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˜˜˜˜˜˜Our little Adventure
maybe life should be about more than just surviving


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16/04/2015 I 10565 Aneurin Barnard Alex Tempêtueuse :) & AVENGEDINCHAINS & Lux Aeterna Cuisinier - Aide soignant 353
- Hit the Road -


Sujet: Our little Adventure
Mer 29 Juin - 15:21


Atlas & Taël

Quelques nuages envahissaient le ciel, mais l'horizon lui prétendait que la journée serait ensoleillée. Ces premiers jours d'été ramenaient un peu de musique en son cœur meurtri. Le jeune homme souffla sur quelque boucles rebelles retombant sur ses yeux, il faudrait qu'il aille voir Lina pour lui demander de couper un peu cette chevelure sauvage. Pour l'instant il venait d'avertir Cecily, puis Gamora qu'il partait avec Atlas pour faire du repérage et que ça pourrait durer quelques jours. Le cuisinier en avait bien besoin car il gérait très mal la mort d'Azalya, une de trop dans la douceur de son monde intérieur bien trop souvent érodé par les événements de cette vie implacable. Quelques jours auparavant il s'en alla trouver le grand Atlas qu'il connaissait peu mais qui l'intriguait beaucoup. Il le savait cartographe et contrairement aux rumeurs qui pouvaient circuler sur lui, ce dernier n'intimidait pas du tout le bouclé. Au contraire. Ce garçon quand il passait à coté de Taël, ou qu'il pouvait l'observer lui donnait l'impression d'une immense étendue d'eau comme la mer. Celle près de laquelle tous les kidnappés se retrouvèrent. Dangereuse certes mais si apaisante.

Tael qui se perdait encore trop souvent en était venu à la conclusion qu'il devrait demander de l'aide. Ainsi il s'adressa au cartographe, un peu surpris au départ, mais il lui proposa alors d'améliorer ses données en lui offrant ce qu'il connaissait. Exactement le chemin vers le désert. Seulement voilà, Taël possédait une meilleure mémoire visuelle qu'autre chose, et après discussion il fut convenu que pour faire au mieux il faudrait accomplir le chemin à deux. Se basant sur les souvenirs du jeune cuisinier. Cette perspective à la fois effrayante - après tout il s'agissait de se rapprocher du désert sans y pénétrer  -, lui semblait assez alléchante pour qu'il s'en réjouisse de façon à ce que certaines de ses tristesses s'évanouissent quelques temps. Ainsi avant de se rendre auprès de son futur camarade d'aventure, il rempli l'ancien sac D'Azalya devenu sien de différentes denrées qui lui semblaient essentielles pour ne pas mourir complétement de faim si la chasse s'avérait infructueuse. Après tout coté traque il ne se révélait pas une lumière ni particulièrement doué. Tuer un animal restait un acte pour lui difficile à accomplir, même pour sa survie.

Cela accompli il se rendit prêt d'Atlas qui sans nul doute préparait de son coté leur départ. Taël le trouva prêt de sa tente, il le rejoignis le sourire aux lèvre pour lui annoncer « C'est bon Cecily et Gamora son au courant alors on peut s'y mettre quand tu veux et j'ai prit quelques fruits secs et de la viande séchée au cas ou ... » Le jeune homme n'acheva pas sa phrase attendant que le cartographe sonne le départ. Tael supposait que ça leur prendrait plusieurs jours pour faire l'aller-retour mais il ne pouvait pas l'assurer. Le jour de son enlèvement succombant à la narcolepsie, il facilita le travail de ses kidnappeurs se réveillant dans le désert brûlant, complétement affolé. Pour son retour, sonné, épuisé, traumatisé par son séjour chez les Rahjaks il ne possédait plus la notion du temps. Paniqué à l'idée que son sauveur - Un Rahjak - puisse changer d'avis à tout moment. Refaire ce parcours serait un peu comme combattre le sort, et retrouver une certaine paix de l'esprit. Le Deal entre eux deux tenait en ceci, il indiquait au mieux qu'il pouvait la route vers le désert à Atlas pour améliorer les données des cent, en retour Atlas l'aiderait pour qu'il puisse mieux se repérer dans l'avenir. A eux deux sauraient-ils affronter les coups du sort de cette aventure qui s'annonçait à n'en pas douter pleine de rebondissements ?


Dernière édition par Taël D'Arbanville le Jeu 8 Juin - 14:08, édité 2 fois
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06/02/2016 609 Ben Dahlhaus Schizophrenic (ava) ; anaëlle (signa) ; Oreste ♥ (gif) Cartographe & Apprenti manipulateur d'armes 55


Sujet: Re: Our little Adventure
Dim 17 Juil - 22:53

our little adventure
Taël & Atlas

Tu es debout depuis l’aurore. Tu as tenu à te réveiller le plus tôt possible pour partir du campement au plus vite. Cette journée sonne le début d’une excursion que tu as prévu longue. Et plus tôt tu partiras, plus tu pourras avancer dans la journée. Très excité à l’idée de découvrir davantage ta nouvelle planète, tu ne veux pas perdre une minute. En préparant ton sac de voyage, tu t’aperçois que ton cœur bat rapidement. Tu n’as qu’une hâte : quitter le campement pour partir à l’aventure. Pour n’inquiéter personne, tu as tenu à prévenir tes collègues cartographes de ton absence. Tu ne seras plus là pendant quelques jours, quelques semaines peut-être, et tu ne veux pas qu’on te prenne pour un déserteur. Ils se font trop nombreux, ces derniers temps, les criminels qui préfèrent tourner le dos à leurs compagnons d’infortune. Ils se font trop nombreux, à disparaître sur un coup de tête, sans donner d’explication à leur départ. Et certains osent même revenir sur leurs pas après quelques semaines d’une errance insatisfaisante. Ils espèrent revenir impunément, comme s’ils n’avaient jamais disparu, comme si personne ne s’était inquiété de leur sort durant leur absence inexpliquée. Mais le fait est que ta tribu, comme tu aimes à l’appeler, est un grand groupe très soudé. La mort a plusieurs fois frappé votre communauté fragilisée, vous rendant plus proches les uns des autres. Les survivants s’entraident, s’organisent pour ne plus connaître de tel déchirement. Au fur et à mesure, ces criminels de l’Odyssée que tu ne connaissais pas sont devenus ta nouvelle famille. Une famille solide, mais qui reste fragile. Et voir certains de ses membres déserter sans laisser de trace a forcément des répercussions sur tout le camp. Certaines tâches ne peuvent plus être exécutées, vous obligeant à trouver un remplaçant déjà affecté à un autre poste. Les amis proches perdent confiance, tandis que les autres, plus étrangers, savent désormais sur qui ne plus compter. L’équilibre précaire au sein du camp s’effondre. Soit vous coulez avec, soit vous remontez la pente. Jusqu’ici, la deuxième solution a toujours été adoptée. Mais en sera-t-il autant dans quelques mois, quand d’autres auront rendu les armes, et que les derniers survivants baisseront les bras, faute de motivation, de raison de se battre ? Pourrez-vous sans cesse surmonter les départs silencieux, vous réorganiser en gardant la tête haute ? Tu crains que non. La bonne humeur et l’optimisme se laisseront dévorer par le sentiment d’impuissance et d’abandon. Alors, pour ne pas le nourrir, tu as tenu à clarifier la situation : tu ne t’échappes pas. Tu n’en as aucune envie. Tu as fini par t’attacher à tes compagnons et à t’adapter à cette nouvelle vie. Tu n’imagines pas les abandonner. Si tu pars pendant plusieurs jours, c’est pour faire ton travail de cartographe. Tu vas en repérage, dessiner de nouvelles cartes pour révéler le chemin qui vous mène au désert.

Peu de tes collègues envient ta destination. Le désert est l’endroit maudit où la violence et la mort semblent gouverner. Tu ne t’es jamais rendu là-bas. Tu as seulement eu vent des histoires qu’ont rapporté ceux qui y ont été emmenés de force. Et ce ne sont pas des contes de fées. Kidnapping, torture, esclavagisme sont des notions qui reviennent inlassablement dans les récits racontés d’une voix bredouillante et lointaine. A en croire ces témoignages, les habitants du désert sont des créatures dangereuses, dénuées de toute morale. S’ils sont issus d’une culture différente de la tienne, les Terriens que tu as pu croiser jusqu’à maintenant et qui vivent non loin du campement des Cents ne sont pour autant pas d’impitoyables machines à tuer. Ils savent se montrer humains, malgré les cadavres qui jonchent leur passage. Mais d’après les dires, le peuple du désert est bien pire. Leur culture et leurs mœurs diffèrent largement des vôtres, semblant même s’y opposer en tous points. On t’a recommandé de ne pas t’approcher de ces gens-là. Tu veux bien suivre ces conseils. Tu n’as aucune envie de te retrouver séquestré dans une grotte emplie d’une chaleur ardente, et torturé jusqu’à ce que mort s’ensuive. Mais d’un autre côté, tu es tiraillé par la curiosité. Tout ce qui t’est inconnu t’attire irrémédiablement, et ce en dépit de tous les dangers auxquels tu te frotterais en t’approchant trop près d’un peuple que tu ne demandes qu’à découvrir. Tu as beau être tenté, tu croises les doigts pour ne croiser aucune de ces personnes durant ton excursion. Tu espères que vous pourrez rentrer sain et sauf. Car ton compagnon n’a pas besoin de renouveler l’expérience.

Taël est venu te chercher quelques jours auparavant. A ta grande surprise, il te voulait comme partenaire pour une expédition en direction du désert. Toi, le colosse que certains craignent encore. Et personne d’autre. Surpris, tu avais pourtant accepté son invitation. L’aventure, elle t’appelle sans relâche depuis votre arrivée sur cette planète. Tu ne demandes qu’à lui répondre. Aussi, même si votre destination menace de réduire considérablement votre espérance de vie, tu n’as pas eu le cœur à refuser cette proposition alléchante. En plus de satisfaire ta soif d’inconnu, votre voyage te permettra de dresser un carte plus détaillée du chemin menant à la région désertique. Une région que tu n’as jamais vue, et dont on raconte qu’elle connaît un climat tout particulier. Il y fait beaucoup plus chaud qu’en forêt. Un peu comme s’il s’agissait d’une pièce brûlante au sein de l’Odyssée, alors que vous viviez autrefois dans des salles climatisées. Mais ici, la technologie n’y est pour rien. A moins qu’il ne s’agisse d’une conséquence des radiations, les différents climats sont tout à fait naturels. Ça te fascine. Tu aimerais vivre ça, tester un climat différent de celui que tu connais depuis que tu as mis les pieds sur Terre. Une curiosité de plus qui t’attire davantage vers le désert, comme un aimant.

Pour préparer votre expédition, tu prends soin d’emporter dans un sac de toile grossièrement cousu ton matériel de dessin. Deux ou trois pages blanches arrachées à un livre, beau butin rapporté par l’un des tiens, un bien précieux que tu ne veux pas gaspiller. Tu te contentes donc de quelques feuilles. Tu graveras les esquisses supplémentaires dans des écorces ramassées en chemin, comme toujours. Tu te munis également de tes couteaux fétiches. Trois. Toujours trois. Un que tu glisses dans ton sac, un autre dans ta poche de pantalon, et un dernier caché dans ta chaussette. Trois planques, au cas où on veuille te priver de l’une de tes armes, pour toujours en avoir une à portée de main. Tu n’as pas encore eu l’occasion de t’en servir au combat, et tu espères d’ailleurs ne pas avoir à le faire pendant un moment. Mais sait-on jamais. La forêt grouille de bêtes et de Terriens au sang chaud. Et vous vous rendez dans le désert, qui n’est pas la plus saine des zones. Mieux vaut prévenir que guérir. Tu n’oublies pas non plus ta gourde. Elle n’est plus très remplie, il te faudra faire une halte au niveau de la rivière. Enfin, quelques fruits secs pour pallier à la faim en cas de cueillette décevante. Tu n’oses pas songer à attraper du gibier. Ce n’est pas ton fort. Le dépecer, aucun problème. Mais le capturer, c’est une autre affaire. Tu espères que ton compagnon se débrouille mieux que toi dans ce domaine. Après tout, lui n’est pas cartographe. Il est cuisinier. Il est capable de faire de bons petits plats, mais est-il également apte à se procurer de la nourriture ?

Tu le sauras bien assez tôt. Ton compagnon vient te chercher alors que tu sors de ta tente. La veille, tu as bien sûr pris le temps d’expliquer à tes colocataires qu’ils devraient se passer de ta compagnie pour les jours à venir. Ils n’ont pas à s’inquiéter, tu comptes bien les retrouver au plus vite. Mais pour les prochaines nuits, c’est le jeune cuisinier qui devra supporter tes ronflements. Ce dernier affiche un sourire serein alors qu’il arrive à ta hauteur. S’agit-il d’une fragile façade ? Tu te doutes que le jeune homme doit être secoué de nombreuses appréhensions secrètes. Tu devines qu’il ne lui sera pas facile de retourner sur les lieux des atrocités qu’on lui a fait subir. Aujourd’hui encore, il peine à se confier à ce sujet. Tu ne sais rien de son vécu, si ce n’est les rumeurs qui ont circulé au camp concernant les rescapés du désert à leur retour. Le bouche-à-oreilles a peut-être déformé la véracité des faits. Respectueux, tu n’as pas cherché à connaître les détails de l’histoire. Tu acceptes de laisser Taël se taire au sujet de ces terribles évènements. S’il ne veut pas ranimer les terrifiants fantômes qui le hantent, c’est son droit. Le jeune homme désire affronter ses peurs, retourner sur les lieux du crime pour s’exorciser, peut-être parvenir à tourner la page. Tu trouves ça suffisamment courageux. S’il veut te faire part de ses démons, tu seras là pour l’écouter, le rassurer. Mais s’il souhaite rester silencieux, tu ne le forceras pas à livrer ses secrets. Tu espères simplement qu’il ne te cache aucune information capitale qui pourrait te mettre en danger.

