Aller en bas
Admin △ Underneath it's just a game
Harlan Tikaani
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Electric Soul MULTICOMPTES : Kayden Elwood & Einar Helgusson MESSAGES : 9140 CELEBRITE : Jon Kortajarena COPYRIGHT : Electric Soul & tumblr METIER/APTITUDES : Conseiller druide | Soigneur & orateur/diplomate TRIBU : Naori POINTS GAGNES : 985
Voir le profil de l'utilisateur
Admin △ Underneath it's just a game

Le cycle éternel △ Ashiri Empty Le cycle éternel △ Ashiri

le Mer 9 Déc - 23:38
Ça fait trois mois que Hakon est mort. Trois mois que tu as enterré celui qui était presque un père pour toi. Ce qui devait être une fête pour le village, une occasion de réjouissances n'a été pour toi qu'une agonie interminable, un long cauchemar éveillé. Tu ne peux pas songer que Hakon est en paix au monde des esprits. Parce que toi, assurément, ton âme n'est pas en paix.

Ça fait trois mois que tu es conseiller et non plus apprenti et que tu effectues tes tâches presque comme un fantôme. Tes gestes sont mécaniques et le sourire, qui a toujours été timide sur tes lèvres, t'a définitivement quitté. Tu es froid, fermé, tu t'en prends violemment à quiconque essaie de soutirer une réaction humaine de toi. Alors les autres ont arrêté d'essayer d'essayer de te faire parler, d'essayer de te faire voir le côté positif des choses. Tu soignes parce que c'est ce que tu dois faire, ce à quoi tu es formé, et parce que tu y es le plus qualifié d'entre tous mais tu répugnes à passer plus de temps qu'il n'est strictement nécessaire en compagnie de blessés ou de malades. Tu fuis totalement les jeunes auxquels tu devrais enseigner et tu sembles être devenu une statue douée de parole au Conseil. La compagnie humaine t'est insupportable, et tu prépares potions, remèdes et amulettes en masse, en laissant tes indications à un autre druide, avant de partir t'isoler dans la forêt ou au temple dès que tu le peux. Tu pries, tu cherches des réponses mais personne ne semble faire écho à tes prières. Dans tes rêves, ton animal-totem, comme toi, semble s'être figé dans une mue dont il ne peut s'extraire. L'ancienne peau lui colle aux écailles et il lui est impossible d'en prendre une nouvelle. Tu songes avec amertume que même les esprits ne veulent pas t'aider.

Ça fait trois mois que tu es incapable de faire ton deuil, consumé par la rancoeur, la rage, la tristesse et le désespoir. Tu n'as plus le temps pour les autres. Pour ta famille, pour tes amis. C'est toi, désormais, qui siège au Conseil. Tu dois faire passer le bien de la tribu avant le tien. Penser à la tribu avant toi-même. Alors tu t'effaces, tu intériorises et tu espères qu'un jour la douleur s'atténuera.

Les feuilles murmurent sous tes pas et les brindilles craquellent. Tes doigts courent sur le bois, tes yeux repèrent les plantes dont tu as besoin pour la confection de tes potions. Tu as besoin de te vider la tête et de te rendre utile et tu ne peux vraiment souffler que là, seul, dans la forêt. Mais tu n'arrives jamais à vraiment tout effacer et tes pas se tournent automatiquement vers le chemin emprunté par Hakon, avant qu'il ne rende son dernier souffle. Tu refuses de songer que c'est Gaïa l'a fauché et a décidé de le reprendre en son sein. Tu refuses de songer que c'était un accident, que personne n'aurait rien pu faire. Comment pourraient-ils savoir ? Qui était là, au moment où ton mentor est tombé ? Qui était là, pour attester qu'il s'agissait bel et bien d'un accident ? Alors que tout le monde savait qu'un groupe d'étrangers rôdaient depuis plusieurs jours en ce terrain, que c'était justement l'une des raisons pour lesquelles une expédition avait été envoyée ? Tes demandes d'offensive, ou d'enquête, au moins, n'ont rien donné. Les deux autres conseillers pensent que tu fabules, que c'est le chagrin qui te fait voir des chimères. Que tu te fabriques tes histoires pour ne pas affronter le départ de ton mentor. Qu'en refusant de faire ton deuil, tu retiens Hakon et que ce n'est bon, ni pour lui, ni pour toi.

Sa mort a été un coup dur pour toi. Trop, peut-être. Tu t'es effondré, littéralement, en apprenant la nouvelle. Ta réaction n'a pas été aussi violente pour tes parents. Alors, tu savais leur heure venue, leur mort paisible, inéluctable. Mais Hakon...Hakon aurait dû encore siéger de nombreuses années. Il avait encore tant de choses à t'apprendre, à t'enseigner, à te faire partager. Il n'aurait pas dû partir si tôt. Être fauché si tôt.

Tu cueilles fleurs et baies qui te serviront à préparer tes potions. Ta tâche est mécanique, et tu y perds des heures. Le soleil commence à se coucher, à l'horizon, quand tu te décides enfin à rebrousser chemin. La vie au village est tranquille et tu vois des Naoris enseignent leur art à leurs élèves, encore à cette heure tardive. Des chamans, songes-tu. Tu peux voir que c'est l'apprenti de Sharman qui s'occupe de la leçon et quelque chose lance en toi, un tiraillement. La culpabilité.

Tu as repoussé jusqu'à maintenant la décision de prendre un apprenti. Rowena et Sharman ont cessé de t'enjoindre verbalement à choisir ton successeur, mais tu vois dans leur regard qu'ils songent que tu fais une erreur. Non, que Hakon a fait une erreur. Que tu n'es pas taillé pour ce travail, que ton mentor aurait dû choisir un autre successeur. Et si tu étais honoré et persuadé d'être à ta place, quand ton mentor t'a choisi, aujourd'hui, tu te demandes parfois s'il n'a pas eu tort, en effet.

Tu n'as pas le droit de briser l'harmonie du Conseil par tes propres problèmes. Tu t'es juré que ta vie personnelle n'entraverait jamais tes fonctions. Tu t'es assez lamenté. Tu n'oublies pas et tu ne peux rien effacer, mais tu peux au moins ramener l'équilibre. Si pas par toi, via ton successeur.

