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˜˜˜˜˜˜Pourtant, que la montagne est belle [Elouan]
maybe life should be about more than just surviving


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12/10/2014 Brimbelle 46468 Jessica Chastain Lux Aeterna Médecin / Herboriste 481
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Sujet: Pourtant, que la montagne est belle [Elouan]
Mer 20 Avr - 0:22

Des souvenirs morcelés me reviennent en mémoire, depuis que j’ai ouvert cette boîte que je pensais destinée à mon encontre. Déposée sur le perron de ma porte, son contenu recelait un carnet dont je détachais les lanières pour y découvrir son contenu. A travers les lignes, l’évidence se raccrocha comme lorsqu’un message se lit qui ne vous est pas personnellement destiné. On se sent spectateur, non pas acteur de ce qui ne nous regarde pas ; les pages se suivent rapidement avant d’être refermée pour son destinataire, absent ces derniers temps de la maison car rentré parmi les siens. Rien ne presse, et pourtant une pluie de souvenirs s’ajoute à cette découverte inattendue : quelques bribes de mémoire font ressortir quelques scènes d’un passé fort lointain depuis la perte de celle dont l’unique regret aura été de ne pas l’avoir connue suffisamment. Il me semble que la pluie tombait ce jour, j’ai le souvenir de ces gouttes persistantes qui ne parvenaient pas à s’arrêter. Ma cousine était venue me rendre visite à l’improviste tandis que nous profitions de nous revoir pour profiter un peu de raconter nos vies respectives, partager un peu ce que chacune devenait de son côté. Et puis j’ai oublié ces quelques détails prononcés au gré de la conversation, par quelques indices parsemés de sa part, marquant une gêne, un sentiment d’insécurité que je ne m’expliquais pas. En y repensant, malgré sa disparition subite, les pièces du puzzle ne se rejoignaient pas. Il en manquait pour assembler le tout, pour marquer cette vérité autrement que par des hypothèses et des non-dits. S’il n’y avait pas eu ces conversations étranges, ces sous-entendus, les soupçons ne se seraient jamais immiscés dans ma tête. Fermement ancrés, ils avaient la vie dure, bien trop vissés dans les mentalités pour simplement exister.

Il se passe des choses étranges. Je le sais. Je le sens. Cela ne s’explique que par un instinct qui déjà doute que la situation n’est pas comme d’habitude. Sa mort inexpliquée me tourmente. Nous n’étions pas aussi proches que nous aurions dû l’être et pourtant, il y a comme un goût d’inachevé, d’étrange dans les évènements précédant sa disparition inattendue. En excellente santé, bien portante, l’accident ne passa pas inaperçu. Et la tristesse, le deuil d’Elouan se remarqua dans ces yeux quelque peu perdu. L’omniscient personnage de la mascarade se doutait de quelque chose, savait. Quoi ? Son front ne permettait de le deviner, mais dans son comportement, sa manière de procéder aux funérailles régnait un je ne sais quoi troublant. Une intuition qui perdurait, sans jamais réellement s’évaporer. Elle persistait dans mes pensées à chaque fois que le souvenir de sa femme revenait en ma mémoire. Allons donc comment avait-elle pu disparaitre aussi rapidement après ses doutes concernant son mari ? Je ne le croyais pas, ça ne pouvait être le fruit du hasard. La malchance ne frappe pas en plein visage sans prévenir, pas comme ça, pas ainsi.
Et puis j’ai oublié, jusqu’à me retrouver foudroyée par le souvenir. Il fallait que je sache, que je comprenne. Que je retire cette idée de la tête, ou que je la confirme. Mais que les hypothèses s’envolent au risque d’en devenir folle. Laissant Daario au soin des filles de Chavo pour l’après-midi je m’aventurai en direction de sa maison pour aller à sa rencontre. Nous nous connaissions pour nous être quelques fois entraidés, comme avec beaucoup de personnes dans le village. Dans le fond, je ne le connaissais pas tellement, en avait plutôt l’image d’un homme assez secret. Pas d’aprioris, rien à son propos, jusqu’à ce que les soupçons s’insinuent dans ma tête comme des nœuds dans des fils de coton. Je préférais néanmoins m’assurer qu’il ne représentait guère une menace pour la tribu, ou pour mes proches. On n’était jamais trop prudent. Quant à ma propre sécurité, allons : vous pensez vraiment que je vais traverser pire que les trois mois d’enfer dans la cité Rahjak ? Je n’y vais pas sans être armée, en toute discrétion, sous les pans des vêtements mais un soigneur se doit d’avoir un couteau aiguisé avec lui, au moins en cas de nécessité de soigner. Au loin je l’aperçois et le rejoins, le hélant d’une main pour lui faire signe de ma présence.

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Sujet: Re: Pourtant, que la montagne est belle [Elouan]
Dim 24 Avr - 23:57

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Grâce & Elouan


Les rires, les voix tonitruantes, la musique des festivités arrivaient jusqu'aux oreilles d'Elouan, perché dans son arbre dissimulé sous le vert trop éclatant des nouvelles feuilles friandes du soleil encore haut dans le ciel. L'homme ne s'y rendrait pas, il portait encore le deuil de sa femme, il préférait se retirer dans la nature, songer à sa prochaine transhumance qui débuterait dans quelques jours. La perspective de revoir sa fille restait son but essentiel. Avorter dans l’œuf une curiosité trop éveillé sur la mort de sa femme le second. Il restait préférable d'éviter le rassemblement, de laisser le temps filer, la vie reprendre au village, à son retour au cours de l'automne, d'autres événements auraient prit le pas sur son drame personnel. Mais s'il se trouvait haut perché, c'était par plaisir de tout observer. La moindre souris tentant d'échapper au renard, le chien d'une voisine aboyant à certaines heures, Celui-ci qui piquait du bois pour éviter de faire ses corvées. Tout, il devait tout voir, savoir, comprendre, rien ne devait le surprendre. Jamais. Ou le moins possible. Peu connaissait cette habitude, pour ainsi dire personne. Son absence s'expliquait toujours par quelques travaux que le Pikuni devait accomplir.

