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˜˜˜˜˜˜Amer Sérénade — ALIAM
maybe life should be about more than just surviving


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29/01/2016 Sial 136 Cara Delevingne Mysterylight ; Liama (ava) merci hihi Soins & quelques aptitudes en tant qu'herboriste 30
Solitude à la douce odeur de ciguë


Sujet: Amer Sérénade — ALIAM
Ven 23 Sep - 6:44

Oh lueur guide moi vers un monde meilleur
prisons de l'odyssée
2110
ft. liam


Invisible. Aussi lisse que l’eau claire qui ne se brusque pas, celle où aucune onde n’ose fendre la surface parfaite qui s’étend au loin. Elle ne s’ouvre pas, reste désespérément fermée ; aucune émotion ne transparait, rien, pas la moindre vaguelette pas le moindre soubresaut, juste le silence pesant qui s’enfonce dans l’abîme.

Le vide, le néant le plus total, comme celui qui a accompagné ton coeur. Il n’y a pas de colère (pas encore), pas de haine (elle sommeille), juste cette tristesse qui te bouffe l’esprit, qui te hante chaque nuit. Les cernes te trahissent, les cernes elles ne mentent pas elles ; elles dévorent ton visage, chaque parcelle de ta peau d’une teinte violine exécrable, infâme, qui jure avec ton regard de glace et ta peau de porcelaine. T’es malade, tu agonises lentement – tu n’étais pas prête. Ca n’aurait pas du se passer comme ça. Tu aurais du finir tes études de médecine et essayer de trouver un peu d’alcool au marché noir pour fêter ça. Tu aurais du l’inviter à ton mariage comme témoin, lui donner l’un de tes enfants comme parrain. Et pourtant. Pourtant aujourd’hui tu étais enfermée entre ces quatre murs ; quatre murs qui ne font que cacher les quatre autres qui emprisonnent ton âme, c’est si triste.

Alors tu pleures Alaska.
Silencieusement.
Parce que ta gorge est trop nouée, ta langue trop liée pour émettre le moindre son.
Et tes yeux fixes refusent de se fermer, de peur d’être tourmentés. 
Tu as peur.
Tu es terrorisée.

On t’a dit que tu étais malade. On t’a dit qu’il fallait que tu manges. C’est vrai qu’avec ces joues creuses, ce teint trop pâle et ces cheveux ternes on ne te reconnaît plus. D’ordinaire tu es quelqu’un de solaire, quelqu’un de radieux. Mais la bougie s’est éteinte et se consomme dans sa fin. 
C’est terminé. Fin de l’acte. Rideau.
La princesse n’a pas été sauvée par son chevalier, elle restera liée dans ce sommeil profond qui la maintien prisonnière.
L’histoire ne s’est pas bien terminée. Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ne sont que des sottises pour vous faire espérer encore un peu (elles t’ont tuées à petit feu) (vilaine meurtrières).
Alors on t’a donné des cachets. C’est pour aller mieux qu’ils disent, c’est pour t’aider. Tu sais parfaitement ce qu’on te fait ingurgiter, anti-dépresseurs, somnifères, tout y passe mais rien n’arrive à te protéger des cauchemars (ils sont là, ils attendent), et chaque fois c’est pareil.
Le seul son qui te revient en écho c’est ton cri, bref, terrifié, ponctué de quelques sanglots à peine audibles et la vie reprend – ou plutôt, ton existence reprend, parce que la lueur a quitté ton regard. T’es éteinte, t’es dans un sale état et ça se voit ; maman elle est désespérée et papa n’ose même pas te voir, mais égoïstement tu ne fais rien, au contraire, tu continues à t’enfermer perpétuellement dans ce mutisme.

Tu sais. Tu sais qu’à la pause, alors qu’on te force à sortir – on t’a dit que ça te ferait du bien de voir du monde (menteurs) – que les gens te dévisages. Tu entends les murmures, les messes basses, la cinglée qu’on te nomme même qu’elle n’a pas parlé depuis qu’on ajoute il paraît même qu’elle n’a rien mangé. Ce n’est ni totalement faux, ni totalement vrai, mais tu t’en moques. Après tout ça n’a plus vraiment d’importance pas vrai ?
Mais les médecins et les gardes, eux, ils sont sourds, ils n’entendent rien. Ils n’entendent pas tes refus silencieux, ils n’entendent pas ta douleur désespérée. Pire que ça, ils sont aveugles. Tout ce qu’ils voient c’est les symptômes – mais après tout t’es qui pour juger, t’étais pareille ; yeux rougis, en état de choc, déconnectée de la réalité, perte dangereuse de poids, au point où on a du te faire des perfusions. On t’as même emmené voir le psy, déclarée comme dépressive. Tu aurais fais le même diagnostic, tu le sais. Mais ils ont perdu la vue ; ils n’ont pas vu qu’on t’avais arraché ce qui te maintenait en vie et que c’est inutile de te garder. Ils n’ont pas vu l’incompréhension, ils n’ont pas vu que ça ne s’arrangerait pas. On t’a dit que tu allais aller mieux, que tu parviendrais à te lier avec quelqu’un d’autre et que ça serait tout aussi merveilleux. Mais ils ne comprennent pas. tu ne veux pas te lier avec quelqu’un d’autre. Tu ne veux pas aller mieux. Pire, tu ne voulais pas que la douleur s’en aille.

Parce qu’elle est la dernière à te faire vibrer encore un peu.
La dernière à te signifier et que tu es toujours en vie.
Diantre, quel gâchis, quelle vie pourrie.

Et puis tu es seule. Assise là – c’est l’heure de pause, l’heure commune de l’après midi – sur cette chaise à fixer l’aiguille de l’horloge qui tourne, encore et encore, la seule chose qui te donne encore la notion du temps (et Dieu qu’il est long) ; tel un cadavre tu te décomposes sur ton trône, tu meurs lentement, tu te consumes, et bientôt tu attendras l’état de cendres ; état de poussières. Les gens ne veulent pas te voir ; t’es peut-être invisible mais tu es un reflet, reflet du pire état dans lequel ils peuvent tomber, reflet de ce qu’ils ont évité. Tu es ce que les autres fuient ; tu es la délinquante qui a une nouvelle chance dans la vie (deux ans, c’est pas si long), mais qui refuse de la saisir.

C’est vrai ça, Alaska, tu es si conne.

Tu tritures lentement le bas de ta chemise bleue – une chemise de tôlarde comme une autre, de toute façon vous portez tous les mêmes –, tu croises tes jambes, les décroises et les recroises une nouvelle fois dans l’autre sens, toujours le regard fixe sur la vieille pendule accrochée au mur. Tu n’as pas la moindre expression sur ton visage de cire. C’en est presque inhumain. Serais-tu en train de le devenir ? Tu es dans le noir le plus complet et tu agis comme une machine, parfaitement synchronisée. C’est laid. Tu soupires, et ta main tremble un peu parfois (la fatigue) mais se ressert sur le pan de tissus.

Soudain la perfidie nuptiale s’éclaire l’espace d’un instant.

Un éclat blond pourfendant la terrible pénombre qui se resserre chaque jour autour de toi.


Enfin, je t’attendais.

