe Noire avait été terrassé.

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06/05/2016 Dandan/Sonia 222 Jason Momoa lux #demonkeur Garde pour sa tribu, il s'occupe aussi parfois des oiseaux messagers. 70


Sujet: Re: Au coeur de la tempête [Décembre 2115]
Dim 16 Oct - 19:45

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far over the misty mountains cold

La tempête sévissait, comme pour punir Isdès de s’être aventuré si loin. L’hiver avait pourtant pour grand avantage de dissuader quiconque souhaiterait atteindre la montagne du camp Athna. Tout étranger résistait peu aux grands froids rudes et secs qui gelaient les cheveux, mordaient les peaux, glaçaient les esprits. En hiver, bien souvent, les siens se réfugiaient dans leur volcan, prêts à endurer entre eux une saison peu clémente. Rien ne montrait plus l’indépendance et la différence des Athnas que lors de l’hiver. Alors que les régions plus au sud subissaient quelques intempéries et surtout beaucoup d’humidité, eux étaient frappés par la neige épaisse et la disparition des routes tracées qui les rendaient plus ou moins accessibles. Mais ils ne craignaient pas cet isolement, au contraire la solidarité et l’esprit de collectivité étaient d’autant plus présents lorsque leur paysage se tapissait de blanc. Isdès, lui-même, préférait profiter de l’hiver chez lui, quitte à ne pas quitter les environs des semaines durant. Il préférait tellement la sécheresse de la roche plutôt que l’humidité qui s’infiltrait partout. Il se sentait dans son élément et c’était peut-être cet excès de zèle qui l’avait fait croire qu’il pouvait porter un message aux Pikunis sans craindre la difficulté du retour. Il avait simplement suivi le chemin du sud pour s’éloigner le plus possible des conditions climatiques compliquées et ainsi éviter un voyage éreintant à la chouette qui s’envolerait pour le camp voisin. Sachant pertinemment que même sa carrure importante ne suffirait pas à se frayer un chemin en cas de tempête, il avait voyagé sur un énorme cheval solide. Son poil était dru et épais, le protégeant ainsi des températures négatives. Ses jambes étaient musculeuses, ses sabots larges, lui permettant ainsi de se frayer un chemin dans ce tapis de neige profond. Lui-même s’était emmitouflé dans une peau de bouquetin doublée de cuir pour se réchauffer. Exceptionnellement, il n’avait pas tressé ses cheveux de jais pour préserver des oreilles sensibles. Il avait ainsi voyagé durant près de deux heures pour trouver une alcôve, le début d’une végétation, certes maigre, qui abriterait suffisamment le vol de la chouette. Dans le message rédigé par son chef, il avait joint une note demandant à ne renvoyer l’oiseau que le lendemain très tôt dans la matinée, là où les chutes de neige étaient moins fréquentes. Non pas que leurs oiseaux messagers ne soient pas acclimatés à leur environnement mais le temps était si imprévisible en ces temps, qu’il préférait ne risquer aucune perte d’oiseau. Chacun comptait comme un membre à part entière.

Isdès n’avait pas tardé à rebrousser chemin car il sentait que le temps tournait. Et il eut rapidement raison, la brise faisant place au blizzard et les flocons légers aux grosses boules de coton. Le pas de la monture ralentit et le trajet s’allongea, tandis qu’ils bravaient désormais des éléments hostiles. Il avait enfoui son nez dans sa fourrure, il ne manquait plus que de perdre une extrémité pour un voyage banal. Le temps allait être long, mais il prenait son mal en patience et laissait son esprit divaguer vers des interrogations qui outrepassaient le froid. Il ne s’attendait à trouver personne son chemin, aucune âme qui vive qui serait assez vaillante pour chercher le volcan dissimulé des Athnas. Pourtant, quelle ne fut pas sa surprise quand surgit de nulle part, le bruit d’un galop étouffé par la poudreuse. Aussitôt, il stoppa sa monture et put à peine apercevoir la silhouette blanchâtre d’un équidé s’enfuir au loin dans la direction opposée, des rênes volant derrière lui. Le cheval n’était pas un des siens : trop élancé. L’instinct de protecteur d’Isdès le submergea immédiatement. Ennemi, vagabond, allié, il ne savait pas. Tout ce qu’il savait c’était que ce n’était pas un cheval sauvage et que donc un cavalier était abandonné dans une tempête de neige, en amont de sa position. Entre lui et les siens. Comme si elle avait à son tour compris, sa buse s’envola de son épaule pour partir en reconnaissance, assez haut dans le ciel pour ne pas être remarquée. Isdès resta ainsi immobile quelques minutes, les éléments frappant contre lui et son cheval. Sa hache était là, lame glaciale, sur son flanc droit, prête à dégainer si besoin était. Mais la buse ne revint pas et bientôt il entendit un petit piaillement lointain qui lui signalait un événement non dangereux. Il avait appris à distinguer les cris de son animal et à déchiffrer les potentiels messages qu’elle pouvait envoyer à sa manière. C’était bien de cette manière qu’elle lui était indispensable : elle était ses yeux et ses oreilles, il remettait chaque fois sa sécurité entre ses serres et la complicité qui s’était tissée en quelques années n’avait d’égal dans le rapport animal-humain des Terriens. Le cheval se remit en marche, du mieux qu’il put, jusqu’à ce qu’il ne tombe sur une silhouette effondrée dans la neige.

Une silhouette noire qui tâchait le paysage immaculé. Vu la pâleur de ses traits, il lui semblait qu’elle était Naori. Mais ce fut surtout son accoutrement qui lui laissait une impression familière sans qu’il puisse situer véritablement. Il retrouva terre puis il releva le corps inerte de la jeune femme, l’éloignant ainsi de la neige mordante. Il vérifia que le froid ne menaçait pas sa vie en écoutant sa respiration et entreprit de frotter ses doigts entre ses paumes pour la réchauffer. Ils ne pouvaient pas traîner ici sinon il ne lui serait d’aucune aide. Il la souleva dans ses bras avant de l’installer sur le cheval. Malheureusement, inconsciente, elle pesait lourd et vu la hauteur du cheval, il fut obligé de l’allonger de part et d’autre, sur le ventre. Ce n’était pas confortable, mais il allait falloir trouver un abri au plus vite et continuer de remonter la température de son corps. Il savait qu’il n’était plus très loin des montagnes et que bientôt la roche offrirait un refuge rudimentaire avant qu’ils n’atteignent son volcan. Il décida de rester à pied, conscient que la charge serait trop lourde pour le cheval qui souffrait déjà du temps. Au bout de quelques minutes enfin, l'ombre d'une caverne se profila devant eux. Il se hâta à l'abri et finit par descendre la jeune femme du cheval afin de la déposer au sol. Isdès s'occupa par la suite de faire un feu, pour conforter les corps meurtris. Même si les flammes les aideraient à subsister quelques minutes, ils ne pouvaient pas rester indéfiniment ici. Pourvu qu’elle se réveille rapidement.

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30/07/2016 Nexus 1186 Katie Mcgrath Nexus Druidesse 20
La Ciguë Noire


Sujet: Re: Au coeur de la tempête [Décembre 2115]
Lun 17 Oct - 20:16

Tout était noir. Son cœur, son esprit... Plus de douleur, plus de peine, plus d'angoisse. Était-elle... morte ? Si cela était la mort, s'était différent de ce que Varghause avait imaginé. Si sombre, si froid... S'en était presque effrayant. Mais tout cela n'était sans doute que l'attente avant la réincarnation. Devait-on pour autant subir cette terrible solitude dans un monde rien n'existait ? Durant un instant, une lueur jaillis, sortant la druidesse de sa torpeur, l'extirpant de force de son inconscience. Ce ne fut qu'une seconde, peut-être deux, où elle aperçu la silhouette massif d'un inconnu qui la souleva avec force. Puis le vit, ce visage fermé, barbu et chevelu, cet air dur... Avant même que la naori se  sache si il était ami ou ennemi, elle retomba aussitôt dans la noirceur de son esprit. La bonne nouvelle, c'est qu'elle se savait toujours vivante.

Le feu... Son crépitement et sa chaleur. Jamais Varghause n'aurait être aussi heureuse que de le sentir. Alors que le froid mordant des montagnes avait fini par se dissiper de son corps, la jeune femme avait bien des difficultés à émerger. Son corps entier la faisait souffrir et ce n'était rien face à ce contraste de chaud et de froid qui passait à travers ses membres. Était-ce de l'eau qu'elle sentait sur sa nuque et son front ? La moiteur sous ses vêtements n'avaient rien de réjouissant alors que la fièvre avait fini par s'installer. Une journée entière dans le blizzard, luttant pour avancer sans boire manger ni dormir... Varghause s'était attendu à aux conséquences de cette tentative de survie minable. Ouvrant finalement les yeux, le thorax douloureux, la druidesse laissa échapper un bref soupir qui se changea en une toux légère. Son regard clair, gonflé et rougit se posa sur la roche. Une caverne ? C'était toujours mieux que la tempête qui faisait rage au dehors. Trouvant la force de se relever, le corps tremblant et affaiblis, la druidesse pivota le visage, dardant son regard froid et vide sur l'inconnu qui lui avait sauver la peau. C'était le cas, n'est-ce pas ? Les Athnas étaient des guerriers, mais pas des mécréants comme pouvait l'être les rahjaks.