Le quarantenaire se laissa glisser contre le tronc, fort agile pour son âge selon certains, il récupéra sa houlette dissimulée dans un buisson. Cette dernière bien taillée sur le pied pouvait facilement servir d'arme de défense. Le Berger ne partait jamais sans elle à travers les champs ou travailler. Il siffla deux ou trois et un grand chien blanc se montre peu après. Avoine, celui qu'il trainait toujours avec lui, sa fierté, son meilleur atout pour récupérer les brebis récalcitrantes. Les autres restaient, soit prêt de la grange, ou dans la cour de sa maison pour établir une surveillance. D'un certaine façon on pouvait dire qu'il appréciait avoir un certain pouvoir, ou le retirer à ceux qui s'aventuraient chez lui. Elouan retournait tranquillement chez lui, chantonnant doucement les yeux fixés au devant de lui. Il s'arrêta prêt de sa grange pour examiner son chariot pour la centième fois, s'assurant que tout fonctionnait bien et qu'aucune pièce accusatrice ne trainait dans le bardât qui s'y entassait. L'âne broutait pas loin, libre dans un petit enclot, il devrait le prendre cette fois-ci, sinon personne ne s'en occuperait. A moins de demander au voisin qui venait d’aménager, il s'y rendrait certainement demain.

S'approchant de sa maison, Elouan aperçut une silhouette qu'il ne reconnu pas tout d'abord, car il ne la fréquentait que peu : Grâce. Une cousine de sa femme. Il savait qu'elle venait de traverser une bien grande épreuve, les rumeurs et les ragots circulaient vite. Cependant il ne s'était pas rendu chez elle pour prendre des nouvelles. Concrètement il s'isolait dans sa vie de veuf pour amollir un peu les méchantes langues qui imaginaient toujours les inventions les plus tordues. Du moins si on lui avait demandé, c'eut été l'explication qu'il aurait avancée. Pour l'instant il ne savait pas encore s'il se ravissait ou non de sa visite. Elle lui faisait signe, il lui répondit de la tête, alors qu'Avoine allait la renifler pour s'assurer qu'il ne s'agissait pas d'une ennemie. « Bonjour Grâce » Se contenta t-il de lui dire. Non, il ne lui serra pas la main, pas d'accolade, pas d'embrassade, rien de tout ça. Pourquoi changer son attitude ? S'il se montrait trop affable, elle trouverait ça louche. Entre-eux on pouvait appeler ça "la neutralité". Dès le départ il comprit que s'adapter à elle ne serait pas possible, une personne trop finaude pour se laisser tromper. Du moins trop longtemps. Alors la solution la plus ingénieuse restait de coller à lui-même aussi prêt qu'il serait possible tant que ça n'éveillait aucun soupçon. « Je peux faire quelque chose pour toi ? » Si elle désirait plus il la ferait pénétrer à l'intérieur. Aussi bien elle ne se trouvait là que pour quelques renseignements ou un service quelconque.
Spoiler:
 


Dernière édition par Elouan Poe le Dim 9 Avr - 22:57, édité 4 fois

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Sujet: Re: Pourtant, que la montagne est belle [Elouan]
Dim 8 Mai - 21:22

Il y avait face à cet homme comme un malaise palpable, signe avant-coureur que quelque chose clochait. Le jeu pouvait se faire dans tous les sens, créer des morceaux de ficelle et des bouts de laine, rien ne permettait de recoller les morceaux avec certitude pour savoir si tout irait pour le mieux. Trop d’indices se parsemaient autour de lui sans savoir comment les lier, comment les mettre ensemble. Je ne savais pas sur quel pied danser avec lui, comme une impression nerveuse de ne pas être à ma place, d’être une intruse dont la présence n’était pas bienvenue. Pourtant, j’avais pris mon courage à deux mains pour aller mettre les pieds dans le plat, et taper là où les soupçons s’agrandissaient considérablement. Nulle conclusion hâtive, puisque rien de concret ne le dirigeait au rang des coupables, cependant l’ombre d’un doute gangréné par des mots prononcés à voix basse et pointant le doigt vers ce qui faisait le plus de mal. Je ne le voulais pas l’accuser, quand bien même tout semblait se pointer dans sa direction mais sous quels faits pouvais-je me permettre de le faire ? Par un sentiment étrange, par des mots prononcés ? Cela n’avait ni plus ni moins aucun sens, aucune logique. Que je demeure avec mes préjugés jusqu’à mettre la main sur une preuve concrète de ce que j’avançais au lieu ou au contraire mettre fin à ce flou artistique d’idées auxquelles je ne savais que dire, que faire.

L’apercevant au loin, ma poitrine se souleva quelque peu par une certaine angoisse à l’idée d’aller à sa rencontre. C’était fait, plus de retour en arrière possible ; il ne semblait en apparence pas dangereux, mais il y avait pourtant cette angoisse présente pour me persuader du contraire, comme s’il allait me faire du mal. Finalement, avait-il oui ou non causé du tort à ma cousine ? Tant qu’il n’y aurait pas de réponse, il y aurait toujours ce doute pour fissurer, ébranler ce qui ne devait pas l’être. Je ne devrais pas être aussi suspicieuse envers lui, ma cousine l’avait choisi. Le rejeter revenait à ne pas accepter son choix de vie, alors que je la savais suffisamment intelligente pour ne pas décider sous un coup de tête. Elle savait ce qu’elle faisait en s’engageant avec lui et le temps lui avait fait entrevoir quelqu’un d’autre peut-être. Au fond, je n’avais jamais vraiment su quand elle m’en avait parlé, nous n’étions pas si proches que nous aurions pu prétendre l’être. La famille ne se choisit pas, notre lien se fondant uniquement sur le sang bien éloigné. Il ne restait plus beaucoup de branches dans ma famille, s’éteignant doucement comme une bougie arrivée à la fin de sa vie. Sa perte s’ajoutait également à un vide indescriptible. Je n’avais pas pleuré, du moins pas encore, cela finirait certainement par arriver, avec le temps. A un moment ou un autre le deuil finissait toujours par se présenter à notre porte, dans ces moments inattendus, imprévisibles auquel il était difficile d’échapper. Et il n’avait pas été fait, puisque les choses demeuraient en suspension dans ma tête, ces choses auxquelles je n’avais pas les mots pour décrire le ressenti dans ma tête.

