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˜˜˜˜˜˜until dawn { A L A S K A ; end.
maybe life should be about more than just surviving

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29/01/2016 Sial 143 Cara Delevingne vinyles idylles Soins & quelques aptitudes en tant qu'herboriste 0
Solitude à la douce odeur de ciguë


Sujet: until dawn { A L A S K A ; end.
Mar 13 Sep - 23:54

Code:
✜ [color=firebrick]Cara Delevingne[/color] → Alaska C. Burckley



SURNOM
Aly. 
ÂGE
27 printemps.
ORIENTATION SEXUELLE
Hétérosexuelle.
SITUATION AMOUREUSE
Célibataire, mais amoureuse.
MÉTIER / FONCTION
Ancienne étudiante en médecine.
APTITUDE(S)
Soins / Notions médicales et début de notions d'herboriste.

On se blesse, on se ment, on se perd dans cet incroyable firmament de dorures et de couleurs ; la vie est une félonie qui brise et attise la haine silencieuse qui sommeille en chacun. C’est un enchevêtrement de rencontres et de passions brisées, où les hommes s’emmêlent, se démêlent et se mêlent à nouveau, dans un complexe émotionnel que nul ne pourrait réellement définir. Il faut du temps, beaucoup de temps pour apprendre à dompter son coeur et soumettre sa raison, de manière à allier les deux dans l’équilibre le plus parfait, dans l’équilibre le plus fragile. Fragile comme le coeur d’Alaska ; petit bout de chair aussi frêle que du verre soufflé. Alaska qui semble se plier sous les bourrasques de vent, perdre l’équilibre, s’écraser dans le vide ; tu crois qu’elle tangue, qu’elle tombe, et pourtant elle est toujours bel et bien là, avançant lentement dans l’obscurité qui semble l’étouffer. Alaska elle suffoque, elle se dérobe, elle s’essouffle dans ce monde trop dangereux pour une fille comme elle, pour une fille des étoiles. Aussi légère que le flocon qui dévale le ciel, tu te dis qu’elle va disparaître comme la glace fond au soleil.

Pourtant Alaska elle a tant de choses à prouver. Elle veut montrer qu’elle mérite de vivre, qu’elle mérite d’exister – inconsciemment elle s’est recroquevillée sur elle-même parce qu’Alaska ne t’apporte pas la moindre once d’anxiété ; Alaska elle est lisse et fade, de son sourire doux elle efface les maux et panse les plaies. Alaska elle attend, elle patiente, elle accumule le poids sur ses épaules, sans sourciller, sans esquisser la moindre grimace de douleur et d’épuisement. Petit corps qui n’a plus de force, plus d’espoir.

Elle voit le monde se détruire, se disloquer, s’amoindrir sous ses pas. Elle sent la terre s’effriter, la terre se craqueler et impuissante elle observe le désastre – elle sait que quelque chose ne va pas et elle ne peut rien y faire. Elle se dit que ça va passer ; qu’après tout ils trouvent toujours la solution – après tout ils sont là pour ça – mais son estomac demeure noué. On l’a trahie. Goût amer dans sa bouche qui empoisonne son esprit ; aujourd’hui elle explose, aujourd’hui elle enrage. Ils les lui ont enlevé, ils  les lui ont ôté.

Alaska est seule, Alaska est perdue ; son bateau change sans cesse de cap car n’a plus de repère. Alaska elle est morcelée et incomplète ; elle coule lentement vers le fond de l’océan et personne ne pourra la sortir de la torpeur dans laquelle elle s’est enfermée. Pourtant il n’y parait pas ; elle est une bonne actrice, une bonne comédienne – ses sourires sont faux tandis que ses yeux hurlent la vérité. Mais personne ne le voit, personne ne le sait. Personne n’écoute l’enfant qui a par miracle survécu ; seuls les adultes comptent, on n’entend que leur voix, pas la sienne, et quelque chose s’est cassé. Quelque chose s’est brisé dans la confiance qu’elle leur avait toujours aveuglément confié ; elle aurait pu laisser sa vie entre leurs mains, comme tous les autres sûrement, mais ils l’ont entachée, ils l’ont bafouée. Et elle ne l’a pas vu, pas tout de suite ; il a fallu que ça fasse encore plus mal pour qu’elle comprenne la situation.

Lâche Alaska qui n’a rien fait, qui n’a pas agit. Une fois de plus elle a été spectatrice d’une tragédie à laquelle elle ne voulait pas assister. Pauvre Alaska. On pourrait la plaindre si ce n’était pas si affligeant. On pourrait dire qu’elle est forte parce qu’elle a traversé maintes épreuves mais c’est trop déprimant. Les obstacles elles les a franchit avec peine et maintenant elle est vide, Alaska, désespérément creuse ; elle est réglée comme une machine, elle a oublié ce que c’était que de vivre. Et toi tu la crois franche, et toi tu la crois vraie. Lorsqu’elle t’assure que tout va bien, lorsqu’elle te dit que ça va aller parce que ça va toujours, lorsqu’elle t’annonce qu’elle va s’en sortir ; ce n’est qu’un sous-entendu de plus ajusté sur sa voix parfaitement contrôlée ; Alaska n’est plus libre, Alaska est enfermée.

Elle devrait pleurer, elle devrait hurler, elle devrait s’exprimer. Mais la larmes sont silencieuses et les cris étouffés ; elle chuchote ses pensées et fuit le conflit. On ne voit que ses belles paroles et sa partition d’expressions parfaitement exécutées, parce que c’est plus facile de ne pas voir la réalité en face. Il y autre chose à faire, il y a d'autre choses à s’occuper. Des bobos à soigner et une société à sauver. Les gens ne s’inquiètent pas pour elle parce qu’il n’y a plus personne pour le faire. Les soupirs sont las et les rêves ennuyés. C’est dommage, elle est si jeune Alaska. Si jeune et si brisée.

