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˜˜˜˜˜˜Masks reveal. They don’t conceal.
maybe life should be about more than just surviving


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22/07/2016 Lynelf 511 Naya Rivera Blondie -> Ava' | Quiet Riot (Bazzart) -> Signa' Chasseuse • Chasse + Maniement des armes 0
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Sujet: Masks reveal. They don’t conceal.
Ven 16 Sep - 3:40

Masks reveal. They don't conceal.
ft. Hyacinthe

Je pue. Je grimace rien qu'à l'idée et pourtant, il n'y a pas plus horrible vérité à ce moment-même. Je me suis lavée trois fois mais je dois bien en venir à l'évidence : il n'y a rien à faire. Après la première fois, je pensais simplement que je m'étais mal frottée. J'y suis retournée sans me poser plus de questions. Après la deuxième, j'ai trouvé cela étrange. Est-ce que mon nez venait mystérieusement de se déboucher ? Est-ce que c'était mon cerveau qui se rappelait soudain de prendre en compte l'information ? Je me suis savonnée jusqu'à ce que ma peau devienne rouge. Et même là, je n'ai pas vraiment arrêté. Et rien ne changeait. Rien n'a changé. Je sens l'odeur de la mort dans mes cheveux. Mon corps reprend une légère fragrance de putréfaction après quelques temps. Comme s'il se mettait au diapason de mes victimes. Comme s'il voulait me rappeler que chaque vie que je prends, animale ou humaine, reste une vie avant tout. Comme si j'avais besoin de ça.

A présent, je suis plantée au milieu de la maison dont j'ai hérité. Et je rumine. Je grogne, presque. Je suis habituée à ne pas sentir bon. J'ai vécu parfois des jours sans pouvoir prendre de bain. Mais aujourd'hui, je ne veux pas sentir l'odeur de la chasse sur moi. Je veux me sentir, moi. Parce que je suis à la maison et que si j'ai déjà quasiment envie de repartir, je ne peux pas repartir avec l'impression que mes proies me sentiront arriver à des kilomètres. Pas la peine de réessayer de faire partir l'odeur, cela dit. Elle semble ancrée en moi telle une deuxième peau. Alors je rumine et je grogne. Je ne sais pas quoi faire. Ou plutôt si, je sais quoi faire. Je n'ai tout simplement pas envie de le faire. Rien que demander de l'aide, déjà, me met de mauvaise humeur. Je ne veux pas me sentir redevable. Je ne veux pas avoir l'air vulnérable. Plus que ça, je ne veux pas ressembler à celles qui « prennent soin d'elles ». Parce qu'avoir le temps de prendre soin de soi, c'est ne pas prendre le temps de prendre soin des autres. Nous passerons bien évidemment sur le fait que je ne prends absolument pas soin des autres non plus. Mais il y a tellement plus important que de sentir bon. Et c'est sur cette pensée que, soudain, je m'arrête de tourner en rond. Effectivement, il y a plus important. Et pourtant, là, maintenant, je ne peux penser qu'à ça. Et ne penser qu'à une chose aussi futile est peut-être ce qu'il y a de plus ridicule dans tout ça. Parce qu'un problème a toujours une solution et que, me connaissant, je risque de passer et repasser la question dans ma tête jusqu'à ce que le problème passe. S'il passe un jour. La meilleure solution serait encore de le régler maintenant, quand je sais que je le peux et qu'il ne m'a pas encore trop distraite. Alors, soit. Si pour passer à autre chose, je dois aller quémander, j'irai. Même si cela me fait grimacer.

Sur le chemin, je grogne encore un peu. Pour ne pas changer. Je m'en veux de ne pas être venue à cette conclusion plus tôt. Ça m'aurait fait gagner un temps fou. Enfin. J'y suis arrivée, c'est déjà ça. Encore quelques pas et je suis devant la maison. Je fais chaque mètre avec moins d'envie que le précédent. C'est une mauvaise idée. Et si je me retrouve avec un parfum nauséabond ? Ou qui se sent jusqu'à la cité Rahjak ? Ce serait pire que de sentir la mort. Surtout qu'ils doivent être plus habitués à sentir l'odeur de la mort que celle du parfum. Du coup, à la porte, j'hésite. Je la regarde sans la voir. Principalement parce qu'il n'y a rien à voir. C'est une porte des plus banales.
Je connais la réputation de Hyacinthe. Je sais que je ne demanderai pas ça à n'importe qui non plus et qu'il pourra sans doute m'aider un minimum. Et si ce qu'il me fait ne me plaît pas, je ne l'utiliserai pas. Je le garderai pour l'offrir à quelqu'un en échange d'un petit service. Cela pourra toujours servir. Je me dis aussi que ce sera peut-être l'occasion d'enfin parler avec le parfumeur. Je n'en ai jamais réellement eu envie. Mais j'ai toujours aimé l'observer de loin sur la plage. Son histoire, je la connais. Et sans dire que l'on ma rejeté autant qu'on l'a rejeté lui, je nous trouve certains points communs aujourd'hui. J'ai surtout compris qu'il était un être humain avant d'être un être étrange. J'en suis venue à me demander ce qu'il pourrait raconter, à me demander comment fonctionne son esprit. Et il m'a probablement apprit plus de choses sur moi que la plupart ne le feront jamais, sans même m'avoir parlé.

Je repense à ce parfum. Raison première de ma venue. Lubie sans doute passagère et pourtant nécessaire. Qui doit, en tout cas, être traitée. Je soupire. Et je toque. Trois coups nets et précis.


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Sujet: Re: Masks reveal. They don’t conceal.
Ven 7 Oct - 23:51

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Alysha & Hyacinthe


Trois coups. Un. Deux. Trois. Assit sur l'unique chaise survivante Hyacinthe sursauta. Rêvait-il ? lui qui frappait toujours de la même façon. Toujours par trois. Cela pouvait-il être un signe ? Mais de quoi ? le blond se méfiait de ce que l'on nommait miracle. Là il attendait la mort, celle que lui annonçait Basile. Celui qui supposément devait lui apporter cette potion réparatrice mais se faisait mortellement attendre. Maintenant le blond doutait, de tout, de rose depuis qu'elle prétendrait lui apprendre qui il était, de Basile qui mentait probablement depuis le début, de la terre qui détruisait tout ce qu'il possédait ... Et surtout il sauvait un homme et celui venait atterrir dans sa serre le jour du tremblement de terre. Que devenait donc cette vie ridicule ? Y avait-il un message caché dans tous ces événements ? Ou leur donnait-il beaucoup plus d'importance que nécessaire ? Alors maintenant si ça se trouvait, le Calusa s'imaginait toquer à la porte de sa propre maison ! Un instant il fut tenté de se pincer pour vérifier puis finalement il se leva. Repoussa un tabouret dans le chemin un peu brusquement puis revint en arrière pour le remettre à sa place.

Seulement enfin il ouvrit grand la porte dans un geste un peu théâtral, le regard vert un peu sombre s'adoucit immédiatement quand le verrier découvrit qu'il se trouvait une vraie personne finalement au seuil de sa maison. Un peu curieux, insolent même, il l'examina de haut en bas essayant de se rappeler ou il aurait pu la voir auparavant. Son visage lui rappelait quelque chose, mais avec son esprit confus  le Calusa mélangeait tout et ne retrouvait plus rien à sa place. Soudainement une horrible odeur lui chatouilla le nez, alors il huma l'air avec plus de force, puis sorti précipitamment pour vérifier que ces petits cons qui s'amusaient si souvent à ses dépends n'eussent pas encore badigeonner sa maison de merde. Le parfumeur poussa la jeune fille de côté un peu brusquement mais sans violence. Mais non rien. D’où cette infection pouvait-il venir ? Peut-être de derrière, il irait vérifier par la suite, mais d'abord il devait s'occuper de cette jeune femme. Il se retourna vivement vers elle « Excusez, excusez, excusez... » Commença t-il pour s'interrompre alors que les souvenirs lui remontaient à l'esprit. Mais oui Hyacinthe la replaçait sur la plage, il la croisait régulièrement sans jamais lui avoir parlé.

D'ailleurs même elle l'intriguait, sans pourtant qu'il eut jamais fait un pas pour en connaître davantage. Parfois il appréciait le mystère. Ou simplement inventer une vie imaginée à d'autres personnes en leur donnant un rôle un peu magique.  « ... j'ai cru qu'il s'agissait de plaisantins qui aiment à me jouer des mauvais tours » expliqua t-il à la jeune femme. Calusa probablement. Bien qu'il ne se remémora pas avoir jamais joué avec elle. sans doute devait elle être agée de 6 ou 7 ans de moins que lui. Il se pouvait très bien aussi que ses parents fussent voyageurs, et qu'elle eut très peu passé de temps au village dans son enfance. Pourquoi venait-elle soudainement ? Jamais auparavant cette jeune inconnue ne se présenta comme cliente. Et d’ailleurs peut-être devrait-il commencer par se présenter  « Bonjour, je suis Hyacinthe, est-ce lui lui lui que vous cherchez ? Puis-je vous venir en aide pour quelque chose ? » Il lui montra l'intérieur de sa maison, un partie de ce qui restait, un pièce encore debout, mais le reste complétement détruit. Ça ressemblait désormais à une grotte, heureusement que son atelier tenait encore debout !

« Je n'ai pas grand chose à offrir cependant ... » Oui le blond se devait d'être clair. Non pas qu'il fut égoïste, mais probablement pas la meilleur personne à venir voir quand on se trouvait dans le besoin. Il désigna son intérieur par trois fois. comme pour souligner le fait que si il restait là c'est que ça lui appartenait et qu'il ne possédait rien d'autre. Et cette terrible flagrance qui ne disparaissait pas, du coup le blond la prit à témoin  « Vous sentez ça ? je crois bien qu'on a déverser de la merde chez moi, je m'excuse vraiment de l'odeur, Je ne vois rien ici devant, je ....  » Comment pouvait-il présenter un telle chose à la demoiselle ? lui demander de l'accompagner pour vérifier si son jardin venait d'être aspergé d'immondices. Hyacinthe fit un pas en avant puis recula. Trois fois. Avant de se décider à demander  « Vou-Voulez vous m'accompagner le temps que je vérifie, ainsi vous pourrez alors m'expliquer le but de votre visite .. »


Dernière édition par Hyacinthe Bosco le Dim 9 Avr - 20:55, édité 2 fois

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Sujet: Re: Masks reveal. They don’t conceal.
Lun 10 Oct - 21:37

Masks reveal. They don't conceal.
ft. Hyacinthe

Juste avant qu'il n'ouvre la porte, entre mes trois coups et son apparition, une pensée me traversa l'esprit. Le tremblement de terre. Non pas que je l'avais oublié -il est difficile d'oublier quelque chose qui vous fait retarder vos plans, qui détruit une bonne partie de vos affaires personnelles et la moitié de votre campement- mais je me dis soudain qu'il a peut-être autre chose à faire. Je ne me dis pas que je devrais revenir à un autre moment, parce que je n'ai pas envie d'y consacrer plus temps que je ne le fais déjà. Mais il est possible qu'il ne soit pas particulièrement enclin à me rendre service ou que je ne le vois pas sous son meilleur jour et, bien que cela me décevrait énormément, je n'en tiendrais pas autant compte que s'il ne s'était rien passé d'aussi grave. Cela dit, je réclamerais probablement quelque chose parce que je ne peux pas vivre comme ça un jour de plus.

Puis, d'un seul coup, la porte s'ouvrit. Si rapidement que je mis bien deux secondes avant de réaliser ce qui venait de se passer. Les yeux de celui qui se tenait à présent devant moi passèrent de colériques à amicaux en tombant sur moi. Était-ce parce qu'il s'attendait à voir quelqu'un d'autre ? Peu importait, au fond. Parce que la seconde d'après, il me reluquait de haut en bas sans même s'en cacher. J'hallucinais. Je mis les mains sur les hanches et attendit que son regard revienne au mien avant de hausser les sourcils, marquant ainsi mon mécontentement. « Ne vous gênez pas surtout. » Et il renifla avant de sortir pour renifler à nouveau en me dégageant de son chemin sans explication aucune. Je commençais doucement à me dire que les rumeurs sur lui étaient fondées. Était-il fou ? Si je ne l'avais pas observer pendant parfois de longues heures auparavant, j'aurais pu sérieusement le croire, face à son manège. Il s'excusa trois fois. Je pris d'abord ça pour du bégaiement avant de rapidement me rappeler de sa manie du chiffre trois. Je l'avais déjà vu faire certaines choses trois fois, comme un rituel, un gage de bonne foi. Mais le voir faire et l'entendre étaient deux choses assez différentes. Je hochais la tête d'un coup vif pour lui signaler que ses excuses étaient acceptées. Je n'oubliais pas pour autant ses manières.

Son explication me laissa un peu pantoise. On ne m'avait jamais joué de mauvais tours et je n'en avais jamais joué à quelqu'un nécessitant que ce dernier renifle l'air pour s'en assurer. « Qu'est-ce qu'on vous joue comme mauvais tours, exactement ? » Ma question était à moitié ironique, à moitié sérieuse. Parce que j'avais moyennement envie de savoir et pourtant je me doutais qu'il avait dû en voir de toutes sortes, et peut-être certaines dont je n'avais jamais fait l'expérience. Il se présenta ensuite, tandis que je réalisais que nous étions effectivement passés outre les salutations. J'y répondais le plus gentiment possible vu la première impression que j'avais eu. « Bonjour. Oui, je sais qui vous êtes. Et oui, c'est bien vous que je voulais trouver. » Qui d'autre ? Est-ce qu'on avait d'autres parfumeurs dans les environs ? Je ne savais plus vraiment. Hyacinthe était le premier qui m'était venu à l'esprit. Étrangement, je doutais pouvoir avoir un minimum confiance en quelqu'un d'autre. Je n'avais pas totalement confiance en lui. Mais je croyais en ses capacités plus qu'en celles de certains, alors même que je ne le connaissais pas vraiment. Et cela bien qu'il me montra trois fois son intérieur en soulignant le fait qu'il ne pourrait pas forcément grand chose. Je haussais les épaules, n'ayant aucune idée de ce dont il avait besoin pour faire un parfum. « Il me faudrait un parfum, une eau de toilette, n'importe quoi. » J'hésitais un instant avant d'ajouter : « Le plus rapidement possible. » Je ne savais pas combien de temps cela prenait d'habitude mais je ne pouvais pas me permettre le luxe d'attendre des mois, ni même des semaines. Même des jours, cela me paraissait beaucoup trop.

Et alors que je me disais que nous étions partis du mauvais pied mais qu'il me paraissait de plus en plus sympathique et surtout à-même de me rendre service, il en remit une couche. C'est ce moment-là que choisirent mes neurones pour se manifester et rappeler à mon cerveau les bases de l'addition. Le reniflement quand il ouvre la porte. L'odeur d'excréments, peut-être pire. Moi, dans la même pièce que lui. Je le laissais m'inviter à aller vérifier dehors tandis que je soupirais intérieurement. Voulait-il se montrer poli ? Ou pensait-il vraiment que l'odeur ne pouvait pas venir de moi ? Je grognais d'abord légèrement avant de me mettre carrément à jurer.  En marmonnant à moitié à moi-même, à moitié pour toute la tribu. « Putain. Putain. Putain. » Je le regardais d'un œil perçant, essayant de savoir s'il se foutait de moi ou non. « On peut aller vérifier dehors si ça vous chante mais je ne pense pas que l'odeur vienne de là. » Je me pointais du doigt. « Je vous ai dit que j'avais besoin d'un parfum le plus vite possible, non ? » Et comme pour enfoncer le clou encore un peu plus, je terminais : « Je peux vous prendre dans mes bras si vous voulez sentir la bonne odeur. » Aujourd'hui n'est pas mon jour, il  me semble.