Le jeune homme t’explique qu’il a prévenu ses amies de son départ, et qu’il emporte de quoi manger avec lui. Tu lui rends son sourire. Tu as décidé de tout faire pour détendre ton compagnon, probablement nerveux à l’idée de prendre la route du désert. Tu ne veux pas que le voyage lui soit pénible. Il sera déjà suffisamment difficile pour ce novice des sentiers de suivre ton rythme. Tu ne veux pas qu’en plus ses peurs sourdes fassent flancher son moral.

- Parfait, réponds-tu. De mon côté, j’ai prévenu mes collègues. On ne devrait pas nous traiter comme des déserteurs à notre retour. J’ai pris quelques fruits secs aussi. N’oublie pas de prendre une gourde, tu vas en avoir besoin. Si tu te sens prêt, on peut y aller.

Tu lèves les yeux en direction du ciel. La vaste étendue qui t’abritait autrefois est claire et dégagée, annonçant une belle journée. Tu espères qu’elle ne sera pas trop chaude. L’effort est beaucoup plus pénible quand les rayons du soleil font transpirer. C’est également pour cette raison que tu préfères partir au plus tôt. La fraîcheur du matin est idéale pour bien commencer votre périple. Aussitôt que ton compagnon t’indique qu’il est prêt, tu prends la tête de la marche et le guide hors du campement. Tu as décidé de mener la marche jusqu’à arriver aux limites de la zone que tu connais bien. Lorsque tu ne pourras plus te repérer, tu passeras le flambeau à Taël, afin qu’il te montre le chemin jusqu’au désert. Tu suivras ses indications pour dresser une carte aussi précise que possible pour relier le campement des Cents à la zone désertique. Etant le premier à te livrer à cet exercice, tu te sens investi d’une mission importante. Tu n’as pas le droit à l’erreur. Tu espères te montrer à la hauteur, pour permettre aux tiens de faire un nouveau pas en direction d’une vie meilleure, plus facile au quotidien.

Tes premiers pas sont sûrs. Tu n’as même plus besoin de carte sous les yeux pour te repérer au sein des arbres qui se ressemblent tous. Tu connais bien le secteur, à force de l’avoir arpenté. Il t’est toujours un peu plus délicat de te repérer au début de l’hiver, quand la neige vient masquer le paysage, et lors de la fonte des neiges, quand la nature se révèle de nouveau dans sa totalité. La belle saison étant bien avancée, tu as eu le temps de te réhabituer à ton environnement. Aussi, tu n’hésites pas une seconde quant au chemin à prendre. Et tu sais parfaitement où tu vas. Tu guides ton compagnon jusqu’à la rivière, pour vous approvisionner en eau fraîche. Le désert étant soumis à des chaleurs extrêmes, tu n’es pas certain d’y trouver un point d’eau. De toute manière, tu supposes que vous mettrez plusieurs jours à atteindre votre objectif. Vous aurez besoin de vous hydrater, surtout si les rayons du soleil se font brûlants. Tu te doutes que Taël, qui suit tes pas sans broncher, n’est pas trop dépaysé. Lui aussi a dû être amené à aller chercher de l’eau pour le campement, il doit connaître le chemin. Lorsque vous arrivez à hauteur du cours d’eau, tu t’accroupis au bord de l’étendue plutôt calme et y plonges ta gourde. Tu en profites également pour te passer un peu d’eau sur le visage. Tu te tournes ensuite vers ton compagnon. Il a l’air un peu essoufflé. Lui aussi vient se réapprovisionner en eau. Il se pose à tes côtés en silence, et laisse son récipient se remplir doucement.

- Je crois que tu n’es pas habitué à de telles expéditions, remarques-tu sans méchanceté. N’hésite pas à me demander de ralentir le rythme si tu penses que je vais trop vite. Nous ne sommes pas vraiment pressés.

Tu appuies ton propos d’un sourire que tu veux rassurant. Tu ne sais pas trop comment t’y prendre avec ce garçon. Tu le connais finalement peu. S’il est venu te demander ton aide, c’est qu’il ne fait pas attention aux rumeurs qui circulent à ton sujet, même si elles se font plus rares depuis quelques temps. Malgré tout, tu ne sais pas comment entamer la conversation, ni même s’il est nécessaire de le faire. Loin d’être bavard, tu éprouves pourtant le besoin d’échanger quelques mots avec cet homme dont tu sais peu de choses. Dans un silence religieux, le voyage serait bien long. Mais tu ignores si ton compagnon est sur la même longueur d’ondes. Aussi préfères-tu ne pas te mouiller, et bifurquer aussitôt.

- A partir d’ici, je pense te passer le relai, dis-tu en regardant autour de toi. Je crois qu’un pont se trouve plus loin là-bas, indiques-tu en pointant le doigt vers ta droite. Ça peut être un bon point de repère, si tu connais le lieu. Est-ce que tu saurais retrouver la direction à suivre à partir d’ici ?
Code by Silver Lungs

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16/04/2015 I 10565 Aneurin Barnard Alex Tempêtueuse :) & AVENGEDINCHAINS & Lux Aeterna Cuisinier - Aide soignant 353
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Sujet: Re: Our little Adventure
Dim 31 Juil - 12:24


Atlas & Taël

La solidarité il ne connaissait pas vraiment ça avant de débarquer sur terre. A part pour sa famille qui se résumait à sa mère. Mais arrêté relativement jeune, on ne pouvait pas dire que son emprisonnement pouvait lui apporter l'envie de serrer les coudes avec les autres. La plupart du temps il ne croisait pas les différents détenus, et quand on lui en donnait l'occasion, rare, de pouvoir un peu circuler, Tael restait dans son coin. Il n'éprouvait alors aucune besoin de se rapprocher de qui que ce soit. Pour quoi faire ? Puisque de toute façon ils mourraient tous. Mais bien vivant quand il débarqua sur la planète, il gardait le même état d'esprit, ne cherchant pas à développer une camaraderie quelconque avec le reste des sacrifiés. Il ne tenta même pas de se diriger vers l'un ou l'autre visage connu. Et pour la plupart ils l'ignorèrent. Au début il se contentait de rester dans son coin, allant officier à l'infirmerie quand nul ne s'y trouvait. Puis il commença à s'éloigner, rencontra quelques terriens, un particulièrement agressif mais d'autres plus doux et compréhensifs comme Sofia et Thiziri. Le bouclé se lia alors d’amitié avec eux, sortant sans prévenir, et à sa guise. De toutes les manières personne ne le réclamait, ni ne faisait véritablement attention à lui.

La douce sofia lui ensseigna beaucoup au sujet des herbes médicinales, du moins celles disponibles dans le coin ou ils se trouvaient. Passionné il décida alors de commencer un herbier qu'il continua par la suite avec Rose, quand ils débutèrent leur amitié par hasard. Thirizi, une autochtone plus âgée, la sorcière blonde fit en sorte de lui ouvrir l'esprit, le poussant à s'ouvrir aux autres. Ainsi il commença petit à petit à se découvrir, pour commencer il décida qu'il aiderait Azalya à triompher de ses cauchemars, il prit soin de loin de la maladroite Lou qui le touchait beaucoup, finalement il renoua cette amitié perdue malgré eux avec Gamora. Puis il se décida à aider dans les cuisines puisque qu'il s'agissait de sa passion, et qu'il se trouvait plutôt doué pour cette activité même si au campement on ne possédait pas une cantine de chef 4 étoiles. Malgré sa narcolepsie, sa réticence à en dire trop à son sujet, ou vouloir établir une quelconque relation trop intense, il creusait son petit coin, devenait peu à peu utile aux autres. Pas tous, mais certains, et comme à l'impossible nul n'est tenu, on pouvait estimer qu'il s'améliorait de jour en jour.

Malheureusement toute cette bonne volonté, même maladroite fut fauchée à la racine quand le cuisinier se fit enlevé par des rahjaks, puis emporté vers la cité de feu pour être vendu soit comme esclave, curiosité ou pire. Relâché après mille péripéties, mais surtout deux mois à stagner dans des geôles putrides firent qu'à son retour il semblait moins évident qu'il pu encore être disposé à donner de sa personne. A croire à la bonté des gens. Après cette expérience le bouclé se referma surtout sur lui-même, Niant au fond de son esprit ses dernières semaines de vie. Il se réfugia dans l'infirmerie dormant pour la plupart du temps, aidant la jeune dylan  - disparue plus tard  -  qui en acceptant qu'il l'assista lui redonna une raison de s'éveiller le matin. Puis sa blonde Azalya le retrouva provoquant un choc qui le réveilla enfin. Difficilement il réintégra la vie du camp. Cependant il ne fut pas sans remarquer les immenses pertes, ni voir que désormais s'épauler devenait une véritable nécessité, une obligation plus qu'un choix. Malgré ses éternelles envies de liberté, il ne s'absentait désormais plus sans prévenir, ni s'assurer que quelqu'un pu le remplacer le temps de celle-ci. Pour sa sortie avec Atlas, comme il le demandait en priorité pour aider à améliorer la connaissance des lieux et parfaire certaines cartes, on lui accorda plutôt facilement ce petit voyage.

Trop de disparitions, de morts - Azalya surtout - finissaient par le plonger dans des nouvelles angoisses. De plus sa vielle amie terrienne ne venait plus à ses appels, celle qui savait si bien le conseiller. Il devenait vraiment nécessaire au bouclé de se changer les idées, d'autant plus après la petit aventure ou l'entraîna Robb. Et qui selon Tael se termina en Fiasco. Le cuisinier désirait s'éloigner plus que tout. Ce fut en posant les yeux sur Atlas que l'idée de cet éventuel voyage naquit dans sa caboche. Pourquoi Atlas ? Parce que Tael l'appréciait même sans lui avoir jamais réellement parlé. Surtout le jeune homme ne prêtait pas une grande foi aux rumeurs/racontars qu'il entendait au sujet du cartographe. Aussitôt entendu, aussi vite oublié. Il se fiait à son propre jugement, pas forcément toujours bien avisé, mais malgré tout faire connaissance avant d'émettre une opinion quelconque lui semblait la moindre des choses. Et puis empathique comme il l'était, quand il passait à proximité du géant un étrange calme l'envahissait presque toujours. Alors inconsciemment il lui octroyait sa confiance sans fouiller au delà. Cela lui donna le courage de l'aborder afin de lui exposer sa proposition.

Et voilà, maintenant l'heure du départ sonnait, son cœur battait la chamade à l'idée de se rapprocher au plus prêt de l'endroit ou il cru perdre la raison. Voulu même la perdre peut-être ? Mais le bouclé chassa ses images sombres de ses pensées. Ce matin il entendait le chant des oiseaux, une minuscule brise soulevait les feuilles des arbres caressant son visage comme pour l'encourager, et les rayons du soleil picotaient légèrement le bout de nez. Son camarade lui rappela que se pourvoir d'eau restait une nécessité. Tael ouvrit des yeux aussi grands que des soucoupes, quel distrait ! jamais il ne changerait « Je reviens très vite » Comme une tornade il fonça droit devant pour récupérer l'indispensable qui lui manquait. Pourtant le désert aurait du suffire à lui faire se remémorer pour toujours de ne jamais manquer d'eau. Et le revoilà comme un brave soldat avec tout son équipement prêt à suivre Atlas. Ainsi au petit matin, le cœur plein d'espoir, l'esprit en quête de futures aventures, il quittèrent le cocon fragile des cents. Atlas menait le pas, Tael trottinait derrière tâchant de se mettre au rythme des immenses enjambées de celui qui traçait la route.

Certainement on ne peut pas qualifier le bouclé de sportif, le fait qu'il s'occupa plus particulièrement de la cuisine, et qu'il soit gourmand pourrait donner l'impression d'une certaine paresse. D'autant plus qu'il souffrait de narcolepsie, dissimulant ce problème aux regard des autres, on le croisait souvent endormi au coin d'une tente. Forcément en déduire qu'il peinerait relevait du sens commun. Cependant le cuisinier possédait une grande agilité, puis il sortait régulièrement du camp pour se procurait diverses herbes ou fruits sauvages. Faisant bien plus d’exercices qu'on le n'imaginait. Finalement avoir traversé le désert par deux fois dans des conditions plus qu'extrêmes l'endurci plus qu'on ne pouvait le deviner sur un visage qui n'en laissait rien transparaître. Pour le moment il tenait le rythme, heureux malgré tout de cet arrêt à la rivière ou il put tremper ses mains dans l'eau avant que d'en remplir son récipient. Il passa ses ses doigts dans sa chevelure pour la rafraîchir, pensant soudainement à Alex qui disait qu'elle venait ici pour se laver les siens. Le brun chassa cette pensée inopportune en secouant ses boucles avec force éclaboussant par la même occasion Atlas. « Oh désolé ! »

Tael trouva la proposition d'Atlas particulièrement alléchante, mais il hésita avant de répondre. Il eut bien voulu insister sur le fait que par deux fois ce chemin il le parcouru, et dans des conditions particulièrement dures. Mais rien ne sortait de ses lèvres, comme s'il éprouvait une répulsion à évoquer de tels moments. Même loin derrière. Un bruit de fouet siffla à ses oreilles alors qu'il se replongeait sans le vouloir dans cette histoire. Tael sursauta mais essaya de sourire tout de suite après, comme pour chasser l'ombre noire qui s'élevait soudain prêt d'eux. Invisible mais bien présente. « Je suis parfois ... Souvent un peu maladroit parce que ... parfois j'agis trop vite avant de réfléchir, ça veut pas dire que je pense pas avant de parler ou d'agir mais parfois je suis trop spontané  » Expliqua le cuisinier en manière d'excuses. Mais certainement que le géant ne se trouva pas non plus noyé sous les perles d'eau qui atterrirent sur son visage. « Sinon j'aimerais dire que je suis infatigable, mais ce serait mentir. Tu as de plus longues jambes que moi, peut-être qu'un tout petit petit petit peu plus lentement éviterait à mon cœur de battre comme une fou. Disons que je sais marcher très longtemps mais pas forcément aussi vite que toi... Enfin si tu n'y vois pas d'inconvénient. »

Se laissa aller à dire Tael, alors que le petit intermède prendrait certainement fin d'ici peu. Le jeune cuisinier quand il s'enfonçait trop loin dans les bois s'y égarait facilement, aussi connaissait-il quelques repères qu'il suivait religieusement. Tentant de ne jamais trop s'en éloigner malgré sa curiosité le poussant à découvrir de nouveaux lieux tentateurs regorgeant d'herbes ou de fruits alléchants. Tael possédait un certain sens de l'orientation mais pas le meilleur, au début pour lui, il ne décelait aucune différence d'un tronc à un autre. Habitué à son petit monde de couloirs, puis à son unique cellule pendant dix ans, affronter un si vaste monde lui donnait parfois le vertige car il n'y trouvait aucune limite. Bien que cette constatation l'émerveilla, elle l'effrayait aussi. D'autant plus désormais qu'il lui fut révélé, il y peu l'existence de créatures un peu magiques au nom de Serpuma. Le bouclé espérait donc qu'à la fin de cette longue escapade, ce compagnon de voyage lui apprendrait quelques petits trucs pour mieux se débrouiller. Ne pas parler ne dérangeait pas Tael en soi, mais il trouvait que mieux connaître Atlas, finalement ne serait pas superflu. Après tout ils s'apprêtaient à passer quelques jours ensemble, sans autre compagnie.