C'est avec une détermination que tu n'as plus ressentie depuis longtemps que tu te diriges là où les apprentis druides suivent leur formation. L'endroit t'est familier et l'objet de la leçon également, quand tu vois ce que le professeur enseigne. L'homme s'interrompt quand il t'aperçoit et te salue respectueusement. Tu lui rends son salut, avant de scruter ses élèves. Des adolescents plein de passion, les plus jeunes, âgés de treize ans à peine, plus timides que les autres, les anciens, prêts à les aider sur des points qu'ils ne comprennent pas. Tu les observes, ces jeunes, et tu les connais tous, tu les as tous côtoyés parce que tu leur as à tous enseigné. Tu connais leurs qualités et leurs défauts, leurs points forts et leurs faiblesses. Tu sais déjà vers qui te tourner – tu t'es juste refusé à le faire, parce qu'admettre que tu choisis ton successeur est admettre que tu n'effectues pas ton rôle par intérim. Que Hakon ne reviendra pas.

Mais tu n'as plus le choix, désormais. Trois mois, c'est déjà trop long.

« Ashiri ? J'aimerais te parler, s'il te plaît. » demandes-tu, la voix basse, presque un murmure.
Invité
Invité
Anonymous

Le cycle éternel △ Ashiri Empty Re: Le cycle éternel △ Ashiri

le Mar 22 Déc - 19:43
Méticuleusement, tu t’acharnes. Voilà des mois que tu le fais, que tu abreuves ton esprit par la connaissance, par le besoin de comprendre le mécanisme de toute chose. L’articulation d’un objet n’est pas aussi captivante pour toi que le processus de guérison, fonctionnement fascinant que tu te fais une joie d’étudier depuis que tu as choisi ta formation. Tu souhaites devenir Druide, guérir les gens, améliorer leur quotidien. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que tu as choisi cet art : ta mère en est la raison principale, le précurseur de ce choix. Tu as toujours su qu’elle était malade, que tôt ou tard, ses maux surpasseraient sa volonté de vivre. Enfant déjà, tu assistais impuissante à ses grimaces de souffrance, celles-là même qu’elle tentait de te cacher pour te rassurer, mais parfois, elles étaient si intenses qu’elle ne parvenait plus à se lever pour t’accompagner. Alors, tu as grandi un peu trop vite, tu as cessé de chahuter pour tout et n’importe quoi, tu as choisi d’être le bâton de repos de ta génitrice, d’être présente à chaque instant de faiblesse. Mais c’était tout ce que tu pouvais faire : la soutenir et lui préparer le thé antalgique que te laissait le druide lorsqu’il venait la voir. Sa maladie était inconnue : personne n’était capable de trouver un raisonnement logique à celle-ci. On pouvait bien émettre quelques suppositions : est-ce ton père, ce géniteur dont tu ignores jusqu’au nom, qui est responsable d’une telle peste ? Ou est-ce l’ancienne propension de ta mère à explorer les lointains environs ? Seul compte réellement ce détail : la contagion n’existe pas. Toi-même tu ne sembles pas atteinte des mêmes symptômes que Nahtyri, ta mère. Et c’est un soulagement que tu peux lire sans cesse dans son regard, tandis qu’elle te presse rejoindre les autres rejetons de ton âge. Tu as pris en maturité, mais tu sais aussi quand tu peux relâcher prise, quand repousser la pression, et dès lors, tu as de nouveau ton âge, et tes activités sont éloignées de ta prise de conscience.

Mais maintenant, tu sais que tu peux alléger le quotidien de ta mère, plus qu’auparavant. Chaque nouvelle leçon en compagnie des druides est une bénédiction que tu tentes de mettre en pratique aussitôt. Tu es bien souvent volontaire, ta soif d’apprendre est envahissante, trop parfois pour tes camarades qui ne parviennent à te suivre. Alors tu ralentis, mais rarement trop longtemps, les pensées de nouveau accaparées par la connaissance que l’on a partagée avec toi. Tu passes le plus clair de ton temps enfermée dans les archives, consultant tout sujet se rapportant à ta leçon du jour. Cela te permet de mieux appréhender tes questions. Puis à côté, tu tentes de trouver les raisons de la faiblesse permanente de ta mère, sans jamais réussir, trop jeune encore pour découvrir toutes les maladies possibles. Quant au reste du temps, il te permet de continuer d’étudier, d’aiguiser ton esprit ou au contraire, de le laisser s’évader. Mais il te semble que tes moments de liberté sont bien trop rares, ou bien trop courts : ta formation te demande bien du temps, que tu ne juges jamais gâché.

Tu aspires à devenir une grande druide, tu as même choisi ton modèle : Hakon, homme sage et bon, dont tu as su tirer des enseignements. Un homme parti trop tôt hélas, rappelé par Gaïa ou les esprits. Personne n’aurait put s’y attendre. Tu as vu la douleur dans le regard des tiens. Perdre un homme comme Hakon fut difficile, mais le deuil fut de courte durée, les espoirs se tournant vers son ancien apprenti, aujourd’hui membre du conseil. Harlan. Un jeune homme discret, que l’on voyait pourtant s’effacer de plus en plus, sans qu’il n’attrape aucune main pour se retenir. Sa réaction t’a longuement fait réfléchir. Auras-tu la même si ta génitrice vient à disparaître demain ? Deviendras-tu toi aussi un fantôme ? Ou seras-tu pragmatique, comme on attends de toi que tu le sois à chaque instant ? On t’a élevé de sorte à te montrer reconnaissante pour les vertus de Gaïa, qu’elle rappelle quelqu’un à elle n’était qu’un juste retour des choses pour ce qu’elle vous offrait. La plupart du temps, tu préfères ne pas y penser, ne pas enterrer trop tôt ta mère. Tu ne lui souhaites que d’autres longues années.

