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˜˜˜˜˜˜You don't own me ... not yet ... [Atlas]
maybe life should be about more than just surviving


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29/08/2016 Pivette 142 Margot Robbie ava : Pivette / sign : Grey Wind Cartographe / douée pour le dessin. Patrouille de temps en temps. 0


Sujet: You don't own me ... not yet ... [Atlas]
Mar 6 Sep - 20:43


You don't own me ... not yet...
Feat. Demetra Knight & Atlas O. Erickson


La terre avait tremblée et un bon nombre des nôtres étaient partis prêter main forte à l'une des tribus autochtones. Je n'en faisais pas parti, j'étais de ceux qui étaient restés pour surveiller notre camp. Les abris qui avaient depuis quelques temps remplacés nos tentes avaient subit des dégâts mineurs, c'était au moins le point positif d'avoir des constructions rudimentaires faites de bois et de tissus. Le camp avait évolué depuis notre arrivée deux ans plus tôt, certains avaient migré de leur tente à un abri nouvellement construit en restant ensemble, d'autres, comme moi, avons changé de colocataires, les morts dans nos rangs avaient changé un peu la donne, désormais je partageais cet abri avec Atlas.

Je ne sais pas si c'était la passion du dessin que nous, tous deux cartographes, partagions qui nous avait rapproché ou peut-être était-ce cet attrait que nous avions l'un et l'autre pour les moments de solitude. Il y avait certes quelques points communs entre nous, mais aux yeux de certains autres membres du camp, notre cohabitation avait surpris. Lui et sa carrure de bucheron à laquelle on pouvait s'arrêter sans vouloir creuser pour mieux connaître l'être qu'il cachait en dessous. Moi, la charmeuse que l'on pouvait qualifier de légère, comment deux personnes comme nous pouvaient bien vivre sous le même toit. Ce qui surprenait le plus ceux qui connaissaient nos crimes, c'est que là encore tout nous opposait.

"Tu sais que c'est la dixième fois que tu déplaces ce drap ?" Je me retournais presque surprise, contemplant Myrtle qui se tenait dans un coin de l'abri, lui répondant sans attendre "Tu m'as fait peur … je sais mais c'est plus fort que moi il faut que je m'occupe sinon je vais devenir folle." Le sourire qu'elle affichait sur son visage me laissait imaginer ce qu'elle allait bien pouvoir me répondre et je ne la laissais pas reprendre la parole … "C'est mon colocataire et ça fait trois jours que les autres sont rentrés, alors oui je m'inquiète, qu'est-ce qu'il peut foutre ? Les autres l'ont vu partir en même temps qu'eux mais qu'il avait ensuite pris un autre chemin … " je l'écoute me dire des bêtises concernant des quelconques sentiments que je pourrais avoir pour lui, je hausse les yeux au ciel pour toute réponse, comme si moi j'allais m'encombrer de sentiments. Elle insiste encore quelques fois avant de s'en aller comme elle est venue en me disant que je verrai bien un jour ou l'autre qu'elle a raison.

Bien sur que depuis que nous sommes arrivés là il doit être un des rares avec qui je me suis véritablement liée, mais ce n'est pas pour autant que je pourrais avoir des sentiments pour lui, autres qu'amicaux en tout cas. Bien sur qu'il est beau garçon, il n'est pas beaucoup plus jeune que moi, que j'aime bien le taquiner et essayer de jouer de mon charme sur lui. Pourtant il ne semble pas y être réceptif, c'est peut-être ça au début qui m'a donné envie de ne pas baisser les bras, rien que pour le challenge, un jour ou l'autre.  

Je mets du temps à m'endormir ce soir là, je n'ai pas voulu aller manger avec les autres, je suis restée tranquillement dans notre abri, je n'avais pas envie de demander encore à quelqu'un si on l'avait vu. Si je posais d'avantage de questions, peut-être que Myrtle ne serait pas la seule à se faire des idées quand à mes soit disant potentiel sentiments pour lui. Un bruit me réveille et lorsque je me redresse sur mon lit, je distinguais sa silhouette se dessiner, assis au bord du sien. "C'est maintenant que tu rentres ?"



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06/02/2016 609 Ben Dahlhaus Schizophrenic (ava) ; anaëlle (signa) ; Oreste ♥ (gif) Cartographe & Apprenti manipulateur d'armes 55


Sujet: Re: You don't own me ... not yet ... [Atlas]
Lun 12 Sep - 15:23


Demetra & Atlas

you don't own me... not yet...


Le ciel se drape d’un épais rideau de velours noir. Ta vision, réduite depuis quelques heures déjà, franchit un nouveau seuil d’inutilité. Tout se teint d’un noir d’encre autour de toi. Les rochers deviennent pareils aux arbres, la poussière, identique à la voie lactée. Les nuages de coton masquent la lumière émanant des étoiles. Ces mêmes étoiles qui étaient autrefois tes voisines, tes compagnes, toujours rassurantes. Aujourd’hui, elles ne sont plus que de petits soleils lointains, masqués durant la journée, écrasés par la chaleur de l’astre solaire. De petits points blancs scintillants emplis de souvenirs inaccessibles. De petites lucioles tout juste bonnes à offrir des points de repère, quand le ciel est visible depuis la Terre. Depuis le cœur de la forêt, elles ne sont pas d’une grande utilité. Tu n’as que tes cartes pour retrouver ton chemin dans la pénombre. L’obscurité presque totale t’empêche de les lire convenablement. Aussi fais-tu confiance à ton instinct. Tu ne devrais plus être très loin du campement. C’est un chemin que tu as souvent emprunté. Tu devrais pouvoir t’en sortir sans t’égarer. Cependant, aucun son ne te parvient encore. Seuls les oiseaux nocturnes hululent autour de toi, invisibles mais omniprésents. Cela signifie que tu as encore du chemin à parcourir. Fatigué, tu refuses pourtant de t’arrêter. Tu sens que tu es proche. Inutile de dormir sous un arbre et d’attendre le lever du jour pour reprendre ta route. Tu sais que tu pourras te glisser dans ton lit de fortune dans quelques heures tout au plus. L’idée de dormir à la belle étoile te repousse un peu plus alors que tu sens l’air fraîchir. Ces derniers jours ayant été orageux, tu sens que la pluie ne va pas tarder à tomber. Tu espères silencieusement qu’il ne s’agira pas d’une folle averse accompagnée d’éclairs flamboyants. Les orages, tu préfères les éviter lorsque tu es en pleine nature, à découvert. Tu sais qu’en tombant au bon endroit, la foudre peut calciner un arbre. Tu ne veux pas connaître le même sort. Alors tu ignores les protestations de tes membres raides et fatigués, et accélères la cadence.

Après ton passage chez les Pikunis, tu n’as pas souhaité rentrer au campement avec les tiens. L’appel de l’aventure était trop fort. Tonitruant. Tu avais longuement marché pour te rendre au village terrien. Pour ne pas t’épuiser inutilement, tu as préféré faire un détour, abandonnant les Cents pour quelques jours, plutôt que de rentrer pour mieux repartir. Après ton escapade en terre inconnue, il était temps de rentrer parmi les tiens. Tu ne veux pas leur laisser croire que tu puisses réellement les abandonner. Jamais tu ne pourrais déserter. Jamais tu ne pourrais les quitter pour vivre tes aventures comme bon te semble. Il te faut toujours rentrer. Retrouver ceux qui forment ta nouvelle famille. La solitude, tu en as besoin. Mais tu as également besoin de vivre en communauté. Quitter la tienne reviendrait à te noyer dans une solitude qui deviendrait ton ennemie, ta plus grande peur. Ce soir, après plusieurs nuits passées en pleine nature, tu ressens le besoin de retrouver tes compagnons, de dormir auprès d’eux, d’entendre les rumeurs de leurs conversations, de retourner t’occuper d’un camp malmené par la colère agitant les entrailles de la Terre. Tu as repoussé ce moment autant que possible, mais à présent tu as hâte de voir comment a été accueillie l’aide matérielle offerte par les Terriens en échange de votre aide à la reconstruction de leurs habitations. Plusieurs jours ont passé depuis le retour de tes camarades. L’espoir a dû renaître au sein du camp. Tu espères pouvoir y lire des sourires et y sentir une ambiance plus légère qu’à ton départ. Mais les orages que tu as subis ces derniers jours n’ont sans doute pas épargné les Cents. Peut-être la météo a-t-elle affecté leur humeur. Un phénomène que tu ignorais sur l’Odyssée. Bien sûr, tu lisais des poèmes teintés de mélancolie à la vue des feuilles d’automne, des récits de vacances adolescentes ponctuées de joie et de rires au bord d’une plage en été. Mais tu imaginais seulement ce que c’était. Tu ne savais encore rien de ce dont il ressortait réellement. Tu ne savais pas encore à quel point le climat peut influencer les êtres humains. Faire naître en eux des idées noires, ou les chasser aussitôt. Malgré un siècle de séparation, la Terre exerce toujours son influence sur les Hommes. Ce soir ne fera pas exception. Même la lumière de la lune ne parvient pas à percer les noirs méandres des nuages. Nul doute qu’il ne va pas tarder à pleuvoir.

Les épais nuages qui te surplombent d’un air menaçant ne tardent pas à te donner raison. Ils se mettent à cracher leurs larmes glacées sur la surface du globe. Les denses feuillages t’abritent à peine. Pas suffisamment pour que tu échappes aux caprices du ciel. Tu soupires intérieurement, consterné à l’idée que le temps ait vraiment une dent contre toi. Et tu accélères un peu plus, profitant du fait que les rochers ne soient pas encore trempés pour éviter de glisser bêtement. A l’heure actuelle, une blessure pourrait avoir raison de toi. Immobilisé, à quelques kilomètres encore du campement, tu serais incapable de rejoindre les tiens ou de trouver de l’aide. Condamné à souffrir seul durant de longues heures, tu ne saurais où t’abriter et pourrais même tomber malade, trempé par la pluie. Aussi, tu te raisonnes et finis par ralentir, avançant lentement mais sûrement. Ton champ de vision étant déjà considérablement réduit, tu poses prudemment un pied devant l’autre, n’ayant d’autre moyen de différencier les racines des cailloux humides. Ta progression se fait plus lente, et tu es conscient que les pleurs du ciel te font perdre un temps précieux. Peut-être te pousseront-ils à passer la nuit dehors, loin de toute présence humaine. Perdu dans les ténèbres de la nuit, tu as pu mal calculer ton trajet. Le campement se trouve peut-être plus loin que ce que tu crois. Mais aucune de ces suppositions ne te fait baisser les bras. Persuadé d’être tout proche, tu poursuis ta route, avançant prudemment pour ne pas perdre l’équilibre.

Tes efforts finissent par payer. Tu n’entends rien, assourdi par le martèlement de la pluie tout autour de toi. Mais l’horizon s’est soudain éclairé. En t’approchant, tu distingues de plus en plus nettement une lueur orangée, chaleureuse. Sans doute le feu de camp, dont les flammes voraces dévorent la noirceur de la nuit. C’est bien la première fois que ces flammes te réchauffent le cœur. Craignant par-dessus tout la vue du feu, tu t’en tiens éloigné autant que possible. Mais sa lumière te guide vers ton campement, et tu n’as d’autre choix que d’aller dans sa direction. Avoir identifié la source de cette lumière lointaine te donne malgré tout la chair de poule. Ta gorge se serre et ton rythme cardiaque accélère brusquement. Tu tentes de respirer calmement pour te détendre. Tu ne t’approcheras pas du feu. Tu te contentes de suivre sa lueur pour ne pas te perdre et rentrer sain et sauf.

Lorsque tu atteins enfin les abords du campement, tu es trempé jusqu’aux os. La pluie s’est intensifiée, rythmant ta progression. Elle martèle à présent joyeusement toutes les surfaces sur lesquelles elle s’écrase, disséquant le silence de la nuit. Tu ne croises personne alors que tu te diriges vers l’abri qui t’est attribué. Tout le monde a préféré s’abriter. Certains pensaient sans doute dormir, mais la mélodie de la pluie les a sans doute réveillés. N’étant sûr de rien, c’est avec autant de précautions que possible que tu te glisses sous le toit de bois que tu partages avec Demetra. Mais ta large carrure ne t’a jamais permis d’être agile et discret, et la fatigue des derniers jours te rend plus gauche que d’habitude. Tu heurtes les fondations de l’abri, te forçant à remplacer un grommèlement sonore par une grimace silencieuse pour ne pas attirer davantage l’attention. Tu t’écrases pesamment sur ton lit de fortune, bien conscient que tes vêtements dégoulinants sont en train de le tremper à son tour. Tu n’oses plus bouger, de peur de réveiller ta colocataire. Mais le mal est fait. Elle remue et finit par se redresser. Tu peux voir sa silhouette noire se découper sur l’obscurité éclairée par les flammes au-dehors.

- C’est maintenant que tu rentres ?

Le ton est froid et cassant. Tu esquisses une grimace désolée, ignorant si elle peut la distinguer dans la nuit.

- Pardon de t’avoir réveillée, chuchotes-tu, juste assez fort pour couvrir la cacophonie extérieure.