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Dernière édition par Alysha Jovayuj le Lun 7 Nov - 0:36, édité 1 fois

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Sujet: Re: Masks reveal. They don’t conceal.
Mer 19 Oct - 23:23

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Alysha & Hyacinthe

Généralement l'air marin restait ce qui dominait dans les environs de la demeure plus ou moins rescapée de Hyacinthe. Lui il appréciait beaucoup cette flagrance, bien qu'au fil du temps il fut venu à ne plus la remarquer. Sauf quand il s'éloignait dans les terres pour revenir ensuite, alors il souriait parce que ça signifiait qu'il arrivait enfin chez lui. Ou alors juste à coté de l’océan quand il surfait ou y trempait les pieds pendant de longues marches solitaire. Comme parfumeur parfois le blond craignait que ça n'abîme son odorat, et qu'il ne sache plus retrouver le mélange souhaité pour tel parfum. Voilà aussi pourquoi sa serre restait d'une importance capitale afin de ne pas soumettre les plantes à un oxygène trop puissant qui les altérerait à jamais. En fait le calusa n'en savait rien, mais il préférait se protéger d'éventuelles désillusions. Un peu perdu par toutes les pertes, et les éventements de ces derniers temps, il s'affolait parfois comme une boussole qui perdait le nord. Déjà surpris par la présence de la jeune femme, il le fut deux fois plus par cette odeur nauséabonde. Et ça faisait parti de ses pires cauchemars que cela arriva quand un client se présentait.

Rien ne lui indiquait au départ que la jeune femme se trouvant au seuil de sa porte pour ses services. Il ne lui venait pas très souvent de nouvelles têtes, à moins que des habitués le recommande. Malgré tout il détecta  chez elle, un petit air furieux qui pouvait le faire s'attendre à tout. Une sœur de l'un de ceux qui le persécutait, et à qui il rendait désormais la monnaie de leur pièce. Ceci grâce aux bonnes leçons de Gen. Voulait-elle lui faire la morale, lui prétendre qu'il effrayait son charlatan de frère ? Tout cela défilait dans sa caboche sans qu'il fit très attention aux paroles de la nouvelle arrivante. Mais il se calma doucement en se rappelant l'avoir déjà aperçu quelque fois marchant sur le sable fin. Au fond ils s'adressaient la parole pour la première fois. Le spectacle ressemblait à un étrange balai ou chacun exécutait des pas inconnus de l'autre tout en essayant de garder le rythme. Alors sans avoir répondu à la demande de la jeune femme, Hyacinthe tenta de l'entraîner dans le jardin, et là soudainement il lui sembla qu'elle se révoltait. Un vent de panique balaya les prunelles du jeune homme. Elle jura, trois fois, juste comme lui.

« Oh oh oh je suis désolé, je ne vous avais pas entendu ... Un parfum » Un parfum pour cette mauvaise Odeur, donc la jeune fille la portait sur elle, comme un vêtement, l'offrant aux narines de tout ceux qui la côtoyaient.  « Un parfum un parfum un parfum  » Répéta le blond trois fois pour se donner une contenance, essayant de se remémorer les paroles non perçues auparavant. Oui il acceptait de la dépanner le verrier, cependant un fait lui paraissait extrêmement illogique. Et Hyacinthe ne voulait pas froisser, ou vexer la demoiselle puisqu'elle semblait en passe de devenir une future cliente, mais il se devait de bien l'aiguiller.  « Peut-être qu'un bain ... Avant un parfum ?  » Puis le percuta de plein fouet la proposition d'Alysha, de le prendre dans ses bras. Il recula. Un. Deux. Trois pas. Puis revint en avant. Par trois fois. Avant de refaire deux fois trois pas - c'est à dire six -, et de rester définitivement immobile. Les mains au devant de lui  « Non non non pas la peine je vous crois  » Non pas qu'il craignait de puer lui aussi, enfin si le blond arrivait à l'éviter, cela lui semblait préférable à première vue. Mais après il lui restait l'océan entier pour se nettoyer. Non il n'appréciait pas forcément le contact ... trop vite.

Bien sur il aimait flirter, le plus souvent pour se persuader  que les filles l'attiraient mais aujourd'hui la dynamique ne prenait pas ce chemin là. Du moins pour le moment. Et pour qu'elle ne le prit pas mal il ajouta  « Mais après peut-être » Maintenant  plus besoin de  faire le tour de la maison puisque le corps du délit était découvert ! Oui le corps ... Bref, maintenant Hyacinthe tâchait de remettre ses idées en ordre. Au fond la jeune fille passait une commande mais souhaitait aussi de l'aide. Et pour se faire, qu'il lui donna satisfaction, il se devait de l'amener dans sa cave, son lieu de travail.  « Et bien avez vous déjà une idée des saveurs que vous préférez ? On peut se diriger ... » Hyacinthe sorti à nouveau de chez lui avec vivacité en entrainant la demoiselle dans son sillage, puis lui montra une seconde porte moins visible, mais bien là.  « C'est mon atelier, il serait plus aisé de s'y rendre et je pourrais vous faire sentir plusieurs de mes créations. Alors vous pourrez m'aiguilliez sur ce que vous souhaitez, à à à moins que vous ne trouviez déjà votre bonheur » Ayant dit ces mots le blond supposait qu'elle voudrait le suivre et se dirigea vers la porte qu'il poussa et qui s'ouvrit découvrant un escalier qui descendait dans une cave éclairée par les bons soins du Calusa solitaire. Il lui fit signe de le suivre mais rajouta avant de descendre  « Et et et il y un bain aussi ... »


Dernière édition par Hyacinthe Bosco le Dim 9 Avr - 20:57, édité 2 fois

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Sujet: Re: Masks reveal. They don’t conceal.
Lun 7 Nov - 0:33

Masks reveal. They don't conceal.
ft. Hyacinthe

J'ai du mal à tenir en place. Je ne veux pas être là. Je m'imagine partir en claquant la porte, m'éloigner de lui mais surtout de ce qu'il représente. Je n'ai pas envie d'avoir besoin d'aide et je n'ai surtout pas envie d'admettre que j'ai besoin de ce genre d'aide. Je me sens humiliée mais je n'arrive pas à lui en vouloir. Bien qu'une petite partie de moi me dise qu'il aurait pu se taire et me tendre un parfum. Qu'on en finisse rapidement et simplement. Tout pour ne pas parler. Tout pour reprendre ma vie normale le plus vite possible. J'en veux aussi à ce tremblement de terre, qui m'a fait rester au campement plus longtemps que d'habitude. J'ai eu de la chance que ma maison n'en souffre pas trop. Nous n'avions pas énormément d'objet de valeur. La seule chose qui me préoccupe, c'est le collier de mon frère que je n'ai toujours pas retrouvé. J'ai encore une de ses bagues. Je me dis que je peux vivre au moins avec ça. Mais mon cœur se fêle à l'idée que son collier soit à présent au fond de la mer. La mer qu'il aimait tant. Et j'ai aidé des gens. Des gens pour qui je n'ai aucune affection. Je ne me sentais, cependant, pas si impitoyable que ça pour les abandonner à leur malheur. Pas eux. Pas ma tribu. Les seuls qui pourraient, un jour, être la maison à laquelle j'aime revenir. Au fond, je sais que je n'ai qu'eux. J'ai envie qu'ils aient besoin de moi comme je me fous de ce qu'ils peuvent penser de ce que j'ai parfois fait. Les contradictions, c'est beau, non ? Et me voilà à avoir besoin de l'aide de l'un deux. D'un côté, cela me hérisse le poil. Ma fierté en prend un coup. D'un autre, je suis un minimum contente que ce soit lui. Un des seuls qui semblent particulièrement intéressants.

Alors quand il s'excuse, j'accepte plus facilement que je n'aurais accepté si cela avait été n'importe qui d'autre. Je me dis que, peut-être, ce sera là ma bonne action du jour. « C'est bon. C'est pas grave. » Je le vis ensuite comme réfléchir à haute voix. J'attendais juste qu'il me dise qu'il allait m'en donner un, peut-être hors de prix, et que j'allais pouvoir tout lui payer puis rentrer chez moi, sentir bon et ne plus penser au fait que je réagis, en ce moment-même, exactement comme ma mère aurait réagi si elle s'était rendu compte qu'elle ne sentait pas la rose. Ce n'est pas sur ce point-là que je veux ressembler à ma mère, à vrai dire. J'hallucinais alors un peu en entendant qu'il me proposait de prendre un bain. Comme si je n'avais pas déjà essayé. Je suis prête à le traiter de tous les noms et, pourtant, je me retiens. Juste pour cette fois-ci, je n'ai pas envie de faire du mal. Et je me dis que j'ai peut-être bien fait quand je le vois reculer prestement à ma proposition de le prendre dans mes bras. Il fait son petit manège trois fois et je le laisse faire. Un sourcil levé pour marquer mon attente d'explications. Il a l'air de devoir encaisser le choc, ses mains levées en signe d'excuses mais peut-être aussi de gêne et d'un je-ne-sais-quoi de révulsion. Mes bras se croisent à sa réponse. « Tant mieux. » Il est toujours appréciable quand on vous croit sur parole. Et il ajouta cette petite hypothèse qui me laissa un instant pantoise. Cette fois, c'était moi sous le choc. Mon premier réflexe fût de m'énerver. Qu'il est pu croire que je le draguais ouvertement me paraissait  invraisemblable et presque insultant. Je ne draguais pas tout le monde et, surtout, je savais mieux draguer que ça. Si j'avais voulu le mettre dans mon lit, j'aime à penser qu'il y serait déjà depuis des lustres. Et certainement pas parce que je lui ai proposé un câlin. Mais les deux ou trois secondes de légère colère passées, je ne peux m'empêcher de sourire. Puis de rire. Je ne ris pas à gorge déployée mais je ris tout de même et c'est déjà plus que j'en ai l'habitude. Je reprends vite mon sérieux, cependant. « Non. Je veux dire, non, je n'essayais pas particulièrement d'avoir une embrassade. Je voulais juste vous convaincre. » D'un côté, je ne vais pas non plus fermer complètement cette porte qu'il a ouverte. Parce que pour l'avoir vu surfer plusieurs fois et pour l'avoir en face de moi d'assez prêt, ce n'est pas quelqu'un que je ne voudrais vraiment pas dans mon lit. « Mais si vous en avez envie plus tard... On verra ça. » Je ne dis pas oui. Je ne dis pas non. Mais je souris, plus gentiment que malicieusement.

Après ce petit écart, le sujet principal revint au centre de la conversation. Je le suivis alors qu'il sortait rapidement de chez lui. « Je n'ai pas vraiment de saveurs en tête. Peut-être quelque chose de boisé ? Qui fasse un peu penser à la forêt ? » Je ne voulais pas sentir la mer ni la rose au fin fond des bois, de ça j'en étais sûre. Je ne voulais pas non plus sentir une quelconque fleur en particulier. C'était, pour moi, le risque de se faire repérer. Il me montra une porte en m'expliquant la présence de son atelier. Il ouvrit la-dite porte qui découvrit un escalier. « C'est parti, alors. » Et il rajouta sa petite phrase qui gâcha tout, juste avant de descendre. Cette fois, furieuse pour de bon, j'attendis qu'il se retourne avant d'étrangler l'air derrière lui en descendant une première marche. Faire semblant de le tuer m'évitait de le tuer vraiment. Surtout que j'avais besoin de lui. Pour l'instant. « J'ai déjà pris un bain, vous savez. » Mon ton était particulièrement dur, peut-être dû au fait qu'entre chaque phrase je l’insultait silencieusement. « Trois, pour être précise. » J'avais presque envie de me déshabiller pour lui montrer ma peau devenue rêche à force de gratter. « Trois longs bains. » Et aucun changement. L'odeur était un peu plus diffuse qu'au commencement. Et encore. J'avais surtout l'impression que mon nez s'était habitué. « Vous voulez que je me déshabille pour vous montrer ma peau rugueuse ? » Et pour le coup, je souriais. Un air narquois au bout des lèvres. J'espérais que cela le mette mal à l'aise et j'étais presque certaine que ce serait le cas. Alors que, tout en pensant cela, nous arrivions en bas de l'escalier. Je ne m'imaginais rien et tout à la fois. Le voir en vrai rendait le tout presque magique. Mais pas de cette magie inconnue qui ne me plaît pas. C'était ici une magie, une aura qui respirait la confiance et l'assurance d'être là pour vous faire plaisir. Par contre, peu d'air ici. Et je doutais que cela aide à diluer mon odeur. Ce qui risquait de ne pas beaucoup faire plaisir à nos narines.


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Sujet: Re: Masks reveal. They don’t conceal.
Mer 7 Déc - 15:13

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Alysha & Hyacinthe

Tout ce qui se révélait inconnu le perturbait. Ses pensées tournoyaient toujours autour des mêmes thèmes. Tout cela l'entrainait dans certaines profondeurs ayant tendance à le diriger dans les extrêmes. Au fil de la vie Hyacinthe se montrait réservé de par sa sauvagerie induite pas sa solitude. Mais usuellement il prenait un ton doux pour atténuer les quelques TOC qui surgissaient dans ses gestes ou ses paroles. le Calusa ne paraissait pas dangereux, à part pour lui-même et sa sanité. Il se poussait vers le désespoir en cherchant un soupçon de joie. Le blond savait que pour changer il devait avancer, mais mettre en exergue ce départ lui donnait beaucoup de difficultés. Alors il repensait aux paroles de Baelfire. Simples. Directes. Sans fioritures. A ses moments-là il se jurait de s'y conformer. Malheureusement les avertissements de Basile hurlaient dans sa tête comme pour l'empêcher de rejoindre les jardins de la logique. Sous sa caboche blonde régnait un casse-tête continuel, aussi ce tremblement de terre le laissait devant son domaine, sa caverne, son refuse dévasté. Tout échappait à Hyacinthe, et cette visite dans une demeure cassée le tourmentait si bien qu'il agissait de façon intuitive.