Tu te concentres de nouveau sur ta tâche. Les animaux blessés sont nombreux à cette époque de l’année, et les druides enseignants vous ont adressé une tâche importante pour jauger votre niveau, votre avancée dans l’enseignement. Quelques semaines plus tôt, tu as trouvé un renardeau dans un piège, sa mère n’a pas eu la même chance. C’est celui-là que tu as choisi d’aider, quand d’autres répugnaient à le faire, n’y voyant qu’une cause perdue : la blessure était bien trop grande pour parvenir à la victoire de la tâche. Ce ne fut pas le défi qui te poussa à prendre l’animal sous ton aile, mais bel et bien le signe que tu pouvais percevoir par son regard noisette. Le renard est ton animal totem, celui qui te guide, qui répond implicitement à tes interrogations dans ton sommeil. Laisser mourir ce renard eut été une offense aux yeux de Renard. Alors tu t’es lancée dans la guérison de l’animal. Il t’a fallu prioriser les urgences, imaginer divers stratagèmes pour que le petit animal ne réduise pas ton travail à néant. Tu as usé de procédés différents et observé les évolutions, ou au contraire, les effets néfastes. Un carnet entier noircis de notes et de croquis, tandis que petit à petit, l’animal que tu avais fini par surnommer, retrouvait du poil de la bête. Bientôt, ses plus grandes blessures s’étaient refermées, sa patte cassée s’était ressoudée, et tu savais qu’il ne restait plus grand-chose avant de rendre sa liberté.

Tu étais d’ailleurs en train de noter tes nouvelles observations quand le silence, qui n’était entrecoupé que de quelques bavardages et conseils se fit total. Intriguée, tu relèves la tête pour contempler Harlan, le nouveau conseiller druide. Est-il venu poursuivre ses cours ? Tu en doutes. Il te semble plus probable qu’il vient trouver son nouvel apprenti, comme le veut la tradition. Tu coules un regard vers Katho : le jeune adolescent de seize ans te paraît tout indiqué pour poursuivre la trace d’Harlan. Beaucoup d’ailleurs, ont suivi ton raisonnement. Pourtant, les mots qui franchissent les lèvres du jeune conseiller t’arrachent un haussement de sourcils, bientôt suivi d’une rougeur sur tes pommettes. Harlan n’est pas venu choisir un apprenti. As-tu fait quelque chose de mal ? T’es tu trompé lors de tes derniers soins ? Si oui, il te faudrait tout revoir, et la vie de ton patient serait certainement perdue. D’une caresse sur le pelage roux de ton petit compagnon, tu t’éloignes de ton pupitre, tire légèrement sur ta manche avant de rejoindre le druide. « Oui Harlan ? » murmures-tu d’une petite voix, impressionnée par la taille de géant de ton enseignant ponctuel, autant qu’intimidée par sa requête. Tu sens déjà tes mains devenir moites, et un tic te prends, te poussant à mordre l’intérieur de ta lèvre inférieure. « Ai-je fait quelque chose d’incorrect ? » Tu tiens à le savoir, pour le bien-être de ton petit compagnon chapardeur, mais aussi pour corriger ton erreur et trouver rapidement une solution.


Spoiler:
Je mets en forme très bientôt ! Le cycle éternel △ Ashiri 171928021
Admin △ Underneath it's just a game
Harlan Tikaani
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Electric Soul MULTICOMPTES : Kayden Elwood & Einar Helgusson MESSAGES : 9140 CELEBRITE : Jon Kortajarena COPYRIGHT : Electric Soul & tumblr METIER/APTITUDES : Conseiller druide | Soigneur & orateur/diplomate TRIBU : Naori POINTS GAGNES : 985
Voir le profil de l'utilisateur
Admin △ Underneath it's just a game

Le cycle éternel △ Ashiri Empty Re: Le cycle éternel △ Ashiri

le Dim 27 Déc - 23:49
Le silence tombe sur la petite assemblée. Tu devines sans mal ce qui traverse l'esprit du professeur et des élèves, leurs yeux rivés sur toi. Ça fait trop longtemps que tu n'as plus donné cours toi-même, trop longtemps que tu as perdu toute envie ou intérêt et tout le monde sait que tu n'as pas encore choisi ton apprenti. Tu ignores la tradition, ton obligation depuis trois mois et tu ne le peux plus désormais. Tu ne peux pas fuir tes responsabilités parce que tu portes le deuil. Hakon n'aurait pas voulu ça, au moins, de ça, tu en es certain.

Tu vois de nombreux regards se tourner vers Katho ensuite, comme d'un commun accord. Tu restes imperturbable devant cette réaction, bien que tu en sois quelque peu surpris en ton for intérieur. Ton choix ne s'est pas porté sur lui, la possibilité t'a à peine effleuré l'esprit. Oui, peut-être que si tu jugeais sur l'ancienneté ou la discipline ou le mérite l'aurais-tu choisi. C'est un garçon brillant, qui sera un très bon druide dans le futur, tu n'en as aucun doute. Tu as pu toi-même voir son assurance et son habilité lors des leçons que tu as donné. Mais tu veux plus qu'un simple exécutant, quelqu'un qui reproduit parfaitement les schémas et les gestes. Ce n'est pas un simple druide que tu dois choisir mais un futur conseiller. Quelqu'un de capable de songer hors de son domaine et capable d'innover, de trouver des compromis, des solutions. Quelqu'un à la fois capable de sortir hors des sentiers battus et de respecter la tradition et qui prend à coeur le bien de la tribu. Quelqu'un qui puisse supporter le poids des responsabilités sans se laisser accabler. Et Katho, pour tout son talent et toute son intelligence, n'est pas ça.

Ton attention s'est tournée depuis un moment vers Ashiri. Elle est jeune, est encore en plein milieu de sa formation, mais tu vois sa maturité et la soif d'apprendre en elle. Pas la simple envie de connaître plus, comme la plupart des Naoris, non. Il y a une vraie motivation derrière, une envie égoïste, qui la pousse à aller plus loin que les autres, à se dépasser, à passer des heures à la bibliothèque. Tu sais la mère d'Ashiri malade. Atteinte d'un mal inconnu des vôtres, que même Hakon n'avait jamais vu ailleurs et que vous êtes jusqu'à présent incapables de traiter. Tu sais sa famille décimée, tu sais que c'est tout ce qu'elle a. Toi, tu n'as jamais appris le druidisme dans un but altruiste, n'as jamais vraiment suivi cette formation pour guérir des gens. Honnêtement, tu aimais juste le savoir, tu avais un don naturel pour la guérison et la fabrication des potions, sachant presque instinctivement quelle plante conviendrait à quelle maladie, quel mal rongeait les patients. Là où d'autres s'attardent sur la beauté d'un visage, sur les courbes d'une femme ou sur les muscles saillants d'un homme, tu as toujours davantage vu un corps humain. Avec sa peau, sa chair, ses os, ses tendons, ses ligaments, ses veines et ses artères, ses forces et ses faiblesses. Tu as toujours vu au-delà de l'individu pour cerner le problème. Tu es peut-être froid et méthodique mais tu es efficace et doué et personne ne peut te le reprocher.