Tu imagines que le reproche fait allusion à ton entrée peu discrète sous l’abri. Mais, vraiment, la réveiller était bien la dernière de tes intentions. D’habitude, tu sais comment ne pas te faire remarquer. Mais dans ces conditions, difficile de passer inaperçu. Trempé de la tête aux pieds, tu trembles légèrement, en proie à la fraîcheur de la nuit. Des mèches de cheveux sont collées à tes tempes. Des perles d’eau se sont formées au creux de ta barbe, glissant lentement en direction de ton menton. Tes vêtements légers, couverts d’une sueur lavée par le déluge, ne te protègent pas réellement. Il vaut mieux d’ailleurs que tu te changes, pour ne pas attraper froid. Espérant que tes gesticulations seront couvertes par les assauts répétés de la pluie sur le toit qui vous abrite, tu ôtes ton tee-shirt et entreprends de l’essorer à l’entrée, pour ne pas inonder votre habitation sommaire. Tu l’étends au pied de ton matelas en attendant le retour du soleil pour le faire sécher. Pour le moment, tu veux juste te sécher pour cesser de grelotter. Tu attrapas un bout de tissu et te frotte vigoureusement le torse pour te débarrasser de toute humidité. Tu saisis un tee-shirt de rechange et l’enfiles. Ça va déjà mieux. Ne te reste plus qu’à t’occuper de la partie inférieure de ton corps. Mais ça, tu t’en chargeras quand Demetra se sera rendormie. Elle n’a pas bougé, ne cherchant même pas à replonger dans le sommeil. Elle se contente de rester assise sur son lit, les bras croisés, l’air mécontent. Tu ignores si elle t’en veut vraiment ou si elle boude pour la forme. Dans tous les cas, elle n’a pas l’air intéressée par l’idée de dormir. Tu sens qu’elle va te faire payer de l’avoir réveillée et qu’elle va te maintenir éveillé toi aussi pour te donner une leçon. Épuisé, tu voudrais pouvoir lui échapper. Mais en même temps, tu sens bouillir en toi une certaine excitation. Tu ressens le besoin de parler de tes découvertes chez les Terriens, et de savoir ce qu’il s’est passé au campement durant ton absence. De communiquer, à présent que tu retrouves la communauté dont tu as été coupé pendant plusieurs jours. Tu aimes voyager seul, et tu aimes aussi retrouver la vie et les conversations qui animent le campement à ton retour. Demetra, cartographe tout comme toi, pourrait partager ton enthousiasme. Vous vous ressemblez beaucoup. C’est peut-être la raison pour laquelle vous vous êtes naturellement rapprochés, avant même de partager un abri. Avec le temps, elle est devenue un solide pilier de ta vie, et elle a toute ta confiance. Aussi, tu ne la crois pas capable de t’en vouloir seulement parce que tu t’es montré un peu trop bruyant. Du moins, à l’aube, elle sera déjà passée à autre chose.

- Ce n’est pas en me fixant aussi intensément que possible que tu pourras te rendormir, la taquines-tu, espérant qu’elle soit de bonne humeur. Promis, je ne bouge plus. Tu n’as plus rien à craindre de moi.

AVENGEDINCHAINS

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29/08/2016 Pivette 142 Margot Robbie ava : Pivette / sign : Grey Wind Cartographe / douée pour le dessin. Patrouille de temps en temps. 0


Sujet: Re: You don't own me ... not yet ... [Atlas]
Mar 13 Sep - 19:46


You don't own me ... not yet...
Feat. Demetra Knight & Atlas O. Erickson


Lorsque je m'étais couchée quelques heures plus tôt le camp était plutôt calme, quelques bruits de discussions entre les uns et les autres, quelques coups donnés pour emboiter et faire tenir ici une planche, là des branchages. Depuis que la terre avait tremblé tout le monde s'était affairé à consolider son abri, nous étions là depuis deux ans maintenant, plus le temps avançait, plus je tentais de trouver dans ce petit coin d'intimité une sorte d'âme et de confort sommaire pour me sentir chez moi. J'avais mi du temps à m'habituer à m'endormir autrement que dans le silence de ma cellule. Ce soir, cette nuit, la pluie tombait de plus en plus fort et je n'aimais pas ça du tout. J'avais lu tant de chose sur le climat, je savais pertinemment comment cela se passait d'un point de vue scientifique et je savais qu'après tout, nous n'avions pas tant à craindre d'une grosse averse. Mais dans mes lectures, les récits évoquant des déluges, des inondations et tombée de foudre, ne me rassuraient pas le moins du monde.

Assise sur mon lit, je joue les effarouchée, et ne répondant pas à ses excuses de m'avoir réveillée, la mine boudeuse même si dans le noir, je doute qu'il ne le distingue. Je ne le dis pas, mais je suis rassurée par sa présence à mes côtés désormais. Je suis consciente que lui comme moi ne pouvons rien contre les éléments naturels, et que si la foudre décidait de frapper le camp, qu'il soit à mes côtés ou non, n'y changerait absolument rien. Ce n'était que purement émotionnelle, et tellement contradictoire. Moi qui avait passé près de dix ans à dormir seule dans une cellule, j'aurais pourtant du être habituée à passer mes nuits seules. Pourtant depuis notre arrivée cela n'avait été que très rarement le cas. J'avais partagé une tente avec deux autres jeunes filles, des gamines même par rapport à moi. Les affinités n'étaient pas au rendez-vous par contre, mais une fois arrivés sur Terre, dans ce nouvel environnement encore hostile et inconnu, personne ne voulait vraiment tenter de dormir seul à la belle étoile.

Le martèlement des milliers de gouttes s'écrasant de plus en plus lourdement sur les planches de notre abri n'aidaient pas à me rendormir. Mes yeux s'étant habitués à la pénombre, je distinguais ses mouvements et ne détournais pas le regard de lui lorsqu'il retirait son t-shirt, le remplaçant par un vêtement sec. Si je ne m'étais pas autant inquiétée de ne pas le voir revenir, je l'aurais presque plaint. Pour l'instant je restais silencieuse, me contentant de laisser mes yeux essayer de distinguer au mieux mon colocataire. Il était presque de notoriété publique que je n'étais pas du genre à trop rechigner pour passe du temps en charmante compagnie, que ce soit dans ma tente ou dans celles d'autres de mes comparses. Atlas n'en faisait pas partie, et cela avait le don de m'intriguer, bien entendu je pouvais ne pas être à son goût, quoique j'avais pu le surprendre à me regarder quand il pensait que je ne le voyais pas. "Qui te dit que je souhaite me rendormir maintenant que tu es rentré ?" Je répondais à sa taquinerie par une autre à mon tour, sa présence atténuait un tout petit peu mon anxiété mais je n'avais pas non plus envie de le laisser s'en tirer à si bon compte. Le grondement du tonner me fit pousser un cri malgré moi. Plaquant mes mains sur ma bouche comme si cela aurait le pouvoir de m'empêcher de me laisser aller à la peur au prochain coup de tonner. Je les enlevais ensuite, bien redressée et assise sur mon lit, je repliais mes genoux vers ma poitrine et les enserras de mes bras, enfouissant ma tête contre mes genoux comme si le fait de me cacher le visage pourrait faire s'éloigner l'orage. "Je veux bien que tu bouges si c'est pour venir vers moi jusqu'à ce que l'orage soit terminé … mais ne vient pas mouiller mon lit, fini de te changer d'abord… et si tu dis à quelqu'un que j'ai peur de l'orage … je … je … je sais pas ce que je te ferai encore, mais je le ferai !"

A plusieurs reprises je l'avais taquiné, je pouvais avoir quelques gestes un peu plus qu'amicaux envers lui, mais cette fois ce n'était en aucun cas une tentative de rapprochement, je détestais l'orage et j'avais besoin qu'on me rassure. Je ne voulais pas me mettre à pleurer seule dans mon lit comme une petite fille, surtout pas. Bon d'accord, le menacer n'était peut-être pas la meilleure méthode pour le convaincre de me rejoindre, mais j'étais tendue, j'avais peur et j'espérais que cela ce termine au plus vite.



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Dernière édition par Demetra Knight le Lun 10 Avr - 10:47, édité 3 fois

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06/02/2016 609 Ben Dahlhaus Schizophrenic (ava) ; anaëlle (signa) ; Oreste ♥ (gif) Cartographe & Apprenti manipulateur d'armes 55


Sujet: Re: You don't own me ... not yet ... [Atlas]
Dim 2 Oct - 0:36


Demetra & Atlas

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Tes craintes se dissipent dès que la belle blonde entrouvre les lèvres. Sa voix savamment modulée t’offre une réponse ironique de la même trempe que tes propres paroles. Une taquinerie aux allusions coquines, qui tait et crie à la fois un message bien plus important : elle ne t’en veut pas. Du Demetra tout craché. Nombreuses sont les rumeurs concernant son comportement au sein du campement. D’après les racontars, la demoiselle qui partage ton abri de fortune aimerait passer des moments agréables avec les hommes. Le plus possible. Comme si elle avait décidé d’entamer une collection. Une collection de nuits toutes plus insignifiantes les unes que les autres ayant fait sa réputation. Et cette réputation, même s’il t’en coûte de le reconnaître, est bel et bien fondée. Il t’est déjà arrivé de te réveiller seul, ta compagne ayant déserté durant la nuit pour rejoindre un foyer plus accueillant. Tu sais pertinemment qu’elle recherche avidement la compagnie des hommes, sans autre idée en tête que celle d’écrire des histoires sans lendemain. Les relations sérieuses lui semblent un concept abstrait. Les sentiments, un mot creux. Une attitude qui t’exaspère au plus haut point. Tu ne comprends pas son point de vue. Il t’est inconcevable de donner ton corps à quelqu’un qui l’abandonnera quelques minutes plus tard, sans jamais chercher à le retrouver. S’engager dans une relation de quelques heures n’a aucun sens. Ce n’est pas ta conception de l’amour. Toi, tu crois encore aux sentiments sincères et au respect de l’autre. Deux notions que ta compagne semble ignorer. Et pourtant, tu l’aimes. Comme une amie. Alors que tout vous oppose et que l’univers semblait décidé à vous tenir à bonne distance l’un de l’autre, vous avez fini par vous rencontrer. Elle, la meurtrière de sang-froid, la manipulatrice émérite, la folle qui parle à des ombres qu’elle seule peut voir. Toi, le condamné innocent, le solitaire réservé, le poète dont les vers déchirent le cœur. Deux étoiles issues de deux univers différents, qui se sont pourtant retrouvées. Trouvées, même. Tu t’en fiches bien, de savoir pourquoi vous vous êtes rapprochés alors qu’elle semblait correspondre à l’avatar du Mal que tu imaginais. Vos différences ne vous opposent pas, mais vous rapprochent. On ne peut pas passer sa vie entouré de personnes en tous points identiques à soi-même. Demetra est l’autre, l’inconnu, et par là même l’attraction, la découverte, la stimulation. Qu’importe ce que l’on murmure à votre sujet. Tu n’as que faire de ce que les autres peuvent penser ou imaginer de votre relation. Cela ne les regarde pas. Tu es juste et droit, et cela te suffit bien de le savoir. Si les autres préfèrent ne pas s’en rendre compte, tu les laisses fantasmer sur une vie que tu ne mènes pas.

L’assurance de la jeune femme vole en éclat alors que le ciel tonne sa colère. Le grondement fait trembler le décor, s’insinue au plus profond de ton corps et fait vibrer tes os. L’orage se pointe, et ajoute ses grondements gutturaux à la tonitruante averse. Le cri que pousse Demetra ajoute une note suraiguë à cette cacophonie nocturne des plus angoissantes. La jeune femme plaque aussitôt sa main contre sa bouche, comme pour ne plus laisser filtrer la moindre démonstration de panique. La voir se décomposer aussi rapidement t’arrache un sourire. Elle qui prend garde à toujours paraître sûre d’elle et de ce qu’elle fait, laisse subitement tomber le masque et dévoile enfin sa part d’humanité. C’est encore comme ça que tu la préfères. Incertaine, fragile, enfin accessible. Si tu ne la connaissais pas sous ce jour, sans doute ne seriez-vous pas aussi proches. Mais lorsqu’elle distribue des sourires hautains et des clins d’œil prétentieux, tu te rassures en pensant que ce n’est qu’une façade. Que la carapace finira de nouveau par se fissurer. Avec toi, elle ne semble pas réticente à se dévoiler telle qu’elle est. A avouer ses peurs et ses craintes. A enfin se délester du poids de l’artificiel. Sans honte, sans peur d’être jugée. A tes yeux, il n’y a pas de plus belle preuve d’amitié que de se voir offrir la pleine confiance de l’autre.

Crispée, redoutant la prochaine fureur du ciel, ta colocataire éloigne doucement les doigts de ses lèvres en des gestes saccadés. Raide et droite comme un piquet au milieu de son lit, elle ramène ses genoux sous son menton, les entoure fermement de ses bras et barricade son visage derrière ses cuisses comme derrière les barreaux d’une prison. Ses doigts se referment avec tant de force sur ses avant-bras que ses phalanges blanchissent. Son corps, tendu à l’extrême, attend avec résignation et crainte le prochain coup de tonnerre. Ce dernier ne se fait pas attendre bien longtemps. Plus bruyant que le précédent, il dessine la trajectoire invisible de l’orage, qui avance droit vers vous. La belle blonde se recroqueville sur elle-même autant que possible. A ce rythme, elle ne formera bientôt plus qu’une masse compacte et méconnaissable. Après le grondement effrayant du tonnerre, le clapotis de la pluie, presque rassurant, est le bienvenu. Le couvrant à grand-peine, la fragile voix de ta compagne te parvient.