Oui il connaissait de vue cette jeune fille, Non jamais elle ne lui porta préjudice. Mais au delà que pouvait-il en conclure ? Sur quoi s'appuyer au sujet de cette dernière ? Ainsi  le verrier répondait à la demoiselle légèrement guidé par un pilote automatique intérieur. Il voyait l'évidence, il l'exposait sans supputer un instant que cette dernière la recevrait éventuellement très mal. Hyacinthe il tâchait de réparer les failles visibles un peu à l'aveuglette. Cependant il buttait sur cette histoire d'accolade. Fallait-il en faire ou non ? En désirait-elle ou non ? le convaincre ? Pas besoin de ce rapprochement pour la croire « Je suis convaincu  » A moins d'avoir un sacré rhume, impossible de ne pas se faire envahir par l'effluve qu'elle dégageait. Le Calusa attrapa une de ses mèches blondes l'entortillant autour de ses doigts. Geste automatique qui datait d'avant qu'il se transforma en homme. Malgré tout ses efforts des réminiscences "de la disparue" se glissait encore dans sa nouvelle vie. Enfin plus si nouvelle, puisque depuis l'âge de 15 il s'efforçait d'incarner l'homme devenu ... Mais A lui Hyacinthe ça ressemblait à Hier. « Non mais c'est parce que j'aime pas pas pas les contacts... »

Soyons francs ! Carrément ! Non il ne respirait pas le tact, mais tous ses ancrages se dissolvaient avec ce paysage en ruine. Sauf ... Son lieu de travail. Le blond préféra alors ne plus rien dire avant que de se retrouver dans son petit royaume. Une fois là, Le parfumeur s’immergea un moment dans les circonvolutions que lançait son cerveau pour découvrir la recherche la plus aboutie à proposer à la jeune femme. « Piquante et Boisée ? Ca vous décrirait bien pour ce qui est de la première impression » Mais probablement qu'Alysha ne se réduisait pas qu'à ces deux mots. Hyacinthe amorçait un début, pour entamer une conversation qui tournerait autour de l'identité de la femme pour que sa création fusse fidèle à celle qui la porterait fièrement, accepterait d'en être l'ambassadrice. « Ah oui le bain » Concentré sur sa nouvelle mission il en oubliait l'odeur qui causait tant de désagrément à cette visiteuse. « Trois ? peut-être pas le bon produit pour ... » Le jeune homme s'interrompit à l'idée de la voir se dépouiller de ses vêtements. Non il n'éprouvait aucun gêne mais un mauvais souvenir lui remontait à la mémoire. « Non ... je ... Tendez moi votre main cela suffira ... »

Hyacinthe pouvait comprendre à la lueur qui brillait dans les yeux de la femme qu'elle s'attendait à cette réaction de sa part. « C'est pas pas pas vous, c'est moi ... » Se défendit-il en prenant de soin de mettre la distance d'une table entre elle et lui. Forcément ça accentuerait ce qu'elle imaginait probablement, lui troublé par sa beauté de femme fatale ... Au fond il ignorait d'ailleurs à quoi pouvait ressembler une telle terreur. Le parfumeur hésitait entre donner plus de détails ou tout simplement approfondir sa recherche sur l'âme de cette femme. Les deux ne se rejoignaient-ils pas ? le blond fouilla dans son étagère récupérant plusieurs petits pots qu'il déposa sur le meuble « Voilà les essences auxquelles vous me faites pensez, sentez et dites moi ce que vous préférez, le nom de la ... fleur se trouve gravé dessus ... ça fera un bon début pour établir une base » Celle que tout le monde voyait, celle qu'Alysha offrait aux yeux du monde. Chaque petite fiole il l'avança ensuite plus prêt d'elle, par trois fois chacun d'elles, un peu comme un danse de papillons. Et maintenant qu'il venait de terminer sa proposition, il lui apparaissait qu'il ne désirait pas demeurer silencieux. Alors tout cela sorti sans prévenir, franchissant ses lèvres un peu comme si il devait une explication à la guerrière. « J'ai été une fille ... Je ne suis pas troublé par les filles »

Il déroulait cette explication comme s'il s'agissait d'une règle immuable. Sachant pourtant bien que parfois la nature rapprochait deux êtres du même sexe. Mais lui refusait cette éventualité, forcément cette attirance envers les garçons perdurait comme une souvenir qui ne se laissait pas détruire. « Et je le voudrais pourtant »


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22/07/2016 Lynelf 511 Naya Rivera Blondie -> Ava' | Quiet Riot (Bazzart) -> Signa' Chasseuse • Chasse + Maniement des armes 0
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Sujet: Re: Masks reveal. They don’t conceal.
Jeu 29 Déc - 0:06

Masks reveal.
They don't conceal.
ft. Hyacinthe

J’avais comme des doutes parfois. Je me demandais pourquoi je faisais ça ou pourquoi je n’avais pas fait ci. C’était à s’y prendre la tête pendant des heures. Des jours. J’en arrivais même à me demander ce que je faisais de cette vie. Quel était mon but, concrètement ? Le tuer ? Oui. Et après ? Je n’aurai plus rien. Je pourrais trouver d’autres gens à détester. Il y en a à tous les recoins. Je pourrais me vouer à exterminer les petits débarqués. Ou les Rahjak. Je pourrais. Mais, et si ? Et si je ne le trouvais jamais et que j’arrivais à un âge où il était impossible qu’il puisse être encore en vie et impossible pour moi de faire quoi que ce soit d’autre que de regarder la mer et les gens dans la mer et le soleil sur la mer et la lune souriant à la mer. Il ne me resterait rien et j’aurais fait tout ça pour rien. Il m’aura détruit ma vie jusqu’au bout et il ne l’aura jamais su. Généralement, c’était à ce moment-là que ma colère revenait en puissance, où je remontais sur mon cheval, ou me remettait simplement sur pieds, et continuait mon chemin. Les yeux toujours aussi noirs de fureur. Les pensées pleines d’insultes pour un père qui n’en était plus un et de demandes de pardon pour un frère qui n’était plus là. Parfois, j’avais aussi pitié pour ma mère qui n’avait probablement pas eu de chance d’aimer un homme qui ne l’avait pas aimé. C’était plus rare, cela dit. Elle était d’ailleurs une des seules personnes à m’avoir fait autant pitié. Je l’aimais quand même. Du moins, je crois. Je la respectais, en tout cas. Certes, elle avait parfois été parfois un peu trop naïve à mon goût. Elle n’en avait pas moins été une Calusa ce qu’il y avait de plus vraie. Elle s’était simplement perdue à un moment donné. Ou peut-être qu’elle avait juste choisi le mauvais chemin sans vraiment s’en rendre compte. 

Aujourd’hui, je me dis que c’est peut-être moi qui me suis perdue. Je m’en veux de faire attention à mon odeur. Je me trouve des excuses, qui me paraissent très valables mais qui ne sont pas moins des excuses. Si je vivais seule dans la forêt, si j’avais la force de pouvoir vivre exclue, comme Dwyaen tiens, je puerais à des kilomètres et personne ne serait là pour me dire quoi que ce soit et je n’aurais aucun soucis à continuer ma vie comme si de rien n’était. Mais ce n’est pas le cas. Je ne peux pas vivre seule. Quand bien même je pars pendant des mois, je me raccroche à mon village comme à une bouée de sauvetage. Je ne peux pas vivre sans eux. Ils pourraient très bien vivre sans moi. Alors j’essaye de me rendre utile comme je peux. Je ne sais pas si ça fonctionne vraiment. Je me dis que oui, pour ne pas trop désespérer d’avoir un jour leur pardon. J’ignore d’ailleurs si Hyacinthe est même au courant de ce que j’ai fait avant. Il a l’air de vivre un peu dans sa bulle. C’est peut-être ça aussi qui m’a convaincu que je ne risquais rien si je venais ici. Et ses réactions m’amusent beaucoup, je dois bien l’avouer. Alors quand il m’assura qu’il était certain que je ne mentais pas sans avoir à me prendre dans ses bras, mon sourire s’agrandit. Lorsqu’il entortilla ses cheveux autour de ses doigts, je les regardais filer entre ses phalanges. Ce geste avait le don de m’énerver au plus haut point chez une fille. J’avais l’impression, alors, de me retrouver devant une midinette qui faisait semblant d’être intelligente et se croyait belle et admirée de tous. Mais je regardais ses mèches blondes et je n’étais pas énervée. Pas trop. Pas pour l’instant. J’avais simplement l’impression de le découvrir petit à petit. Il m'affirma qu'il déclinait l'invitation simplement parce qu'il n'aimait pas les contacts. Je haussais les épaules. Je n'y croyais qu'à moitié et en même temps cela ne serait pas si étonnant venant de lui. « Ou peut-être que les gens s'y sont simplement très mal pris avec vous. » On ne peut pas détester tous les contacts, après tout. Et il y a certainement une raison expliquant cette petite aversion. La personne qui lui fera aimé ses contacts lui fera sans doute consentir à ceux des autres. Je me refusais à être cette personne, cela dit. Je ne voyais pas comment je pourrais faire apprécier les contacts à quelqu'un alors que ceux que j'appréciais le plus n'étaient que des contacts de combats et de plaisirs charnels. La patience, je la réservais à la chasse.

Arrivés dans sa parfumerie, je me rends compte qu'il allait peut-être m'en falloir un peu aujourd'hui quand même, de la patience. Piquante et boisée. Est-ce que j'avais l'air si hargneuse que ça ? Avec un léger rire intérieur, j'admis que c'était bien possible. « D'accord, si vous le dîtes. Je veux surtout pouvoir me fondre dans la nature. Je ne veux pas sentir la mer en pleine forêt. Et je passe le plus clair de mon temps dans celle-ci. » Après une petite minute de réflexion, à me remémorer certains de mes instants de chasse, j'ajoute autre chose. « En fait, je veux surtout qu'il me plaise mais plus encore qu'il plaise aux animaux. Qu'ils ne se doutent de rien lorsque je suis à leurs côtés. » Satisfaite, je hoche la tête, plus pour moi même que pour Hyacinthe. Je suis contente d'avoir trouvé les mots pour dire exactement ce que je veux. Peut-être que ce n'est pas encore assez approfondi pour lui. Peut-être qu'il ne pourra pas répondre à mes envies. Mais je sais au moins maintenant ce que je veux vraiment. Et apparemment, ce que Hyacinthe veux vraiment, c'est ne pas me voir nue. Le sourire toujours aux lèvres, je prends un air faussement surpris en regardant la distance qu'il a soudainement mit entre nous. « Cela ne sert à rien que je vous tende la main si vous êtes si loin. » J'approche lentement, comme si j'avais en face de moi un chat apeuré, prêt à courir dans le sens opposé au moindre geste. « Je ne vous forcerai à rien, je vous le promets. » Mon léger sourire est toujours accroché à mes lèvres mais je veux qu'il sente la sincérité dans ma voix. Je n'imagine même pas ce qu'il a bien pu subir pour être si effrayé. Ou dégoûté ? Peut-être est-ce juste de la timidité, au fond. Ses réactions sont tout de même violentes. Alors, lentement, je soulève mon bras puis relève ma manche. « Vous voyez ? » Sur mon bras, la peau pèle à de nombreux endroits. Impossible de manquer ça. A deux centimètres comme à un mètre. Je rabaisse mon bras et ma manche. « Quant au bain... » Sa phrase non terminée m'a fait réalisé quelque chose. Et si, effectivement, je n'avais pas utilisé un bon savon ? Après tout, j'en avais pris un qui traînait par là, sans doute depuis plusieurs semaines, et je ne prenais jamais ceux qui sentaient le plus fort. Je voulais simplement enlever la crasse. Mais peut-être que les savons avaient une date d'expiration. Qu'est-ce que j'en savais, moi ? « J'en prendrais bien un plus tard, si vous le voulez bien. »

Il attrape ensuite plusieurs flacons. Je le regarde faire tout en observant un peu tout ce qu'il y autour de nous. Les ingrédients par milliers. J'en reconnais certains. J'en découvre d'autres. Pour la majorité, je ne savais même pas qu'ils existaient. Il me dit de sentir les flacons qu'il a choisi. Les fleurs qui sont censées me représenter. Il me présente le premier dans un va et vient triplé. Puis il s'arrête. Je me penche pour sentir. Je hume en fermant les yeux. M'imaginant dans la forêt. Je grimace. Nous recommençons ainsi pour la totalité des pots. Mes réactions différent selon la fleur. Quand nous avons terminé, je ne sens quasiment déjà plus l'odeur qui me suis depuis des heures. J'étudie les flacons avec attention. A mon intuition, seuls deux sortent du lot. Certains étaient bien trop puissants à mon goût, d'autres sentaient juste mauvais. Finalement, je prends les deux qui m'ont le plus marqué par le bout des doigts pour les mettre en avant. Sur les flacons, deux noms : Aquilegia Vulgaris et Circaea Litetania. « Ces deux-là. Je ne suis pas sûre de pouvoir les départager mais elles conviendraient. » Prise d'un doute soudain après avoir senti tout ça, je me rapproche des deux pour les sentir à nouveau. Puis je me relève en acquiesçant doucement. Oui, elles pourraient.
Après quelques secondes de silence, j'entends la voix de Hyacinthe qui résonne à côté de moi. Il m'avoue ne pas être troublé par les filles. Mais qu'il aimerait bien. Je ne m'attendais à ce qu'il me parle de lui. Je pensais plutôt qu'il ferait tout pour me pousser à parler, à me dévoiler. Cela dit, j'en suis heureuse. Si je sors d'ici en pouvant dire que je le « connais » et pas seulement qu'il est une connaissance éloignée, j'en serais plus que ravie. Je me retourne vers lui, faisant attention à ne pas trop empiéter dans son espace vital. « Si quelqu'un veut aimer quelque chose, je pars du principe qu'il l'aime déjà. Mais qu'il ne veut pas se l'admettre. Ou se le permettre. » Mes paroles sont plus douces que je pensais qu'elles n'allaient être. Mon regard se perd au fond de l'atelier. Mon esprit retourne à ce moment où j'ai appris que Hyacinthe n'était plus une fille mais un garçon. Et ce moment où j'ai compris qu'au fond cela importait peu. Parce que ce qui importe, c'est ce que nous sommes à l'intérieur. J'ai mis du temps à le comprendre, j'ai fait le mouton trop de fois. Je suis restée silencieuse alors que j'aurais pu parler, contredire. Mais quand je l'ai vu surfé, j'ai compris qu'en plus de m'en foutre de ce qu'il était à l'extérieur, il serait toujours désirable à mes yeux.
Mes pupilles retrouve la vue. Mon esprit, le présent. « Je sais que vous étiez une fille. Je sais aussi que peu importe ce que quelqu'un est à l'extérieur, ce qui rend quelqu'un particulièrement désirable à mes yeux sont des gestes, des paroles, des façons de penser. » J'hésite un instant. Je ne veux pas trop me confier et, en même temps, je veux qu'il sache qu'il n'est pas juste le parfumeur du coin pour moi. « Et c'est sans doute grâce à vous que j'ai compris ça. » Mes mots déjà loin, je regarde à présent mon interlocuteur. Ses cheveux blonds sur ses épaules. Ses yeux à faire pâlir la mer. Je me demande si cela l'importe peu qu'il ait influencé, même rien que possiblement, ma vie. Au moins, je suis contente qu'il le sache. Je décide quand même de terminer sur quelque chose d'un peu plus léger. Parce que j'ai l'impression d'en avoir trop dit. Parce que j'ai l'impression de trop m'épancher sur ma personne et que si je veux connaître les gens, j'ai du mal à consentir à ce qu'on me connaisse. « Et puis, la vie est beaucoup plus simple quand on ne se pose pas de limites. » Ça oui, elle l'est.


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Dernière édition par Alysha Jovayuj le Dim 22 Jan - 13:43, édité 2 fois

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Sujet: Re: Masks reveal. They don’t conceal.
Sam 14 Jan - 20:27

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Alysha & Hyacinthe

Serrer ses doigts autour de la gorge de celui qui tentait de vous amener vers le fond, tout en vous signifiant que vous n'êtes rien, Le blond connaissait. La dépouille enterrée au fond de son jardin pouvait en attester. Évidemment il ne s'en ventait pas, et la victime passait pour disparue, probablement morte depuis des années. Par contre Hyacinthe aurait pu confier à Alysha que le meurtre de son persécuteur le libéra quelques instants de sa détresse pour la remplacer par la peur de se faire découvrir. Un culpabilité inavouée rodait aussi dans son esprit, cachée dans un coin bien sombre. A personne il ne pouvait se vanter de cette revanche sur la vie qui assurément ne lui rendit pas l'ancienne. D'un autre côté, il maudit dans son esprit avec les termes les plus menaçant Baelfire, celui par qui tout fut découvert. Le calusa ne passait pas une journée sans imaginer le jeune adolescent affrontant les tortures les plus cruelles. Un baume pour sa rancune. Jusqu'au jour ou ce dernier franchit le seuil de sa porte sans même le reconnaître. Presque un affront pour le parfumeur qui n'arrivait pas à se défaire de la rancune, ni du souvenir de l'Athna. Cependant après sa première expérience il n'imaginait plus donner un compagnon au défunt dissimulé dans sa serre. Oui d'aucuns diraient que  jeter les os à la mer réglerait la crainte de se faire attraper. Mais Hyacinthe se rappelait sa fureur, alors il s'accrochait à cette preuve comme garde-fou afin de ne plus jamais dépasser cette limite là.