Tu sais Ashiri curieuse, avide de connaissances, prompte à explorer la nature, comme toi. Peut-être es-tu trop orgueilleux à chercher quelqu'un qui te ressemble. Du moins superficiellement. La jeune fille est beaucoup plus douce que toi, beaucoup plus empathique et joyeuse aussi. Peut-être contrebalancera-t-elle ton impassibilité et ton réalisme cru. Mais plus qu'une quelconque similitude avec toi, tu sens un réel potentiel en elle, une capacité à se dépasser et à se mettre au service des autres. Une compassion dont tu manques, parfois.

Tu la vois surprise puis embarrassée à ton interpellation. Sa question t'étonne. N'a-t-elle pas compris ce que tu fais là ? Ou ne songe-t-elle même que tu puisses la choisir comme apprentie, comme tous ceux qui se sont tournés vers Katho ?

Tu la fixes, cette jeune fille, plus vraiment une enfant mais loin encore d'être une adulte. Son innocence te fait presque hésiter. Étais-tu comme ça quand Hakon est venu te chercher ?

« Viens, suis-moi. » Tu jettes un regard à l'animal à son côté. Son patient test, songes-tu. Ta décision est rapidement prise. « Et prends ton renard avec toi, s'il te plaît. »

En voyant l'expression apeurée de la jeune fille, tu ajoutes, le ton plus doux et avec un faible sourire qui se veut rassurant :

« Tu n'as rien fait de mal, je t'assure. »

Tu attends que la jeune apprentie soit prête avant de t'éloigner de la classe, Ashiri à tes côtés. Tu sens les regards peser sur vous et tu entends déjà les murmures s'élever derrière toi. Une part de ton esprit enregistre ces faits et puis tu les ignores promptement. La nouvelle se répandra bien assez vite, de toute façon.

Tes pas se dirigent vers le temple sacré. Ce n'est pas un choix conscient de ta part – tu as tellement fait l'aller-retour ces derniers mois que c'est comme si le trajet t'était désormais automatique. Tu ne pipes mot le long du trajet, même si tu peux deviner les milliers de questions qui doivent traverser la tête de la jeune druide à côté de toi. Tu adresses une prière silencieuse pour Hakon et une, plus générale, pour les esprits et Gaïa avant de diriger Ashiri vers une partie du temple moins fréquentée. Tu t'assis sur une pierre surélevée et fais signe à ta peut-être future apprentie de prendre place en face de toi. Tu la fixes dans les yeux et demandes calmement, faisant un geste vers le petit animal :

« J'aimerais que tu m'expliques les méthodes de travail que tu as utilisées pour soigner ton renard, dans les détails. Tu peux faire ça pour moi ? »
Invité
Invité
Anonymous

Le cycle éternel △ Ashiri Empty Re: Le cycle éternel △ Ashiri

le Dim 7 Fév - 21:09
Silencieuse, tu suis les directives du nouveau conseiller druide, ranges ton matériel soigneusement, afin qu’on ne puisse te reprocher d’être indisciplinée ou encore même incapable de ranger derrière toi. Tu tentes d’être la plus rapide possible afin de ne pas faire attendre le jeune homme, dont tu ignores le degré de patience, puis, du bout des doigts, tu apaises ton petit patient, les phalanges glissant le long de son museau afin d’obtenir son approbation. Tu as toujours été respectueuse de ce type de tradition, et lorsque le renardeau lèche le bout de tes doigts, tu te permets de le glisser dans tes bras, veillant à ne pas compresser ses membres les plus fragiles et qui réduirait ton travail à néant. Et sous le regard de tes camarades, tu t’enfuis de la salle de classe. Quelques murmures te parviennent, et dont tu préfères ne pas te formaliser. Tu as déjà trop de questions en tête sans vouloir en plus devoir répondre aux interrogations subtiles de tes camarades. De toute manière, tu sais pertinemment qu’une fois ton étrange rendez-vous avec Harlan passé, ceux-là viendront bien rapidement te consulter pour comprendre la raison de ton départ précipité de classe. Ce type de curiosité t’a toujours dérangé, commérages auxquels tu n’aimes pas prendre part.

Le trajet te paraît long, et seules tes questions te tiennent compagnie, tandis que l’homme qui t’accompagne est aussi silencieux qu’une nuit sans lune. Dans tes bras, le petit animal te mordille les doigts, signe de son impatience, ou de son désir de rejoindre le sol pour vagabonder, privé de cette liberté depuis trop longtemps. Les seuls instants où il pouvait trottiner sans risque étant dans la petite demeure que tu occupes avec ta mère. Alors tu l’apaises en claquant doucement de la langue, comme pour l’obliger à prendre son mal en patience. Mais c’est le tien qui est au plus mal, tandis que tu avances, en te demandant ce que tu veut Harlan. Tu vois bien que vos pas vous mènent vers le temple, mais tu ignores que penser de cette destination. Tu ne cesses de te demander ce que tu as put mal faire, mais les paroles du conseiller trottent dans ton esprit, tu n’as rien fait de mal. Il te l’a assuré. Un faible espoir s’apprête à naitre dans ton cœur : a t’il trouvé une solution à la maladie de ta mère ? Un remède ? Une piste ? Un cas similaire ? On ne pourrait te faire de plus beau cadeau.