- Je veux bien que tu bouges si c'est pour venir vers moi jusqu'à ce que l'orage soit terminé… couine-t-elle, sa voix mal assurée faisant flancher sa verve habituelle. Mais ne viens pas mouiller mon lit, finis de te changer d'abord… Et si tu dis à quelqu'un que j'ai peur de l'orage… je… je… Je sais pas ce que je te ferai encore, mais je le ferai !

Tu ne peux t’empêcher de rire doucement à la vue de cette fragile jeune femme en proie à la terreur la plus totale tenter de se montrer intimidante malgré tout. C’est qu’elle n’est pas du genre à se laisser marcher sur les pieds. Reconnaître qu’elle a peur doit déjà lui coûter suffisamment. Demander de l’aide, qui plus est, lui arrache sûrement la langue. Se défaire de sa fierté n’est pas un exercice facile. Prétendre pouvoir détendre l’atmosphère aide à faire passer la pilule. Tu feras comme si tu n’en savais rien, pour ne pas la mettre encore plus mal à l’aise. Sans un mot, tu profites du fait qu’elle cache son visage pour te défaire de ton pantalon trempé par la pluie. Tu l’essores lui aussi à l’entrée de l’abri, soudainement illuminée par un éclair blanc déchirant l’obscurité. Tu n’es pas assez rapide pour rejoindre la tremblante Demetra avant le coup de tonnerre qui accompagne la foudre. Tu l’entends sursauter dans le noir. Tu enfiles vite un vêtement de rechange et la rejoins sur son lit. Tu t’assieds délicatement à ses côtés et passe un bras réconfortant autour de ses épaules. Sans relever la tête ni desserrer son étreinte autour de ses genoux, elle se laisse glisser contre toi, ses cheveux blonds s’éparpillant sur ton épaule. Ta peau fraîche se réchauffe au contact de la sienne. Tu sens son souffle régulier sur ton bras, sa poitrine se soulever au rythme de sa respiration. Sa présence t’apaise, toi aussi. Tu ne dis rien, mais tu n’en mènes pas large face à l’orage. Comme souvent, tu te sens tout petit face aux caprices de la Terre. Ces hurlements d’outre-tombe te font vibrer de parts en parts. Une sensation qui t’est très désagréable. La foudre, elle, peut à tout moment décider de s’abattre sur un arbre et le calciner en quelques minutes, sans que la pluie n’y puisse rien faire. Ou même de te tomber dessus et te tuer sur le coup. Tu n’es qu’une poussière dans l’univers. Un ridicule pantin face à cette Mère Nature toute-puissante. Elle fait de toi ce qu’elle veut, et tu n’as pas ton mot à dire. Tu lui es entièrement soumis depuis que tu as foulé sa terre. Ce n’est sans doute pas plus mal. Tes ancêtres ont voulu la dompter, en faire un animal docile et obéissant à leurs désirs. Ils en sont morts. L’équilibre naturel s’est rétabli.

Tu chasses ces pensées de ton esprit. Autrement, tu vas étouffer. Tu te concentres sur Demetra, ses tremblements qui se calment, ses sursauts qui se font moins violents. Ta présence la rassure, tout comme la sienne te rassérène. Ensemble, vous n’aurez pas de mal à survivre à cette nuit déchaînée. Tu sens que l’orage n’est pas près de passer. En dépit de la fatigue causée par le voyage, tu ne t’imagines pas dormir par un temps pareil. Tu ne peux t’endormir avec tant de bruit autour. Et, maintenant que tu rassures ta colocataire, tu ne peux pas l’abandonner. Elle ne se calmera pas avant la toute fin de l’orage. Inutile d’espérer qu’elle s’endorme avant. La peur la maintiendra éveillée. Aussi décides-tu de lui changer les idées. Tous ses sens en alerte, elle guette le prochain coup de tonnerre, le prochain éclair qui illuminera le ciel de sa mortelle lumière. Ce n’est pas comme ça qu’elle se laissera aller à la tranquillité. Il faut qu’elle dirige son attention ailleurs. Et c’est toi qui vas t’en charger.

- On ne se sent pas très en sécurité sous ces abris, commences-tu d’une voix que tu veux apaisante. Ils n’offrent pas de grande résistance face à la colère de la Terre… Les Terriens sont plus avancés que nous à ce niveau-là. Ils ont de grandes habitations, vastes, solides et chaleureuses… Tu as déjà vu à quoi ressemblaient les maisons il y a quelques centaines d’années ? demandes-tu, souriant au souvenir de dessins d’enfants présentant des cubes avec deux fenêtres et une porte. J’ai eu l’impression de les retrouver chez les Pikunis. De vraies maisons, de celles qui ont donné leur nom à la chose. Ça m’a fait tout drôle. Jusqu’ici, je n’imaginais pas une maison autrement que comme celle qu’on avait sur l’Odyssée. Un petit compartiment réservé à la famille.

Tu t’arrêtes là, brusquement. Parce que tu comprends que la seule idée que tu te fais de l’Odyssée, à présent, c’est une prison. Une prison dans laquelle on t’a enfermé alors que tu étais innocent. Une prison dans laquelle tu es resté cloîtré pendant près de dix ans. Presque la moitié de ta vie. Tant d’années perdues, gâchées, pour un malheureux emprunt qu’on a interprété comme un crime. Un malentendu qui t’a fait perdre une amie précieuse. Un incident qui te serre le cœur aujourd’hui encore. D’autant plus que cette perte est irrécupérable. Sans doute ton amie d’enfance est-elle morte lors du crash de l’Odyssée. Elle n’aura jamais su la vérité. Et c’est cette idée qui t’est douloureuse. Que tu n’acceptes pas. Ton jugement injuste t’aura tout pris. Ton amie, ta jeunesse, ta liberté. Alors aujourd’hui, tu savoures tout ce qui est à ta portée. La nature. Les expéditions. La vie au campement. Et, quelque part, les orages et les tremblements de terre aussi. Tout ce qui fait partie du quotidien d’un habitant de la Terre est source d’un bonheur immense. Ça fait partie d’une liberté dont tu as trop longtemps rêvé.

- Un soir, il y a eu une fête, aussi, reprends-tu après un temps de silence, une fois évaporée l’amertume des souvenirs. Certains natifs ont joué de la musique, avec des instruments de leur fabrication. Et ils se sont mis à danser. C’était étrange, parce que c’était naturel. Ce sont des moments qui font partie d’une vie normale. On chante, on danse, on joue de la musique. On met de côté les problèmes. Je trouve que ça nous arrive trop peu, sur le camp. On survit encore. J’aimerais qu’on commence enfin à vivre. On l’a bien mérité, non ?

Vous l’avez mérité parce que vous avez été enfermés durant de nombreuses années. Parce qu’on a fait de vous des rats de laboratoires et que vos vies, insignifiantes aux yeux de certains, ont été mises en danger pour le bien des haut gradés.

AVENGEDINCHAINS

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Sujet: Re: You don't own me ... not yet ... [Atlas]
Ven 7 Oct - 14:50


You don't own me ... not yet...
Feat. Demetra Knight & Atlas O. Erickson


Ce bruit. Incessant, oppressant, terrifiant. Je l’exècre, pourquoi faut-il que tout soit aussi bruyant ici ? Pourquoi faut il que le ciel gronde tant que ça ? Est-ce sa manière de nous remettre à notre place, nous faire comprendre que d’une manière ou d’une autre, nous ne sommes rien d’autre que d’insignifiantes petites créatures qui peuvent, en un éclair, être radiés de la surface ? Et bien si c’est le cas, j’ai compris, ce n’est pourtant pas pour autant que le tonnerre se calme. Le visage enfoui contre mes genoux, ma respiration est saccadée, je sais que j’ai certainement l’air d’une idiote comme ça, terrifiée par quelques nuages qui se culbutent allégrement les uns les autres. Je tremble et malgré toute la bonne volonté dont je tente de faire preuve, rien y fait, je ne peux me calmer. Les bruits alentours semblent presque imperceptibles et pourtant je mets out en œuvre pour me concentrer là-dessus. Je devine que suite à mon injonction, Atlas est en train de se lever et de finir de se changer, ce n’est pas l’envie de l’épier qui me manque mais je suis bien trop occupée à me cacher, me faire toute petite et rate sans doute un spectacle qui pourrait ravir mes yeux.

Un nouvel éclair illumine l’abri comme en plein jour et je n’ai le temps de compter que jusqu’à trois avant qu’un grondement plus violent encore résonne au-dessus de nous, me faisant sursauter encore plus que les précédents. Je déteste me montrer faible, je n’aime pas dévoiler mes failles mais là pour le coup, ma peur de l’orage relève d’avantage de la crevasse que de la simple faille. Je ne sais pas si, en partageant l’abri d’une autre personne j’aurais pu être capable de me contenir face à mon angoisse, est-ce que je me serais montrée autant vulnérable ? A dire vrai, je n’en ai pas la moindre idée, tout ce que je sais c’est que lorsqu’il me rejoint, que je le sens prendre place à mes côtés et passe son bras autours de moi, je me sens déjà d’avantage en sécurité. Je sais bien que c’est totalement insensé puisque, qu’il soit là ou non, si la foudre doit tomber, elle tombera, ce n’est pas sa présence qui l’en empêchera. Mais tout de même, le fait de ne plus être seule a des vertus calmantes. De nous deux, connaissant nos passifs c’est plutôt de moi qu’on pourrait attendre d’être forte. Moi la tueuse de sang froid, celle qui n’hésite pas avant de s’en prendre à quelqu’un, pas toujours pour de bonnes raisons. Pourtant c’est lui, avec sa carrure d’ours, qui force le respect et qui impose tout de suite ne serait-ce qu’une vague hésitation à aller vers lui lorsqu’on ne le connait pas, c’est lui vers qui je cherche refuge, vers lui que je me sens en sécurité.

Restant presque en boule, mes mains enserrant mes genoux, je me laisse glisser contre lui, j’ai besoin de sentir son étreinte, de ressentir sa présence encore d’avantage pour réussir à me calmer. Je ne relève la tête qu’un tout petit peu, gardant les paupières closes, et je colle mon visage contre son torse. Sa peau est fraîche, je l’imagine avoir marché sous cette pluie battante et j’ai presque envie de lui passer un savon pour avoir été loin sans rien dire, sans que je ne sache où il pouvait être, ce qui avait bien pu lui arriver. Il était rentré bien après les autres, et même si j’avais été morte d’inquiétude de ne pas le voir revenir, je n’allais pas le lui dire, pas maintenant, pas alors que j’étais en position de faiblesse face à lui je n’allais pas baisser ma garde et me montrer sans aucune barrière, je n’étais pas prête pour ça. Je ne sais même pas si je serais prête un jour à laisser la carapace qui me protège se fendiller pour laisser entrer qui que ce soit. Son cœur tout contre mon oreille et je tente de calquer ma respiration saccadée sur le rythme de son palpitant, je tente de me calmer alors que je commence à avoir froid et d’un geste rapide une de mes mains relâche son emprise sur mes genoux et attrape la couverture à mes pieds, la tirant vers moi, sachant bien que si l’on veut être tous les deux recouvert, il faudra s’allonger. Je ne le fais pas, je n’ai pas envie qu’il pense à une manœuvre de ma part de le séduire dans un moment comme celui-ci, j’ai encore plus peur qu’il ne me laisse seule dans mon lit et regagne le sien pour la fin de la nuit. Alors, s’il pense à de l’égoïsme, tant pis, ce soir, je préfère presque ça. Ma main attrape tout de même une extrémité de la couverture et dans un geste lent, presque timide, je remonte mon bras vers son épaule, son cou, me calant dans ses bras, sentant mes muscles se détendre de plus en plus à son contact.

Je ne sais pas s’il sait à quel point sa présence m’est bénéfique, et pas seulement ce soir d’orage. Il n’y a pourtant rien qui aurait du nous rassembler, à part notre passion pour le dessin et nos envies de solitude passagère. Pourtant il est l’une des personnes de qui je me suis sentie le plus proche depuis que nous sommes arrivés ici, même si certains diront que j’ai été plus que proche avec d’autres personnes. Physiquement sans doute, je ne le nierai pas, je ne peux pas vraiment lutter contre cette réputation que je me suis forgée et qui va me coller à la peau sans doute encore longtemps. Mais avec lui tout est différent, il n’a jamais rien tenté avec moi, jamais je n’aurais refusé un geste de sa part, parce que j’ai beau me trouver des excuses, physiquement, il me plait, cela ne fait aucun doute. Mais il y a quelque chose qui aujourd’hui m’empêche autant que cela m’attire de le séduire. Sa voix rompt soudain le bruit monotone de la pluie et me réconforte. Je l’écoute. Apprendre que les Terriens sont mieux équipés et adaptés que nous à la vie sur Terre ne me surprend pas plus que cela après tout ils on eut le temps de s’adapter, sa question me surprends un peu et me fais esquisser un timide sourire. "Dans certains ouvrages que j’ai pu lire, les descriptions des habitations m’ont souvent fait rêver … rien à voir avec le « palace » que nous habitons ici…Sur l’Odyssée, il fallait que ce soit rentable, la preuve ils nous ont bien balancés pour avoir plus de place …"

Bien sur que j’étais ravie d’être sur Terre, d’être en vie encore aujourd’hui, grâce au fait que nos chefs nous aient envoyé à la mort sans savoir si nous arriverions en un seul morceau à destination, ou si une fois sur place nous crèverions lorsque la première bouffée d’air emplirait nos poumons. Mais d’un autre côté, je ne peux m’empêcher de penser à ceux qui avaient cautionner cette décision, nous étions les criminels, de plus ou moins grande envergure, nous méritions une peine, c’est ainsi que le système fonctionne. Mais eux ? Ne devenaient-ils pas tous des criminels en nous envoyant vers une mort plus que probable ? Comment justifiaient ils cela auprès de leurs proches ? Auprès des parents de mes comparses d’infortune ? Arrivaient-il a bien dormir la nuit ? N’avaient-ils aucuns remords ? Je sais que mon père lui avait sans doute du être déçu d’apprendre que je m’en était sortie … Mais aujourd’hui, il n’était plus là pour me le confirmer, et j’avoue que cela me soulageait. Énormément.

