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˜˜˜˜˜˜D'astres en désastres.
maybe life should be about more than just surviving

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04/11/2014 Mystery Light 24145 Thomas B.-Sangster lux aeterna Signa ©crack in time ♥ Unicorn, crackship whihakayda, paroles City Light Blanche Ancien kidnappé des Rahjaks. Apprenti soignant ancien traqueur 100
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Sujet: Re: D'astres en désastres.
Jeu 12 Jan - 15:23




Comment le dire autrement ? Non. La méfiance se lit sur ses traits. Tant qu’on ne lui montrait pas indéniablement qu’il n’avait pas le choix, le Débarqué se refusait de boire toute potion fabriquée par n’importe quel médecin de ce peuple du désert. Se faire soigner, il n'a rien contre, il est même plutôt pour mais il préfère encore avoir mal plutôt que de subir les effets secondaires d’une potion faite de façon surement douteuse. L’individu qui le soigne est assez spécial pour qu’il se méfie un minimum. Ça l’angoissait cette idée de ce qu’il pourrait se produire s’il buvait cette fiole. Il n’avait même  pas un indice de ce qu’elle pouvait contenir. Un mauvais pressentiment le tenaille. Il est stressé à l’idée de se voir obligé de consommer cette chose qui l’aiderait soi-disant à ne plus avoir mal, à avoir moins mal.

Hum.’ Réaction à sa main tendue. Ce n’est pas bon pour lui. Ça pue la contrariété à peine contrôlée. La petite tape du pied sur le sol confirme ses pensées et aurait pu lui arracher un sourire moqueur si la situation avait été différente, si le Rahjaks ne lui avait pas montré qu’il pouvait recourir à la force à tout moment. Ça a beau être discret comme geste : ils ne sont que deux et le silence commence à être pesant tout en lui laissant la possibilité d’observer le curieux personnage qui lui fait face. Liam attend sans pour autant baisser du regard, les pieds calés au sol. Quelque chose change mais Liam ne peut pas le percevoir. Il a juste cru un instant qu’il lui laissait le choix. Ses doigts se crispent autour de la fiole qu’il n’avalera pas tout de suite. Il attend de voir d’abord ce qu’il se passe sous es yeux. La fiole lui est retirée des mains. « Oh. Euh. Je crois que tu n'as pas... compris. Non. Pas compris. » Si le changement de comportement ne se repère pas sur les traits du visage du médecin, il en est tout autrement dans sa façon de parler. Lui qui était si éloquent cinq minutes plus tôt ne l’est plus du tout. Liam fronce les sourcils, plutôt surpris même s’il a totalement compris pour le coup. Il attend juste de voir la réaction de cet énergumène qui semble un peu dérouté par son refus. C’est ce que son bug de parolier lui montre. Le futur esclave reste prudent, observant sans esquisser un geste, un comportement qu’il n’a jamais rencontré auparavant. Il laisse faire, ne sait pas trop comment réagir devant une telle réaction. Elle n’est pour autant pas violente. Elle est juste tellement contraire à tout ce en quoi il aurait pu prévoir. L’observateur se veut indifférent face à la scène qui se déroule. Il y a quelque chose de pas net chez cet homme mais Liam n’ira pas jusqu’à le plaindre. Il est curieux mais sa curiosité s’arrête là.

Après quelques secondes d’admiration exacerbée pour sa fiole, l’individu semble avoir retrouvé de ses capacités à gérer une situation puisqu’il semble redevenir … normal. Bien qu’ici le sens de la normalité ne veuille plus rien dire. Disons plutôt qu’il parvient à se maîtriser pour revenir à ce pourquoi ils sont là tous les deux. Il se moque quand il en rajoute en lui annonçant qu'il n'a pas compris qu’il devrait vider le contenu de la potion, qu'il n'avait jamais eu le choix. « Je vais te répéter mes exigences. Peut-être que la détention a obscurci tes facultés de compréhension, après tout ? Je compatis. » Liam retient l’envie de l’insulter. Toute remarque est inutile et ne fera qu’empirer sa situation. Il ne veut pas voir jusqu’où peut mener la perte des moyens de celui qui lui fait face. Le personnage a une maladie dont il ignore tout. Cela l'intrigue mais ce n’est pas pour autant qu’il a envie de voir à nouveaux les répercussions de cette maladie se produire quand il est présent. Il préfère l’avoir avec toutes la normalité dont il est capable. Celui qui doute de ses facultés de compréhension est celui qui lui a montré y’a pas cinq minutes que ses facultés n’étaient pas forcément au meilleur de leurs formes. Là aussi, il ne va pas le relever, préfère se taire et tapoter des mains sur la table pour s’éviter tout commentaire qui lui serait fatal.

Il se répète dans le comportement qu’il souhaite voir chez lui mais ne lui explique en rien ce qu’il risque dans le processus. Il s’en fou. Le plus jeune croise des bras tandis qu’on lui tend la fiole avec les mêmes paroles qu’il a prononcées quelques instants plus tôt. Son regard se fait légèrement plus sombre en attrapant l’objet indésirable. S’il n’est pas complètement cinglé, il dirait que le blond l’observe, qu’il est impatient de voir les réactions que le produit aura sur sa personne. Cassian les connait. Liam les ignore et aurait souhaité qu’on les lui dise pour mieux se préparer. Il observe le liquide bleuâtre avant de se dire qu’il aurait mieux valu pour lui qu’il ne l’observe pas. Tout dans cette potion vous donne plus envie de vomir que de la boire mais faut faire avec et on avale d’une traite pour ne pas être tenté de faire un geste malheureux alors que tout est revenu au calme même si le fait que Cassian l’observe n’a rien de rassurant. Et maintenant ? Il a l’impression que rien ne se produit, que la potion avait juste eu la capacité d’être dégueulasse. Attendre même cinq secondes sans rien dire alors que l’autre attendait que le produit agisse lui était désagréable. Quelque chose lui disait qu’il n’allait plus vraiment être maître de lui d’ici quelques minutes. Il détestait cette impression. « T’es bizarre mais c’est pas de ta faute. » Il se demanda a quel point il était étrange ? Il le lui avait montré. Ce n’était juste qu’un constat qu’il se doit bien de faire remarquer à celui qui a remis en cause ses facultés de compréhension. Il a ce besoin de combler le silence angoissant de l’attente de ce qui allait se produire en lui. « Doc ? » Comment voulait-il qu’il l’appelle autrement ? « Maintenant que je l’ai bue, j’peux p’être savoir ce qu’il m’attend. » Franchisse de l’agacement ressenti. C’était une nécessité pour lui que de le savoir même deux secondes avant que les répercussions ne s’accomplissent.

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13/09/2016 Anticarde 2240 Evan Peters Freckles sloth- soeur d'armes (crackship) - Tumblr (gif profil + signe) - Ashiri ♥ (picspam) Sorcier - Médecine & apothicaire spécialité Poison. 0
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Sujet: Re: D'astres en désastres.
Lun 23 Jan - 22:15

Bien. Ainsi cèdent les ultimes réticences du Prisonnier sans plus d'anicroche. Ainsi la substance oléagineuse disparaît, dégoulinant le long de son œsophage, ainsi fait-elle relâche dans son estomac et, barbotant dans un bouillon de sucs, ainsi se fait-elle surprendre, happé et emporté par des centaines de capillaires sanguins, s'en allant gorger ses cellules et hanter ses synapses. C'est toujours émouvant, pour Cassian, d'imaginer ces substrats nés de son esprit, qui se sont transformés sous ses yeux, qui ont fusionné dans d'interminables bains-maries pour ensuite refroidir des jours durant. Les voilà maintenant indépendantes, autonomes, ces molécules, qui s'en vont en riant dans les méandres d'un organisme inconnu. Ils ne les reverra jamais. Il n'entendra que les échos lointains de leurs tapages microscopiques. Il ne verra que des bribes de ce carnaval qu'elles sèmeront dans le cortex du Captif. Parfois, Cassian aimerait tellement être un atome, un vaisseau, un embole capable de migrer dans les artères rugissantes, dans les veines filandreuses, capable de courir sur des pistes de nerfs et de ligaments. En attendant, il n'a que le comportement du Prisonnier pour se rendre compte des cabrioles de ses créatures minuscules. Il n'a plus qu'à guetter les indicibles frasques du Skaïkru, la légèreté incongrue qui portera ses gestes, qui fera valser ses mots. Lentement, quand ces effets s'amenuiseront, alors Cassian saura qu'elles se seront éteintes, ses molécules bleues, ses petites étoiles qui surfent d'axone en dendrite, qui rouent les mécanismes de l'esprit tels des grains de sable dorés dans des engrenages.

Les velléités colériques de l'Empoisonneur sont retombées comme un soufflet, aussi brusquement qu'elles ont pointé le bout du nez. Telle une anémone effarouchée, le délicat spectre de folie qui s'était emparé de son visage retourne se terrer dans les récifs de son austérité naturelle. Cassian lui-même ne semble nullement conscient du trouble qui l'a étreint ne serait-ce qu'une seconde. L'application résignée du Skaïkru semble avoir coupé la chique de ses susceptibilités murmurantes. Bras croisés sur la poitrine, le Rahjak observe le blessé ingurgiter sa potion non sans rehausser un fragment coupant de sourire. Il sait que quelques minutes sont nécessaires, pour que les psychotropes trouvent le chemin de ses veines galopantes. Avec une désinvolture cousue de morgue, Cassian recule d'un pas, appuyant ses crêtes iliaques contre la bordure de la table de pierre. Il ne dessille pas, tandis que le Skaïkru déglutit, tandis que le Skaïkru esquisse une grimace éloquente, tandis qu'il reprend sa contenance. Un instant de répit s'offre à eux, et c'est presque troublant de n'avoir rien à faire d'autre que d'attendre, guettant les premières manifestations du produit. Le Prisonnier s'emploie à rompre le silence, lui servant une réflexion à l'étonnante spontanéité.

« T’es bizarre mais c’est pas de ta faute. »

Bizarre ? Pas de sa faute ? Mais qu'est ce que c'est, ce charabia ? Comment doit-il le prendre ? Qu'insinue t-il ? Serait-il par là en train de le juger, de lui prêter un adjectif alors qu'il n'est nullement en position de proférer le moindre avis, plus encore après avoir commis le crime d'impatienter un tantinet monsieur Saada ? Il serait sans doute plus aisé d'objecter si le Skaïkru l'avait insulté ouvertement, mais cette répartie est fumeuse, sujette à caution, glissante de double-sens. Maître de lui-même, l'Empoisonneur semble néanmoins accueillir la gratification avec une certaine philosophie. Il plisse les yeux, penche la tête de coté à l'image d'un animal incrédule, interloqué.

"Nous n'appartenons pas au même univers, Skaïkru... est-ce que c'est ça que tu veux dire ?" Questionne évasivement Cassian, dont la quiétude évoque une eau dormante. Les bras croisés, ses doigts pianotent sur son biceps, dans un tempo aussi régulier que la trotteuse d'un cadran, comme s'il décomptait chaque seconde écoulée, comme s'il avait donné un rendez-vous précis aux effets secondaires s'apprêtant à déferler sur l'enfant du Ciel. La familiarité, doublée de la curiosité fataliste du Skaïkru, qui tombe à point nommé durant cette attente incompressible, semble du reste distraire le Sorcier.