« Bonjour Elouan. »

Hochant la tête en signe de salutation, je me plaçais face à lui d’un regard neutre, me laissant quelque peu bercée par le paysage en cherchant comment ordonner les mots, les pensées, pour en faire des phrases cohérentes, qui ne le braquerait pas ou ne créerait de confusion encore plus effroyable que ce que nous avions déjà. Il y avait comme une gêne de ma part envers lui, que je ne savais véritablement expliquer ou nommer finalement. Comme si nous n’étions pas fait pour nous entendre ou nous apprécier pour avoir des façons de concevoir les faits de manière bien trop opposées pour savoir trouver un terrain d’entente mutuelle. Pourtant, je n’avais pas l’intention de reculer ou fuir la situation que je provoquais ouvertement. Une inspiration me permit d’enclencher les hostilités, cette conversation aux élans un peu maladroits qui pourtant me serait bénéfique pour en savoir davantage et avancer.

« Je voulais te parler de ta femme. Parce qu’elle m’a affirmé quelques temps avant sa mort qu’elle se méfiait de toi… si bien que j’aimerais vraiment croire que ce qui lui est arrivé n’était qu’un accident, non pas… autre chose. »

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Sujet: Re: Pourtant, que la montagne est belle [Elouan]
Sam 21 Mai - 18:05

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Grâce & Elouan


La conversation semblait suspendue à un fil. Oui parce qu'après le bonjour, le silence s'invita comme troisième convive à la table des retrouvailles. Rien ne pressait particulièrement le Berger. Bien sur il devait rendre visite à son nouveau voisin pour lui demander un service tout en lui en offrant un. Mais il pouvait très bien préparer un thé ou un café à la maman d'Amaryllis. Le temps qu'elle retrouve sa langue. En vérité il la connaissait bien moins que sa fille qui passait depuis toujours beaucoup de temps dans leur maison. Amie proche de sa propre enfant partie en claquant la porte. D'ailleurs tout le temps de l'absence de la rousse - il n'en connaissait que de vagues rumeurs - il prit soin de cette dernière, soignant avec grand soin les coupures pour qu'elles cicatrisa au plus vite. Mais il ne comptait pas l'évoquer ni même demander des nouvelles, car il savait que la blonde préférait rester discrète à ce sujet. S'appuyant sur sa houlette, il ne bougeait pas, attendant que Grâce se décida à s’exprimer, ne voulant pas rompre volontairement cette étrange atmosphère qui soudainement les entourait, en passant le message qu'il put se sentir mal à l'aise

Comprendre, percer à jour Elouan restait du domaine de l'illusoire car à travers les années il s'était établi une certaine réputation. On l'appréciait, il se montrait avenant, souvent protecteur, amuseur parfois et personne ne pouvait véritablement lui reprocher une action en particulier. A part qu'il fut très mauvais perdant aux jeux pratiqués par la tribu. Quelques uns pourtant pouvaient éprouver une sensation de malaise à se côtés sans vraiment savoir la décrire. Car Elouan se dissimulait avec art, du moins les parties de lui qui pourraient être décriées, et les plus perspicaces  décelaient une drôle de sensation inexplicable. Un peu comme la cousine de sa femme présentement. Mais malgré qu'il se crut paré contre beaucoup de retours de bâtons, le brun ne s'attendait pas du tout à ce qui sorti des lèvres de la jeune femme. Intérieurement on peut s'imaginer qu'il fut frappé par un marteau de cent tonnes ébranlant ses fondations. Le Tisserand recula d'ailleurs d'un pas, les prunelles de son regard exprimant une surprise non feinte. Car s'il se préparait à une éventuelle dénonciation il songeait à sa fille, mais au grand jamais à sa défunte femme.

S'écrier au scandale aurait parût suspect et surtout ne lui ressemblait pas. Au lieu de ça il lui sembla devoir rectifier la demande exacte de la rousse encore plus direct qu'elle

« En gros tu voudrais surtout parler de moi ?  »

Le quarantenaire haussa les épaules puis se dirigea vers la porte ne donnant nullement congé à la jeune femme, il se contenta de pousser la porte de sa demeure puis de se tourner vers elle

« Des doutes sur moi Grâce et lesquels? A t-elle été plus spécifique car oui nous nous étions disputés quelquefois ces derniers temps, ne voulait-elle pas dire des doutes sur notre couple ?  »

Disant cela il ne s'exprimait évidement pas dans le vide puisque ce sujet fut en effet évoqué avant qu'elle ne le surprenne dans la grange à se débarrasser d'un cadavre. Certainement moins prudent avec elle, il avait du se montrer négligent, et elle le soupçonnait de la tromper. Elle aurait très bien pu en discuter avec sa cousine. Elouan lui indiqua l'intérieur de la maison

« Et qu'est-ce que çà pourrait avoir avec sa mort ? Car non je  ne voyais personne d'autre si c'est bien de ça qu'il s'agit, mais peut-être veux-tu en discuter autour d'un café car j'ai fait une longue marche, j'ai très soif et si j'aimerais assez me désaltérer si nous devons avoir une longue conversation »

Il pourrait tout aussi bien la renvoyer d’où elle venait après tout, rien ne l'obligeait à lui rendre des compte. Mais l'homme ne détestait pas cette femme, d'autant qu'il savait pour son enlèvement, qu'elle faisait parti de sa tribu qu'il défendait par tous les moyens. Il l''admirait de revenir de si loin, qui plus est avec un esprit aussi combattif. Le berger préférerait qu'elle trouva pourtant d'autres sources d'intérêt, mais il lui accorderait pour une fois cette enquête en forme de visite

« Sache que je n'ai pas très envie d'évoquer ces durs moments, mais vous étiez famille et que tu te trouvais absente en dehors de ta volonté quand ... elle est morte. Je répondrais à toutes tes questions »