« Tu as déjà patrouillé jusqu'ou ? Je veux dire es-tu allé du coté de la mer ? »Demanda le bouclé plutôt que de répondre tout de suite à l'invitation de son interlocuteur. Il s'imaginait mal le cuisinier prendre la tête de leur mini-troupe, mais il ne reculerait pas. Parfois il éprouvait la peur, mais cette dernière ne l'empêchait jamais d'agir, depuis son enfermement il y puisait même ses forces dorénavant. Puis peut-être - surement - a t-il senti le besoin de communication du Cartographe avec son coté éponge qui captait un peu tout ce qui émanait des autres. « Moi je suis déjà allé dans les ruines, la première fois je m'étais perdu, la seconde j'avais rendez-vous avez Faith mais je suis tombé sur un terrien vraiment étrange qui voulait ramasser plein de petits cailloux » Depuis lors, le cuisinier soupçonnait ce dernier d'avoir voulu se moquer de lui, mais il ne pourrait probablement jamais lui demander. Soudainement le bouclé fit signe dans une direction bien précise « Par là ! » Il se souvenait bien avoir coupé à travers bois pour retrouver son amie quand la narcolepsie le fit s'écrouler contre un chêne. A la recherche de proies, les rahjaks n'eurent qu'à le cueillir.

Cependant reconduit par un autre homme de cet étrange peuplade après un sauvetage dont il se souvenait à peine, Taël tenta de bien imprimer la route dans sa caboche. Il nourrissait alors un vengeance bien noire, le cent qui habituellement gardait difficilement rancune contre qui que ce soit. Le mot exception existait pour de tels revirements. Finalement il enterra toute cette période dans un coin bien sombre et biscornu de son cerveau. Mais pas la direction, ni la façon de la trouver en se fiant à la position du soleil selon les saisons, et la journée. Comme le lui avait enseigné Basile. Désormais il ne souhaitait qu’exorciser ses démons, il se persuadait qu'en se rapprochant de ce lieu maudit, il finirait par y songer beaucoup moins. Que ça le libérerait tout simplement. « Il faut se diriger par là, je peux te montrer un chemin que j'empruntais pour aller voir une vieille amie, après il faudra peut-être créer notre propre route ... Une partie du moins. Possèdes-tu une petit hachette ou quelque chose du genre pour que je puisse écarter la végétation si elle se fait trop dense ? » Car la forêt parfois fermait le passage reprenant ses droits sur toute tentative humaine de laisser son passage.

Taël rangea doucement sa gourde avec son liquide précieux, puis se désaltéra une dernière fois en puissant de l'eau entre ses paumes. Ses prunelles scintillaient d'une légère inquiétude, mais tout à la fois d'une certaine impatience. Parfois il se réveillait la nuit en se disant que cette longue marche sur un sable brûlant ne pouvait être qu'un rêve. Le bouclé tout en exigeant intérieurement une certitude désirait la déposer la-bas, au seuil du désert, et revenir en se sentant plus léger. Taël finit par se lever, exécutant le premier pas vers ce monde effrayant dont avait certes entendu parler Atlas mais dont on ne pouvait prendre la mesure que s'y on s'y trouvait confronté. « Dis moi as tu rencontré des terriens avec qui tu as partagé des choses positives ?  »


Dernière édition par Taël D'Arbanville le Jeu 8 Juin - 14:14, édité 2 fois
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06/02/2016 609 Ben Dahlhaus Schizophrenic (ava) ; anaëlle (signa) ; Oreste ♥ (gif) Cartographe & Apprenti manipulateur d'armes 55


Sujet: Re: Our little Adventure
Ven 26 Aoû - 17:20

our little adventure
Taël & Atlas

Ton compagnon prend son temps pour s’approvisionner en eau. Pendant que son récipient se remplit, il profite de la rivière pour se rafraîchir, et passe un peu de liquide bienfaisant sur son visage et son crâne pour parer à la chaleur naissante de la matinée. Perdu dans ses pensées, le jeune homme sursaute soudain et secoue la tête avec force, laissant ses boucles trempées te rafraîchir à leur tour. Surpris, tu esquisses un mouvement de recul en portant la main à ton visage éclaboussé de perles transparentes. Tu t’essuies distraitement, laissant un grand sourire te dévorer le visage à la vue du regard affolé que te lance ton compagnon. Le jeune homme a l’air sincèrement désolé, et s’épanche en excuses. Ton sourire s’élargit davantage, signe que tu ne lui en tiendras pas rigueur. Te faire arroser de la sorte ne constitue pas un problème. Au contraire. C’est à peine si tu as senti les gouttelettes se poser sur ton visage déjà ruisselant. Sentant sans doute que l’incident ne t’a pas perturbé tant que ça, le jeune homme aux cheveux bouclés admet qu’il a du mal à suivre le rythme. Comme tu t’y attendais. Et tu acceptes, sans hésiter, de ralentir l’allure lorsque vous vous remettrez en marche. Inutile de vous épuiser dès le départ. C’est un voyage de plusieurs jours qui vous attend. Il va vous falloir faire preuve d’endurance et de volonté. Consommer toute votre énergie dès maintenant ne mènera à rien, si ce n’est l’échec de votre expédition. La chaleur, le manque de nourriture et de repères constitueront des obstacles suffisamment solides pour que vous vous mettiez en plus des bâtons dans les roues. Tu en es pleinement conscient. Et, au fond de toi, tu sens qu’avancer moins vite, mais plus précautionneusement, ne pourra t’être que bénéfique.

Réceptif à tes maigres tentatives de tisser une véritable conversation, Taël se lance à son tour, t’invitant à lui parler de tes précédentes aventures sur Terre. Et il s’avère être une véritable pipelette. Peut-être ressent-il lui aussi le besoin de parler. Ou alors peut-être est-il sincèrement curieux.

- Tu as déjà patrouillé jusqu'où ? questionne ton compagnon, intrigué.  Je veux dire, es-tu allé du côté de la mer ? Moi je suis déjà allé dans les ruines, la première fois je m'étais perdu, la seconde j'avais rendez-vous avez Faith mais je suis tombé sur un terrien vraiment étrange qui voulait ramasser plein de petits cailloux…

Tu ne peux t’empêcher de sourire, moitié surpris, moitié amusé à cette évocation pour le moins saugrenue. Dans ta tête naît l’image d’un colosse tout en muscles dont les gros doigts épais farfouillent la terre à la recherche de petites pierres rondes, glissantes, qui ne cessent de lui échapper. Très vite, tu préfères chasser cette scène de ton esprit, sous peine de te laisser gagner par un fou rire peu approprié. Tu gommes ton sourire avec difficulté pour retrouver ton sérieux. Il est vrai que toi et le jeune bouclé avez des ressentis différents de la vie sur Terre. Vous n’occupez pas le même poste, ne jouez pas le même rôle au sein du clan. Jusqu’ici, vous avez été amenés à vivre des expériences bien différentes sur cette planète particulièrement hostile. Vous n’avez pas exploré les mêmes lieux, observé les mêmes animaux, ni rencontré les mêmes individus. De ton côté, tu n’en as rencontré que peu, te barricadant derrière ta peur des guerriers dont on t’a conté la fureur et la férocité. Les enlèvements, les meurtres, la guerre ont martelé ton esprit de sang et d’acier, imprimant en toi l’inaltérable image d’un peuple terrien dangereux, sauvage, éradiquant toute vie sur son passage. Aussi, tu as pris soin d’éviter de croiser leur chemin. Une peur sourde te dictait de ne surtout pas te frotter à eux. Tu pensais que ta simple existence leur paraîtrait comme un affront. Aussi, il t’a fallu faire en sorte de n’exister qu’aux yeux des Cents. Aucun Terrien ne devait te voir en vie. Ça n’a pas été facile de les éviter à tout prix, mais tu y es plutôt bien parvenu. Jusqu’au jour où tu as dû, en plus, fuir une bête sauvage qui avait décidé de faire de toi son repas. Une flèche appartenant à une chasseuse née sur Terre t’a cueilli au lieu de freiner la bête. Et toutes les précautions que tu avais prises durant près de deux ans se sont avérées absolument inutiles. On ne peut pas rester sur ses gardes vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Ta route a fini par croiser celle de Calypso, la mystérieuse chasseuse. Une chasseuse qui, bien que t’ayant blessé, a tout fait pour te remettre sur pieds. Toi, le fragile enfant des étoiles à la cuisse déchirée. Ce jour-là, tu as découvert qu’il existait des Terriens animés d’autres intentions que la soif de vengeance et la rage de vaincre. Et depuis lors, ta méfiance et ta crainte n’ont cessé de fondre, à l’image de la neige d’hiver laissant place à l’herbe dense. Ce n’est bien sûr pas suffisant pour les faire disparaître pour de bon. La chasseuse seule ne peut refléter l’image de toute une planète. Et tu sais pertinemment qu’il subsiste des guerriers avides de sang ainsi que des malades prêts à kidnapper les tiens, comme Taël en a fait l’expérience. Mais tu te laisses gagner, au fil du temps, par l’idée de faire taire tes préjugés et de voir de tes propres yeux ce qu’il en est vraiment. Quelqu’un comme toi, qualifié à tort de croqueur d’enfants, aurait dû le comprendre bien plus tôt.

- J’ai déjà vu la mer, oui, réponds-tu enfin après t’être extirpé de tes souvenirs. Du côté du campement seulement, comme ce n’est pas très loin. Mais je ne suis pas très à l’aise face à cette immense étendue d’eau dont on ne sait sonder les profondeurs, admets-tu. Je me sens mieux sur la terre ferme. Globalement, je ne m’éloigne pas trop du campement. C’est pour ça que je suis très enthousiaste à l’idée d’aller en direction du désert.

Tu n’insistes pas sur ce point, conscient que ton compagnon ne partage pas forcément tes sentiments à ce sujet. Mais ce sera effectivement la première fois que tu pousseras ton exploration aussi loin du campement des Cents. Cette irrépressible envie de découvrir ton nouveau monde, ça ne fait pas si longtemps qu’elle fait battre ton cœur. C’est une lubie assez récente. Car si tu es devenu cartographe, c’est plus par défaut que par réelle motivation. Tu savais dessiner, alors personne ne s’est posé de questions. Tu n’as pas non plus riposté, plutôt satisfait qu’on t’accorde une certaine confiance, toi qu’on traitait de noms peu glorieux. Mais tu t’es rendu compte que la tâche ne serait pas aisée. Le territoire au sein duquel tu étais chargé de t’aventurer n’était en rien rassurant. D’abord inconnu, ensuite hostile. A présent, intriguant. La crainte a laissé place au désir d’aventure, revêtant une forme nouvelle, mystérieuse, désirable. Aujourd’hui, elle ne te repousse plus, mais t’appelle, te nourrit, éveille en toi une tentation que tu ignorais jusqu’alors. Et qui se fait de plus en plus grande, de plus en plus intense. La peur de l’inconnu s’est mutée en véritable volonté de tout savoir, tout connaître, tout voir de ton nouvel habitat. Une faim insatiable que satisfera pour un temps l’expédition suggérée par Taël. Une expédition dans laquelle tu vas te plonger corps et âme pour faire taire cet appel constant vers une destination inconnue.

-  Par là !

Tu sursautes. Sans prévenir, Taël s’est redressé sur la berge de la rivière, et tend son doigt en direction des arbres denses derrière toi. Inquiet, tu te retournes, pensant que le jeune homme a perçu un danger caché dans la forêt. Mais tu te calmes aussitôt qu’il te donne une explication à ce sursaut soudain.

-  Il faut se diriger par là, répète-t-il avec plus de clarté concernant ses intentions.  Je peux te montrer un chemin que j'empruntais pour aller voir une vieille amie, après il faudra peut-être créer notre propre route... Une partie du moins. Possèdes-tu une petite hachette ou quelque chose du genre pour que je puisse écarter la végétation si elle se fait trop dense ?

- C’est parfait, acquiesces-tu, soulagé de sentir ton cœur retrouver un rythme décent.

L’idée de devoir façonner votre propre chemin ne t’effraie pas, bien au contraire. Mais tu te sens tout honteux lorsque tu réalises que tu n’as prévu aucun objet à cet effet.

- Par contre, je t’avoue que je n’ai pas du tout pensé à prendre une machette, poursuis-tu, gêné. J’ai quelques couteaux sur moi, j’espère que ça fera l’affaire.