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04/11/2014 Mystery Light 23571 Thomas B.-Sangster Lux Aeterna (Murphy ♥) Signa ©crack in time ♥ Unicorn, crackship soeur d'arme, paroles City Light Blanche Ancien kidnappé des Rahjaks. Apprenti soignant ancien traqueur 517
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Sujet: Re: Amer Sérénade — ALIAM
Mar 4 Oct - 22:56




Les arrivées à la prison se font de différentes façons. Ils y a ceux qui acceptent, ceux qui refusent et ceux que tout indiffèrent. Liam n’a jamais vu l’intérêt de se rebeller contre l’ordre établi. Chaque action entraîne une conséquence et c’est aux fauteurs de trouble d’assumer comme lui assume le geste commis même s’il lui est difficile d’admettre qu’il en est arrivé jusque là. C’est compliqué de savoir à l’avance si telle action sera la bonne, d’évaluer le tout en l’espace d’un instant, d’une fraction de seconde parce que tout se déroule beaucoup trop vite même par ici, surtout par ici. Il y a ceux qui arrivent doucement à l’âge fatidique et ceux qui patientent. Les voir s’en aller un par un est un supplice pour les plus fragiles, pour ceux qui ne se sont pas fait une raison. Pour Liam, il n’y avait plus d’intérêt à espérer une solution meilleure parce qu’elle ne viendrait pas. Les jugements étaient parfois refaits mais à quoi bon ?
 
Leur destin était scellé dès l’instant où ils avaient enfreint les lois de l’Odyssée. Que penser des sentences sévères pour les crimes les moins odieux ? Chacun avait ses raisons, son passé pour agir comme il l’avait fait, pour avoir atterrit par ici. Il avait perdu le fil du temps même s’ils pouvaient savoir via les gardes parce que s’ils étaient perdus dans leur routine de la prison, ils savaient se situer dans le temps. Le temps en cellule lorsqu’on était privé de sortie parce qu’il y avait eu outrage à garde paraissait de suite beaucoup plus long. Fort heureusement, contrairement à d’autres, contrairement à celle qui était restée prostrée dans la cellule voisine pendant il ne savait combien de temps, lui n’en était jamais arrivé à de tels extrêmes sans doute, justement, parce qu’il se foutait de tout. Il s’en foutait bien de ce qu’il pouvait se passer ici puisque plus rien n’avait de sens. Ils étaient tous déjà morts. Elle a arrêté de pleurer (enfin) elle a arrêté de crier (enfin !) mais lui n’attend que le jour où elle se fera une raison parce que, quand ce jour arrivera, cela sera beaucoup plus simple pour tout le monde. Il ne sait pas ce qu’il lui est arrivé à cette fille mais comme dit plus haut, chacun ses raisons. Tout le monde n’a pas forcément envie d’en parler, de parler et pourtant c’est sa voisine, ils le savent et c’est Lucie qui la première va le voir pour le pousser à la discussion, mais pour dire quoi ? Salut, comment tu te sens d’être enfermée ici pour le reste de ta courte vie ? Non, il ne se voit pas dire ça remarque, il ne sait même pas ce qu’elle a fait ni pour combien de temps elle se verra enfermée parce qu’ils ne sont pas tous comme ceux-là qui auront comme fin de vie l’éjection. Certains s’en sortiront mieux.

« Salut. » C’est un début. Il ne sait pas trop quoi dire d’autre. Il ne vient pas de lui-même. Ça aurait été différent le cas contraire, il ne peut que le supposer. « Parait qu’on est voisins. » Il prend la chaise et s’installe à côté d’elle, fixe sur l’horloge, seul objet en ce lieu qui semble trouver en elle un semblant d'intérêt. « Parait aussi que j’aurais du venir plus tôt. » Salutations, tout ça, histoire de faire bien même dans une prison. « Mais paraitrait aussi que j’avais pas trop envie. » Mais il était là alors, c’est que ça changeait la donne, non ? Discussion sans intérêt, discussion bancale, veine tentative d’engager le dialogue face à quelqu’un qui semble tout aussi à part que lui. Qu’il est bien tombé, n’est-ce pas ? Mais au lieu de rajouter du vent dans cette discussion qui ne rime à rien, Liam se tait parce qu’il est plus doué dans le jeu du silence qu’elle et si elle lui demande déjà juste de partir, il aura au moins gagné le mérite de la sortir de son silence. Oui. Il aura au moins gagné ça.

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29/01/2016 Sial 136 Cara Delevingne Mysterylight ; Liama (ava) merci hihi Soins & quelques aptitudes en tant qu'herboriste 30
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Sujet: Re: Amer Sérénade — ALIAM
Mar 11 Oct - 9:50

Oh lueur guide moi vers un monde meilleur
prisons de l'odyssée
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Et dans cette sublime léthargie tu te perds, tu vogues sans but sur les flots de l’oubli. Vide, creuse ; aucune réaction, aucune larme, aucune expression, t’es bloquée dans une dimension qui te maintiens prisonnière, captive de tes propres peurs. Les cris se sont arrêtés, les pleurs ont cessé. Tes yeux demeurent perpétuellement fixes – ternes, terriblement fades – et plus aucun éclat de vie n’ose y briller. Tu es cassée, blessée, rouillée, ton mécanisme auparavant si bien huilé a cessé de fonctionner. Âme livide brisée ; on aurait pu te plaindre, on aurait pu avoir pitié – pitié pour cette pauvre petite chose que tu es, si faible si pathétique. Alaska dramatique, Alaska tragique ; de poète devenue poème, simple objet, simple reflet

Alors perpétuellement tu fixes cette horloge ; le temps passe, s’écoule, se perd, se gaspille mais tu ne le vois pas, il ne t’atteint pas, ne t’affecte plus – t’es littéralement paumée. T’as plus aucune perception, tu existes mais tu ne vis plus ; tu es mais tu ne cherches plus à devenir. Tu stagnes dans une sorte d’état intermédiaire que tu n’oses pas quitter. Il te protège cet autre monde, il a stoppé tes larmes, stoppé tes hurlements. Il est ton nouveau salut – pourtant tu ne t’y sens pas bien, mais c’est toujours mieux, toujours mieux que d’être là-bas, dans le monde réel. Monde douloureux, monde affreux. Il te terrifie et te blesse.

Mais la petite lumière grésille. Faiblarde mais bien présente. Elle brille au bout du tunnel, t’appelle, mais elle semble encore bien lointaine. Elle te somme de revenir mais tu ne l’écoutes pas (pas encore) – tu es sourde, privée de tous tes sens. Tu n’es pas seule même si tu te perçois du contraire. Il faut que tu te réveilles, que tu te secoues.

« Salut. » La réalité se vrille, tout autour de toi redevient sonore comme si on avait pressé le bouton ‘off’ pendant plusieurs jours. Tu oses à peine quitter l’horloge du regard ne serait-ce qu’une fraction de seconde. Et pourtant c’est comme si dans sa façon si indifférente, distante, de te parler qu’il réussit à capter ton attention. Un instant qui se fige dans l’espace temps tandis que tes yeux de glace descendent vers ses mèches d’or. Tu ne prononces pas le moindre mot, pas le moindre son. Tu attends, simplement, que d’autres paroles s’échappent d’entre ses lippes.
« Parait qu’on est voisins. » C’était donc ça. Ton souffle se bloque dans ta gorge, et presque par automatisme tu détournes le regard. Tu ne savais pas trop si c’était la honte d’avoir crié si fort ce jour-là ou si c’était par pure gène qu’il semble plus en savoir sur toi que n’importe qui d’autre dans cette prison – même les médecins, c’est pour dire – juste parce qu’il avait entendu tes plaintes. Pourtant le ton de sa voix n’était pas intrusif – au contraire – mais c’était si soudain qu’un autre détenu décide de venir te voir. Inattendu. 
 Peut-être était-ce aussi ses yeux. Deux prunelles profondes où tu crûs te perdre, où tu crûs tomber – des gouffres lumineux et un peu blasés. Un visage aux traits encore enfantins que tu aimais déjà. Et la délicatesse dont il faisait preuve en s’adressant à toi comme il l’aurait fait sans doute pour n’importe qui. « Parait aussi que j’aurais du venir plus tôt. » T’es venu, c’est déjà bien. « Mais paraitrait aussi que j’avais pas trop envie. » Que je te comprends.