Mais enfin, votre destination. Tu ne connais pas cette partie du temple et tu la juges plutôt calme, idéale pour un interrogatoire. Une fois de plus, tu suis les directives du jeune conseiller, avant de poser ton petit compagnon au sol, lui laissant enfin le loisir de gambader, de trouver un moment de liberté. Tandis qu’il amorce quelques pas hésitants, tu observes sa démarche, et prend furtivement note mentalement que celle-ci est moins hésitante, et que la patte a correctement été consolidée. Ton attelle a bien fait son œuvre. Et les poils ne tarderont pas à repousser sur la peau arrachée, mais désormais cicatrisée. La voix d’Harlan s’élève enfin, et la question ne te surprend guère. Elle est tout à fait banale pour des druides. Tu mordilles ta lèvre inférieure avant de porter toute ton attention sur l’homme. « Eh bien… » Un inspiration, après tout, Harlan n’est pas si terrifiant que cela, au contraire, tu le trouves même plutôt intéressant, mais torturé. Au fond, tu espères sincèrement que cela changera, et que l’on verra le jeune homme retrouver son sourire tout autant que sa bonne humeur. « Quand je l’ai trouvé, sa patte était brisée, il aurait put totalement la perdre si sa mère n’avait pas occupé tout le piège. Sa peau était arrachée sur une grande partie. Il a fallut que je priorise. J’ai d’abord drogué le renard avec du jus de pavot que j’ai enduit sur un petit bout de viande, afin qu’il ne s’agite pas plus et n’aggrave ni sa fracture, ni ses blessures. » Une petite pause, tandis que tu observes le renard dont le museau flaire chaque recoin de la cavité. Il va beaucoup mieux, et tu peux le constater sans peine. D’ici peu, tu pourras certainement le relâcher hors du village. « J’ai nettoyé ses plaies avec de l’eau tiède afin d’observer les dégâts. Une partie de ses muscles était atrophiée, mais rien n’empêchait sa reconstruction, j’ai donc bandé de sorte à ce qu’aucun corps étranger ne vienne pénétrer la plaie. Pour le reste de la patte cassée, j’ai posé une attelle, puis fais un bandage assez serré, de façon à ce que l’os ne se déplace pas. » Tu réfléchis, de peur d’oublier quelque chose, mais ton récit te semble complet. « Je n’ai pas touché jusqu’à ce qu’il cesse de boiter. » Une nouvelle fois, tu mordilles ta lèvre inférieure. Tu crains que tes réponses soient fausses, mais tu sais de source sûre que ton travail est bon, et ton raisonnement, juste. « Pour aider à la cicatrisation de la peau, j’ai utilisé du miel, et j’ai entouré de bande. J’ai renouvelé le pansement tous les deux jours. » Et les résultats sont visibles, la peau est pour une bonne partie, cicatrisée, et sous tes doigts, tu as pu sentir un début de repousse du poil. « Je pense que d’ici deux mois, sa peau sera totalement cicatrisée. En attendant, je travaille sur de la rééducation pour remuscler sa patte endommagée. Une demi-heure de marche en laisse tous les jours, et quelques petits exercices de sauts mineurs. » Tu achèves ton monologue, tes yeux céruléens dévisageant le conseiller avec une certaine attention. Tu attends un verdict, une rectification de ton travail, ou de nouvelles pistes à explorer. Toute connaissance est à prendre, tu le sais depuis très longtemps.
Admin △ Underneath it's just a game
Harlan Tikaani
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Electric Soul MULTICOMPTES : Kayden Elwood & Einar Helgusson MESSAGES : 9140 CELEBRITE : Jon Kortajarena COPYRIGHT : Electric Soul & tumblr METIER/APTITUDES : Conseiller druide | Soigneur & orateur/diplomate TRIBU : Naori POINTS GAGNES : 985
Voir le profil de l'utilisateur
Admin △ Underneath it's just a game

Le cycle éternel △ Ashiri Empty Re: Le cycle éternel △ Ashiri

le Mer 24 Fév - 21:09
Tu observes Ashiri du coin de l'oeil sur le chemin. Ajoutes des traits à la personnalité que tu connais déjà en partie mais dont le souvenir s'est emmêlé avec d'autres avec le temps.

Tu as pu noter qu'elle était ordonnée et disciplinée, lorsqu'elle est sortie de la salle de classe, qu'elle n'a pas discuté tes ordres. Elle ne parle pas tant qu'elle n'est pas invitée et autant de retenue a de quoi étonner pour une adolescente, mais tu préfères cela aux jacasseries incessantes particulières à cette tranche d'âge. Tu la devines curieuse et peut-être quelque peu inquiète, bien qu'elle ne souffle mot, mais tu préfères attendre avant de révéler le but de l'entretien. Tu dois d'abord t'assurer de ses compétences, d'abord t'assurer que tu fais le bon choix.

Les murmures qui résonnent entre les murs de pierre du temple t'apaisent et allègent un peu le poids qui repose sur tes épaules. Tu préfères la forêt aux constructions humaines, c'est vrai, mais il y a dans le temple une tranquillité et une sérénité enviables qui font du lieu un endroit où tu peux reposer ton esprit quand la nature ne te suffit pas. Il y a les esprits des anciens, ici, et leur compagnie te soulage et t'apaise. Tu respires un peu plus aisément ici.

Tu sais que personne ne vous dérangera dans cette partie du temple et c'est pour ça que tu la choisis. Un mince sourire fleurit sur tes lèvres tandis que tu vois le renardeau, échappé des bras de l'apprentie druide, explorer l'endroit, sa démarche encore quelque peu hésitante et prudente, mais clairement en voie de guérison. Tu retournes ton attention vers la jeune fille et demandes à Ashiri de décrire le processus qu'elle a utilisé pour soigner son renard ; il s'agit pour toi autant d'un moyen de la tester que de la mettre plus à l'aise. La faire se concentrer sur autre chose, sur ses leçons et son patient plutôt que toi.

Tu as toujours préférer évaluer les connaissances et les capacités par la démonstration, privilégié cette méthode à un savoir purement théorique, qu'on peut réciter des livres. Malgré ta froideur générale, tu as toujours été plutôt tactile et peu gêné par les conventions. Apprendre en observant, en expérimentant est, selon toi, la meilleure façon d'avancer et tu ne peux retenir une pointe de fierté et de satisfaction en voyant Ashiri démontrer des techniques que les professeurs ne lui ont pas encore forcément enseigné. Tu écoutes calmement et soigneusement ses explications avant de commenter, une fois sa description finie.

« Tu as très bien fait. » Tu la rassures en premier. Confiant en tes capacités dès le plus jeune âge, tu n'as jamais réellement eu besoin d'être rassuré par rapport à tes démarches, presque toujours justes, mais tu sais que tout le monde n'est pas comme toi et que certains ont besoin d'être rassurés et encouragés régulièrement. Tu ajoutes, par souci de lui apprendre davantage et l'aider à s'améliorer : « Avant d'utiliser du miel et au début du traitement, tu aurais pu utiliser de l'huile millepertuis ou du plantain en cataplasme pour mieux le faire cicatriser, mais de ce que je peux voir, la cicatrisation me semble en bonne voie. »

Comme s'il se devinait votre sujet de conversation, l'animal revient vers vous, sa curiosité envers le temple semblant satisfaite pour le moment, ses yeux désormais tournés vers vous. Il s'approche de toi, de façon circonspecte, aussi méfiant qu'intrigué. Tu tends la main calmement, attendant que l'animal avance de lui-même vers toi. Une fois qu'il est à portée de tes doigts, tu tournes la tête vers Ashiri.