Et si tel n’est pas le cas, vous improviserez, comme l’impose le plaisir du métier. Mais si les hommes du désert ont réussi à venir jusque dans les parages, ils ont peut-être laissé des traces que vous n’aurez qu’à suivre. Une solution que tu préfères taire tant que la question ne se posera pas. Le kidnapping de ton compagnon s’impose comme un sujet tabou. Tu n’as pas envie d’aborder le sujet, de peur de le froisser ou de le faire paniquer. Tant que les mots ne sont pas prononcés, ils n’ont pas de réelle consistance, de réalité physique. Tant qu’ils seront tus, peut-être que ton compagnon pourra rester calme et clairvoyant. Autant limiter les occasions de la faire céder à la panique. Tu l’observes du coin de l’œil alors qu’il boit quelques gorgées d’eau pure. S’il a peur, il n’en montre rien. Tu espères que la situation ne dégénèrera pas à l’approche du désert. Si loin de votre destination, ses démons sont encore loin. Se rapprocher de cet endroit qu’on décrit comme une interminable étendue de sable écrasée sous un soleil de plomb les réveillera peut-être. Tu seras là pour l’épauler, mais tu n’as aucune idée de la façon dont faire taire les angoisses d’autrui. Tu ne parviens déjà pas à calmer les tiennes.

Le jeune homme se redresse. Tu sens qu’il est temps de vous remettre en chemin. Vous quittez la rive fraîche et vous remettez en route. Comme convenu, tu interdis à tes jambes de se mouvoir à leur rythme habituel pour épargner ton compagnon. Vous trouvez une allure qui vous convient à tous les deux, et marchez un temps en silence, pour économiser votre souffle. Une fois habitué à ce rythme, Taël brise le silence, et pose une question qui te surprend. Une question qui ravive des souvenirs pas si anciens. Si ta rencontre avec Calypso a mal débuté, elle s’est plutôt avérée positive en fin de compte. Vous vous êtes d’ailleurs revus quelques fois depuis l’hiver. A ton grand étonnement, elle progresse rapidement en anglais, au point que vos échanges sont de plus en plus longs, de plus en plus complexes. Tu la sens comme fascinée par cette langue et ceux qui la pratiquent quotidiennement. Ému par cette avidité d’apprendre et la candeur que retrouve la jeune femme lorsqu’elle parvient à formuler ses pensées, tu as fini par accepter d’endosser ce rôle de professeur. Sans en parler à qui que ce soit. Personne, parmi les tiens, ne sait que tu retrouves la jeune chasseuse aussi régulièrement que le permet un monde sans agenda. Tu n’as pas eu de réelle occasion d’en parler autour de toi. Mais, maintenant qu’elle se présente, tu hésites. Ta réserve dresse des barrières que tu ne veux pas forcément voir céder. Tu ne sais pas comment serait perçue l’information. Peut-être parce qu’au fond de toi, tu ne sais toi-même pas si c’est une bonne ou une mauvaise chose de fréquenter les Terriens. Si c’est une bonne chose de nouer des relations avec eux. Certains l’ont fait, bien entendu. La situation a évolué de sorte qu’il est devenu impossible d’éviter toute rencontre avec les natifs. Mais la douleur de la guerre est encore bien présente. Elle serre les cœurs et ravage les âmes de tes compagnons d’infortune. De sorte que le doute assaille tous les esprits. La paix est-elle réellement accessible ? Les natifs qui se montrent amicaux ne nourrissent-ils pas d’arrière-pensées morbides ? Autant de questions qui ne trouveront pas de réponse avant un moment. Et puisque Taël a évoqué certaines de ses connaissances Terriennes, tu acceptes de lui dévoiler un bout de vérité à ton tour.

- On peut dire ça comme ça, oui. A ce jour, je n’ai rencontré qu’une seule Terrienne. J’ai longtemps fait en sorte de ne croiser personne, pour me tenir à l’écart des ennuis. Et cette Terrienne m’a ouvert les yeux. J’ai compris que ceux qui peuplent cette planète ne sont pas tous des brutes enragées, capables des pires sévices.

Tu marques une pause, ne sachant pas comment poursuivre. Dois-tu t’épandre sur cette rencontre positive, ou dois-tu insister sur les méfaits commis par les Terriens à votre encontre depuis votre arrivée ? Tu ne veux ni donner trop de détails sur cette rencontre avec Calypso, qui n’appartient qu’à toi, ni rappeler à ton compagnon de voyage combien les Terriens ont pu être cruels. Lui-même le sait mieux que quiconque. Alors tu clos là le sujet, et le silence reprend ses droits. Inconsciemment, tu ralentis un peu plus pour laisser Taël prendre les rênes et te guider selon ses repères. Le jeune homme ne réplique pas, et retrouve son chemin, hésitant quelques fois mais se ressaisissant bien vite. Toi, tu notes silencieusement les maigres repères visuels qui s’offrent à toi. Une branche biscornue, une zone d’herbe un peu moins verte, une plus grande ouverture sur le ciel. Tu sais qu’il est inutile de te mettre à crayonner pour le moment. Vous êtes encore suffisamment proches du campement, cette région a déjà dû être répertoriée. Lorsque vous vous approchez de buissons couverts de baies, tu suggères d’en ramasser quelques-unes pour regonfler votre maigre garde-manger. Vous reprenez votre route jusqu’à ce que le soleil soit haut dans le ciel. La chaleur commence à se faire sentir, même à l’ombre des arbres. Transpirant à grosses gouttes, tu indiques un tronc renversé quelques mètres plus loin, suggérant de vous y reposer le temps de manger un morceau. Tu choisis de déguster les baies cueillies précédemment pour ne pas les laisser pourrir. Les fruits secs pourront attendre. Mais ton ventre bruyant te fait comprendre que cette ration est loin d’être suffisante à son goût. Tu refuses pourtant de taper davantage dans tes réserves. Tu souhaites les conserver le plus longtemps possible pour ne pas mourir de faim. Mais elles s’épuiseront avant que vous n’arriviez à destination. Tu en es parfaitement conscient. Aussi te tournes-tu vers Taël, lui posant la question qui te brûle les lèvres depuis votre départ :

- Est-ce que tu sais chasser ? Ce serait bien utile pour nous nourrir sur le chemin.

Tu sais très bien que chasseur et cuisinier sont deux métiers différents, mais tu pries pour que ton compagnon soit capable de capturer lui-même la viande qu’il cuisine ensuite.

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16/04/2015 I 10565 Aneurin Barnard Alex Tempêtueuse :) & AVENGEDINCHAINS & Lux Aeterna Cuisinier - Aide soignant 353
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Sujet: Re: Our little Adventure
Dim 9 Oct - 22:08


Atlas & Taël

Maintenant le campement hors de vue, et tous ses bruits rassurants loin de leurs oreilles, le jeune homme s'apercevait n'avoir pas mesuré l'impact de voyager longuement avec un autre cent méconnu de lui. Car il fallait l'avouer, le cuisinier ne pouvait honnêtement affirmer avoir développé beaucoup de relations avec les siens. Surtout dans les débuts, quand il se cachait ou tentait de se faire invisible. Pendant bien des mois il n'échangea que de quelconques "bonjour", "oui" ou "non" avant que de d’approfondir la relation avec sa camarade de tente. De débuter une amitié qu'il imaginait profonde et durable mais qui s'étiola aussi vite qu'une fleur que l'on prive d'eau quand on lui annonça sa mort. Rose ne lui parlait plus beaucoup voyant en lui le souvenir des jours noirs, durs, cruels et étouffants dans les prisons. Parfois Gamora, un peu Cecily et puis Andromeda. Mais en réalité il les écoutait beaucoup plus qu'il ne se confiait. Pas de grands efforts à faire. Alors pour échapper à la tornade brune - Alex -, mais surtout affronter ses peurs handicapantes qui le clouaient bien trop souvent dans le campement il décida de proposer cette excursion à Atlas.

Bien entendu le cuisinier ne serait pas venu à lui s'il en eut senti le moindre désagrément, et il se moquait complétement des on dit. Tael ne portait jamais de jugement sur les autres, il estimait que pour se faire on devait frôler la perfection, ce qui ne s'avérait pas son cas. Ensuite il préférait tout simplement se faire une opinion en côtoyant la personne, car selon lui les perceptions des uns ne sont pas forcément celles des autres. Donc rien n'existait qui pu le retenir de bavarder avec Atlas, sauf que le bouclé ne savait pas très bien comment s'y pendre. Plutôt silencieux le voila qui semblait soudainement devenu un grand parleur, déversant dans la conversation un peu tout et n'importe quoi, mais sans doute pas l'essentiel. Comment le faire quand lui-même le plus souvent refusait de l'affronter ? Alors il pouvait donner une fausse impression de sa personne. Cependant il voulait partager son expérience avec Anatole? ce terrien si bizarre avec qui il se reprocha ne pas avoir agit assez intelligemment. Mais comment savoir exactement ou se situait la limite ? Car l'aperçu de cette rencontre cachait une vérité plus complexe. Déjà il y a eut ce terrien qui le par plaisir le roua de coup mais le laissa vivant et dont il ignorait complétemnet le prénom, et s'il le reverrait jamais.

Mais aussi Sofia qui lui apprit les plantes, Rürik le Naori qui le retrouva blessé et termina de le détruire mentalement, et surtout Thiziri l'encourageant à ouvrir son esprit et voir les habitants de cette terre différemment. Et les Rahjaks, surtout eux. Mais aussi Amalrik ce mystère. Alors comment se faire une opinion sur ces hommes, puisque chacun s'avérait différent du suivant. Comme eux. De son coté il ignorait complétement les aventures de son compagnon, bien qu'il supposa, plutôt justement, que chacun des siens, à un moment ou un autre se trouva un jour confronté à un autochtone. Mais tous ne désiraient pas forcément le raconter, d'ailleurs peu le faisait, un peu comme si la chose eut été interdite. Et qu'il fut cent fois mieux de les considérer comme des ennemis que comme de potentiels amis. Cependant si ils voulaient vivre, s'installer dans le coin, il faudrait bien qu'ils envisagent définitivement cette solution. La guerre pour leur petit nombre ne serait jamais une option viable, du moins Tael en restait persuadé alors qu'il écoutait la réponse de son interlocuteur avec grand intérêt.

« Oui c'est déstabilisant toute cette étendue d'eau, je comprends mais j'ai trouvé ça si ... Beau, cet horizon la bas qui touchait le ciel, cette incertitude, cette grandeur ...  »  Répliqua le bouclé qui se laissait emporté par ses souvenirs ou se trouvait Mewan, Honey, Rose, Liam, Thaïs et lui. Un moment de bonheur pour les rescapés du désert à ne jamais oublier. « Oui je comprends, as ... tu entendu parlé du désert ? De nous ? Un peu ?   » Certainement un peu, mais Tael n'a pas vraiment souvenir de son retour, à part qu'Andy l'ait retrouvé perdu, errant dans le petit potager. Après il s'est abimé dans un espèce de reniement de soi, de tout, de la vie qui dura quelques mois. Refusant de parler à quiconque. Revenu doucement à la vie avec l'aide de Dylan - disparue désormais -, puis de sa chère Azalya - Morte dans une rixe avec des terriens dans les ruines -, on ne lui en parla plus vraiment. Un peu comme si le sujet fut devenu tabou. Fallait dire que Tael ne facilitait pas le dialogue non plus. Mais ainsi perdu dans les bois, taraudé par la curiosité, il ne pu s'empêcher de s'informer prêt du géant. Ce qui se dégageait de ce dernier, le portait, sans trop comprendre pourquoi, à lui accorder sa confiance.

En attendant on ne devait pas se reposer sur ses lauriers et continuer d'avancer. Il serait toujours possible d'échanger en marchant, même si ça relevait d'une dynamique différente. Pour bien faire le bouclé devait prendre la tête puisqu'il connaissait la direction. Bien que ses souvenirs fussent par moment incomplets, ceci dut à son manque de sommeil d'alors, et sa peur de se faire rattraper à nouveau. Soudainement sans crier gare il se mit en route. Un peu trop spontané comme toujours, il ne remarque pas l'état d'angoisse que cette précipitation fit naître chez Atlas, sinon il aurait probablement gardé en tête le fait de faire attention de ne pas s'agiter ainsi de façon un peu inconsidérée comme Tael savait si bien le faire par instant. Comme il espérait beaucoup en la grande sagesse du cartographe, le brun fit une petite moue en apprenant que non, il ne pourrait pas affronter l'épais feuillage avec une hachette. Il haussa les épaules à la fois un peu dépité mais résolu à ne pas se laisser détourner de son but. « Tans pis j'aurais du faire montre d'un peu plus de cervelle, c'est un peu mon défaut, je suis enthousiaste, je m'emballe et j'oublie de réfléchir comme il faut ! »

Pour les couteaux, il possédait la lame de Tristam, celui que ce dernier lui avait offert en prenant le jour précédent de son retour au camp. Il espérait bien le revoir un jour ne sachant pas encore que ce dernier trouva la mort par les mains de Gen, un terrien inconnu de lui. « Mais c'est pas grave j'ai une belle lame ici, je peux très bien m'en servir sauf que ....  » Oui voilà qu'un autre problème se présentait dans sa caboche, il ne lui sautait au regard qu'à ce moment précis, celui ou il se lançait pour attaquer tout ce qui gênerait leur passage. « Tu es beaucoup plus grand que moi, et je ne pense pas arriver à tout abattre pour t'éviter la gêne de recevoir du feuillage en pleine figure .... » Surtout il ne voulait pas paraître désobligeant envers le grand jeune homme. Qu'il aille croire qu'il le ferait exprès pour se moquer de lui. « Mais la route sera faite, tu pourrais enlever ce qui te gêne. Cependant on peut juste essayer pour voir et si c'est vraiment gênant pour toi on trouver une autre manière de procéder  »  Des problèmes surgissant alors qu'on ne les attendait pas, il s'en présenterait surement d'autres. Alors le bouclé ne voulait pas affronter ça en se compliquant déjà la tâche. Et puis il se pouvait qu'Atlas trouva une autre idée, le cuisinier ne demandait que ça !