Tu te dégoûtes. Comment osais-tu te plaindre de ton sort alors que beaucoup d’entre eux étaient destinés au couloir de la mort ? C’était risible, horrible, aberrant. Tes doigts se crispent sur la chaise de bois sur laquelle tu es assise, et soumise tu inclines légèrement la tête vers le sol. Tu n’es pas de ceux qu’on respecte. De toute manière tu n’en as rien à foutre. Littéralement. Et si dans un premier temps tu voulus l’ignorer, pour une raison qui t’échappait complètement, tu décidas de lui répondre. Comme s’il était le premier à réussir à entre-ouvrir la porte, pour laisser rentrer la chaleur du soleil à l’intérieur.

— Je devrais te féliciter ?

Ce n’était pas vraiment du sarcasme, pas vraiment de l’ironie. Il y avait quelque chose de sincère dans cette démarche. C’est vrai, ce qu’il venait de faire était un exploit – pas que tu décides de jouer la victime, puisque tu n’en étais pas une, mais quand même. Ta voix était faible, enrouée, presque silencieuse ; comme si on t’arrachait ces mots de force.

— Ou te remercier ?

Et c’est simplement à cet instant que tu daignas (enfin) lever le regard vers lui – évitant toujours ses yeux, si déstabilisants –. Le jour et la nuit ; il était le soleil et tu étais la lune. D’une froideur exquise à la plus tendre des chaleurs.
Aura si similaire à la sienne.
Tragedy.

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Sujet: Re: Amer Sérénade — ALIAM
Lun 14 Nov - 14:24



Il préférait être franc, ne pas mentir sur la raison de sa présence à ses côtés. Il ne savait pas trop quoi lui dire en réalité. C’était nouveau aussi pour lui de devoir faire le premier pas pour quelqu’un qu’il ne connaissait pas, qu’il n’avait pas réellement vu depuis son arrivée dans la prison. La prison. Une étape peu évidente à vivre à laquelle certains s’adaptaient avec brio quand d’autres ne parvenaient pas à voir autre chose que l’échéance qui pointait le bout de son nez. Liam était de ceux qui pensaient à la deuxième option, les plus pessimismes, de ceux qui ne voyaient pas vraiment l’intérêt de s’intégrer si c’était pour finir en poussières quelques années plus tard. Cette mascarade il s’en serait bien passé. A quoi bon les enfermer ici ? Était-ce un jeu pour eux ? Il ne savait pas. Il peinait à comprendre la raison pour laquelle ils n’étaient pas chacun tous exécutés pour le crime commis au moment de la sentence. Peut-être était-ce par sadisme pur, au fond, c’était possible. Tout était possible oui.

Et maintenant le voilà qu’il était assis à côté de celle qui était encore une étrangère à ses yeux. Tout ce qu’il avait pu entendre d’elle était ses cris et ses pleurs tout en se demandant s’il devait interagir avec elle à travers le mur. Il ne se savait pas toujours bien délicat comme maintenant. Et maintenant le voilà qu’il était bien penaud à ne pas savoir quoi lui dire. Pas un mot, pas une phrase ne venait aisément dans sa tête depuis qu’il s’était présenté de façon bien maladroite. C’était bête d’avoir agit ainsi, de s’être pointé juste pour quoi, essayer de faire connaissance parce qu’ils allaient être voisins pour il ne savait encore combien de temps ? Il ne savait pas, après tout, pourquoi elle avait été condamnée et donc n’avait aucune idée de la durée de sa peine. Son état aussi ne l’aide pas à se montrer plus sociable ou peut-être moins brusque dans sa façon d’être. Il ne sait juste pas comment se comporter devant ceux qui lui renvoient l’image de la personne qu’il a pu être en arrivant dans le coin.

« Je devrais te féliciter ?

« J’en sais rien. »

« Ou te remercier ?

« J’en sais … » Il hausse les épaules. « Toi qui décides. » C’était ça. Liam était venu, c’était à elle de voir si elle déciderait ou non d’accepter sa présence. Par là, il lui faisait savoir qu’elle avait le choix, qu’il ne se braquerait pas quelque soit sa décision. Qui était-il pour juger sa façon d’être alors qu’il avait agit de cette façon tout autant pathétique quelques mois plutôt, qu’il agissait toujours de cette façon peu sociable et distante avec autrui jusqu’avec sa propre mère. Oh il pouvait très bien aller embêter ceux qu’il connaissait depuis longtemps, ceux-là même qu’il appréciait qui étaient enfermés en même temps que lui mais l’enfermement et la finalité prochaine de celui-ci lui avait retiré toute envie d’aller vers eux. Il se sentait bête. C’était ridicule. On devait le trouver ridicule d’agir ainsi, de ne pas s’attacher pour éviter d’avoir mal. Après. Quand l’heure de leur fin aurait sonné. « C’est que  vu notre situation … j’me dis qu’on va p’etre pas pouvoir s’éviter continuellement. » Même s’il pouvait le faire comme il le faisait pour d’autres depuis tant de temps. La mettait-elle au défi d’agir ainsi ? Il ne se posait pas la question. Il s’était débrouillé depuis un moment pour ne pas avoir à parler avec elle même avec son mal être qu’il sentait par delà le mur pas fort épais qui les séparait : il pourrait continuer. C’est ça avec pas mal de patience, ils pourraient garder cette routine qu’ils avaient instaurée sans se soucier de l’autre. Pour le moment ça fonctionnait bien. Alors pourquoi était-il là s’il n’avait pas comme souhait que cela change ?

Aucune idée. Aucune.

Peut-être était-ce juste la curiosité de voir qui elle était réellement sans pour autant jamais tenté d’imaginer à quoi elle pouvait bien ressembler. Maintenant qu’il avait vu quel visage tout aussi triste se cachait derrière cette personne, il pouvait partir non ? Il pouvait mais maintenant qu’il était présent, c’était comme si un lien s’était tissé entre eux même s’ils n’en avaient pas conscience. Partir maintenant aurait été bien con alors qu'il attendait sa réponse, alors qu'il attendait qu'elle décide.

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Sujet: Re: Amer Sérénade — ALIAM
Lun 12 Déc - 21:38

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Ton regard idyllique le voit à peine ; il n’est que deux perles bleues qui le traversent et qui n’arrivent pas à s’ancrer dans un autre océan. Les siens semblent dangereux, ils sont deux puits profonds dans lesquels tu te sens mourir ; et paradoxalement tu ressens une certaine chaleur au fond de toi à l’effleurer de tes prunelles.
Et pour la première fois, tu comprends. Tu saisis en quoi tout ça est si différent.
De la chaleur.
 Humaine.
 De la chaleur humaine, pas un sourire faux cachant une pitié au goût de larmes, pas un regard compatissant qui se veut faussement gentil.
Il est vrai.
Parfaitement en accord avec lui même. Tu ne voulais pas de sourires, pas d’excuses, pas de mots rassurants. Tu voulais juste quelque chose d’authentique, d’unique entre tes doigts. Et sans rien demander il te la donnait. Il était venu vers toi sans l’envie que tu lui rendes la pareille. Il était venu pour voir, tout simplement.

Tu te sens de nouveau respirer.