Je me rends compte que parler m’apaise, et même si depuis notre arrivée nous vivons tous au jour le jour, il serait temps de faire des projets et de nous installer pour de bon sur Terre, ne pas faire que survivre. Atlas à raison, je partage son avis même si j’ai toujours quelques réticences face aux autochtones que je n’ai pas encore pris la peine de connaitre. "Il va falloir que les choses change si nous voulons avancer. Est-ce que tu penses qu’on arrivera à vivre comme eux, je veux dire à pouvoir utiliser leurs connaissances ? Dis-moi ? Comment ils sont, ceux que tu as rencontrés ? Comment vous avez communiquez ?" Mon esprit était envahis de questions, je sais bien qui si j’y étais allé moi aussi, j’aurais eu beaucoup de réponse mais on ne refaisait pas le passé … Un frissonnement glissa le long de ma colonne vertébrale alors qu’un nouvel éclair illuminait l’abri, resserrant mon étreinte autour du cou d’Atlas, j’attendais le coup de tonner.



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Sujet: Re: You don't own me ... not yet ... [Atlas]
Dim 27 Nov - 19:26


Demetra & Atlas

you don't own me... not yet...


Les lèvres scellées, bien déterminée à ne plus laisser aucun cri de terreur la trahir, la jolie blonde se détend un peu. Tout doucement, profitant du calme temporaire du ciel, ses muscles se relâchent, ses doigts se desserrent et quittent leur ferme prise sur ses jambes pour s’aventurer sur le lit. Ses gestes restent mécaniques et raides, en écho au stress qu’elle ressent en attendant le prochain coup de tonnerre. La peur est la pire des paralysies. Elle réduit à néant tous les efforts. Des efforts qu’on ne fait pas, qu’on ne fait plus, craignant les répercussions néfastes qui s’ensuivraient. La peur crée le néant. Le néant absorbe la vie. On ne peut vivre dans la peur. Et cette nuit, cette peur, vous la combattez tous les deux. Vous puisez dans les forces l’un de l’autre afin de trouver le courage de ne pas vous laisser paralyser à tout jamais. Vous comblez le néant qui se crée avec des gestes et des paroles, des actions qui vous font exister. Vous refusez de mourir en attendant le prochain coup de colère venu du ciel. Et ta seule présence suffit à apaiser ton amie. Dans des gestes tremblants, elle ramène vers elle la couverture sous laquelle elle était allongée avant ton arrivée. Elle s’en couvre maladroitement, cherchant simplement à se protéger de la fraîcheur nocturne. Tu n’y faisais pas attention, trop occupé à retrouver ton chemin avant la fin de la nuit puis à réconforter ta colocataire, mais tu n’as pas chaud non plus. La pluie froide a glacé ta peau et raidi tes muscles. Seul ton pas rapide a réchauffé ton corps et t’a permis de ne pas souffrir des basses températures jusqu’à maintenant. A présent que tu es immobile, tu sens que ton corps s’est rafraîchi lui aussi. Le contact avec la peau chaleureuse de Demetra ne suffit pas à empêcher tes poils de se hérisser le long de ton corps. Comme si elle avait perçu cet infime changement, la jeune femme se saisit d’un pan de couverture et ramène sa main ainsi occupée au niveau de ton cou. Son étreinte te réchauffe plus que jamais.

Ta tentative pour détourner son attention se révèle relativement fructueuse. Demetra t’écoute en silence. Elle ne bouge ni ne parle, se contentant du son de ta voix pour s’extirper des brumes de terreur qui l’ont envahie. Ton récit simple, ta voix apaisante agissent comme un phare guidant un navire en pleine tempête. Ils l’arrachent délicatement de ses peurs inexplicables pour la ramener vers la réalité bien tangible des choses. Son cœur ralentit le rythme, se calquant presque sur le tien. Mais elle garde la tête baissée, encore soumise à l’emprise des grondements du tonnerre. Malgré tout, elle se prête au jeu et accepte de transformer ton monologue en conversation. Sa mâchoire bouge contre ton bras. Tu peux en sentir les moindres mouvements, ses hésitations, son assurance alors qu’elle prend la parole d’une voix timide, mais maîtrisée.

- Dans certains ouvrages que j’ai pu lire, les descriptions des habitations m’ont souvent fait rêver, se souvient-elle. Rien à voir avec le « palace » que nous habitons ici… Sur l’Odyssée, il fallait que ce soit rentable, la preuve ils nous ont bien balancés pour avoir plus de place…

La rancœur qui émane soudain de sa voix te fait presque sursauter. Tu la comprends. Plus encore, tu partages son amertume. Difficile pour vous, les hors-la-loi du vaisseau, d’aborder le sujet en restant de marbre. C’est avec vos vies qu’ils ont joué. On vous a traités comme des pions sur un échiquier, en jouant une partie dont l’issue était incertaine. Toi, tu es plutôt d’avis que ceux qui ont donné les ordres étaient certains de ne jamais vous retrouver en vie. Ils voulaient vous savoir morts. Morts et inoffensifs. Vous ne leur auriez plus fait de mal, vous n’auriez plus été une menace instable à leurs yeux. Redevenus poussière sur le sol de vos ancêtres, vous n’auriez plus été un poids de trop sur le vaisseau. Tu as longtemps essayé de comprendre ce qui avait pu motiver une telle décision. Mais tu n’as jamais réussi. Ce voyage fou, insensé, cet aller simple et définitif relève bien trop de l’inhumain pour que toi, l’homme sensible et profondément altruiste, puisses le concevoir. Mais le pouvoir monte à la tête de bien des gens, qui changent radicalement dès qu’ils s’imaginent ne serait-ce que l’effleurer. Et tuer une minorité pour le bien commun devient ainsi une solution plus qu’envisageable. Peu importent les excuses que pourront se trouver les autorités, tu ne pourras jamais oublier cette cruelle décision. Tu en garderas à jamais une indélébile rancœur, pourrissant ta mémoire comme du venin. Et jamais tu ne pourras entièrement pardonner à ceux qui ont appuyé sur la détente. Même s’ils partagent aujourd’hui votre galère. C’est pour cette raison que tu préfères rester éloigné du campement que les derniers Odysséens ont monté. Tu ne veux pas les voir. Tu ne veux en croiser aucun. A tes yeux, tous sont coupables. Et tous méritent leur sort.

Alors que ton cœur s’est gonflé de colère, celui de Demetra semble s’être apaisé davantage. Parler, te confier son point de vue et laisser son esprit se remémorer le passé semblent la soulager. Ses pensées se sont détournées des coups de tonnerre et ont trouvé un nouveau point d’ancrage, bien moins intimidant. Tu sens que son corps, reposant contre le tien, est moins raide. Il n’attend plus la nouvelle frappe de l’orage. Il est tout au récit de ta compagne, qui se laisse bercer par les mots banals que vous échangez. Comme par une journée normale, lors d’une conversation normale. Les mots vous emmènent loin de cet abri de fortune détrempé, et font naître une mélodie plus chaleureuse, moins redondante que celle que produisent les gouttes de pluie en s’écrasant autour de vous, sans vous toucher. Vous voyagez, préférant vous barricader derrière l’amertume du passé ou vous noyer dans l’espoir d’un avenir meilleur, pour ne pas avoir à affronter le déluge au-dehors. Ce voyage que permettent les mots, même les plus simples, tu as tendance à l’occulter. Autrefois, dans ce qui te semble avoir été une autre vie, les mots faisaient partie de ton quotidien. Tu les connaissais, les maîtrisais et prenais plaisir à jouer avec. Disposés selon tes envies, ils devenaient des successions de vers mélodieux, prenaient la forme de métaphores astucieuses, donnaient une autre saveur à ton quotidien trop fade. Ils étaient ton échappatoire à toi, qui étais emprisonné dans un vaisseau au milieu des étoiles. Tu aimais les coucher sur le papier plutôt que sur un écran. Ils étaient comme vivants. Tu les voyais presque comme des amis, toi, le solitaire timide et distant que peu acceptaient d’approcher. Tu pouvais façonner mille univers rien qu’à toi avec ces mots, avec ton talent de poète. Tu aimais ça. Tu aimais quitter les étoiles que tu ne voyais que trop pour t’imaginer une vie dans un environnement tout autre. La liberté te faisait déjà cruellement défaut. Tu avais besoin d’air. Tu avais besoin de mettre les pieds à l’extérieur. Et enfin, après de longues années qui auraient pu être des siècles, on t’a envoyé sur Terre. Une planète où tu peux voir, sentir, toucher, vivre. Les mots idéalisaient ta vie morne et monotone. Sur Terre, ils se font presque inutiles, tant il y a de choses à découvrir et à vivre. Tu n’as plus besoin de créer des univers utopiques à travers tes vers. Tu as l’impression d’avoir tout ce qu’il faut à portée de main, en dépit de toutes les mauvaises surprises dont regorge la planète. Maintenant, ton art se limite au dessin. A la cartographie, surtout. Tu as peu d’occasions de dessiner librement, selon ton inspiration. Et peu de matériel, surtout. Aussi atroce qu’ait pu être ta vie en prison, elle était néanmoins égayée par la mise à disposition des outils dont tu avais besoin. Des outils qui n’existent plus sur Terre, et dont tu n’as d’autre choix que de te passer. Tu ressens ce manque comme une énième mise à l’épreuve. Un sentiment qui ‘est dessiné au fil du temps, de votre adaptation à votre nouvel environnement. Après deux ans d’horreurs, de découvertes, d’incertitudes et de tâtonnements, tu estimes que vous avez enfin trouvé votre rythme, votre place sur cette terre où vous n’êtes pas nés. Le temps de la survie est révolu. Tu veux vivre. Cesser de craindre pour demain, de craindre de ne pas connaître de lendemain. Et les dires de Demetra laissent entendre qu’elle partage ton avis.

- Il va falloir que les choses changent si nous voulons avancer, approuve-t-elle. Est-ce que tu penses qu’on arrivera à vivre comme eux, je veux dire à pouvoir utiliser leurs connaissances ? demande-t-elle soudain. Dis-moi ? Comment ils sont, ceux que tu as rencontrés ? Comment vous avez communiqué ?

Tu te rends soudain compte, avec une surprise muette, que Demetra n’a probablement pas rencontré le moindre Terrien depuis votre arrivée. Tu ne l’en blâmes pas. Il y a quelques mois, toi aussi les craignais plus que tout. Ils étaient les sauvages, les brutes assoiffées de sang, les cannibales avides de guerre et de rage. Nombre d’incidents avaient forgé cette image au creux de ton esprit, et tu n’as pas pu t’en défaire pendant de longues années. Il a fallu attendre ta rencontre avec Calypso pour qu’enfin tes craintes s’estompent un peu. Bien qu’elle t’ait planté une flèche en pleine cuisse, la chasseuse s’est révélée être pacifique, attentive et calme. Elle est tout le contraire de ce que tu pouvais imaginer à son sujet. Elle est tout le contraire du farouche guerrier dont tu as croisé la route à ton retour du village des Pikunis. Lui n’était, de prime abord, que fureur et impulsivité.

Un nouvel éclat blanc déchire la nuit, suivi d’un nouveau coup de tonnerre, plus proche que les précédents. Plus tonitruant, aussi. Demetra n’y résiste pas et se crispe de nouveau. Son étreinte autour de ton cou se resserre. Tu glisses doucement tes doigts autour de ses poignets pour lui faire lâcher prise.

- Je ne peux pas répondre à tes questions si tu m’étouffes, lances-tu d’une voix faussement étranglée.

Tu n’as jamais eu un humour ravageur. Détendre l’atmosphère à l’aide d’une bonne blague, c’est un talent réservé aux autres. Toi, tu fais plus dans la discrétion, la subtilité. Tu es mille fois plus à l’aise pour raconter une histoire que pour inventer des blagues. L’atmosphère, tu la détends à l’aide de ton calme olympien. Tu ne t’énerves pas, ne bouges pas et ne hurles pas. Stoïque mais pas insensible, tu restes maître de toi-même et ne te donnes pas en spectacle. Une attitude qui, parfois, affecte tes voisins et les apaise sans plus de raison. Un phénomène dont tu ne te rends pas compte. Mais tu sais que si tu cèdes à la panique à ton tour, Demetra n’a aucune chance de se calmer. Alors tu restes de marbre et, comme s’il ne s’était rien passé, tu poursuis :

- Les Terriens sont comme nous. Ils sont différents les uns des autres. Il y en a qui sont calmes, qui prônent la paix et l’entente entre chaque parti. D’autres sont plus impulsifs, frappent d’abord et réfléchissent ensuite. Ceux-là, je préfère m’en tenir éloigné. Mais contrairement à ce que je pensais, ce ne sont pas tous des guerriers. Ils ne cherchent pas tous à nous faire la peau.

Tu marques une courte pause avant de poursuivre, essayant de répondre au mieux aux questions de ton amie, et à celles qui semblent déjà lui brûler les lèvres.