Dernière édition par Elouan Poe le Dim 9 Avr - 22:59, édité 3 fois

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Sujet: Re: Pourtant, que la montagne est belle [Elouan]
Dim 31 Juil - 19:09

Etonnamment coopératif. Ce fut ma première impression lorsque j’obtins quelques éléments de réponse. Il semblait sérieux et prêt à se plier à la ma propre volonté avec une certaine facilité ; ce n’était nullement le moment de se laisser aussi aisément berner par celui qui tentait de se montrer quelque peu coopératif. J’avais écouté certaines choses, j’avais entendu des propos équivoques et faisant sens à la situation actuelle : il y avait dans ces mots comme une méfiance non dissimulée que nous gardions chacun de notre côté et nous permettre de tirer nos épingles du jeu au moment le plus opportun. Des cartes dans notre manche, nous en avions quelques-unes que nous ne montrerions pas aussi facilement. Des mensonges se tapissaient au-dessus de nos têtes sans que nous ne soyons capables de relier tous les morceaux ensemble : la conversation fonctionnait sous deux apparats différents, entre celui à l’air insignifiant et l’autre avec une importance non dissimulée. Laquelle entrainerait notre chute ? Apparemment l’un de nous n’en ressortirait pas indemne.

Etonnamment calme. Il ne me semblait pas le craindre ou engranger une quelconque peur dans ma posture, mon regard ou tout ce qui serait susceptible de me porter préjudice. La situation semblait sous un léger contrôle, en tout cas elle ne dégénérait pas vers des sentiers trop dangereux bien que la balance ne tarderait pas à tanguer une fois ces faux-semblants soulevés. Jusqu’à quel point ? A partir de quel instant le voile se briserait-il pour montrer chacun sous son véritable jour ? La question, sans réponse pour l’instant ne tarderait pas à se manifester en prenant les avants. Avec minutie, il recadrait les propos pour en percevoir le sens le plus juste : les hésitations ou les « à peu près » seraient ma perte, je le savais bien. Autant se montrer franc depuis le départ et carré pour rendre le discours d’autant plus perspicace. Il ne se laisserait certainement pas prendre au jeu, ce qui tombait plutôt bien : moi non plus.

Sans un mot je répondais suite à sa proposition et me laissait entrainer à l’intérieur de la maisonnée sans une hésitation face à ce que j’étais en train de faire : m’enfermer dans la demeure d’un supposé assassin dont je n’avais aucune assurance de l’ampleur des moyens qu’il serait prêt à employer … quand bien même on savait où j’étais, cela ne changerait en rien le fait que je laisserais deux enfants dont un nourrisson orphelin de leur mère… le suivant, j’entrais chez lui non sans observer la sortie pour mieux anticiper l’ouverture vers l’extérieur, vous savez, au cas où …
Des questions, il y avait quelques-unes, une seule assurait l’écho de mon esprit et n’aurait cesse tant qu’une réponse n’aurait été apportée. Cela tombait presque bien qu’il me fasse cette proposition puisque c’est ce que j’attendais : des réponses. De chemins plus aisés, il n’y en aurait aucunement car il n’apprécierait pas la tournure de la conversation. Dans les chemins sinueux, je me lançais tout de même dans cette direction, de sorte que tout éclate, bien que porteuse d’aucune preuve tangible pour faire vaciller la donne.

« D’après nos derniers échanges, tout porte à croire que tu … avais un passé tourmenté, que tu agissais de manière violente. Elle s’inquiétait pour toi et le fait qu’elle disparaisse subitement après notre discussion … je me demande si tu ne l’aurais pas … tuée »

Le mot se lâchait comme un murmure, suffisamment audible pour celui qui était visé par leur portée. Ma présence à proximité de la porte d’entrée m’offrait la possibilité de la fuite pour le cas où les affaires se corseraient. Mon cœur battant la chamade, je n’avais aucune idée de la tournure des évènements, et il ne fallait pas en perdre la moindre miette de contrôle si je souhaitais en sortir indemne.

« Ce que je voudrais savoir, c’est si vraiment ce qui est arrivé. Ou si la version que tout le monde connait qui est la vérité. Elle m’apparait pourtant très… étrange. Prouve-moi que tu n’as rien à voir là-dedans. »

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Sujet: Re: Pourtant, que la montagne est belle [Elouan]
Ven 5 Aoû - 14:49

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Grâce & Elouan

Voilà une fâcheuse mésaventure pour le berger qui s'apprêtait à rejoindre ses montagnes, revenant chez lui le cœur prêt à déposer les armes pour les quelques mois qui allaient suivre. En réalité il ne pourrait pas véritablement se prétendre aussi serein tant qu'il n'obtiendrait pas des nouvelles de sa fille. Mais quitter ces lieux, qu'il aimait - ou avait aimé ? - par dessus tout devenait une vraie nécessité. Regarder sans cesse derrière son épaule devenait épuisant.  Malgré tout il aurait pu soulever beaucoup plus de suspicion si la guerre ne l'eut aidé à occuper les esprits chagrins dévorés par leurs disparus. Mais non, il fallait qu'une parente de sa femme l'attende pour retarder ce départ, intérieurement il grimaça, mais comme il s’agissait de la mère d'Amaryllis, il préférait se montrer affable. Mais point de civilité, voila qu'elle lançait des hostilités tel un drapeau blanc dès la conversation lancée. Elouan bien que particulièrement malin, habile pour déchiffrer les visage, ainsi que l'âme humaine ne possédait cependant pas la capacité de rentrer dans la tête d'une personne et d''en lire les pensées. Se le pikuni se glissait dans la peau de l'innocent il pouvait soit se montrer coopératif ou tout simplement outré. Elouan opta pour la première solution, quitte à poursuivre avec l'autre si elle le poussait dans ses retranchements.

Le berger savait pourtant une chose, que sa visiteuse ne craignait jamais d'avancer ses opinions, qu'elle pouvait aussi se battre bec et ongles pour imposer sa vision des choses. Non il ne la fréquentait pas, mais ils vivaient dans le même village depuis la naissance de cette dernière, alors oui durant toutes ces années-là il l'observait déjà, alors qu'elle ne prêtait que peu attention à lui. Parce que depuis toujours il récoltait des tas de petits détails sur les habitants. Comme elle le suivait à l'intérieur, il se prépara donc mentalement, déposant sa houlette sur la table, il démarra un petit feu dans la cuisinière qui réchauffait habituellement la pièce, et sur laquelle il posa une casserole d'eau. Tout cela de façon très calme mais avec un visage sévère qui démontrait quand même que le sujet lui était douloureux. Il ne trichait pas, Car Elouan aimait tendrement sa femme, il la pleura réellement, mais la culpabilité ne le rongeait aucunement. Un point pour lui. La nervosité ne gagnait pas ses gestes, aucun tremblement, à part quelque impatience dans ses déplacements. Il lui apporta un récipient tout en ajoutant « Je ne pensais pas recevoir de la visite alors je ne pourrais pas te proposer de lait » Simple politesse car il ne connaissait pas du tout ses préférences.

« Un passé tourmenté ? » S'étonna t-il, reprenant ses mots, tout en découvrant les racontars de sa femme décédée au fur et à mesure que la rousse exprimait ses doutes en face de lui. « Quel passé tourmenté exactement ? T'en a t-elle dit plus ? De ...  » Le berger s'interrompit brusquement alors qu'il enchainait sur les déclarations de Grâce avant qu'elle n'eut complétement finit. Ses dernières mots raisonnèrent comme un coup de lance en plein dans son poitrail. La vérité blessait quand on la prenait en pleine face alors qu'on se lavait les mains de ses propres actions. Le culot de la pikuni réussit à le rendre muet quelques instants. Un, deux, trois, quatre ... minutes. Un ange passa. Ou un diable. Peut-être les deux main dans la main. L'eau bouillait. Il la déposa avec fracas au premier endroit qu'il trouva. « Vraiment Grâce ? » la questionna t-il alors qu'elle continuait visiblement troublée parce ce qu'elle parvenait plus à tout garder pour elle. L'homme saisit une chaise pour s'assoir, il marquait coup. De façon illusoire ou non. « Finalement laissons le café de coté, on ne sait jamais que j'irais y mettre du poison, et tu oses venir seule en imaginant que j'ai pu commettre une telle chose ? » Enchaîna t-il sans répondre à aucune de ses questions, alors que sa main caressait doucement son bâton toujours posé à l'endroit ou le berger l'a déposé en rentrant.

« Dans ma vie il n'y à pas plusieurs versions Grâce, il n'y a même rien qui y ressemble, simplement un décès, une terrible fait que je dois porter chaque jour désormais. Ce que tu voudrais c'est que je te raconte ... cette mort ? Comme je l'ai vécue, chaque événement ? chaque détail ? » [i]Tout en disant ses mots son regard se posa dans les prunelles de sa vis-à-vis sans ciller, sans un seul signe de malaise y surnageant. 00]]« Je peux le faire si tu le désires, parce que et seulement parce que tu étais de sa famille mais après je partirais car pour le preuves ... je pense qu'elles sont plutôt demandées pour démontrer une quelconque culpabilité »


Dernière édition par Elouan Poe le Dim 9 Avr - 23:01, édité 2 fois

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Sujet: Re: Pourtant, que la montagne est belle [Elouan]
Ven 18 Nov - 0:11

Nous sommes liés, lui et moi. Pourtant ne nous connaissons pas vraiment. Très peu en réalité, chacun vaquant à sa vie, sans se soucier de celle de l’autre. A s’échanger des politesses sans jamais chercher à approfondir l’échange. Il n’y avait à chercher plus loin : nous n’avions pas nécessairement l’envie de le faire. Pourquoi forcer les choses dans ce cas ? Autant les laisser filer et poursuivre nos vies dans nos coins comme si tout allait bien. Là encore, les politesses se faisaient presque fausses dans cette pièce où nous n’avions pas forcément envie d’être. Et où pourtant nous laissions

« Le lait n’a pas d’importance. Nous sommes d’une certaine manière de la même famille »

Les nerfs se tendaient. Les nœuds se serraient. En mon for intérieur je voulais croire que c’était lui le responsable, pour enfin comprendre les raisons de la mort mystérieuse de ma cousine. D’un autre côté, pour le connaître depuis si longtemps, je ne voulais pas y croire, parce que cela chamboulerait bien trop de liens. Amaryllis l’appréciait beaucoup et je ne m’imaginais pas expliquer pareille vérité à ma fille… Tout était question de cause et de conséquence, une fois encore. Un seul acte pouvait suffire à renverser une situation, détruire tout ce qui bouge ou pire encore, attiser haine et besoin de vengeance. Ce n’était pas le but principal de ma visite, simplement de comprendre, de pointer du doigt ce qui gênait ou troublait et mettre un terme à ces soupçons n’en finissant pas.

« Quelques petites choses par ci par là. Elle t’excusait toujours, t’aurait pardonné n’importe quoi. Elle t’aimait. »

Et je voulais croire que c’était réciproque, qu’il ne lui aurait jamais nui pour ce mariage qui les liait, les unissait. Que ce n’était qu’un concours de circonstances hasardeux en fin de compte, que rien d’autre n’avait eu lieu.
Les nerfs se tendaient et avec eux, le manque de patience. La crispation de l’homme, son côté quelque peu ennuyé par mes questions, cette instabilité depuis que le sujet se plaçait entre nous… comme s’il y avait des reproches, ou des torts. Comme s’il y avait des reproches à se faire, inconscients, pourtant bien visibles. Il semblait perturbé par quelque chose, ce qui ne semblait pas bien difficile à deviner par l’expression de ses traits. Imperturbable, pour empêcher son visage d’être déchiffré, sondé. Devant ce masque d’indifférence on remarquait pourtant la défense de l’intéressé face aux accusations que je lui portais ; néanmoins je demeurais calme, un peu trop même ce qui laissait à cette tension la possibilité de flotter dans l’air. Comme un jeu d’échecs, les pièces se mouvaient les unes après les autres après un temps de réflexion caractéristique : il n’était pas question que le cavalier se fasse derechef prendre par le fou. Quant à la dame, elle préparait ses défenses pour protéger son roi.