"Cassian. Mon prénom." Articule avec précaution le Rahjak. "Mais tu peux m'appeler "Doc", si tu préfères. C'est que nous allons être amené à nous côtoyer, toi et moi, tant que ta plaie sera de ce monde. Autant prendre nos aises, au moins un peu. Par ailleurs n'hésite pas à te servir de mon prénom pour te prémunir contre les rudesses de certains soudards, si tant est que cela les dissuade. Cas échéant, essaie de mémoriser leur visage. Si je m'applique à te soigner, ce n'est pas pour qu'un tringlot ne t'abîme en faisant de l'excès de zèle. Ca m'énerverait... je crois." Lâche Cassian, s'imaginant déjà son travail méticuleux sabordé par une équipée de fier-à-bras aux pognes gauches, comme la garde en fourmille à son goût. En aparté, il esquisse un vague hochement de tête à demi excédé à cette pensée, reportant son attention sur son patient. Il semble s'être extrait de sa chrysalide de glace, rehaussant une expression à peine plus malléable, capable d'accueillir une once d'enthousiasme, une faible lueur d'intérêt. Toute question touchant le cœur de sa pratique, tout intérêt, même maigrelet, que d'aucun peut porter à ses remèdes ravive quelques bonnes dispositions, chez le Rahjak. Ses molécules, il pourrait en deviser des heures durant, décrire avec une précision d'aiguillier l'étendue de leurs pouvoirs, la complexité de leurs itinéraires tortueux, les milles nuances dont elles ombragent l'esprit et le corps d'un vivant.

"Bien sûr... Skaïkru. Tu as le droit de savoir." Un instant taiseux, les prunelles de Cassian roulent dans leurs orbites, comme s'il cherchait dans les nuées une explication succincte, eu égard les mécanismes labyrinthiques de ses substances. "Cet antalgique va... agir sur ton système nerveux, voilà. Dans un premier temps, tu vas te sentir étrange, comme ivre. Tu auras sans doute du mal à refréner la teneur de tes propos, de tes gestes... Ce sont les effets les plus classiques." Amorce t-il tout en continuant de fractionner le temps du bout des doigts, sur son bras. "Ensuite, tu vas probablement te sentir un peu perdu, un peu dispersé, comme dans un rêve. On un cauchemar." Réajuste Cassian, semblant prendre en compte tardivement les conditions que sont celles du Skaïkru. "Bref, c'est une substance qui connaît divers usages et mésusages, car tu te doutes qu'elle a tendance à débrider des pensées enfouies, à délier des langues gelées de peur..." Explique t-il non sans accueillir au fond de ses entrailles une ombre machiavélique, la satisfaction viscérale de ses expériences passées, alors qu'il employait ladite substance en tant que sérum de vérité. Il n'en dira pas plus, ne ressentant néanmoins aucune honte à laisser affleurer sa curiosité à l'idée de voir les secondes défiler, titubantes, dans l'esprit du prisonnier. "Bref... Il arrivera un moment où ton cerveau ne sera plus en mesure de créer la douleur, où une espèce de torpeur diffuse tombera sur ton corps... et c'est là que j'interviens."

Dans le poste de soin, le revers d'une flammèche allonge des ombres d'encre sur le visage du Sorcier, noyant ses traits dans les reliefs inquiétant d'une estampe chinoise. Les multiples bistouris, étendus sur le plateau métallique, accrochent parfois un éclat de lumière. Leurs tranchants rivalisent de feux mordorés. Affectant une nonchalance assez guindée, Cassian croise les chevilles, s'appuyant de tout son poids sur le rebord pierreux.

"Nous avons quelques minutes à patienter. Votre vie dans les étoiles. Comment c'était ?" Interroge le Rahjak sur le ton serein que prennent les buveurs du thé, à la tombée du soir.


Spoiler:
 

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Sujet: Re: D'astres en désastres.
Jeu 2 Fév - 2:45


Cette situation le stresse. Avoir mal ne le dérange pas tant que c’est supportable. Ça aurait été tellement plus simple que le médecin accepte qu’il gigote un peu. Malheureusement pour lui, le prénommé Cassian semble inflexible quand il s’agit du travail bien fait. Ou plutôt … de son travail bien fait. Ouais, c’est plutôt ça. De la stupide fierté personnelle. Il ne peut qu’attendre qu’il lui dise ce qui risque de lui arriver dans quelques minutes. Rester dans l’ignorance l’agace profondément. Il n’aime pas ne pas savoir comment il risquerait de réagir après, ce qu’il pourrait se passer sans qu’il en ait conscience. C’est plus ou moins ça non ? Si la potion infâme lui permettait d’oublier un peu la douleur, il ne doutait pas qu’il y aurait quelques effets secondaires dans le chemin pour que l’expérience se déroule convenablement. Les effets secondaires ? Il avait tout simplement envie qu’ils n’arrivent pas. Il se pinça les lèvres dans l’attente de la réponse du plus âgé. Attente beaucoup trop longue à son goût face à celui qui semblait déjà être entrain d’observer ce je ne sais quoi qui semblait différent chez lui depuis qu’il avait ingurgité le liquide. « Nous n'appartenons pas au même univers, Skaïkru... est-ce que c'est ça que tu veux dire ? » Liam se tait, attend, n’est pas certain que le plus âgé veuille qu’il monologue sur le sujet de sa bizarrerie. Il l’aurait fait s’il avait été d’un genre suicidaire. Il hoche la tête pour faire passer l’interrogation à l’affirmative avant de croiser les bras, geste qu’il effectue régulièrement depuis quelques secondes. Geste de l’anxiété, geste de protection pour s’empêcher d’agir comme il n’aurait pas voulu qu’il le fasse ces prochaines minutes.

« Cassian. Mon prénom. » Doc était-il inapproprié pour qu’il se sente quelque peu forcé de lui donner le sien ? Un sourire amusé lui échappe. Qu’il lui propose en quelque sorte de se familiariser l’un a l’autre dans ses conditions est curieux. Il est peut-être celui qui le soigne, il reste de ceux qui les gardent prisonniers. Doc. Cassian. Il ne sait pas. Il verra bien. C’est plus joli. Peut-être. C’est comme Skaïkru. Il déteste quand on les appelle comme ça même si, en vérité, il n’y a peut-être aucune autre façon de les appeler, ceux-là même qui viennent du ciel. Mais c’est vrai que même William est plus joli que Skaïkru, cette appellation qu’il déteste. Liam c’est un surnom. ‘Autant prendre nos aises’ ou pas il lui faudra bien du temps avant de le laisser l’appeler Liam. Puis au fond le Rahjaks s’en fiche un peu puisque tout ce qui l’intéresse c’est le travail bien fait et les répercussions que de la maltraitance dans les cachots pourraient avoir dans son travail. Ça y’est s’il n’était qu’agacé, il l’est doublement. « J’aime pas Skaïkru. Tu peux m’appeler William si tu veux. » Il préférerait mais ne l’y obligeait pas. C’était dans la nuance des mots choisis pour ne pas le froisser. Il allait déjà en baver les prochaines minutes, il ne voulait pas croiser à nouveau un Cassian semblant en colère.

« Cet antalgique va... agir sur ton système nerveux, voilà. Dans un premier temps, tu vas te sentir étrange, comme ivre. Tu auras sans doute du mal à refréner la teneur de tes propos, de tes gestes... Ce sont les effets les plus classiques. » Voilà pourquoi il n’apprécie pas la boisson. Voilà pourquoi, aussi, il ne prendra sans doute plus jamais d’antalgique de sa vie. « Bref, c'est une substance qui connaît divers usages et mésusages, car tu te doutes qu'elle a tendance à débrider des pensées enfouies, à délier des langues gelées de peur... » « Ce truc va m’empêcher d’être moi. » Liam se crispe, prend pleinement conscience de ce qu’il pourrait se passer devant le médecin. S’il est parvenu à être plus facilement lui-même ces derniers temps, l’emprisonnement a reformé cette bulle protectrice et taiseuse de toute parole ou geste pouvant lui porter préjudice. Il réfléchi tant qu’il le peut car viendra le moment où ses idées ne seront plus aussi claires.

« Nous avons quelques minutes à patienter. Votre vie dans les étoiles. Comment c'était ? » Ses yeux se posent sur Cassian qui lui pose la question qu’on a du lui poser un millier de fois. « A la fois pire et meilleur que la vie sur terre. » Ils avaient leurs propres prisons, leurs propres morts injustes, leurs propres règles parfois beaucoup trop dures mais nécessaire pour la survie du plus grand nombre. « Y’avait beaucoup moins d’espace. » Des cachots personnalisés, un peu plus grands pour qu’ils ne souffrent pas tous de claustrophobie. Il ne se sentait pas bien. Il ne s’agissait sans doute pas déjà là des symptômes. Si l’angoisse le tenaillait depuis leur kidnapping, elle semblait avoir décuplé devant le gros poing d’interrogation qui résumait parfaitement ce qu'il allait se produire après ces quelques minutes. « Qu’est-ce que tu veux savoir ? Vivre là-haut c’est compliqué. Certaines choses tu les sais déjà. Y’a un an j’ai vu un lapin pour la première fois. » C’était un exemple comme tant d’autres.

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Sujet: Re: D'astres en désastres.
Mar 7 Fév - 22:40

La nervosité du Skaïkru est palpable. Elle se décline en une palette de gestes répétés, de crispations, de silences électrisés, de regards piqués, d'une attitude prostrée qui lui semble une véritable prison de chair. Satisfait de la tournure que prennent les événements, le Sorcier semble avoir recouvré toute son inclination à la patience et à l'indulgence. Il se tient appuyé au rebord de la table, froide et humide pierre des souterrains, noircie de crasse et de vieux sang, avec la nonchalance tiède d'un blanc-bec contre un arbre en fleurs. Les ténèbres de la pièce semblent sans emprise sur lui. Sur les murs, les ombres se meuvent comme des serpents d'eau, suivant le reflux des flammes vacillantes qui bavent des auréoles huileuses sur les noirceurs de goudron. Les murs n'en paraissent que plus patibulaires, hérissés de leurs aspérités qu'aiguisent le jeu de flammes. Le plafond semble une voûte mise à sac, nostalgique de ses astres perdus, toute prête à s'écrouler sur leurs épaules, pourtant l'empoisonneur respire comme s'il se trouvait au surplomb d'une falaise, se tient comme si un ciel céruléen fusait au-dessus de sa tête. Il s'est toujours senti à son aise, dans les cachots de l'univers, dans la nuit des hommes, d'autant plus que l'étrange captif consent enfin à coopérer.

Alors que se profile l'attente, une once de familiarité se dessine entre les deux blonds. Quand bien même semblent-ils se lorgner depuis les miradors de deux planètes différentes, quelques mots s'articulent là où un silence de glace aurait pu être de mise. Ne serait-il pas trop facile de se haïr dans ces circonstances ? Cassian sait qu'il lui est aisé de tenir cette réflexion, lui qui a l'ascendant, et qu'il en est tout autrement de ces prisonniers éprouvés, à bout de nerfs, qui ne demandent parfois rien d'autre qu'un visage à détester, un visage sur lequel déverser son fiel, un visage pour cristalliser sa souffrance, un bourreau prêt à endosser la responsabilité du sort qui leur a fait faux bond. Nombre d'enchaînés dont il s'occupe le traitent comme s'il était personnellement coupable de leur déconfiture. A bout de forces, tout espoir usé jusqu'à la moelle, ils le voient souvent comme l'ambassadeur, le représentant de leurs geôliers. Qui plus est, ce n'est pas comme si la compassion flagrante du Sorcier avait le pouvoir de les détromper. Cependant, ce Skaïkru semble doté d'un sang froid à toute épreuve, d'une capacité d'introspection qui lui offre un certain recul et une analyse plus fine des choses. Les quelques réponses qu'il lui cède, concernant sa vie dans le cosmos, Cassian ne les lui arrache pas. Souvent, c'est la fièvre, le lâcher-prise, les prémisses de la folie ou encore une colère insane qui délie la langue des malheureux. William, puisque c'est ainsi qu'il se décline, semble encore à des lieues de ces extrémités, tient rudement la bride de ses esprits agités. Quelque part, Cassian lui envie cette force enfouie. N'est-ce pas sa jalousie qui l'invite à la lui briser en mille morceaux, par le biais si lâche de substances capiteuses ?