Brisée par cet attachement trop rapide qui la lie si souvent ; pour rester debout elle dépend des autres et c’est pour ça qu’elle est aussi désarticulée aujourd’hui. Alaska on a oublié de lui dire que l’amitié c’était beau mais que ce n'était pas éternel, que l’amour ça faisait souffrir, effaçant tous les beaux moments. On a omis de lui dire qu’il ne faut pas aimer, qu’il ne faut pas adorer sous peine de s’écrouler ; et aujourd’hui c’est trop tard. Elle ne peut s’en empêcher, c’est plus fort qu’elle - elle croit toujours trouver chaussure à son pied avant qu’on la délaisse sur le rebord du fossé.

Ce fut les seules fois où elle a crié.
Paniquée.
Alors que son univers a fini de s’effondrer.


A L A S K A
nota bene ; n’oublie pas de m’appeler
pour me spécifier
que tu n’as pas encore succombé.
+ Comment se passait ta vie, ton quotidien sur l'Odyssée ? Quelles étaient tes fonctions ?


Suite à sa sortie de prison, Alaska avait repris ses études de médecine suite à la promesse qu’elle avait faite à Liam. Chaque jour elle se rendait aux quartiers réservés aux détenus et demandait une autorisation pour pouvoir le voir. Parfois on lui refusait l’accès, mais la jeune fille était déterminée à honorer ce voeu qu’elle avait formulé auprès de lui. Elle ne le laisserait pas derrière elle, il n’en était pas question. Elle devait lui parler de l’extérieur, lui changer les idées, le faire sourire. Alaska savait que d’une certaine manière Liam lui faisait un cadeau en acceptant de la voir tandis qu’il refusait sa mère au parloir, et elle en était plus que touchée.
Le jour où Liam fut renvoyé sur Terre, Alaska avait perdu une fois de plus ses repères. Cette fois-ci, cependant, elle s’était contentée de ne pas perdre la face et de continuer à se battre, continuer d’espérer, ayant déjà causé trop de tords à sa famille. Elle appliquait les ordres, continuait ses stages médicaux et s’efforçait de donner le meilleur d’elle-même en attendant de voir une évolution.


+ Ton opinion sur les cents envoyés sur Terre, et sur les relations actuelles que vous entretenez avec eux ?


Alaska avait été tout d’abord révoltée par l’annonce. Voilà pourquoi on l’avait privée de ses amis et de celui qu’elle portait dans son coeur. Elle leur en voulait. Mais alors que l’urgence de la situation fut révélé, elle avait éprouvé une once de soulagement quant au fait qu’ils aient été envoyés sur Terre.
A l’heure actuelle, Alaska n’a pas encore revu aucun d’entre eux. Elle avait bien demandé à voir Liam alors qu’il avait été emprisonné mais une fois de plus on le lui avait interdit. Et la colère envers le gouvernement actuel de l’Odyssée s’attisa un peu plus.


+ Comment as-tu réagi en voyant la Terre pour la première fois quand tu as atterri ?


Enfin l’un de ses rêves se réalisait. La Terre, c’était ce lieu de rêves et d’histoire oublié, hors d’atteinte, qu’elle ne pourrait percevoir que dans les livres ou les images conservées. La Terre, elle la percevait au travers de peintures et de films ; de photos et de textes plus surprenant les uns que les autres. Jamais elle ne sentirait le vent dans ses cheveux, le soleil sur sa peau, ou l’odeur de l’herbe mouillée par la rosée du matin. Mais finalement l’improbable se produisit.
Elle aurait voulu poser ses pieds sur la planète bleue dans d’autres conditions. Sans la mort, sans la panique, sans la tristesse – pourtant jamais elle n’oublierait cette sensation exquise qui lui avait traversé le corps tandis qu’elle découvrait l’immensité verte pour la première fois. La magie s’était emparée de ses sens et plus rien ne comptait à cet instant. Souvenir doucereux qui lui berce le coeur.


+ En toute franchise, des regrets sur ta vie, et certaines actions avant d'arriver ici ?


Des regrets, beaucoup de regrets, des tonnes de regrets. Celui de ne pas avoir su dissuader Dimitri de continuer à suivre ces groupes rebelles, celui de ne pas avoir contrôlé la flamme ardente qui avait brûlé en lui tout ce temps. De ne pas avoir pu dire au revoir à Liam, d’avoir causé du soucis à ses parents. Alaska en a beaucoup des remords ; chaque jour ils lui bouffent le coeur et lui dévorent les entrailles. C’est douloureux, incroyablement douloureux, mais elle se dit qu’il s’agit de sa punition pour avoir été aussi impuissante.


+ Ton opinion sur les terriens ? En as-tu déjà rencontré ?


Alaska n’en a jamais encore rencontré. Elle a entendu les rumeurs – sur cette « bande de sauvages » comme certains disent si bien, mais n’y a jamais vraiment porté attention. Elle reste intimement persuadée qu’ils ne sont pas si mauvais, et parfois elle aimerait sortir au-delà des limitations imposées par le gouvernement autour du campement de fortune. Elle veut en découvrir plus sur cette planète mère des hommes, et pourtant n’en connait pas sur le tiers des civilisations qui la recouvrent.

+ Qu'apportes-tu à la vie au campement ? Quelles sont les tâches que l'on t'attribue habituellement ? Voudrais-tu quitter les tiens maintenant que tu vis sur Terre ?


Naturellement on lui a attribué une place dans le secteur de la médecine. Petits bobos ou plaies plus graves sont son quotidien. Elle ne s’en plaint pas, au contraire, elle se satisfait de cette vie simple qui consiste à aider autrui. Elle le fait pour toutes les vies qui n’ont pas été sauvées, elle le fait parce qu’elle a cette même passion qui l’anime à chaque fois qu’elle refait à la perfection les gestes méthodiques assimilés. La même passion qui habitait maman. Et puis il y a cette promesse aussi, encore et toujours cette promesse qu’elle est bien décidée à tenir. 
De plus en plus on l’envoie à la cueillette en compagnie de botanistes et herboristes ; on lui apprend petit à petit à reconnaître certaines plantes pouvant s’avérer essentielles en cas de besoin. Avide de connaissance, elle apprécie ce geste et ces petites virées qui lui permettent de découvrir autre chose que le campement de l’Odyssée.
Cependant elle n’oublie pas son principal objectif. Bientôt elle va s’en aller, même si elle ne sait pas par où aller, dans quelle direction se rendre ou quel chemin emprunter elle va partir, afin de retrouver les Cents. Afin de retrouver Liam. La vie parmi les siens devient de plus en plus pesante ; elle entend la révolte qui gronde et cette dernière lui rappelle les plus mauvais souvenirs qu’elle possède. Alaska n’a pas oublié que c’est pour cela que Dimitri s’est sacrifié ; mais d’une certaine manière elle ne supporte plus les erreurs du gouvernement actuel. Alors elle veut partir, alors elle veut se reconstruire loin de ces conflits.