- Ce n’est pas toujours facile de communiquer avec eux. Ils ne parlent pas tous notre langue, tout comme nous ne parlons pas la leur. Mais certains la maîtrisent plutôt bien, et peuvent servir d’interprètes. Quand ça ne suffit pas, il reste les signes, les mimes. Ou même le dessin.

Tu repenses à ce dialogue presque entièrement muet que Calypso et toi avez mené au sein de la grotte obscure dans laquelle la chasseuse s’était abritée. Tu repenses au sol poussiéreux dans lequel vous avez tracé des mots que vous ne saviez pas exprimer dans la langue de l’autre. A l’heure qu’il est, tous ont dû s’effacer. Et la chasseuse, où est-elle allée ? Tu ne l’as jamais revue depuis cette froide journée d’hiver. Peut-être est-elle retournée chez elle, dans ce pays lointain dont tu ne soupçonnais même pas l’existence ? La Terre est vaste, et tu commences à te dire que vos chemins ne se croiseront jamais plus. Alors tu n’évoques pas le sujet en présence des autres. Ni avec Demetra, ni avec aucun autre de tes compagnons. Cet épisode de ta vie n’a de sens, de valeur que pour toi. Tu préfères le garder secret. Tu as peur de ce que les autres pourraient en penser. Tu as peur qu’on te montre du doigt, qu’on t’apparente encore plus à ces barbares que tu apprivoises. Tu penses que les autres les craignent encore, peut-être plus que toi, et qu’il serait mal vu de tisser d’importants liens avec ces autochtones.

- Si tu te poses toutes ces questions, pourquoi n’es-tu pas allée au village Terrien toi aussi ? demandes-tu sans aucun reproche. Ça t’aurait changé les idées, et tu aurais goûté à la vraie vie des Terriens. Ceux qui sont chaleureux et accueillants. Ça t’aurait donné une idée de la vie qu’on pourrait mener, nous aussi. Une vie digne de ce nom…


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Sujet: Re: You don't own me ... not yet ... [Atlas]
Lun 12 Déc - 18:31


You don't own me ... not yet...
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Les éclaires zèbrent le ciel d’encre et ce n’est pas pour me rassurer, je n’aime pas ça, je déteste ça, j’ai une horreur et une aversion profonde qui semble se décupler à chaque nouveau flash de lumière. Malgré moi, comme une petite fille apeurée je m’agrippe à son cou, me collant d’avantage contre lui comme si être tout contre lui allait empêcher les éclairs d’illuminer notre nuit. Rien n’y fait, le tonnerre gronde de plus belle et le sens les mains d’Atlas se poser sur les miennes pour desserrer leur emprise, ces simples paroles me firent lâcher prise et je m’écartais un peu, je sais qu’il plaisantait, enfin qu’il essayait sans doute car, soyons honnêtes, mon colocataire n’était pas connu pour être l’amuseur public. Bien que, pour ma part, quand nous étions seuls et avions des conversations, il savait se montrer drôle, même s’il ne s’en rendait peut-être pas compte. Pourtant je ne réponds rien, je me contente de rester près de lui, ramenant à nouveau mes genoux vers moi et les enserrant de mes bras, je l’écoute me parler de ceux qu’il a rencontré, ce qu’ils a appris d’eux.
Un livre.
Lorsqu’il me parle qu’il partage ses impressions j’ai le sentiments d’être à nouveau revenue là-haut, enfermée dans ma cellule, plongée dans un bouquin ou un autre, dévorant lignes après lignes, pages après pages, chapitres après chapitres. Il ne s’en rend sans doute pas compte mais même avec le plus grand naturel il me fait voyager, j’aime l’écouter, je me concentre sur sa voix pour me calmer.

Je l’écoute, à mesure qu’il parle je me détends en buvant ses paroles, ils sont bien peu nombreux les terriens que j’ai pu rencontrer jusqu’à aujourd’hui, je ne peux même pas vraiment dire que j’en connais. Je n’ai fait que croiser la route de certains lors de patrouilles, restant à couvert, je les ai observé, scruté mais jamais je n’ai fait un pas vers eux afin d’aller voir qui ils pouvaient être. Je suis sans doute un peu fermée mais je garde en mémoire les événements négatifs qui ont eu lieu lors des rares confrontations. J’ai préféré rester à l’écart, voir ce que les autres pouvaient nous rapporter comme informations à leur sujet avant de me bouger et de faire un pas vers ceux chez qui nous étions venus nous écrasés il y a déjà deux ans de cela maintenant.

Le dessin … voilà une chose qui nous lie l’un à l’autre, là-haut nous étions des étrangers, je crois ne jamais l’avoir vraiment croisé alors qu’il n’avait été emprisonné qu’un an de moins que moi, mais ici, depuis notre arrivée, c’est par le dessin que je l’avais remarqué. Bon j’avoue que sa carrure avait également jouée pour se faire remarquer. J’aimais ce contraste, cet homme à la carrure de bucheron, imposant, effrayant pour certains, qui pouvait faire naitre des merveilles en traçant des lignes. Il fallait que je lui parle de ma trouvaille, de ce nouveau petit coin de paradis que j’avais déniché et que je gardais pour moi depuis quelques jours.

"C’est comme nous, il y en a parmi nous qui sont doux comme des agneaux et d’autres de qui il faut se méfier … en fin de compte, la nature humaine ne change pas que l’on soit là-haut ou ici sur Terre."

Sa question arrive comme s’il avait lu dans mes pensées, je n’avais pas voulu me rendre au village des Terriens, quelque chose m’en empêchait mais j’étais totalement incapable de mettre une raison sur ce qui me retenait. La peur ? Je n’en ai pas l’impression, je ne suis pas du genre à me laisser intimider ou à me laisser gagner par la peur … à part celle de l’orage bien entendu … Je laisse ma tête venir se poser contre son épaule alors que je n’entends plus que le bruit de la pluie sur les amas de tôle et de bois qui nous servent d’abri. Le gros de l’orage semble s’éloigner et cela me réjouis, je ne m’écarte pas d’Atlas pour autant. L’avoir près de moi me rassure et m’apaise.

"Il fallait bien que certains restent ici, veillent sur le camps pendant que vous étiez là-bas … Mais qui sait la prochaine fois j’irai peut-être s’il faut des volontaires, à condition que tu sois de la partie toi aussi ! J’ai envie de les découvrir, mais je ne sais pas, même si eux ne savent pas tout ce que l’on a fait, qui on est, j’ai toujours cette impression que l’on va vouloir me remettre en cage … le sentiment que si je quitte le camps trop longtemps, je ne pourrai pas y revenir, c’est idiot je sais mais après tout, une criminelle de moins dans les pattes n’en dérangerait pas certains."

Me redressant un peu sur mon lit, la tête toujours nichée contre son épaule, je lève le visage et tente de distinguer son visage dans la nuit. Passant l’un de mes bras sous le sienne, je m’accroche comme si l’orage qui s’éloignait allait donner l’idée à Atlas de s’éloigner lui aussi. Je n’en avais pas envie, il avait réussi à me calmer rien que par sa présence, je savais que si je voulais dormir jusqu’au matin, même avec le simple bruit de la pluie je n’y arriverai pas s’il retournait à l’autre bout de la pièce. L’abri avait beau ne pas être bien grand, et je pouvais le savoir proche, ce n’était pas pareil. Il était là, je pouvais le toucher, me rassurer en sentant sa présence tout à côté de moi. Respirant profondément je me décidais à lui poser la question qui me brûlait les lèvres, sachant qu’il pouvait dire non, qu’il pouvait retourner de son côté de l’abri et me laisser seule dans mon lit, après tout je trainais derrière moi une belle réputation au sein du camp. Je ne m’en formalisais pas, les gens pouvaient bien dire et penser ce qu’ils voulaient cela ne me touchait pas, plus. Depuis quelques temps je m’étais calmée pourtant, bien sûr je papillonnais toujours çà et là, et n’y voyait aucun mal, après tout, je n’étais mariée à personne et personne ici n’avait d’ordre ou de conseils à me donner sur la manière de gérer ma vie. Atlas ne me jugeait pas, ou en tout cas il ne me le montrait pas, c’est peut-être pour ça que je l’appréciais autant. Peut-être aussi parce qu’il n’avait jamais tenté d’approche à mon égard, c’était peut-être cette distance qu’il y avait entre nous qui m’attirait de plus en plus vers lui. Après tout, il me semble que l’on désire toujours ce que l’on a pas, ou ce que l’on ne peut pas avoir.

"Est-ce que … est-ce que tu veux bien rester avec moi cette nuit ?"



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06/02/2016 609 Ben Dahlhaus Schizophrenic (ava) ; anaëlle (signa) ; Oreste ♥ (gif) Cartographe & Apprenti manipulateur d'armes 55


Sujet: Re: You don't own me ... not yet ... [Atlas]
Ven 23 Déc - 21:48


Demetra & Atlas

you don't own me... not yet...


La jeune femme t’écoute avec attention. Tes mots prennent vie dans ses oreilles. Ils deviennent un récit, une aventure, des images mouvantes au gré de tes paroles. Sans doute se dessine-t-elle des silhouettes, des visages, des personnalités à la fois floues et d’une netteté incomparable. Peut-être se laisse-t-elle aller à imaginer des traits de caractère donnant corps à ces silhouettes anonymes. Peut-être tente-t-elle de ressentir ce qu’eux ressentent. La colère, l’amertume, le ressentiment. L’allégresse, l’envie de partager, la satisfaction d’être entouré. Autant d’émotions qui alimentent le cœur des êtres humains, peu importe leur provenance ou leurs coutumes. Des émotions qui vous font vous sentir vivants. Parce que vous l’êtes. On a voulu vous envoyer dans la gueule de la Mort, et vous en avez réchappé. Vous avez survécu, vous survivez encore et vivrez encore longtemps. Vous avez amplement mérité d’exister. Et ce n’est pas parce quelques Terriens sont d’avis contraire que vous devez courber l’échine. Il aura fallu plusieurs années avant que l’idée ne t’effleure enfin l’esprit. Être étranger à cette planète ne signifie pas que tu n’as pas le droit d’y vivre. Que tu as moins de valeur qu’un Terrien. Vos vies se valent, elles sont égales. Elles sont les mêmes. Vous partagez un quotidien semblable et des soucis similaires. Il aura fallu que la terre tremble de fureur pour que tu t’en rendes compte. Les dégâts sur votre campement, vestiges d’une crise de colère courte mais mortelle, ont été les mêmes que chez les Pikunis. La Terre n’épargne aucun de ses habitants, pas même ceux qui foulent son sol depuis la nuit des temps. Et si la catastrophe a pu t’ouvrir les yeux, alors tu espères qu’elle saura ouvrir l’esprit de ceux qui se croient encore supérieurs à vous, les criminels venus du ciel.

Le voyage semble apaiser celle qui partage ton abri. Ses pensées se détournent enfin de ses peurs pour se diriger vers de meilleurs horizons. En écho à ses craintes qui s’éloignent, ses muscles se détendent, son étreinte se défait, la pression de son corps contre le tien se fait moins fougueuse. Ses yeux se perdent un instant dans un imaginaire qui n’appartient qu’à elle. Des souvenirs ou des images à construire. Et puis elle reprend pied dans la réalité, ses yeux aveugles voient de nouveau, sa parole dans un souffle lui rend sa réalité physique. Elle met le doigt sur ce que tu commences à peine à effleurer. Elle trouve enfin l’explication à votre égalité face aux Terriens. Vous êtes les mêmes. Vous êtes des êtres humains. Et cent ans passés dans le ciel n’ont rien changé à votre nature profonde, qui est aussi la leur.

Dans un murmure qui ne tremble pas, la jeune femme te confie sa crainte d’être enfermée de nouveau. Tu ne peux que la comprendre. Cette peur sourde que tu efforces de taire, tu l’as douloureusement ressentie toi aussi. Lors de ton premier pas sur Terre. Puis du crash de l’Odyssée. Vos bourreaux revenaient comme pour vous chercher. Comme pour vous ramener de force entre les murs fades qui t’ont vu grandir pendant des années. De trop longues années. Une mobilité réduite, un paysage terne, mort, inchangé pendant près de dix ans. Peu de contacts, peu de joie, peu de vie pour te punir d’un crime que tu nies toujours avoir commis. Des murs trop rapprochés, une pièce trop étriquée, trop peu d’air à respirer pour survivre à ta croissante soif de liberté. Une soif aujourd’hui assouvie. Pour rien au monde tu ne rendrais ta liberté. Pour rien au monde tu ne renoncerais à tes expéditions, à tes aventures, à tes explorations, au frisson. Ce sont sans doute ces neuf ans d’enfermement indésiré qui t’ont poussé à partir toujours plus loin pour explorer ton nouvel habitat. Plus tu t’éloignes du campement, plus forte est l’envie de repousser les limites. L’inconnu t’attire inexorablement. Sans cesse. Sans trêve. A peine revenu du campement des Pikunis, tu sais déjà que tu auras envie de repartir au plus vite. Probablement dès demain, une fois que ta fatigue se sera dissipée dans la chaleur moite de l’été. Et parfois, cette faim dévorante qui agite tes entrailles te fait peur. Rien ne semble pouvoir pleinement la satisfaire. Quand tu auras parcouru toutes les terres, affronté les océans et les mystères du désert, que te restera-t-il à faire ? La Terre est vaste, et les contrées qu’elle abrite sont nombreuses. Il faudrait plusieurs vies pour en explorer la totalité. Tu te raccroches à cette idée rassurante, bienveillante, promesse d’une vie pleine de rencontres et d’aventures. Mais tu doutes encore. Tu sais qu’il est dangereux de s’aventurer dans le désert et que nager t’est impossible. Tes faiblesses limitent tes choix et restreignent l’espace dont tu veux déceler les secrets. Aussi en auras-tu peut-être bientôt fait le tour. Et tu ignores ce qu’il adviendra alors de ta soif d’aventures. Ce qu’il adviendra alors de toi.