Contre tout attente Hyacinthe réussit alors à se placeR du point de vue de Baelfire, il comprit sa réaction, il admit avoir menti tout en se bernant lui-même. Chacun? esquissant un pas vers l'autre? décida de faire Tabula Rasa, redémarrant une nouvelle amitié. Bien entendu Le blond ignorait tout du passé de la jeune femme présente en face de lui. Il décelait le drame car il en reconnaissait les marques sur le visage de la brune, mais évitait de pénétrer dans l'intimité de celle-ci. Il eut pu lui murmurer que finalement il retira plus de bénéfices d'un pardon que d'un meurtre. Seulement lui plus qu'un autre apprenait chaque jour que chaque individu reste différent, que l'expérience peut se partager mais ne consistait pas en une règle applicable pour tous. A la fois attiré par la sauvagerie que sa cliente dégageait mais inquiet de ce qu'elle augurait, le parfumeur marchait sur du verre brisé, c'est à dire qu'il évitait tout perche tendue à laquelle elle pourrait se saisir. Du moins ça résumait son idéal du moment. Mais tout le monde sait qu'on se fait attirer parce ce qu'on cherche à fuir. Dans la misère ou se réduisait son chez soi, voilà une opportunité de création sur laquelle le Blond ne crachera pas. Parce que nourrir son âme d'artiste résumait toute sa vie, et la beauté cachée, la vraie, déjà il pouvait la distinguer dans les gestes, les regards ou les réactions d'Alysha.

« Les gens ... les gens ... » Répéta t-il deux fois sans user de TOC, noyé dans ce qu'impliquait cette simple évocation d'un foule qu'il ne rencontrait jamais. C'était quoi "les gens" pour lui ? A part des visage anonymes ou un grand silence. Lâchant soudainement sa mèche blonde alors qu'il se rendait compte de l'erreur qu'il venait de commettre il rajouta pour éviter au mauvais sort de se manifester « Les gens » Que rajouter à cela ? Souhaitait-elle vraiment une réponse honnête à une supposition que la brune lui offrait comme une proposition. Son esprit désormais se focalisait sur les désirs qu'elle égrenait quand à la saveur qu'elle exigeait dégager. Il capta l'éclair d'une rébellion dans toute son attitude en regard à sa première opinion. Et Le parfumeur ne s'en formalisa pas, généralement il proposait afin que l’acquéreur(se) affine l'infini possibilité du mariage des flagrances. Il appréciait la précision de la jeune femme qui lui offrait ainsi un joli défi à relever, et déjà il sentait ses méninges s'agiter. « Les gens, ils viennent, ils partent, il demandent, ils achètent, ils insultent, il n'essayent rien ... » Précisa t-il comme une bombe à retardement avant d'enchainer sur le sujet qui amenait la belle auprès de lui « Piquante parce que vous êtes comme l'épine d'une rose à défendre celle qui dort au fond de votre cœur cœur cœur » Hyacinthe donnait les raisons de son choix, sans doute protesterait-elle, mais lui garderait cette image d'Alysha envers et contre toute espèce de preuve du contraire venant de la jeune guerrière.

« Pour plaire aux animaux il faudrait rajouter un peu de musc, c'est très rare ... et j'ai réussi à m'en procurer » Le voilà Hyacinthe qui se met à farfouiller dans une bibliothèque un peu plus lointaine ou il garde précieusement tout matériel particulièrement complexe à se procurer, pour la verrerie ou la parfumerie. le blond exécuta quelques étranges figures qui le rassuraient avant que de se saisir d'un flacon qui semblait sorti de la caverne d'alibaba. Surtout de la manière dont il le transportait. Et hop le voilà qui rejoignait les autres que la demoiselle flairait  avec beaucoup d'avidité. Pas trois fois. Parce que c'est un trésor, et qu'il ne conviendrait pas de briser la fiole qui le préserve. Le blond s'est éloigné subitement quand elle lui à tendu sa main sous prétexte de ramener la rareté en question. Hop un petit saut en arrière, Même si elle prétendait ne pas désirer lui faire de mal. Les êtres humains méconnaissent toutes les possibilités de heurter un individu, alors il préférait se prémunir de toute interférence. Pour le moment. Mais la peau il l'examina du lieu ou il atterri. Et son autre main ajouta un petit réceptacle en fer aux deux choix de la demoiselle. « Parfois certaines personnes possèdent une peau qui s’imprègne beaucoup plus que celle des autres, ça ne s'explique pas vraiment ... Enduisez vous de ceci avant de vous lavez la prochaine fois ... » Ainsi Hyacinthe acceptait indirectement qu'elle prit son bain plus tard. Ou non. Il la désirait aussi libre qu'à son apparition. Ce choix ne lui appartenait qu'à elle.

Le parfumeur s'interrogea si le nez de sa cliente ne la chatouillait pas après avoir humé autant d'odeurs, quelques éternuements en perspective ? Parfois après un telle effusion olfactive certains éprouvaient une nausée irrépressible et se précipitaient au dehors pour vomir affreusement au seuil de son atelier. Mais celle-ci se révélait d'une autre trempe, et si dérangement elle ressentait, Alysha le dérobait bien. Hyacinthe approuva son choix, il restait cependant quelques détails à éclaircir[/i] « oui oui oui ... L'ancolie et l'herbe aux sorcières » Afin qu'elle reconnu éventuellement les adjectifs plus populaires employés pour les décrire. « Il il il y a moyen de faire un mélange subtile des deux... Y-a-t-il malgré tout une vague préférence ? » Remettre le nez dans les deux flacons pour le déterminer restait la meilleure idée, mais l'organe de la brune serait-il consentant, et surtout pourrait-il se détacher de toutes les effluves respirées ? Hyacinthe proposerait bien une petite sortie à l'extérieur ou le bol d'air les replongerait dans un contexte plus normal. Mais la conversation dévie vers un autre sujet, malgré lui Le blond secoue avec fermeté sa chevelure. Il ne prévoyait pas de s'épancher sur lui, de parsemer les indices de ses hantises au point de se découvrir envers une inconnue. « Je je ne ne sais pas je ne me force pas à aimer les plantes, la mer, la verrerie ... »

Le regard vert se pose sur le visage de la guerrière, les prunelles de cette dernière se perdent dans le vide, elle rêvait, Alors lui il se tait. Vers quoi donc se tournaient les pensées d'une telle femme, il se surprend plus que curieux en sa présence. Encore jeune, cette femme véhiculait un vécu dévastateur dont l'ombre trainait derrière elle. On s'échafaudait une douleur unique plus forte, plus terrible que celle de tous les habitants sur cette planète en la prenant pour cause de tout sa misère, jusqu'à ce que celle du voisin se colporte jusqu’à votre présence. Toute souffrance se valait. Celle du blond autant que celle de la Brune. « Un homme ? Une femme, vous ne vous posez jamais de question ? Vous ne vous refusez jamais rien ? » Un monde possible à coté du sien qui se résumait à de simples flirt. jamais plus, surtout jamais. Hyacinthe enviait cette liberté qu'Alysha se donnait, pourtant cette dernière n'éclatait pas de bonheur non plus. Alors oui, ou se cachait-il celui-là entre les permissions et les restrictions ? Question que le blond ne manquerait pas d'explorer mais qui se carapata rapidement quand la jeune femme le mit soudainement en cause. « je ... ah ? ... Moi ? ... Qu'est-ce que j'ai fait ? » Un bref instant il extrapole l'affirmation de la Calusa comme une accusation. Puis non. « Je vous aie vu parfois sur la plage ... » Mais ça ne pouvait pas suffire ça, un simple regard à changer la vie des gens ?

le regard perçant qui le transperce alors le déstabilise. Il ramène les autres parfums, boudés par la jeune femme, vers lui. Hyacinthe les groupe par trois. Puis chaque groupe retrouve sa place sur une étagère. « Si vous voulez repartir avec je peux le faire maintenant mais il faudra être patiente ... parce que parfois ça peut prendre du temps pour réussir le mélange parfait » Le blond il chassait le malaise parce qu'il se refusait responsable de quoi que ce soit, il ne devait pas entrer dans la composition de l'univers car par lui il tournerait de travers. Il s'en donnait du pouvoir par peur de se trouver impliqué dans une émotion trop grande pour être contrôlée. Alors Hyacinthe il époussète toutes les poussières qui auraient l'impudence de dérégler sa vie bien ordonnée dans la ruine qu'il occupe désormais. Cependant la dernière phrase le ramène à Baelfire, leurs échanges, cette acceptation de soi, ce courage pour aller de l'avant. Parfois il devenait nécessaire d'accepter pour ne pas s'étouffer tout seul. « C'est vrai vrai vrai » Lui il se fixait des limites pour éviter le drame, mais elles s'étendaient si loin qu'elles l'extirpaient de toute espérance. Depuis que l'horlogerie bien huilée de ses jours se décomposait par les interférences de nouveaux venus, il se sentait vivant. Enfin. Mais il ne composait que des pas très hésitants vers ce qui lui tendait les bras. « Je pense qu'il serait préférable de prendre l'air pour se libérer de tous les autres odeurs que votre nez à pu récolter ... afin de bien choisir et apprécier ces ... Trois arômes »

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Dernière édition par Hyacinthe Bosco le Dim 9 Avr - 21:02, édité 1 fois

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22/07/2016 Lynelf 511 Naya Rivera Blondie -> Ava' | Quiet Riot (Bazzart) -> Signa' Chasseuse • Chasse + Maniement des armes 0
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Sujet: Re: Masks reveal. They don’t conceal.
Dim 22 Jan - 13:40

Masks reveal.
They don't conceal.
ft. Hyacinthe

Alors que je regarde Hyacinthe réfléchir, il me vient une idée à laquelle j'aurais sans doute préféré ne pas penser. Peut-être avais-je eu besoin de venir ici pour plus que du parfum. Je m'étais toujours un peu demandée de quoi nous aurions pu parler si nous nous étions retrouvés face à face. Il était plus pour moi une légende dont j'avais constamment entendu parlé en grandissant sans prendre forcément prendre la peine de m'y intéresser vraiment. Tout avait changé sans que je ne sache trop comment ni pourquoi. Pourtant, je l'avais bien senti et, depuis, je me posais beaucoup plus de questions à son sujet qu'avant. Maintenant que nous en sommes là, qu'il est à portée de voix, j'essaye de comprendre la personne qui se cache derrière ses cheveux longs et les mystères qui l'entourent. Tout ce qu'on a raconté et tout ce qu'il aurait fallu raconté. Je n'avais, par exemple, jamais remarqué toute cette douceur qui émane de lui. Ou cette crainte ? Je ne veux pas encore mettre de mot fixe dessus. C'est comme s'il prenait ses précautions. Pour ne pas nous casser. Pour ne pas casser ce qu'il aime. Ou pour simplement ne pas se casser lui-même. Ce que je peux comprendre plus que tout. Mais il y a autre chose. Et je n'arrive pas à comprendre ce que c'est. Et, oui, cela m'énerve. Pour ne pas changer. J'attends donc qu'il développe sa pensée sur les gens. Il ne le fait pas et se contente de le répéter une troisième fois. Comme un point final. Une conclusion qui n'apporte des réponses qu'à lui seul. Je n'y ajoute rien. Je me fais mes propres conclusions. Les gens ne le comprennent peut-être pas et peut-être qu'il ne les laisse pas le comprendre. J'ai l'impression que nous avons tous déjà trop soufferts et que nous ne savons plus comment avancer. Alors nous brodons autour de ce que nous connaissons, quitte à nous empêcher de voir ce qui pourrait nous faire à nouveau aimer, quitte à nous empêcher de dire ce qui pourrait à nouveau nous blesser. On se protège comme on peut. On construit nos murs de ce qu'on laisse paraître pour protéger nos émotions. Reste à savoir si nos émotions peuvent réellement survivre sans voir la lumière du jour. J'ai peu d'espoir sur les miennes.

Mes précisions quant à ce que je recherchais semblaient lui convenir. Mais ses paroles me laissèrent un peu dubitatives. Ils insultent ? Ils n'essayent rien ? Pense-t-il à quelqu'un en particulier en disant cela ? Mais je n'ai pas le temps de répondre. Ni même de plus y réfléchir que, déjà, il enchaîne en s'expliquant quant à l'emploi de son adjectif que j'apprécie moyennement. Et son explication me fait plus rire d'un rire sans joie qu'autre chose. Je lui souris en haussant un sourcil. « Qui vous dit qu'il m'en reste un, de cœur ? » Bien sûr, qu'il m'en reste un. Celui qui fait circuler mon sang. Celui qui me tient debout. Mais il est vide et pas de son plein gré. On l'a vidé, écartelé et il s'est refermé. Il s'est scellé. Ce qu'il contient maintenant n'est pas très joli.  Juste de quoi me faire apprécier certaines choses de la vie.
Il m'explique ensuite qu'il nous faudra du musc et qu'il en a. Tant mieux. Je ne crois vraiment pas que j'aurais pu attendre quelques jours de plus. Autant partir directement dans ce cas-là. Me baigner dans le sang d'un animal trouvé là ou que j'aurais moi-même tuer de ma dague. Ça aussi, ça leur plaira. Mais je regarde Hyacinthe presque danser devant ses flacons avant de se saisir de l'un d'entre eux. Je fronce légèrement les sourcils mais ne dis rien. Il y a comme un sentiment d'étrangeté qui émane de lui, peut-être un peu mêlé à une sorte de fascination lorsqu'on l'observe. Il me montre le flacon, que j'ai à peine le temps de voir avant qu'il ne reparte. Avec lui. Je le regarde faire. Amusée comme intriguée. Il inspecte la peau nue de mon bras un instant, tout en restant le plus éloigné possible. Il me tend une boîte en fer comme solution. Je la regarde sans la toucher, en écoutant ce qu'il me dit. Je ne sais pas si c'est là une invitation à prendre un bain chez lui ou non. J'ai plus l'impression que ça ne l'est pas et j'ai bien envie d'en prendre un ici rien que pour le voir un peu plus réagir. Rien que pour m'amuser, je l'avoue. Je me contente donc d'un simple « Merci ». Nous verrons plus tard cette histoire de bain. Cela dépendra probablement aussi du résultat. Du parfum comme de nos conversations.

Les fioles que je lui désigne sont celles qui me font le plus penser à la forêt que j'aime parcourir de long en large. Que ce soit lors de matins frais ou lors de chaudes soirées d’Été. Ce sont celles qui me paraissent les plus familières. Qui m'évoquent des souvenirs dont j'ai envie de me souvenir. Le parfumeur blond employa d'autres mots que ceux écrits sur les flacons pour désigner les odeurs que j'avais choisies. « L'herbe aux sorcières ? » Cela me dit effectivement quelque chose. Bien que son nom ne me plaise pas énormément, j'aime assez  la sonorité qu'il a. Et le fait qu'il ne dise rien qui vaille. « Mmh... Un mélange des deux pourrait être intéressant. » Je ne sais pas trop si j'ai une préférence, cela dit. Pour les départager, il faudrait que je replonge mon nez. J'ai beau les regarder, rien que l'idée de les sentir à nouveau me remue le ventre. Je n'y ai pas fait attention avant mais je commence à ne plus être au meilleur de ma forme. « Je n'y connais pas grand chose, mais si c'est possible, c'est à tester je pense, oui. » Par contre, là, je ne serais probablement pas en mesure de savoir si ça convient ou non. Et le sujet divague, il nous entraîne vers un thème qui n'est absolument plus les essences, ni même le parfum. Ni même le métier du jeune homme qui se tient devant moi mais qui ne me regarde pas totalement, tout en secouant la tête pour marquer sa négation. Je souris à peine lors qu'il me répond. C'est un sourire un peu triste mais surtout assez crispé. « Bien sûr. Parce que toutes ces choses ne vous effraient pas. » Je n'ajoute rien de plus. Je ne dis pas que je n'ai jamais parlé de se forcer mais qu'il est bien question ici d'un amour déjà présent qu'on se cache à nous-même. Je suis pas sûre, en réalité, qu'il soit prêt à entendre certaines choses que j'ai bien envie de lui dire. Je me demande comment il réagirait mais vu ses précédentes réactions, je me dis que ce ne serait probablement pas très bon. Et je ne suis pas si sadique que ça. Pas avec les personnes que je trouve intéressantes. Encore moins quand elles font partie de ma tribu.