+ Des angoisses/craintes/phobies/problèmes de santé à signaler?  


L’angoisse de se retrouver seule, désespérément seule ; écrasée par l’oubli et l’abandon. Aujourd’hui elle a l’impression d’être au bord du précipice ; Alaska elle est instable, elle n’est pas viable, elle s’associe aux gens et ne compte plus que sur eux. Alaska c’est cette personne polymorphe qui s’adapte et se fond dans le moule, elle est ce que vous voulez et finira par s’attacher, inéluctablement ; et ainsi elle signe son testament, destinée à se faire dévorer par les limbes humaines du trépas. Alaska ne vit pas ; elle survit à travers les autres.


+ Le péché capital/la vertu qui te représentent le mieux ?


L’envie. Douloureuse jalousie qui lui chatouille le corps ; elle la ressent partout à chaque fois qu’elle ne peut pas retenir ceux qui s’en vont. La jalousie qu’elle éprouve ne s’attache pas seulement aux filles que Liam a sûrement rencontré durant tous ces évènements, elle s’infiltre partout et vient pourrir les fondations ; elle la ressent lorsqu’elle se rend compte qu’elle est la seule à ne pas pouvoir se libérer de ces liens étranges qui la font dépendre des autres. Elle lui pince le coeur alors qu’elle voit ses proches prendre leur envol alors qu’elle reste encore et toujours clouée au sol.
Mais Alaska est belle dans sa façon d’être. Alaska elle vous accepte tel que vous êtes et sauras faire ressortir le meilleur de vous. Elle est une sorte de faire-valoir qui fera ressortir votre lumière ; de son sourire radieux elle comblera votre âme et pansera vos plaies de coeur. Alaska a ce pouvoir de rendre n’importe qui exceptionnel ; elle est un médecin de l’esprit attentif et à l’écoute. Alaska elle n’est pas dans la contrainte, elle est parfaitement lisse et se fond dans le décor ; Alaska elle ne vous apporte pas la moindre once de soucis pas la moindre once de malheur. Alaska elle vous protège de ses malheurs, vous cache de sa tristesse ; elle vous préserve d’elle-même.
Le rire cristallin de la gamine résonna dans la couloir comme un écho de douceur tandis qu’elle déambulait dans le dédale métallique de l’Arche. Elle slalomait entre les habitants, escaladait chaque marche qui lui barrait le chemin. Rien, rien ne semblait pouvoir ternir cette joie qui la caractérisait tant ; Alaska c’était un rayon de lumière dans cette vie où la nuit était reine, Alaska elle avait les étoiles dans les yeux et du soleil dans le coeur. Tout le monde la connaissait dans le quartier – elle était la fille de Nyctésis et de Caleb, celle qui vagabondait souvent hors de ses appartements en compagnie de Dimitri, le voisin de huit ans son aîné qui l’avait pris sous sa coupe depuis le jour où elle était venue au monde. Malgré l’âge ils étaient inséparables ; ils avaient appris à veiller l’un sur l’autre à leur manière et à combler le vide fraternel qui leur était imposé. Alaska se voyait en celui qu’elle appelait grand-frère sans la moindre gêne ; ce qualificatif qu’elle avait déjà aperçu dans les histoires d’avant que maman lui racontait avant de s’endormir. Dimitri c’était son tout, sa moitié, son âme soeur, son ami aussi – il avait une place si importante dans la vie de la petite fille.

Elle trébucha, et des bras entourèrent son petit corps. Elle se tortilla, tentant d’échapper aux chatouilles de son tortionnaire. Elle piaillait, essayant de s’extirper des deux immenses branches qui lui barraient la route. Les larmes vinrent ; larmes de joie, larmes de bonheur.

Il était son héros, il était son chevalier servant ; celui qui la sauverait du vilain dragon et qui la protégerait des dragons. Elle avait l’intime conviction que rien ne pourrait les séparer, pas même le temps, pas même la vie ; il était elle et elle était lui, imbriqués l’un dans l’autre pour mieux survivre. Ils étaient heureux. Ni la pauvreté, ni les règles, ni la vie fade qui les attendait ne mettraient fin à cet équilibre si parfait.


Pourtant ce n’était pas drôle de voir papa épuisé en rentrant du travail, pas drôle de voir maman avec le sourire peiné quand elle n’avait pas pu sauver un patient, pas drôle de se rendre compte que Dimitri était de plus en plus absent et qu’enfin il daignait pointer le bout de son nez c’était pour avoir la mine triste de celui qui avait trop travaillé. Ils grandissaient. Le temps était traître et Alaska le savait, alors elle ne rechignait pas – après tout elle aussi prenait de l’âge ; d’enfant et était devenue adolescente, de ses quatorze années elle comprenait aujourd’hui que l’univers qu’elle s’était façonné avec Dimitri n’était qu’une utopie et qu’elle devait s’en détacher. Mais c’était difficile, il fallait bien l’admettre ; les autres jeunes de son âges n'étaient pas méchants mais ce n’était pas Dimitri. 


Alaska n’était pas dupe, elle sentait bien que quelque chose se tramait. Anissa, la mère de Dimitri aussi, et malgré ses efforts elle n’arrivait pas à le cacher. Ca n’allait pas. Dimitri n’était plus Dimitri. Dimitri avait les sourcils froncés et les traits soucieux. Il faisait souvent la grimace et ne te racontait plus ses journées. Lorsqu’elle lui parlait il était plus absent, et il allait s’enfermer dans sa chambre avant l’heure de l’extinction des feux. Et elle ne pouvait rien faire. Elle ne pouvait qu’observer la lente transition de son grand-frère de coeur vers l’âge adulte, morne et triste.