- Moi, j’ai l’impression du contraire, avoues-tu à la jolie blonde. J’ai l’impression que rester ici, c’est choisir de rester enfermé. J’ai besoin de sortir, d’être à l’air libre. D’être libre. Je crois que ces années en cellule m’ont vacciné à tout jamais.

Tu repenses à la peur intense qui s’est infiltrée dans tes veines lorsqu’on t’a annoncé que le reste de l’Odyssée vous avaient rejoints sur Terre. Paniqué à l’idée que vos geôliers vous jettent de nouveau dans des cachots comme les vulgaires criminels qu’ils ont toujours vu en vous, tu n’as rien pu faire. Alors que tu aurais voulu courir loin du campement pour échapper à la visite des survivants du crash, tu n’as pas pu bouger. La faute à tes jambes soudainement ankylosées, à ton cœur indécis, à un avenir incertain. A la peur omniprésente qui t’a fait suffoquer. Heureusement pour toi et tes compagnons d’infortune, personne n’a souhaité vous renvoyer derrière les barreaux. Vous n’êtes pas la tribu la plus dangereuse de la planète. Il y a d’autres ennemis à craindre davantage.

- Alors n’aies pas peur de t’éloigner du campement de temps en temps, conseilles-tu enfin, comme pour inciter la téméraire jeune femme à oser davantage. Aucune cage ne t’attend au-dehors, petit oiseau. Nous sommes libres.

Malgré tout, tu n’oserais pas avouer à un Terrien que tes compagnons et toi avez un casier judiciaire. Aucun d’entre vous n’a envie de rajouter de l’huile sur le feu. Ni même d’évoquer ce passé déjà bien loin. Commencer une nouvelle vie, c’est oublier celle qu’on a pu mener jusqu’alors. Si le statut de condamné te semble encore tatoué en grosses lettres sur le front, jamais tu ne passeras à autre chose. On t’a jeté dans une cellule, oui. Pour autant, tu ne t’estimes pas coupable. Tu ne l’as jamais pensé. Peut-être est-ce alors plus facile pour toi d’entamer une vie en toute liberté. Plus que pour Demetra et d’autres de tes compagnons, qui ont ôté la vie de leurs propres mains. Parfois, un doute te saisit au sujet de ton amie. Derrière ses sourires et son attitude détachée de tout, elle est une meurtrière. Tu le sais. Tu l’as su dès votre arrivée. Sa compagnie te faisait peur. Elle te faisait peur. Tu la croyais capable de te trancher la gorge simplement pour pallier à l’ennui. Le temps t’a donné tort. La meurtrière se cache, ou a disparu à tout jamais. Mais elle n’a pas refait surface sur le sol terrestre. Et, dénuée de cette effrayante étiquette, Demetra, dans toute son humanité, a su gagner ta confiance.

La pluie au-dehors s’est calmée. Les incessants tambourinements sur le toit de votre abri se sont mués en une mélodie sereine comme une berceuse. Le ciel apaise enfin sa colère et cesse de vous noyer sous ses larmes glacées. Le grondement du tonnerre s’éloigne, ne susurrant plus qu’un lointain gémissement. Rien d’effrayant. A l’image du ciel, Demetra retrouve son calme. Les lointains rugissements du tonnerre, comme les mugissements du vent, ne suffisent plus à la perturber. Bientôt elle se laisse bercer par le clapotis régulier des gouttes de pluie. Apaisée, tu ne doutes pas qu’elle ne va pas tarder à retourner dans les bras de Morphée. Tu la sens s’abandonner un court instant. Puis elle se ressaisit, se redresse. Tu sens son visage s’élever en direction du tien. Tu croises ses prunelles d’azur, parsemées de reflets dorés à la faible lumière des flammes au-dehors. Elles te fixent intensément, te dévorent assurément. Quelque chose les agite, les tourmente. Ça ne dure qu’un fugace instant. Un éclair de détermination les illumine soudain. Une lueur décidée les fait vibrer. Et les lèvres de ton amie s’entrouvrent, presque timidement, laissant s’échapper des mots hésitants.

- Est-ce que… est-ce que tu veux bien rester avec moi cette nuit ?

Alors que tu ouvres la bouche pour répondre sans attendre, un doute te saisit à la gorge, étouffant des mots qui ne viennent plus. Bien sûr que tu vas rester avec elle. Tu ne comptes pas repartir si vite, au beau milieu de la nuit, à peine rescapé de l’orage. Et toutes les nuits que tu passes au campement, tu les passes avec elle. Elle est ta colocataire et partage ton abri. Un instant d’hésitation. Tu ne comprends plus sa question. Pas plus que le ton timide, presque honteux, qu’elle a employé. Tu restes interdit, le temps d’assimiler les sous-entendus. Mais tu n’y parviens pas. Tu ne comprends pas. Tu ne veux pas comprendre. Et finalement les mots avortés renaissent d’eux-mêmes au creux de ta gorge, et cette fois franchissent la barrière de tes lèvres.

- Bien sûr que je reste. Je ne compte pas repartir de sitôt.

Un sourire étire tes lèvres mais tu n’es pas sûr de voir son écho sur le visage de Demetra, qui se perd dans l’encre noire de la nuit. Tu ignores pourquoi, mais elle semble froissée. Tu ne vois pas en quoi ta réponse affirmative a pu lui faire du tort. Ton sourire s’efface et tes sourcils se froncent. Mais tu ne comptes pas laisser la jeune femme replonger dans un abyme de craintes et d’angoisses. Pas alors qu’elle vient de s’en extirper. Doucement, tu t’écartes d’elle, invitant à briser votre étreinte, à distendre votre proximité. D’un geste, tu lui suggères de s’allonger sur son lit tandis que tu lui fais de la place.

- Au lit, petit oiseau. La liberté peut bien attendre une nuit de plus. Promis, je ne m’envole pas sans toi. Je veillerai sur toi jusqu’à ce que tu t’endormes.


AVENGEDINCHAINS

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29/08/2016 Pivette 142 Margot Robbie ava : Pivette / sign : Grey Wind Cartographe / douée pour le dessin. Patrouille de temps en temps. 0


Sujet: Re: You don't own me ... not yet ... [Atlas]
Ven 27 Jan - 0:35


You don't own me ... not yet...
Feat. Demetra Knight & Atlas O. Erickson


Libre. J'ai encore bien du mal avec ce mot-là. Lorsque l'on passe près de dix ans enfermée dans une cellule, avec la certitude que plus les jours passe, moins il nous reste de temps à vivre. Un compte à rebours que j'ai activé le jour ou mes doigts se sont refermés sur ce poignard. Je m'étais faite à l'idée qu'un jour prochain, la porte de ma cellule s'ouvrirait pour la dernière fois, qu'on me conduirait le long de certains couloirs discrets, pour m'amener jusqu'au lieu de mon exécution. J'avais pu y penser durant des jours, des mois, des années. C'était une des seules certitudes avec laquelle j'avais vécu. Jusqu'à ce que tout cela vole en éclat, que l'on me fasse quitter ma cellule pour cette boite de conserve qui nous avait menés sur Terre.  Plus aucun repère, du jour au lendemain, plus rien à quoi se raccrocher. L'inconnu. L'inconnu absolu. On débarquait sur une planète qui avait été celle de nos ancêtres, il fallait prendre de nouvelles marques, tout redémarrer, se créer une nouvelle vie. A peine avait on commencé que tout avait volé en éclat une fois de plus. Ils étaient là. Eux. Nos geôliers. Nos bourreaux. Ces raclures qui nous avaient envoyé vers une mort plus que certaine. Ils se croient au dessus de tout, mais au fond, ils ne valent pas mieux que nous. Nous, les criminels. Ils étaient revenus, pour nous ? Pour se sauver eux-mêmes ? Pour tenter une quelconque réconciliation ? Foutaises. Je n'ai aucune envie de les voir, qui qu'ils puissent être. Je n'ai plus personne après tout. Contrairement à d'autres de mes compagnons d'infortune, je n'ai aucune famille que je désespère de retrouver, aucun parent qui puisse m'attendre je ne sais où. C'est ce que j'espère. La peur de le voir débarquer un jour ou l'autre me tenaille, je n'ose même pas imaginer comment je réagirais s'il était possible qu'il soit en vie.

L'écoutant. Restant silencieuse, je laisse ses mots se mêler doucement au bruit de la pluie qui désormais n'est plus qu'un clapotis répétitif sur la tôle de notre abri. Petit oiseau. Petit oiseau plutôt sage depuis son arrivée sur Terre, mais qui sait quand, ses ailes déployées, montrera toute la superbe du rapace qu'il cache. J'entends sa suggestion mais elle provoque tant de questions dans mon esprit. Tant choses qui se bousculent les unes après les autres mais la principale me pousse à ne pas trop m'éloigner du camp, contrairement à ce que me propose Atlas. M'éloigner du camp. Pour aller où ? Loin, loin de ceux qui pourraient me vouloir du mal ? Je n'ai tué personne, pas ici en tout cas. Pas encore. Mais si je m'éloignais, si je tombais sur un autochtone et que les choses tournent mal, si d'une manière ou d'une autre je commettais à nouveau un crime ? Bien sûr, je dépeins là un tableau bien sombre, une toile sans aucune lueur de clarté. Mais autant être préparé au pire non ? Si je me défendais et que d'une manière ou d'une autre j'en venais à faire du mal à quelqu'un, je ne veux pas finir dans un nouveau cachot, encore moins déclencher une guerre entre les nôtres et les survivants de la première heure. Je savais pourtant qu'il avait raison, qu'il fallait se mêler aux Terriens, apprendre à leur contacte, trouver des moyens pour passer de notre statut de survivants à celui de nouvel habitant de cette planète sur laquelle nous avions échoués.

Ma question reste en suspens dans l'air. Il n'y répond pas tout de suite. Il réfléchit. Il hésite. Je n'aime pas ça, je déteste ça même. S'il avait été l'un des autres représentants mâles de nos compagnons criminels, il aurait saisit le véritable sens de ma question. Pas lui. Il va un jour me rendre dingue à me faire tourner en bourrique de la sorte. Est-il, délibérément, totalement aveugle et sourd à mes tentatives de rapprochement successives ? N'y a-t-il pas chez lui ne serait-ce qu'un soupçon d'intérêt envers moi ? En est-il conscient et fait-il tout pour sciemment me rendre dingue ? Je ne sais pas quelle hypothèse serait la plus plausible. Aucune ne me convient, aucune ne trouve grâce à mes yeux. Il s'éloigne, me promettant qu'il ne partirait pas, pas avant que je dorme. Le problème c'est que maintenant je n'ai plus du tout envie de dormir. "J'ai besoin d'air…"

Malgré moi, je le repousse alors que je voudrais qu'il reste proche de moi, mais c'est plus fort que moi, j'étouffe si je reste ici. Sans prononcer un mot de plus je m'assieds sur le bord de mon lit et je pose mes pieds nus sur le sol, froid, humide, un frisson remonte le long de mon corps mais ce n'est pas ça qui m'arrêtera. En moins de quelques secondes je quitte notre abri et me retrouve à l'air libre. Après tout c'est bien lui qui m'a dit qu'il fallait qu'on explore les environs, qu'il fallait qu'on sorte de nos cages. La pluie a chassé tous nos comparses, personne d'autre que moi à l'extérieure. "Tu penses vraiment que c'est une bonne idée de te balader pieds nus sous la pluie ? Je sais bien que tu aimes manipuler les gens mais là tu attends quoi ? Qu'il ait mauvaise conscience et vienne te rejoindre alors qu'il rentre à peine d'une longue marche, qu'il se sèche à peine ? Tu as trop lu de bouquins et …" "Myrtle … va te faire foutre tu veux, c'est pas le moment !"
Je sais qu'elle a raison, elle a raison la plupart du temps et je déteste sa manière de me le rappeler quand je le lui accorde. Elle a cette moue satisfaite, un rien hautaine et dédaigneuse quand elle s'y met. Là, tout de suite, j'ai juste envie de respirer et de lâcher prise. Parce que ce qui se passe dans ma tête quand je pense à mon colocataire ne me dit rien qui vaille.  Je l'apprécie, trop sans doute. La dernière fois que je me suis rapprochée d'un homme, de manière plus sincère que juste pour quelques ébats sans lendemains, cela s'est mal terminé, demandez-le à ma mère … ha non … pas possible puisque je l'ai tuée. De mes mains, de manières pleine et consciente, sans une once de remords encore aujourd'hui.



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06/02/2016 609 Ben Dahlhaus Schizophrenic (ava) ; anaëlle (signa) ; Oreste ♥ (gif) Cartographe & Apprenti manipulateur d'armes 55


Sujet: Re: You don't own me ... not yet ... [Atlas]
Mar 9 Mai - 0:39


Demetra & Atlas

you don't own me... not yet...