« Qui es-tu... ? »

Souffla Varghause, la voix enroué. C'était officiel, le froid avait eu raison de sa santé. Portant une main à sa gorge douloureuse, elle fini par vite par la monter, essuyant son front moite de sueur d'un revers de main. Tout cela s'était bien beau, mais maintenant ? Qu'allait-elle faire ? Et lui ? La druidesse était connu pour ne pas avoir peur de grand chose, pourtant le fils de la montagne était d'une carrure impressionnante. Méfiante ? Oh que oui, plutôt deux fois qu'une. Et dire qu'elle était la première à se gorger de colère face aux préjugés des gens à son égard... Et voilà qu'elle en faisait de même avec cet homme. Assise sur le sol, la Ciguë Noire resta un instant silencieuse, continuant de fixer l'Athna. Que dire ? Merci ? Elle aurait aimé mais vraiment, l'ambiance était étrange ici, plus froide encore que la tempête qui faisait rage. Alors elle garde la silence, tant pis si Varghause passait pour une égoïste. Après tout, elle en avait l'habitude.

« Suis-je rester inconsciente longtemps...? »


Souffla à nouveau Varghause, tentant de briser la glace. Elle n'était absolument pas sociable mais là, s'était sa vie qui en dépendant alors la naori tentait vainement de faire un effort. C'était ça où bien cet homme pouvait la laisser ici comme un animal en fin de vie. Dans le meilleur des cas, évidemment.

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06/05/2016 Dandan/Sonia 222 Jason Momoa lux #demonkeur Garde pour sa tribu, il s'occupe aussi parfois des oiseaux messagers. 70


Sujet: Re: Au coeur de la tempête [Décembre 2115]
Mer 9 Nov - 23:22

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far over the misty mountains cold

L’Athna n’était pas croyant mais il aimait à croire que la Nature, ou une certaine forme du destin, avait posé ça et là des cavernes pour permettre aux pauvres humains qu’ils étaient de s’abriter. Il était des architectures naturelles de leur environnement qui laissaient croire qu’une volonté supérieure avait pensé à eux. Même dans le froid létal, les pieds dans la neige dévorante, il suffisait de connaître un peu les montagnes pour savoir qu’il y avait des moments de répit dans le périple risqué que représentait l’ascension du volcan qui leur servait de foyer. Ainsi l’homme n’avait pas réfléchi à deux fois. Maintenant qu’il avait décidé de venir en aide à l’inconnu inconsciente – dans tous les sens du terme – il ne pouvait décemment pas poursuivre son chemin comme s’il était seul. Lui aurait pu survivre. Il aurait pu braver les éléments quelques heures de plus et pousser son cheval jusque dans des retranchements dont il connaissait les extrêmes limites. Jamais il ne provoquerait la mort de quiconque pour sa propre personne. Il remarquait les genoux tremblotants de la monture, les naseaux éprouvés qui soufflaient de la vapeur épaisse à chaque expiration. Alors il s’abrita dans la dernière grotte avant la dernière ligne droite et il entreprit de réchauffer les membres et les âmes. Bientôt, le feu crépita ardemment, chaleureux comme si dehors la sécheresse sévissait. Il ne retira pas tout de suite la fourrure qu’il avait sur les épaules et s’occupa de réchauffer ses mains. Le cheval avait été allongé à l’entrée de l’antre, trop grand pour aller plus loin mais suffisamment proche pour profiter de la source de chaleur. Sa buse avait repris sa place sur les poils de bouquetin, sur l’épaule droite. Isdès jetait de temps à autres des coups d’œil à la jeune femme près de lui. Il ne se posait pas vraiment de questions, c’était à elle de jouer : soit elle se réveillait, engourdie et éreintée, soit elle n’ouvrirait plus jamais les yeux. Ça n’était plus de son ressort même si malgré tout, il aimerait bien l’interroger sur sa présence en de terres si hostiles à ce moment de l’année. Et la voilà qui ouvrait les yeux après un court instant et ce fut elle qui posa les premières questions.

Elle parlait le Trigedasleng. C’était déjà un élément rassurant et il n’avait pas besoin de plus pour comprendre qu’elle était du sud. « Et toi ? » se contenta-t-il de répondre, d’une voix volontairement mal aimable. Isdès était méfiant et il ne donnait pas aussi facilement son patronyme. C’était toute une identité qui allait être mise à découvert, la réputation du garde Athna, son surnom de Hawkru. C’était elle qui avait été trouvée à un endroit où elle n’était pas censée être. C’était elle l’intrus jusque dans ce refuge habité par des compagnons de route. Elle n’était pas en position de force. Sa voix s’éleva de nouveau et il haussa les épaules, tout en réalimentant les braises. « Tu as voyagé plus près d’une demi-heure sur le dos de mon cheval. Ce qui est arrivé avant, je ne suis pas au courant. » Il haussa un sourcil dans sa direction, l’incitant à révéler elle-même ce dont elle se souvenait. L’homme s’était enfin tourné vers elle. Elle n’allait pas y échapper. Et d’ailleurs, qu’avait-elle voulu fuir en s’engouffrant dans le blizzard pour un tel périple ? « Que faisais-tu ici ? Tu viens du sud, n’est-ce pas ? » Son physique lui était familier, à vrai dire. Cet accoutrement si sombre pour une civilisation qui s'habillait des peaux et des tissus qu'on était en mesure de produire. Ce visage si pâle alors que toutes les tribus de cette Terre voyaient quand même la lumière du jour et subissaient les chaleurs estivales. S'il ne venait pas de l'entendre parler Trigedasleng, il aurait pu croire qu'elle tombait réellement du ciel immaculé.

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30/07/2016 Nexus 1186 Katie Mcgrath Nexus Druidesse 20
La Ciguë Noire


Sujet: Re: Au coeur de la tempête [Décembre 2115]
Jeu 10 Nov - 18:46

Et toi ?
Pas aimable pour un sous, il était à l'image de Varghause. La druidesse glissa vers son sauveur inconnu un regard en coin, perçant, insistant. Et dire que certains se plaignaient d'elle, mais cet homme ne devait pas avoir beaucoup plus d'amis. A la différence près que si lui n'était pas sinistre comme Varghause, sa stature impressionnante avait de quoi faire frissonné jusqu'aux plus téméraire.  Quoi qu'il en soit, la druidesse ne répondit pas, s'enfermant dans un mutisme pendant alors que son regard ne quittait pas la silhouette massive de l'Athna. Comme elle se sentait mal, non pas à cause de sa présence à lui, mais à cause de la maladie qui serpentait en elle doucement. La toux, elle la prit encore, portant rapidement le poing à sa bouche pour contenir le son que produisait sa gorge alors que son front lui perlait de sueur et ce n'était pas dû à la chaleur rassurante du feu. Une demi-heure seulement ? Elle aurait parié des heures. Reportant son regard sur son miraculeux sauveur, Varghause inspira profondément alors qu'il la questionnait sur sa présence, si loin dans le nord.

« Le sud, oui... »

L'esprit embrumé, la druidesse souffla, le corps tremblant et se hissa plus près du feu, non sans difficulté. Au dehors le souffle du blizzard n'avait rien de réconfortant et c'était une chose auquel elle préférait ne pas penser. Au moins, elle n'était pas seule et surtout elle était avec quelqu'un qui connaissait mieux ces montagnes qu'elle et sa météo capricieuse. A travers les flammes, elle observa à nouveau cet homme, cet montagnes de muscles et à l'épaisse chevelure avant de murmurer.

« Varghause... c'est mon nom... Mais beaucoup me surnomme la Ciguë Noire. »

Généralement il n'en fallait pas plus pour que les gens comprenne et ne se souvienne de qui elle était. Ce surnom infâme dont on l'avait doté était plus connu que son propre prénom. Quelle tristesse, mais c'était le prix à payer quand l'on inspirait si peu de bonne choses aux gens.