Et elle ne pouvait que chuchoter, lentement le soir à sa porte une prière emplie de conviction ;
Reviens moi, s’il te plait,
j’ai encore besoin de toi, moi,
besoin de ta voix, besoin de tes bras,
pour me montrer la voie.



/ / / /


— Aly !

Le temps s’était écoulé et la jeune fille était aujourd’hui une jeune femme ; ses joues avaient fondu et ses yeux luisaient d’un nouvel éclat. Elle était devenue plus responsable, moins intrépide, et comprenait ce qui lui échappait autrefois. Dimitri, lui avait fini par s’adapter aux entraînements militaires, et son air soucieux ne l’avait jamais quitté. Elle s’était finalement elle-aussi habituée – aujourd’hui leurs entrevues ponctuées de malice venaient alléger le lourd quotidien qui leur pesait. C’était une bouffée d’air frais entre les entraînements pour lui et les cours de médecine pour elle.

— Aly !

La jeune fille tourna la tête vers Dimitri qui l’appelait, de l’autre côté de la fenêtre. Elle leva les yeux en l’air mais ne lui accorda pas plus d’attention que ça, priant pour que le professeur ne remarque pas la présence de son frère.

— Putain de merde Alaska !

Il avait parlé plus fort encore cette fois et elle n’était pas certaine que le double vitrage eusse assez atténué le son de sa voix. Elle fronça les sourcils, agacée, et s’apprêta à lui répliquer qu’il ferait mieux de déguerpir avant qu’elle ne l’estropie dans son sommeil mais quelque chose l'interpella. Il se tramait quelque chose. La panique se lisait sur son visage ; sa bouche était déformée dans une moue effrayée et ses yeux étaient écarquillés. Il tournait sans cesse la tête à droite et à gauche, semblait transpirer et avait les mains qui tremblaient. Il avait peur. Dimitri Ford avait peur. Il ne lui en fallut pas plus pour qu’elle prenne congé, s’excusant d’un hochement de tête en direction du professeur qui ne semblait lui accorder aucune importance. Elle s’échappa du fond de la classe, avant de découvrir le grand brun adossé à une porte de service.

— Bordel, Dim, c’est quoi le problème ? T’as vu dans quel état t’es ?

Elle lui faisait presque la leçon mais l’inquiétude transparaissait dans sa voix. Dès qu’il s’agissait de lui, elle devenait mauvaise comédienne ; de toute manière il la connaissait par coeur, chacun de ses traits chacune de ses intonations, elle ne pouvait pas le tromper, pas lui.

— Dim explique moi, qu’est-ce qui ne va pas.

Il prit sa respiration et sembla étouffer l’espace d’un instant un sanglot. Et puis il prit sa tête entre ses mains calleuses pour venir la poser contre son torse, comme lorsque qu’elle était petite. Machinalement les bras frêles de la jeune fille vinrent encercler le corps du colosse, lui murmurant d’une voix étouffée que ça allait aller et que tout allait bien se passer. D’une certaine façon elle mentait ; elle ne savait rien de la situation dans laquelle il s’était fourré et elle redoutait le pire, pourtant elle ne pouvait s’empêcher de se dire que tant qu’il était là rien ne pouvait arriver. Après tout il était son héros. Illusion. Alaska voulut ignorer la terreur qui la frappait en se comblant de rêves stupides.

Et puis il y eut les voix et les pas saccadés. Et ces hurlements d’ordres qui lui glacèrent le sang dès l’instant où il lui parvinrent. Elle se détacha de lui, non sans garder ses bras fermement enchaînés à son dos, lui demandant du regard une explication. Elle le méritait après tout non ? Les secrets ils n’en aviez pas l’un pour l’autre, du moins, c'était ce qu’elle pensait ; mais au fur et à mesure que le capharnaüm se rapprochait elle commençait à douter.

— Aly, pardonne moi. Je… J’aurai du te le dire avant mais… Excuse moi.

La blonde fronça les sourcils. Elle n’arrivait pas à comprendre la situation, ou plutôt elle ne voulait pas comprendre la situation.

— Je ne comprends rien Dim. De quoi tu parles ?

Elle ouvrit la bouche, la referma, sans savoir quoi dire alors que les yeux de son frère se remplirent de larmes. Il n’avait pas le droit. Il n’avait pas le droit de pleurer sans qu’elle ne sache quoi faire, pas le droit de la regarder de cette façon. Il lui disait adieu de ses prunelles de charbon, il tournait la page, il faisait une croix sur quelque chose.

Bientôt ils furent encerclés de tout part ; quelques élèves curieux sortirent de différentes classes vêtus de blouses blanche mais on leur recommanda de rentrer à l’intérieur. Les canons étaient pointés sur les deux jeunes, menaçants, et le corps de Dimitri se contracta entre ses bras.

— Dim.

Supplication qu'Alaska murmura entre ses dents serrées, tandis qu’il la détacha de force sans qu'elle ne puisse rien faire. A cet instant la tendance s’inversa, ce ne fut plus lui qui fut en proie à la panique mais bel et bien la jeune fille. Au fond elle se rendait bien compte. Les propos parfois limites du brun lors des repas dans la salle commune chuchotés au creux de son oreille, les sous-entendus provocateurs lancés à l’entente des dernières nouvelles de l’Arche, ce genre de petits signes qui ne trompent pas. Lorsqu’il s’absentait plus longtemps que prévu avec quelques compagnons de l’armée ou encore ces hommes terrifiants qu'elle croisait parfois. Et puis il y avait la colère qui montait lentement sans qu'elle ne redescende. Ce n’était pas bon.

Il approcha son front et le porta à ses lèvres ; il y déposa une pression longue alors que les larmes dévalèrent finalement ses traits coupés au couteau pour venir tremper les cheveux d’or de sa petite soeur.


— Je t’aime.