La craintive petite fille s’est soudainement muée en une statue de glace. Raide, froide, distante. Elle ne bronche pas alors que tu l’invites à retrouver le sommeil. Elle reste parfaitement immobile, comme pétrifiée dans les ténèbres de cette nuit d’été. Ses muscles contractés tendent de nouveau son corps tout entier, engloutissant la sérénité qui l’habitait il y a quelques secondes encore. La silhouette figée perd son regard noir dans l’encre du soir. Impossible pour toi de t’y raccrocher. Ses yeux te fuient soudain, refusant la compassion qui se lit dans les tiens. Quelque chose ne va pas. Tu ignores quoi. Tu attends une réponse qui ne vient pas. La silhouette recroquevillée sur elle-même se déplie enfin, ombre grandissante dans la nuit humide. Une réaction, enfin. Sans doute un début d’explication. Mais tout ce qui sort de ses lèvres amères, c’est un murmure rageur. La tempête se lève. Le lit grince alors que la jeune femme se relève. Ses pieds nus heurtent doucement le sol froid et mort de votre abri. Elle frissonne à son contact, mais ne se donne aucun répit. Dans un fracas inaudible, drapée de son courroux inexpliqué, Demetra se dérobe et s’enfuit au-dehors. Et le silence retombe lourdement sur ta solitude soudaine.

Pris au dépourvu, l’incompréhension te rongeant comme un poison, tu n’esquisses pas le moindre mouvement. Tu restes là, hébété, les yeux rivés vers l’entrée de l’abri, où l’éclair blond furibond a laissé une trace fantôme imprimée sur tes rétines. Elle est partie. Elle s’est enfuie. Sans aucune explication. Tu réfléchis, stupéfait d’une telle réaction. Tu revois en boucle les dernières minutes qui se sont écoulées. Demetra blottie tout contre toi. Sa timide question, ton évasive réponse. Sa fuite. Le problème réside quelque part par là. Tout semble indiquer que ta réponse inappropriée l’a vexée. Seulement, tu ne comprends pas pourquoi. Impossible pour toi d’envisager l’ambiguïté de ses mots tremblants, ni la violence de ton esquive inconsciente. A croire que l’ogre qui croque les enfants a aussi dévoré ses propres sentiments. Tu es une forteresse inaccessible, mais tu restes avant tout humain. C’est la raison pour laquelle tes compagnons te prêtent des sentiments. Des sentiments de toutes sortes, qu’ils t’attribuent au hasard, puisque tu les laisses peu transparaître. Mais il est des sentiments que tu refuses de ressentir. Tu les tiens éloignés. Pire encore, tu les empêches de naître. Tu n’es même pas sûr que ce soit conscient. C’est la faute à la vie. La vie qui t’a malmené. Le regard des autres qui n’a cessé de te brûler. Et pourtant, tout semble déjà loin. Comme si la honte appartenait à une autre vie. Aujourd’hui, tu te découvres une nouvelle existence. Et tu veux la vivre, celle-là. Surtout ne plus rester prostré face aux regards accusateurs, aux sourires provocateurs, aux ragots emplis d’horreurs. Aujourd’hui, tu veux vivre. Surtout ne plus survivre, survivre aux autres, survivre à la Terre. Obnubilé par ce désir incandescent, tu en oublies le reste. Trop occupé à exister, tu ne te rends pas compte que d’autres ont juste besoin d’aimer. Aimer. Un mot qui t’est presque étranger. Tu as aimé. Tu as aimé tes parents, tu as aimé tes amis. A présent ils sont tous morts, ne prenant vie que dans tes souvenirs amers et ton cœur serré de chagrin. A quoi bon aimer, quand tout n’est que poussière sur le point de s’évaporer ? A quoi bon s’attacher, quand le bonheur semble n’être qu’un sursis ?

Tu fixes longuement l’ouverture menant au-dehors, tes pensées s’entrechoquant sans que tu parviennes à leur donner un sens. Il n’y a que la nuit noire qui s’offre à ton regard. La chevelure de lumière de ta colocataire a disparu dans les ténèbres. Tu l’attends dans un silence pesant, sans réellement croire à sa disparition. Ni à son retour. Seule la pluie, qui se dépose en fines gouttes sur votre abri, rythme le silence de la nuit. Bientôt, la mélodie te redonne tes esprits. Tu reprends doucement pied dans la réalité. Impuissant, tu ne peux que t’asseoir sur le bord de ton lit, les yeux toujours rivés sur l’extérieur. Tu t’attends à voir Demetra revenir sur ses pas, tout en sachant qu’elle ne le fera pas. Tu la connais. Tu la sais impulsive et têtue. Fière, surtout. Elle ne reviendra pas avant un moment. Et tu ne peux pas l’attendre sans rien faire. Pour autant, tu ne te lances pas directement à sa recherche. Ses dernières paroles te reviennent en mémoire. Si elle ressent le besoin d’être seule, c’est qu’elle ne veut pas de toi. Et tu n’as jamais été du genre à imposer ta présence. Alors tu laisses quelques minutes s’écouler. De longues minutes. Tu prends sur toi, tête basse, pour laisser à la jeune femme le temps de se calmer. Puis tu décides que c’en est assez. Tu enfiles de nouveau ton tee-shirt et tes chaussures trempés, t’équipes d’une veste encore sèche, et sors à ton tour. Tu frissonnes sous la fraîcheur de la nuit. Tu regardes autour de toi, sans voir personne. Tous tes compagnons d’infortune sont partis se coucher, ou au moins s’abriter. Seul le feu flambe encore, danse lumineuse et malfaisante. Tu détournes rapidement les yeux et tentes d’ignorer le craquement infernal du brasier, préférant te concentrer sur ta recherche. La lueur infernale ne te permet pas de distinguer les traces de pas de Demetra. Tu laisses errer ton regard à l’horizon, mais les ténèbres y sont trop épaisses pour que tu puisses voir au-travers. C’est donc instinctivement que tu marches droit devant toi, misant sur l’espoir qu’une femme en colère n’emprunte pas de sinueux chemins pour s’échapper.

Tu avances doucement, prenant garde à ne pas perdre l’équilibre dans la boue glissante, gardant les yeux grands ouverts et alertes. Tu te fais l’effet d’un chasseur sur une piste particulièrement alléchante. Mais tu n’es pas un traqueur, et ça te prend quelques minutes avant d’enfin retrouver ton amie. Loin du centre du campement, elle n’est qu’une ombre qui se découpe sur une toile d’encre. Accoudée à un arbre voisin, elle te tourne résolument le dos. Immobile et silencieuse, elle ne se retourne pas alors qu’elle entend tes pas lourds et mouillés. Son indifférence méprisante est un affront que tu encaisses sans mot dire. Tu restes à distance, n’osant pas pénétrer la bulle de son intimité. Tu attends patiemment qu’elle se retourne, qu’elle abdique, qu’elle t’explique. Mais la statue reste de marbre. Tu comprends qu’elle ne sera pas celle qui fera le premier pas. Alors tu te lances, toujours tenaillé par ce sentiment de culpabilité inexpliqué. Tu t’approches lentement. Tu es dans son dos mais tu sais qu’elle t’entend. Arrivé à un mètre d’elle, tu esquisses une pause, attendant la colère déferler sur ton corps offert. Mais rien ne vient. Alors, doucement, tu déplies la veste que tu serrais contre ton buste, et la déposes sur les épaules blanches. Tu ne prononces pas un mot, gardant intact le silence qui vous enveloppe. Silence qu’aucun de vous ne semble prêt à briser. Mais il devient lourd, pesant. Il est une gêne, pour toi qui voudrais comprendre. Alors tu fais éclater la bulle. Tu pries pour que la colère gronde. Pour obtenir une réponse. Une réaction. N’importe quoi. N’importe quoi qui te sauve des griffes impitoyables de l’ignorance.

- J’ai compris que j’ai fait quelque chose de mal. Je voudrais juste savoir quoi.



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Sujet: Re: You don't own me ... not yet ... [Atlas]
Ven 26 Mai - 0:08


You don't own me ... not yet...
Feat. Demetra Knight & Atlas O. Erickson


Les gouttes qui ruissellent ne mettent que peu de temps à détremper mes longues mèches dorées et glisser le long de mon dos, sur mon visage. Je n'ai pas réfléchis une seconde et sortir à moitié habillée sous la pluie n'était clairement pas la meilleure idée qui m'avait traversée l'esprit. Mais je n'avais pas réfléchit, j'avais agit. Comme bien souvent la réflexion ne venait qu'ensuite, une fois que le geste était déjà perpétré et qu'il n'y avait plus vraiment de retour possible. Pieds nus dans la boue, débarrassée de Myrtle, je continue de marcher, errant au cœur de notre campement. Faisant attention à ne pas glisser, ne souhaitant pas m'étaler de tout mon long dans l'amas brunâtre que je foule des pieds. Trempée, je commence à frissonner mais c'est plus fort que moi, je ne rentrerai pas. Du regard, je balaye le campement, pas âme qui vive ne se serait risqué à mettre le nez dehors avec cette pluie battante, bien que l'orage se soit éloigné désormais. J'hésitais aller me réfugier au garde manger ou d'aller taper l'incruste dans un abri ou un autre. J'envie de me mettre à au sec était grande, mais je n'avais absolument aucune idée si quelqu'un accepterait de m'offrir un toit pour la nuit.  

Un rire. Un rire nerveux. Je suis ridicule. Il n'y a pas grand-chose à ajouter. Je suis tout simplement ridicule à me retrouver avec un pauvre t-shirt détrempé, un pantalon qui subit le même sort, pied nus dans la tourbe. Certains me prennent déjà pour une folle alors ce n'est pas plus mal que personne ne se balade dehors à cette heure. M'approchant d'un arbre, je m'y abrite, enfin je tente de ne plus être aussi à exposée à l'averse. Fermant les paupières, je tente de garder le peux de chaleur en passant mes mains sur mes bras, mais tout ce que j'arrive à faire c'est étaler l'eau sur ma peau. L'espace d'un instant, je regrette presque le cloisonnement de ma cellule, son confort, bien que rudimentaire, mais cela ne dure pas, je sais que malgré tout je suis mieux ici. On est tous mieux ici qu'emprisonnés à attendre d'être mis à mort.

Ce n'est qu'après de longues minutes à attendre que la pluie cesse sans succès que j'entends des pas. Ce qui me semble être des pas, lourds, mouillés, tentant comme je l'avais fait tout à l'heure, de ne pas perdre l'équilibre et se retrouver la face dans la vase. Je garde les yeux fermés alors que les pas se rapprochent dans mon dos, je ne sais pas avec certitude si c'est bien Atlas qui me rejoint ou un autre membre de notre groupe. Un autre aurait sans doute parlé, me demandant ce que je pouvais bien foutre aussi peu vêtue, au milieu de la nuit sous la pluie battante. Je suis confuse, je me sens mal d'avoir réagit de la sorte toute à l'heure, je n'ose pas me retourner et lui faire face. Gardant les paupières closes, comme une enfant qui reste persuadée que si elle garde les yeux fermés, qu'elle ne voit rien, on ne la voit pas non plus. Pourtant je sais au fond de moi que c'est lui, qu'il s'approche de plus en plus, bien qu'il reste silencieux lui aussi, je ne sais pas exactement ce qu'il va me dire, s'il faut que je parle la première ou non, s'il faut que je lui fasse des excuses dès que j'ouvre la bouche ou si je dois le suivre pour revenir à notre abri. Totalement perdue, je respire le plus profondément possible, comme si cela pouvait m'aider à me calmer ou à me donner les réponses que j'attends.

D'un geste, je sens qu'il pose un vêtement sur mes épaules, une veste qui aussitôt me réchauffe ou du moins coupe un peu la sensation de froid qui se diffuse de plus en plus à l'ensemble de mon corps. Touchée par son geste, j'esquisse un sourire qu'il ne peut pas voir, il reste encore silencieux, mes lèvres s'entrouvrent à plusieurs reprise mais je n'arrive pas à dire quoi que ce soit. C'est bien la première fois que je reste muette, que je ne sache pas quoi dire, quoi rétorquer, qui plus est à une personne du sexe opposé. Au bout de quelques longues minutes, c'est lui qui met fin au silence pesant, troublé uniquement par le bruit de l'eau céleste qui ne semble pas vouloir cesser de tomber pour le moment. Sa phrase me fait mal, je me sens coupable, coupable de le laisser croire qu'il ait pu faire ou dire quelque chose de mal. Me retournant enfin, je ne le regarde pas, pas tout de suite. Je me serre contre son torse et passe mes bras autour de sa taille, posant mon visage contre sa poitrine, collant mon oreille contre sa cage thoracique. Comme tout à l'heure dans notre abri, je me concentre sur les battements de son cœur pour me calmer. Je reste dans cette position durant de longues minutes avant de me reculer un peu, gardant mon étreinte serrée malgré tout. L'une de mes mains quitte sa taille et se glisse jusqu'à son visage que je caresse du bout des doigts en le regardant enfin.

"Tu n'as absolument rien fait de mal … tu es la personne la plus merveilleuse que j'ai pu rencontrer de toute ma vie !"

Les mots étaient sortis de mes lèvres le plus naturellement du monde, je pensais sincèrement chaque syllabe de chaque mot. C'est justement ça qui me terrifiait, qui me nouait les tripes. J'avais peur. Peur de ressentir à nouveau ce genre de sentiments, peur d'oser les exprimer, peur d'être rejetée à nouveau, peur de réagir en faisant du mal à quelqu'un. Peur de lui faire du mal. Me hissant sur la point de mes pieds, je rapprochais mon visage du sien et lui déposait un baiser au coin des lèvres. Je ne savais pas ce qui pouvait l'attirer ou le repousser chez moi, je ne voulais pas le faire fuir en jouant les grandes séductrices comme j'avais pu le faire avec tant d'autres ici au cours des deux années écoulées. Il y avait quelque chose chez lui qui me rendait fragile, qui me terrifiait, je n'aimais pas ressentir cette faiblesse, mais elle me tenait aux tripes, malgré moi.