« J’ose venir seule en effet. Toute personne est innocente jusqu’à ce que l’on prouve qu’elle est coupable.»

Même si la personne est haïe ou détestée, ce droit est universel, indéniable. Il ne peut être bafoué ou remis en cause, c’est ainsi, c’est tout. Même si tout porte à croire qu’il dissimule une part de vérité, je me fais force pour passer outre le mauvais sentiment. Chose difficile, ce qui se montre dans ce côté peut-être trop calme pour paraitre sincère. Qui de nous deux le serait réellement ? Nous ne sommes que deux menteurs dans une grande mascarade en attendant que l’un des deux sombre au profit de la victoire de l’autre.

« Je veux savoir si tu en es le responsable. Du reste, je sais que tu as pleuré ta femme. Mais parfois les intérêts passent avant les sentiments… »

Les mouvements se font, et je me rapproche lentement de cette porte d’où j’étais entrée, comme un instinct que je ne sais expliquer. A tenter de m’en faire une raison pour ne croire que les faits, je me rends compte que la recherche d’échappatoire est sans conteste une nécessité face à la tournure des évènements de plus en plus tendue, si ce n’est sur le point d’exploser. Il pourrait laisser courir, après tous les racontars d’une veuve pourrait n’être que des fabulations, après tout, personne ne la croira si elle parle…

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Sujet: Re: Pourtant, que la montagne est belle [Elouan]
Jeu 15 Déc - 17:46

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Grâce & Elouan

Cette phrase tintait de manière bizarre à son ouïe. Sans doute ne tentait-elle - Grâce - que de meubler l’atmosphère un peu glaciale qui les enveloppait tous les deux. La jeune femme souhaitait établir un dialogue espérant échanger entre deux humains décents. Même si les soupçons pointaient de tous les pores de sa douce peau. Des volutes des diverses manières d'affronter cette déclaration de guerre naissaient dans les pensées du berger alors qu'il ne pouvait s'empêcher d'admirer la personne qui se trouvait dans son territoire, telle une intruse. Parfait pas de lait. D'ailleurs il eut risqué de tourner avec les mauvaises ondes galopant entre les deux individus. Mais le Pikuni resterait courtois, personne ne sortait jamais de cette maison en se plaignant d'avoir été mal reçu. Quel que soit le fiel que sa respiration distilla dans les lieux. Et la rousse elle se payait le luxe d'éclairer la trahison dont le berger se découvrait la victime. Les femmes ça parlotaient toujours trop, de tout, de n'importe quoi et surtout de ce qui ne les regardait aucunement. Lui il pliait l'échine à garder hors de danger les limites du village . Et maintenant on viendrait le lui reprocher.

« Quelques petites choses par ci par là  »  Répéta le berger à la suite de la pikuni « Ce n'est pas très précis, ça ne semble pas vraiment grave à moins que tu ne m'en dises plus »

Lui aussi lui pardonnait ce crime de lèse-majesté, ce bavardage intempestif, en contrepartie probablement devrait-il salir la mémoire de sa douce. Puisqu'elle n'avait plus besoin qu'il vienne à sa rescousse, il pouvait désormais noircir son honneur pour préserver le sien. Intuitive sa visiteuse cherchait à la déchiffrer, comprendre ce qui dormait dans son cœur, ses regrets, ses éventuels remords. Et lui la soupçonnait de pouvoir s'en rapprocher de très prêt. Pour le moment il se concentrait sur sa respiration pour qu'elle ne s'accélère pas, mais si il perdait un peu de maîtrise, Elouan l'expliquerait par ce trop plein d'émotions que provoquait cette évocation de ces blessures. Après tout il ne prétendait pas avoir finit son deuil, ses yeux ne se perdaient pas sur le corps sensuel d'une autre alors que le printemps, l'été appelait à se rouler dans l'herbe en duo. On ne pouvait pas venir l'accuser de vouloir remplacer la défunte. Mais le raisonnement de Grâce visiblement se détachait de cette éventualité pour explorer de plus terribles. Sans doute eut-il du se montrer outré, mais trop tard, son calme trahissait ses calculs, et prétendre autrement risquait d'enfoncer le clou plus profondément encore. Elle se reculait, il lui tendit une tasse ... Histoire de la retenir afin qu'elle remarqua que finalement il ne la chassait pas telle une vulgaire poussière qui salissait son plan.

« Je l'aimais aussi ... »

Encore, toujours, autant qu'une personne eut su éveillé ce sentiment en lui. Jusqu'à présent. Et il y avait sa fille, mais à tout prix il devait la tenir hors de la conversation. Non pas seulement pour la protéger, mais pour éviter de la cuisiner, elle son principale témoin, détentrice de la vérité.

« Oui C'est ce qu'on prétend mais à partir du moment ou on soupçonne quelqu'un forcément on le voit comme un coupable plus comme un innocent »

Discours convenu qu'on érigeait comme une pancarte pour éviter de se découvrir trop vite. Autant s'en défaire le plus vite possible. Il se mentiraient en déclarant le contraire. Elle pour mieux le piéger dans la trappe qu'elle lui réservait, lui pour pour déjouer tous les trompe-l’œil qu'elle lui lancerait. Macabre se dandine son âme à travers les filets sombre de Grâce. Et s'il transformait les rôles, s'il devenait le chasseur, elle la proie ? Ne serait-ce pas beaucoup plus amusant ?

« Apaise tes inquiétudes Grâce, bois cette tasse pleine de bon Thé - bonté - .Grâce, je ne suis pas responsable de ce drame, Je ne peux pas t'expliquer ce que ma Belle à pu te dire mais il se peut très bien qu'elle se soit sentie seule et ait souhaité attirer un peu la sympathie sur elle .. Après tout je la l'abandonnais une partie de l'année pour nos belles montagnes  »


Dernière édition par Elouan Poe le Dim 9 Avr - 23:03, édité 1 fois

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Sujet: Re: Pourtant, que la montagne est belle [Elouan]
Dim 12 Fév - 19:27

Je le sentais, c’est tout. Il n’y avait pas de fait, pas de preuves pour avancer mes accusations. Simplement des observations et une perception face à ce qu’il se tramait devant moi. Je n’avais pas besoin de davantage pour savoir l’homme coupable. Pour le convaincre de l’inverse, encore eut-il fallu que le comportement suive. Il se défendait mal, ou plutôt même ne cherchait absolument pas à se défaire des accusations portées. Pour être vraies, son mutisme les affirmait haut et fort : aucune raison de s’en vouloir puisque selon ses critères il n’était coupable en rien. Comme par hasard.
Il n’avait pas mal agi, bien au contraire, il pleurait de larmes arides et sèches cette tendre aimée perdue. Une femme qu’il avait aimé au point de ne même pas la pleurer une fois disparue… c’était on ne peut plus grotesque. Il frôlait le ridicule à la jouer bon manipulateur en retournant la situation à son avantage mais cela ne prendrait jamais avec moi. Il pourrait même raconter ce que bon lui semble. Il ne le faisait pourtant pas. Tant mieux, cela éviterait une conversation de plus qui serait inutile.

On cesse de jouer. De retourner la balle dans l’autre camp en attendant que celui-ci s’effrite de lui-même comme il pourrait le prévoir. Ce n’est pas ainsi que l’histoire se définit. Si le présumé coupable ne cherche pas à se dédouaner ou avouer, c’est que son arrogance est si bien élevée qu’il pourrait mentir sans que personne ne le remarque. Pour celui suffisamment naïf pour boire la moindre de ses paroles, il n’y aurait aucun problème. Pour celui qui sait lire entre les lignes, aucun stratagème ne sera suffisant pour fonctionner.

« Cesse donc de creuser. Par tes questions, tu t’attends certainement à ce que je m’embrouille dans mes propres explications, puisque tu sais exactement ce qu’il s’est passé. Une preuve de plus que ton comportement n’a rien d’un innocent tentant de convaincre son interlocuteur du contraire. »

Les petits plats se plaçaient dans les grands, les morceaux s’assemblaient les uns avec les autres pour finalement ne laisser aucune incohérence dans le scénario pré-établi. Malin, et pourtant dévoilé au grand jour avec une singularité à s’y méprendre. Il essaie de tromper, de retourner le tout à son avantage mais cela ne le fera pas sortir d’affaire. Trop tard désormais pour celui qui se prenait pour la victime d’une horrible disparition.

« Tu n’as en plus de ça rien d’un homme dévasté, et ne me sors pas l’excuse de ces sentiments si enfouis qu’ils n’en sont pas visibles. Tout n’a l’air que de t’indifférer, puisque ta conscience est tranquille. Dis-moi, combien de fois as-tu rejoué cette scène dans ton esprit, minuté le moment de son agonie ? Combien de temps jusqu’à ce que le remords s’en aille et que ton acte soit aussi simple qu’égorger un mouton ? »

Il l’avait préparé, c’était certain. Il savait comment s’y prendre, comment assurer ses arrières et faire en sorte que personne ne puisse un jour l’accuser. Il n’avait pas pensé que sa femme parlerait de ses soupçons, de ce mari qui semblait lui chercher des ennuis. Il n’avait pas pensé à ce facteur dans les paramètres de son équation qui s’avérait au final fausse. Cela finirait par se savoir, comme pour tout.

« Mes quiétudes sont fondées. Je n’ai aucune confiance en toi, sache-le. Même si tu n’as pas avoué, je sais que c’est toi, tu t’es trahi tout seul face à moi. Je n’ai pas nul besoin d’en savoir davantage. »

Il n’y avait plus rien à dire, hormis filer de ce lieu qui finirait par devenir ma prison si je portais les accusations au plus loin. Bien évidemment que sa fille serait mise au courant au plus vite, davantage par nécessité de la protéger et de l’avertir que pour lui faire du mal en lui avouant que son père était en réalité un assassin. Puisqu’au fond, rien ne semblait le toucher ou l’accaparer d’une manière ou d’une autre, il ne verrait certainement aucun inconvénient à ce que cette vérité éclate au grand jour.

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Sujet: Re: Pourtant, que la montagne est belle [Elouan]
Dim 19 Mar - 22:45

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Grâce & Elouan

La dernière parole de la Pikuni se répercute dans la pièce comme un écho invitant le silence à la suivre loin de ces lieux. Elle à parlé la rousse, il à écouté le berger. Ses prunelles aiguisées la traversent pour s'ancrer sur un point lointain du paysage. Un Grand chien blanc vaillant gardien de sa demeure. Si maintenant il se trouvait par miracle à ses pieds il lui suffirait d'un mot pour qu'il sauta à la gorge de Grâce. Jusqu'à ce qu'elle expire, il lui ordonnerait de serrer sa gorge sans se salir les mains, il accuserait alors Avoine, le sacrifierait pour sa liberté. Rien, ni personne ne possédait de véritable valeur dans l'âme profonde du Pikuni. Malheureusement la situation ne se prête pas à cette manipulation avec son canidé au dehors. Il suffirait d'un être caché, dissimulé pour percevoir l’ordre d'Elouan, et le meurtre parfait s'effondrerait comme un château de cartes. A l'instant précis il se contentera de l'image divine qui naissait dans son cerveau. Un coup bien tranchant dans la jugulaire, elle se disloquerait comme une poupée. Parfait. Son regard revient sur le visage de la femme dont les accusations la mèneraient à sa perte. Il termina doucement sa tasse avant que de la reposer sur sa table. Bien elle refusa de boire, elle ne voulait pas jouer à la dînette avec lui préférant tirer à boulets rouges dans tous les sens.