Murmure déchirant qui lui brisa le coeur ; il la détruisait, la fissurait de tout part de ces deux simples mots. Ses deux yeux bleus se fixèrent dans le vide tandis qu’il la quitta. Elle tourna lentement la tête, le regard toujours aussi pétrifié, observant le jeune homme lever les mains en l’air et se faire intercepter avec violence par quelques soldats. On le mit à genoux, lui frappa le ventre et la blonde voulut hurler, mais aucun son ne franchit le pas de ses lèvres. On la tira en arrière pour la faire reculer ; elle n’entendait plus rien, ni les instructions des militaires autour d’elle ni les ordres que d'autres lui donnaient avec plus de calme. Plus rien n’existait hormis lui, plus rien.

La douleur résonnait dans son crâne et lui perforait les poumons. Son corps tout entier se vidait de son air alors qu’elle le vit s’éloigner, les mains menottées dans le dos. On lui arrachait son frère. Hors de question. 
Ce fut le déclic. Rage et haine prirent le contrôle de ses gestes. D’un mouvement paniqué elle bouscula les soldats qui la retenaient, poussant un glapissement horrifié. Elle joua des coudes, repoussa de toutes ses forces les hommes qui la maintenaient en arrière. Elle tendit la main, geste désespéré et lui ne lui accorda pas la moindre attention. C’était terriblement douloureux. La jeune fille glissa et s’écrasa sur le sol ; cette fois si on lui avait croisé les bras dans le dos pour l’empêcher de bouger de nouveau mais ça ne suffit pas. Elle criait ; elle hurlait à plein poumons le nom de celui qui l’avait toujours maintenue debout. Elle ne pouvait pas se passer de lui, ça lui était tout simplement impossible.

— Bandes d’enfoirés ! Il n’a rien fait, relâchez le ! JE VOUS EN PRIE.

Les mots avaient dépassés sa pensée et l’éplorée se retrouvait maintenant elle aussi coupable mais peu lui importait – il s’agissait de Dimitri, de son frère, de son repère. Elle n’arrivait plus à respirer, et les larmes lui entravaient la vue ; elle était désorientée, désemparée. Complètement anéantie, foutue, hors d’usage. Brûlée.


La flamme se consuma dans sa fin ;
Emportant avec elle la source de son bonheur,
Transformant sa vie en horreur,
Parce qu’il était le seul à pouvoir la faire exister.



/ / / /


— Chérie…

C’était à peine si la voix de sa mère lui parvenait tant elle était déboussolée. Ses sens étaient anesthésiés et tous les sons qui lui parvenaient étaient flous et dépourvus de la moindre logique. Deux ans. Deux ans de prison pour insulte envers des forces de l’ordre et trouble de l'ordre public. Deux ans de prison jugés nécessaires parce qu’elle avait fait preuve d’irrespect et d’irresponsabilité. Ca aurait pu être pire avait murmuré maman, de manière presque inaudible. La blonde savait pourquoi ; elle aurait pu y rester plus longtemps, être accusée de complicité, ou pire, être éjectée à sa majorité. Heureusement pour elle on n’avait retenu que cette insulte qu’elle avait balancé au hasard, on avait mis ça sur le compte de la colère et du désespoir. Heureusement ? Alaska n'était pas sûre de vouloir continuer sans Dimitri. Elle n'en aurait pas la force.

Pour la consoler, maman a ajouté que Dimitri savait qu’il allait se faire arrêter, et que son dernier souhait était de la voir avant que ce ne soit le cas. Ce qu’elle ne savait pas, c’est qu’en disant cela, la plaie n’était que plus douloureuse. Alaska souffrait, et ce depuis les vingt-huit heures qui s’étaient écoulées. Elle savait que la sentence était tombée. Elle savait que Dimitri avait vingt-neuf ans soit la majorité. 

Et elle savait, elle savait pertinemment que maman ne lui avait pas dit toute la vérité. Au fond, elle la connaissait, mais elle refusait de la voir en face ; c’était si difficile à affronter.

— Aly chérie… Ca va aller d’accord ? On viendra te rendre visite et…

Elle se stoppa alors que sa fille avait enfin daigné lever un regard sur elle. La femme fut frappée par la souffrance qui transcendait le fruit de ses entrailles à cet instant. Sa main couvrit sa bouche ; elle aussi était touchée par ce qu’il s’était passé, elle voyait Dimitri comme son fils. Mais elle se montrait forte pour sa fille ; cette fille brisée qui ne savait pas ce qu’elle allait faire pour se maintenir la tête hors de l’eau. 
Pourtant il fallait lui annoncer.
C’était à maman d’annoncer que le verdict était tombé.

— Alaska. Dimitri… Dimitri a été éjecté il y a deux heures de cela. Je.. Je suis désolée.

Sa voix s'éteignit à la fin de sa phrase, troublée par les évènements. Elle non plus n'avait rien pu faire. Nyctésis retenait du mieux qu’elle le pouvait ses larmes mais elles affluaient, elles bataillaient pour s’échapper de son magnifique regard azur. Et Alaska ne dit rien. Pas le moindre son, pas la moindre réaction. La seule chose qu’elle fit, c’est se lever pour aller frapper telle un robot la porte qui menaient aux cellules. Elle aurait voulu lui dire qu’elle n’avait pas à être désolée, que ce n’était pas sa faute, que ça allait passer parce qu’elle était forte et qu’elle allait surmonter cet obstacle. Mais rien ne vint, juste le vide, le néant avait prit place.

— J’ai fini.

Sa voix était glaciale, aussi froide que la température du lieu qui portait son nom. Elle n’avait rien dit à maman ; elle ne lui avait accordé que le terrible silence qui terrifie les proches. Mais Alaska n’en avait que faire à cet instant ; plus tard elle regretterai, plus tard elle s’en soucierait. Elle baissa la tête, fuyant les regards curieux de certains prisonniers. Et alors que la porte de sa cellule se refermait derrière elle, ses jambes se dérobèrent sous poids.


Et elle hurla.

Elle hurla à s’en arracher les cordes vocales.

Elle hurla si fort qu’elle crut que sa gorge allait se réduire en cendres.
Elle hurla jusqu’à ce que les braises qui avaient incendié ses yeux soient éteintes par les larmes.



Elle hurla jusqu’à ce que la fatigue prit le dessus sur la douleur.
Jusqu’à ce que les cauchemars s’emparèrent de son coeur.