« Oui » Articula le bouclé en arrêtant son mouvement après que le cartographe lui eut évoqué la terrienne. « Moi aussi, c'est une terrienne qui m'a montré, expliqué, apprit les herbes, grâce à elle avec Rose nous avons pu composer un genre d'herbier sur les plantes médicinales. Même si elle ... Sofia n'utilisait pas ce mot, elle était douce, gentille, mais la guerre ... » Tael n'en prononça pas plus se rendant compte que tous ceux dont il prononçait les noms ne vivait plus que dans son coeur, un peu comme si dans sa tête il érigeait un cimetière portatif. « Enfin ... et tu l'as voit toujours ? Sinon j'ai fait comme toi au début, je me tenais loin de tout, mais on à beau faire on finit toujours par se trouver mêlé à cette vie, cette terre nous bouscule malgré nous  » Termina t-il pour ne pas rester ancré sur le sujet des morts. Le cuisinier se demandait néanmoins pourquoi Atlas eut éprouvé un tel besoin de se cacher. Mais après tout il ne connaissait pas son passé, son histoire, et ceux qui terminèrent enfermés dans des cellules avec seule option de se trouver catapulté dans l'espace se découvraient parfois fort abimés émotionnellement.

Et Tael se remit en route, se rappelant parfaitement ce chemin parcouru plusieurs fois avec Thiziri et son serpent, celle qui se disait sorcière. l'allure du bouclé plus rapide qu'on ne l'aurait supposé ralentissait parfois devant un passage plus feuillu. La preuve en était que la dame ne vivait plus par ici, la nature envahissant les lieux auparavant empruntés fréquemment, par elle, par le cent parfois, puis ceux qui venaient la voir. Parfois le jeune cuisinier se tournait vers son camarade dans le cas ou celui-ci aurait voulu changer cette façon de faire ou prendre un peu les devants sous la direction du cuisinier. Concentré Tael ne se rendait pas vraiment compte du temps qui s'égrenait finalement assez vite. Bien qu'une halte fut faite ou ils ramassèrent des baies ce qui coupa la petite faim qui pointait dans l'estomac. Mais ils reprirent leur route rapidement, Cependant le soir s'annonçait et seulement il s'arrêta reconnaissant ce lieu ou il s'endormit et fut enlevé. Celui ou vivait jadis la dame blonde qui lui apprit à chanter une chanson pour que les geais la lui transmettent et qu'elle réponde à son appel. Doux souvenir. Juste là, comme un fait exprès, le tronc renversé ou il causait parfois avec sa sorcière. Magnifique, ça tombait parfaitement.


Et puis Atlas lui adressa la parole sous forme d'interrogation. Le bouclé sursauta un peu étonné qu'on attendit cela de lui. Il cuisinait oui mais chasser ... « Non pas toi ?  » S'étonna t'il naïvement. Voilà un problème crucial qu'aucun d'eux ne creusa avant de s'en aller. Pensant probablement que l'autre se débrouillait bien. Par exemple le fait qu'Atlas fut cartographe n'impliquait qu'il chassa forcément. Pareil pour Tael qui se trouvait souvent dans le garde-manger, il ne se rendait pas en forêt pour pourvoir les leurs de viande. Non voila l'apanage des chasseurs que ni l'un, ni l'autre ne se découvrait soudainement être. « J'ai cru ... Alors tu sais nous sommes à l'endroit ou vivait une vieille amie, elle semble absente depuis bien longtemps mais elle posait des pièges tout aux alentours on pourrait essayer de les chercher et voir si on ne pourrait pas s'en servir ? Qu'en penses-tu ? »

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06/02/2016 609 Ben Dahlhaus Schizophrenic (ava) ; anaëlle (signa) ; Oreste ♥ (gif) Cartographe & Apprenti manipulateur d'armes 55


Sujet: Re: Our little Adventure
Jeu 1 Déc - 22:46

our little adventure
Taël & Atlas

Tu restes résolument silencieux durant votre trajet. Le soleil poursuit sa course haut dans le ciel, inondant la surface de votre planète de ses rayons chaleureux. La chaleur de l’été combinée à l’effort physique que nécessite votre expédition ne tardent pas à avoir des répercussions sur ton corps de colosse. Tu transpires à grosses gouttes, sans pour autant t’habituer à la désagréable sensation de tes vêtements collés à ta peau mouillée. L’effort te fait souffler un peu plus bruyamment à chaque pas, en écho aux pulsations frénétiques de ton cœur lancé à plein régime. Si tu veux pouvoir garder le cap sans sentir un point douloureux se former au creux de tes côtes, comme ça t’est arrivé par le passé, alors que tu n’étais pas habitué à gérer ta respiration, tu dois garder les lèvres scellées et ne pas souffler le moindre mot qui viendrait perturber le rythme que tu as trouvé. A ton grand regret, tu prends sur toi pour ne pas répondre aux anecdotes que te raconte ton compagnon, ni aux questions qu’il te pose. Une attitude bien impolie qui ne te ressemble guère, et que tu tentes de justifier par quelques gestes d’excuse lorsque Taël, sans doute étonné de ton comportement, se retourne pour vérifier que tu le suis toujours. Te voir couvert de sueur et entendre tes poumons expulser l’air qui les pénètre doit lui suffire pour comprendre la situation, mais tu ajoutes quelques gestes pour indiquer que tu préfères garder ta salive pour plus tard. Et tu es bien content de voir se dessiner ce tronc éventré sur lequel vous prenez place pour vous reposer un peu.

Pendant que tu grignotes les quelques baies ramassées sur le chemin, Taël reste silencieux. Plongé dans ses pensées, il ne dit plus un mot. Tu l’observes du coin de l’œil, respectant son silence sans oser le rompre. Le jeune homme tourne la tête à droite, à gauche, scrute les lieux avec attention, les yeux rêveurs. Tu devines que lui aussi tente de se prêter au jeu de la cartographie. Il essaye sans doute de graver deux ou trois repères dans sa mémoire, pour tenter de situer où il se trouve. Il a beau être déjà venu sur ces terres, il n’en a gardé ni trace écrite, ni repères temporels. Peut-être essaye-t-il d’y remédier. Tu n’oses pas le déranger. Du moins, pas avant que ton ventre ne te rappelle à l’ordre et que tu lui poses une question d’importance cruciale.

- Non, pas toi ? s’étonne le jeune homme, sortant de sa rêverie et devinant que tu n’es pas un expert de la chasse non plus.

Tu te pinces les lèvres. Mais il est trop tard pour les remords. C’est une question que vous auriez dû vous poser avant de vous lancer en terres inconnues. Le ravitaillement est une phase essentielle de l’exploration. Vous ne pouviez pas réquisitionner toutes les réserves de nourriture du campement sous prétexte que vous partiez pour plusieurs jours. Ces nombreux kilos de denrées comestibles auraient, de plus, surchargé vos sacs et ralenti votre progression. Une solution inenvisageable pour parer à la faim. Un chasseur n’aurait, à votre place, eu aucun mal à user de sa ruse et de son expérience pour attraper du gibier. Seulement, ni toi ni Taël n’êtes de ces traqueurs de proie. Aussi vous retrouvez-vous démunis face à l’appel de vos entrailles vides. Et, comme une évidence, tu choisis d’en porter l’entière responsabilité. Taël passe une bonne partie de son temps au campement. Tu ne te souviens pas qu’il ait pris part à une quelconque expédition de plusieurs jours. Aussi n’y connaît-il probablement pas grand-chose. Survivre en groupe est une chose. Survivre seul, loin du campement, en est une autre. Et tu es bien placé pour le savoir, puisque de vous deux, c’est toi qui délaisses le plus le campement, sous prétexte de couvrir des morceaux d’écorce de lignes fines cartographiant les alentours. Ces expéditions en solitaire t’ont appris à te débrouiller seul, que tu maîtrises ou non l’art de la chasse et de la discrétion. Toi, tu es l’artiste. Celui qui s’arrête en chemin pour griffonner, dessiner, ressourcer ses réserves d’inspiration. Tu es le cartographe, celui qui observe, se repère, qui communique ces repères aux autres et tente de faire rentrer un monde tout entier sur une feuille de papier. Mais tu n’es pas le chasseur qui remplit les réserves de nourriture, ni le cuisinier qui sait préparer la viande ou reconnaître les plantes empoisonnées. Aussi te contentes-tu toujours du peu que tu emportes avec toi pour te nourrir. D’habitude, ça te suffit. Les petites quantités dérangent ton estomac qui se tord de mécontentement, mais tu parviens à l’ignorer. Tu pensais qu’il en serait de même lors de cette aventure en direction du désert. Trop excité à l’idée de découvrir de nouveaux territoires, tu as trop négligé les aspects pratiques de ce long voyage. Tu n’as pas pensé une seconde à la chaleur qui vous écraserait, toi et Taël. Et les températures insupportables sont sans pitié. Le soleil cogne fort sur ton crâne, la chaleur monte par vagues étouffantes, et le climat estival te vide de tes forces. De sorte que ton énergie s’épuise plus vite que lors de tes escapades au printemps. Tu as donc besoin de plus de ressources, et donc de plus de nourriture. Le simple fait de songer à ce mot fait gémir ton estomac. Tu tentes de le faire taire à l’aide d’une gorgée d’eau bienvenue, en lançant un regard désolé à ton compagnon.

- Je ne chasse pas non plus, avoues-tu d’une voix gênée. D’habitude, j’arrive à me contenter de ce que je peux ramasser sur le chemin. Malheureusement, le gibier ne pousse pas sur les buissons…

Tu sens une vague de remords t’envahir. Tu t’en veux de cette négligence, mais tu repousses les regrets loin de ton âme avec obstination. L’heure n’est pas à l’apitoiement. Regretter le passé est inutile. Il vous faut aller de l’avant. Et, heureusement pour toi, Taël se révèle plein de ressources.

- Alors tu sais, reprend-il soudainement, nous sommes à l'endroit où vivait une vieille amie, elle semble absente depuis bien longtemps mais elle posait des pièges tout aux alentours, on pourrait essayer de les chercher et voir si on ne pourrait pas s'en servir ? Qu'en penses-tu ?

Tu le regardes avec des yeux ronds. Alors que vous êtes perdus en pleine forêt, voilà que le jeune homme admet connaître les lieux mieux que quiconque. Tu comprends maintenant pourquoi votre progression a été si rapide, si aisée, fluide. C’est parce que ton compagnon, qui te sert aussi de guide, remplit son rôle à la perfection. Alors que tu faillis à ta mission et que vous vous retrouvez en proie à la faim parce que tu n’as pas été assez prévoyant, lui parvient à retrouver sa route avec une aisance naturelle, comme si chaque détour était fraîchement gravé dans sa mémoire. Un constat qui renforce le sentiment de culpabilité qui commence à te ronger. Penaud, tu baisses la tête sans t’en rendre compte. Tu laisses tes yeux se perdre dans les herbes folles qui poussent à tes pieds, songeant avec amertume à ton rôle peu brillant jusqu’ici. Comme quoi, toi qui imaginais tout savoir des expéditions de ce genre, tu as encore beaucoup à apprendre. Notamment auprès de tes compagnons, même s’ils semblent n’y rien connaître de prime abord. Une bonne leçon que tu n’es pas près d’oublier.

Tu reprends rapidement contenance, et te retournes vers Taël, le regard soudain illuminé d’une lueur d’admiration. Le jeune cuisinier, qui peut paraître timide et réservé, semble connaître de nombreux natifs de la Terre. Alors que tu l’imaginais enfermé sur le camp, prisonnier de son rôle, indispensable à la survie des autres, il semble avoir fait de nombreuses rencontres en-dehors du campement. Plus encore, il dit s’être lié d’amitié avec certains Terriens. Pendant que tu cherchais à tout prix à éviter une fortuite rencontre avec un natif, Taël restait ouvert et allait au-devant de ses craintes. Lui qui semble distant, distrait, et qui pendant un temps ne semblait pas avoir trouvé sa place, est en réalité un jeune homme ouvert d’esprit, curieux et qui a soif de rencontres. Autant d’éléments qui t’ont longtemps fait défaut. Alors que la crainte de l’autochtone te paralysait, lui a bravé ses a priori et a noué de solides liens avec les Terriens. Aujourd’hui encore, il a trouvé la volonté de se battre contre ses peurs intimes et de prendre la route à tes côtés afin d’en finir une bonne fois pour toutes avec sa terreur liée au désert. Tu l’admires pour ça. Pour le courage qui l’anime comme une flamme flamboyante qui semble ne jamais vaciller. Et tu te souviens de ton rôle à toi, au sein de cette aventure. Tu n’en es pas le héros. C’est Taël qui mène une expédition pour vaincre ses sombres terreurs. Toi, tu es son compagnon, le pilier qui le soutiendra au moment où il sera tenté d’abandonner. Tu travailles aussi pour le bien de tes compagnons d’infortune, ce qu’il reste des cents ex-détenus des prisons de l’Odyssée, et tu as promis de revenir avec des cartes permettant de les mener jusqu’au désert, le jour où eux aussi voudront braver leurs peurs. Mais tu n’es en aucun cas la raison d’être de cette expédition. Tu as toujours préféré les seconds rôles. Tu n’aimes pas être le centre de toutes les attentions. Alors tu te laisses porter par l’énergie et les connaissances de Taël. Tu le suivras là où il voudra bien t’emmener. Aussi n’hésites-tu pas à lui emboîter le pas lorsque vous mettez fin à votre petite pause. L’occasion te semble trop belle pour ne pas la saisir. Une solution tombée du ciel pour mettre fin à votre dilemme qui paraissait sans issue. Tu ignores ce qu’il en sera sur le long terme, mais tu te promets d’y réfléchir plus tard. Pour le moment, tu laisses la curiosité l’emporter sur tout le reste.

Taël s’éloigne du tronc renversé et s’engage plus au cœur de la forêt, là où s’aventurent sans crainte les animaux sauvages. Soudain, il ralentit l’allure, t’invitant à faire de même. Vous vous faites plus silencieux pour ne pas effrayer les potentielles proies des alentours. Votre recherche nécessite toute ton attention. Tu n’as jamais étudié les pièges ni la manière dont s’en servir, même si tu es conscient que ça pourrait t’être utile. Tu n’as donc qu’une vague idée de ce à quoi peut ressembler ce que vous cherchez. Comme tu remarques que Taël a les yeux rivés en direction du sol, tu l’imites et te concentres sur cette zone toi aussi. De longues minutes s’écoulent sans que rien ne vous apparaisse. Puis ton compagnon s’arrête au pied d’un arbre. Tu le rejoins et t’accroupis pour observer sa trouvaille de plus près. Une fine corde formant une boucle comme un nœud coulant. Un petit bout de bois se tient à quelques centimètres de la corde, à laquelle il est rattaché par un nœud solide. Le tout forme un ensemble mou et inutile en l’état. Mais, tu en es certain, vous pouvez vous en servir. Il vous suffit juste de comprendre le mécanisme de l’objet.