« C'est toi est arrivé ici avec des tas de questions Grace, et comme je n'y réponds pas selon tes voeux te voila bien marri. Alors tu fais la boudeuse en me disant que moi je ne possède pas le droit de demander quoi que ce soit. C'est un peu facile, mais soit ...  » Le pikuni pourrait resservir le sujet sur la présomption d'innocence, mais certainement elle les balayera d'un bras qui se prétendra la justice. L'homme détestait perdre, que la raison fut derrière lui ou non. Mauvais joueur, rusé, tricheur, gardant des atouts dans sa manche. Voilà l'instant précis ou il se devait d'utiliser ses avantages si faibles fussent-ils face à la détermination de cette prétendue cousine par alliance. Tranquillement il se leva pour ranger ce qui trainait sur la table, oui sa femme le traitait toujours de maniaque, un léger sourire effleura son regard à cette évocation. Alors il récupéra un poire puis se saisit de sa lame tranchante pour l'éplucher afin de la manger tranquillement alors qu'il s'appuyait sur une chaise face à Grace. « Tu ne me connais pas assez pour dire si je suis effondré ou non, il se peut oui que je ma poitrine contienne un cœur de pierre, ou plus froid que la plupart des gens que tu fréquentes. Mais peut-être font ils semblant aussi eux de se montrer plus émotifs que la réalité » Parce que reconnaissons le, la terre peut se venter de se faire piétiner le plus souvent par une bande d'égoïste.

Après avoir avalé le dernier morceau tout en ne quittant pas des yeux la rousse, il s'essuya vigoureusement les mains contre son pantalon afin de s'exprimer à nouveau « Je ne t'ai rien offert de plus car je savais très bien que tu refuserais ou m'ignorerais. Bien que j'ai essayé d'être un hôte aussi agréable que possible malgré la paranoïa qui t'as poussé à me débiter toutes ses ... bêtises. Et puisque tu me dis que rien ne te convaincra pourquoi perdre mon temps ? » Elouan s'éloigna de son meuble pour reprendre en main cette houppette sacrée qui ne le quittait jamais. Puis se dirigea rapidement vers le seuil de la porte avant que la femme réussisse à le faire elle-même « Je te racompagne donc vers la sortie, puisque je dois repartir rapidement vers la montagne car je n'ai plus de temps à perdre » De la main il lui indiqua la porte tout en calculant à quel moment il la frapperait afin de lui faire subir le même sort que tous ceux qui menaçaient cette tribu. Ce qu'elle risquait de faire en l'affaiblissant ainsi de l'intérieur. Il ne tentait même plus de garder un sourire aimable à son égard puisqu'elle ne cessait de la harceler à propos de sa fausseté. Vérité absolue. Et lui il se retenait de l'admirer pour avoir la capacité de ne pas vaciller l'instant venu ...

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Sujet: Re: Pourtant, que la montagne est belle [Elouan]
Dim 16 Juil - 21:10

C’est parfois ma prétention. De savoir à quoi pensent les autres alors que ces derniers ne se sont jamais posés cette question. Certes, un défaut, une caractéristique agaçant tout un chacun, énervant jusqu’à la moelle ceux dont le poil se hérisse à mesure qu’ils se sentent auscultés, examinés, analysés. Ils s’en agacent, s’énervent et évidemment repoussent. Et surtout tournent la situation à leur avantage, parce qu’au fond c’est ce qu’ils recherchent tous : ne jamais abdiquer face à leur adversaire, ne jamais perdre la face. N’est-ce pas ce qui est en train de se passer ? Nous nous battons l’un l’autre par les mots afin que je puisse achever cette quête sans réponse. La vérité pourrait se jouer autour de cette table en quelques secondes, si le courage souhaitait bien se matérialiser pour assumer les conséquences de ses actes. Rien ne sortirait de ce roc, cette forteresse imprenable qu’était Elouan. Il demeurait fidèle à ses idées, intransigeant. Sa fille pourrait certainement le percer à jour, bien que ce ne soit qu’une bombe à retardement sans équivoque…

« Ta fille sait ? J’imagine que non… »

Je ne peux pas abandonner. Je ne peux pas juste laisser les affaires en plan sans rien ajouter d’autre. Mais je joue sur un terrain étranger, pas sur le mien. Je suis sur le sien et ma dame vient littéralement de se faire avaler par la tour pendant mon roi était échec. Pour pallier à cette défaite cuisante qui se tapisse devant moi, il n’y a pas d’autre choix que d’opter pour une autre stratégie. Du repli. La fuite est imminente, car il est nécessaire que je me protège de ce qui va arriver. Sans savoir concrètement la matérialiser, je sais qu’elle sera là, tôt ou tard.

Et si la vérité permettait d’enclencher le déclic ? J’aurais pu l’aider, le sauver, s’il avait simplement choisi cette option plutôt que d’emprunter la plus dangereuse, la plus difficile. Il a préféré courir le risque, jouant sur l’hésitation et le manque d’expérience. A quoi avais-je pensé en me présentant chez lui ? Que tout se finirait agréablement et sans encombre ? Je me berçais d’illusions, je rêvais, éveillée sans doute. J’imaginais naïvement que je serai cette personne qui remettrait chacun dans le chemin qui leur convient le mieux, loin de celui qui les éloigne de la bonté et de la clémence. Non sans avoir conscience du danger, j’imaginais qu’en mémoire de sa femme, Elouan n’aurait pas porté atteinte à sa cousine éloignée, qu’il n’aurait pas osé se montrer autrement que cordialement froid et indifférent.

Pourtant que la montagne est belle. Pourtant comme elle semble soudain périlleuse et dangereuse. Ténébreuse, indomptable et fière. Elle pourrait se laisser apprivoiser, un jour peut-être et parfois refuse tout intrusion dans son espace. Parfois elle agit dans son propre intérêt, suscitant la révolte de ceux qui n’ont pas compris ses desseins. Il manque des pièces au puzzle, et il ne me les dira pas. Jamais même. Et retrouve cette porte qui m’offrira le salut, et peut-être une manière de m’en sortir.
Peine perdue. Je me débats, chercher une échappatoire. Vaine. Je ne sais même plus reconnaitre les lieux, comprendre ce qu’il se passe. Son avenir, c’est le mien. Pour avoir posé trop de questions, pour avoir cherché davantage alors qu’elle n’aurait jamais dû aller dans ces eaux profondes.

Puis ce fut le noir total. Complet, sans une once de lumière à l’horizon, pas même une once d’espoir.

Spoiler:
 

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Sujet: Re: Pourtant, que la montagne est belle [Elouan]

 

Pourtant, que la montagne est belle [Elouan]

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