Tu pensais ne jamais arrêter de suffoquer. Tu pensais que tes poumons se contracteraient sans arrêt, tentant vainement de réanimer ton corps disloquer par les intempéries de la vie mais tel un magicien, tel un faiseur de marionnette il avait relié les fils et t’avais redressée. Tu ne lui étais pas asservie, mais terriblement reconnaissante.
Il n’en a probablement pas conscience.
 Toi non plus, en réalité.
 Tu vis juste l’instant ; ce moment où sa bouche décrit une grimace propre à lui même ; ses épaules qui se haussent, son visage qui décrit une interrogation. Jusqu’à sa voix. Tu aurais pu tomber à terre.

Revenir à la surface est douloureux. Ton regard se détourne, vogue autour de ce rayon de soleil sans oser s’arrêter dessus de peur de se brûler la rétine. Et puis soudain
 une similitude.
À peine perceptible, on pourrait s’y méprendre. Du sarcasme. Dans vos voix à l’unisson, qui écorche légèrement votre bouche pour venir se ficher dans le coeur de l’autre ; ça fait du bien. Quelque chose d’un peu plus vivant qui semble redonner corps à ce pantin de glace que tu étais devenue, dangereusement froide. La nuance est si légère qu’elle est à peine discernable mais vous l’aviez senti. Tous les deux sûrement, sans vraiment vous en rendre compte. Il y a un peu d’électricité dans l’air mais elle ne semble pas nocive, juste de quoi te maintenir éveillée hors de cette léthargie.

« J’en sais rien » Toi non plus tu ne sais pas. Une légère moue s’esquisse sur tes traits autrefois figés, il semble se répéter et pourtant. Pourtant d’un simple haussement d’épaules il te concède la parole. « Toi qui décides. » Phrase courte mais qui résonne longuement dans ta tête. Tes yeux s’écarquillèrent un instant. Tu décides. Tu n’étais plus vraiment sûre d’avoir le choix. Ta lèvre tremble un peu tandis que tu cherches la réponse. Lui, toi. Vous sembliez êtres deux âmes un peu perdues qui n’avaient plus vraiment de but dans la vie, et à ça tu ne sais pas quoi lui répondre. Oui, tu voulais le remercier. Non, tu ne le voulais pas. Comme d’une certaine manière tu voulais qu’il s’en aille, qu’il te tourne le dos, peut-être parce qu’inconsciemment tu savais qu’il représenterait quelque chose pour toi et que ça te terrifiait ; et puis en même temps une partie de toi le voulait à tes côtés. Ton être tout entier est si paradoxal. Alors ta bouche demeure sèche, aucun son ne quitte l’extrémité de tes lippes.

« C’est que  vu notre situation … j’me dis qu’on va   pas pouvoir s’éviter continuellement. » Surprise. Tu savais qu’il était ton voisin de cellule. La gêne put se lire sur ton visage. Tu avais honte de ta faiblesse, lors de tes cauchemars, et qu’il puisse entendre tes légères plaintes le soir alors que tu les étouffais dans ton oreiller te rendait malade. À la limite, qu’il ait entendu ton cri de détresse lors de la mort de ton frère n’était guère surprenant. Mais là c’était différent. Pudique tu te sentais mise à nue. Par ta propre faute. Tu bégaies. Tu racontes des inepties qu’il ne peut pas saisir ; tu commences tes phrases, t’arrêtes, joues avec tes doigts et le tissus qui se trouve dans la paume de tes mains. Et puis finalement, un mot, que tu ne saurais vraiment expliquer lui parvient. Clair. Le seul parmi tous ces mots dépourvus de sens.

« Désolée. »

Ton regard sincère s’élève vers lui ; pour une fois tu n’as pas peur de le voir entre tes deux yeux d’océan.

« J’sais que j’ai pas été des plus calmes alors… Alors, désolée, je suppose. » Tu marques une pause. Tu ne sais pas trop quoi dire en réalité.  « Je suis surprise que tu sois venue me voir, je ne suis pas le genre de personne dont on apprécie la compagnie. » Enfin, je l’étais sans doute avant, mais ça fait longtemps que cette fille là est maudite.


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Sujet: Re: Amer Sérénade — ALIAM
Lun 27 Fév - 17:27



Il est venu la voir sans en connaitre véritablement la raison. Il aurait pu rester de côté, faire semblant de ne pas voir qu’elle avait été pareille à lui quelques semaines plutôt. Il n’a pas de mal à se mettre à sa place mais ne souhaite pour autant pas s’attacher à trop de personnes qui atterrissent ici. Il l’a dit à Clary. Ils ne pensent pas de la même façon et lâchement, il préfère s’éloigner des autres plutôt que de supporter la douleur de leur perte quand le moment viendra. Certains partiront plus tôt que lui et égoïstement là encore, il espère toujours qu’il partira le premier. C’est joyeux comme pensées alors qu’il est sensé lui remonter un peu le moral. Il ne sait juste pas trop comment s’y prendre alors que son moral n’a jamais été au beau fixe dans l’coin. Rien est fait pour qu’il le soit en même temps et quoique puisse en dire une certaine brune, il n’est pas certain qu’aider les autres l’aide à oublier l’endroit où ils vivent désormais. Chacun essaye à sa façon d’oublier mais à un moment où à un autre, l’autre nous rappelle notre condition. C’est sans doute pour cela qu’il s’y prend comme une merde avec celle qu’il appellera plus tard Alaska.

Leur conversation est ridicule parce que chacun est là sans l’avoir vraiment désiré. Le remercier ? Quelle idée. Ce n’est pas comme si elle avait demandé sa présence, comme si elle avait eu besoin d’aide ou quelque chose comme ça. Il est l’intrus dans leur histoire et le sait bien. Que faire, que dire. C’est là que cela devient gênant quand un acte n’a pas été prédit, est venu sous l’impulsion du moment. Il se retrouve un peu bête à ne pas savoir comment lui répondre même s’il répond, même s’il lui donne le choix tout en lui montrant les possibilités qu’ils ont tous les deux. Ils sont voisins après tout, connaissent un peu de l’autre sans que l’autre l’ait vraiment désiré. Ils sont voyeurs sans forcément l’avoir cherché. C’est l’univers de la prison, l’effet que les cellules ont sur eux à force d’être côte à côte sans pour autant l’être vingt-quatre heures sur vingt-quatre. La discussion devient gênante, c’est de sa faute à lui et de son tact qui n’est pas vraiment présenté pour le coup. Il ne sait pas trop quoi dire d’autre. C’est vrai ils sont voisins. Elle doit savoir qu’il fait des cauchemars, il sait qu’elle vit très mal sa nouvelle condition pour l’avoir entendue pleurer plus d’une fois. Il se sent un peu nul d’avoir forcé sa bulle sans parvenir à trouver les mots justes pour que cela se passe bien entre eux. Ce n’est pas pour autant que cela se passe mal, qu’elle a envie qu’il soit à des milles lieues d’ici. Il espère du moins. Il a pas été si intrusif, ce n’est pas de sa faute s’ils sont voisins. Il n’a rien demandé de tout cela, à entendre ses plaintes de l’autre côté du mur.