« Je viens souvent dans ton village, surtout l'hiver... je viens offrir mes services à ceux qui en ont le plus besoin. »

Offrir oui. C'était gratuitement qu'elle le faisait. On pouvait dire bien des choses sur Varghause, on murmurait bien des vilenies à son sujet pour la peur qu'elle inspirait, mais une chose était sûr, son travaille lui, imposait le respect et c'était là la seul chose sur laquelle personne n'osait blasphémer. La naori baissa les yeux sur le feu, observant en silence les braises qui crépitaient et se mêlait au bruit du vent et de la tempête. Finalement au bout de quelques instants, elle reprit la parole, questionnant cet inconnu à nouveau, insistant pour savoir qui il était.

« Alors, comptes-tu me dire ton nom... ? J'aimerais savoir au moins comment je dois appelé celui qui m'a sortie de cet enfer enneigé »

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06/05/2016 Dandan/Sonia 222 Jason Momoa lux #demonkeur Garde pour sa tribu, il s'occupe aussi parfois des oiseaux messagers. 70


Sujet: Re: Au coeur de la tempête [Décembre 2115]
Mar 13 Déc - 21:55

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far over the misty mountains cold

La jeune femme n’aimait pas cet interrogatoire. Elle semblait aussi prête à discuter que lui. Il lui semblait retrouver ce mutisme caractéristique, cet aspect taciturne qui ressortait des personnes qui n’aimaient pas se dévoiler. Ils se jaugeaient l’un l’autre sans savoir quoi en tirer. Ca n’était pas dans ses habitudes, lui l’Athna si prompt à caractériser l’âme d’autrui. D’ordinaire, il se faisait une idée rapide des autres – parce que c’était rassurant de pouvoir estimer ce dont l’autre était capable. On savait ainsi mieux se préparer soi-même. Et il comprenait qu’après un état inconscient qui avait duré pas mal de temps, l’inconnue ne parvenait à se faire une idée de la situation. C’était comme si elle se réveillait d’un rêve étrange sans se souvenir du moment où elle s’était endormie. Il comprenait qu’elle puisse être méfiante au vu de l’attitude peu avenante d’Isdès, même si elle devait se douter du peuple auquel il appartenait. Il la laissa prendre le temps de retrouver ses esprits, ne lui accordant qu’un regard en coin quand elle fut prise d’une quinte de toux. Elle avait de la chance si la fièvre ne s’emparait pas d’elle dans les heures à venir. Il allait falloir la surveiller de près parce qu’il était hors de question de ramener une malade dans un camp qui se préparait à l’hibernation. Ils se confinaient tous ensemble pour renforcer la cohésion et partager des moments. L’hiver, la maladie était rare chez les Athnas, tout simplement parce qu’ils n’avaient pas l’occasion d’affronter les rudes blizzards une fois qu’ils avaient refermés les portes pour la saison. C’était comme leur façon de dire qu’ils se suffisaient à eux-mêmes et que si ça ne tenait qu’à eux, la civilisation terrienne serait incroyablement prospère et en paix.

Enfin elle daigna lui répondre bien que la réticence fut palpable dans ses paroles. Elle venait donc bien du Sud, c’était une Naori. Une Naori qui avait pris des risques en quittant sa forêt pour espérer remonter jusqu’aux montagnes. Mais dans quel but ? Il garda le silence pour qu’elle finisse de répondre à ses questions. Seuls ses yeux noisette trahissaient l’attention qu’il lui portait. Sa main continuait négligemment d’alimenter le feu qui réchauffait les corps meurtris. Dehors, la neige ne cessait pas de tomber et la brise bruyante avait raison du silence. Enfin, un prénom fut prononcé accompagné d’un surnom beaucoup plus parlant. Il avait déjà entendu parler ça et là au village de la Ciguë Noire. Un personnage auréolé de mystère qui faisait parfois quelques apparitions mais qui disparaissait aussi furtivement qu’il était apparu. Isdès ne faisait jamais l’effort de prêter attention aux rares étrangers qui étaient autorisés à franchir les frontières rocheuses du camp Athna. Ils étaient des âmes éphémères dont l’empreinte subsistait rarement face à la solidarité ancrée dans le marbre de son peuple. Ses soupçons furent confirmés quand elle ajouta qu’elle rendait souvent visite aux Athnas pour proposer ses services. Ils étaient peut-être de très bons guerriers et survivants, rien n’égalait les compétences de guérison des Naoris. L’été dernier en avait été le parfait exemple. Isdès resta silencieux. Il était bien tenté de lui faire comprendre qu’elle prenait des risques inutiles en s’aventurant ainsi sans prendre le temps d’étudier l’atmosphère qu’elle s’apprêtait à traverser. Si leurs talents en matière de météo étaient limités par rapport à leurs ancêtres – quoiqu’ils ne fussent pas au courant – certains savaient déchiffrer les changements de températures et prévoir les intempéries à venir. Après des décennies à survivre, les Terriens avaient enfin appris à concilier avec leur environnement. Varghause le tira de ses réflexions lorsqu’elle réclama une fois de plus un prénom. Il esquissa l’ombre d’un sourire qui ne subsista pas plus de quelques secondes, pour se gratifier de sa propre et rare générosité. « Isdès. Hawkru. » Restait à savoir si elle avait déjà entendu parler du garde le plus zélé du campement, le soldat à la fois le plus docile et le plus insaisissable de son peuple. Il n’était pas certain que leurs chemins ne se soient déjà croisés. Il avait une bonne mémoire, spécialement des silhouettes qui évoquaient le danger. Néanmoins, il fallait avouer que la jeune femme avait quelque chose de fascinant. Elle serait sortie tout droit d’une légende des anciens qu’il ne serait pas plus surpris que ça. « Pourquoi tu te démarques tant des tiens ? » La langue d’Isdès ne s’embarrassait pas du tact ou de la politesse superficielle inhérente à toute nouvelle rencontre. La question lui brûlait les lèvres, il la posait. D’autant plus que cette recherche de différence était un concept qui lui était totalement inconnu. « Pourquoi monter si haut alors qu’on pourrait avoir besoin de toi ailleurs ? »

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30/07/2016 Nexus 1186 Katie Mcgrath Nexus Druidesse 20
La Ciguë Noire


Sujet: Re: Au coeur de la tempête [Décembre 2115]
Dim 18 Déc - 16:42

Isdès... Oui elle avait entendu ce nom sans pour autant avec le plaisir de mettre un visage sur celui-ci. Jusqu'à aujourd'hui. Varghause reste là, immobile et grelottante, le teint livide et les yeux larmoyants. Elle ne bronche pas, l'observe en silence, une lueur de méfiance. Et pourquoi se méfier alors même qu'il l'avait aidé sans rien demander en retour ? Parce qu'elle était ainsi. Les gens totalement désintéressés n'existaient pas, ce qu'elle redoutait, c'était la datte qu'elle devrait payer à cet homme pour son acte charitable. Si t'en est que cela soit réellement de la charité. À travers les flammes du petit feu qui les sépare, la ciguë ne détourne pas le regard avant que sa toux ne la reprenne. L'écho brisé de sa voix résonne dans la grotte mais pas suffisamment pour occulter le bruit du blizzard. La seule chose que trahit cette nouvelle quinte de toux, c'est l'état déplorable dans lequel elle se trouve. Malgré les frissons de froid qui la parcourent, Varghause est en sueur, les sillons glacés coulent le long de sa nuque, de ses tempes. Cette sensation terriblement désagréable de chaud et de froid mélangé. Si elle n'avait pas ce teint naturellement pâle, on aurait pu la croire aux portes de la mort. Le silence pesant est finalement très vite brisé par Isdes qui la questionne. Ah... Pourquoi se démarque-t-elle tant des siens ? La question lui arrache un rictus cynique. Ils n'étaient pas bien nombreux ceux qui cherchaient à savoir l'origine de cette sinistre femme. Est-ce là de la curiosité ou bien l'Athna cherche-t-il juste à passer le temps ?

« Pourquoi ne le ferais-je pas ? »

Répondre à une question par une question. C'était fourbe, n'est-ce pas . Avait-elle seulement envie de répondre à la question d'Isdes ? Oui et non. Mentionner la mort de son fils était toujours une épreuve, mais avoir quelqu'un qui ne semblait pas s'en ficher méritait bien cet effort. Levant le poing devant sa bouche, Varghause se remet à tousser. Les secondes s'écoulent, la douleur dans sa poitrine s'intensifie mais elle ne se plaint pas. Elle forte la naori, elle l'a toujours été et ce n'était pas prêt de s'arrêter. Lorsque enfin le souffle lui revint, elle relève le visage et se décide finalement à répondre honnêtement à son sauveur.

« J'avais un fils... Il est mort. C'est aussi simple que cela... La douleur et le chagrin sont suffisamment pour vous changer quelqu'un. »

La druidesse soupir, croisant les bras sur sa poitrine pour concerner le peu de chaleur émise par le feu. Elle pose de nouveau ses yeux rougi et humide sur le colosse qui lui fait face et murmure.