- Je ne vois pas trop ce dont il s’agit, mais je suis sûr qu’on peut en faire quelque chose, souffles-tu comme pour ne pas perturber les piaillements des oiseaux autour de vous. Regarde cette boucle. On dirait qu’elle est faite pour saisir le corps d’un petit animal…

Avec mille précautions, pour ne pas défaire les derniers vestiges du piège et de ses mécanismes qui peuvent encore vous apparaître, tu saisis la corde et vérifie, avec des gestes délicats, si elle bouge. Effectivement, en tirant sur une extrémité, la boucle se resserre. L’idéal pour saisir des petits corps en plein mouvement, par surprise. Tu réitères le geste plusieurs fois, l’air songeur. Plus tu t’exerces, plus il t’apparaît évident que la corde a besoin d’être tendue pour que le piège fonctionne. Après un instant d’hésitation, tu lâches le tout et te tournes vers Taël.

- Mais ton amie s’y connaît mieux que moi dans l’art de la chasse. Je suppose qu’elle t’a appris à te servir de ce genre de piège ?

Tu t’écartes pour laisser le jeune homme tenter quelque chose à son tour. Tu ne voudrais pas prendre le risque de défaire ce qui peut encore vous être utile. Alors qu’il s’affaire, tu t’assieds sur le sol mousseux, observant ton compagnon avec la plus grande attention. Avec un peu de chance, tu te souviendras de ses gestes le moment venu pour te sortir d’affaire, dans un futur incertain. Silencieux, tu prends note du moindre de ses gestes. Puis tes pensées te ramènent aux nombreuses questions que Taël t’a posées, sans que tu prennes la peine d’y répondre. Et ton cœur se serre au souvenir de la voix du jeune homme te demandant avec une certaine gêne si tu as entendu parler de cette sombre histoire dans le désert. Le timide Taël t’offrait enfin une ouverture pour discuter de ce sujet délicat à aborder, et tu l’as laissée se refermer sans mot dire. Tu le regrettes. Si le jeune cuisinier a doucement évoqué le sujet, c’est peut-être par besoin de se confier. Peut-être avait-il juste besoin d’une oreille attentive à ses souvenirs et à ses craintes. Et toi, en grand Machiavel des temps modernes, tu nourris secrètement l’envie d’en savoir plus à ce sujet. Sans toutefois oser l’aborder, de peur de brusquer ton compagnon. Tu as sans doute fait un faux pas en gardant le silence. Tu vas en faire un autre, puisque tu t’apprêtes à ramener le sujet sur la table alors que la situation ne s’y prête pas.

- Pour répondre à ta question, j’ai effectivement entendu parler de ce qu’il s’est passé dans le désert, déclames-tu à voix basse, essayant de garder le ton doux qui te caractérise. Ç’aurait été difficile de ne pas remarquer que quelque chose de grave s’était produit là-bas. A votre retour, toi et les autres avaient l’air de fantômes. Vous n’étiez plus vous-mêmes. Mais ça fait du bien de vous revoir. Je suis sincèrement content de voir que tu t’en es remis.

Tu tentes de masquer le caractère effroyablement gauche de ton intervention derrière une note d’espoir. Encore une fois, tu n’oses pas demander de but en blanc ce qu’il s’est exactement passé au royaume du sable. Tu préfères laisser Taël approfondir le sujet seulement s’il s’en sent capable.

Code by Silver Lungs

Pour le collet je me suis inspirée de cette image mais en fait je sais pas comment ça marche :
 

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16/04/2015 I 10565 Aneurin Barnard Alex Tempêtueuse :) & AVENGEDINCHAINS & Lux Aeterna Cuisinier - Aide soignant 353
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Sujet: Re: Our little Adventure
Sam 31 Déc - 19:20


Atlas & Taël

Du moment ou il déposa ses deux pieds sur le sol terrestre Tael ne démontra aucune envie de communiquer avec ses camarades. Non qu'il les jugea, après tout il se trouvait dans le lot avec eux, mais dix ans de presque total silence, comment en sortir ? Parler de façon normale et naturelle ? Non il ignorait désormais comment le faire. De plus il préférait regarder tout ce qu'il découvrait autour de lui tant qu'il lui restait le temps. Parce que ce qui l'éloigna dès le départ des autres fut cette certitude de mourir très vite. Non qu'il soupçonna qu'il exista des terriens ayant résisté à la grande catastrophe, mais tout d'abord assurément l'air se révélerait vicié, dangereux puis mortel. Ou alors les plantes se montreraient forcément toxiques, et l'eau imbuvable. Donc forcément après avoir épuisé leurs provisions - très pauvres -, ils se retrouveraient à mourir de soif puis de faim. autant imaginer le pire des tableaux ou chacun chercherait la mort de l'autre. Et finalement tout se passa autrement, mais lui le bouclé il décida de rester dans son coin. Ne pas s'attacher, ne pas se faire remarquer, vivoter jusqu’à ce qu'une inévitable catastrophe se produise.

Contre toute attente il commença par développer des liens avec quelques terriens. Disparus désormais. Il se découvrit une passion pour les herbes médicinales avec Sofia qui lui enseigna beaucoup de choses qu'il mettait encore en pratique. Bien qu'il se fut diriger par choix vers la cuisine prenant ce rôle très au sérieux. Forcément l'obligation de communiquer avec les chasseurs, et tout le reste du camp s'imposa. Malgré tout il se comportait encore de manière légèrement sauvage fuyant, plus qu'espérant, le dialogue avec les autres. Taël s'ouvrait à certains mais pas tous. Désormais il admettait dans son fort intérieur que des situations particulières appelaient des efforts de courtoisie. Même si ce mot ou ce qu'il évoquait se trouvait pas au summum de la popularité. Et cette marche, aux cotés d'Atlas lui en paraissait un exemple parfait. Aussi accomplissait-il quelques tentatives pour tenir une conversation, et tâcher de la maintenir vivante mais le grand géant ignorait sciemment ses remarques. Alors il se posa la question,  logique, si toutes ses paroles sonnaient l'ennui aux oreilles de son camarade d'exploration. Tout doucement il finit par se taire, nullement vexé, mais un peu dubitatif sur la suite du parcours. Il espérait bien ne pas taper sur les nerfs de son compagnon sinon la route se révélerait loin d'être agréable.

Bien qu'inquiet au départ, il retrouva avec son bienheureux silence et se concentra alors davantage sur la route. Au bout d'un moment il finit par remarquer que la chaleur dérangeait particulièrement son camarade, mais il préféra ne pas intervenir parce qu'il ne lui donnerait aucun réel conseil. Sans doute que l'expérience des kidnappés à travers le désert les transforma en leur donnant une meilleure endurance face à ce facteur. Un point positif, néanmoins il eut préféré ne pas se faire enlever du tout. Et finalement toutes ses préoccupations se firent veines quand un problème plus préoccupant surgit à travers un échange bref et qui sur l'instant semblait peu important. Ni Atlas, ni le bouclé ne chassaient, du moins avec dextérité comme ceux chargés de se procurer la nourriture au camp. Oui bêtement Tael s'imaginait que l'immense Atlas de par son apparence apportait quelques options en plus. il se tapa la tête « Quel idiot je suis ! » Laissa t'il échapper avant de faire une proposition un peu plus pratique et qui leur viendrait bien en aide si ils découvraient les pièges en question. Mais sauront-ils s'en servir ? Honnêtement Tael se désignait coupable pour cette piètre organisation. Après tout il s'en trouvait l'instigateur ,emporté par un enthousiasme qui parfois le poussait à  ne pas réfléchir plus loin que le bout de son nez.

Et puis, non pas qu'il fut peureux, ni froussard mais le cuisinier n'osait se répandre en propositions, de peur de déranger les pensées d'Atlas qui ne réagit pas tout de suite à ses paroles. Pas un instant il ne pouvait concevoir que le jeune homme s'en veuille pour quoi que ce soit, d'ailleurs il lui offrirait ses excuse dès qu'il verrait un moment opportun pour le faire. Peut-être que s'il se levait en inspectant les alentours le bouclé tomberait sur un ces appâts toujours fonctionnels. Et avec beaucoup de chance un pauvre victime prise dans le leurre. Alors qu'il se tapotait les jambes pour se donner du courage afin de débuter cette recherche Tael croisa soudain le regard d'Atlas de façon fortuite. Ce qu'il pensa y lire le laissa un peu désarçonné, que se passait-il ? Quel geste venait-il d'accomplir pour mériter une telle gentillesse ? le bouclé s'illusionnait sûrement à voir des expressions ou il n'en existait pas. Il envoya néanmoins en retour à Atlas un sourire encourageant. « Allez je me met à la recherche de tout ça, repose toi un peu tu sembles fatigué  » Proposa t-il au cartographe en se mettant debout puis se dirigeant vers un coin dont il se remémorait un vague souvenir, alors que finalement Atlas décidait malgré tout de le suivre.

La recherche se passait dans le plus grand silence, car le bouclé respectait l'aversion de son camarade pour tout bavardage inutile, et puis il restait malgré tout préférable de ce concentrer sur leur chasse au trésor. Car Tael ne possédait que peu d'idées de l'objet en question qu'il recherchait.  La sorcière blonde lui en toucha quelques mots, cependant à l'époque il se montra légèrement distrait. Car glissant sur les épaules de cette dernière un serpent, compagnon des jours pluvieux et amères selon elle, qui impressionnait beaucoup l'enfant du ciel. Au bout de plusieurs rencontres Tael s'y habitua mais la démonstration sur les collets passa un peu à la trappe. Thirizi répétait souvent qu'il devait faire attention ou il posait ses pieds en s'approchant de son repaire alors il ouvrait les lèvres pour en avertir Atlas quand il aperçut un truc un peu étrange dans les herbes. Il s'immobilisa, inspectant du regard les alentours s'il ne se cachait pas un fil invisible - indétectable du coup mais on pouvait toujours rêver - dans lequel il se prendrait les pieds et déclencherait quelque mécanique dangereuse les mettant en danger. Oui parfois le bouclé possédait une imagination un peu débordante qui à la fois le desservait et le préservait.

Une ombre gargantuesque vint assombrir sa vue, le cartographe intrigué venait de se joindre à lui. Plus curieux, moins méfiant il se rapprocha de l'étrange montage lui donnant son avis sur ce qu'il examinait. Bien que le bouclé eut tenté un mouvement pour le retenir, l'autre se montra plus subtil, visiblement aucun surprise diabolique ne cachait pour eux dans la végétation. le cuisinier souffla de soulagement remuant l'air autour de lui, alors qu'une noisette - lâchée par un écureuil alerté par ce bruit - dégringola des arbres pour rebondir sur le dos d'Atlas. Les prunelles de l'enfant du ciel se dirigèrent alors vers la caducée, tandis que son comparse lui exposait son avis, d'une voix particulièrement douce se joignant aux chuchotements de la forêt. Quelques oiseaux lançant aussi diverses notes chantantes pour accompagner les deux voyageurs. « Oui tu as raison, je n'ai pas vraiment écouté à l'époque et je le regrette, mais c'est bien ce qu'elle m'expliquait que ça servait pour des petites proies comme des lièvres par exemple. Après si un renard venait se prendre dedans je ne sais pas si ... on pourrait le manger ... je ... suppose que oui » En posant cette hypothèse le cœur du jeune homme se souleva, il rêvait d'apprivoiser un renard alors les manger ... Pourtant si cela devenait leur seule ressource, aurait-il le droit de faire la fine bouche ?

Un peu honteux d'avoir soulevé une telle idée, le bouclé se pencha quand Atlas se recula pour lui laisser la place. Il n'imaginait pas faire mieux que lui car il s'agissait bien de tendre la corde sauf qu'il ne voyait rien qui pu vraiment appâté un petit animal. Et l'endroit lui paraissait légèrement délaissé lui apportant la certitude plus claire de la disparation de son amie blonde. Tael refusait de la croire morte, il l'espérait nomade et crapahutant plus loin dans ce monde, lui léguant par la mémoire ce petit endroit qui lui servait de domaine. « Oui tendu c'est mieux pour le déclencher, c'est bien ce qu'elle voulait me montrer sauf que faudrait quelque chose pour les attirer crois-tu que quelques fruits des bois feraient l'affaire ? » Comme les poches du cent ne regorgeaient pas de merveilles il y déposa les quelques baies sauvages pas encore consommées, puis fit en sorte que la corde resta immobile « Voilà il ne ne nous reste qu'à attendre, mais je suggère qu'on s'éloigne sinon jamais aucun animal ne s'aventura par ici » Proposa t-il au cartographe. Ce fut juste à cet instant que ce dernier choisit de répondre à une ancienne question posée au début de la journée par le cuisinier.

Tael prit au dépourvu pâlit sur le moment, mais rapidement il récupéra quelques couleurs face à la fièvre que ces souvenirs soulevaient toujours en lui. Tout d'abord il renvoya un fugitif sourire à son interlocuteur et lui fit signe de le suivre. Un peu éloigné il lui murmura « Éloignons nous, je m'y connais peu, mais je pense que nous aurons une petite chance si nous ne restons pas proche du coup il va falloir attendre mais je me souviens de ce qu'elle appelait sa maison alors on pourrait y élire domicile pour la nuit, qu'en penses-tu ? » Non pas que le bouclé ignora la remarque précédente du géant, pas du tout, mais il voyait l'instant ou la nuit arriverait et imaginait que tous les deux tireraient un meilleur avantage à se reposer que marcher toute une nuit, pour finalement s'écrouler dans un lieu peu protégé. Aussi après quelques hésitation il se dirigea vers un énorme rocher celui-là même ou la dame blonde de la forêt le secouru un an et demi auparavant. Derrière se trouvait une cabane faite de branches entre deux arbres. Oh elle ne possédait pas le confort moderne mais ils y découvrirent quelques objets abandonnés par l'ancienne habitante et qui éventuellement pourraient leur servir.