Tout ce qu’il sait c’est qu’ils ont vécu une situation similaire même s’il est peut-être plus habile à cacher son ressenti qu’elle. Ce nouvel environnement ils le rejettent en bloc en s’éloignant des autres alors puisqu’ils sont deux à agir ainsi peut-être serait-il plus simple qu’elle accepte sa tentative d'aide maladroite. « Désolée. » Il se tait, n’a pas envie de lui demander pourquoi, de lui dire qu’elle n’a pas à être désolée. Si elle a envie de l’être s’est son droit. S’ils sont confinés ici ils peuvent encore agir comme bon leur semble dans le seul endroit où ils ont ne serait-ce qu’un peu d’intimité. « J’sais que j’ai pas été des plus calmes alors… Alors, désolée, je suppose. » Il se tait, la laisse continuer. « Je suis surprise que tu sois venue me voir, je ne suis pas le genre de personne dont on apprécie la compagnie. » Il croise des bras, un peu dubitatif sur cette constatation. « Comment tu l’sais ça ? »

Si vraiment elle était insupportable il ne serait pas resté et pourtant tout ce qu’il remarque chez elle c’est sa non envie de communiquer, un peu comme lui. Sa question était peut-être un peu trop directe mais que quelqu’un lance d’aplomb qu’il était de mauvaise compagnie alors que rien ne le prouvait le déroutait un peu.  « Si tu l’pense parce que t’as du mal avec l’endroit, alors ça veut dire qu’on est deux. » Deux asociaux en duo, c’était Clary qui allait être contente. Il avait trouvé quelqu’un qui semblait à première vue sur la première longueur d’onde que lui. « T’es même chanceuse. » Était-il sérieux ? A elle de le deviner. « On est pas si différents toi et moi. Sans doute pour ça que j’suis venu et non pas parce qu’aider les autres nous aide à oublier où l’on se trouve … oui, une optimiste me l’a sorti le jour ou je suis arrivé. C’était assez étrange d’essayer de comprendre sa façon de penser et après coup on se dit pourquoi pas même si ça ne marche qu’à moitié. » A sa façon là aussi, il lui montrait les deux options que leur offrait ce séjour en prison tout en ne sachant pas combien de temps elle allait rester parmi eux. Il lui tendit la main qu’elle pouvait tout à fait ne pas serrer, il n’allait rien lui imposer. « J’m’appelle William. » Grimace, hésitation, se présenter ainsi n’était pas dans ses habitudes. Généralement il passait directement à l’étape du surnom. « Mais j’préfère Liam. »

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Sujet: Re: Amer Sérénade — ALIAM
Lun 20 Mar - 9:40

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Tu n’as pas le droit. Pas le droit de pleurer pas le droit de crier de laisser couler une larme de plus. Tu le sais. Horrible gamine qui gémit, qui hurle à s’en briser les cordes vocales dans cette cellule froide accolée à celle d’un condamné. Tu vas vivre Alaska. Ton souffle va encore longtemps se trouver emprisonné dans cette cage de métal suspendue au milieu des étoiles. Lui va finir sa vie ; propulsé dans cet infini sombre, seul, perdu, les poumons en feu et la gorge arrachée. Comment oses tu ne serait-ce qu’être triste. Es-tu un monstre insensible et égoïste Alaska ? Es-tu à ce point stupide ?

Tes réflexions divaguent, se perdent dans l’espace tandis que tes yeux se perdent dans les siens. Tu ne veux pas être égoïste. Tu ne veux pas être lâche. Tu ne veux plus l’être. Alors tes lèvres murmurent une excuse enveloppée d’un voile de tristesse et de douceur. Parce que tu es comme ça Alaska, à essayer de te repentir de tes péchés ; ces mêmes fautes que tu graves sur ta peau à coup de larmes et de chagrin. Tu dois grandir. Tu dois t’endurcir. Cesser de tanguer si faiblement au dessus du vide. Tu dois garder l’équilibre, Alaska, et ce même si Dimitri n’est plus là pour te retenir si jamais ton pied quitte le fil de ta vie.

Tes yeux se baissent de nouveau pour fixer tes mains un peu rougies, les contorsionnant un peu. Tu dois bien admettre que tu n’es plus habituée à converser. Tu n’as jamais été très douée par les mots, mais plus par les actes ; tes sourires sont tes paroles rassurantes et tes mains crispées ta colère. Pourtant plus le temps s’écoule et plus tu te sens à l’aise en présence du garçon. Comme si d’une certaine manière vous vous ressemblez autant que vous êtes différents. Comme si entre vous s’est installée une symbiose teintée de légèreté et d’un brin d’aigreur. Les mots franchissent avec encore un peu plus d’aisance et tu lâches ta confession qui sonne plus comme un remerciement qu’autre chose. Tu te fiches que ça soit de la pitié. Tant qu’il ne le montre pas.

« Comment tu l’sais ça ? » Tu relèves la tête vivement et ouvres la bouche. « Je… » Aucun son ne franchit l’antre de ses lippes. Tu es abasourdie, autant par sa question que par cette façon qu’il a de te balancer à la figure ce qu’il pense. Et bizarrement tu aimes ça. Son honnêteté t’arraches étrangement un sourire – une ébauche de sourire mais qui n’en demeure pas moins franche, sincère. « Si tu l’pense parce que t’as du mal avec l’endroit, alors ça veut dire qu’on est deux. »

Oh oui j’ai du mal avec l’endroit. Tout dans ce monde m’étouffe, me bouffe, me dévore de l’intérieur. C’est comme si on m’appuie sur la poitrine, comme si on cherche à chasser le peu de souffle qu’il me reste dans les poumons. Mon corps me brûle, mes larmes me consument. Et j’ai cette affreuse impression de ne jamais pouvoir m’en sortir. Tu crois que je suis pessimiste ? Tu crois que je devrais abandonner ? Ne me mens pas. Ne me mens pas, je la ressens, cette souffrance insupportable. Parce que cet engin de métal est un engin de malheur. Ils ont tué Dimitri. Tu t’en rends compte ? Ils ont arraché ma vie en même temps que la sienne. Je fais quoi moi maintenant ? Je suis fatiguée de pleurer. Je suis fatiguée de ne rien pouvoir faire. Je suis fatiguée d’être fatiguée. Réponds moi, toi, inconnu, voisin de cellule, celui dont j’ai troublé les nuits avec mes sanglots. Donne moi une solution. Comment fais tu pour supporter cet endroit sans rien dire ? Comment fais tu pour être aussi fort ? J’aimerai comprendre ; j’aimerai savoir. Je suis si dépourvue de connaissances.

Tu ne dis rien. Dans tes yeux dansent toutes tes pensées mais tu ne prononces pas le moindre mot. Tu ne sais pas. Tu voudrais tout lui dire, comme pour briser ces chaînes qui t’entraves mais tout se bloque. Tout fait barrage. Le mur n’est pas près de céder. « T’es même chanceuse. » Tu le fixes maintenant. Tu le fixes avec insistance. Il t’intrigue. Il te perturbe. Il bouscule tes convictions les plus profondes. Il te retourne le cerveau. Chanceuse ? Ton coeur oscille entre ironie et vérité. « Peut-être. » Tu retrousses un peu le nez. « Ça dépend de ce que tu perçois. » Ajoutes-tu simplement. Tu effleures sa chevelure blonde de ton regard. « On est pas si différents toi et moi. Sans doute pour ça que j’suis venu et non pas parce qu’aider les autres nous aide à oublier où l’on se trouve … oui, une optimiste me l’a sorti le jour ou je suis arrivé. C’était assez étrange d’essayer de comprendre sa façon de penser et après coup on se dit pourquoi pas même si ça ne marche qu’à moitié. » Tu baisses un peu la tête et souries. Une infirmière t’avais sorti que tu étais chanceuse de t’en être sorti avec de la prison, contrairement à « l’autre garçon ». Elle n’avait compris qu’après sa gaffe, et n’avait plus osé venir se pointer dans ta cellule. Ce souvenir te rend un peu amère mais tu le chasses rapidement en observant la moue du garçon tandis qu’il t’expose sa réflexion.