/ / / /



Le mur contre lequel elle était adossé lui était familier. Il avait cette chaleur que les autres murs n’avaient pas, sans doute parce qu’il était celui qui la séparait de celui qui avait été sa bouée de sauvetage. Ils se maintenaient mutuellement en vie. C’était leur manière de survivre. Au fond elle savait que c’était stupide, parce que c’était de cette même façon qu’elle avait failli succomber. S’attacher, encore et toujours, dépendre de quelqu’un. Elle répétait cette même erreur et pourtant elle ne pouvait s’empêcher de se sentir rassurée. Il était là après tout. Et même s'il était condamné à être éjectée, elle ne pouvait s’empêcher de penser égoïstement qu’elle pouvait le garder auprès d’elle encore durant sept ans. C’était court, sept ans. Elle ne s’en rendait pas compte que ça allait être tout aussi difficile. Mais il était son unique espoir, son unique bonheur. C’était sa seule façon de subsister. Pourtant il y avait maman aussi, il y avait papa. A eux trois ils étaient ses piliers. Souvent elle culpabilisait, se disant que Dim ne méritait pas ça mais après tout là c’était différent. Elle l’aimait. Elle l’aimait si fort, elle l’aimait plus loin que les étoiles. Elle était désespérément, follement amoureuse de lui.

— Tu sais Liam, je viendrais te voir à chaque fois que l’on m’y autorisera.

Un léger sourire se dessina sur ses lèvres. Elle n’était pas certaine de vouloir sortir d’ici, en fait, si elle avait pu y rester un peu plus longtemps elle aurait accepté. Mais elle ne devait pas oublier qu’elle avait promis aux trois hommes de sa vie qu’elle accomplirait son rêve de suivre les traces de sa mère. Elle le ferait pour papa, pour Dimitri, pour Liam aussi. C’était une promesse. Alaska était très sérieuse avec ce genre de choses.
Elle noua ses cheveux et se leva, avant de récupérer le maigre sac qui contenait ses affaires. Ils allaient bientôt venir la chercher. Elle espérait que la nouvelle voisine de cellule de Liam serait pas trop ennuyeuse pour lui. Et qu’elle supportera sa façon de râler, même si au fond elle devait bien avouer qu’elle préférerait qu’il ne l’aime pas. Elle secoua la tête : elle ne devait pas être jalouse. C’était un sentiment néfaste qui risquait d’entacher la lumière si belle dans laquelle il la baignait chaque jour depuis qu’elle avait atterri ici. Il l’avait relevée, plus efficace que n’importe quel psychologue, même lorsqu’elle rechutait dans la dépression sournoise qui l’avait habitée.

— Je suis très sérieuse. Tu as intérêt à être là à l’heure, sinon c’est moi qui fait râler. blagua-t-elle.


Un petit rire s’échappa de ses lippes. La main placée contre le mur, elle savait qu’il était là derrière, probablement toujours assis contre ce dernier comme ils le faisaient si souvent. Alaska se sentait connectée à Liam. C’était fort, encourageant. Elle se sentait invisible lorsqu’il était là. Il n’était pas un héros – les évènement lui avaient fait comprendre que les héros étaient ratés, qu’ils n’étaient que des chimères que seuls les enfants pourchassaient.

— Commence pas. entendit-elle d’une voix étouffée de l’autre côté.

Liam n’était pas toujours très loquace, surtout dans ce genre de situation. Alaska ne savait pas trop bien s’il était triste de la voir partir, ou simplement qu’il allait se retrouver seul – peut être les deux après tout, mais ça ne l’étonnait guère qu’il soit aussi silencieux. Elle poussa un léger soupire, la paume toujours appuyée contre la paroi.

— Je te le promets, Liam. Je ne t’abandonnerai pas.

Une petite larme coula le long de sa joue. Elle n’était pas douloureuse, cette larme, parce qu’elle allait bientôt pouvoir observer son joli sourire et ses magnifiques yeux. C’était plutôt un « au revoir », un « merci » aussi.

Les gardes vinrent ouvrir la porte de la cellule. Alaska leur accorda un regard avant de reporter son attention vers le mur. En général ils n’aimaient pas trop voir les prisonniers trop communiquer entre eux en dehors des horaires communes, alors elle allait être brève.

— Ne sois pas trop heureux de me voir partir hein. ironisa-t-elle un instant. Parce que je vais revenir vite.

Et sur cette promesse elle prit la direction de la sortie.

— Ne sois pas stupide.

Derniers mots de Liam à son attention ; un léger rictus se dessina sur sa bouche. Le blond avait peur qu'elle fasse le mauvais choix, si jamais elle devait atterrir de nouveau dans cet endroit volontairement, il lui en voudra, elle le sait. Mais elle ne comptait pas revenir de cette façon, et lui devait en être persuadé.

— Idiot, je ne le suis jamais. souffla-t-elle pour elle-même


Ou peut-être juste un peu pour toi.

Sois sage, Liam
.

/ / / /


Il y avait ce bonheur si infime qui s'animait lorsqu'il était présent, ces quelques particules de couleurs fragiles qu'elle osait à peine effleurer de peur de les briser. Alors silencieuse elle se satisfaisait de ces quelques notes vermeilles et ocres, teintées de ses sourires et de son regard lumineux, sachant qu'à la moindre tentative, cet équilibre si durement acquis s'effondrerait tel un château de cartes. Alors elle se taisait, chaque jour elle se rendait à la prison tentant de négocier une visite, même lorsqu’elle était renvoyée, sans jamais dévoiler ses sentiments. Parce que Liam ne les partageait pas. C’était évident quand elle voyait ses yeux ; il n’y avait pas cette même électricité qui la parcourait lorsqu’elle le voyait. Elle préférait tout laisser comme ça, se délectant de chaque seconde en sa compagnie. Sa vie avait désormais un sens - et même s’il fallait fermer les écoutilles pour ne pas entendre les rumeurs incontrôlables qui couraient sur son sujet, même s’il fallait faire abstraction du vent des ragots qui lui parvenait sans cesse elle avait saisi ce petit brin de bonheur ; c’était quelque chose de précieux qu’Alaska avait apprit à apprécier. C’était précieux, un véritable diamant brut.