« Oh oui je suis un peu bête de croire que les autres ne s'en serait pas aperçus, je croyais que je tentais de devenir un fantôme pour qu'on me laisse tranquille  » Déclara t-il tout à trac tout en poursuivant essayant de se montrer le plus agréable possible, car il se découvrait parfois un peu agressif quand on abordait le sujet des Rahjaks « Mais si tu as des questions précises, je je te répondrais .... Oh regarde ...  » Au seuil de cette cabane vieille et biscornue se trouvait sur la droite un ancien potager envahit par les herbes folles. Aussi en arrivant aucun des deux n'y prêta vraiment attention. Mais il semblait pourtant y pousser encore quelques légumes - ou du moins des plantes comestibles -. Tael s'agenouillant écarta la flore envahissante afin de constater la bonne fortune qui leur tombait dessus. « Je pense qu'on pourrait récupérer quelques chose à se mettre sous la dent à défaut d'une lapin sauvage, et même qu'on pourrait les appâter avec tu penses pas ? Au pire ça nous remplira le ventre mais il faudrait faire un feu ... Pour cette nuit, et demain on pourrait découvrir que la chance nous à sourit en nous offrant une petite victime dans le piège ... On se pose ici ?   »

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Sujet: Re: Our little Adventure
Lun 3 Avr - 22:11

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06/02/2016 609 Ben Dahlhaus Schizophrenic (ava) ; anaëlle (signa) ; Oreste ♥ (gif) Cartographe & Apprenti manipulateur d'armes 55


Sujet: Re: Our little Adventure
Ven 21 Avr - 11:42

our little adventure
Taël & Atlas

Ton compagnon se penche à son tour, essayant de comprendre les mécanismes du piège. Après quelques manipulations hasardeuses, avec des gestes précautionneux, le jeune homme en parvient aux mêmes conclusions que toi : la boucle est destinée à se resserrer autour d’un petit corps animal. Le tout est de trouver un moyen de tenir la corde tendue. Plongeant dans des souvenirs qui n’appartiennent qu’à lui, Taël parvient à tendre la corde. Puis il se tourne vers toi et fait une judicieuse remarque : vous aurez besoin d’appâter votre festin pour qu’il tombe dans vos filets. Le chasseur en herbe suggère de laisser traîner quelques baies. Tu acquiesces d’un signe de tête pendant que ton compagnon s’exécute. Les baies, ça attire forcément les petites bêtes. Les écureuils, les souris, peut-être même les lapins. L’important est que vous ayez quelque chose à vous mettre sous la dent. Tu es prêt à troquer tes maigres réserves de nourriture contre une ration plus importante, plus protéinée, qui vous aidera à avancer. De toute manière, vous n’avez guère le choix que de laisser quelques baies. Vous n’avez pas grand-chose d’autre à proposer aux animaux qui vivent ici.

- Voilà, il ne nous reste qu'à attendre, annonce Taël une fois que le piège est mis en place. Mais je suggère qu'on s'éloigne, sinon jamais aucun animal ne s'aventurera par ici.

Une nouvelle remarque intelligente. Tu soupçonnes Taël d’avoir passé un temps fou à étudier les animaux de la région. Peut-être le cuisinier a-t-il jugé important de se renseigner sur les modes de vie des animaux qu’il prépare en ragoûts ? Tu prends note de ses suggestions et ses remarques pertinentes, de ses réflexes devenus naturels. Tu n’aurais pu choisir de meilleur compagnon que le jeune bouclé. Tu apprends beaucoup à ses côtés. Nul doute que tes découvertes te serviront lors d’escapades prochaines. Pouvoir subvenir seul à ses propres besoins est une qualité indispensable à tout explorateur. Le manque de connaissances ne t’avait pas pesé jusqu’à maintenant. Tu t’es toujours contenté de t’aventurer dans des zones situées non loin de ton campement. Aujourd’hui, tu entames ton plus long périple à ce jour. C’est excitant. C’est intriguant. Et alors que tu ne vois que votre destination, tu comprends peu à peu que le voyage lui aussi promet d’être palpitant. Habitué à ne voyager qu’avec ta propre solitude, expert des échappées silencieuses, tu n’as finalement appris que de ta propre expérience, oubliant que celle des autres pouvait également se révéler utile. Tu espères pouvoir rendre à Taël tout ce qu’il t’apporte depuis votre départ. Cela fait à peine quelques heures que vous avez pris la route, et tu as déjà l’impression d’avoir appris beaucoup. Alors tu voudrais que ton compagnon d’aventure ressorte grandi de ce voyage, lui aussi. Tu veux pouvoir lui apporter plus que ton soutien face à ses démons tapis là-bas, dans le désert.

Mais ton intervention maladroite semble compromettre cette idée. Le cuisinier se fige quelques secondes, semble pâlir dans l’ombre de la forêt. Sans un mot, le jeune homme se redresse, t’adresse un sourire gêné, presque contrit. Plus un rictus timide qu’un véritable sourire de plaisir. Le malaise est soudain palpable. Tu regrettes aussitôt d’avoir prononcé ces mots barbares, inconvenants, source d’angoisse aux yeux de ton compagnon. Ce dernier semble chercher ses mots, puis décide de brusquement changer de sujet. Sans se départir de son silence, il s’éloigne, faisant mine de n’avoir rien entendu. Plein de remords, tu oses à peine lui emboîter le pas quand il t’invite à le faire. Tu le rejoins sans oser le regarder dans les yeux, certain de l’avoir froissé. Ça t’apprendra à réagir trop tard. Alors que tu entrouvres les lèvres pour prononcer de timides et trop tardives excuses, le jeune homme te devance et murmure :

- Éloignons-nous, je m'y connais peu, mais je pense que nous aurons une petite chance si nous ne restons pas proches, du coup il va falloir attendre mais je me souviens de ce qu'elle appelait sa maison alors on pourrait y élire domicile pour la nuit, qu'en penses-tu ?

Sa voix se veut naturelle, mais tu n’es pas dupe. Taël ignore superbement ta remarque, préférant froidement trouver un autre sujet de conversation, histoire de te faire comprendre qu’il ne faut plus aborder le sujet. Son attitude te porte un coup au cœur, mais tu décides de passer outre. C’est toi, le pauvre type maladroit. Tu n’es pas en mesure de reprocher quoi que ce soit à ton compagnon. Ce séjour au sein du désert a laissé des marques indélébiles dans son âme. Tu n’as pas le droit d’enfoncer le couteau dans des plaies encore béantes. Tu ravales ta fierté et te promets de ne plus te montrer aussi brutal. Alors, comme pour te racheter, tu acceptes toi aussi de faire comme si de rien n’était. Tu te forces à répondre d’une voix naturelle, acceptant de jouer le jeu et d’oublier les dernières minutes qui se sont écoulées.

- C’est une bonne idée, admets-tu. Si tu penses pouvoir retrouver le chemin, alors je te suis.

En réalité, tu n’es pas très enthousiaste à l’idée d’occuper la demeure d’une Terrienne. Ton compagnon soutient qu’elle n’a pas l’air dans les parages, mais tu préfères ne pas savoir quelle serait sa réaction si, revenant dans la nuit, elle découvrait que deux enfants du ciel avaient décidé de s’approprier les lieux. Cependant, tu n’oses pas contrarier le jeune homme. Il a l’air de savoir ce qu’il fait. Lui seul connaît cette mystérieuse femme, et s’il lui fait confiance, alors tu le peux aussi. De plus, le pragmatique Taël a vu juste. Tu sens aussi que la nuit ne va pas tarder à déposer sur vous son voile d’ébène, entraînant dans son sillage une vague de fraîcheur malvenue. Pour cette première nuit en-dehors du campement, il ne sera pas de refus de trouver refuge dans une habitation. C’est une chance inattendue. Alors tu gardes tes doutes emplis de pessimisme pour toi, et suis sans plus hésiter ton ami aventurier. Tu décides de lui accorder ta confiance. Jusque-là, il ne s’en est pas montré indigne, bien au contraire. Tu fais au mieux pour retenir le chemin que vous empruntez, gravant précieusement dans ta mémoire le souvenir des détails remarquables qui ponctuent votre avancée. Ici, un sapin biscornu ; là, une pierre énorme. Et non loin derrière elle, presque avalée par les arbres environnants, une modeste construction de branches reposant entre deux troncs épais. Tu es surpris par sa simplicité teintée d’ingéniosité. La petite cabane est d’apparence primitive et fragile, mais tient solidement sur ses bases. L’enchevêtrement de branches sèches menace de s’écrouler à tout instant, alors que tu sais pertinemment que le temps en a déjà éprouvé la stabilité. L’habitation est étroite, vestige d’une vie solitaire. Des objets y ont été abandonnés, comme si leur propriétaire avait pensé revenir les chercher. Visiblement, personne n’y a touché depuis un moment. Tu ignores ce qui a pu advenir de l’amie de Taël, mais tu sens une anomalie. Elle est partie en pensant revenir, mais n’a vraisemblablement jamais remis les pieds chez elle. Tu lorgnes en direction de ton compagnon, mais son visage ne laisse transparaître aucune réponse à tes interrogations muettes. Après l’avoir froissé à évoquer le désert, tu ne te risqueras pas à tenter d’aborder le sort de son amie absente. Tu ravales sèchement tes questions, préférant rester muet. Jusqu’à ce que le jeune bouclé vienne briser le silence.

- Oh oui je suis un peu bête de croire que les autres ne s'en serait pas aperçus, je croyais que je tentais de devenir un fantôme pour qu'on me laisse tranquille.

Il te faut quelques secondes pour comprendre qu’il revient sur ce qu’il s’est passé à son retour des geôles de feu. Il t’invite même à poser les questions qui te taraudent. C’est qu’il ne garde finalement aucune rancune de ta maladresse. Malgré tout, il change aussitôt de sujet, contournant la cabane pour s’aventurer dans un petit potager annexe. Envahi par les herbes folles, tu ne l’avais pas remarqué, pensant qu’il s’agissait d’un pan de la forêt. Mais le cuisinier a l’œil, et semble avoir repéré de quoi vous sustenter. A cette idée, ton estomac ne peut s’empêcher de grogner. Tu portes une main gênée à ton ventre, espérant que ça suffira à le faire taire. Tu laisses ton compagnon s’affairer au milieu des herbes qui, à tes yeux, se ressemblent toutes. Lui semble reconnaître des plantes comestibles au milieu de la jungle sauvage. Après quelques minutes d’inspection silencieuse, le jeune homme se retourne vers toi et te propose de rester ici pour la nuit, à proximité des pièges et de ce petit carré de terre regorgeant de nourriture. Tu acceptes de bon cœur. L’emplacement est trop parfait. Vous n’aurez sans doute pas autant de chance dans les jours à venir.

Tu rejoins ton collègue et décide de lui prêter main-forte. Le jeune homme t’indique quelles brindilles cueillir en vue du repas de ce soir. Tu suis ses conseils, bien conscient que l’obscurité grandissante t’empêche de noter les signes distinctifs de chaque plante pour les reconnaître une fois prochaine. Quelques minutes plus tard, chargés de poignées de plantes, vous vous installez sommairement à l’intérieur de la cabane. Mais tu tressailles lorsque Taël propose d’allumer un feu. Toujours honteux quand tu dois aborder ce sujet, tu te racles la gorge avant de bredouiller :

- Le… Le feu et moi… Non. Je n’aime pas ça. Je fais toujours en sorte d’en rester loin.

Une phobie dont tu n’as pris conscience qu’à ton arrivée sur Terre. Tout t’effraie dans les flammes. Leur chaleur incandescente. Leur crépitement infernal. Leur danse endiablée. Le risque qu’elles représentent, surtout. Leur potentiel mortel. Elles font naître en ton âme des images de fin du monde. Dans ces moments-là, l’angoisse te déchire. Tu voudrais mourir. Aussi n’as-tu pas d’autre choix que de rester éloigné des flammes. Un énorme handicap quand arrive l’hiver. Alors que le froid te dévore et que tu voudrais te réchauffer auprès du feu, en compagnie des autres débarqués, tu dois rester en retrait, seul dans la morsure glaciale des nuits d’hiver. Un équilibre que tu as du mal à trouver, tiraillé entre deux partis qui te repoussent. Beaucoup de tes compagnons sur le camp ont sans doute mal interprété ton isolement. Il ne t’est pas facile d’avouer que le feu, si chaleureux et réconfortant aux yeux de certains, te glace le sang, te terrifie. Tu voudrais pouvoir changer, mais vaincre ses phobies, c’est impossible. Tu n’avais jamais été confronté à ta propre impuissance. Pas comme ça. Et tu ne t’en sors pas. Tu te crois faible pour ça, pour cette incapacité à vaincre tes peurs infondées. Et l’admettre t’emplit de honte. Tu fuis le regard de Taël, conscient du poids de plus en plus pesant que tu représentes pour lui. C’est lui qui va devoir allumer un feu et cuisiner le repas, pendant que toi, tu resteras à l’écart, incapable de te rendre utile. Tu t’excuses piètrement, le laissant s’échiner à cette tâche compliquée. Tu t’éloignes avec quelques plantes pour les déposer auprès du collet que vous avez laissé derrière vous. Il est encore intact. Aucun animal ne s’est pris dedans. Tu espères que ces nouveaux appâts attireront une petite bête pour votre petit-déjeuner.

Tu retrouves facilement ton chemin. Tu te glisses dans la cabane et sors ton matériel de dessin. Tu puises dans tes souvenirs et te réfères à une carte déjà établie pour situer votre position après cette première journée. Inutile de dresser une nouvelle carte pour le moment. Vous n’êtes pas encore sortis des sentiers battus. Tu griffonnes dans la terre en laissant ton esprit errer. Tes pensées te ramènent à la mystérieuse amie de ton compagnon. L’amitié avec les Terriens te semble presque abstraite. Pas impossible, mais difficile à appréhender. Les Terriens sont là sans l’être. Ils peuvent être partout. Un jour ils croisent votre chemin, et le lendemain ils sont déjà de l’autre côté de la mer. Comment se lier à ces êtres insaisissables ? A ces mystères qu’on croise un instant sans jamais être sûr de les retrouver par la suite ? Les relations sont difficiles sur Terre. Elles sont difficiles parce qu’elles sont différentes de celles que vous entreteniez dans le ciel, conditionnées par la technologie. Privés de vos ordinateurs et de vos écrans bleus, l’interaction directe est devenue votre unique moyen de dialoguer. Plus de lettres numériques, impalpables ; plus de mots tapés à l’abri de l’écran ; ne subsistent que les paroles sincères glissées dans une oreille voisine. Avec cette privation, impossible de convenir de rendez-vous en un lieu précis, à une heure précise. Tout n’est plus qu’abstrait, toute rencontre n’est plus que le fruit d’un hasard incertain. C’est le hasard qui a voulu que tu croises la route de Calypso. Le hasard encore qui a accepté que vous vous retrouviez de rares fois par la suite. Difficile alors de considérer cette ombre fugitive comme une véritable amie. Tu gardes un moment tes interrogations pour toi. Tu attends que Taël te rejoigne à l’intérieur. Lorsque le silence s’installe, tu ne peux t’empêcher de le briser.

- Comment est née votre amitié avec cette Terrienne ? demandes-tu, réellement curieux d’en savoir plus. Ça me semble tellement compliqué de construire de vraies relations avec les natifs. On ne sait jamais où ils sont, ni ce qu’ils font. Comment une réelle amitié peut naître de cette distance ?


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16/04/2015 I 10565 Aneurin Barnard Alex Tempêtueuse :) & AVENGEDINCHAINS & Lux Aeterna Cuisinier - Aide soignant 353
- Hit the Road -


Sujet: Re: Our little Adventure
Dim 11 Juin - 16:19


Atlas & Taël

Partir en promenade quelques heures peut donner l'impression au bout d'un moment qu'on s'y connait un peu à propos de la nature, surtout si on prend l'habitude de cueillir des fruits sauvages. Ou des plantes médicinales dont un terrien vous apprend l'existence et l'utilité. Mais en rien ça ne vous prépare à une réelle expédition ou l'on devra faire face à la soif, la faim, la chaleur, le froid ou d'éventuels obstacles comme une rivière aux remous mortels sans un pont à l'horizon qui l'enjambe. Se faire enlever par des Rahjaks, passer deux mois dans leur prison glauque, miteuse, effrayante n'enseigne que l'endurance. La survie dans un milieu hostile et clôt. Vous plie parfois à de gestes dont on préférerait ne pas se souvenir comme gober des insectes ou se partager la carcasse d'un rat. Mais face à un piège dont il ignore tout ou que le peu qu'il s'en souvient. Tael Tâtonne en souhaitait ne pas trop s'égarer. Pour qui sont ces collets ? Mangeraient-ils autre chose qu'un lapin ou un lièvre ? Si un loup venait à se prendre la patte par-là, auraient-ils lui ou Atlas le courage, l'envie ou le désir de l'achever ? Et si la prise se découvre acceptable à leurs yeux, qui finira par la dépiauter afin qu'on puisse la déguster ? Bon d'accord, en tant que cuisinier, le bouclé a dû s'habituer à la faire de temps à autre. Mais généralement ce sont les filles qui s'y collent.

Toutes ces viandes dont leurs papilles font connaissance depuis leur arrivée. Parfois là-haut il existait des substituts mais comparé à la vrai découverte du goût, désormais  Tael Sait que tout cela manquait de saveur. Encore plus en tant que prisonniers destinés à pousser leur dernier râle dans l'espace, ils ne recevaient que des bouillies qu'ils consommaient, assez ironiquement, pour survivre. On n'allait pas faire non plus des fleurs à des condamnés, déjà que les ressource s'amenuisaient tout doucement. Alors quand il se proposa comme cuistot il n'imaginait pas un instant se confronter à de cadavre de bêtes. Pourtant au bout d'un jour ou deux il devint évident que l'herbe ne suffirait jamais. Les petits écureuils sont si mignons quand on les voit courir dans les arbres et lancer des noisettes vers le sol pour les récupérer brisées. L'idée de les retrouver dans son ventre l'attristait toujours un peu. Pourtant au fil des mois, le bouclé est arrivé à faire la différence avec la nécessité et le superflu. Il fait donc en sorte que tous les animaux soient bien traités mais ne s'y attache pas. Un jour peut-être il en apprivoisera un, mais leur futur reste encore si incertain qu'il préfère ne pas imaginer s'il fallait partir en catastrophe, laisser tout derrière. Et perdre une autre petite partie de son âme. Bien sur on ne décide pas toujours à qui donner son amitié, mais voilà qui est déjà bien assez compliqué avec les humains.

Le Cuisinier ne soupçonne pas un instant être comparé à un puits de science - au sujet des animaux - par son immense compagnon. Il hoche la tête pour le remercier de partager ses maigres ressources pour réussir- il le souhaite - à se faire un dîner digne de ce nom ce soir, sinon demain. Ainsi ils s'éloignent en silence pour ne pas troubler la petite bête qui retrouverait attirer par leur stratagème alors qu'un hibou silencieux les observe de son perchoir au-dessus de leur tête. On pourrait même lui prêter un regard un peu moqueur. Il faut espérer qu'il n'attrapera pas leur futur festin avant eux, les laissant ainsi fort dépourvus. Pour le moment Tael et Atlas regorgent d'ondes positives, même si leur conversation piétine, patine, prend des détours maladroits alors qu'ils se découvrent enfin véritablement grâce à cette expédition. Le bouclé ne veut pas réellement fuir, mais généralement on ne lui demande pas grand-chose,  des kidnappés celui il n'est pas celui dont la disparition à remuée le plus les cœurs. Son désir de ne pas être reconnu l'a si bien servit que c'est presque à son retour que l'on s'est souvenu de son existence. Même si à sa grande surprise, Hope lui a témoigné un certain plaisir à la revoir. Ni lui, ni Liam, ni Thaïs n'aborde ce sujet avec joie. Chacun sa raison de l'enterrer, souvent accompagnée d'une réaction brusque que Tael regrette aussitôt. Après tout il n'a pas le monopole de la douleur.

Alors qu'Atlas acquiesce pour s'éloigner afin de rechercher la probable cahute de Thiziri la sorcière, mais surtout amie disparue. Le bouclé rajoute avec beaucoup plus de douceur« Ca me touche beaucoup ce que tu as dit, tu sais c'est parfois difficile d'évoquer ce moment... Pour moi comme pour les autres, parce que nous pensions que notre cellule là dans l'espace en attendant notre mort c'était le pire qu'on puisse jamais rencontrer ... »  Un drôle de cri retenti autour de vous, ou au-dessus, le cuisinier n'arrive jamais à bien situer les bruits. Alors il se tait, histoire de ne pas être surpris par un terrien dont les intentions ne se découvriraient pas très louables. Comme ils sont bien loin de leur camp, un natif penserait très vite que personne ne découvrirait jamais le sort qu'il leur réserverait. Mais un second cri vint le rassurer, Un simple oiseau dont le chant répercuté renvoyait un écho presque humain « Mais nous nous trompions, les conditions ... la peur ... Le sort qu'on nous réservait si on ne nous avait pas libérés, pire que la mort ... je pense qu'on serait devenus des jouets dans leurs mains. Je suis tellement content moi aussi d'être revenu  » La première fois qu'il exprime ce fait Tael, et ça le soulage, même si ça peut sembler évident aux autres. Un peu de chaque prisonnier reste coincé dans ces geôles malodorantes, parcourues par la vermine, comme un cauchemar dont ils ne sortiront jamais vraiment.

Finalement la masure de son amie se dresse sous leurs yeux, alors ils ne perdent pas de temps et ramassent des plantes comestibles pour les manger ce soir. Et éviter qu'ils crient à nouveau famine comme l'estomac d'Atlas en ce moment. Tael relève la tête de son ouvrage, repousse quelque boucles humide sous les efforts produits, envoyant un léger sourire à son compagnon « Oui je crois qu'il sera temps pour toi !  » Les bras chargés tous les deux vous vous trouvez un petit coin pour la nuit. Mais à l'évocation du feu, le géant réagit plutôt étrangement. Le cuisinier écarquille les yeux surpris, est-ce une simple crainte ou une véritable phobie ? « Il y a des carottes à coté de toi si tu veux, tu peux le manger crues, mais tu n'as pas peur d'avoir froid ? Comment fais-tu d'habitude ?  » Le Bouclé hésite à s'aventurer davantage sur ce terrain qui semble brûlant, et dans sa petite caboche il cherche des solutions qu'il pourra proposer à Atlas. Et qui pour ce dernier paraîtront acceptables. Manger de la viande crue si tant est que leur piège leur procure de la nourriture, ne l'enchante guère. Et surtout les nuits continuent à rester fraîches malgré la venue du beau temps. « Je crois que je pourrais faire un feu en extérieur pour qu'il se trouve loin de toi, y faire chauffer des grosses pierres que tu pourrais mettre prêt de toi comme un petit radiateur qu'en dis-tu ? » Après s'il le cartographe refuse catégoriquement, Tael ne le forcera pas non plus. Il s'acclimatera.

Mais avant de mettre sa proposition en place le bouclé suit le géant dans la cabane, il attrape un ou deux carottes qu'il se met à grignoter en l'observant, au cas où il souhaiterait parler. Mais visiblement Atlas puise sa tranquillité dans le pourquoi il a accepté de le suivre. Atlas, son matériel, penché sur la carte, un silence doux qui règne, simplement bercé par les traces que le cartographe dessine sur le sol terreux. Assis par terre le grand semble songeur et Tael ne l’interrompt pas. Pour lui nul besoin de toujours parler pour meubler les instants ou chacun se tait. Il apprécie de partager des petits moments tranquilles avec son compagnon. L'apaisement prend le temps de se pencher sur leurs épaules, de leur tendre des rêves, des espoirs, un repos bien mérité pour ses efforts et situations peu habituels pour eux. En attendant Tael détaille l'habitation cherchant un signe de vie récent qui lui indiquerait qu’une perspective de la revoir demeure. Quand la voix grave d'Atlas s'élève, rejoignant les propres interrogations de Tael. « Un jour je voulais partir à la recherche de plantes pour éviter l'entrainement et je me suis enfoncé un peu trop loin. J'ai entendu une course derrière moi, un animal je pense.. Un gros alors j'ai couru droit devant, longtemps comme un fou et je me suis perdu. Finalement j'ai trébuché complètement effrayé. Et elle à surgit de derrière un rocher pour me venir en aide.   »

Ça sonne comme une conte trop gentillet, pourtant Tael ne peut, veut pas le modifier parce que ce dernier traduit un moment crucial de son histoire  « Elle parlait parfaitement notre langue, la première, avant il y avait Sofia qui m'a montré les plantes, on baragouinait. Mais avec Thiziri on se voyait capable de faire une vraie conversation. Elle a proposé de me reconduire au village puisque je m'étais perdu, et sur le retour on a philosophé de la guerre, de la paix de tas de choses  » Le cartographe peut l'accuser de broder, de résumer une bête rencontre en un genre de mythe improbable.Pourtant non, il élague même grandement pour ne pas s'attarder sur trop de détails. Mais la nuit complice l'aide à ouvrir son cœur plus que de raison. « Je pense que cette rencontre a été un tournant ici, elle m'a ouvert les yeux, alors j'ai pensé me rapprocher des autres, mais on m'a enlevé ensuite, c'est bête ... Elle avait appris une chanson à ses geais. Je sais plus en fait le nom de ces oiseau mais il me suffisait de la chanter pour qu'ils se la transmettent alors elle venait à ma rencontre  » En terminant cette plutôt longue explication venant du Bouclé, le voilà qui se met à chantonner ce fameux refrain *Qu'est-ce qui passe ici si tard compagnon de la Marjolaine ?* pour finir par tendre l'oreille dans le cas où un miracle se produirait, mais on dirait que les volatiles musiciens se sont éclipsés au même titre que la sorcière blonde.

Enfin Tael se met en mouvement en terminant son légume croquant et orange. Le crépuscule va se joindre à eux et le bouclé n'ayant pas une vision nocturne il sera trop tard pour trouver les branches adéquate. Quoi qu'en regardant bien, l'enfant des étoiles dégote une petite réserve intérieure. Oui elle a vraiment du partir en catastrophe l'ancienne habitante. « Allé je vais faire ce feu et je prendrais le premier quart  » Annonce Le bouclé sur le ton de la plaisanterie, tout en prenant une cargaison de bûches avant de passer le seuil de la porte. Non pas qu'il fut un spécialiste des feux de bois mais en tant que Cuisinier, il du bien apprendre la débrouille de ce côté-là. Tout d'abord il chercha un coin pas trop éloigné, mais assez distant pour que ça ne gêne pas Atlas. Puis il entreprit de lui donner naissance. Il n'oublia pas de déposer quelques pierres, afin de leur donner une bonne chaleur qui réconforterait son camarade Cartographe. Tael s'y reprit à plusieurs avant de le voir démarrer, il resta à côté pour l'alimenter assez avec l'espoir qu'il traverse la nuit si jamais il venait à s'endormir par inadvertance. Mais quand il voulut retirer la grosse roche, il dut la faire rouler avec son pied pour ne pas se brûler la paume des mains. Oui c'était joli les idées mais parfois on en oubliait l'essentiel. Ainsi en jouant à l'équilibriste il amena la "bouillote" au Cartographe en la poussant devant lui. « Oui c'est un peu trop chaud pour moi, fais gaffe à toi mais je pense que tu pourras bien dormir et demain matin on n'ira aux nouvelles du piège !  »
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Our little Adventure

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