Il te tend alors sa main. « Je m’appelle William » Tes prunelles voyagent de ses doigts à son visage. Il est en train de grimacer. C’est mignon. C’est tout ce que tu te dis. Il possède une multitude de tics et d’expressions faciales qui le rendent tout simplement authentique. « Mais je préfère Liam. » D’un sourire tu saisis sa poigne, dans ta douceur habituelle. « Alaska. » Elle retire sa main et la laisse retomber sur sa cuisse. « Alors en quoi toi et moi on est pas si différents ? » Tu le regardes de tes yeux clairs. « Le monde nous file entre les doigts. C’est peut-être pour ça qu’on est semblable. Parce que nous sommes tragiquement condamnés à ne pas pouvoir en saisir le fil. » De tes doigts tu mimes le sable s’écoulant, le fil t’échappant. Tu soupires un peu. « Alors Liam, raconte moi. Raconte moi qui est ce garçon aux cheveux d’or qui se tient devant moi. »



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Sujet: Re: Amer Sérénade — ALIAM
Mer 19 Avr - 2:56



Il ne comprend pas cette façon qu’on certains de se dévaloriser ainsi. C’est ce qu’elle fait en disant directement qu’elle n’est pas de bonne compagnie. Il n’aime déjà pas qu’on décide à sa place alors qu’elle décide ceci l’agace un peu. Les autres jugent, beaucoup, beaucoup trop mais elle n’a pas à se juger de la sorte. Il sait très bien que la prison n’a rien de valorisant, qu’ils ne sont pas ici au meilleur de leur forme mais si certains ont réussi à s’adapter, ils le peuvent tout autant. Elle aura besoin de temps, sans nul doute, mais cette attitude on ne peu plus négative sur elle-même, Liam a du mal à l’accepter, a accepter que quelqu’un puisse se juger de la sorte. Comment le sait-elle hein ? Peut-être qu’il aimera passer du temps avec elle, peut-être qu’ils se ressemblent un peu, peut-être qu’il s’agace tout face à des gens trop optimistes comme trop pessimistes. C’est lui qui parle même s'il ne s’est mis de côté comme elle le fait. Il ne sait pas trop comment réagir autrement que de lui poser la question comme ça, aussi brutalement. C’est lui qui décidera s'il la trouvera sympa ou non. Pour le moment il ne fait qu’observer, remarque cette attitude qui s’il n’apprécie pas, ne va pas non plus chercher à la lui ôter de son crâne. C’est pas lui qui va décider à sa place. C’est pas lui qui décidera de quoique ce soir chez elle mais, par contre, il pourra bien décider qu’il l’a trouve sympa, qu’il préfère sa compagnie à ceux qui se la jouent la mélodie du bonheur. Il aurait peut-être juste envie qu’elle … qu’elle quoi ? Il ne la connait pas, il sait juste qu’elle pleure beaucoup, qu’elle a eu cette rage des enfermés pendant beaucoup plus longtemps que certains, beaucoup plus longtemps que lui. Elle n’a pas accepté quelque chose et lui ne saura pas quoi avant un bon bout de temps si elle n'a pas envie de le lui dire. Il ne veut pas l’obliger à parler, à se sociabiliser. Il ne veut l’obliger à rien. Si elle préfère qu’ils se taisent ou ne parlent qu’à moitié comme ils le font à présent c’est ce qu’ils feront.

Et pourtant là il lui parle, beaucoup même. Il a ce besoin de lui parler de l’image qu’elle renvoie, qu’ils renvoient. Il a cette envie de lui dire aussi qu’il s’en fout, que chacun est spécial à sa façon, qu’ils sont assez similaires que pour pouvoir s’entendre si elle veut bien de lui comme ami. C’était une main tendue vers un futur à deux contre le monde qu’ils ne voulaient affronter. Sauf que leur monde est beaucoup plus petit qu’avant, beaucoup plus éphémère, aussi. Il n’est pas d’agréable compagnie. Il est pessimiste, bougon, aussi peu confiant qu’elle mais quitte à ne pas se sentir à sa place, autant l’être à deux. A deux tout est toujours beaucoup plus simple, du moins d’apparence c’est ce que l’on se dit pour se donner confiance parce qu’il le faut, qu’ils ne peuvent tout simplement pas rester indéfiniment ainsi même s’ils le voudraient bien. Il se contredit entre ce qu’il voudrait faire, dire être et la réalité qu’il renvoie. C’est compliqué de créer un lien à partir de rien, à partir de ressemblances qu’il a remarquées et qui sont peut-être totalement fausses.  Le mal est fait, les dés sont jetés. Elle reste le grand juge quoiqu’il en pense.

Que voit-il là, serait-ce l’ébauche d’un sourire ? Il a eu peur un bref instant qu’elle ne le rejette dans sa façon trop brusque de dire les choses. S’il en a pas toujours été ainsi avec lui, c’est cette prison et ces gens parfois bien fort différents de lui l’ont forcé à devenir. Il ne sait pas toujours ce qu’il veut, ne le saura sans doute jamais mais il sait une chose : quand il est cash on l’emmerde pas. C’est un chanceux quelque part, on le laisse tranquille. « Alaska.  » Liam accueille avec un sourire ce prénom qu’il ne pensait pas entendre aussi vite. C’est un début déjà énorme pour celle qui se pensait de bien désagréable compagnie. « Alors en quoi toi et moi on est pas si différents ? Le monde nous file entre les doigts. C’est peut-être pour ça qu’on est semblable. Parce que nous sommes tragiquement condamnés à ne pas pouvoir en saisir le fil. » « Dans ce cas nous sommes tous semblables. » C’est la seule réponse qu'il peut lui donner même si elle a utilisé les mots d’une justesse telle qu’il n’avait peut-être pas besoin de les commenter, sauf que si. Si elle parle ainsi d’eux, ils peuvent parler d’eux tous. De tous ceux qui sont là sans y être, dans ce début de la fin.

« Alors Liam, raconte-moi. Raconte moi qui est ce garçon aux cheveux d’or qui se tient devant moi. »  Il a l’impression qu’il va devoir jouer avec les neurones que la prison a bien voulu lui laisser pour comprendre ce qu’elle veut lui dire à chaque fois sans tomber dans la traduction littérale. Ça le perturbe un peu mais à la longue, il finira par s’habituer. Ça le gêne aussi mais puisqu’il a décidé de ne pas la juger, il ne va pas la reprendre sur ce qu’elle vient de dire même si ça le démange de lui dire que sa vue lui fait défaut, que lui c’est juste Liam. C’est une façon de s’exprimer qui le surprend, qui finira par ne plus le surprendre en apprenant à la connaitre. Sa question le surprend aussi, elle a envie de le faire parler à sa place. C’est de bonne guerre, ils sont tous les deux peu causeurs même s’il a pu l’être autre fois. « Je ne sais pas vraiment. » Il a toujours eu des doutes, n’a jamais vraiment su qui il était, n’a peut-être finalement pas eu le temps d’apprendre à se connaitre avant d’arriver ici. Dix-sept ans, c’est jeune pour apprendre que c’est déjà la fin. « Qui suis-je ? Il faudrait le demander aux autre non ? Je pourrais te mentir et tu pourrais me croire. » Que vois-tu à travers les mots que je te donne, à travers cette fausse assurance qui me protège ? « Un inconnu sympa ? » Il n’a rien à perdre, n’a pas forcément envie de répondre à cette question parce qu’il ne sait tout simplement pas comment lui répondre. Il ne sait pas non plus quoi lui demander parce qu’il n’a aucune idée de la limite à ne pas dépasser. « Je n’aime pas trop parler du passé. » Il préfère qu'elle le sache pour éviter tout malaise plus tard. Mais elle, si elle a envie, si ça la rassure d'en parler, si ça la libère en quelque sorte, qu'elle n'hésite pas : il ne la jugera pas.  

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Sujet: Re: Amer Sérénade — ALIAM
Lun 3 Juil - 17:00

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Dernière édition par Alaska C. Burckley le Jeu 21 Sep - 0:23, édité 2 fois

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Sujet: Re: Amer Sérénade — ALIAM
Lun 28 Aoû - 0:22




Il n’avait jamais été un grand bavard mais il aimait bien parler avec elle. Alaska. Comment était-il supposé se comporter envers une étrangère ? Il n’en avait aucune idée. Il n’était pas des plus sociables, n’allait pas spécifiquement vers nouveaux détenus, ce n’était pas son genre de faire le premier pas. Lui, il avait plutôt l’habitude de choisir volontairement de se mettre en retrait. C’était pas eux qui l’avaient mis ainsi, ce n’était jamais eux qui avaient choisi de le mettre de côté et ce depuis l’enfance. Ça avait toujours été sa décision. Il n’avait jamais eu cette envie d’être le centre de la foule, d’être celui vers lequel les yeux se tournent dans une foule et ça lui avait toujours convenu. Il faisait des efforts depuis que Clary l’avait si gentiment accueillit dans la prison mais attendait souvent que quelqu’un agisse et lui, il voyait ensuite. Sans savoir trop comment ni même pourquoi, il était venu la voir et serait sans doute venu sans qu’on le pousse à aller la voir. Il aimait bien se qui se dégageait d’elle même avec son drôle d’air d’enfant venu d’un autre monde collé sur son visage. Elle était différente et Liam aimait bien ce qui la distinguait de ceux qu’il avait déjà croisé dans le coin.

Elle était étrange, ça oui mais ne l’étaient-ils pas tous pour atterrir ici ? Ils s’étaient mal compris. À moins que cela ne soit que lui parce qu’elle avait sourit et qu’il tentait d’en comprendre la raison puis en même temps il n’était pas habitué à entendre les autres parler ainsi. Il aimait bien quand il savait directement ce qu’on attendait de lui et là, avec cette façon si étrange et à la fois attendrissante de parler, elle l’avait complètement perdu. « Certains savent quand ça va s’arrêter. D’autre réclame qu’il leur soit donné, ou bien retiré.  Et puis il y a ceux qui sont comme hors du temps, figés dans leur réalité, avant que soudain, il ne les rattrape. Mais tu as raison, au fond, jamais personne ne pourra contrôler le temps. » Elle lui faisait de la philosophie et lui écoutait parce qu’elle avait raison si bien qu’il se demanda dans quel groupe il se situait, dans quelle groupe se situait-elle. « Ça c’est de la philosophie. J’aime bien. C’est intéressant. J’veux qu’il me soit retiré. » Attendre la fin était terrible et même si le procès pouvait être révisé, il n’en était pas si certain que cela. Au fond, ils les laissaient vivre jusqu’à une mort certaine et douloureuse. Il resta silencieux, l’écoutant à nouveau. Il aimait bien l’entendre parler. Elle avait une voix calme et reposante, le contraire de ceux qui comptaient leurs mots à la seconde comme si on allait leur retirer le don de la parole. « En fait, je m’en fiche. Tu pourrais me mentir, ce n’est pas grave. Ce que tu me diras, c’est ce que tu voudrais que je crois non ? Dans ce cas, ça sera sûrement bien mieux que ce qui pourrait être la réalité. De toute façon, la vision de chacun est teintée par une perception différente. Un jour, j’aurai sûrement aussi la mienne. » Il y avait de la poésie dans chacun de ses mots. « T’es pas réelle » Elle était réelle comme irréelle, étrange comme super intéressante. D’une parole elle pouvait vous faire oublier l’endroit où vous vous trouviez. « J’aime découvrir les gens. C’est passionnant. »  Il hocha la tête comme pour l’approuver sans pour autant le lui dire de vive voix.

« Tu n’es pas obligé d’en parler. Je ne te demanderais rien que tu ne veuilles faire. Ce n’est pas mon genre. Puisque je te l’ai demandé, je suppose que te dire qui je suis serait de bonne guerre. » Il n’avait pas non plus envie de lui mentir. Il n’aimait pas parler de ce passé qu’il avait toujours autant du mal à accepter mais sans le vouloir, elle lui forçait un peu la main en s’ouvrant ainsi et encore ce n’était pas réellement le cas. Elle savait parler aux gens, avait la bonne façon de s’exprimer même s’il ne comprenait pas toujours où elle voulait en venir, les mots avec elle venaient tout seul mais il garderait les siens pour plus tard, préférant la laisser et écouter ce qu’elle avait peut-être besoin de lui dire. Vraiment étrange cette situation alors qu’ils venaient à peine de se rencontrer. « Disons que… Je suis une inconnue qui est fatiguée de pleurer et que… je vais guérir. Je vais soigner chaque ecchymose qui parsème ma peau parce qu’après tout, je voudrais devenir médecin. Et avant de soigner les autres, je devrais peut être commencer par moi. »

Elle ne finirait pas ses jours ici. Elle avait parlé au présent et envisageait un avenir alors que lui ne s’était jamais réellement penché sur le sien. Il se demanda ce qu’il lui était arrivé mais n’osait pas, n’avait pas envie de la voir pleurer par une porte de son récent passé qu’il aurait ouverte. Il l’observa en silence. « Ma mère est médecin. » Il commençait à son tour, n’avait pas eu l’intention d’en parler mais puisqu’elle en avait révélé un peu sur elle, c’était à son tour de ne pas se refermer sur l’excuse simple de ne pas aimer en parler. Il ne savait pas si parler avait fait du bien à Alaska et ne savait pas s’il se sentirait mieux mais cette fille elle avait un don : elle savait le faire parler.

« Tu la rencontreras surement en sortant d’ici.  » Il n’en dit pas plus, préférait se concentrer sur l'interrogation du moment, ‘qui était donc cet inconnu qui se supposait sympa ?’ « J’ai voulu me défendre et malheureusement, il est mort. J’suis là depuis un an, j’ai toujours pas digéré. Je ne digérerais jamais ce que j’ai fait. » Il s’était levé pour se rassoir aussi tôt. Sa voix n’avait pas tremblé comme il avait cru qu’elle l’aurait fait. « T’as l’art de faire parler les gens » Il n’était pas fâché pour autant de l’avoir dit, il ne s’était jamais plongé dans le déni du meurtre commis tout en étant un geste d’auto-défense mais toujours, il avait préféré ne pas en parler. C’était douloureux. « Comment tu te sens ? Mieux ? » Probablement non mais ils avaient tout le temps et lui une envie en tête pour le temps d’incarcération de la jeune femme :  il avait envie qu’elle sorte de cet endroit dans un meilleur état qu’à son arrivée. Il avait envie de l’aider à aller mieux pas juste pour dire qu’il aurait fait quelque chose de son temps entre ces murs mais parce qu’il appréciait sa façon d’être, la personne qu’elle était à ses côtés et qu’elle méritait simplement qu’elle s’offre cette seconde chance pour réaliser ses rêves.