Ce jour-là elle se dirigeait comme à son habitude vers les portes qui menaient aux quartiers destinés aux locaux de la prison. Elle était contente car elle savait qu’elle n’essuierait aucun refus ; aujourd’hui était un jour de visites alors elle savait qu’elle ne devait pas s’en faire. Elle s’approcha de la jeune femme à l’accueil, l’interpella d’un raclement de gorge.

— Mademoiselle Burckley. Vous venez voir Liam Cohen je suppose ?

La blonde hocha vigoureusement la tête, ne pouvant se ôter son sourire. Elle avait promis à Liam qu’elle essaierait de le voir chaque jour, et c’était ce qu’elle avait fait jusqu’à maintenant ; même le garde ne faisait plus tellement attention à ses allées et venues.
Tandis qu’elle terminait quelque chose sur son ordinateur, la femme tenta de faire la conversation en demandant à Alaska quand elle serait enfin médecin. Il était vrai qu’elle avait du rattraper son retard, et elle était encore à quelques années de pouvoir décrocher son diplôme. Elle l’aurait avant que Liam ne soit majeur, c’était le principal. Elle travaillait d’arrache-pied pour ça. Elle hésitait même à demander un poste au sein de la prison, mais elle le savait très prenant et n’était pas certaine d’avoir tant de rencontres privilégiées avec lui ou avec les autres détenus avec qui elle s’était liée d’amitié.

— Voiiiiilà. acheva-t-elle en appuyant sur une touche de son clavier. Donc, voyons donc… Liam Cohen… Est-ce qu’il est autorisé de visites…

Soudain ses sourcils se froncèrent, elle réactualisa, sembla s’agiter. Alaska se pencha légèrement par dessus le comptoir, tendant le cou pour pouvoir voir ce qu’il se passait. Mais bien évidemment, elle était trop loin.



— Euh, je suis désolée Mademoiselle mais ce détenu est interdit de visites. dit-elle d’un air compatissant.
— Pourquoi ? Il a fait une bêtise ?
— Je ne peux pas vous en dire plus Mademoiselle. Son dossier a été classé en privé. Seuls les hauts-placés y ont accès.
— Ah, d’accord, je vous remercie.

Alaska se recula. Elle ne devait pas paniquer, après tout, ce n’était rien. Sûrement une erreur. Oui c’est ça, une simple erreur. Elle reviendra demain. Et après demain s’il le faut. Tous les jours nécessaires pour qu’elle puisse enfin le revoir.

Liam.
Liam.
Ne m’oublie pas, je t’en prie.
Attends moi.



/ / / /

Il n’était jamais revenu. Sa vie était devenue plus sombre et sans intérêt ; ceux qui lui permettaient de garder la tête sur les épaules c’étaient ses parents et le fait qu’aucune preuve ne désignait clairement qu’il puisse avoir été expulsé. Alaska continuait à aller chaque jour demander à cette dame de l’accueil. Elle faisait pitié. Elle était désespérante. Si lâche, si fade, si laide. Alaska n’avait plus aucun éclat. Où étaient passées les étoiles ? Où étaient passés les sourires ? Et la joie dans tout ça ? Il ne faut pas les inquiéter ; c'était ce qu’elle se disait sans cesse tandis qu’elle revêtait chaque jour des parures plus belles encore et plus sophistiquées pour masquer son malheur à ses proches. Ils ne méritent pas de la voir aussi triste, elle leur gâchait l'existence avec ce genre d'habitudes. Il fallait qu'ils ne se soucient pas trop d'elle. Magnifiques mensonges qui cachaient l’inquiétude et le doute. Pourtant elle espèrait, elle priait pour qu’il soit toujours là, quelque part. Et qu’il aille bien. Mon Dieu je vous en prie. Ca allait faire quelques temps maintenant que plus personne n’avait de nouvelles de certains détenus mineurs. C’était louche mais les gens ne s’attardaient jamais longtemps sur ce constat. Ils avaient mieux à faire. Pourtant Alaska gardait toujours cette pensée dans un coin de sa tête.

Et puis tout avait commencé à dérailler. Plus d’oxygène sur l’Arche, structure surchargée. L’humanité toute entière en perdition. Et il avait ces cents jeunes envoyés sur Terre en guise d’expérience. Ces cents jeunes à l’avenir incertain avec qui la communication avait été coupée. 

Alaska s’était retenue de pleurer. Elle l’avait déjà trop fait. Alors elle avait contenu entre elles tous ses pleurs de colère, de soulagement, de tristesse. Il était peut-être en vie, comme beaucoup d’entre eux. On ne savait pas comment ils allaient, on était dans le flou le plus total.

Cependant il fallait trouver une solution.

La seule qui s’offrit aux habitants de l’Odyssée fut d’atterrir en urgence sur Terre. Adieu papa, adieu maman. Papa s’était sacrifié pour la cause commune et maman était restée sur le bord du fossé ; elle avait sauté, elle s’était brisée, comme une poupée de déchirée lors de l'atterrissage forcé. Alaska était la dernière rescapée de la famille Burckley. A croire que le destin s’acharnait sur la pauvre enfant, elle qui semblait pourtant ne pas avoir trop mal démarré dans la vie.

Mais pas le temps de se lamenter. Personne n’avait eu le temps de pleurer ses morts. La Terre, dangereuse et souveraine s’offrait à eux, peuplée de civilisations diamétralement opposées à la leur. Alaska avait pu se rendre utile en matière de soin. Une grande partie de l’unité médicale avait été décimée, et même si elle n’était pas totalement formée, elle avait put mettre la main à la patte du mieux qu’elle le pouvait. Ca lui permettait d’oublier, de ne pas trop se focaliser sur toutes les pensées qui l’assaillaient. La mort de ses parents, ces gens dont on ne savait rien, et puis les Cents aussi. 

Une seule chose était sûre, Alaska devait retrouver Liam. 

C’était devenu son unique but, son unique désir. Mais la Terre était si imprévisible, si riche, si sauvage, qu'elle ne savait pas encore procéder.