« Je peux ? » demandes-tu. Tu attends l'accord de la jeune femme avant de toucher le renard avec précaution pour observer les bandages. Bien enroulés, assez serrés pour bien comprimer la plaie mais pas trop peu pour qu'ils deviennent lâches et se déroulent facilement ou laissent entrer des corps étrangers.

« C'est du beau travail. »

Tu caresses la tête de l'animal. Contrairement aux animistes, tu n'as jamais été particulièrement proche des animaux, mais tu sais les respecter et les apprécier à leur juste valeur. Quand l'animal en a assez d'être immobile et retourne vaquer dans le temple, tu le laisses s'échapper sans broncher. Personne ne devrait priver quiconque de liberté.

Tu retiens un soupir. Et maintenant, la partie la plus délicate. Tu as confiance en les capacités de druide d'Ashiri, mais saura-t-elle appliquer un bon raisonnement en matière de justice ? De politique ? Elle est encore jeune, trop peut-être pour vraiment s'intéresser à de telles questions, mais déjà avoir une idée de la façon dont elle pense peut t'indiquer si elle sera apte ou non à siéger au Conseil.

« Que penses-tu des autres tribus ? Et des Rahjaks en particulier ? Penses-tu pouvoir leur faire confiance, pouvoir établir des relations avec eux ? Penses-tu qu'un étranger pourrait avoir sa place chez nous ? »

Ton regard et ton ton sont calmes, un peu curieux. Tu ne veux pas la presser ou la faire paniquer. La dernière question est délicate mais les autres sont suffisamment générales pour qu'elle puisse te donner un avis sans trop de difficulté. Lui poser un problème que tu peux rencontrer au sein du Conseil serait trop difficile et trop hâtif alors qu'elle n'a même pas encore terminé sa formation de druide. Tu t'estimes bon juge de caractère et tu penses Ashiri suffisamment neutre et bienveillante pour être une bonne conseillère, mais mieux vaut t'en assurer avant de prendre une décision sur laquelle tu ne pourras revenir.
Invité
Invité
Anonymous

Le cycle éternel △ Ashiri Empty Re: Le cycle éternel △ Ashiri

le Mar 3 Mai - 19:44
Il ne fait aucun doute que tu crains ce qu’Harlan pourrait te dire concernant la prise en charge de ton petit renard, as-tu bien fait ? Les druides qui vous enseignent leur savoir ont déjà observé ton travail, n’ont rien trouvé à y redire, mais peut-être quelque chose leur a échappé que le conseiller druide a vu, noté du coin de l’œil et tient à te faire savoir. Tu sens peu à peu cette tension monter, dévorer ton estomac sous l’anxiété, puis la chaleur parcourir ta peau, parfois coupée par une brise légère provenant du temple en lui-même. Tu ne crains pas Harlan en lui-même, malgré la rude apparence qu’il peut parfois montrer aux autres, mais tu crains son jugement, tu crains de ne jamais parvenir à sa hauteur, de ne pas être digne de devenir druide si lui le pense. Pourtant, faire partie de cette confrérie est ton unique motivation dans la vie, tu ne te voyais pas forcément devenir autre chose, sans doute parce que tu es bercée depuis ton enfance dans la maladie, par le biais de ta mère, cette femme aimante que tu vois dépérir un peu plus chaque jour. Elle est ta raison principale dans le choix de cette carrière que tu souhaites exercer. Tu n’aurais pas trouvé le même intérêt, ni même la motivation à faire autre chose. Animiste peut-être, mais tu n’en es même pas convaincue toi-même. Non, tu veux être druide, rien d’autre, tout ce que tu as à faire, c’est répondre aux questions d’Harlan, être honnête avec lui, ne pas faire de détours inutiles, et ne pas être certaine d’avoir raison. Tu sais que lui aurait certainement fait mieux que toi.

Sa réponse pourtant, te laisse sans voix, et tu en viens à te demander si tes oreilles ne t’ont pas joué un petit tour, ou ton esprit, en te laissant entendre ce que TOI tu souhaitais entendre. Ton estomac se serre un peu plus, mais tes épaules semblent se détendre tandis qu’il te révèle ce que lui aurait fait à ta place. Tu écoutes attentivement, et note le tout dans un recoin de ton esprit, tu prendras certainement le temps d’analyser tout cela après, mais tu n’oublies pas de manifester ton entendement par un signe de tête, signe que tu as écouté ce qu’il à a te dire.  « Le miel m’a paru la meilleure solution à ce moment-ci, je n’avais pas pensé à l’huile de millepertuis. La cicatrisation aurait-elle été plus rapide si j’avais choisi cette plante ? » Ta curiosité est en éveil, tu ne tiens pas à refaire ce même type d’erreur si l’huile s’avérait plus efficace que le miel. Tu t’apprêtes mentalement à répertorier ce nouveau savoir, il te sera toujours utile. Tu as en tête plus d’une façon de prendre en soin des personnes, et tu es adepte de la nouveauté, de l’inédit. Dans les livres que tu as pu lire, certains remèdes n’existent plus, ont disparu depuis longtemps, ou n’ont tout simplement aucun sens à tes yeux, langage inconnu, mais tu as acquis la compétence de la botanique, et tu testes le plus souvent possible ce que tu trouves sous diverses formes. Peut-être trouveras-tu de cette façon, un moyen d’aider ta mère. Mais tu sais aussi que la forêt qui vous accueille ne contient pas toutes les plantes et autres qu’ailleurs dans le monde. Cependant tu ignores encore comment est le monde extérieur, tu n’en connais que des bribes, des récits contés par les anciens, tout du moins, ceux qui ont eu l’audace de quitter le village et la forêt pour explorer les alentours. Comme la plupart cependant, tu souhaites le voir par tes yeux, en comprendre le fonctionnement, découvrir la culture des autres tribus, ainsi que de nouveaux procédés pour améliorer tes propres compétences. « Existe-t’il d’autres moyens d’améliorer la cicatrisation autrement que par les plantes que l’on trouve ici ? » Il ne coûte rien de poser la question, tout au plus, cela montrera que tu es intéressée, que tu veux en apprendre d’avantage.