"William... William." Répète le Rahjak, comme s'il cherchait à percer une énigme dans ces sonorités onduleuses. Des sonorités qui ne lui sont pas étrangères, rappelant leurs origines communes, lesquelles ne remontent qu'à une poignée de décades. Si les prénoms des terriens se sont peuplés de syllabes chantantes, retrouvent les sentiers d’étymologies bucoliques, il serait mentir que de nier les reliquats de l'ancien temps. "Comme Shakespeare ?" Questionne Cassian après un long silence, tâchant d'observer le Skaïkru sous un jour nouveau, comme si cette comparaison fortuite l'amenait à considérer le captif autrement que comme un captif. Comme s'il réalisait à peine que l'humain, qui se tient devant lui, avec son allure dépenaillé et ses joues noircies, avait eu une vie, des expériences et des talents avant de goûter pareille hécatombe. Comme si son prénom avait entaché son insignifiance de prisonnier parmi tant d'autres.

Shakespeare. Quelques ouvrages à fort tirage ont vu certains de leurs exemplaires échapper aux montées des flammes, aux torrents de sang et aux climats fous qui labourèrent la Terre, fut un temps. Baloté par les vents radioactifs, certains feuillets ancestraux courent encore entre les mains des Terriens, plus pourvoyeurs de questions que de réponses. Plus jeune, Cassian lisait beaucoup de poésie, cherchant peut-être des mots à poser sur ses hantises, sur ses terreurs intérieures, des métaphores capables d'incarner, de capturer les ruades éthérées de son esprit. Aujourd'hui, s'il continue à feuilleter quelques pages de prose à ses heures perdues, rares sont ces ouvrages lyriques qui subsistent sur ses étagères, lourdes de traités scientifiques, de manuels de médecine, d'herbiers dispendieux et de planches anatomiques. D'ailleurs, quand on parle de science, voilà sa prunelle qui s'allume comme une nuit s'anime de flammeroles.

« Ce truc va m’empêcher d’être moi. » Sermone William, crispé, désignant par là l'antalgique, le fruit de ses expériences.
"Oui, on peut voir les choses sous cet angle." Confirme le Sorcier, bien que désireux de nuancer le propos. "Mais moi, je préfère penser que cette substance permet aux gens, au contraire, d'être réellement eux-même, privés qu'ils sont de leurs réflexes défensifs, de leur tendance naturelle à la dissimulation." Justifie t-il avec le plus grand sérieux, comme si son interlocuteur était dans les meilleures dispositions du monde pour adhérer à son point de vue. Alors que la conversation oblique sur le Skaïkru, Cassian lève les yeux au plafond comme pour y lorgner le souvenir de ses rencontres avec d'autres enfants du ciel, qui étaient pour la plupart de sordides interrogatoires opportunistes sur des esprits saisis de brumes tépides. "Oui, quelques rencontres m'ont déjà parlées de votre vie là-haut." Confie l'Empoisonneur sur le ton de la conversation. "Mais chacun a été marqué par des éléments très différents. Chacun décrit votre nef en des termes variés, en fonction du rôle qu'il y occupait, des accès et des prérogatives dont il disposait ou pas. Certains se montrent nostalgiques. Ils vantent la richesse de vos archives historiques, vos technologies élaborées, leur puissance. D'autres décrivent vos locaux comme d'oppressantes galeries de métal au point qu'ils semblaient voir notre terre comme un petit paradis fleuri dépourvu de dangers. D'autres, bien sûr, sont plus modérés, mais j'ai souvent eu à faire à des âmes perdues dont les propos ne pouvaient être qu'extrêmes." Conclut-il, songeur, semblant affûter son menton de son index et son pouce. De longues secondes, ses pupilles de chat naviguent dans la pénombre, ses pensées voyagent, louvoient au-dessus des horreurs qu'ont vues s'épanouir ses campagnes de soins dans les cachots. Fort de ce petit détour mental, toutes ses attentions convergent à nouveau sur le prisonnier, vives comme des traits d'archer.

"Toi, par exemple, William. Est-ce que tu regrettes, ta vie là-haut ?" S’enquit-il avec une curiosité non feinte. Une curiosité montante qui semble un instant l'éloigner de ses préoccupations primordiales, à savoir l'action pure de sa molécule. Les signes d'impatience qui tantôt affleuraient se sont dissipés. "Quel rôle t'incombait ? Tu avais des capacités particulières ?"

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Sujet: Re: D'astres en désastres.
Ven 10 Fév - 0:27



Il ne veut pas perdre le contrôle ou se laisser aller. Il ne veut rien de tout ça surtout pas maintenant, surtout pas devant lui. Le stress monte d’un cran et le fait qu’il n’apprécie rien de cette situation n’arrange rien. Il a l’impression qu’il va perdre les moyens à la vitesse de l’éclair. Il se présente à moitié, a cette manie de ne donner qu’une partie de son identité aux terriens. Protection veine pour une information qu’ils auront tôt ou tard. Il va peut-être s’appeler Liam dans moins de cinq minutes, casser cette non envie de se familiariser d’avantage avec le terrien. C’est frustrant de savoir qu’il ne pourra plus rien contrôler dans si peu de temps. C’est frustrant de le savoir et surtout de savoir qu’il ne pourra rien faire pour l’en empêcher. C’est le contraire qui va se produire s’il écoute le Rahjaks.

« Comme Shakespeare ? » Ses yeux s’écarquillent. Il ne s’y attendait pas à celle là. Si même aucun des Cent ou de l’Odyssée ne la lui a faite, il ne s’attendait pas à ce qu’un foutu Rahjak la lui fasse. « Si tu veux, comme le poète. J’suis p’etre même un de ses descendants qui sait. C’est très con de m’enfermer. » S’il se fout de sa gueule ? Complètement. Il ne comprend pas comment il a pu en arriver à lui balancer ça. C’était étrange de penser que les auteurs des siècles passés n’avaient pas été oubliés par ceux qui ne juraient que par le changement. William, il citait l’auteur ? Y’avait plus qu’à espérer qu’aucun se nomme  Pablo sur l’Odyssée. Sa tête lui tournait légèrement, la pièce commençait à tanguer ou alors était-ce lui qui ne parvenait déjà plus à bien percevoir les contours de cette dernière ? C’était la potion qui agissait plus rapidement sur lui que d’ordinaire ? Il préféra se concentrer sur le Rahjak qu’il percevait de façon encore plus ou moins nette parce qu’il lui parlait, parce qu’il l’aidait en quelque sorte et de façon bien inconsciente à ne pas perdre pied.

« Mais moi, je préfère penser que cette substance permet aux gens, au contraire, d'être réellement eux-même, privés qu'ils sont de leurs réflexes défensifs, de leur tendance naturelle à la dissimulation. » Il rigola. C’est ça. Maintenant grâce à lui il allait pouvoir être lui-même, il faudrait sans doute qu’il songe à le remercier un jour ou l’autre, c’est ça ? Il hocha la tête face à ce qu’il lui racontait sur les histoires de Débarqués. « Chacun son histoire. Tu ne vas pas me raconter la tienne parce que j’te raconte la mienne. » Ca avait du sens, ça n’en avait pas. Cassian lui posait des questions et lui avait l’obligation de retour de réponses quand bien même lui n’aurait aucune histoire racontée de la vie de son soigneur. C’était injuste. « Pourquoi j’devrais être le seul à répondre aux questions ? » Il râlait un peu avec raison. C’était quoi cette idée de les juger envahisseurs pour ensuite leur poser plein de questions sur leur vie là-haut ? « Non. J’la regrette pas cette vie là-haut. Même si j’le suis plus on était plus libre ces quelques mois qu’enfermés là-haut. J’regrette des proches, des amis, mais j’regrette pas d’être sur Terre même … » Même si j’aurais préféré être dans un autre endroit, avec d’autres personnes en ce moment même. « C’est quoi votre problème à vous ? Pourquoi vouloir en savoir d’avantage sur ceux que vous dénigrez. » Que vous ne considérerez jamais comme vos égaux. Il a besoin de se calmer sinon, il va tout lui balancer, chose qu’il ne veut pas. Cassian n’a pas besoin de savoir que l’enfermement n’est pas son premier, qu’à dix-sept ans il était trop remonté contre sa mère depuis la mort de son père pour pouvoir ne serait-ce que songer à choisir un métier et penser à son futur. Non. Cassian n’avait en aucun cas besoin de tout savoir.

« T’es chiant avec tes questions, pourquoi je t’intéresse autant ? » Son cœur battait plus vite, les images perdaient de leur netteté, des émotions contradictoires revenaient à la surface alors qu’il ne demandait qu’à être calme. S’il avait accepté rapidement sa condition de futur esclave fallait croire que comme tout le reste, le déni de cette situation n’avait attendu que le guérisseur pour tenter de faire son chemin pour lui renvoyer la réalité de sa situation en pleine figure.

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Sujet: Re: D'astres en désastres.
Dim 5 Mar - 2:35

Le Skaïkru se crispe encore un peu plus, si cela est possible. La tension qui empèse l'air lui est plaisante, aussi confortable qu'un voltaire aux accoudoirs nappés de velours. Avec l'éclat d'un renard lové au fond de ses prunelles de basalte, Cassian a l'impression d'avoir sous les yeux le combat homérique d'une conscience humaine aux prises de tentacules chimiques, une sorte de toile psychédélique que son imagination se charge de peinturlurer de traînées spectrales. Si le corps de William se crispe au point de sembler aussi ferme qu'une cuirasse, ils savent tous les deux que le mal est de nature plus pernicieuse qu'une estocade grossière, qu'il est déjà là, qu'il oeuvre à bas bruit, se déployant dans les entrailles du blessé. Le voilà d'ailleurs un peu plus loquace que précédemment, mais Cassian ne saurait inculper ces signes aux prodromes des drogues ou alors à l'étrange soupçon de familiarité qui s'est épanoui entre eux. Sans doute un peu des deux.

Le prisonnier semble surpris de ses références, aussi Cassian lève les yeux du bistouri métallique qu'il a entrepris de lustrer soigneusement avant la chirurgie imminente, surprenant l'expression de l'humain. Apparemment, Shakespeare jouissait bel et bien d'une notoriété souveraine qui l'a fait subsister sur le continent, à l'état de hardes calligraphiées jetées dans le vent, comme dans les banques de données insubstantielles de la grande nef des enfants du ciel, dans ces flux d'informations que brassent à l'état d'énergie pure des petites technologies replètes. Content que son analogie ait soulevé une telle réaction, Cassian n'en reste pas moins confondu à la réponse de son interlocuteur. Il suppose être un potentiel descendant, sur un ton mordant qui collerait merveilleusement au second degré si les pensées du Sorcier ne s'encombraient pas de réflexions alambiquées, d'hypothèses farfelues ruant dans les brancards au moindre mot douteux. Aussi, sur un ton neutre, aseptique, au terme de quelques secondes de concentration, il lui répond avec tout le sérieux du monde.

"Cela m'étonnerait." Il guette l'apparition d'une ride suspecte sur le visage de son patient. "Les probabilités sont infimes." L'espace d'un instant, l'idée que le Skaïkru se paie sa tête lui caresse l'esprit. Le regard de Cassian se durcit alors, les ténèbres de ses billes se réduisent comme un vaste univers de vapeur rendu à l'état d'une esquille de glace, comprimée entre les berges de ses paupières qui se resserrent un instant de quelques millimètres. Pour lui qui éprouve déjà quelques heurts à détecter les traits d'esprits de ses semblables, savoir si cette répartie relève du lard ou du cochon est définitivement insoluble. Après l'avoir décortiqué un instant, il reporte son attention sur la lame du scalpel, dont l'acier reluisant capte d'onduleux spectres de lumière.

« Pourquoi j’devrais être le seul à répondre aux questions ? » Lâche William, qui commençait à manifester un certain agacement alors que les questions de Cassian se succèdent gaiement.
"Qui a dit ça ?" Répartit le Rahjak non sans arquer un sourcil, comme si cet agacement relevait d'une absurdité. "Pas moi, en tout cas. Tu es libre de poser toutes les questions qui te viennent à l'esprit, pour peu qu'elles soient sensées. Il me semble par ailleurs avoir répondu aux rares interrogations qui ont franchi tes lèvres jusqu'ici, non ?" Lâche t-il avec une désinvolture blanche, désaffectée. Par son calme olympien, Cassian met en relief les signes d'impatience qui filtrent, à travers l'attitude du Skaïkru, de plus en plus fébrile. Bien conscient que se referme doucement l'emprise des psychotropes, l'empoisonneur sait que bientôt, il ne sera plus en voie d'espérer des échanges construits.

"Pourquoi vouloir en savoir tant ?" Reprend t-il d'un ton dégagé, avant de répondre le plus simplement du monde : "Je suis curieux, c'est tout. Et je ne vous dénigre pas, loin s'en faut. A vrai dire, je trouve particulièrement idiot, voire dangereux, de dénigrer un peuple dont on ignore tant, ce serait faire preuve d'obscurantisme... Mais on peut affirmer sans se tromper qu'un certain nombre d'entre nous ne vous porte pas dans leur coeur, ça, je te l'accorde." Consent Cassian, renâclant néanmoins à prendre position. Il parle d'une voix neutre, purgée de ses émotions et de ses timbres empruntés, froide comme la lame de son fidèle scalpel qui fauche sans discrimination. Haussant les épaules pour toute conclusion, un regain d'humanité semble tressauter sur son visage à l'ultime question de William.

"Pourquoi tu m'intéresses autant ? Voilà une question que je vais m'empresser de satisfaire." Dit-il à brûle-pourpoint, insistant sur la formulation de façon à mieux discréditer les affirmations précédentes du prisonnier. "Il y a toi,  et puis il y a le monde d'où tu viens, le patrimoine dont tu es dépositaire malgré toi. Je m'intéresse aussi bien à vos technologies, qui représentent le fleuron de millénaires de connaissances accumulées, comme je suis curieux des règles de vie que vous avez pu être amenés à instaurer dans un compartiment flottant dans l'espace. Oh, je ne ferais aucun rapport à la Royauté, si c'est là ta préoccupation. Je ne suis ici qu'en tant que "Doc", ou Sorcier, ou Guérisseur, comme tu préfères... enfin bref, je n'escompte qu'à étancher ma propre curiosité. Il n'y a pas d'intérêt sous-jacent." Assure t-il.

"Te concernant... Eh bien, je trouve toujours intéressant d'observer un être vivant réagir au devant du stress et de la menace. Quand certains humains se transforment littéralement en animaux, en aliénés, d'autres parviennent à garder le contrôle et à raisonner de manière poussée dans des situations extrêmement critiques. Le sang froid. Il est si déterminant pour la survie de notre espèce, et si disparate d'un individu à l'autre... Je trouve ça troublant." Tranche Cassian un peu à l'emporte pièce, bien conscient de divaguer, d'élucubrer en vain, alors que les sens de son interlocuteur appelle de vœux plus ou moins contraints les ténèbres. "Bref, m'est avis que tu fais partie de la seconde catégorie. Tu m'intéresses en cela, déjà. Et j'aime à connaître un tantinet les patients dont je m'occupe. Leurs capacités de guérison et de régénération sont étroitement liées à leur état d'esprit. Souvent, il n'y a qu'un petit pas à faire entre les idées noires d'un malade et l'effondrement de son immunité... alors j'espère que tu ne te sens pas trop déprimé de croupir ici, hm ?" Ajoute t-il sur un ton dégagé. "Tu m'as l'air un peu nerveux, au fait, tout va bien ?" S’enquiert Cassian avec une onction feinte, remarquant quelques signes neurovégétatifs éloquents chez William, comme sa peau à peine plus empourprée, rimant avec nervosité, avec une circulation sanguine fouettée.

Prenant une généreuse inspiration après ces explications menées à bâtons rompus, le Sorcier se renfrogne dans sa posture en retrait. A la question ouverte du Skaïkru, il aurait été ardu de répondre de manière plus succincte tant les raisons qui poussent Cassian à darder son homologue sont d'une richesse effroyable. Mais il a mis un point d'honneur à lui répondre avec force honnêteté, d'une part parce que le sujet lui était inspirant, mais aussi et certainement pour contrecarrer les allégations premières du prisonnier. Non. Fermement, non. Le Rahjak sait ce qu'il doit faire, lorsqu'il veut obtenir de ses sujets des réponses cuites à point, dans une assiette dorée. Ce n'est qu'une question de dosage, entre l'antalgie et son cortège d'effets secondaires, et la béance totale des sens.

"Et je ne suis pas chiant." Se rebiffe t-il soudain, bien à posteriori, parce qu'il ne comptait pas laisser passer pareille assertion, parce que le mot était resté fiché dans un coin de son esprit telle une mouche aux ailes empiégées de miel, telle une tique incrustée dans sa nuque. Balayant cette parenthèse d'un long clignement de paupière, le Rahjak reprend le fil de la conversation avec une fluidité mécanique. "J'ai répondu à ta question, alors que tu n'as rien fait des miennes. Alors ? Pas de capacité particulière ? C'est toi qui passait le balai dans le réfectoire, peut-être ?" Brime t-il, les lèvres serties d'un petit sourire à peine provocateur.

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Sujet: Re: D'astres en désastres.
Lun 6 Mar - 1:50



Il détestait l’effet que cette substance avait déjà sur lui. Il ne se sentait pas bien, avait l’impression un instant que la pièce se refermait sur lui pour redevenir normale la seconde d’après. Il n’y avait que l’étrange conversation qu’il avait avec le Rahjak pour l’aider à surmonter les effets secondaires de la potion. Il avait du mal à rester calme avec ce qui l’attendait et savoir que l’un des effets secondaires de ce remède était de ne pouvoir s’empêcher de dire ce qu’il avait en tête dans l’instant présent, rendait la chose bien plus désagréable qu’elle ne l’était déjà. C’était pour ça les remarques sarcastiques ou était-ce vraiment parce que Cassian l’emmerdait avec ses questions ? Probablement des deux. Et bien. Cela n’allait rien arranger tout ça dans leurs échanges dis donc. Il était le kidnappé, le futur esclave, celui qui aurait du se taire et accepter juste ce qui était entrain de lui arriver alors qu’il faisait tout le contraire. Il répondait, rétorquait tout en sachant que le soigneur n’avait pas la même interprétation des choses que lui. C’était d’un comique, d’un pathétique. Et puis vint la réalisation que tout ce qu’il pourrait bien dire ne serait pas de sa faute mais bien de celle du Rahjak qui ne devrait s’en prendre qu’à lui-même de laisser celui qui se contrôlait sans cesse sans contrôle de lui-même.

Il se demandait juste comment Cassian allait vérifier qu’il n’avait plus mal. Il n’allait pas faire exprès pas vrai ? « Cela m'étonnerait. Les probabilités sont infimes. » Il lève les yeux au ciel, c’est surréaliste la situation dans laquelle ils se retrouvent. Ce regard le calme d’un coup, il déteste quand on l’observe ainsi. « Qui a dit ça ? » Il s’en est retourné à son matériel pour revenir. Liam hausse les épaules. Personne. Il l’a juste supposé. Peut-il poser des questions ? Toutes les questions qui lui passeront par la tête même les plus ridicules ? Quelle est ta couleur préférée ? Non ? Non. C’est pas le plus important mais le questionnement : comment les Rahjaks en sont arrivés là n’aura pas de réponse donnée en toute franchise. C’est pas humain l’esclavagisme, de vendre un être humain à un autre. Pour eux c’est la normalité et la normalité pour Cassian … le débarqué n’est pas certain de vouloir la connaitre. « Tu es libre de poser toutes les questions qui te viennent à l'esprit, pour peu qu'elles soient sensées. Il me semble par ailleurs avoir répondu aux rares interrogations qui ont franchi tes lèvres jusqu'ici, non ? » Liam ne répond pas. Il a raison même si c’était en son droit de savoir ce qu’il allait lui arriver et … okay, Cassian ne s’était jamais retrouvé dans l’obligation de lui révéler son prénom. Liam soupire, il est bien obligé de reconnaitre que le blond marque un point et peut-être plusieurs. Il hoche la tête, il le comprend. Il n’ira pas jusqu’à dire qu’il comprend les Rahjaks qui ne les apprécient pas mais ils sont un changement dans leur petite vie bien rangée alors ouais, lui qui déteste le changement peut les comprendre en partie même s’ils ne semblent pas tellement bouleversés par tout ceci, ça leur fait juste … des esclaves nécessaire. Mais quel changement ! Le voilà qu’il ironise sur sa future situation. Il devrait faire plus attention mais plus les minutes passent plus cela va être difficile.

La royauté ? C’est tout un univers qu’il découvre et qu’il déteste à la fois. Cassian est curieux comme l’étaient tous ces Rahjaks qui sont venus les observer lorsqu’ils étaient en cellule. Il n’est pas différent. « Te concernant... Eh bien, je trouve toujours intéressant d'observer un être vivant réagir au devant du stress et de la menace. Quand certains humains se transforment littéralement en animaux, en aliénés, d'autres parviennent à garder le contrôle et à raisonner de manière poussée dans des situations extrêmement critiques. Le sang froid. Il est si déterminant pour la survie de notre espèce, et si disparate d'un individu à l'autre... Je trouve ça troublant. » Plus il l’écoutait moins il aimait ce qu’il entendait. « Alors j'espère que tu ne te sens pas trop déprimé de croupir ici, hm ? Tu m'as l'air un peu nerveux, au fait, tout va bien ? » Au tour du Doc de se moquer, retour à l’envoyeur. William serre des dents pour ne pas répliquer sans pour autant y arriver. Il déteste se retrouver ici comme il a détesté son passage sur les prisons de l’Odyssée. Est-il plus ou moins déprimé qu’à l’époque, il n’en sait rien. Son passage ici le révolte pour autant beaucoup plus. C’était ce qu’il lui avait manqué là-bas, cette révolte contre le système qu’il avait trouvé plutôt juste. « J’suis pas un cobaye. » Ça lui échappe parce que c’est exactement ça : il est troublé par un sang froid qui va disparaitre d’un moment à l’autre.

Qu’il ne dise pas qu’il est chiant parce qu’il l’est. Il l’est pour avoir toujours réponse à tout, pour lui renvoyer les malheureuses paroles qu’il a pu lui balancer à la figure. Il le provoque un peu, aussi, et Liam n’a pas l’habitude de ça. « J'ai répondu à ta question, alors que tu n'as rien fait des miennes. Alors ? Pas de capacité particulière ? C'est toi qui passais le balai dans le réfectoire, peut-être ? » Qu’est-il entrain d’essayer de faire ? De l’énerver ? Si seulement il savait qu’il aurait mille fois préféré passer le balai plutôt que d’atterrir en prison. Ils n’y connaissent rien à eux, à ceux qu’ils capturent, qu’ils brisent en pensant avoir enterré leur envie de rébellion. Ignorants. C’est le premier mot qu’il lui vient à l’esprit malgré tout le savoir qui émane du médecin. « Personne ne vous a raconté l’histoire pas vrai ? » Il l’interpelle lui, il parle à tous les êtres humains qui peuplent cette ville. Il attend un peu, ne le lâche pas du regard. Ce n’est pas souvent qu’il pourra voir cet air sur ce visage de celui qui pense presque tout savoir. « Pour quelqu’un d’intelligent tu peux avoir des réactions très stupides. » Il ne mâche pas ses mots parce que les Odysséens n’ont pas été tendres avec eux dans l’idée de les envoyer sur Terre. S’il comprend qu’il fallait des règles sur le vaisseau il ne leur a pas pardonné toutes ces pertes qu’ils ont subies alors qu’il aurait été plus simple de, finalement, en finir avec eux une bonne fois pour toute plutôt que de les envoyer sur cette Terre qu’il trouve encore aujourd’hui des plus dangereuses. C’est la nostalgie qui le prend dans son étau, dans l’étroitesse qu’étaient leurs cellules.

« Pourquoi crois-tu qu’ils nous aient envoyé sur Terre alors qu’ils ne la pensaient pas vivable ? » La case prison, ce n’est pas la première fois qu’il l’a vécue, ce n’est pas pour autant qu’il l’apprécie, qu’il ne ressent pas les mêmes effets désagréables de la précédente : il avait besoin d’air, sentait l’ombre de la claustrophobie planer au-dessus de sa tête.

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Sujet: Re: D'astres en désastres.
Mar 25 Avr - 12:52

Pour toute réponse, William hausse les épaules, vraisemblablement pris de court. Un point pour l'empoisonneur. Mais Cassian sait pertinemment que le Skaïkru avait de bonnes raisons de croire que sa parole semée ne récolterait que du vent. De surcroît ses questions. N'est-ce pas ainsi qu'ils sont traités, depuis l'instant de leur capture ? N'ont-ils pas été acheminés comme on le fait d'un troupeau mené à la baguette ? Ne sont-ils pas nourris dans des écuelles bigornées, parqués dans des sous-sols qui feraient oublier leurs existences aux yeux du monde-même ? Je ne suis pas un cobaye, marmonne l'enfant du ciel. Un feulement qui n'est sans arracher un vague sourire outrecuidant aux lèvres du Rahjak. Nul ne saurait dire si par là, il se distrait de son impertinence où s'il se moque le plus platement du monde.

La plupart de ses questions passe à la trappe. Fort des libertés offertes, il semble que le Skaïkru ne se conforme à nul interrogatoire et se permette de répondre à ce qui le chante uniquement, sur un fond d'ironie qui pourrait être affilié à de l'insolence. L'empoisonneur n'oublie pas que l'emprise de ses substances bleues se referme lentement sur l'esprit du prisonnier. Qu'il lui doit bien cette aumône de laxisme, d'indulgence. Cassian se prend alors à brider, les élans de sa curiosité cupide. Il devra avoir recours à d'autres stratégies pour obtenir des réponses pointues à ses questions les plus précises. Après tout, parmi les esprits affaiblis, une fois que l'obscurité aura fini de démanteler les rêves, une fois que des corvées innommables auront briqués ces squelettes de leurs ultimes forces, sans doute certains passeront aux confidences d'eux-même. Sans doute quelques brebis galeuses se mettront à table, et accepteront de bon gré de révéler toutes les richesses de leurs savoirs en échange de traitements plus décents. Doucement, Cassian caresse l'idée de faire main basse sur une poignée de ces enfants-météores. Il pourrait les tirailler à loisir, user des méthodes de son choix, qu'il s'agisse de psychoactifs que de tenailles corrodées pour arracher à leurs langues des aveux brûlants. Mais William n'aura pas l'heur de faire partie de ceux là... Et le Rahjak en conçoit presque une pointe de déception. Celui là n'a pas l'âme d'un forçat, ni-même d'un rat de laboratoire. Il peut se montrer surprenant, faire fi de vos questions et vous livrer des éléments puissants le seconde suivante. Car cette révélation là, Cassian ne s'y attendait pas, tout perçant qu'il soit.

« Pourquoi crois-tu qu’ils nous aient envoyé sur Terre alors qu’ils ne la pensaient pas vivable ? »

Le Rahjak demeure bouche bée, sourcil arqué. Si William n'a que faire de ses préoccupations, ce qu'il lui révèle, ce qu'il insinue est d'une toute autre portée. Loin des préoccupations logistiques de Cassian, le Skaïkru suggère le pire. Il suggère qu'on les aurait envoyés sur Terre comme on envoie une équipée à la Mort. Qu'ils n'auraient été ni plus ni moins que de la chair à canon, que de la chiourme, que des cobayes, et alors leur statut actuel de prisonniers se parent d'une éclatante ironie. Tenu en haleine par ces déclarations, le Sorcier passe totalement outre l'affront qui lui est fait, et qui en d'autres circonstances l'auraient littéralement pourfendu. A vrai dire, lorsque son attention tient en joue quelque chose, lorsque sa curiosité est brochetée en son cœur, le reste du monde lui semble terne, un brouhaha aussi lointain que ces étoiles qui explosent sans bruit, à des années lumières d'ici. Les yeux doucement écarquillés, l'évidence lui apparaît.

"Pour vous... Tuer ?" Il hésite. Quand bien même c'est ridicule d'hésiter. L'insinuation faite est parfaitement limpide. Reste à savoir pourquoi eux, pourquoi avoir envoyer une horde d'adolescents ? Pourquoi sacrifier une si précieuse denrée de la population ? Sont-ils malades, délinquants, criminels, ou alors de basse extraction ? Sont-ils des bâtards, des indésirables à bord d'une nef surpeuplée ? Sont-ils des rebelles au système en place, dans la grosse panse de leur vaisseau ? Des éléments gênants, en tout cas. Le regard de Cassian semble changer alors qu'il dévisage Liam sous un nouveau jour, comme s'il essayait de prendre du recul pour remarquer un détail qui lui aurait échappé. Et pourquoi ne porterait-il pas un infâme virus en son sein ? A t-on voulu les mettre en quarantaine ? Une crainte insidieuse se cabre, dans les entrailles du Rahjak. Aussitôt rassérénée par le constat suivant : si un odieux virus était à l'oeuvre, si la quarantaine avait été de mise, jamais le reste des Skaïkrus n'aurait atterri par la suite, pas vrai ? Epuisant, ces hypothèses qui se succèdent inlassablement dans sa tête, écumant derrière la noirceur de ses prunelles fixes. De longues secondes s'étirent alors qu'il le scrute sans ciller, dans un silence absolu qui lui confère des airs d'automate. Pendant qu'il épuise, brasse à tort et à travers tous les scénarios qui justifieraient l'issue que lui donne William.

"Mais pourquoi ?" Lâche enfin Cassian, au bout d'un long moment, comme si passer du monde éthéré de ses pensées à celui de la parole avait quelque chose de violent. "Qu'est ce que vous avez fait ? Ou pas fait ?" Interroge t-il, et ses questions se déversent sans souffrir le moindre filtre. Dans sa voix, nulle trace d'un esprit calculateur, pas l'ombre d'une retenue qui en dirait long. Les questions tombent avec des évidences courues, elles sont des foudres s'abattant sur l'arbre esseulé dans la plaine. Le Sorcier se surprend à espérer que les effets les plus délurés du produit vont lanterner quelque peu avant de se manifester, que cette petite conversation aux augures détonantes puisse poursuivre son cours. Il se surprend à espérer que William parviendra à lutter encore un peu, contre les brumes qui menacent de l'emporter, pour conserver encore un instant, un peu de sa lucidité. Bien d'autres questions lui montent au palais, mais le Sorcier se bride ardemment, bien conscient que submerger l'esprit du Skaïkru risquerait de le fourvoyer définitivement dans le royaume de la confusion. "Je pensais que vous n'étiez que des éclaireurs." Explique t-il, entrapercevant une réalité bien plus alambiquée.

Excommuniés par leurs semblables pour se retrouver écroués dans les cachots de leurs terres d'exil. L'espace d'un instant, Cassian se demande ce que cela lui ferait, d'être dans la peau de William. D'être ainsi ballotté comme une coque de noix entre des brisants. Il se demande ce que ça peut faire, de vivre cette errance de tous les instants entre un ciel hostile et une terre inhospitalière, et de quelle manière cette épreuve burine leurs psychologies. Les camarades de William sont-ils tous faits du même bois que lui ? Ont-ils la même lueur amère, comme le Sorcier a pu voir vrillant les prunelles brunes du prisonnier ? Il lui faudrait en consulter plusieurs, invoquer des prétextes subreptices pour multiplier ses présences ici-bas, dans cet enfer qui respire la sueur et l'urine. Mais pour l'heure, son attention est rivé sur celui-là. Sur celui qui lui ressemble un peu.

Entre ses doigts, la lame du bistouri oscille tel un bateau ivre, virevoltant entre ses phalanges comme un petit acrobate tout fondu de métal s'accroche aux agrès. L'ustensile, qui se voulait alors le métronome de sa patience, l'aidant à décortiquer les longues secondes, ne semble plus qu'un vulgaire instrument pour canaliser cette curiosité dangereuse.

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Sujet: Re: D'astres en désastres.
Mar 16 Mai - 4:01




Parler de l’ignorance du peuple de la terre l’aidait à ne pas perdre pied face à ce qui l’attendrait d’ici quelques minutes. Ça l’amusait dans un sens qu’ils n’aient pas déjà compris pourquoi on les avait envoyés ici. Personne ne leur avait donc dit, tous avaient jugé  bon de ne rien dire et lui le balançait juste comme ça parce qu’il se sentait d’humeur et que cela faisait du bien d’avoir une information déstabilisante pour celui qui le déstabilisait d’une façon bien fort désagréable depuis qu’il avait avalé de force ce breuvage douteux destiné à lui faire perdre les moyens pour l’empêcher de gigoter. Il se demanda un moment pourquoi ils s’étaient évertués à taire cette information. Elle ne leur était pas essentielle, ce n’était pas un atout mais pas forcément non plus une tare que de se coltiner un statut de criminel aux yeux des terriens qui de toute façon avaient décidé de ne pas les prendre au sérieux.  « Pour vous... Tuer ? » Un sourire amusé de la proposition apparu sur le visage du Débarqué qui ne pouvait véritablement donner de réponse à cette question. « Peut-être que oui, peut-être que non. C’est toute la beauté du geste tu ne trouves pas ? » Car après tout peut-être espéraient-ils réellement que la Terre fut vivable. Il ne le saurait peut-être jamais mais n’en fut pas triste pour autant. Il était encore vivant malgré sa condition et se permit d’attendre avant de lui donner une réponse plus satisfaisante qu’une question qui ne trouverait probablement pas d’écho chez le Rahjaks.

C’est pour sa réaction à l’affirmation du Cohen qui ne veut pas être un cobaye d’un médecin douteux, qui restera douteux même en ayant soigné sa blessure pour qu’il n’en reste qu’une fine cicatrice. Il n’a pas grand-chose à craindre du soigneur, au fond. Il est juste là pour le soigner parce qu’on l’a payé pour le faire. Qu’il le drogue si ça lui chante, il ne pourra rien faire de plus même s’il se montre insolant par la faute de celui qui affiche un sourire moqueur. Peut-être n’aurait-il pas agit ainsi dans son état normal, peut-être aurait-il agit de la même façon peut importe son état parce qu’il n’a plus rien à perdre. Il est coincé ici, personne ne viendra les chercher, ne pensera à venir les chercher ici. C’est du suicide et ça le déprime. Il pourrait bouder maintenant et redevenir le silencieux quitte à ce que le Rahjak s’énerve de ne pas obtenir les réponses qu’il semble tant désirer mais il n’en a pas envie. Si la déprime le guette, la combattivité gagnée dans la prison du ciel se retrouve dans celle de la Terre, dans l’attitude du prisonnier un poil insolent qu’il se donne alors qu’il n’en mène pas large, en réalité.

Si les rôles ne sont pour autant pas inversés, c’est Liam qui décide s’il veut continuer à le voir s’interroger ainsi mentalement pour deviner ce pourquoi ils ont réellement été envoyé sur terre. « Mais pourquoi ? » « Pourquoi vouloir savoir ? » C’est trop tard maintenant. Sauf la connaissance pure et dure, cela n’apporte pas d’avantage aux terriens de le savoir. Il a beau se poser la question pour tenter de trouver une raison qui pourrait les désavantager à ce que l’information soit donnée, il n’en trouve pas si bien qu’il ne trouve pas non plus de raison à la lui donner. C’est contradictoire dans un sens parce qu’il pensait quelques instants plus tôt que la clé résiderait sans doute dans le facteur déstabilisant. « On était trop excentriques pour eux ? »  Il tentait de donner une réponse sans donner la véritable raison de leur présence sur terre et son esprit brumeux n’aidant pas, cette phrase fut la seule qu’il put donner au Saada. Ils avaient été adorablement foutus dehors parce qu’ils ne conformaient pas à l’éthique de la vie dans le Ciel. Il resta un moment silencieux, se disant qu’il laisserait l’imagination du Rahjaks (qui semblait cela dit fort absente) s’activer pour deviner le reste.

« Je pensais que vous n'étiez que des éclaireurs. » « Peut-être l’est-on désormais plus qu’on ne l’a été autrefois. » Il commençait à avoir du mal à réfléchir. Il lui donnait un coup des réponses évasives pour lui en donner d’autres plus claires la minutes d’après. C’était agaçant comme situation d’avoir l’impression de ne plus être totalement en contrôle. « On est peut-être finalement plus résistants que vous semblez le croire. » Il ne parlait pas spécifiquement de Cassian, désignait l’ensemble des Terriens qui les avaient souvent vus comme des envahisseurs sans réellement connaitre cette histoire que les Cent avaient gardé sous silence jusqu’alors. Même s'il se pouvait tout aussi bien que cette histoire racontée comme l’on raconte celles de leurs ancêtres communs ne change rien à la situation actuelle déjà bien compliquée.

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Sujet: Re: D'astres en désastres.
Dim 21 Mai - 23:27

" Peut-être que oui, peut-être que non. C’est toute la beauté du geste tu ne trouves pas ?"

C'est non sans esquisser un sourire que le Skaïkru élude. De manière vaporeuse, presque philosophe, usant d'une rhétorique facile, des plus insupportables pour Cassian qui attendait une réponse, pendu à ses lèvres. Il semble un comédien jouant de suspens, à ceci près que les cachots du palais Royal n'ont rien de tréteaux à la hauteur de sa prestation. Les échanges se meuvent en passes d'armes, perdant de leur teneur, se peuplant de divagations et de railleries mêlées. Alors bien sûr, professionnel avant tout, Cassian croit reconnaître là l'émergence d'effets secondaires. Il semble que sa pupille, sa molécule colorée, ait trouvé le chemin du cœur et s'emploie dès lors à distiller son essence d'éther où que le sang la porte. Il n'y a qu'à l'observer, drapé de cette aisance tiède, de cette spontanéité coulante, à se permettre traits d'esprits et jeux de mots en pagaille, apparemment libéré des entraves psychologiques que peuvent être celles d'un prisonnier aux abois. Difficile néanmoins de faire la part des choses entre la levée d'inhibition qu'il connaît bien à sa chimie et à la propension de William à le mener en bateau. Qui l'emporte ? Une question qui demeurera sans réponse. Et les questions sans réponse ont l'art de lui faire grincer des dents, des phalanges, des nerfs.

"C'est ça. Marre-toi bien." Gronde Cassian, très mauvais joueur. "Moi aussi, je m'amuse follement." Ajoute t-il. Percer à jour sa mauvaise foi n'a rien d'un haut-fait. Son expression de croque-mort discrédite parfaitement une quelconque hilarité. Le ton pourrait par ailleurs sembler menaçant, car sa voix a le vibrato de l'orage, ses yeux la lueur des premières braises à animer les bûchers humains. Mais il n'en est rien. L'hostilité n'est que son état naturel, qui revient en force alors que recule cette curiosité qui l'a un instant tiré de ses retranchements. Cassian s'est rembruni, son échine marquant un inconscient mouvement de repli.

Quand bien même William prend ses aises de manière un peu manifeste, du goût de l'empoisonneur, il serait mal avisé de le lui reprocher, de le lui faire payer, alors que c'est lui qui a veillé à annihiler tout rapport de force, que c'est lui qui a incité le prisonnier à poser ses questions, à parler librement, aspirant à un échange un peu plus authentique que ceux qu'il peut tenir avec la horde des prisonniers. Les rapports qui lient bourreaux et victimes ne l'intéressent pas. Ou plutôt, ils le lassent épisodiquement. C'est redondant, de côtoyer de pauvres hères perclus de terreurs, qui accusent le moindre geste l'échine recourbée. Blesser gratuitement ne le transcende pas, hormis lorsqu'il s'agit d'observer les progrès d'une infection suintante, où la nécrose, qui semble une encre noire bavant sur un papier de chair tendre, ou alors cette pâleur vitreuse, qui s'installe dans l'oeil de l'esprit que l'on brise. Autant d'expériences qu'il ne mènera pas sur William, lequel semble avoir bien saisi cette limite. Cassian hausse vaguement un sourcil, lorsque le Skaïkru s'enquiert une nouvelle fois de sa curiosité. A y réfléchir, peut-être prend t-il ses précautions en craignant d'éventuelles représailles, une utilisation néfaste des informations qu'il pourrait lui céder ?

"Parce que vous m'intéressez." Répond Cassian de manière évidente, avec l'impression de se répéter. "Parce que je suis curieux. Tu te rappelles, où bien la tête te tourne ? N'est-ce pas tout à fait honorable, de vouloir connaître votre situation, votre passif, au lieu de vous traiter comme une vulgaire main d'oeuvre, comme beaucoup de mes semblables s'apprêtent à le faire ?" Une curiosité qui pousse inéluctablement au contact de l'autre, de l'étranger, de celui qui voit les choses sous un autre angle. Et c'est sans doute la seule raison qui exhorte le Sorcier à ne pas être totalement exécrable envers ses pairs. Quand il flaire un intérêt réciproque, il peut alors se prêter à un échange des plus doctes avec le plus loqueteux des interlocuteurs, passant outre toutes les barrières sociales, tant qu'à la clef brille la connaissance. Alors il n'hésite pas à mettre un peu d'eau dans son vin, à mettre ses pensées les plus misanthropes en sourdine, pour servir cette étrange soif d'apprendre jamais étanchée.

"... Enfin, je ne doute pas du fait que vous soyez résistants. Tu me l'as déjà prouvé à maintes reprises, dans le seul interval de notre discussion." Lâche t-il, et il se permet de rester évasif, et il se permet un vague sourire en coin, rien que l'ombre d'une crispation qui semble irriter la courbe de ses lèvres, coutumières d'un horizontal implacable. Un sourire qui a quelque chose d'un odieux craquement de glace. Car depuis les premiers instants, il ne s'est pas privé pour le détailler sous toutes ses coutures, les prunelles coupantes. Et dans sa seule attitude, il a cru déceler quelques notes diffuses de son caractère, parmi lesquels une certaine capacité à demeurer droit dans la tempête.

"Qu'est-ce qui te fait croire d'ailleurs que nous pouvons penser de la sorte ? Regarde les barreaux qui t'entourent, les gardes qui veillent aux portes, l'étroite surveillance dont vous faîtes l'objet. Non seulement nous n'avons pas la présomption de vous croire faibles, mais nous sommes également convaincus que vous ferez tout pour nous échapper. Si jamais tu as l'occasion de visiter la Cité, tu pourras t'apercevoir par toi-même que nous ne goûtons pas vraiment de telles négligences." Dit-il, avec en tête les hauts remparts, les chemins de rondes plantés de gardes, les mille précautions dont font preuve les portiers de la Cité du Soleil. "Enfin, j'ignore si tu pourras sortir. Vu son enthousiasme, Al'Saher doit avoir des projets assez arrêtés pour toi." Et c'est la voix feutrée, l'air de ne pas y toucher, que l'empoisonneur laisse ces mots, qui pourraient être annonciateurs du pire, retentirent contre les murs de pierre, sordides. Après tout, lui aussi peut jouer des connaissances qu'il détient. Sans quitter des yeux le Skaïkru, dont la raideur semble accuser des fléchissements, le Sorcier laisse glisser sa main jusqu'à une petite éprouvette vide, avec laquelle il recueille d'ordinaire le fluide des blessures suintantes, le pistil des bourgeons luminescents... ici réduit à un simple leurre. "Tiens, attrape ça." D'un geste vif, il la lui jette au visage. Une façon pour lui d'évaluer le tranchant de ses réflexes, de sonder les brumes de son esprit.

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Sujet: Re: D'astres en désastres.
Sam 17 Juin - 1:23





Il aime bien l'idée de ne pas tout lui dire malgré la situation qu'il ne contrôle plus vraiment. Mettons ce comportement qui ne lui ressemble pas sur le compte de ce breuvage. Il y a toujours une raison pour tout, c'est de cause à effet. Et l'effet de cette potion sur lui en plus de ne plus trop ressentir de ce qu'il se passe derrière son dos, c'est qu'il ne se rend pas vraiment compte de la portée de ses paroles sur la personne si complexe qu'est Cassian. S'il est plus ou moins conscient de la situation dans laquelle il se trouve, la potion a annhibilé cette partie de la prudence qui l'aurait tellement caractérisé si tout s'était passé différemment. Que voudrait-il lui dire, au fond, comment c'était vraiment sur l'Odyssée ? Il n'avait qu'à y être. L'idée était amusante à imaginer et la suite ne le met même pas en garde contre l'amusement qui le gagne alors qu'il aurait du être dans ses chausettes. « C'est ça. Marre-toi bien. » C'est qu'il hoche la tête le Cohen malgré l'avertissement. « Moi aussi, je m'amuse follement. » Liam l'observe un moment sans réellement comprendre le sens de cette phrase alors que visiblement, l'amusement ne semble pas si visible sur les traits du Rahjak. « Ah ben on dirait pas. » C'est qu'il ose ainsi le balancer à l'homme du désert qui à forcce de scrutement finira par comprendre que le Skaikru n'est plus vraiment la même personne. Foutue Potion. Alors il attend que l'éclaircissement se face pour celui qui n'a plus trop de recul pour bien comprendre la situation.

« Parce que vous m'intéressez. Parce que je suis curieux. Tu te rappelles, où bien la tête te tourne ? N'est-ce pas tout à fait honorable, de vouloir connaître votre situation, votre passif, au lieu de vous traiter comme une vulgaire main d'oeuvre, comme beaucoup de mes semblables s'apprêtent à le faire ? » A vrai dire, non, il ne se rappelle pas vraiment ni même de quoi ils avaient parlé en premier lieu. Se souvient-il seulement d'avoir ingurgité une fiole quelconque, peut-être pas. Il n'aurait jamais cru que la situation puisse lui échapper même s'il n'a jamais été en contrôle depuis le départ et Cassian le lui rappelle facilement en quelques mots. Sa mémoire semble refonctionner un minimum juste pour lui rappeler sa condition et combien il est difficile pour lui de pallier aux effets que cette potion a sur lui. « C'était pas l'but ? » Que sa tête tourne, qu'il ne puisse rien ressentir pour qu'il le soigne. Sa voix se fait sêche. Il râle alors qu'il n'est pas en droit de râler, pourrait jurer tellement toute cette situation l'emmerde quand il parvient à se souvenir de ce qui le met dans cet état.

« Qu'est-ce qui te fait croire d'ailleurs que nous pouvons penser de la sorte ? Regarde les barreaux qui t'entourent, les gardes qui veillent aux portes, l'étroite surveillance dont vous faîtes l'objet. Non seulement nous n'avons pas la présomption de vous croire faibles, mais nous sommes également convaincus que vous ferez tout pour nous échapper. Si jamais tu as l'occasion de visiter la Cité, tu pourras t'apercevoir par toi-même que nous ne goûtons pas vraiment de telles négligences. Enfin, j'ignore si tu pourras sortir. Vu son enthousiasme, Al'Saher doit avoir des projets assez arrêtés pour toi. »

Le Débarqué l'écoute à moitié. Son esprit a bien du mal à s'accrocher aux mots de celui qui voudra ses réponses par la suite. « C'est à se demander qui est le prisonnier. » Phrase balancée une fois la réflexion faite. Des gardes partout, pour surveiler tout le monde tant les citoyens que les prisonniers. Ca lui rappelait une autre vie aussi, celle d'un espace beaucoup petit, beaucoup trop surveillé pour certains qui avaient agit par simple envie de bousculer l'ordre établi. Al'Saher. C'est le malaise qui le gagne à l'entente de ce nom. Il préfère ne rien savoir, ne rien entendre. C'est pas la première fois qu'il joue la carte de l'ignorance, de celui qui ne veut absolument pas savoir.  « Tiens, attrape ça. » Comme s'il avait eu besoin de ces mots et de cette énième fiole pour vérifier son état. « Tiens, attrape ça. » Voix moqueuse, voix qui répète l'idiotie réalisée pour vérifier ce qu'il savait déjà depuis un petit temps, depuis qu'il se laissait aller à certains commentaires qui lui ôtaient définitivement toute once de ce que pouvait même signifier le terme prudence. Le meilleur dans tout ça était qu'il lui disait qu'ils étaient en état de s'enfuir, que ces gardes étaient pour eux et non pas pour ceux qui se disaient libres. C'était un drôle cet énergumène. Un très drôle.

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Sujet: Re: D'astres en désastres.
Dim 2 Juil - 22:25

Doucement, son exaspération atteint son acmé. Si au cours de leur échange, l'empoisonneur a pris sur lui à de nombreuses reprises, a passé outre ce qu'il aurait estimé en d'autres circonstances d'impardonnables affronts, sa patience menace de franchir un point d'éclatement. Il y a quelques minutes, il parvenait encore à lui extorquer de faméliques informations, l'ombre d'un ressenti, de subtiles indices sur leur vie extra-terrestre. En somme de quoi tenir en haleine le peu de patience et d'indulgence dont il dispose. A présent, William cède à une légèreté débridée, se perd dans un jeu d'imitation simiesque, de soliloques et de sarcasmes sans autre visée que le tourner en dérision, lui. Cassian déglutit pesamment sa salive. Il tâche de s'occuper les mains pour ne pas céder à la gifle qu'il rêve de lui administrer, faisant vriller la lame du bistouri entre ses doigts comme un petit caïd le fait d'un couteau-papillon. Et le scalpel valse dangereusement, si agile que l'acier offre une illusion de souplesse, de feuille dans le vent. Réprimer ce modique agacement se veut un vrai tour de force, pour l'enfant capricieux qu'il est.

William n'est pas lui-même. Et cela, Cassian se le répète à la façon d'un mantra. Cette rengaine l'aide à maintenir le couvercle sur une marmite de vapeurs sifflantes. Par ailleurs, s'il cédait à un accès de violence, il n'est pas dit que le Skaïkru accueille ce traitement avec la pudeur craintive de mise chez les prisonniers. Non. A bien des égards, il diffère des spécimens cloîtrés que le Rahjak a côtoyés. L'atmosphère est pleine d'électricité, entre victime débridée et bourreau excédé. Une étincelle suffirait à mettre le feu aux poudres. Le moindre coup porté, qu'il vienne de l'un ou de l'autre, trouverait sans doute une réplique foudroyante. Alors l'empoisonneur mord sur sa chique, se remémore les effets secondaires de son breuvage qu'il a pu voir à l'oeuvre sur de précédents cobayes, tous issus néanmoins de son chenil d'esclaves. Il a souvent rapporté des désinhibitions de la sorte, certes. Mais souvent, c'était la peur qui trouvait à s'amplifier de manière déraisonnable, c'était la terreur qui apportait son content d'hallucinations terribles, c'était l'agitation qui semait troubles et confusions dans l'esprit. Jamais encore, il n'avait pu observer ce lâcher-prise hilare. Bien sûr, le Skaïkru n'a rien de commun avec la référence de ses esclaves, dont il s'est employé à briser espoirs et horizons pour les rendre parfaitement dociles, malléables. Non. Il y a, au fond du coeur du Skaïkru, quelque chose de farouche qui subsiste, envers et contre tout. Et le Sorcier joue avec l'idée que ces ardeurs sont vouées à s'éteindre, que ce n'est là qu'une question de temps, que les quolibets que lui exhibent le prisonnier sont peut-être les toutes dernières manifestations de sa vaillance, dont l'obscurité, la détention et les sévices viendront à bout. Envolée, soudain, la colère rentrée de Cassian. Prendre sur lui devient facile, à la lumière de cette jolie pensée. Tout lui glisse dessus, jusqu'aux imitations ludiques dont se fend le Skaïkru. Entre les doigts du chirurgien, le scalpel a cessé son macabre tango.

La fiole qu'il lui a jeté heurte son épaule, rebondit sur la table d’auscultation, finit sa course en roulant tristement à terre. Occupé à l'imiter, William ne semble absolument pas avoir calculé la trajectoire de la fiole, n'a pas effectué le moindre mouvement pour éviter l'impact, ne semble pas même avoir vu le projectile venir à lui. Ses réflexes sont parfaitement annihilés. La récréation est terminée. Sans regret, Cassian se détache du plan de travail contre lequel il avait pris appui, scalpel au clair, curette au poing. "Bien, finissons-en. Avant que je t'étrangle, de préférence. Vaguement contre-productif, je pense." Enonce t-il en articulant soigneusement, comme s'il avait face à lui un simple d'esprit. Il contourne le Skaïkru, glisse dans son dos joliment méché par le fouet des gardes-chiourmes.

Lentement, alors, Cassian replonge dans ce puits d'indifférence dans lequel il disparaît à chaque fois qu'il doit œuvrer. Son esprit revêt un manteau fait de néant et de vide, propice à la concentration la plus extrême, la plus polaire. Les émotions, les états d'âme ne lui sont plus que des parasites. Son seul univers se trouve circonscrit à cette plaie suintante, qui dégorge généreusement sous ses yeux. Si William se distraie au moyen de quelques gesticulations insouciantes, ses muscles n'accusent plus cette raideur crispée, lorsqu'il redoutait la morsure de la lame. Il n'y a plus de soubresauts, de contorsions, de tremblements pour animer sa peau. Une torpeur diffuse enveloppe ses muscles, si bien que Cassian a l'impression de s'exercer sur un pantin dont les muscles sont fait de beurre, qui ballotterait faiblement selon une brise joueuse. Alors, il peut se permettre de s'appliquer, de peaufiner, de suivre ses caprices de chirurgien esthète. A pas comptés, il fauche les peaux mortes, décortique les indurations, débusque les kystes, draine les suintements à l'aide d'une eau portée à ébullition, qui goutte à la pointe d'une grande pipette de verre. Ce sont des yeux d'architecte, qu'il pose sur la taillade purgée, au moment de la panser. Il insère entre les berges rougies une longue charpie aux fibres minuscules et fourmillantes, qui viendront piéger de nouveaux sanies. Il referme le dispositif au moyen d'une gaze immaculée, qu'il amarre à son dos maigrelet à l'aide d'une bande. Sans se gêner, il pique l'un de ses bras, lui signifiant non sans une pointe d'impatience de le relever, pour lui permettre de nouer le bandage de part son thorax. Dix longues minutes se sont écoulées. Cassian se recule, comme on le fait pour observer un vaste panorama. Pour avoir passé ces dix longues minutes l'échine courbée, le dos ramassé, tout entier tourné vers la plaie, le voilà à présent qui s'étire comme un chat, faisant craquer cervicales et omoplates. Ses outils maculés rebondissent dans le plateau métallique dans un ultime tintement.

"D'autres blessures, William ?" Lâche t-il sur un ton faussement désintéressé, tout en lustrant ses outils à l'aide d'un petit chiffon. Ceci fait, ce sont ses mains froides, qu'il frictionne longuement après se les être humectées d'alcool à brûler. Et alors absorbé dans sa chasse aux germes, son œil noir ne peut s'empêcher d'achopper la guenille qui faisait jadis office de chandail au Skaïkru. Une guenille dont il débarrasse la table de pierre, la repoussant de la pointe d'un outil comme si la peste en personne résidait dans son étoffe crasseuse. Du bout du pied, il expédie la défroque dans un recoin de la pièce, laissant le ménage aux bons soins des gardes. "Et tu peux dire adieu à tes haillons dégoûtants. Les renfiler... ce serait courir à l'infection." Un discret sourire vient épingler sa commissure. Impossible de savoir s'il se réjouit de la froidure des cachots, battant la peau du prisonnier, ou si c'est le fait de le déposséder un peu plus des dernières affaires issues de son ancienne vie. Une vie abolie.

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Sujet: Re: D'astres en désastres.
Lun 24 Juil - 1:56



Bien évidemment ses réflexes sont nuls et Liam ne parvient même pas à deviner que c’est un test lorsque le sorcier lui lance une autre fiole. Il est juste incapable de rattraper quoique ce soit dans son état. S’il a conscience qu’il est chez les Rahjaks, dans cette pièce : le reste est un peu flou et va le rester encore quelques minutes le temps qu’il le soigne. Il ne peut pas dire qu’il apprécie la situation mais n’a pas d’autre choix que de la subir sans trop mesurer ce qu’il peut lui arriver pendant ces quelques minutes et encore moins comment il risque de réagir après. Le calme l’angoisse plus qu’autre chose et s’il sent le médecin faire son travail, il n’en ressent pas la douleur qui l’avait fait gigoter un peu plus tôt jusqu’à en exaspérer le médecin. C’est bien pour ça qu’il l’a drogué. Pour qu’il devienne docile. C’est une méthode connue de la médecine mais cette médecine qu’il ne connait pas, ce n’est pas tellement rassurant. C’est pas rassurant pour lui non plus qu’il se soit laissé à l’imiter mais le blond semble comprendre qu’il n’est pas dans son état normal. C’est dans son habitude après tout le sarcasme quand il n’a que lui comme défense. C’est une partie de lui qui est revenue malgré tout le reste et s’il aime bien généralement désarçonner les autres avec les mots, il se force à se taire parce qu’il est plus prudent d’agir ainsi. S’il ne ressent rien, Cassian pourrait s’amuser à ses dépends tout en le réparant par la suite parce que c’est ce qu’il doit faire, après tout.