J'arrive, Liam, j'y suis presque.

A L A S K A
Oh terre de détresse,
Où nous devons sans cesse,
Piocher, piocher.
DERRIÈRE L’ÉCRAN

Je m'appelle Sial et j'ai 17 ans. Vous pouvez donc vous en douter, je suis une fille. Je suis anciennement River. J'ai connu le forum grâce à google ce génie, et je le trouve toujours aussi sexyi. Si possible, je n'aimerais pas avoir un parrain afin de m'aider à l'intégration et la compréhension.


Mon personnage est un inventé et je vous autorise à en faire un scénario si mon compte se retrouve supprimé.







Alaska Cinnamon Emilia Burckley
et le ciel d'encre s'écoule sur ta peau de porcelaine ; âme livide meurtrie embaumée par la peine.


Dernière édition par Alaska C. Burckley le Jeu 15 Sep - 21:29, édité 5 fois

Admin △ I'll dream you real
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05/10/2015 Electric Soul 6151 Dan Stevens Tik Tok & tumblr Professeur de litté/philo sur l'Odyssée, s'occupe des cultures sur Terre | Education & notions d'agriculture 25
Admin △ I'll dream you real


Sujet: Re: until dawn { A L A S K A ; end.
Mer 14 Sep - 0:21

Re-bienvenue et bon courage pour la fiche Tu connais la maison, 7 jours pour la terminer, contacter le staff en cas de besoin, tout ça, tout ça

PS : Je pense que tu as un souci avec le code, il foire pas mal chez moi

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06/12/2015 Lux Aeterna 31704 Sophia Bush AVENGEDINCHAINS de mon ♥ (vava) ; Oreste (image profil); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) ancienne militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. 134


Sujet: Re: until dawn { A L A S K A ; end.
Mer 14 Sep - 0:26

Cinnamon
Rebienvenue par ici, en plus avec une Odysséenne

Admin - Supermassive Black Hole
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04/11/2014 Mystery Light 25393 Thomas B.-Sangster lux aeterna (Mumu ♥) Signa ©endlesslove Ghinzu blow Ancien kidnappé des Rahjaks. Apprenti soignant ancien traqueur 318
Admin - Supermassive Black Hole


Sujet: Re: until dawn { A L A S K A ; end.
Mer 14 Sep - 0:43


Rebienvenue avec ce personnage ♥️
Jeveuxlasouiiiiiiiiiiiiiiiite ayé plus que les questions, ça va aller vite

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27/07/2014 Sammix 16919 Barbara Palvin Cristaline + Tumblr Ramasseuse de fruits & plantes / Agricultrice / Parcourir la forêt à la recherche de nouvelles plantes & fruits 98
Sans peurs et presque sans reproches


Sujet: Re: until dawn { A L A S K A ; end.
Mer 14 Sep - 0:59

Re-Bienvenue

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16/04/2015 I 11673 Aneurin Barnard Alex Tempêtueuse :) & AVENGEDINCHAINS & Lux Aeterna Cuisinier - Aide soignant 65
- Hit the Road -


Sujet: Re: until dawn { A L A S K A ; end.
Mer 14 Sep - 10:24

Re-Bienvenue Alaska, j'aime bien ce prénom et aussi ce que tu as écrit, elle à l'air bien malheureuse cette petite ! Bon courage pour terminer la rédaction de ta fiche !
En ligne

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Invité
Invité


Sujet: Re: until dawn { A L A S K A ; end.
Mer 14 Sep - 10:35

rebienvenue, j'espère que ça va le faire avec cette miss^^

Admin
avatar
28/07/2015 avengedinchains 1292 Rose Leslie sign by ALAS Mercenaire et voleuse 31
Admin


Sujet: Re: until dawn { A L A S K A ; end.
Mer 14 Sep - 10:44

rebienvenue
j'espère qu'on se trouver un lien (et qu'on va le jouer, c'lui là )
courage pour ta fiche (et oublie pas de changer ta signa )

avatar
05/08/2016 FLY 1388 Max Riemelt Avatar + BALACLAVA • Signa + ASTRA • Gif profil + ORESTE Pêcheur + Musicien + Navigateur + Chieur à plein temps 46
✣ The sea and the moon we meet ✣


Sujet: Re: until dawn { A L A S K A ; end.
Mer 14 Sep - 11:03

Rebienvenue! Méga choix pour la célébrité et j'adooore le prénom

Admin - Tears of the phoenix
avatar
12/10/2014 Brimbelle 47685 Jessica Chastain Shizophrenic Médecin / Herboriste 53
Admin - Tears of the phoenix


Sujet: Re: until dawn { A L A S K A ; end.
Mer 14 Sep - 13:35

Rebienvenuuue

avatar
04/10/2014 neko 992 Godfrey Gao AVENGEDINCHAINS.(avatar), tumblr (gif), northern lights.(code signature) cavalier, archer 37


Sujet: Re: until dawn { A L A S K A ; end.
Mer 14 Sep - 14:15

re-bienvenue^^

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29/05/2016 Pivette 2189 Cynthia Addai-Robinson ava : Pivette / sign : Grey Wind Guérisseuse / soin & combat 0
I may be a twin but I'm one of a kind


Sujet: Re: until dawn { A L A S K A ; end.
Mer 14 Sep - 15:15

Re-bienvenue à toi

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Invité
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Sujet: Re: until dawn { A L A S K A ; end.
Mer 14 Sep - 17:41

Re bienvenue !!!!!!! Moi aussi j'adore la combinaison prénom/vava !!!
Bonne fin de rédaction !!!!

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Invité
Invité


Sujet: Re: until dawn { A L A S K A ; end.
Mer 14 Sep - 20:37

Mon dieu je suis amoureuse de ton écriture. Genre vraiment. J'ai hâte de lire tout le reste de ta fiche, et je veux un lien.

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Invité
Invité


Sujet: Re: until dawn { A L A S K A ; end.
Mer 14 Sep - 21:04

Bienvenue sur TH et bon courage pour la rédaction de ta fiche!

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Sujet: Re: until dawn { A L A S K A ; end.

 

until dawn { A L A S K A ; end.

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