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12/10/2014 Brimbelle 46413 Jessica Chastain Lux Aeterna Médecin / Herboriste 322
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Sujet: Re: You don't own me ... not yet ... [Atlas]
Sam 9 Sep - 20:48

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06/02/2016 609 Ben Dahlhaus Schizophrenic (ava) ; anaëlle (signa) ; Oreste ♥ (gif) Cartographe & Apprenti manipulateur d'armes 55


Sujet: Re: You don't own me ... not yet ... [Atlas]
Lun 18 Sep - 12:46


Demetra & Atlas

you don't own me... not yet...


Ta question semble un coup d’épée dans l’eau. Elle brise un instant le silence, puis se laisse envelopper dans la brume sourde qui n’offre rien d’autre à tes tympans que le néant. Rien n’indique même que la jolie blonde a perçu ta complainte, toute noyée qu’elle l’est dans le raz-de-marée sonore qui vous étouffe. La pluie froide effleure les feuilles d’un son cristallin, se perd dans les sinuosités de l’écorce puis s’écrase sur le sol détrempé dans un bruit sourd. Elle frappe vos corps immobiles de sa morsure froide, ricochant sur vos peaux frissonnantes, martelant la nuit de son incessante mélodie. Demetra, elle, ne bronche pas. Comme si tes mots ne lui parvenaient pas, comme si ta présence ne l’affectait pas. Elle t’ignore comme si tu n’existais pas. Le temps que dure ce silence te paraît une éternité. Une éternité dans laquelle tu n’as pas ta place, qui ne te laisse pas exister. On ne t’entend pas, on ne te voit pas, on t’avale sans bruit, sans laisser de trace. Tu as l’impression d’étouffer, d’imploser. Impossible de supporter cette supposition, cette sensation d’être comme du verre, comme une bouffée d’air. Tu ne veux pas être invisible. Pas à ses yeux. Ses yeux d’azur qui se tournent vers toi sans oser rencontrer les tiens.

Son corps transi de froid vient enfin chercher le contact du tien, brisant les barrières que son immobilité avait érigées. Sa peau ruisselante vient se presser contre la tienne, n’y trouvant nulle chaleur. Ses bras s’enroulent fermement autour de ton torse grelottant, te ramenant contre sa poitrine haletante. Sa respiration est étonnamment rapide, elle qui est restée de longues minutes sans bouger. Son visage se colle à tes vêtements trempés. Elle se réfugie ainsi à l’abri dans tes bras et ne compte pas en bouger. Pétrifié, tu n’oses pas broncher. Tu n’oses pas relever l’étrangeté de la situation. Tu n’oses pas faire part de ton incompréhension. Elle est comme ça, Demetra. Elle fait ce qui lui chante, comme il lui chante. C’est elle qui donne leur sens à ses faits et gestes. Tant pis si ça n’a de sens que dans sa tête. Impulsive, elle suit le cours de ses pensées sans toujours t’en informer. Et tu te retrouves stupéfait, incapable de répondre à son étreinte, attendant le moment où elle jugera bon de t’éclairer. Maladroitement, tu poses une main que tu veux rassurante sur son épaule. Perdu, tu ne peux faire davantage. Tu ne peux pas l’accueillir avec plus de chaleur. Tu ne peux pas faire comme si elle ne t’avait pas tourné le dos, pris la fuite, et entraîné à sa poursuite sans mot dire. Patiemment, tu attends qu’elle veuille bien te donner un début de piste. Pour le moment, le silence est sa seule réponse. Le temps qu’elle émerge de son océan de colère. Tu sens sa respiration se calmer. Son rythme cardiaque, décélérer. Son oreille cherche le rythme de ton cœur et les battements du sien lui deviennent identiques. Elle ne bouge plus. Prisonnière de sa soudaine sérénité, la jolie blonde n’esquisse plus un geste, de peur de déchirer le calme que lui confère votre étreinte. Tu ne bouges pas davantage, mais ne partage pas la quiétude de ton amie. Toi, c’est l’inconnu qui te fait peur, te paralyse. Tu fais un bond en arrière. Un bond de dix ans. Tu te revois, attendant le verdict qui changera le reste de ta vie. Tu te revois dans la peau de l’accusé, l’accusé affublé d’un crime minime, un crime que tu n’as pas commis. Tu te revois lutter contre l’angoisse, refouler les picotements qui rongent ton corps impuissant, le nœud qui obstrue ta gorge, les sueurs froides qui parcourent le moindre de tes pores. Exactement les mêmes que tu refoules actuellement. L’attente engendre la peur. Elle est risible, comparée à celle qui t’étouffait lorsqu’on t’a reconnu coupable. Mais elle est là, sournoise, s’insinuant sinueusement en toi. Elle est là, étouffante, raidissant tes muscles. Elle est là, à se nourrir de l’attente interminable, accélérant ton pouls. Elle est là, et seule Demetra peut la chasser comme un nuage de fumée. Elle seule peut t’apporter les réponses qui libéreront ton âme. Inconsciente du mal qui te ronge, elle reste muette, insensible au raidissement de ton corps, sourde aux cognements de ton cœur.

Et enfin, elle te libère. Elle s’écarte doucement de ton buste rassurant, et lève enfin les yeux vers toi. Aucune tempête n’agite ses prunelles grises. Aucune colère ne voile son regard. Aucune joie non plus. Tu n’y vois qu’un tourment de questions, une cascade d’appréhension, tout un tourbillon d’hésitations. Une lueur de détermination. Doucement, timidement, la jeune femme pose sa main glacée sur ta joue trempée. Elle l’effleure délicatement, comme pour se raccrocher à la réalité, ne pas s’abîmer dans ton regard dérouté. Et enfin elle consent à te répondre. Dans un murmure qui se distingue à peine du fracas de la pluie, elle t’égare davantage. Ces mots, tu ne les attendais pas. Tu ne les saisis pas. Tu ne comprends pas la portée de cet aveu masqué. Tout ce que tu discernes, c’est la crainte mêlée de sincérité qui noue la gorge de ton amie. Ses lèvres tremblantes, son regard fébrile, tout en elle trahit la vérité de ses aveux. Une vérité qui ne te parvient pas. Que tu n’acceptes pas, comme inconsciemment incapable de comprendre ces mots qui te dérangent. Et la jolie blonde te connaît. Elle sait que ses mots s’écrasent en vain contre la muraille qui enserre ton cœur. Elle sait que tu ne comprendras pas ses dires. Que seuls les actes appuieront sa démarche. Bien que risquée, la solution ne l’effraie pas. Du moins, elle n’en montre rien. Sans te laisser le temps d’assimiler sa réponse, elle se hisse sur la pointe des pieds, cherchant à atteindre ta hauteur. Elle hésite à peine. Un spasme terrorisé. Et enfin, la vérité. Silencieuse et fracassante, elle se dépose au coin de tes lèvres. Amère douceur. Les lèvres inconnues se collent aux tiennes en un baiser timide, mouillé. L’eau de pluie n’a de cesse de ruisseler sur vos visages détrempés, sur vos corps frigorifiés. Un obstacle glacé qui ne laisse filtrer aucune nuance de chaleur. Le premier contact de vos lippes s’en retrouve froid, figé, presque vide de toute humanité. Un choc électrique. Dans sa prison de glace, ton cœur se serre brusquement. Tu recules sans réfléchir, laissant ton instinct prendre le dessus. Tu brises votre étreinte et instaures une distance des plus blessantes. Tu n’as pas conscience de la portée de ton geste. Aspiré dans un tourbillon d’émotions contraires, tu ne vois pas la peine nimber le regard éteint de Demetra. La tête basse, les lèvres entrouvertes sur un gouffre de douleur muette, elle te regarde sans comprendre. La gorge nouée, tu te fais violence pour lui répondre tout en essayant de saisir ce qui anime les cognements énergiques de ton cœur – l’excitation ou la crainte.

- Non.

C’est tout ce qui parvient à s’extirper du volcan qui éructe en toi pour franchir la barrière de tes lèvres. Prononcer cette seule syllabe te laisse haletant, pantelant. Tu espères qu’elle s’est perdue dans le tumulte de la pluie avant d’arriver aux oreilles de la jeune femme. Avant d’atteindre son cœur meurtri par le rejet. Tu cherches des mots qui, pour la première fois, ne te viennent pas. Tu cherches à nommer tes émotions, à expliquer ce qui te tourmente. Tu n’y parviens pas. Toi, le poète qui manie les mots comme des épées, qui joue avec la langue, voit l’invisible et décrit le monde comme si chaque regard était le premier, tu ne peux mettre en mots le tourment de tes sentiments. Tu ne parviens pas à y penser réellement. Le souvenir bien trop récent de ce baiser inattendu est encore cuisant. Il a laissé comme une marque au fer rouge sur tes lèvres. Tu ne cesses d’y repenser. Mais tu ne sais qu’en penser. Ou plutôt, tu en penses bien trop de choses. Trop de choses contradictoires, confuses. Tu t’embourbes seul dans le feu qui consume tes entrailles. Alors, exaspéré, fatigué de lutter face à l’indicible, tu rends les armes. Tu ne cherches plus à expliquer le flot d’émotions qui t’envahit. Tu ne cherches plus à en extirper une solution, une réponse. Tu laisses la vague déferler en toi. Tu attends que l’orage passe. Ton visage fermé est un pavé supplémentaire dans l’estomac de la jeune femme. Elle attend ne serait-ce qu’une réaction. Une explication. Mais tu restes immobile, silencieux, les lèvres scellées. Tu la fixes sans ciller, ne la voyant qu’à moitié. Tu ne sais plus comment la voir, comment l’appeler. Et c’est comme si sa silhouette voûtée te donnait enfin la clé. Enfin, tu mets le doigt sur ce qui ne va pas. Enfin tu parviens à mettre en mots ta tempête intérieure, le frein qui te ronge le cœur.

- Je ne veux pas de ça, murmures-tu d’une voix étranglée. Je ne veux pas être un nom de plus sur une liste de trophées. Ne me fais pas ça, Demetra. Ne joue pas avec moi.

Tu es sincèrement peiné à l’idée qu’elle puisse te considérer comme une conquête supplémentaire, comme un homme parmi d’autres. Elle est ton amie. Tu croyais être spécial à ses yeux. Tu ne l’as pas touchée, tu ne l’as pas embrassée, tu ne l’as jamais attirée dans ton lit. Pourtant, tu croyais avoir plus d’importance à ses yeux que n’importe quel homme qui avait eu droit à ces privilèges. Votre amitié était vraie. Inattendue, incomprise parfois, mais vraie. Tu n’étais pas un amant, tu étais son ami. Et c’était d’une valeur inestimable à tes yeux. Elle ne te voyait pas comme elle les voyait eux. Du moins, tu en étais persuadé jusqu’à aujourd’hui. Jusqu’à ce qu’elle t’embrasse comme elle les a embrassés eux, jusqu’à ce qu’elle te regarde comme elle lorgnait sur eux. Jusqu’à ce qu’elle joue avec toi comme elle aime jouer avec eux. L’amertume et la déception nouent ta gorge avec force, serrent ton cœur avec ardeur. Tu ne t’es pas senti aussi abattu depuis longtemps. Tu n’imaginais pas qu’elle puisse te trahir ainsi. Qu’elle puisse ainsi cracher sur une amitié qui te portait et que tu estimais. Tu ne peux te résoudre à cette idée.

Alors tu te raccroches à la seule lueur d’espoir qui brille encore. A la sincérité qui émane de la jeune femme, et qui fait partie de qui elle est avec toi. Tu la connais. Bien que tu aies toujours désapprouvé son attitude, tu sais comment elle fonctionne avec les hommes. Tu as déjà vu son visage de séductrice. Il n’a rien à voir avec celui qui te fait face, trempé de pluie ou de larmes, où se succèdent des émotions spontanées que tu ne parviens pas à déchiffrer. L’aguicheuse calculatrice s’est défaite de ses charmes et de ses atours. Demetra se présente à toi comme nue, dans toute sa fragilité, dans toute sa sincérité. Tu la sens craintive. Elle ne maîtrise pas ce qui lui arrive. Elle ne peut contrôler tes sentiments, t’intimer de lui obéir aveuglément. Elle se plie à ta volonté, à ton refus, à ton courroux, à tes peurs ou bien à ta rancœur. Pris entre deux feux, tu n’arrives toujours pas à te fixer. A te décider. C’est finalement à elle de t’aiguiller, de t’assurer de sa sincérité, ou d’abandonner toute idée de jouer. Et malgré toi, tu ne peux te résoudre à la repousser. Tout comme tu te raccroches à un insaisissable espoir, tu te raccroches à elle également. Tu avales la distance que tu as toi-même creusée. Du bout des doigts, tu viens saisir son poignet, ancre tangible à laquelle te rattacher pour ne pas sombrer sous le poids de tes obscures pensées. Ton regard se plante résolument dans le sien. Sans ardeur ni douceur. Simplement voilé, à l’image de ton cerveau embrumé. Et, malgré ton cœur qui se serre de chagrin, tu restes à ses côtés, priant pour ne pas t’être fait berner.




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