« Bien, finissons-en. Avant que je t'étrangle, de préférence. Vaguement contre-productif, je pense. » L’envie de hausser les épaules est présente mais il se retient. Que cela soit contre-productif ou non à ce stade, il s’en fiche un peu, il est même à mille lieue de penser à ce qu’il pourrait se passer s'il venait à agir une énième fois de façon aussi inconsidérée. Il a juste envie que cela se termine, que tout ça se termine. Il est bien né lui, il n’a pas eu toutes ces questions à se poser : il a la vie facile. Il peut être qui il veut dans la mesure où ce peuple l’accepte. C’est la différence nette avec le kidnappé qu’il est.  Il peut juste attendre de voir ce qu’il va se passer, ce qu’il va lui arriver après. Il en sait. Une partie. Une infime partie des informations qu’on a bien voulu lui donner. Ça serait p’etre plus simple qu’il l’étrangle au fond. Pas d’esclavage, pas d’énième prison dans laquelle on le remettra dans quelques minutes. Ça l’fait même pas peur de mourir avec cette potion qui agit comme pour annihiler toutes ses sensations de douleur et de crainte. Il n’y a que les mouvements derrière son dos qui lui  rappellent qu’il n’est pas seul dans cette pièce.

Il attend que Cassian termine mais le travail est long et l’attente est pénible. Il a envie de bouger parce qu’il est resté dans cette position depuis bien trop longtemps. Ce silence pas encore trop désagréable l’enveloppe et bientôt il n’entend que les outils que le sorcier manipule et le soupir déjà défaitiste qui lui échappe en pensant que l’homme trop occupé dans ce qu’il fait ne l’entendra pas. Il n’existe déjà plus, tout ce qui compte c’est ces affreuses plaies réalisées par les gens de son peuple, en partie par cette blonde qui en a assassiné un sous leurs yeux juste parce qu’ils avaient tenté de les aider dans leur fuite. Geste logique, dernier espoir de survie désespéré dans ce désert qu’ils ne connaissaient pas. Fuite impossible, ici aussi. Ils ne partiront pas. Il secoue la tête comme pour ne pas commencer à avoir ces pensées qui ne mènent généralement à rien de bon. Il a tenu pendant tout ce temps, ce n’est pas pour flancher maintenant. La potion l’aide à se montrer docile mais Liam doute que cela dure éternellement et ne sait pas du tout comment il va réagir en toute possession de ses moyens. Il le redoute un peu même parce que cela risque d’être violent face à celui qui aurait pu le tuer d’un geste s’il n’avait pas commencé à faire attention à ses paroles.

« D'autres blessures, William ? » Liam attend un moment, comme s’il vérifiait sans trop être certain de sa capacité à évaluer comment il se sent, s’il a d’autres blessures que celles-ci. Il remarque un bleu bien laid sur son avant bras droit mais doute que cela compte dans la demande du sorcier. « Je sais plus, Cassian. » C’est naturel de lui retourner la chose, c’est étrange de se faire appeler par son prénom par quelqu’un qui ne fait même pas partie de ce groupe de cent enfermés dans ces cachots. Il est sincère quand il le dit, pas une once de moquerie ne se glisse dans ses paroles. Il ne sait juste plus ce qu’il a pu lui dire au tout début de cette séance de soin. « Et tu peux dire adieu à tes haillons dégoûtants. Les renfiler... ce serait courir à l'infection. » Le débarqué hoche la tête, pas forcément d’emblée contre l’idée même s’ils restent ce qui le définissaient avant d’arriver dans ce lieu. « T’as raison. » Parce qu’il a raison, il n’y a rien qu’il puisse dire pour contrecarrer la défense de Cassian qui tient en une simple phrase. Il se déplace un peu pour l’apercevoir comme pour lui demander quelque chose en retour de cet habit ainsi volé avant de se rendre compte qu’il a cette différence indéfinissable notable qui se dessine sur ce visage pourtant toujours aussi froid. « Tu devrais essayer plus souvent » C’était pas le bagne, finalement, que de se faire soigner par Cassian. Ça c’était même plutôt bien passé malgré tout ce qu’il s’était passé. Liam n’y avait pas beaucoup mis de sien parce qu’il n’avait rien qu’il ne lui doive, que sa route se terminerait ici de toute façon et même là alors que la fin aurait pu être drastique et plus violente dans cette salle, il ne s’était rien passé. « Ça. Ce truc qui se rapproche d’un sourire, tu devrais essayer plus souvent. » Eux tous, en fait, ça tuait pas. C'est qu'ils n'avaient jamais essayé ceux qui prenaient tout par la force. « Et maintenant ? » Comment cela allait-il se passer pour lui ? C’était inconcevable de se dire qu’une telle blessure avait été déjà soignée. Il n’était pas aussi doué que ça.

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Sujet: Re: D'astres en désastres.
Ven 24 Nov - 13:30

Si quelques minutes plus tôt, les muscles du Skaïkru soubresautaient sous les passages de bistouri, le voici désormais en proie à une tiède indolence, se prêtant de bonne grâce au jeu des lames aseptiques. Le Sorcier peut enfin officier sans parasite. Sans complainte enrayée pour lui rebattre les oreilles. Sans l'irruption d'un spasme pour dévier la trajectoire compassée de sa main. La drogue semble avoir plongée le corps de William dans un marasme bienvenu, abandonné son esprit à une toile de divagations cotonneuses dont ses yeux, brouillés de lueurs vagues, trahissent un entrain plus diffus. La douleur cuisante s'est muée en un fantôme lointain. Les taillades du scalpel doivent lui être aussi légères que le fouet des herbes hautes un jour de grand vent.

Une fois sa tâche menée à bien, son esprit repu de caprices perfectionnistes, Cassian peut alors envisager sereinement la suite. William a t-il d'autres blessures ou bien faut-il le raccompagner derechef dans sa cellule ténébreuse, foirail d'esprits brisés et de corps rongés ? La réponse se fait attendre. William ne sait plus. Un rictus impatient tiraille les lèvres de l'empoisonneur, bien trop méticuleux pour se contenter de conjonctures. Va t-il devoir procéder à une inspection scrupuleuse, va t-il devoir passer au crible chaque centimètre de sa peau ? Son mandataire lui a fait miroiter une somme si rondelette que le cas du Skaïkru ne peut souffrir la moindre passade, la plus infime mégarde. Et puis n'en va t-il pas de sa réputation ? Si à la cité Rahjak, on ne dépeint pas l'empoisonneur Saada comme un monstre d'empathie, cela ne parvient pas à entâcher la rigueur et l'efficacité de ses méthodes. Un pas de travers, et son affaire pourrait en souffrir irrémédiablement.

Alors qu'il se figure le clouer à la table comme un batracien à sa planche d'anatomie, une étrange répartie s'invite, aux lèvres de William. Une ride perplexe mord l'arcade sourcilière du Sorcier. Le voilà qui accepte tout bonnement de se séparer de cette même guenille qu'il serrait tantôt contre lui, sans émettre la moindre protestation. "On trouvera autre chose, à te mettre sur le dos." Renchérit Cassian, accompagnant sa certitude d'un sobre hochement de tête, alors que le Skaïkru lui coule un regard entendu. Les gardes doivent bien disposer de vestiaires, dans les parages, où il pourrait barboter l'un des chandails qu'ils enfilent sous leurs broignes informes.

L'empoisonneur tâche de se représenter le plan des cachots dont il bat les pavés régulièrement, songeant déjà à l'itinéraire à emprunter lorsque quelque réflexion du Skaïkru l'arrache à ses pensées. Il divague. Cassian ne comprend pas tout de suite, demeure interdit. Le basalte de ses prunelles semble s'être cristallisé subitement. "Quoi ?" Sans doute ne s'attendait-il pas à cette réplique inopinée, qui fracasse proprement les statuts respectifs de la relation inhumaine qui les lie. Médecin stoïque et patient aux abois. Victime enchaînée et bourreau à la mise impeccable. Aristocrate et esclave. Confortables antipodes. Belles et immuables frontières de feu. Vertigineuse tourelle d'inégalité. Certes, il y a bien quelques familiarités, qui ont infiltré les soubassements de cette réalité intangible. Dans l'univers manichéen qui est leur, il semble avoir éclos une minuscule sphère où un échange pur est possible. Mais Cassian le réalise seulement. Même drogué jusqu'aux moelles, William n'aurait jamais du se permettre de lui tenir un tel propos. Même les esprits assiégés de fumées laiteuses, William n'aurait jamais du laisser filtrer une telle remarque qui, aux lèvres d'un autre, auraient retenti comme un infâme brocard.

Cassian le fixe quelques longues et interminables secondes. Il paraît méditer à une réaction appropriée. Il paraît s'insurger en silence. Il envisage froidement de lui télescoper la tête dans le mur pour sanctionner une telle impudence, avant de saisir qu'il n'éprouve rien de la colère ni de l'indignation à l'encontre de William. Il ne ressent pas, cette déflagration dans ses veines, ni ces craquements revêches fouaillant ses entrailles. Non. Il se sent étonnamment calme, à des lieues des états d'âmes qui savent le transporter et le pourfendre. La voix de William est une eau translucide, qui ne charrie nulle moquerie, nulle corrosion, nulle silice acrimonieuse. Son honnêteté désarmante, encouragée par les toxiques qui roulent dans ses nerfs, n'est garante d'aucune rancune à l'égard du Sorcier, qui en cette heure reste le seul représentant du peuple esclavagiste. Cassian s'éclaircit la gorge, après une longue introspection. Quelque peu troublé.

"Sourire." Reprend t-il lentement, apostrophant le Skaïkru d'un regard aigu. "A quoi, William ? Tu es peut-être plus imaginatif que moi ?" Il a la voix aigre, hérissée d'épines acoustiques. Une divagation qui le surprend lui-même, qui ne sera que fugace, qui a trait à quelque chose de terriblement personnel, qui touche à sa nature profondément pessimiste. Il ignore lui-même pourquoi il lâche une telle confidence en compagnie d'un parfait inconnu, d'un bétail destiné aux fers. Sans doute car cet échange sera sans incidence, jamais. Que le prisonnier est drogué, parfaitement à sa merci. Du reste, à peine ces mots ont-ils franchi ses lèvres que le Sorcier se renfrogne à nouveau, abandonnant visage humain pour retrouver son costume exigu de médecin. Un a un, il attrape ses outils qu'il lustre et brique consciencieusement, pour les disposer dans leur étui matelassé de velours, entre des crans minutieusement ajustés. Les lames sont si propres qu'elles parviennent à piéger et à sublimer la moindre particule de lumière, dans les lueurs glauques du réduit.

"Maintenant... Eh bien... Je vais te raccompagner dans ta cellule." Lâche t-il, absorbé par le rangement de ses outils, ne se fendant pas d'un seul regard pour le captif. "Pas celle que tu partages avec les chiens qui se sont fait capturer avec toi. Non. Une autre. Plus propre. Plus petite. Qui permettra une surveillance plus assidue, au cas où tu devrais faire de la fièvre. Si tu venais à te sentir mal, n'hésite pas à héler un garde, qu'ils servent à quelque chose. Il saura m'en aviser rapidement."

Des mots froids. Des gestes précis. Cassian referme son étui, qu'il replace dans sa besace de guérisseur avec un soin cérémonial. Il regroupe les fioles et bocaux aux verres vitreux qui lui ont servi à recomposer anesthésiques et désinfectants, re-bouchonnant les goulots qui exhalent dans l'atmosphère des effluves âcres. Il poursuivra son auscultation dans deux jours, une fois que le Skaïkru aura repris des forces, sa blessure la plus critique étant largement pansée. Sur ces entrefaits, le Sorcier fait volte face à son prisonnier, croisant les bras sur l'étoffe finement tissée de sa chemise. "C'est l'heure où je suis sensé te remettre tes chaînes, William." Edicte t-il d'une voix mécanique, comme s'il se contentait de réciter un protocole indiscutable. Et puis un silence s'invite, son regard s'attache à percer le Skaïkru, comme s'il remuait les tréfonds ombrageux de sa conscience. "De toi à moi... est-ce vraiment nécessaire ?"

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D'astres en désastres.

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