« Mystère résolu, es-tu ravie de ta découverte ? »

Siffle-t-elle comme un serpent mécontent. Voilà ce qui se cachait derrière le mystère de la ciguë, une simple mère endeuillée qui n'arrivait pas à surmonter sa peine. S'en était presque pathétique. Il n'y avait aucun acte pour forger sa légende, juste les mauvaises langues et les rumeurs idiotes qui circulaient bien plus vite qu'on ne le voudrait. Dans un nouveau soupir, la femme trouve la force de se redresser, titube un instant avant de retrouver un semblant de dignité.

« Je vais sans doute te décevoir, mais je ne sais pas me dédoubler. Je vais là où je dois être, point final. Chaque tribu bénéficie de ma visite plusieurs fois dans l'année... Vous êtes peut-être fort vous les Athnas, mais votre hiver est plus rude que les autres... Cela justifie largement ma venue auprès de vous. »

Elle se détourne du feu, s'éloigne. Chacun de ses pas semble lourd, atrocement lourd. Varghause avait sommeil, si elle avait pu elle se serait coucher ici... mais dormir avec un froid pareil et au vu de son état, c'était une très mauvaise idée, même avec une bonne âme comme Isdes pour lui venir en aide. Elle se rapproche de l'entrée de la grotte, jusqu'à ce que le souffle violent du blizzard ne fouette son visage, fasse voler ses longues boucles noires. Ils ne pourraient pas rester ici indéfiniment et plus les minutes passaient, moins Varghause se sentait la force de bouger... Elle recule doucement, appuyant son épaule contre la paroi de pierre avant de gémir. Non vraiment, elle ne sent pas bien... Ses jambes tremblent et bien vite elle s'écroule, prise de vertige. Une main plaquée contre son visage, elle sent les larmes brûlantes se frayer un chemin sur son faciès, entre ses doigts.

« Il me faut de l'aide Isdes... Je ne peux pas rester dans un tel état. »

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Sujet: Re: Au coeur de la tempête [Décembre 2115]
Mer 11 Jan - 23:42

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far over the misty mountains cold

L’hypocrisie ou le secret n’avaient pas lieu d’être entre les deux inconnus puisqu’ils étaient seuls contre les éléments. Dehors, la nature se déchaînait et ne laissait aucune chance pour celui qui s’y aventurait. Alors qu’elle avait voulu avaler la frêle silhouette de la Ciguë, voilà que la tempête redoublait d’intensité et le blizzard neigeux s’infiltrait jusqu’aux abords de la grotte qui n’était plus à l’abri. Les flammes du bucher devant eux tremblaient et frissonnaient sous le souffle maltraitant, prêtes à succomber. L’hiver était intraitable au sein des montagnes et leur rappelait que trop qu’il n’y avait que les méritants qui étaient en mesure de résister. Il n’y avait aucune pitié pour les insouciants ou les retardataires. L’un des deux pouvait mourir si seulement l’autre faisait le choix de l’abandonner en ces lieux. Le temps leur était compté. En plus de la vue désolante de la jeune femme dont les membres étaient frigorifiés, Isdès remarqua alors que son cheval s’était mis à greloter à son tour. C’était pourtant pas les muscles et les poils qui manquaient pour le protéger des basses températures. Mais c’était le signe qu’ils allaient devoir se remettre en marche s’ils ne souhaitaient pas finir statues éternelles, et témoignages de l’imprudence humaine pour les générations à venir. Il s’était enquis de la raison pour laquelle elle choisissait les Athnas pour leur rendre visite en une telle saison. Pourquoi ne pas attendre le printemps plus clément ? L’homme soupçonnait qu’elle cherchait volontairement à s’isoler du reste de la civilisation en se tournant vers la tribu la plus isolée. Elle ne serait pas la première. Les Athnas n’étaient pas les hôtes les plus accueillants de manière générale mais bien des étrangers avaient essayé de se faire une place parmi eux, après avoir quitté leur propre camp. Il fallait aimer la solitude, il fallait aimer les obstacles et aimer se battre pour espérer faire un jour partie de ce groupe solidaire et fermé.

La Ciguë lui répondit par une autre question qui arracha un sourire cynique au natif des montagnes. La question était de toute évidence beaucoup plus indiscrète qu’il ne l’aurait pensé. Sans cesser de l’écouter, il entreprit de réchauffer les jambes et les articulations de son équidé. Il allait falloir les remettre au travail et si jamais l’animal se blessait, c’en était fini des voyageurs. Il lui frottait les genoux et l’arrière des pattes quand une vérité réchauffa brutalement l’atmosphère. La confession soudaine de la Naori ramena les deux jeunes gens à leur similarité d’être humain. Le deuil, la douleur, le changement profond de l’être, ils étaient la seule espèce capable de partager ces choses-là. Isdès leva les yeux vers la demoiselle et sans sourire – afin de ne pas la laisser croire qu’il se moquait de sa sincérité – il lui répondit : « Et toi, es-tu soulagée de l’avoir dit ? » Il n’y avait aucune honte à oser identifier ses démons. Au moins, elle savait ce qui la rendait ainsi et si elle ne pouvait pas y remédier, elle avait appris à vivre avec. C’était tout aussi courageux. Mais ça, il ne lui dirait pas car c’était à elle de le réaliser toute seule. Lui ne connaissait pas le chagrin parce qu’il s’était toujours refusé à laisser quiconque en devenir l’auteur. Pour être un Athna exemplaire, il avait dû renoncer à bien des aspects de son être et des côtés obscurs de son cœur. La Ciguë était sans doute plus puissante que lui encore. Elle se défendit du droit d’être là et Isdès haussa les épaules. « Tu fais ce que tu veux, tu es libre. » Autant mettre les choses au clair. Il ne remettait pas en doute la légitimité de sa présence, après tout le froid s’était chargé lui-même de la mettre en garde. Il s’interrogeait juste, lui, l’homme qui ne serait jamais capable de quitter volontairement son campement plus de quelques jours. Les escapades étaient nombreuses rien que pour surveiller les alentours, les départs fréquents pour accompagner les éminents membres de sa tribu, les missions parfois périlleuses et éloignées, mais Isdès revenait toujours au point de départ. « Les Athnas ont toujours besoin de talents, du moment que tu te prouves utile. » Il ressentait le besoin de le rappeler même si la fréquence de ses visites en disait long sur son utilité au sein du campement.

Isdès laissa sa main glisser le long de l’encolure du cheval tandis que la Ciguë était enfin parvenue à se lever. Quand elle s’approcha de la sortie de la grotte, il fronça les sourcils mais n’intervint pas. Il ne se redressa pas tout de suite quand ses jambes flageolèrent avant de l’abandonner. Elle était éreintée et la fièvre était en train de prendre possession de son corps. L’évanouissement guettait de nouveau si toutefois il ne faisait rien. Sa voix au bord de la rupture raisonna dans l’antre comme un appel à l’aide, comme une supplication de vie ou de mort. « D’accord. » Isdès se releva et son cheval l’imita aussitôt. Sa buse ne bougea pas de son épaule et se contenta de piailler comme si elle donnait le signe du départ à son tour. Il saisit une poignée de neige pour éteindre le feu puis il sortit son cheval. Ses cheveux s’envolèrent en un tourbillon de mèches, laissant son visage à découvert des gifles mordantes du blizzard. Il revint finalement vers Varghause qu’il souleva comme on soulèverait une plume. Il la conduisit jusqu’à la monture et il l’aida à monter sur celle-ci. Il rabattit la capuche de la demoiselle sur son visage et positionna ses mains sur les rênes. « Surtout ne les lâche jamais. N’essaie pas de te redresser, tu n’aurais que plus froid. Reste plaquée contre le cheval, il va te réchauffer un peu. » Il aurait pu lui léguer sa fourrure mais ce serait alors lui qui n’arriverait pas jusqu’aux portes. Sans attendre, il se mit en route en direction des immensités tant attendues qui marqueraient l’arrivée au tunnel rocheux qui les mènerait tout droit au campement. Des centimètres de neige cédaient sous son poids et l’avancée était rude. Il tenait fermement l’avant des rênes du cheval qui commençait à éprouver les mêmes difficultés à se mouvoir à cause de la profondeur du manteau blanc. Ce n’était l’affaire que de quelques minutes, mais elles allaient être longues. Dans un environnement qui ne laissa la place à aucun écho tant l’atmosphère était dense, Isdès regarda par-dessus son épaule pour lui dire, presque obligé de crier : « Si tu sens que tu t’évanouis, tire sur les rênes. Ton corps n’encaissera pas une chute de plus. » Il prit le temps alors de la regarder droit dans les yeux. « Ça va aller. »

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Sujet: Re: Au coeur de la tempête [Décembre 2115]
Ven 13 Jan - 19:18

Et toi, es-tu soulagée de l’avoir dit ?