Spoiler:
 

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Sujet: Re: Amer Sérénade — ALIAM
Jeu 21 Sep - 0:24

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Ta langue qui se délie. Essayer de parler ; d’en parler. Essayer de dire ce qu’on a sur le coeur sans trop en dévoiler. Tu marches sur des oeufs mais te sentirait presque libérée à ses côtés. Force tranquille, mais pas pour autant fragile, qui de son regard de plomb parvient à t’arracher quelques mots, à les laisser s’échapper pour devenir source fluide. Le regard parfois un peu perdu dans la vague, tu te laisses aller à quelques discours ; parlant peut-être beaucoup pour ne finalement pas dire grand chose. Mère qui t’as toujours appris l’art de la parole, le poids des mots, leur signification – comment ils peuvent faire pencher la balance en ta faveur ou pour ton malheur ; et comment, cette fois là, elle aurait mieux fait de ne rien dire, tandis qu’ils emportaient Dimitri.

Ce jour là, tu n’avais pas fait de poésie.
Tu n’avais pas fait de philosophie non plus ; tu avais simplement crié, hurlé qu’ils n’en avaient pas le droit, alors que c’était Dimitri qui avait voulu détrôner le roi.
((les hurlements comme tambours de guerre))

Et maintenant que te voilà enfermée entre quatre murs, tu débites des paroles sur le sens de la vie comme pour combler le vide présent dans ta poitrine. Faire en sorte que le temps s’écoule plus vite ; discuter, partager quelque chose avec celui qui veut bien tendre l’oreille. Lui dire combien parfois la vie est difficile à comprendre, le temps difficile à saisir ; et que, peut-être de manière utopique, tu aimerais accorder toute ta confiance.

« Ça c’est de la poésie. J’aime bien. C’est intéressant. J’veux qu’il me soit retiré. » Lourd regard. Prunelles d’argent qui viennent se poser sur lui avec force, qui le pénètrent sans détour. Tu le considères, surprise. Il a dit ça avec tellement de facilité ; avec tellement de vérité. Et sans trop savoir pourquoi, ton coeur s’effrite un peu. Ne se brise pas mais ressent une certaine détresse – celle de voir l’humanité en déclin, de voir la perte de l’humain. T’es comme face à la dure réalité, celle que si jeune on aimerait en finir au plus vite, ne plus languir derrière les barreaux en attendant le coup final du bourreau. Fin de l’acte nouvelle scène ; des jeunes encore en débauches balancés en prisons pour de la fraude ou n’importe qu’elle faute, attendant la mort prochaine.  « Ne dis pas ça. » Un temps. Tu te sais égoïste ; exigeant l’impossible. Bien sûr qu’il veut qu’il lui soit libéré. Qui voudrait voir le sablier se terminer sans pouvoir ne serait-ce que respirer hors d’une cellule ?  « En fait, non. Je ne peux pas te demander ça. Je comprends. Ça m’attriste beaucoup, tu sais Liam. » Tu n’as pas besoin de grands discours pour te mettre à pleurer ; constater la vérité suffit amplement à ton chagrin.

Fin sourire sur tes lippes tandis qu’il se demande si tu es réelle. Parfois tu te poses la question ; rêveuse, on te la souvent reproché. Alaska, arrête de rêver, concentre toi un peu ; Alaska, reste les pieds sur terre, tu veux ? Terre qu’ils avaient depuis longtemps quitté – mais ça, tout le monde le savait déjà. Mais comme à ton habitude, tu positives. Tu vois les choses sous le meilleur aspect possible. Dimitri disait souvent que c’était ce qui te maintenait en vie et aussi joyeuse – et que dans un monde aussi tâché par les épreuves traversées, tu apporterais du soleil dans la vie des gens. Mais ces derniers temps, la lueur s’était éteinte, devenue lumière noire, lumière bleue – lumière froide qui n’a plus rien de chaleureux. Peut-être qu’avec Liam tu iras mieux. Espoir, encore.

« Vraiment ? Ma mère l’est également. J’adore la voir travailler. » C’est sa poésie à elle aussi, à sa mère – recoudre les plaies comme vers, sourire comme pansements aux maux intérieur et l’oreille pour écouter les douces complaintes des patients.
Lentement lui aussi semble se livrer à toi, et tu l’accueilles avec la tendresse de ton visage – pas la moindre anxiété, pour essayer d’aider les coeurs à rapiécer.

« Tu la rencontreras sûrement en sortant d’ici. » Sortir. Le coeur battant tu le regardes, te demandant quelle saveur avait ce mot dans sa bouche. Est-ce aigre ? Froid ? Amer ? Est-ce doux comme un songe d’été ? Ou est-ce aussi fade que les rêves oubliés ? Mais tu ne dis rien, préférant l’écouter se confier. Un peu surprise de l’entendre parler d’un tel sujet, mais également reconnaissante. Peut-être que la race humaine n’est pas perdue ? Peut-être peut-elle encore croire encore un peu ? Tu te tournes légèrement vers lui, pour continuer de l’écouter. La parole est un art, c’est vrai, mais tu n’es pas certaine de le maîtriser. Sans doute un peu, d’après lui. C’était gentil de sa part de te dire ça. C’est le genre de remarques qui réchauffent un peu les âmes rouillées. L’effet ne dure peut-être pas dans le temps, mais il apporte toujours un peu de baume au coeur.

« Je crois que je ne me sens pas. Enfin, que je ne me suis pas sentie depuis longtemps. » Toujours les mêmes sentiments qui reviennent en boucle dans ta tête ; hurler et puis pleurer parce que ça te permettait d’évacuer tout ce que tu étais censée encaisser. Avant cela, on ne t’avait jamais forgé les épaules pour supporter tout ça. On n’avait pas frappé le fer de ton esprit à l’aide du marteau de la réalité. Ce jour-là, on l’avait juste jetée sur l’enclume, à peine remise des braises de l’arrestation.  « Mais, je pense que ça va mieux. Je fais encore beaucoup de cauchemars, mais je suppose que c’est le lot que gagne une jeune fille un peu naïve qui n’a jamais eu l’existence bousculée. » Tu hausses les épaules, fatiguée. C’est usant.  « Tu sais, je n’ai pas vraiment parlé à quelqu’un depuis ma rencontre avec ma mère. » Mère que tu as ensuite rejeté, père que tu as ignoré. Tu refuses de les voir ; peur de les décevoir, sûrement. Ils n’y sont pour rien.  « Alors je suppose que toi aussi, tu as le don de faire parler les gens. » Tu ramènes tes genoux contre ta poitrine, les mains sur le bout de tes chaussures. Et tu repenses aux cauchemars, tu repenses à ce que c’est que de rester éveillée. « Je te comprends. Moi, je ne digère pas ce qu’il a fait non plus. » La tête qui se baisse un peu, qui ploie sous le poids des regrets. Tu aurais du voir qu’il changeait ; qu’il se soulevait. Tu aurais du l’en empêcher.  « Mais je ne regrette pas ce que j’ai fait. C’était peut-être stupide, parce que c’était trop tard, mais je ne le regrette pas. » Le poing qui se serre.  « Mais c’est trop facile d’utiliser les pensées révolutionnaires d’un jeune homme comme arme pour ne pas se salir les mains. » Tes paupières se ferment un instant. Oublier. Ou du moins, essayer.  « Je les déteste tous. Ils ont rendu le monde pourri, ont détruit jusqu’aux idéaux de jeunesse de notre génération. Que ce soit les hauts-placés ou ceux qui pensent pouvoir le renverser avec plus dé légitimité. » Voix un peu plus basse parce que tu sais ne pas avoir le droit de parler de telles choses ; et pourtant. Toi aussi au fond, tu es un peu révoltée. Et la langue longtemps muette à tes côtés se remet à s’actionner. « Alors je suppose qu'après la tristesse, je suis en colère. » Contre ce monde de misères.


 

Amer Sérénade — ALIAM

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