Ton attention revient vers ton patient sauvage dès lors que tu entends le cliquetis de ses griffes sur le sol. Son attitude méfiante pour l’homme qui t’accompagne ne t’étonnes que peu : il t’a fallut de nombreux jours, de nombreuses heures de patience pour accéder à la confiance de ton petit compagnon roux et pour l’apprivoiser de sorte à ce qu’il ne vole pas ou ne commette un petit crime d’ordre animalier. Tu hausses mentalement les épaules à la demande du druide, ce n’est pas à toi qu’il faut demander l’accord pour toucher le renardeau, mais bel et bien le sien, car il est un esprit aussi libre que le tien. Et comme s’il comprenait qu’il s’agissait de lui et de son bien être, le renardeau esquissa un petit son glutural, ou était-ce une manifestation de son désir de jouer ? Un léger grondement, qui ne s’arrêta que lorsque la main masculine caressa son pelage de feu. « Je pense qu’il accepte de se laisser prendre. » déclares-tu, sans once de jalousie. Ils sont rares les privilégiés à pouvoir se targuer de toucher l’animal. Sa mère et elle jusqu’à présent, Harlan en plus désormais… Pour tous les autres, l’idée était tout bonnement impensable, le claquement de dents ainsi que le poil hérissé s’avéraient être deux indicateurs suffisants pour y renoncer.

Un nouveau compliment, et cette fois, tu as l’impression que tout ton corps prends feu, que tes joues sont rouges et que ta chevelure est prête à s’enflammer. Tu as toujours eu du mal à accepter les compliments, même dans le cadre du travail, tu estimes que rien n’est acquis, que le savoir est en perpétuel mouvement. Ton travail, tu l’estimes comme passable, car tu as encore beaucoup de choses à apprendre. Cependant, tu acceptes celui-ci par un sourire, assez léger pour manifester ta reconnaissance, et c’est toute la tension qui s’envole. Tu restes sur tes gardes cependant, tout compliment est un déguisement destiné à demander quelque chose, ou faire un reproche. Si cela peut t’aider à t’améliorer, tu l’accepteras bien entendu.

Quand le renardeau reprend place au sol, c’est pour mieux se diriger vers toi, se frotter contre ta jambe à la recherche d’une approbation peut-être ? Tu sais parfaitement ce qu’il veut, et tu montres tes mains vides pour prouver ton innocence. « Plus tard. » lui glisses-tu, telle une confidence, t’accordant un léger dédain alors qu’il s’éloigne, reprenant l’exploration de ce territoire qu’il ne connaît pas.

Et comme tu le pressentais, l’entretien ne s’arrête pas là, et la perplexité doit se lire sur ton visage, tandis que tu considères la question sous tous les angles. Ce n’est pas une interrogation aisée. L’attente dure plusieurs secondes, ta mère t’as toujours apprit à tourner ta langue plusieurs fois dans ta bouche avant de proférer une réponse difficile. « Je pense que nous pouvons beaucoup apprendre des autres tribus et qu’elles-mêmes peuvent apprendre de nous, passé le choc des cultures. Concernant les Rahjaks, l’histoire nous enseigne qu’ils ont été des nôtres, nos frères et nos sœurs, mais qu’ils ont vu un chemin qu’ils ont jugés meilleurs pour leur mode de pensée. Je préfère ne pas juger trop facilement un membre de cette tribu, mais je ne leur tournerai pas le dos avec insouciance. » Tu marques une pause. Peut-on faire confiance à un Rahjak ? Tu aimes à croire que le bien peut se trouver chez tout le monde, même chez les membres de cette tribu considérée pourtant comme violente, sans foi, et aux mœurs douteuses. « Parfois, pour que la confiance s’installe, il faut faire un acte de foi, tendre la main même si les on-dits sont fondés, sans cela, nos deux tribus continueront de se quereller sans cesse.  Quant à accueillir un étranger au sein de notre tribu, je n’y vois pas d’inconvénient, tant que l’intention est pacifique et ne remet pas en cause ce que nous sommes. »

Tu inspires, puis tu jettes un regard vers Harlan, soucieuse. Tu ne comprends pas le but de cet entretien. « Pourquoi ces questions Harlan ? ». Ta franchise est un point que tu ne comptes pas mettre de côté.
Admin △ Underneath it's just a game
Harlan Tikaani
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Electric Soul MULTICOMPTES : Kayden Elwood & Einar Helgusson MESSAGES : 9140 CELEBRITE : Jon Kortajarena COPYRIGHT : Electric Soul & tumblr METIER/APTITUDES : Conseiller druide | Soigneur & orateur/diplomate TRIBU : Naori POINTS GAGNES : 985
Voir le profil de l'utilisateur
Admin △ Underneath it's just a game

Le cycle éternel △ Ashiri Empty Re: Le cycle éternel △ Ashiri

le Ven 27 Mai - 17:03
C'est le soulagement que tu vois prendre forme sur ses traits tandis que tu rends ton verdict – positif, évidemment, tu n'en avais pas le moindre doute, après tout, tu ne choisirais pas quelqu'un d'incompétent pour te succéder. Tu peux comprendre, ou du moins tenter de comprendre que le moment peut être angoissant pour elle. Après tout, tu es venu la chercher en classe et lui poses des questions sur ses pratiques, son mode de travail ; ce n'est qu'une forme de test, d'examen et elle doit en avoir parfaitement conscience. Peut-être croit-elle que tu vas la décourager de poursuivre sa formation de druide ? Ou du moins lui avouer qu'elle n'est peut-être pas taillée pour ce métier ? Tu n'en sais rien, mais tu te rends rapidement compte qu'elle n'a sûrement pas deviné la raison de ta venue. Doute-t-elle tant de ses capacités qu'elle ne peut deviner que tu souhaites faire d'elle ton apprentie ? Comme les autres, son regard s'est tourné vers Katho. Encore une fois, tu songes que tu es réellement à contre-courant des gens de ta tribu – même pour choisir un apprenti.

Sa question est sensée et tu fais mine de réfléchir à la réponse à donner. Ashiri a, après tout, fait un bon travail et tu ne peux l'en décourager. Tu as le sentiment qu'elle est bien moins sûre d'elle que tu ne l'étais au même âge. Il serait malhabile de ta part de la faire douter encore davantage d'elle-même.