Mon sourire s'agrandit lorsque j'entends ses questions. J'en ris presque. Mais je n'ai plus l'habitude de rire et ma gorge est sèche. « Pourquoi se refuser quoi que ce soit quand la vie nous offre toutes ces possibilités ? On en a qu'une, de vie, alors il faut en profiter. » Pour dire vrai, j'ai moi-même du mal à mettre des mots sur ma sexualité. Parce que je ne m'accroche pas au physique. Du moins pas à celui auquel les gens s'attachent en général. Bien sûr, je la vois, la beauté. Mais je la vois aussi un peu partout. Dans les gestes. Les regards. Les façons de parler. Les façons de penser. Je ne fais pas non plus trop la difficile, quand il s'agit de passer une bonne soirée. Il suffit d'un détail pour accrocher mes yeux et je suis plutôt partante. Ses yeux verts, pleins de surprise, me regardent ensuite. Il se braque avant de s'adoucir. Avant de me dire qu'il m'a vu lui aussi, sur la plage. Une constatation qui me fait étonnamment plaisir. Un peu de fierté étincelle dans mes yeux. Je suis contente d'avoir marqué son esprit. « Vous n'avez pas fait grand chose. Si ce n'est exister, je dirais. » Ce n'est pas vraiment dans mes habitudes de donner des compliments. Alors j'espère que mes paroles ne sortent pas comme une condamnation. Je n'ai pas trop la force, cela dit, de tout lui expliquer. Pas maintenant. En partie parce que j'aimerais effectivement repartir avec ce parfum le plus rapidement possible. « Je peux être patiente, s'il le faut. Mais j'aimerais l'avoir assez vite, oui. Si vous pouvez le faire aujourd'hui, ce sera parfait. » Déjà, parce que je ne pourrai supporter cette odeur une journée de plus. Bien que je ne la sente plus vraiment à présent, mes narines étant emplies des senteurs de cet endroit. Narines qui me grattaient d'ailleurs un peu. Ensuite, parce que je ne me voyais pas rester ici encore plusieurs journées. Rien que quelques heures, ce serait difficile. Je voulais partir retrouver ma forêt. Je voulais partir le retrouver. Je regarde Hyacinthe épousseter. Avant d'acquiescer. Oui, la vie n'est pas simple. Alors, si on se pose des limites, elle ne le sera qu'encore plus. Parce qu'il nous en faut du courage, pour aller de l'avant. Même à ceux qui pensent que tout va bien. Surtout à ceux qui pensent que tout va mal. Personnellement, je me contente de me concentrer sur mon but. C'est déjà bien assez. J'aviserai le reste après.

J'essaye de ne pas montrer que je le remercie intérieurement de proposer de sortir un peu. Plus je pense à sentir des parfums, plus mon ventre se manifeste, plus mes entrailles menacent de sortir, plus mon cerveau craint de se retourner. « Oui. Bonne idée. » J'avise l'escalier, peu rassurée je dois bien l'admettre. Plus j'avance, plus je me dis que la pièce ne devrait pas tourner ainsi. Bon, Alysha. C'est le moment de montrer que tu as des tripes et qu'elles vont rester sagement à leur place. Je monte d'abord lentement puis plus rapidement. Sans courir, je suis tout de même bien contente de sentir l'air frais sur mon visage. Je pose une main sur le mur de bois pour me soutenir un peu. Il n'est pas question que je vomisse. Je ravalerai le tout, s'il le faut. J'esquisse une grimace à cette idée. Peut-être pas, finalement. « Comment vous faîtes pour rester si longtemps là-dedans ? » J'attends de reprendre un peu mes esprits avant de regarder à nouveau Hyacinthe. Le sel marin, toujours présent dans l'air par chez nous, me fait du bien, me rassure. Oui. Je suis chez moi. Je me sentais bien à l'intérieur, à découvrir son chez lui. Mais j'étais tellement concentrée -ou juste curieuse, que je n'avais pas remarqué que mon corps n'était pas habitué.

J'ai l'impression d'en avoir déjà trop dit, tout à l'heure. Sur le fait qu'il a un peu changé ma vision des choses. Et cela juste en le regardant. Pas du tout bizarre, ça, d'ailleurs. Et en même temps, je n'en ai peut-être pas dit assez non plus. Après tout, si je veux lui dire, maintenant est probablement le bon moment. Même si ça ne l'est pas, on ne sait jamais de quoi demain sera fait. Et j'ai envie de lui dire. Parce que je veux qu'il le sache. Parce que je veux voir comment il réagira. Parce que je veux entendre ce qu'il en dira. « Tout à l'heure, quand je disais que j'avais un peu changé grâce à vous. C'est vraiment le cas. » Je regarde un instant ses prunelles un peu plus claires que les algues au fond de la mer. « Honnêtement, j'ai fait comme tout le monde, au début. J'ai sorti des insultes, la plupart du temps dans votre dos. » J'étais contente de m'intégrer. Je ne réfléchissais pas au mal que je faisais. Et peut-être que je m'en foutais aussi parce qu'à mes yeux il était vraiment le monstre qu'on disait qu'il était. « Je n'en suis pas très fière à présent, mais au moins vous savez. » Clairement, je ne suis pas très douée pour ça. Quoi que soit ça. Je préfère, cela dit, être honnête. Est-ce qu'il va maintenant croire ce que je vais dire ? Rien n'est moins certain. « Ma vie... a prit un tournant. » Mon frère s'est suicidé. Mon père s'est cassé. Ma mère s'est laissée mourir. Je suis devenue alcoolique. « Et je n'ai commencé à vraiment vous voir qu'assez récemment, finalement. » Je cherche mes mots et cela m'énerve. Parce que je veux qu'il comprenne que je lui suis reconnaissante et que, parce qu'il m'a ouvert les yeux, tout ce que j'ai pu penser de lui avant n'a plus lieu d'être. « J'aimais déjà les hommes et les femmes depuis longtemps. Mais plus je vous observais sur votre planche, plus je réfléchissais. A ce que vous étiez. Ce que vous êtes. Ce que j'aimais chez les hommes et chez les femmes. » J'ai presque envie de m'arrêter là et de repartir comme je suis venue. Parfois, je ferais mieux de me la fermer. « J'ai compris que c'était moins une histoire de masculin ou féminin que de personne en soi. Je ne vois pas les hommes et les femmes comme des mâles et des femelles. Je les vois comme des êtres humains et quand quelqu'un m'attire, ce n'est pas sa condition. C'est son être. » Un des coins de mes lèvres s'affaisse. J'ai l'impression de tomber dans la niaiserie la plus totale et, en même temps, je ne vois pas comment j'aurais pu le dire autrement. « Bref. Je ne fais pas de distinction. Et cette liberté là, je l'ai acquise grâce à vous. » Je me tourne à nouveau vers lui, dans l'attente de sa réaction. Et je me rends compte avec malheur que j'attends presque son approbation. Parce que si celui qui m'a ouvert les yeux rejette tout ce qu'il m'a fait comprendre, tout ce que je suis, alors peut-être que je ne serai plus rien.


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Sujet: Re: Masks reveal. They don’t conceal.
Mar 28 Fév - 21:26

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Alysha & Hyacinthe

Il fut une époque ou on demandant à l'enfant ce qu'elle désirait. Une enfance ou les questions et les réponses fusaient tout naturellement. Un temps ou la petite Hyacinthe participait à la vie d'une famille ordinaire. Avec ses joies et ses drames. Une époque ou elle courrait après les lapins taquins, ou la blondinette riait à gorge déployé ou pleurait dans les jupes de sa mère. Et puis il y eut la fracture et tout se figea dans le temps, comme un tableau auquel on adresse un regard fugace pour se rappeler. Après il n'a plus existé que les obligations, celles de devenir une autre personne, de se cacher, de tout réapprendre. De supporter le chagrin, puis le silence de sa mère, les regards des proches qui fuyaient. Le vide bruyant qui envahissait la maison. Et sourire malgré tout aux insultes que lui envoyaient les gens. Oui les gens ... Ceux parmi qui la blonde ne pouvait plus courir insouciante du jour au lendemain. Et ce père sur qui tout retombait, avec des épaules aussi larges que la terre mais pas encore assez pour éviter l'éviction de son village. Celui là qui par amour ne demanda plus jamais rien à Hyacinthe mais lui imposa tout pour le remettre dans ce qu'on appelait le droit chemin. Qui a t-il été, que devient-il, qui sera t-il ? Les sentiers que le Calusa pourrait empruntés sont diverses.

La venue de la jeune femme, mystérieuse, curieuse, étonnante, trouble le bocal dans lequel il nage unique poisson de son espèce en soulevant toute la boue retombée sur le sol. Dans la tête du parfumeur tout s’entrechoquait, bien qu'il pu sembler calme en apparence. Pour qui le connaissait - si peu -, l’imprécision de ses réponses restait un bon indicateur. Hyacinthe devinait un intérêt - Bienveillant ou malsain il ne savait encore le déterminer - de la part de la Brune. Oui il devait se tenir dans son rôle de vendeur, et éviter à ses pensées de courir la campagne en interprétant tous les signes qu'il pensait lire entre les gestes qu'ils échangeaient. Il releva soudain son regard vert pour la dévisager avec intensité. Le cœur, ce palpitant qui vous démangeait sans arrêt alors que vous lui disiez de se taire.  « Je ... Personne ... Mais vous seriez morte si vous n'en aviez pas pas pas  » Voilà pour l'explication terre à terre. Logique. Oui mais le blond se doutait qu'elle s'exprimait de façon figurée, tout comme lui. En aucun cas il ne s'agissait de l'organe mais bien des sentiments qu'on lui prêtait. Et là aucun livre débordant de sagesse ne s'ouvrait jamais devant vous pour vous faire parcourir la carte du tendre. Tel un danseur de corde on avançait au dessus de vide au risque de le faire éclater en morceaux.

« Dans votre regard j'en vois des éclats mais je ne pourrais pas certifier qu'il soit encore entier » Laissa t-il échapper entre ses explications sur les différents parfums, ainsi que les flagrance et ce produit qu'elle devrait essayer pour chasser toute odeur. Tenace cette dernière, il se l'avouait intérieurement en se grattant discrètement le nez. La jeune femme Hésitait, mais adopta le musc. Cependant on eut dit qu'elle se portait moins bien, Hyacinthe se doutait que le fumet entêtant des essences ne se supportaient pas toujours très bien.  « Moi je pourrais vous dire si ça vous va bien ou non, d'ailleurs j'aimerais sentir sentir votre véritable odeur avant de m'y mettre » Le blond émettait plus un souhait qu'une véritable possibilité, avec ce qui lui masquait le corps son travail en deviendrait plus ardu. Mais certainement plus passionnant aussi. Et puis pour occuper la brune visiteuse, ou sans doute pour préciser sa réponse précédente, le blond poursuivit une conversation qui quelques instants devint un étrange monologue  « Quand aux petits éclats de votre cœur, je n'ai aucun idée de ce qu'ils contiennent ça pourrait être de la haine, de l'envie, de la tristesse, du désespoir, de l'amitié, de la peine et je l'espère  de la joie » Puis le silence tomba juste quand La guerrière prétendait que tout ce qu'il appréciait il ne le craignait pas.

Hyacinthe haussa les épaules trois fois. Oui. Non. Peut-être. Trois options. L'indécision. Ou un refus de choisir ? De renoncer à ce qui le protégeait depuis toujours ? Que sa passait-il ici et maintenant ? Sortaient-ils tous les deux de leur rôle de vendeur et de client ? Ou cela les mèneraient-ils ? La voix de son père résonnait dans sa tête *Reste droit sur ton chemin mon fils sinon tu ne sais pas vers quels dévoiements tu pourrais te diriger* Celui qui le tenait par sa volonté, persuadé que ce changement de sexe annonçait pire, obligeant par là son fils à une conduite irréprochable . « Mais si on ne veut pas toutes ses possibilités ? Si elles allaient nous pervertir, si nous nous nous n'étions plus qui nous sommes ? » Et surtout si on refusait celle qu'on nous montrait depuis toujours, attiré par d'autres choses qu'on se penserait hors de portées ? Le voila Hyacinthe qui se figeait sur place, entrainé vers lieux qu'il s'interdisaient de fréquenter. Soudainement ses prunelles se mirent à voyager dans le vague pendant qu'il débitait terriblement rapidement « Un, deux, trois ... Un, deux, trois... Un, deux, trois...  » Ceci pendant quelques minutes. Revenant à lui soudainement, un peu étourdit, puis offrant un sourire à la Brune comme étranger à cet instant de désarroi. Au point qu'il offrait une seconde réplique à Alysha bien différente de la première.

« Oui certainement il faut en profiter » Le blond ne se mouillait pas trop, mais il en restait persuadé malgré toutes ses fêlures. Parce que depuis très longtemps, à cause de la peur des actes qu'il pourrait commettre, le verrier à appuyé sur le bouton STOP. Pas de sexualité, parfois un peu de flirt mais ça s'arrêtait là et surtout pas avec une personne vers qui il aurait senti de l'attirance. Finalement que ce garçon qui faisait parti des débarqués ne soit jamais revenu se révélait une très bonne chose. Mais le désir d'écouter davantage la guerrière le taraudait. Elle possédait dans la voix des promesses, un possibilité éventuelle d'ouvrir son esprit sans que tous les signaux d'alerte ne le fassent se terrer rapidement dans son antre. Et si la tentation de s'étendre à ce propos lui grillait la langue, ils s'en éloignèrent tous les deux pour s'avouer en quelque sorte qu'aucun n'ignorait l'existence de l'autre. Sans pourtant chercher à en connaître davantage. A part maintenant. Même qu'une petite confiance en soi passa la tête dans la clarté de son regard vert. Que sa personne ait pu servir de façon positive l'étonnait, le ravissait, le rendait tout ébahi. Exister simplement pour une telle influence il persisterait encore longtemps. Avoir de l'impacte sur une vie, jamais un instant il ne l'eut envisagé ... « Et vous, vous avez continué d'exister pour venir me le dire et me faire prendre conscience que ma vie n'avait pas été qu'inutile ... »

Mais ils ne s'attardèrent pas sur ce moment plutôt intime, puisque le blond entrainait la jeune femme au dehors qui acceptait cette option plutôt soulagée. Au point qu'elle lui demanda comment il réussissait à vivre dans sa cave. Pas la première fois que ce fait se trouvait mentionné. Tous ceux qui se prêtaient au jeu des senteurs finissaient par avoir des hauts le cœur ou des vertiges. « Je suis plongée dedans depuis toute petite ... petit petit petit. Alors mon nez s'y est habitué je pense, il est désormais à toute épreuve. Et oui je peux vous le préparer en une journée. Vous pourriez même vous reposer ici ou dans ma demeure cabossée si vous le désirez, avec un bon thé au miel  » Le bain se trouvait fort compromis, aussi Hyacinthe lui rapporterait tous les ingrédients nécessaires afin qu'elle puisse s'y prélasser ou elle voudrait. Hyacinthe indiqua à Alysha un rondin en bois qui pouvait servir de tabouret non loin, si elle éprouvait le besoin de se poser un peu quelque part. Ainsi il s'apprêtait même à retourner dans son atelier. Cependant la voix de la guerrière s'éleva le ramenant à un échange qu'il pensait terminer. Il se retourna vers elle, s'appuyant d'un pied sur l'autre, un peu gêné de ce qu'elle lui déclarait. Content même jusqu’à ce qu'elle mentionna les insultes. Alors ses ongles s'enfoncèrent dans ses paumes avec force et rage. Son visage devint orageux, il le baissa vers la terre refusant de la regarder pendant qu'elle continuait.

Là précisément, la brune Alysha incarnait soudainement à elle toute seule tous les êtres qu'il le malmenèrent pendant des années, qui l'ont forcèrent à se réfugier solitaire dans le dunes. Maintenant il va pouvoir prendre sa revanche, et l'éliminer elle comme ce maudit garçon qui à voulu rire de lui un soir. Il s’avança vers elle doucement ... Un, deux, trois pas, un, deux, trois pas, un, deux trois pas ... Et ses mains se retrouvèrent autour du coup de celle-ci avant qu' Alysha ait pu ne fusse que l'appréhender. Mais d'autres paroles tombèrent dans ses oreilles, pas importantes non, mais elles traduisaient une cassure qui s'adressait à la sienne. Hyacinthe laissa glisser ses mains sur les épaules de la jeune femme pour l'attirer contre lui pendant qu'elle continuait à distiller ses phrases. Comme pour la consoler. Doucement. Malgré la puanteur qu'elle dégageait, à cause d'elle aussi. Parce que voilà ce que la plupart des autres apercevaient d'eux. Mais pas tous. En ça il devait garder un espoir, le changement existait, il en serrait la preuve contre lui. Enfin le blond se détacha car une trop grand proximité le déstabilisait très vite. Juste là il se sentait bien. Triste mais pas hagard. Il ne l'interrompit pas, elle partageait une partie de son voyager avec lui. Çà se respectait, ça s'écoutait, ça ne se jugeait jamais.

Comment rebondir la dessus ? Hyacinthe se trouvait bloqué, placé au milieu d'un carrefour ou il devait choisir la direction avec quatre issues ou lieu de trois. Elle venait de donner une coup de pied dans sa fourmilière Alysha. Après il pourrait se coucher et fermer les yeux pendant quarante-huit heures. « J'avais quinze ans, des longs cheveux comme vous, je courrais vers celui qui me troublait et je savais que des choses en moi changeaient mais je ne voulais pas les voir. Je pensais que si j'y croyais très fort je redeviendrais la Hyacinthe d'avant et que la vie reprendrait son cours, mais non. Il à mit les mots dessus, il l'a dit partout, je n'étais plus moi mais un autre, je devais être un autre et c'est là que ma liberté à moi à été prise  » Il lui offrait ce petit bout d'histoire. Celui que lui, elle, les autres participants connaissaient mais sur laquelle aucun ne s'étendit jamais comme si ils eussent collé un interdit dessus. Le parcours ne se ressemblait pas mais on y décelait un même désespoir, la perte d'un être cher qui se répercutait dans leur silence. Une histoire se racontait mais ne restait jamais immobile dans le temps comme la réalité. Celle la y demeurait la même toujours, on la triturait de tous les cotés mais on n'en obtenait rien de plus. Alors que les récits portés par les rumeurs se changeaient parfois contes imaginaires.

Masculin, féminin, ou une autre dénomination qui s'en rapprochait évoquée par Rose. Un jour il retournerait la voir pour en apprendre plus en intimant à ses peurs de se taire. Bientôt, car ici il se trouvait avec Alysha que sa seule existence rendait plus libre. Et lui acceptait de plus en plus que se libérer ne dépendait plus que de lui. L'ombre du père n'envahissait plus son dos menaçante, si il lui venait à l'esprit de se comporter autrement que ce que ce dernier lui serina pendant qu'il le dirigeait d'une main de fer. La clef il la tenait dans sa main, il l'utiliserait très bientôt une fois toutes ses angoisses maîtrisées.  « Et bien je crois que le parfum que je vais vous créer sera unique ... Il n'aura pas de genre, il sera simplement parfait pour vous  » Et les insultes ? Non ça ne l'intéressait pas. Il ne se vautrerait pas une fois de plus dans le passé. Le calusa ne reprocherait pas toute une époque à une seule personne, la seule qui avouait sa participation  « Puis peut-être que je devrais faire comme vous vous vous ne pas faire de distinction non plus en commençant par moi ... Sinon ça va mieux la tête ? »

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22/07/2016 Lynelf 511 Naya Rivera Blondie -> Ava' | Quiet Riot (Bazzart) -> Signa' Chasseuse • Chasse + Maniement des armes 0
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Sujet: Re: Masks reveal. They don’t conceal.
Mar 25 Avr - 22:36

Masks reveal.
They don't conceal.
ft. Hyacinthe

« Certes. » C'est tout ce que je trouve à répondre face à sa réplique indiscutable. Littéralement, on ne peut vivre sans cœur. Métaphoriquement, je suis certaine en avoir croisé plus d'un n'ayant pas l'ombre de ce dernier dans leur poitrine. Ils airent parmi nous et font semblant d'en posséder un, font semblant d'être normaux, avant de tout déchiqueter sur leur passage, avant de tout détruire et laisser le reste du monde en morceaux, parfois eux-mêmes tout autant que ceux qu'ils quittent. Je n'ai pas encore décidé si j'ai un cœur ou non. Et si c'est le cas, il n'est certainement pas en bon état. Hyacinthe confirme d'ailleurs mes pensées avec sa petite phrase. Doucereuse comme le coup de poignard qu'on enfonce lentement et profondément. Qui fait bien plus mal que celui qu'on anticipe pas, qui laisse un trou béant sans dire attention. Je ne réponds rien parce qu'il n'y a rien à répondre. J'accuse le coup. C'est peut-être simplement une raison de plus d'en vouloir à mon géniteur. L'être parfait sur lequel rejeter tous mes maux, parce qu'il est certain qu'il est à l'origine d'au moins quatre-vingt-dix pour cent d'entre eux. En attendant, la discussion continue. Et le parfumeur veut sentir ma véritable odeur. Bien du courage à lui. Parce que, là, tout ce que je sens sur moi, c'est cette crasse nauséabonde. Et ce n'est vraiment pas ma véritable odeur. « Vous comptez vous y prendre comment, du coup ? Pour sentir... mon odeur. » Je grimace les derniers mots. Ces paroles me semblent sorties d'un autre monde. Je n'avais pas l'intention de me retrouver à parler de mon effluve aujourd'hui. J'aurais préféré déguster un écureuil sur ce qui reste de mon ponton. Mais, sans que je m'y attende, il revient à mon cœur. Et je ne peux m'empêcher de lâcher un léger souffle tandis que mes lèvres s'étirent en un sourire que certains qualifieraient de vicieux. Que je qualifierais probablement de vicieux également. Teinté d'espoir. « De la joie, il y en aura. Bientôt, j'espère. » Quand je l'aurais tué. Ou simplement quand son sang touchera mes lames. Mais de la joie, il y en a eu. Elle était là quand j'ai compris que j'avais plus de choix que je n'avais jamais osé l'imaginer. Elle était là quand je me suis sentie entièrement moi-même et que j'ai fait tomber les dernières barrières. Alors, qu'il parle de perversion m'attriste. Ce n'est pas ça la perversion. Mes sourcils se froncent. Ma voix est un peu rude. « Je crois qu'il est bon de savoir de que ces possibilités sont là. Et qu'on a toujours le choix de décider de qui l'on veut être. La perversion, ce n'est pas... » Ma voix s'éteint dans un souffle alors que je vois le parfumeur se perdre. Le voilà qui énumère ses chiffres tel un mantra, un serment. Je le regarde faire sans oser l'interrompre. Avant qu'il ne le fasse de lui-même et me fasse une conclusion à laquelle je ne m'attendais pas. J'acquiesce doucement mais mes lèvres son pincées. J'ai l'impression qu'il dit simplement ça pour me faire plaisir. Pour clore le débat. Et j'espère qu'il a compris qu'il a le choix. J'aurais aimé m'en assurer. Mais il y a d'autres sujets que je veux aborder et ne pas le froisser avant pourrait aider. On a également un petit travail à faire. Alors je lui sourit lorsqu'il me remercie à demi-mots. Un petit sourire, un de ceux qu'on ne voit que si on les regarde. Un sincère. « Elle est loin d'avoir été inutile, je vous assure. » Pourtant, j'aurais pu ne pas avoir existé assez longtemps pour le lui dire. J'aurais pu croiser mon père avant aujourd'hui. Et je n'exclue pas la possibilité qu'il me tue si je le croise un jour. Tel père, telle fille, comme on dit. Tout ce que je veux, c'est le voir mourir en premier.

J'oublie mon paternel avec les nausées et la remontée à l'air libre. Je prends encore plus conscience de l'odeur puissante qui se dégage de l'atelier alors que le sel marin si familier vient chatouiller mon nez. Je ne crois pas que j'aurais pu m'habituer à ça mais être né dedans doit certainement aider. « Tant mieux pour le parfum, alors. Ça m'arrange, vraiment. » J'ai l'impression de m'être déjà presque enterrée ici, dans cette communauté à laquelle je me rattache pour avoir quelque chose à quoi me rattacher. A contrario, j'aurais aimé rester sans me sentir si détachée du groupe. Peut-être que je ne sais pas vraiment ce que je veux, au final. En attendant, je ne fais pas de commentaire sur sa proposition de rester. Parce que je sens déjà l'envie monter en moi de lui dire le fond de mes pensées, alors qu'il s'apprête à partir. Et peut-être qu'il ne voudra plus de moi sous son toit après ça. J'aurais aimé pouvoir me retenir mais je n'ai plus la force. Alors le flot commence sa longue descente. Il continue tandis que je vois la mine de Hyacinthe s'assombrir. Ses mains atteignent mon cou au ralenti. Je n'ai pas le temps de réagir avant que sa peau entre en collision avec la mienne. Je reste tétanisée, comme je l'ai rarement été. Parce que je ne sais plus comment réagir. Je ne veux pas lui faire mal, physiquement. Il me semble que c'est trop tard pour le moral. Je lui donnerais bien le droit de m'achever si je n'avais pas quelque chose à faire avant. Quelqu'un à tuer avant. Si j'avais été à sa place, il serait probablement six pieds sous terre depuis des lustres. Alors qui suis-je pour l'empêcher d'assouvir sa vengeance ? J'aimerais qu'il me pardonne et je m'en veux d'être faible face à lui. Et je le supplie de me pardonner silencieusement. Mes lèvres continuent de débiter tout ce que j'ai pensé de lui et ce que je pense aujourd'hui. Et ses mains se desserrent, tombent sur mes épaules. Il m'enserre doucement, il me soutient et m'offre tout ce que je voulais sans prononcer un seul mot. Je ne le comprends pas et je me demande pourquoi je ne suis pas au sol. Pourquoi il me console alors que celui qui mérite les bons sentiments se tient devant moi. Comment il arrive à faire passer sa rancœur au second plan. En si peu de temps. Alors que je parle encore en tentant d'expliquer qu'il est un peu l'élément déclencheur de ma révélation. Le changement était probablement déjà amorcé. Il était peut-être présent dès ma naissance. Peut-être que tout le monde naît ainsi. Mais c'est grâce à lui que j'ai ouvert les yeux. Et je m'en veux de ne pas l'avoir réalisé plus tôt mais je suis heureuse de l'avoir réalisé et d'en parler aujourd'hui. Et s'il me pardonne ou s'il ne me tue pas, cela me suffira, remplira mon cœur de joie dans les quelques fissures qui restent vides. Il n'y en aura pas assez, il n'y en a jamais assez, mais il y en aura un peu et ça m'ira bien. Il y en aura suffisamment pour que je ne regrette pas d'avoir parlé. Je reste secouée de ses gestes, immobile. Des émotions contradictoires s'affrontent en moi. Il y a celle qui veut lui faire payer de m'avoir touchée. Et l'autre qui veut juste le remercier. L'une comme l'autre n'a pas le temps de gagner avant qu'il ne reprenne la parole et que ses mots bousculent tout. Je ne m'attendais pas à ça. Je ne m'attendais à rien. Il s'ouvre et m'octroie un bout de son histoire. Une histoire confuse à mes oreilles mais qui n'en est que plus réelle et touchante. Alors je sais qu'il ne paiera pas de m'avoir touchée. Je ne le mettrai même pas en garde. Pour une fois, je vais laisser couler. Je me dis que c'est ma façon de le remercier. Les quelques secondes de silence qui planent entre nous après ça, je les savoure. J'essaye de donner un ton doux à ma voix tandis que je le brise. « J'espère que vous la retrouverez bientôt, votre liberté. » Parce qu'il me semble que ce n'est pas encore le cas, si j’additionne tout ce qu'il m'a dit auparavant. J'ai comme l'impression qu'il n'ose pas pousser la porte déjà ouverte. Qu'il voit le chemin mais ne le prend pas. Par peur ou conviction. Mais les chemins sont nombreux, il suffit juste de savoir qu'ils sont bien là et accessibles à tout moment. J'espère qu'il sait qu'ils sont là. Et surtout que la perversion ne se trouvent pas dans ceux qu'il pense.

Sa promesse d'un parfum unique me trouble plus qu'elle ne le devrait. J'essaye de ne pas avoir trop d'espoirs. Et pourtant, j'ai bien envie de lui faire confiance, au moins sur ça. Il n'y a pas de larmes dans mes yeux mais les légers tremblements de ma voix trahissent mon émotion lorsque je lui réponds. « Merci. Je suis sûre qu'il le sera. » Un soupire de soulagement s'échappe de mes lèvres. A peine perceptible, pourtant bien là. Cet être n'en finira jamais de me surprendre. Il me demande alors si ça va mieux. Je ne réagis pas à sa première phrase. Bien que celle-ci me rassure un peu, je ne suis pas certaine qu'il y croit vraiment. Quant aux vertiges, ils ont cessé et, même si mon ventre se manifeste un peu trop violemment à l'idée de redescendre dans l'atelier, je ne montre rien. Avoir laissé s'échapper un moment de faiblesse ne me plaît pas. Je ne peux pas me permettre d'en montrer à nouveau. Et tout ira bien. J'ai confiance en mon corps et je le repousse à ses limites dans la majorité de mes chasses. Ce n'est pas un mal de cœur qui va m'arrêter. « Très bien. Ça va. » L'idée de rester chez lui, par contre, me dérange. Je ne nie pas l'envie, bien présente, d'en savoir plus sur lui. Regarder, examiner, son environnement serait un excellent moyen, il n'y a aucun doute. Mais je ne veux pas. Pas après ce qu'il vient de me confier. « Je vais rester ici, oui. Regarder le couché de soleil. Le village. Ou ce qu'il en reste. » Je n'en profite pas si souvent que ça, au final. Et voir les habitations après le tremblement de terre a quelque chose de fascinant et d'unique, qui n'arrivera pas régulièrement. On l'espère, en tout cas. Je serais peut-être plus à même de voir ce qui a été détruit, aussi. « Je ne suis pas très thé au miel. Mais je veux bien un verre d'eau, par contre. Si vous en avez ? S'il vous plaît. » Les derniers phrases sont sorties après une courte pause. Comme si elles avaient été oubliées. Ce qui est le cas. « Et est-ce que vous pourrez me dire quand ce sera presque prêt ? J'aimerais vous voir un peu au travail. Si vous le voulez bien. » Surtout que ce ne sera pas n'importe quel parfum. Et je réalise soudain qu'après ce que je viens de lui dire, il pourrait très bien se venger en faisant le pire des parfums. Est-il possible qu'un poison puisse tuer au touché ? Il le sait, c'est certain. A-t-il fait semblant de me pardonner pour mieux me tuer par la suite ? Est-ce qu'il en serait capable ? J'aimerais me dire que non. Mais après tout, qu'est-ce que j'en sais. Je ne le connais pas si bien que ça. Une lente respiration. Deux. Non. J'ai dit que je pouvais lui faire confiance. Au moins aujourd'hui. Au moins à lui, pour quelques heures. Je crois vraiment qu'il ne me décevra pas. Jusqu'à présent, c'est sans doute une des seules personnes à ne pas m'avoir déçue. Je repense à Melody et ses mots qui résonnent en moi. Elle a été d'un plus grand soutien que je ne pouvais l'imaginer. Alors même que je ne pensais plus pouvoir lui parler autant un jour. Sans le savoir, elle m'a aidé à parler aux autres. Je ne l'ai réalisé que bien plus tard. Mais, depuis notre conversation dans l'eau aux reflets chatoyants, je parle plus que je n'ai parlé en des mois. Peut-être que faire confiance dans un temps donné peut être une bonne façon de continuer sur le chemin qu'elle m'a ouvert. Et tout ce qu'il me reste à faire, c'est attendre, après tout. Alors je le laisse partir.


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Sujet: Re: Masks reveal. They don’t conceal.
Dim 4 Juin - 17:23

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Alysha & Hyacinthe

Quand la sincérité passe la porte d'une maison, on ne la serre pas forcément avec bonheur dans ses bras. Tout le monde l'appelle, peu lui enjoigne de rester puis de partager un bon repas. Il faut avoir le cœur bien accroché pour supporter de voir en plein jour ce que l'on se dérobe à soi-même chaque seconde avec obstination. La guerrière interroge le blond qui suppose - justement - que cette dernière compte sur lui pour écarter tout mensonge. Alors le verrier écarte le voile, puisque la conversation entre eux ne comporte désormais aucune fioriture. Le Parfumeur pourtant dissimule des portions de sa personne sans malignité aucune puisqu'il ignore sa véritable nature. Dans les semaines à venir le choix deviendra crucial, et le sentier dérobé auquel il s'accroche encore se transformera sans nul doute en chemin de traverse. Comme Hyacinthe évoque un désir qui s'appuie sur le devoir de répondre au mieux à la demande de sa visiteuse, celle-ci y rebondit avec une ironie non dissimulée. Elle se déverse sur le Calusa qui la laisse couler sur le dos de son ego se drapant soudainement d'une étrange dignité qu'il oppose à Alysha. « Je la déchiffre dans vos gestes, vos paroles, votre voix, la couleur de vos cheveux ... Une odeur certainement peu commune, sauvage, intraitable, comme une cheval sauvage qui n’abdiquera jamais devant un maître »

Autour de la brune circule une atmosphère grinçante, retenue, furieuse, haineuse, formant un tout particulièrement perturbateur, mais le parfumeur s'y retrouve lui qui ne connait la paix intérieur que devant son océan incommensurable. Le mot joie sortie des lèvres sensuelles de la guerrière se visualise dans l'esprit du blond comme une douce fleur, hérissonnée de venimeux picots destructeurs s’esclaffant sous cape de la souffrance infligée à la main souhaitant la déposer dans une paume immaculée. Le Blond éprouve quelques frissons, ceux-ci parcourent son dos, plaignant celui ou celle à qui serait destinée cette fameuse joie. « Oh ... tant mieux si vous en conservez une pincée, ça ne fait jamais de mal » Le calusa ne creuse pas plus loin, jusqu'à preuve du contraire, la guerrière n'espère pas son aide pour dégager son âme des sombres desseins qu'elle y cacherait. Lui se fait un devoir de ne jamais juger un client après toutes les affres qu'il à du subir. Hyacinthe ne pourrait pas non plus porter l'étendard de l'innocence, car le blond cède bien trop souvent à la rancune. Même son calme apparent se transforme rapidement sous le regard d'une tierce personne, par des milliers de petites manies illogiques. Faites de chiffres qu'il récite comme un mantra salvateur, alors qu'il se concentre sur la future flagrance de son étrange visiteuse. Dont le Calusa imagine la vie pareille à un vitrail d'église. Morcelée, colorée et étincelante.

Tels deux malandrins ils se murmurent des paroles obscures mais si évidentes à leur compréhension. Éclairants telle une lanterne en pleine nuit, d’une lumière plus intense ce petit pan de vie qu'ils se partagent l'espace d'une journée. Puis le verrier s'immobilise, imitant une statue alors qu'Alysha le réassure sur l'utilité de sa vie. Hyacinthe il finira par y croire même s'il remonte leur échange de quelques minutes avec cette interrogation « La la la ... perversion se trouve dans le regard de l'autre ... C'est ce que vous vouliez dire ?  » Une vérité qu'il découvre depuis cette dernière année, grâce aux nouvelles rencontres inattendues venues jusqu’à lui, puis très souvent reparties sans un mot. Le blond ne s'imaginait pas acceptable pour la société, à cause de cette incertitude qui construit toute sa personne, à la fois Physique et Morale. Mais désormais, de plus en plus il doute réellement désirer s'y intégrer. Pour perdre une identité chèrement défendue par la petite fille aux boucles blondes abandonnée au bord de la plage, destinée à n'avoir que les vagues comme compagnes. Souvent quand ses pieds s'enfoncent dans le sable, alors qu'il parcourt le bord de son territoire aquatique, le Calusa croit deviner l'ombre de cette enfant qui jamais ne le quittera. « C'est certainement à cause de cela que la bonté se terre loin de toute terre habitée pour ne jamais être dénaturée  »

Cette dernière réplique se meurt dans la cave alors qu'ils se retrouvent à l'air libre, suite au malaise de sa nouvelle cliente. Et la douceur, et la générosité, et le pardon se découvrent prisonniers dans les yeux cette ancienne fillette coincée dans ce sous-sol. Dont Hyacinthe vient de refermer la porte. Laissant la place pour la vengeance de s'octroyer la poitrine du Calusa  comme territoire, pour s'y répandre en la saupoudrant de milliers de grains de colère inassouvie. Ils fleurirent si rapidement pour s'étioler encore plus vite. Le terrain émotionnel d' Hyacinthe, trop accidenté ne semble pas porteur pour accomplir les gestes destructeurs qu'il prétendait effectuer sans remords. Quand l'occasion passerait à sa portée. Ou tout simplement la guerrière arrivait-elle trop tard alors que doucement s'établissait un changement sur la vision du monde de Hyacinthe ? Et ce par les interférences des autres dans son existence ? Il décide de partager sa peine, de soutenir la détresse de Alysha, sans pourtant autant la percer complètement. Bien qu'il déteste la proximité de la peau humaine, si chaude et troublante. Sa propre répulsion il la sent partagée par cette femme, apparue soudainement derrière sa porte. Malgré eux ils partagent un instant intime, malgré elle il brise le mur n’imaginant pas un instant à quel point il pourrait le payer. Jamais. Finalement la petiote égarée a probablement réussi à se glisser entre eux pour les protéger

Régulièrement le verrier il marche sur le fil du rasoir avec un inconscience éberluante. Elle ne lui reprochera pas d'avoir jeté de l'huile sur le feu. Hyacinthe l'ignorera. La petite lucarne pleine de clarté qui demeure dans son âme à propagé l'espérance intacte et pure qui y demeure chez Alysha. L'instant passe. Les cris de goélands les ramènent à la réalité alors que ces derniers planent quelques minutes au-dessus d'eux avant de regagner la mer voisine. Alysha et Hyacinthe redeviennent de chair et de sang, suivent les premiers mots incertains, maladroits qui s'envolent pourchassant les oiseaux marrants pour les rejoindre dans l'Azur. Hyacinthe récupère une distance plus sécuritaire par habitude, alors qu'il cherche un soupçon de réalité dans la réponse de la guerrière. Qui lui semble encore bien pâle. « Vraiment ? Vraiment ? Vraiment ?  » Murmure dubitatif dilué dans l'oubli, prononcé en même temps que la proposition de la femme qui désire rester à l'extérieur pour admirer le soleil. Un instant le parfumeur s'interroge comment espère-t-elle observer le village ?  Mais néanmoins il acquiesce avec force  « C'est une bonne idée, il suffit de suivre le petit chemin par la pour se retrouver directement sur la plage, j'aime m'y rendre régulièrement  » Sans doute se croit-elle beaucoup plus prêt du village que la réalité.

Pour l'eau il s'en trouve encore une cruche pleine sur la table  de la seule pièce encore habitable de sa demeure. Alors il montre la porte restée ouverte, témoin de sa surprise à la vue et l'odeur de sa visiteuse.  « Là dans la maison, servez-vous ... et si vous préférez je dois encore avoir quelque chose de plus corsé » Ça ne le surprendrait pas Hyacinthe qu'elle fut femme à absorber de l'alcool pour le tenir parfaitement. Le blond prend aussi conscience qu'elle doit être impatiente de retourner chez elle, avec la potion magique qu'il lui concoctera au plus vite. Elle s'inquiète d'ailleurs, avec justesse, du moment ou elle en aura possession. «  Je descends tout de suite y travailler pendant que vous prenez l'air »   Visiblement la guerrière renonce à faire trempette chez lui. Mais Hyacinthe ne s'y attarde pas car elle énonce une requête qui le désarçonne. Ses prunelle bleues vagabondes soudain, hésitantes quant à la suite à donner à cette faveur. Rarement le parfumeur s’exécute devant qui que ce soit. Seule sa mère l'observait, encore toute jeune, pour lui indiquer ses erreurs ou souligner ses réussites. Il ne veut plus retourner à l'état d'élève. Peut-être arriverait-il tout simplement à se considérer comme une démonstrateur pour une unique fois ?

« Oui... » Si hésitant que sans hésitation on le traduirait directement en non. « Je je je ... Pour le verre ce n'est pas un problème  » A condition de ne pas se rapprocher de lui, ne de pas gêner ses mouvements afin de ne pas le distraire dans sa concentration. Mais son antre, comment le partager ce jardin secret ? « Pas pas pas en bas alors » Elle ne discutera pas longtemps certainement puisque la femme préférait ne pas y retourner. Alors pour lui ce serait envisageable, ça le mettrait dans de bonnes conditions pour réaliser l'unique, le différent. « Donc... je vais remonter tout ce dont j'aurais besoin ... » Il faudrait aussi désinfecter la table, Hyacinthe ne le supporterait pas sinon, et son corps ou son esprit refuserait de fonctionner se bloquant complètement. Même en retournant dans sa cave il ne retrouverait plus l'inspiration, tout ça équivalait pour le blond à une mission suicide. « Vous ne devrez pas bouger, pas un mot, à peine une respiration ... Une fois que j'aurais le donner le départ » Comme une course contre la mort. A chaque mot hésitant, son refus se transforme en accord. Après tout le monde vient de s'effondrer autour d'eux alors pourquoi pas ? « Est-ce possible ? »

Au débotté, sans laisser le temps de répondre à la guerrière, le blond s'engouffre dans sa cave laissant cette dernière se servir à boire ou partir regarder le couchant. Pendant qu'il récolte toutes les fioles, bols et instruments dont il aura besoin. Plusieurs fois ... Trois exactement, il les place dans un ordre spécifique avant de choisir un petit sac. Hyacinthe les emballe à l'intérieur avec respect, puis il ressort le tout pour le replacer dans les étagères. Car la gravité de son acte le terrasse. Un véritable crime de lèse-majesté ! Y parviendra-t-il ? Respiration profonde, inspiration empreinte de gravité puis le Calusa rembobine tout à l'envers pour se retrouver au bas des escaliers avec sa cargaison inestimable. Ses lèvres récitent un monologue inaudible quand finalement il s'élance comme pour une dernière course dont dépendrait sa propre vie. Le crépuscule envahit doucement les cieux alors qu'il ne distingue pas la guerrière dans les environs. Hyacinthe ne la recherche cependant pas, supposant qu'elle ne le quittera pas avant d'entrer en possession de sa nouvelle odeur. Inspecte-t-elle les environs ? Son jardin dévasté ? Sa serre aux milles éclats écartelés ? L’étendue de grains de sable envoûtante qui se marrie aux vagues juste derrière les dunes ? Une infinité de possibilités ...

Le parfumeur habité par une foi qu'il veut inaltérable brave alors son chez soi, débarrasse la table, attrape le balai, chasse la poussière, sa meilleure ennemie sans prendre compte d'une présence humaine dans ce lieu qu'il doit absolument transformer en laboratoire. Le Calusa nettoie la table, déplace les chaises survivantes dans un étrange ballet, ouvre son sac, déballe son contenu pour le ranger dans un ordre religieux, par trois fois. Puis le blond s'assoit vidé de son énergie, pourtant Morphée sera renvoyé dans ses appartements si jamais il tente de soudoyer Le Parfumeur pour le suivre. Maintenant seulement les expérimentations sérieuses débutent. Mais avant Hyacinthe prête enfin attention à son entourage pour vérifier si Alysha la fière guerrière se trouve à ses côtés. Ou si il doit partir à sa rencontre, fureter dans les alentours de sa maison ? La rejoindre pour admirer les derniers rayons du soleil jouer à cache-cache comme un gamin avec la nuit qui se faufile parmi les ombres comme une voleuse. Soudainement une crainte resserre l'âme du verrier d’une main puissante. Cas de figure auquel le Calusa n'a pas songé une minute. Si ses éternelles batailles venaient de chasser cette cliente désireuse de retrouver une nouvelle peau, et si le blond s'engouffrait dans une nuit sans fin à retracer la direction prise par les pas de la guerrière pour ne revenir qu'avec du vide ?

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22/07/2016 Lynelf 511 Naya Rivera Blondie -> Ava' | Quiet Riot (Bazzart) -> Signa' Chasseuse • Chasse + Maniement des armes 0
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Sujet: Re: Masks reveal. They don’t conceal.
Mar 22 Aoû - 21:41

Masks reveal.
They don't conceal.
ft. Hyacinthe

Si j'avais eu l'âme poétique, j'aurais fait de cette rencontre un poème. Une envolée lyrique qui n'a pas de fin et qui vole au-delà du monde et de tout ce qu'il contient, qui se transforme en tourbillon, parfois, qui retombe comme de la soie, quelques instants. Si j'avais été poète, j'aurais trouvé les mots pour dire à quel point cette rencontre me semble être hors du temps et déterminante. Importante. Je ne parle pas en son nom à lui, le parfumeur mystérieux qui m'a finalement autant appris le respect que mon paternel ne l'a fait. Je ne peux parler que de mes sentiments et de cette sensation de vivre une de ces heures dont je me souviendrai longtemps. Que cela se termine bien ou non. Et sa réponse à ma question me laisse pensive. Un cheval sauvage qui n'abdiquera jamais devant un maître. Je ne peux pas vraiment contredire ce fait et mon sourire appréciateur ne le cache pas. Je suis assez curieuse de voir comment il arrive à faire un parfum avec ce qui n'est rien de plus, au final, que des impressions. Et j'aurais presque pu rire face à son commentaire sur ma joie. Lui, si bon à comprendre les autres (ou est-ce moi qu'on lit trop facilement ?) a probablement compris que cette joie n'est pas de celle que l'on éprouve lorsqu'on retrouve un être cher. Quoi que. Dans un certain sens, je serai autant heureuse de retrouver cet être cher que de mettre fin à ses jours.

Je pourrais presque passer pour une gentille petite femme, à le réconforter ainsi. Pourtant, je ne suis pas vraiment douée pour ça. Réconforter est même un mot très vague, à mon sens. Personne n'a été là pour sécher mes larmes. Je n'ai jamais pu sécher celles de mon frère. Alors réconforter quelqu'un que je connais à peine, je ne sais pas si j'en suis capable. Je ne sais pas si je le fais bien. J'essaie. Qu'on me jette au moins des fleurs pour ça. Mais ce ne sera pas lui qui le fera. Lui, Hyacinthe, il revient à cette histoire de perversion que j'avais laissé en suspens. Il m'a comprise sans que je n'ai rien à dire. Et cela ne me rend pas forcément heureuse. Au contraire, ça me ferait plus peur qu'autre chose. Suis-je si mauvaises à cacher mes émotions ? Mes pensées ? « Oui. » C'est un oui dans un souffle, mais un oui ferme. Et je n'ai le temps d'ajouter rien d'autre que Hyacinthe débite ses paroles d'un goût mystique sur la bonté. Il y a une certaine détermination dans sa voix, une détermination qui m'effraie, qui me fait bouger tout mon corps d'inconfort. Pourtant, la bonté, elle se cache souvent mais elle est toujours là, quelque part. C'en est presque ironique venant de moi et pourtant j'y crois. Je ne parle pas de la mienne mais je crois en la sienne, par exemple. Et je sais que la bonté même se trouvait devant moi il y a encore quelques années de ça. Elle se mouvait parmi nous sous les traits de mon frère et elle n'a pas réussi à le garder en vie. Mais de la bonté, il y en a toujours partout, parfois trop. Je n'ai sans doute pas très bien compris ce qu'il a voulu dire, de toute façon. Il est bien plus doué poète que moi.

Et cela se confirme à nouveau alors que je débite toute la vérité et rien que la vérité dans un bordel un peu trop bordélique. Je veux tout dire mais je ne sais pas comment le dire. Mettre des mots sur des sentiments que je n'ai jamais vraiment extériorisé avant ce jour est bien plus difficile qu'il n'y paraît. Pourtant, à nouveau il me comprend. Plus encore que je ne pensais qu'il ne le ferait. Sa réaction me laisse penser qu'il est de ceux qui sont précieux. S'il arrive à me pardonner, comme ça, en à peine quelques secondes, je ne peux que le respecter encore plus. Surtout quand pardonner n'est pas mon fort à moi. Et plus je le regarde, plus cette force respectueuse s'impose à moi. Il a survécu, son âme a survécu, à tout ce qu'il a pu endurer que je ne peux qu'imaginer. Il a survécu et il me pardonne. Enfin, je crois. J'espère. Son attitude me dit que oui. Ses mots restent muets. Mais pendant quelques instants, alors qu'il finit de me raconter un bout de son histoire à lui, plus rien n'a d'importance. Je prends tout ce qu'il me donne et j'y goûte avec plaisir, je savoure avec envie. Et si c'est tout ce que j'ai, j'espère que ça me suffira. Je n'en demanderai pas plus, en tout cas.

Je suis du regard le chemin qu'il me montre. Je ne sais pas si j'irais jusqu'à la plage. Il vaut mieux sans doute que je m'arrête là aujourd'hui niveau souvenirs. « Par là. D'accord. » Je regarde ensuite la cruche qu'il me désigne avec envie. Juste avant qu'il n'ajoute cette proposition. D'instinct, je me froisse. Le son de ma voix râpe sur mes lèvres. « Non merci. Juste de l'eau. » Est-ce un coup bas ? Une petite phrase pour me rappeler mes fautes, pour me rappeler que j'ai un passé que j'aurais pu éviter ? Ou n'a-t-il vraiment aucune idée de ce que l'alcool était devenu pour moi ? Un moyen de m'échapper. Un trou béant similaire à celui qu'il y avait désormais dans ma vie. Réconfortant. Une humiliation, aussi. Un passé que j'essayais de faire oublier. Que j'essayais d'oublier. Mais peut-être faisait-il partie de ceux qui n'étaient pas affectés, qui du coup ne s'y intéressaient pas et m'oubliaient pas la même occasion. Si c'est le cas alors tant mieux. Ceux-là sont maintenant mes meilleurs amis. Pourtant, je ne peux pas m'empêcher de douter, même après tout ce que nous venons de nous dire. Je termine sur un ton un peu plus contrôlé. « Je ne bois pas d'alcool. » Je passe sous trappe ce petit plus qui aurait pu vouloir tout dire. Et je sens que ma demande ne l'enchante pas vraiment. J'hésite à le couper, pour lui dire que si vraiment il ne veut pas, alors c'est bon, ce n'est pas grave. Je m'en remettrai. Qu'il ne se plie pas en quatre pour moi. Il ne me doit rien. Vraiment rien. Mais maintenant qu'il a dit oui, je ne veux plus qu'il dise non. Mon côté égoïste garde le dessus. Je le laisse m'expliquer ce qu'il va faire, où il va le faire. « Pas en bas. » Je confirme. Mon estomac ne le supportera pas. Il m'explique ses dernières conditions avant de partir sans que je puisse lui répondre. Je le fais pourtant dans un souffle assez fier, tandis que je me dirige vers l'eau salvatrice. « Aucun soucis pour ça. » Rester immobile était un savoir qu'il fallait maîtriser pour la chasse. J'essayais même parfois de ne plus respirer, le plus longtemps possible. Je n'avais jamais tenu plus de deux minutes. Petit jeu entre moi et moi-même que je ne pouvais que gagner. Cela faisait du bien à ma fierté. J'avale deux verres d'eau. Le deuxième plus lentement que le premier. Je cherche où poser le verre pour ne pas gêner mais je finis par le remettre exactement là où je l'ai trouvé. Il gênera probablement de toute façon.

Une fois sortie, j'hésite. Je veux autant m'éloigner pour être certaine de ne rien rater que m'éloigner le plus possible pour ne pas qu'il se sente oppressé. Je finis par prendre la direction de la plage. Marcher à l'air frais ne peut que me faire du bien. Arrivée à la moitié du chemin, et alors que le sable s'étend maintenant devant mes yeux, mes pieds refusent pourtant de faire un pas de plus. Obnubilée par cette histoire d'odeur nauséabonde qui émane de mon corps, j'en avais complètement oublié où nous étions. Il est impossible de voir le village d'ici. Mais il est possible d'apercevoir autre chose. Indistinctement et pas entièrement. Cachée par les ombres et d'autres pans de terre. Pourtant je la devine, principalement parce que je suis obligée de la côtoyer. Elle fait partie de notre territoire, après tout. Et, surtout, elle est ancrée dans ma mémoire à jamais. Énorme et pourtant pas la plus grande de tous. Peut-être plus grande dans mes souvenirs qu'elle ne l'est réellement. Innocente à première vue. Souillée pour toujours par le sang de mon frère que j'ai moi-même aidé à déverser. Elle est bien là, cette maudite falaise. Trop loin pour que je vois l'endroit exacte où il a perdu la vie. Mais bien trop près pour que je ne le supporte. Encore plus maintenant. Maintenant que je me sens particulièrement faible mentalement. J'ai l'impression que cette discussion avec le parfumeur a duré des jours. Elle m'a vidée. Exténuée. Et voir ces bouts de pierres se tenir là, me narguant de leurs éclats, c'est peut-être plus que je ne peux le supporter en une journée. Alors je ferme les yeux. Et je ne bouge pas, alors que je pourrais bouger. Je reste là, poussée par une curiosité morbide ou je ne sais quoi. Je me perds dans des brumes obscures qui me bloquent le passage. Elles m'empêchent de me remémorer son visage mais elles veulent que je comprenne qu'elles seront toujours là, même quand je ne m'y attends pas, pour me rappeler la raison de mes chasses infinies. Qu'elles restent alors. Parce que je ne veux pas oublier. Je reste là de longues minutes avant qu'un coup de vent ne me fasse manger mes cheveux et me ramène à la vie. Je jette un dernier coup d’œil au paysage. Je lui dis au revoir, à la prochaine. Dans mes rêves ou sur la terre ferme. Et je me retourne sans hésitation. Parce qu'il faut que je m'éloigne d'ici et parce que je suis probablement en retard, restée trop longtemps embrumée.

Les reflets de sa verrière semblent me souhaiter un bon retour. Je ralentis le pas tandis que j'entre à nouveau chez lui. Je m'arrête sur le seuil. Il est là, à m'attendre. Toutes ses affaires installées dans un ordre que lui seul peut comprendre. Je lui souris. A moitié sincèrement, à moitié malicieusement. Comme si j'avais volontairement jouer avec lui, avec sa patience. Un signe de tête. Bonjour. Je suis là et je reste là. Vous avez dit oui. On ne recule plus maintenant. J'avance vers une chaise libre et pose la main dessus. « Je peux ? » J'attends à peine une réponse. Je prends la chaise et la place dans un des coins les plus sombres de la maison. Je m'assoie dessus en tailleur, prenant quelques secondes pour m'installer comme il se doit. Je calme ma respiration, jusqu'à ce qu'elle ne soit plus qu'un filet d'air imperceptible, jusqu'à ce que ma poitrine soit presque immobile. « Quand vous voulez. » Et j'attends, je regarde. Hypnotisée. Capturée. Autant par les mouvements que ses réflexions. Par les liquides que par les odeurs. Je n'ai aucune idée de combien de temps nous restons là, lui concentré dans son travail, moi concentrée dans sa concentration. Je ne bouge pas. Jusqu'à ce qu'il lève enfin les yeux vers moi. Un flacon devant lui. Et, déjà, je sais qu'il sera parfait. Il sera parfait parce que je l'ai vu faire. Il sera parfait parce que les odeurs traînent encore dans l'air. Il sera parfait parce que c'est lui qu'il l'a fait. « Merci. » C'est un murmure plus qu'une parole. Peut-être inaudible à ses oreilles. Et je le répéterai s'il le faut. Mais ce merci en est un grand. C'est un merci autant pour ce parfum que pour ce moment partagé et pour cette rencontre que j'avais imaginé des milliers de fois mais qui a surpassé tous mes espoirs. C'est un merci de reconnaissance et un merci qui demande à nouveau pardon. C'est un merci de respect et un peu un merci d'espoir. C'est un merci pour tout.


© Gasmask


Spoiler:
 

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28/07/2015 I 2264 Chris Brown ( model )/Cristopher Mason Thaïs/Oreste & Lux Aeterna Verrier & Parfumeur 87
« Entre le † Ciel † et l' ☿ Enfer ☿ »


Sujet: Re: Masks reveal. They don’t conceal.
Dim 24 Sep - 18:41

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Alysha & Hyacinthe


La brise souffle vers la cabane, désormais un peu biscornue, une odeur d'embrun que le blond respire à plein poumons. Le regard vert levé vers la voie lactée, le verrier observe ce ciel vide de tout nuage. Pas un seul cumulus qui traîne. Il ne pleuvra pas cette nuit, mas auprès de l'océan rien n'est jamais totalement sec. Le Calusa traîne son doigt sur le chambranle tordu de sa porte d'entrée. Un soupir profond s'échappe de sa poitrine. Hyacinthe n'aperçoit pas la guerrière dans les parages. Il pourrait s'élancer à sa poursuite mais il ignore dans quelle direction elle a pu s'engager. Et s'il possède beaucoup de qualités, il ne prétendra jamais être un bon traqueur. Pas pour les êtres humains. Oh bien sûr, de loin on peut l'estimer beaucoup plus doué que tous les débarqués qu'il a rencontrés, et il sait dégoter sa pitance sans trop de problèmes. Mais le blond devine que cette femme-là dissimulera avec art ses traces si elle ne désire pas qu'on la retrouve. Alors il hésite entre une petite ballade vers la mer qui le remettra sur pied après cette étonnante visite à la conclusion plus qu'étrange ou ... Créer envers et contre-tout le parfum dont la belle espérait tant entrer en possession. Le parfumeur se sent porter par l'inspiration, elle l'a poussé dans ses retranchements, a remué ses douleurs les plus intimes. De toute cette pagaille ne naîtra qu'une substance rare et précieuse.

L’intérieur s'illumine de quelques bougies et d'une vieille lampe à pétrole. La luminosité ne lui convient pas autant que dans son atelier. Maintenant que tout à été déménagé il s'en contentera. Son père le lui répétait sans cesse, ce ne sont pas les outils qui rendent l'artisan meilleur, mais son expérience et sa capacité à improviser. Ses TOC s'acclimateront puisqu'il traversé une soirée qu'il qualifierait d'extravagante. Pour commencer il doit se concentrer, alors il reprend sa place sur cette chaise bancale. Il se relève. Puis s'installe à nouveau. Trois fois. Le rite. Il pourrait l'abandonner désormais car il à confronté son cauchemar : Baëlfire. Mais il en ignore encore trop de lui-même pour lâcher autant de lest. Il ne souhaiterait pas dériver dans la vie sans aucune direction, à l'aveuglette et simplement devenir fou. Il pourchasse toujours les mots assassins de Basile qui se répercutent à jamais comme un écho dans sa caboche, en se concentrant sur les diverses fioles. Pour Alysha, absente s'ébauchent plusieurs pistes, tant elle dissimule de souffrance en son âme. En cet instant précis il la bâti mentalement une structure virtuelle qui le guidera dans la recherche du bonheur perdu. Enfin si on veut croire ou prétendre que celui-ci a pu voir le jour sans être occis immédiatement par la fatalité. Et la voilà ... Sa cliente, réapparue comme un miracle devancée par cette puanteur tenace qui épouse tout son corps.

« Oui » Bien entendu. Non se transformerait en insulte. Hyacinthe l'a invitée à venir, à sa demande, il s'est fait violence, aussi ne va t'il pas la chasser car on trônerait dans le comble du ridicule. Au contraire, dans sa poitrine son palpitant sursaute un peu à la joie qui parcourt ses veines, grâce à l'apparition de la guerrière. Il puise à présent son inspiration dans la moindre petite respiration qui s'échappe de la bouche de la femme Brune, au plus petit des mouvements qu'elle exécute. Un clignement de paupière se transforme en un incroyable arc-en-ciel de flagrance « Ca ca ca fait un moment que j'y travaille  » Lui apprend-t-il quand elle l'invite à poursuivre son œuvre. Dorénavant la besogne devient souterraine, impalpable au regard de la jeune femme, alors que se dévoilent des embranchements invisibles entre les différentes fioles. Les alliances infinies qui s'étalent frémissantes, face à l'imagination bouillonnante qui envahit des pensées tumultueuses. Rapidement, soudainement, avec des gestes de félins qui s'approprierait sa proie il saisit plusieurs petites bouteilles. Il construit différents assemblages. Echange une bouteille avec une autre. Comme une étonnante danse dont le rythme ne cesserait de changer. A la fin quand il se décide à prendre des bols, il en dépose trois ... «   Un.. Deux ... Trois  » Ne jamais ébranler le mythe sinon il se dresserait contre vous pour vous asséner le coup de grâce.

En magicien il se transforme, attirant le récipient et les multiples mini-bouteilles vers lui, l'une après l'autre il les débouche, les passants sous ses narines avant de verser le nombre de gouttes adéquat. Tout doit se relier, pointer vers la perfection, il ne tolère pas l'erreur le Calusa. Dans ce cas précis. Frénétique, habité, par moment il se fige les prunelles dans le vide, ses lèvres murmurant des paroles muettes. Parfois il tombe sur son séant croisant les bras plusieurs minutes, les paupières closes puis se redresse reprenant exactement là où il s'est immobilisé. Quand un sourire triomphant passe le seuil de ses lèvres, Hyacinthe fouille dans une petite caisse ou il récupère un Flacon de forme arrondi et y verse sa mixture qu'il pousse vers Alysha. Puis il reprend son manège. Il ne la retient pas, si elle s'emparait de sa première élaboration pour quitter les lieux ensuite, le calusa ne se précipiterait pas derrière elle. Chacun ses choix, il à obtempéré à sa demande, libre elle demeure de choisir la version qui lui conviendra. Sans en tester aucune autre. En silence, comme promis elle assiste à la confection de ce qui lui redonnera un nouvel élan. Tranquillement une à une les bougies s'éteignent pendant que l'aube prépare son manteau, annoncée par le chant des oiseaux qui se réveillent. Le parfumeur d'une main fatiguée dirige le cocktail final dans la direction d'Alysha. Tout prendre, tout laisser ... La balle est dans son camp. Maintenant lui Hyacinthe va s'assoupir épuisé. Le blond ne tient plus sur ses jambes « Merci...Merci... Merci » Lui lance-t-il avant de retourner dans son antre...



Le Parfum:
 


THE END
 

Masks reveal. They don’t conceal.

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