L'oeil sombre, Varghause observe l'Athna. Non, elle n'en était pas soulagée... Rien ne semblait la faire aller mieux dans cette douleur, en parler n'avait jamais servi à quoi que ce soit. Elle se plongeait elle-même dans la noirceur de ses propres pensées, comme si cette chose néfaste la rendait plus vivante que le reste. C'était un mensonge faite à elle-même. Le malheur ne rendait pas plus vivant... Il lui en donnait seulement l'impression car c'était plus aisé de ressentir la tristesse. Perdre un enfant était atroce, mais Varghause se savait loin d'être seule dans ce cas. Certains réussissaient à surmonter leur douleur. Cela n'avait jamais été son cas. Pire encore, elle semblait s'en contenter, comme si c'était la chose la plus précieuse de sa vie. La seule chose vrai de son existence. Elle garde le silence la naori, inutile de répondre à la question, son faciès décomposé et pâle valait tous les mots du monde. Pourtant elle n'en voulait pas Isdes. En réalité, Varghause était même très secoué par sa question... Il était peu nombreux ceux à se soucier de savoir si parler de son fils pouvait la soulager. Qu'est-ce qui était différent chez cet homme ? Qu'est-ce qui le poussait à vouloir savoir, à aller au-delà des apparences ? Pourquoi se mettait-il lui-même en difficulté dans ce fichu blizzard pour une parfaite inconnue ?

Elle était libre oui... Le concept de liberté était d'ailleurs une chose qui lui tenait particulièrement à coeur. Elle était prête à aider et le faisait toujours de bon cœur tant qu'on ne cherchait pas à la soumettre, à l'enfermer, la mettre en cage. C'était ça, Varghause. C'était cela qu'elle était... Sombre et lumineuse à la fois. Sinistre et si vivante. Un parfait contraste qui la rendait aussi unique qu'inquiétante sous bien des aspects. Toujours dans ce même silence de mort, la femme restait recroquevillée dans un coin de la caverne, grelottant de froid et de chaud à la fois alors que la fièvre la rongeait comme une gangrène. Isdès la surprenait chaque fois qu'il ouvrait la bouche et à chaque seconde qui passait, son appréhension diminuait. Elle n'en avait de toute façon plus la force, trop épuisé pour se montrer méfiante. Un vague sourire ourla les lèvres pâles et charnues de la femme qui observa son sauveur préparer son cheval, lui réchauffer les membres. Elle trouva alors la force de se relever, titubant jusqu'à lui. Comme il était impressionnant par sa carrure, par son visage comme une roche taillé au burin. Et pourtant elle n'en éprouvait plus la moindre peur. Durant un instant, Varghause resta là à fixer son protecteur.

« Toi... Tu n'es pas comme les autres, hein ? »

Souffla-t-elle à l'Athna avant d'agripper à la selle, glissant un pied dans l'étrier et se hissa non sans difficulté sur le dos du cheval. Oui, il était différent cet Athna, il dégageait ce quelque chose qui la faisait se sentir en sécurité. La fièvre la faisait sans doute délirer. Un rire presque dément bien que faible passa les lèvres de la femme au front perlant de sueur. Elle aurait tout le loisir de faire réellement connaissance lorsque son état serait meilleur, n'est-ce pas ? Non... Non à bien y penser, elle ne le voulait pas. Il l'avait sauvé et malgré sa gentillesse, elle devait à cet homme une dette qu'elle ne voulait devoir à personne. Son rire se dissipa rapidement, son faciès se ferma, pâlissant à vue d'oeil. La nausée... c'était ignoble cette bile qui lui remontait le long de l'estomac. Varghause fut rapidement ramené à la réalité quand Isdes, dans un geste presque paternel, rabattait son énorme et sombre capuchon sur son crâne avant de lui tendre les rênes. Durant un instant, la jeune femme crut voir en lui son défunt père, Guendal. Béat, la naori le fixa en silence, luttant contre la fatigue et le froid qui l'étreint avec force. Ce n'est pas juste une impression... Son père, elle le voit. Comme s'il était là, bien vivant. Un sourire passe sur ses lèvres alors que l'ordre se glisse à son oreille.

« Oui...»

Elle aurait dû savoir qu'il n'était pas là. La raison aurait dû l'emporté mais en cet instant, rien ne comptait plus que cette image bienfaitrice qui se déroulait sous ses yeux. Lentement, Varghause penche son corps, se lovant contre l'animal qui supporte son poids, glisse ses doigts dans sa crinière alors que des larmes chaudes ruissellent sur ses joues. Elle sourit. Plus fort que jamais. Elle n'avait plus rien de cette sinistre femme qui parcourait l'île de part en part... Elle était redevenue, pendant un instant, cette insouciante jeune femme au sourire radieux que certains espéraient revoir un jour.

Ça va aller.

« Oui... Oui papa, tant que tu es là. »

La femme tend la main, s'empare de l'épaule de l'Athna et la presse entre ses doigts tremblants. C'est un geste d'amour, un geste désespéré qu'elle lui donne. Son sourire se fane, un faible sanglot passe ses lèvres alors que Varghause murmure dans son éternelle fatigue.

« Je t'aime... Tu le sais, n'est-ce pas ? Je t'aime si fort papa... »

Le visage de Guendal se trouble peu à peu et celui-ci dur et sérieux du colosse refait surface. Durant un instant, Varghause fronce les sourcils, l'observe avec perplexité avant de réaliser ce qui s'était passé l'espace de quelques secondes.

« Isdès... ? »

Elle déglutit, baisse les yeux avec gêne et déception. Évidemment que Guendal ne pouvait pas être là, il était mort. Dans un soupir, une toux persistante, Vaghause retrouve le silence. Pas d'excuse, aucune justification mais cela n'est sans doute pas nécessaire. Alors qu'elle ferme les yeux, cherchant à trouver le repos et savourant la chaleur de la monture, ils se mettent en route, le blizzard venant à nouveau fouetter leur visage et leurs corps épuisés.




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Sujet: Re: Au coeur de la tempête [Décembre 2115]
Lun 30 Jan - 22:42

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C’était étrange comme tout changeait de perspective sitôt qu’on avait la vie de quelqu’un d’autre entre ses mains. Malgré les apparences, Isdès n’était pas un guerrier. Son rôle c’était d’être le gardien d’une vie, d’une autorité. Il escortait les autres jusqu’à bon port, il s’occupait de tout ce qui pouvait toucher de près ou de loin à la sécurité d’autrui. Si se battre en faisait partie, alors il le faisait avec dévotion et férocité. La froideur et la distance avaient beau représenter sa personnalité lorsqu’on se confrontait à lui pour la première fois, lorsqu’il s’agissait de son devoir envers autrui, elles œuvraient conjointement, se débarrassant jusqu’à son propre instinct de survie. Il n’y avait plus que la vie de Varghause qui était en jeu et dès à présent, l’homme activait le mode machine. Mécaniquement, il exécuterait les moindres gestes pour assurer la survie de la jeune femme. Si toutefois, il voyait que la chaleur de l’équidé n’était pas suffisante, il était capable de revoir ses exigences à la baisse et de léguer finalement sa fourrure. Il était devenu d’autant plus silencieux car les mots étaient inutiles. Ils étaient dans une situation où seuls les actes étaient en mesure d’améliorer leurs conditions. Les seules paroles qui franchirent le seuil de ses lèvres furent des mots pour la rassurer : ils parviendraient tous les deux jusqu’au camp des Athnas. La jeune femme, dont la fièvre était devenue souveraine de ses pensées, lui révéla qu’il n’était pas comme les autres. Isdès ne réagit pas. Son âme de Terrien lui dictait certainement qu’il n’y avait pas deux hommes comme lui. Certes, il n’y avait pas deux hommes qui portaient une tresse si longue. Pas deux hommes qui faisaient à la fois tant preuve d’abnégation et d’égocentrisme. Pas deux hommes qui avaient gravé dans sa peau à tout jamais la vie désormais céleste de huit innocents. Il était peut-être différent parce qu’il portait plusieurs fardeaux à la fois, mais Isdès ne s’était jamais senti aussi léger et aussi à l’aise avec sa propre existence. Il osait croire qu’il était comme tous les autres : il s’assumait tel quel. Soudain, une main sur son épaule l’interrompit un instant. Il se tourna vers elle, interrogateur, avant de comprendre la méprise qui était en train de survenir. Délirante, Varghause le méprenait désormais pour son paternel. En d’autres circonstances, il aurait pu être agacé. Il détestait qu’on puisse le confondre. Mais là, sous l’effet de la souffrance, la jeune femme était prisonnière de ses émotions les plus brutes, les plus profondes. Visiblement, elle semblait très attachée à ce paternel qui n’était certainement plus. Il demeura de marbre, le visage inexpressif, afin de la laisser s’éveiller seule. C’était à elle de retrouver sa propre réalité, une fois que son esprit semblerait prêt. Il n’était ni attendri, ni irrité, ni surpris. Simplement respectueux d’un état second si typique de la conscience humaine. La statue ne reprit vie que lorsqu’on prononça son nom véritable. Isdès tourna alors son regard vers elle et se contenta de répondre d’une voix neutre : « Hir. » D’une main gelée, il saisit la sienne pour la serrer un instant avant de la replacer sur la monture. Si toutefois elle y tenait, les excuses viendraient plus tard. Il poursuivit son chemin, plus difficile que jamais. La fatigue épuisait tous les corps, animaux ou humains. Le temps agressait chacun de leurs membres, le blizzard leur faisait comprendre qu’ils n’étaient pas les maîtres en ces lieux. Il n’appartenait qu’à l’hiver de décider de leur sort. Isdès se cramponnait aux rênes du cheval, presque à la naissance du mors, pour l’accompagner dans chacun de ses mouvements. Il ne parvenait à lever la tête que pour vérifier qu’il empruntait la bonne route. S’ils se perdaient, c’était terminé.  

Isdès alimentait assidument le feu qui crépitait dans le foyer au centre de la pièce. Il s’était rapidement débarrassé de sa fourrure, trop humide à cause du temps. Il avait tressé ses cheveux pour les faire sécher plus rapidement et il s’était changé pour un pull en laine de brebis. Le cheval profitait de son repos dûment mérité dans l'écurie avec une couverture. Et puis derrière l’homme, allongée et emmitouflée, dormait Varghause. Elle ne s’était pas réveillée, ou elle s’était peut-être à nouveau évanouie. Sitôt arrivé, il s’était empressé de l’amener jusqu’à chez lui. Il avait demandé à Nessa de la déshabiller et de la changer avec un autre pull à lui. Elle lui avait également mis un tissu imbibé d’eau fraîche sur le front pour faire baisser la température avant de repartir. Pour le réveil de la Naori, Isdès avait prévu des miches de pain, un grog bien chaud et un pot de miel pour récupérer des forces. Lui-même était en train de mastiquer, abattu par le voyage. Le sommeil le guettait, mais il était hors de question de fermer l’œil avant que sa protégée n’ouvre le sien. Alors il continuait sagement de s’occuper de leur source de chaleur en attendant. Ils avaient réussi.

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Sujet: Re: Au coeur de la tempête [Décembre 2115]
Sam 4 Fév - 11:23

La fatigue avait eu raison de la naori qui n'avait même pas lutter quand l'inconscience l'avait engloutit. Le corps lourd d'épuisement et de mal être, la noirceur avait été un refuge suffisamment longtemps pour éviter une souffrance inutile. Pourtant, ce sommeil ne fut pas aussi réparateur qu'elle l'avait cru, retrouvant par instant des brides de conscience, juste assez pour entrevoir un doux visage féminin. Une femme à la peau matte et bien que ses traits furent trop flou pour que Varghause ne puisse vraiment la discerné, elle avait rapidement sentir qu'on la manipulait, qu'on lui ôtait ses vêtements froids et humides pour lui glisser sur le dos, quelque chose de bien plus chaud et confortable. Après quoi, le noir l'avait une fois de plus happer comme un rien et les grondements sifflant du blizzard ne devinrent qu'un écho lointain dont elle n’eut plus à se soucier.

Il lui aurait été impossible de savoir combien de temps elle avait dormit mais il fallu à la druidesse un effort presque inhumain pour s'extirper à son sommeil. C'est qu'elle était bien au chaud dans un lit confortable. Était-elle à la maison ? Non, elle connaissait son lit bien plus petit, bien moins douillet... Celui-ci n'avait rien à voir avec celui se trouvant dans son médiocre logis. La femme inspire, expire longuement, se laissant le temps de retrouver ses esprits alors qu'un geste moue et dénué d'énergie, elle tire sur le tissus frais et humide qui couvre son front. On avait prit soin d'elle... Mais qui ? Ses souvenirs étaient brouillé, confus et alors qu'elle pivotait le visage, elle se crispa en voyant le colosse près du feu occupé à mastiquer ce qui ressemblait à de la viande. Varghause déglutit, se redresse et se cale dans le fond du lit, toisant l'homme avec méfiance et froideur.

Isdès.

Le nom lui revient en mémoire avec la vivacité de l'éclair qui zèbre le ciel. Elle garde le silence un instant alors que son regard glisse sur la petite pièce plus chaleureuse qui n'y paraît. Les Athnas, malgré l'austérité de leur terre, savait rendre une maison accueillante. Mais pour l'heure, ce n'était pas la décoration dont ce souciait la naori mais plutôt de sa présence dans le lit de cet homme à qui elle devait la vie. Cette idée lui donnait la nausée, elle n'aimait pas avoir des dettes envers les autres et encore moins un dette de sang. Lentement, la femme baisse le visage, observe le pull dont elle est affublé et lève doucement les bras, observant les manches beaucoup trop longues pour elle. Varghause n'était pas bien grande, pas bien épaisse, Isdès lui, était une véritable montagne. Il n'était pas bien difficile de prendre conscience que le vêtement qu'elle portait lui appartenait et une vague grimace de mécontentement, Varghause renifla discrètement le tissus. Bon sang, dans quel situation s'était-elle encore fourré ? Alors qu'un vertige la prend et lui rappel rapidement que son état est toujours inquiétant, la femme s'empare de la couverture et la ramène contre elle d'un geste pudique, observant l'Athna froidement alors que sa voix siffle comme celle d'un serpent mécontent.

« Je suppose que des remerciements s'imposent.... ? »

Autant le dire, la gratitude l'étouffait littéralement. La sinistre femme au teint plus pâle que jamais remue sous la couverture, se recroqueville à moitié pour se cacher toujours plus sans lâcher son sauveur du regard. Personne n'avait eu la décence de lui donner au moins un pantalon... Sous la couverture, ses jambes nues se replient, il ne pouvaient pourtant pas les voir mais Varghause ne pouvait s'empêcher de faire sa prude, loin de supporter de se savoir tant à découvert.

« J'espère pour toi que tu ne m'a pas touché, Géant. »

Des menaces ? En voilà une façon de remercier celui à qui elle devait la vie. Son visage se tord en une moue de dégoût alors que Varghause détourne le regard, observant à nouveau l'endroit qui lui faisait office de refuge.

« J'ai vu une femme... C'est ton épouse ? »

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Sujet: Re: Au coeur de la tempête [Décembre 2115]
Mar 21 Fév - 14:45

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Isdès s’interrogeait encore sur le voyage imprudent qu’avait entrepris la Ciguë. Elle avait beau vendre régulièrement ses services aux Athnas, l’hiver était la saison la moins propice à recevoir des inconnus. Parfois, la tribu avait été obligée de refuser des étrangers car il fallait préserver les leurs avant tout. Elle ne manquait jamais de ressources, du moins jusqu’ici ça n’avait jamais été le cas, mais sitôt que leur paysage se tapissait de blanc, elle redevenait plus méfiante que jamais. Pourtant, la silhouette endormie derrière lui n’avait rien de dangereux. Elle ne représentait pas une menace, il l’avait su alors qu’elle avait succombé aux délires de la fièvre. Elle suscitait sa curiosité. Quand elle l’avait appelé par le nom de son père, quand elle avait évoqué les raisons qui expliquaient tant de solitude. Elle avait un lourd passé et elle était on ne peut plus représentative de la façon dont il pouvait influer sur le présent et sur l’avenir. Enfin, l’homme finit par entendre les draps se froisser dans son dos. La jeune femme était réveillée. Il fallait remercier Nessa qui avait certainement réussi à faire tomber la température plus rapidement que lui ne l’aurait fait. Varghause ne garderait aucune séquelle de ce dur périple. Il décida de ne pas ouvrir la bouche avant elle. Il fallait la laisser prendre conscience de l’endroit où elle se trouvait, laisser son esprit s’apaiser à l’idée qu’ils étaient arrivés à bon port sans que personne n’en ait véritablement souffert. Elle finit par s’approcher de lui, enroulée dans une couverture. Mais alors qu’il s’attendait à une expression de gratitude, il ne récolta que de la distance. Elle était mécontente qu’il se soit ainsi occupé d’elle. Il remarquait l’égo froissé dans ses yeux, parce qu’il subissait les mêmes affres de son orgueil régulièrement. Elle n’aimait pas qu’on prenne soin d’elle, elle n’aimait pas être redevable. Mais c’était ainsi et quand elle maugréa qu’elle lui devait des remerciements, il haussa les épaules. « Seulement si tu le penses. » Il se retourna vers elle, un sourire sarcastique sur les lèvres. « J’aurais peut-être dû te laisser là-bas ? » Une supposition simplement formulée pour l’agacer, parce qu’il n’aurait jamais pu l’abandonner dans la neige.

La jeune femme se recroquevilla un peu plus sur elle-même et cette fois-ci, ce fut un sourire qui vint habiller sa barbe. Les Naoris étaient donc si pudiques ? « Bien sûr que si. J’allais pas te laisser dans tes vêtements trempés, tu serais aussi gelée qu’eux. J’en ai vu des jambes, tu sais. » expliqua-t-il en toute franchise. Il se montra suffisamment poli pour ne pas dire qu’il connaissait autre chose du corps des femmes. Mais la Ciguë révéla elle-même la vérité en mentionnant une autre jeune femme qu’elle avait peut-être aperçue. « Oh non ! On se serait déjà étripés dix fois. » Nessa était sans doute une des meilleures Athnas avec qui il puisse s’imaginer à l’avenir mais la longue amitié avait eu raison de n’importe quel sentiment amoureux qui aurait pu naître au fil du temps. Sans oublier qu’elle avait un caractère bien trempé, tout comme lui, et même s’il appréciait les femmes fortes et indépendantes, il préférait toujours avoir le dessus. « C’est Nessa Cermath, la meilleure guérisseuse du camp. Je l’ai justement appelée pour qu’on ne reproche pas au géant d’avoir posé ses pattes sur toi. » finit-il par avouer. Il se décala un peu sur la droite pour que Varghause s’approche un peu plus du feu et qu’elle profite de la nourriture qui lui était offerte. « Viens manger, tu iras la remercier plus tard. »

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30/07/2016 Nexus 1186 Katie Mcgrath Nexus Druidesse 20
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Sujet: Re: Au coeur de la tempête [Décembre 2115]
Ven 24 Fév - 18:02

Elle garde le silence, Varghause.
Muette comme une tombe, elle reste là, recroquevillée dans le lit à fixer son bienfaiteur. Rien que pour son étrange gentillesse, elle lui aurait volontiers arraché les yeux. Peut-être même la langue. Un fin rictus orne ses lèvres à cette pensée alors que ses yeux clairs et froids ne le quittent pas. Il parle, lui répond et la druidesse reste dans un silence qui devient pesant. Elle ne veut pas lui parler. Il est trop gentil... Il la ferait faiblir. Et Varghause ne veut pas faiblir, ne veux pas voir son masque de dureté se fissurer, même pour une seconde. La sinistre femme détourne enfin le regard. Des jambes il en a vu... Oui, probablement. Après tout, c'est un bel homme, non . Il n'y a aucune raison pour qu'un tel colosse n'ait pas connu le plaisir des cuisses de la femme. À cette idée, ses propres jambes se serrent. Le dégoût l'envahit, c'est désagréable, ça fourmille dans son ventre, lui donne la nausée. Pourquoi devait-elle penser à cela maintenant ? C'est écœurant.

« Peut-être aurais-tu dû la laisser t'étriper. »


Rétorque Varghause sur un ton cynique alors qu'il parle de la femme comme d'une amie. C'est étonnant, elle aurait vraiment pensé à un couple... Varghause se love dans la couverture, plus fort, pour se protéger du froid comme protéger cette pudeur à laquelle elle tient plus qu'à sa vie. Mais quand l'homme l'invite à venir manger, elle le toise, hésite puis finalement soupir. Oui, manger lui ferait du bien, il était important qu'elle reprenne des forces. Et puis l'entendre mastiquer l'énervait, ses propres mâchouillaient réussiraient peut-être à passer par-dessus les siens. La femme se hisse au bord du lit, s'enroulant chaudement dans la couverture avant de tendre une jambe atrocement pâle et de tendre les orteils vers le sol. Elle tâte le bois, ses petits pieds glissant sur le sol avant que ses orteils ne s'écartent doucement alors que ses talons se posent par terre à son tour. Ici, c'est plus propre que chez elle. Son corps se redresse, elle titube, que ce soit par la faiblesse de son corps par le poids de l'énorme couverture de peau qui l'enserre comme un étau. Elle ne ressemble à rien ainsi et à dire vrai, la vision qu'elle offre est absolument risible. Si ce n'est ridicule. Couverture rabattus sur la tête, elle a l'air de porter le poids du monde sur ses épaules alors qu'elle approche d'Isdes avec méfiance avant de se laisser choir à ses côtés dans un soupir agacé. Elle le fixe, visage pâle creusé par l'épuisement quand soudain, il se fige dans une étrange moue....

ATCHAAAAAAA !

L'éternuement est parti comme un rien et c'est droit sur le visage de l'athna que les postillons ont échoué. La jeune femme se fige, yeux écarquillés par la surprise et peut-être aussi par l'inquiétude. Il allait la tuer. C'était sûr à présent ! Varghause lève la main, tendant un pan de la couverture avant de l'écraser sans douceur contre le visage d'Isdès. À chaque seconde qui passait, c'était de pire en pire. Elle frotte, pince les lèvres. Au fond, elle savoure cet instant, adore taquiner ce visage taillé au burin et à la toison prononcée. Il devait détester le châtiment qu'elle lui imposait et rien que pour le plaisir d'embêter le monde, la naori elle, savourait pleinement.

« Voilààà... »

Gémit-elle comme si face à elle, c'était un enfant et non pas un géant qui aurait pu la massacrer à mains nues. Elle abaisse le pan de couverture, le ramène contre elle alors que ses lèvres s'étirent en un sourire sournois et malicieux. Pourquoi lui faisait-elle subir cela ? Il avait été gentil, pourtant. Varghause se tourne vers le feu, étend les jambes et écarte les orteils alors que la chaleur de l’âtre vient réchauffer ses petits pieds.

« Pourquoi tu m'as aidé ? Tu avais raison, tu sais... Tu aurais dû me laisser là-bas.»


La question est soudaine et tranche avec le ridicule de la situation. La femme ne le regarde pas, continue de fixer le feu alors qu'elle semble retrouver son calme. Pourtant, sa voix s'élève dans un murmure sinistre, alors qu'elle souffle.

« Je déteste ton visage. »

Guendal... Papa...

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06/05/2016 Dandan/Sonia 222 Jason Momoa lux #demonkeur Garde pour sa tribu, il s'occupe aussi parfois des oiseaux messagers. 70


Sujet: Re: Au coeur de la tempête [Décembre 2115]
Dim 9 Avr - 22:34

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far over the misty mountains cold

Isdès remarquait combien l’idée de la proximité dégoûtait Varghause. Elle aurait peut-être préféré être confrontée à elle-même dans cette neige glaciale, et encore, il ne le lui souhaitait pas. Il était prêt à récolter son courroux et à ne jamais obtenir de gratitude. Les mots étaient une chose, les actes en étaient d’autres. La Naori pouvait dire merci mille fois, si son regard et son attitude disaient le contraire, alors ses paroles ne valaient pas un caillou. Mais rien n’était directement dirigé contre lui, il le comprit lorsqu’elle clama que Nessa aurait peut-être mieux fait de l’étriper. C’était une idée à considérer et qui aurait fait son petit bonhomme de chemin jusqu’à l’intéressée. Un jour, quand la Ciguë serait repartie, il lui racontera cette entrevue incongrue. Il lui contera qu’on leur prêtait une relation de couple alors que l’amour n’avait jamais effleuré les sentiments qu’ils se portaient l’un envers l’autre. Nessa était comme une sœur et davantage encore. Alors, l’Athna se contenta d’esquisser un sourire en coin avant de l’inviter à prendre place. Maintenant qu’elle était officiellement la demoiselle en détresse, elle se devait de tenir son rôle jusqu’au bout. Autant qu’elle profite de la chaleur de l’âtre et des petites douceurs qui lui redonneraient la force de reprendre son chemin. D’ailleurs quand comptait-elle repartir ? Avec la tempête qui sévissait dehors, il était hors de question qu’elle quitte le campement. Puis, elle était intéressante, la Ciguë. Le mystère n’avait cesse de s’épaissir au fur et à mesure des paroles qu’ils s’étaient échangés. La fièvre aidant, elle s’était trouvée certainement plus bavarde qu’elle ne l’était d’ordinaire. Elle s’était plus ouvert à lui que lui n’aurait pu le demander. Elle avait donné sans qu’il n’ait à demander, c’était sans doute cette réalité qu’elle avait du mal à avaler au réveil. La jeune femme consentit enfin à se glisser à ses côtés. Il allait lui adresser un sourire fourbe, lui offrir cet air victorieux et orgueilleux qu’elle détesterait forcément. Il voulait la taquiner et la pousser dans ses retranchements. Maintenant qu’ils s’étaient mis dans le chemin de l’autre, autant faire connaissance. Mais Isdès ne s’attendit pas à ce qu’elle lui donne littéralement une partie d’elle.

Quand elle lui éternua à la figure, l’Athna demeura brièvement interdit. Figé, le visage en arrière, il mit quelques secondes à réaliser. Comptait-elle partager sa fièvre, alors ? Il s’apprêta à s’essuyer d’un revers de manche, mais il fut distancé par l’auteur de ces postillons indésirables. Évidemment, elle prit soin de n’y mettre aucune douceur et si elle avait pu lui arracher la peau, elle l’aurait fait. Qu’avait-il fait dans sa jeunesse ou dans une vie antérieure pour mériter autant d’insolence ? À sa remarque, Isdès n’eut aucun scrupule à lui jeter un regard noir. Si elle comptait lui faire regretter son hospitalité, elle était bien partie. Le garde avait beau exister pour protéger les autres, il n’en restait pas moins méfiant à l’égard des étrangers. Même si elle ne le comprenait pas, Varghause pouvait se targuer d’avoir été secourue. Si elle avait été un homme armé jusqu’aux dents ou un véritable boulet qui n’apporterait jamais rien à la vie du camp à la saison hivernale, elle aurait terminé ses jours en statue de glace et Isdès aurait oublié jusqu’à son existence même sitôt qu’il lui aurait tourné le dos. C’est pourquoi il ne put s’empêcher de répliquer après qu’elle lui eut dit qu’il avait peut-être fait le mauvais choix. « Y’a pas de « tu aurais dû ». Les bons et mauvais choix sont pour ceux qui n’assument rien. Et je pense que t’avoir aidé m’apportera quelque chose de bon plus tard. » Il ignorait encore quoi, mais elle saurait lui être redevable, malgré tout sa mauvaise foi. Le ton de sa voix à elle avait été grave, mais Isdès se refusait à se lancer dans des allocutions spirituelles. Ce n'était pas son genre de s’attarder sur des questions existentielles ou des considérations abstraites qui n’avaient aucun rapport avec son impact sur le présent. Il vivait au jour le jour et il savait déjà que selon les circonstances, sa décision aurait pu varier du tout au tout. Rien n’était fixe dans ce monde. « Tu ne crois pas ? » ajouta-t-il pour l’inciter à approuver. Néanmoins, il ne récolta qu’une critique, directement dirigée contre son physique. Elle ne parvint qu’à rebondir contre la carapace épaisse, forgée par les épreuves des décennies. Isdès demeura de marbre, gardant presque ce sourire narquois qu’il avait depuis le réveil de Varghause. « Tu détestes les souvenirs surtout. » fit-il remarquer. Il attrapa un morceau de pain pour le tartiner de miel. Il coinça son morceau à la bouche pour libérer ses deux mains afin de faire une seconde tournée qu’il tendit à la jeune femme. Il reprit sa tartine et tout en mâchonnant, entreprit de lui expliquer sur un ton résolument paternaliste : « Si je ressemble à ton père, c’est juste pour que tu comprennes que je ne suis pas ton ennemi. » Il engloutit le reste de sa tartine, sentant déjà le miel réconforter son corps. « Qu’est-ce que tu vas faire ensuite ? As-tu quelque part où dormir ? »

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30/07/2016 Nexus 1186 Katie Mcgrath Nexus Druidesse 20
La Ciguë Noire


Sujet: Re: Au coeur de la tempête [Décembre 2115]
Mar 18 Avr - 13:25

Y’a pas de « tu aurais dû ». Les bons et mauvais choix sont pour ceux qui n’assument rien. Et je pense que t’avoir aidé m’apportera quelque chose de bon plus tard.

Il avait ce quelque chose de profondément altruiste chez cet homme. Derrière cette carcasse bourru se cachait une bonté toute particulière, quelque chose d'extrêmement humain. Muette, Varghause garde le pan de fourrure entre ses doigts, ne quittant plus Isdès du regard. Que dire à cela ? En réalité, elle n'en pensait pas moins, c'était même pour cela qu'elle vivait ainsi, offrant ses soins jusqu'au plus démunie. Sous cette carapace faite de froideur et d'intense cynisme, la naori avait ce besoin de croire que ses bonnes actions puisse lui apporter du réconfort. Besoin de croire qu'un jour, tout cela sera récompensé, qu'elle trouvera enfin la paix. La chaleur soudaine qui se répand en elle l'effraie. Cet homme ne ressemblait pas Guendal que d'un point de vu physique, il pensait et parlait comme lui. C'était atroce d'avoir à subir cela, comme si la vie s'acharnait à la matraquer pour mieux l'achever.

Tu détestes les souvenirs surtout.

La femme fronce les sourcils et baisse les yeux. Cet athna lisait en elle comme dans un livre ouvert ! Y avait-il donc aucune limite à ce qu'il pouvait dire pour la déstabiliser ? Qu'il se taise ! C'était insupportable ces paroles, cette vérité qui lui tombaient dessus avec la force d'une gifle. Soufflé par l'attitude de l'athna, la femme le regarde se préparer une tartine alors que son propre estomac serre douloureusement. Elle déglutit, elle pourtant si peu sujet à la faim, éprouve ce besoin dorant de pain et de miel. Alors quand Isdès lui tend une tartine généreuse, Varghause déglutit et s'empare de la petite gourmandise pour venir croquer dedans à son tour. Elle ne se fait pas prier, savourant la douceur du miel qui glisse sa gorge rendu sensible et douloureuse par le froid. Ce simple geste lui offrit un élan de réconfort. Depuis combien de temps n'avait-elle pas profiter d'un moment d'insouciance, de savourer un peu de ces mets sucré qui faisait d'ailleurs bien souvent le bonheur des enfants. Elle a envie de sourire... Mais Varghause n'en fait rien. Elle reste calme, toujours silencieuse bien que son regard rivé sur le pain au miel, s'est soudainement illuminé d'une lueur vivace.

Si je ressemble à ton père, c’est juste pour que tu comprennes que je ne suis pas ton ennemi.

Son geste se fige, son regard se ferme. Avait-il vraiment osé dire une chose pareil ? Sous entendre que sa ressemblance avec Guendal servait à lui faire ouvrir les yeux ? Évidemment qu'il n'était pas son ennemi, Varghause n'avait jamais imaginé l'inverse... Mais il n'était pas son ami pour autant. Juste un sauveur au caractère bourru. Un indomptable des montagnes.

« Et tu ne veux pas que je grimpe sur tes genoux pour te faire un câlin, tant qu'on y est ? Tu n'as rien à voir avec mon père. »

Rétorque Varghause froidement, brisant son silence pesant mais bien moins que l'acerbe de ses mots ; D'un regard en biais, elle toise Isdès. En réalité, il avait tout à voir avec Guendal, il était vraiment difficile d'aller outre cette évidence.

Qu’est-ce que tu vas faire ensuite ? As-tu quelque part où dormir ?

Entre deux machouillis, la naori glisse un nouveau regard vers son comparse. Elle s'adoucit quelques peu, le fixant un instant avec une insistance toute particulière comme si elle aussi tentait de lire en lui. En vain, il était aussi lisible que la roche dont il était probablement né. La femme hausse les épaules, termine son morceau de pain et murmure.

« Hm... Non... ? »

Avec de la chance et malgré la verve de sa protégé, Isdès aurait la bonté de la garder encore un peu avec lui. Qui sait... Varghause se mord l'intérieur de la lèvre puis doucement et d'une manière quelque peu ridicule, elle glisse son postérieur sur le côté. Elle glisse littéralement sur le banc, lourdement saucissonner dans la couverture et se rapproche d'Isdès. Le visage étrangement doux, elle porte sur lui un ses grand yeux perçant, brillant et papillonne des cils. Est-elle entrain de l'amadouer pour... ! Oh la petite garce ! Mais cela avait marché avec Guendal lors de son enfance, pourquoi pas avec Isdès ? C'était aussi absurde que culotté. Sortant une main de la fourrure, la druidesse tant sa paume vers l'athna et susurre, gentiment, sans doute trop.

« Tu me donne encore du pain et du miel ? »

Le jeu était mauvais et complètement risible mais au moins, il n'avait plus à supporter la froideur agaçante de sa protégé. Varghause renifle, grimaçant furtivement face à son nez qui la démange, face à l'envie pressante d'éternuer mais se retient, se contentant de confesser d'une voix faible.

« Il avait les cheveux court, mon père. »

Et à nouveau ses yeux se lève vers lui. Elle fixe Isdès un instant, attend sa tartine alors que la faim continue de la triturer.

« J'ai mentit... Tu lui ressemble beaucoup. Surtout mentalement en fait... c'est assez perturbant je dois admettre... Tu parles comme lui, tu as le même ton, ce même calme, ce même regard froid... Mais papa, c'était un homme bien. Je suis sûr que tu l'es aussi... »
 

Au coeur de la tempête [Décembre 2115]

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