« Si tu les avais utilisées en combinaison, il y a des chances que oui, mais entre les deux, le miel est le meilleur cicatrisant, tu as fait le bon choix. La guérison est déjà bien entamée sans que je ne puisse voir de dommages résiduels. L'essentiel, à ce stade-ci de ta formation, est d'effectuer correctement les gestes, de choisir les bons remèdes, la rapidité est simplement un bonus. » lui expliques-tu calmement, lui rappelant par la même occasion qu'elle est encore loin d'être une druide chevronnée et qu'un tel oubli ou méconnaissance est parfaitement naturel. Tu la sais déjà plus douée que ses pairs du même âge et tu imagines qu'elle apprendra sans peine à tes côtés, si elle accepte ton mentorat. Katho est peut-être plus âgé, plus expérimenté, mais cela joue également en sa défaveur – sûr de sa technique, il ne montre plus autant de curiosité que quelqu'un qui est encore loin d'avoir fini sa formation.

Sa nouvelle question te surprend un brin, mais ne fait que te conforter un peu plus dans ton choix. Penser à d'autres solutions qu'on n'apprend pas forcément en cours ou qu'on ne retrouve même pas dans votre forêt est audacieux.

« Il y en a, oui. Certains minéraux ou plantes, comme les aloès, que l'on retrouve dans la savane ou le désert, ou l'arnica, que l'on déniche dans la montagne, peuvent également aider. Mais la forêt est suffisamment riche pour subvenir à la plupart de nos besoins quotidiens sans que nous n'ayons besoin de voyager pour soigner la plupart de nos maux. »

Tu te demandes si cette question a trait davantage à la maladie de la mère d'Ashiri qu'à sa formation. Ni Hakon ni toi n'avez pu trouver l'origine de ce mal, ni le moyen de l'en guérir. Peut-être la solution se trouve-t-elle ailleurs, dans un remède appartenant à une autre tribu dont tu n'as aucune idée. En tant que druide, tu veux toujours davantage apprendre, mais tu as également tes responsabilités. Tu ne peux plus quitter la tribu des semaines et des mois durant pour partir à la recherche d'antidotes que tu ignores encore. Tu es conseiller désormais, et le titre vient avec ses devoirs et ses obligations.

Un sourire amusé étire tes lèvres quand tu remarques la gêne occasionnée par ton compliment. Est-elle si peu habituée à ce que l'on vante son travail ? Mais tu évites de faire remarquer cette rougeur sur ses joues, au risque de la voir encore plus prononcée.

Tu fixes un instant le renardeau qui s'éloigne avant de poser des questions plus complexes, d'ordre plus politique. Ce test-là est crucial. Si ses réponses sont trop éloignées de tes attentes, alors tu devras songer à chercher un autre apprenti. Tu n'envisages personne d'autre qu'Ashiri pour le moment et, égoïstement, tu pries pour que ton choix soit le bon. Tu as choisi de lui accorder ta confiance, tu espères ne pas être déçu.

Tu devines sans mal la perplexité d'Ashiri face à ces nouvelles interrogations, tellement éloignées de sa formation. Voir comment elle réagit face à une situation non-familière est également un point important pour toi et tu l'examines tandis qu'elle réfléchit à la réponse à donner. Tu retiens ton souffle, inconsciemment.

Sa réponse est diplomate, posée, telle qu'un Naori sensé devrait la donner. Comme tu t'en doutais, elle fait preuve d'une plus grande ouverture d'esprit que toi à l'égard des Rahjaks. Tu espères que cela augure de bonnes choses pour l'avenir, mais qu'elle pourra également prendre des décisions difficiles quand cela s'avérera nécessaire. La questionner plus longuement à ce sujet serait une perte de temps, à ce stade-ci. Avant de la former à devenir apprentie conseillère, peut-être devrait-elle d'abord l'être.

Tu prends une inspiration quand elle te demande pourquoi, s'interroge sur le but de cet entretien. Tes yeux se ferment brièvement puis se portent vers le temple – tu adresses une prière silencieuse à ton mentor, à Gaïa, que l'issue de cet entretien soit favorable – avant que tu ne reportes tes prunelles vers Ashiri, ton regard soutenu.

« Comme tu le sais, Hakon, mon mentor et précédent conseiller druide, est mort il y a quelques mois. En tant que nouveau conseiller, il est de mon devoir de prendre un apprenti pour me succéder, le moment venu. »

Ton ton est calme, posé. La mort ne te fait pas peur. Tu ne la vois que comme une autre partie du cycle de la vie. Si ton mentor était décédé de façon naturelle, tu aurais célébré son retour à Gaïa avec tous les autres, au lieu de t'enfermer dans ton amertume et ta peine. Mais sa mort inexpliquée te paraît trop violente, trop brusque pour être naturelle. Et un meurtre n'a jamais laissé les âmes au repos. Tu as beau avoir suivi les cérémonies des chamans, tu es persuadé qu'une part de l'âme de ton mentor n'est pas en paix. Mais en ce qui te concerne toi, penser à l'avenir ou à ta mort ne te remplit pas d'angoisse. Ton action se situe dans le présent et tu tâches de faire tout ce qu'on attend de toi. Tu espères que tu laisseras un héritage solide à ta tribu, notamment via Ashiri.

« Mon choix s'est porté sur toi, Ashiri. Tu as les qualités qui font de toi, selon moi, une bonne future conseillère. » Tu marques une pause, laisse le temps à la jeune apprentie d'absorber la nouvelle avant de continuer, la rassurer sur ses possibilités, lui faire clairement entendre qu'elle n'est pas obligée de dire oui : « Tu peux toutefois parfaitement décliner mon offre, il n'y aura aucune répercussion pour toi, ton apprentissage ou ta famille. » Tu ponctues cette phrase d'un sourire rassurant. « Mais si tu acceptes, tu dois savoir que cela s'accompagne de responsabilités et devoirs envers la tribu. Et que le bien-être du village passe avant le reste. »

Avant tes désirs, tes envies, tes convictions, ta famille. Avant toi.
Invité
Invité
Anonymous

Le cycle éternel △ Ashiri Empty Re: Le cycle éternel △ Ashiri

le Dim 3 Juil - 23:56
Rp archivé suite au départ d'Ashiri Le cycle éternel △ Ashiri 484338566
Contenu sponsorisé

Le cycle éternel △ Ashiri Empty Re: Le cycle éternel △ Ashiri

Revenir en haut
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum