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Only in the darkness can you see the stars | PV Noah Empty Only in the darkness can you see the stars | PV Noah

le Lun 20 Juil - 21:21

Noah & Lucie
Je tisse comme une araignée du ciel le fil qui relie les rêves et la réalité et dans ma toile j'embarque l'espoir absolu.

La lueur grise de l'aube s'estompe sous les rayons du soleil levant. Les teintes écarlates de l'astre solaire se dévoilent lentement à l'horizon, noyant le ciel d'une palette de couleurs incandescentes. À l'est, les étoiles palissent devant sa lumière mais elles tiennent bon, adressant un clin d’œil à leur sœur qui s'en vient s'accaparer la voûte céleste à elle seule. La Lune les rejoint, pâle croissant déjà invisible à l'ombre de la Terre. Les nuages sont chassés par la brise et la journée s'annonce chaude. Lucie sort de sa tente, aussi discrète que possible. Attentive, elle veille à ne réveiller personne en s'avançant parmi les cent encore endormis. Le calme règne sur le campement, seul le chant des oiseaux parvient à briser le silence serein qui enveloppe le sommeil de ses camarades débarqués des cieux. La jeune femme se rend dans le vaisseau pour y emprunter un sac et quelques vivres ; le minimum pour une courte expédition. Un couteau à la ceinture, elle traverse à nouveau le campement en prenant soin de faire le moins de bruit possible, mais bien sûr, tout le monde ne dort pas, ce serait trop beau. Un jeune homme apparaît devant elle, à côté d'un arbre qui le dissimulait à sa vue. Lucie se doit alors de plisser les yeux pour reconnaître son visage et elle réalise qu'il s'agit de l'un des patrouilleurs. À voir ses cernes, il a sûrement dû veiller une bonne partie de la nuit. Sans détour, il lui pose la question qu'elle redoutait tant, la question à laquelle elle s'attendait. Où peut-elle bien aller à une heure aussi matinale ? La jeune femme s'efforce de paraître naturelle, mais elle n'a jamais été douée pour le mensonge. Un sourire gêné affiché sur ses lèvres, elle raconte toute une histoire de vivres, de nourriture et de cuisine, partant dans des détails bien inutiles qui perdent bientôt son interlocuteur dans les méandres d'une pensée bien trop compliquée après une nuit passée sans dormir alors il l'interrompt et lui propose de l'accompagner. Bien entendu, Lucie n'a nulle envie de sa compagnie. Avec délicatesse, elle lui intime d'aller se reposer, parvient à le convaincre qu'elle ne va pas loin, et continue son chemin, le cœur battant à tout rompre, les joues légèrement rosées. Pourquoi ne pas lui dire, tout simplement ? Eh bien, ça ne le regarde pas, pour commencer, essaie-t-elle de se convaincre. Mais surtout, il ne comprendrait pas, n'est-ce pas ?

Lucie se met en route, suivant les sentiers qu'elle connaît afin de ne pas se perdre. Après une année passée sur Terre, elle connaît approximativement les environs direct. Le reste est le fruit de désorientations multiples, aidées de sa vue désastreuse. Devant elle, au loin, le monde semble flou. Elle ne peut se fier qu'à sa mémoire et à son environnement alentour direct pour s'assurer qu'elle prend la bonne direction. Avançant vers l'est, suivant le soleil levant, elle parcourt la forêt durant de nombreuses minutes, s'arrêtant parfois pour s'assurer qu'elle n'est pas perdue ou qu'il n'y a rien autour. Lucie n'est pas une aventurière. Elle a l'âme curieuse et l'esprit ouvert. Elle a le cœur empli de rêves et une imagination florissante. Mais elle n'est pas une femme d'action. Ce qu'elle préfère, c'est raconter des histoires. Les vivre, c'est une chose à laquelle elle a encore du mal à se faire. Et pourtant la voilà qui s'en va, telle une exploratrice en quête d'un nouveau monde, prête à découvrir des horizons lointains. Enfin, pas si lointains que ça. Elle marche un peu plus d'une heure, tout au plus. Et quand elle parvient à sa destination, le soleil a entamé sa course dans le ciel et la nature s'est éveillée. Une nuée de papillons bleutés s'envolent au-dessus d'elle et elle les regarde s'en aller, souriant de toutes ses dents face à ce spectacle. Elle en a déjà vu de ceux-là. Ils s'illuminent la nuit, aussi brillants que des lucioles, aussi étincelants que la Lune. Non loin de là coule un ruisseau dont elle entend le clapotis léger et régulier. C'est ce son dont elle se sert pour se guider, suivant le chemin déjà tout tracé pour se retrouver près des restes d'une ancienne maison. Ou en tout cas, ce qui devait être une maison, puisqu'il n'en reste plus rien, si ce n'est un mur délabré et quelques morceaux de bois moisi qui se sont échoués sur le sol.

Arrivée à destination, Lucie s'assoit sur un rocher et patiente. Elle n'a plus que ça à faire, car elle n'a aucune notion du temps qui passe. Sans montre, elle est incapable de savoir si une minute ou une heure s'est écoulée. Pourtant, paradoxalement, ça ne la gêne pas pour cuisiner ; à croire qu'elle se laisse guider par l'instinct. À son poignet, elle porte encore le bracelet qui la relie à ses parents, seul lien encore existant avec un passé qui lui semble bien loin. Mais cet engin est inutile pour toute autre fonction. Ils auraient tout de même pu songer à leur mettre un petit cadrant avec des aiguilles dessus non ? Ca leur aurait été d'un grand secours. Enfin, Lucie pousse un soupir. Elle s'occupe, attrape un bâton et dessine sur le sol en chantonnant une vieille mélodie qu'elle écoutait dans les archives, quand elle s'y rendait en compagnie de son paternel. Un air léger, enjoué, oblitérant les événements qui se sont passés récemment au campement. Puis, un bruit la fait sursauter. Lucie se tait, relève la tête, mais ne voit pas grand chose de ce qu'il se trouve à travers les arbres. « Noah ? » demande-t-elle timidement avant qu'un nouveau craquement la fasse à nouveau sursauter, avec tant de force cette fois qu'elle en perd l'équilibre sur son rocher et tombe en arrière, dos contre terre. Une aventurière comme on en voit peu.
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le Jeu 23 Juil - 21:56

Noah & Lucie
“I believe in everything until it's disproved. So I believe in fairies, the myths, dragons. It all exists, even if it's in your mind. Who's to say that dreams and nightmares aren't as real as the here and now?"

Un craquement. Une branche qui tombe, un corps qui suit. La loi de Newton a lancé son grappin, l’a choppé d’un harpon aiguisé et la ramené d’un coup sec vers le sol où il appartient ! Boum.

Une douleur sourde sur la tête lui fait plisser les yeux. Trop de lumière ! Chaque matin est une gueule de bois au goût unique. Dormir. Un peu plus, un tout petit plus, pour toujours, s’il vous plait. Sa main essaie de rabattre la couverture sur son corps exposé aux affres du vent, du bruit et du monde, mais seul le vide accompagne son geste râleur. Tiens, son lit avait décidé de se faire un footing. Il lui avait pourtant dit qu’il aimait ses poignées d’amours, mais ce meuble borné et rondelet rêvait d’une silhouette Ikéa. Son bras, toujours en suspension, tombe sur son visage dans un ultime effort de faire barrière à l’astre démon. Le soleil, ce vieil ami. Il revête bien des formes, se pare de bien d’atours selon ses caprices de torturer ou de réconforter. Sa magie est sans doute de pouvoir faire les deux en même temps. Un malaise au niveau de son dos le détourne de ses pensées. Très vite, chaque partie de son corps vinrent reporter des incommodités. En grognant, il laisse enfin un rayon traversé la barrière de ces cils. Ah oui … Le lit ne s’est pas barré, c’est lui qui a pris la poudre d’escampette. Il aperçoit vaguement l’arbre où il pensait naïvement passer la nuit. Et la branche cassée dont il pouvait jurer à présent que le reste se trouvait sous lui. Une question lui traversa l’esprit : combien d’os s’était-il cassé cette fois ? Non, il ne ressentait aucune peine physique. Est-ce qu’il était déjà devenu insensible à la douleur ? L’espoir ne dura pas alors qu’il réalisa qu’il n’avait même pas atteint le sol. Une sorte de buisson avait amorti sa chute. La chance ? Je ne crois pas … la position du fourré n’était pas fortuite. Noah avait considéré, majoritairement en rigolant, que son vieux fantasme de dormir sur une branche n’obéirait peut-être pas à ses désirs enfantins à merveille. Il fallait croire que quelqu’un n’avait pas apprécié le rire.

Son corps étalé dans le bosquet à proportion radioactive, Noah se sentit pris d’un fou rire. Un beau spectacle qu’il offrait au monde comme entrée en scène de ce magnifique et prometteur nouveau jour. Il fallait dire, l’aventurier portait le ridicule à merveille, ça affinait sa taille. Il finit cependant par se laisser tomber sur le côté lourdement. Non pas que l’idée de passer la journée en éventail à regarder les écureuils voler d’arbres en arbres, laisser quelques fourmis sans peur se balader sur ses membres, ne lui convenait pas, mais voilà, monsieur Noah avait un rendez-vous. Le fait était trop rare pour être ignoré. Une entrevue, une audience non-officiel, un rencard sans intentions, une rencontre quotidienne qui alimentait les papillons d’excitation dans son ventre. Son invitée des bois n’était pas des moindres et elle avait le don d’allumer un feu de curiosité déjà bien entretenu par soi-même. Il était partit à la chasse la veille, en direction du point convenu. Noah s’en allait souvent en chasse comme on s’en va pour les champignons. Il emportait un filet et se baladait entre les troncs, le nez en l’air. Quand, par malheur, une pauvre bestiole trop téméraire venait se loger entre ses jambes et la regardait de ses grands yeux noirs, l’implorant de la transformer en viande fumante, l’apprenti chasseur se trouvait bien embêté. Il se souvenait encore du jour où on l’avait surpris à faire peur à sa proie par de grands gestes. Dans ce coin du monde, tuer n’était pas l’activité quotidienne mais enfin quand même, fallait pas déconner avec la nourriture. S’éloigner en sifflotant ne t’aidera pas toujours, enfant du sable. Mais lorsqu’ils tiraient leurs flèches, comprenaient-ils vraiment ? Ne détournaient-ils pas le regard quand le sang coulait, que la vie s’échappait lentement, très lentement des pupilles dilatés de cet être qu’ils venaient de sacrifier ? Il ne pouvait dire, si ce n’est que lui, lâche, il ne pouvait supporter cette vue. Que d’ironie, meurtrier.

Il se frictionna le visage en ramassant ses maigres affaires, éparpillés autour de l’arbre traître. Puis il se remit en route. Il n’était plus très loin à présent. L’endroit lui était familier. Après avoir arpenté les bois distraitement, son réveil matinal lui permettant au moins de l’avance et donc des attentions à des choses sans intérêts et des cueilleries que certains naïfs et insensibles qualifieraient féminine, il finit par arriver les bras chargés de fleurs multi couleurs et le sourire aux lèvres. Le sauvageon n’offrait pas la vision la plus romanesque avec sa barbe lui bouffant le visage et ses cheveux qui lui caressaient la nuque. « Noah ? » La voix familière lui confirma son arrivé à destination. Quelques pas et il aperçut la jeune femme, assise à l’attendre. Lucie. Une tombée du ciel. Encore aujourd’hui, l’idée paraissait impossible. Le plus grand mystère que ce monde lui a envoyé revête des cheveux blancs et une silhouette à réveiller un eunuque. Est-ce qu’une paire d’aile lui avait poussé quand, dans sa chute, elle avait côtoyé les étoiles ? Elle lui avait déjà certifié que non, tentée de lui expliquer certains détails qui échappaient à son entendement mais rien n’y faisait, la tête de Noah carburait trop haut dans les nuages. Son imagination déformait ses propos, les reformait avec les nouvelles informations pour mieux s’envoler vers des cieux d’improbabilité. Soudain, une branche sèche craqua sous ses pas. Lucie sursauta au bruit inattendu et bascula en arrière. Preux chevalier, Noah voulu s’élancer pour la retenir mais par un mauvais jeu de jambe, il s’effondra sur elle. Les fleurs s’envolèrent et les arrosèrent dans leurs chutes. « Lucie ? » L’incorrigible maladroit se relève sur un coude - ne pensant pas une seconde à se lever tout à fait, l’intimité c’était surfait - pour pouvoir discerner le visage de la victime. Replaçant une mèche des cheveux de Lucie, il scrute ses traits à la recherche de la moindre trace de douleur. Finalement rassuré, il lui offrit un sourire contrit. « Je t’ai apporté des fleurs. » A présent éparpillées sur le sol, les plantes avaient au moins gardées leurs couleurs vives.

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le Dim 26 Juil - 20:51

Noah & Lucie
Je tisse comme une araignée du ciel le fil qui relie les rêves et la réalité et dans ma toile j'embarque l'espoir absolu.

Toute seule dans les bois. Non mais quelle idée. Pourquoi pas sauter d'une falaise pendant qu'elle y est ? Après tout ce qu'il s'est passé, il semble que le danger se cache derrière chaque buisson, au détour de chaque arbre. Et pourtant, la voilà au milieu d'une toute petite clairière, patientant sagement sur son rocher, sous les premiers rayons du jour. Légèrement téméraire pour le coup, mais elle a fait bien attention à être discrète et à suivre un chemin qu'elle connaissait déjà. En tout cas, c'est ce qu'elle se dit pour se donner bonne conscience. Au cœur du silence des bois, son ouïe s'affine et elle perçoit les chants des oiseaux, le bourdonnement des abeilles et le grattement des écureuils qui grimpent le long de arbres. La nature est splendide. Encore aujourd'hui, elle s'émerveille de sa beauté et peut passer des heures à se contenter de l'observer quand son aide n'est pas nécessaire dans le camp. Des nuages qui s'amoncellent parfois au-dessus de leur tête, aux nuées d'insectes qui s'assemblent en passant par les plantes qui fleurissent et se fanent sous leurs yeux ébahis. Il y a trop à voir, trop à sentir, trop à découvrir. Les parfums des fleurs sont emportés sous une brise chaude et la mousse qui recouvre le rocher sur lequel elle a pris place est douce, humide. Tout un tas de sensations qui continuent à la prendre par surprise et transformer ses rêveries enfantines en réalité. Certains se lassent de cet environnement magique, trop effrayés par les dangers qu'il dissimule habilement. Mais Lucie n'en oublie pas les douces saveurs, la peur ne les rendant que plus réelles, plus exquises. Toutefois, elle reste sans cesse sur ses gardes. Elle n'est ni capable de se battre, ni se courir très rapidement, alors elle ne s'éloigne que très rarement de sa zone de confort. Comme aujourd'hui, pour retrouver ce terrien... Mais où peut-il bien être celui-là ?

L'attente lui semble longue, mais c'est que ses pensées s'emballent à l'idée de cette nouvelle rencontre. Il n'a rien de ces monstres sanguinaires qu'on lui décrit sans arrêt. Au contraire, il est doux, un peu timide. Ou en tout cas, il l'était avant de parvenir à s'exprimer correctement dans sa langue. C'est étrange comme les choses ont changé en moins d'un siècle. Et pourtant, l'homme reste l'homme et la curiosité le fait aller de l'avant comme elle l'a toujours fait. Croiser ce terrien au cœur de la forêt aurait pu conduire à sa perte et, au lieu de ça, il lui a permis de retrouver son chemin dans un lieu hostile dont elle ne connaissait rien. Et maintenant, après des mois, après de nombreuses rencontres et d'échanges linguistiques, culturels, humains, voilà qu'ils se retrouvent une nouvelle fois. Lucie est impatiente. Ca ne lui ressemble pas pourtant, elle peut rester des heures à contempler un ciel étoilé pour le seul plaisir d'en apprécier le spectacle. Sauf qu'il ne s'agit pas d'étoiles éloignées de milliards de kilomètres, ni d'un espace qu'elle ne regrette pas d'avoir quitté. Il s'agit d'un jeune homme, avec les deux pieds sur Terre et un sourire bien réel, bien présent, à faire fondre la plus épaisse des statues de glace.

Impatiente, et pourtant pas préparée à son arrivée, car le plus petit craquement lui fait perdre tous ses moyens. Les quatre fers en l'air, elle a une poussée de frayeur, ne sachant pas qui s'approche ainsi d'elle d'un pas rapide, incapable encore de voir son visage jusqu'au moment où celui-ci se retrouve littéralement à quelques centimètres du sien dans une cascade multicolore. La maladresse est-elle contagieuse ? Si c'est le cas, elle vient de la passer au terrien qui s'est étalé de tout son long au-dessus d'elle. « Lucie ? » Légèrement surprise, elle acquiesce tandis qu'il dégage son visage d'une mèche de cheveux gênante. Ah voilà, maintenant elle voit clairement. Immédiatement, un sourire fend son visage, à la fois radieux et embarrassé. Il n'a jamais été aussi proche, du moins, elle s'en serait souvenue sinon. N'est-ce pas ? « Je t’ai apporté des fleurs. » Elle rit, doucement, conquise par la moue du terrien et par son accent à la fois dur et chantant. Des résonances d'ailleurs qui éveillent toujours des envies de découverte chez cette fille de l'espace, trop longtemps enfermée dans une boîte de conserve. Lucie tourne la tête un instant, autant que sa position actuelle le lui permet, avant de harponner le natif du regard. « Elles sont très jolies. » répond-elle avec une pointe d'amusement dans la voix. Très jolies oui. Très colorées. Elle n'en connaît sûrement pas la moitié, mais ce n'est pas très important à l'instant. Elle les oublie presque instantanément, perturbée par la proximité de Noah qui n'a toujours pas bougé depuis tout à l'heure. Non pas que ça la dérange vraiment, enfin... C'est un peu déstabilisant tout de même. « Tu euh... tu comptes rester là toute la journée ? » demande-t-elle timidement, les joues soudain un peu plus rouges que précédemment. C'est sûrement la chaleur du soleil qui fait ça, n'est-ce pas ? Il est de plus en plus haut dans le ciel, alors elle a chaud, c'est tout. C'est normal. Oui, voilà, ce n'est que ça.
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le Jeu 6 Aoû - 23:01

Noah & Lucie
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Des touches de couleurs vives, de pétales solitaires, indépendantes dont seul le soleil naissant pouvait leur rendre l'illusion de la beauté qu'elles avaient une fois été. Un éclat de splendeur avant qu'elles ne se mêlent à la terre et empruntent la teinte terne par soucis d'appartenance. Les reflets de rubis et d'émeraudes végétales éparpillés autour d'eux, la rareté de ses choix portés par le coeur ou le savoir, il ne les voit plus. Il a trouvé une autre rareté qui porte le prix ultime de l'unique.

« Elles sont très jolies. » Oui elles l'étaient. Il les avaient choisis avec soin avec sa petite idée derrière la tête. Enfin surtout parce que Noah descendait probablement du chaperon rouge et que le loup aurait beau rôder sous son nez, rien ne l'éloigne du charme d'une tige à trois pétales. La forêt. Même après 4 ans, tout l'émerveillait. On pouvait dire que le désert ne tenait pas la comparaison quand il s'agissait de plantes vertes. Les trésors de là-bas, il y en avait si on savait où regarder, il les connaissait par coeur. Ici, rien n'y faisait, ni le temps ni l'expérience, il découvrait toujours une nouvelle espèce aux allures de dame sauvages qui venait agiter le bout de son pollen sous son nez. Dieu savait qu'il ne pouvait résister un à un joli pollen. D'où sa présence dans ses lieux insolites, à la compagnie tout aussi insolite. Mais enfin non, il ne le compare pas à du pollen ! Bien qu'elle est tout d'une dame sauvage ... Mais il aurait voulu lui en montrer. Parfois il aimait lui amener ses découvertes et il lui parlait durant des heures à propos d'un  bout de feuille qu'il avait trouvé il y avait trois jours. Est-ce que sa solitude est si évidente ? « Oh mais euh, on doit toujours pouvoir en faire quelque chose ... Un collier ? » Il faisait de très beaux colliers de fleurs, ou des bracelets ou des couronnes pour les reines des elfes. C'était facile, on prenait à la tige et ... Enfin, bref. Il la regardait avec ce mélange qui lui allait si bien entre l'homme et l'enfant, les deux pris sur le fait de leur bêtise et qui croient qu'un sourire peut désamorcer n'importe quel situation. Heureusement Lucie lui rend son sourire, du moins brièvement, jusqu'à ce que la situation se prolonge de manière non naturelle. « Tu euh... tu comptes rester là toute la journée ? » Il était bien là, Noah, sur le sol, au milieu de ses fleurs chéris, avec en option un câlin gratuit bien que volé. Sa réflexion lui fit venir à l'esprit l'étrangeté de leur position et leur proximité moins ... Innocente. « Eh bien, je pensais justement qu'il était dommage de toujours vivre à la verticale. On manque tellement de choses si on ne change pas sa perspective, non ? » Une belle phrase à peine interrompu par les hésitations de prononciations mais surtout une belle façon de cacher son embarras, les sensations et les pensées qui lui courent soudainement dans la tête. Les frôlements qu'il sent à présent, le contact, le touché, ses yeux qu'il se refuse de détacher. Il roule promptement sur le côté, brisant ce lien. Il tousse comme à chaque fois qu'une situation le dépasse tout en cherchant quelque chose des yeux. Enfin, ses doigts attrapent une fleur plus ou moins en état. Un Aaah accompagne sa découverte. « Ce serait dommage de gâcher cette beauté, si vous le voulez, mademoiselle. » Dit-il en lui tendant le bouton à peine éclos mais remplis de promesses. Puis il se met en tailleur et prend un air plus concerné. « Comment vas-tu ? ». Il ne savait pas bien qui étaient ses débarquées du ciel, ses étrangers et pourtant ancêtres de leur peuple. Mais il avait compris que leur vie régnait dans un camp où le temps ne s'écoulait pas paisiblement.
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le Dim 9 Aoû - 0:49

Noah & Lucie
Je tisse comme une araignée du ciel le fil qui relie les rêves et la réalité et dans ma toile j'embarque l'espoir absolu.

Des pétales partout. Des myriades de couleurs éclatantes de tous les côtés. Et ces parfums... tellement délicats, si doux. Et il avait cueilli tout ça pour elle ? La rougeur sur ses joues semble ne plus jamais vouloir s'en aller. C'est à se demander si elle n'a pas pris un sale coup de soleil. Pourtant, il est tôt encore et elle n'a pas passé autant de temps sous ses rayons lumineux pour avoir ne serait-ce que la plus petite marque. Non, elle n'est pas bête, elle sait bien ce qui lui fait cet effet. Ou plutôt qui. Ses yeux se posent sur le visage de Noah et elle songe à ce jour où elle s'est perdue dans la forêt et où elle est tombée sur lui. Pas littéralement cette fois, quoique, il s'en est fallu d'un cheveu. Il la comprenait mais il ne pouvait s'exprimer dans sa langue. Tout d'abord effrayée par cette rencontre insolite, Lucie s'est laissée guider dans cette découverte de l'autre, charmé par un sourire sincère et insolent à la fois, par un regard doux et curieux. La surprise allait dans les deux sens et, encore aujourd'hui, elle s'émerveille d'en apprendre plus sur lui et sur son peuple. Surtout sur lui. Très lentement, ils ont surmonté la barrière de la langue. Lucie avait retrouvé un élève et Noah apprenait vite. Ses difficultés de prononciation et son accent lui tirent toujours un sourire et elle s'amuse de son expression concentrée lorsqu'il essaie de dire quelque chose et qu'il ne trouve plus le mot. Dans le processus, elle a pu également attraper au vol quelques mots de sa langue, par ci par là. Mais puisqu'ils se parlent majoritairement dans son langage à elle, il lui est impossible d'en apprendre plus ou même de comprendre grand chose. Il arrive parfois à Noah d'oublier et de s'exprimer dans son dialecte et Lucie, dans ces moments-là, elle écoute sans l'interrompre, avec un regard amusé et empli d'incompréhension. Elle le laisse parce qu'il est si enthousiaste par ce qu'il raconte qu'elle n'ose pas l'arrêter, conquise par cette passion qui l'anime comme un feu d'artifice. Ce sont tous ces petits détails auxquels elle se surprend parfois à penser, souriant comme une idiote dans le vide, sans raison particulière. Comme à cet instant où elle réalise pour la première fois que cette proximité est plus exaltante que gênante. Mais elle est comme une gamine qui ne sait plus comment marchent les choses dans le monde des adultes.

« Oh mais euh, on doit toujours pouvoir en faire quelque chose ... Un collier ? » Oh, un collier ? Son sourire s'élargit et elle acquiesce, trop obnubilée par ce regard posé sur elle pour avoir les idées assez claires. Oui bien sûr, pourquoi pas. Ce serait joli. Et coloré. Et... elle perd le fil de ses pensées. Alors, pour reprendre contenance, elle lui demande s'il compte rester là encore longtemps. Plus pour combler le silence qu'autre chose à vrai dire, parce qu'au fond, ça ne l'aurait pas tant gênée qu'il reste dans cette position. Au contraire. Sauf que les pensées cohérentes lui échappent aussi vite que des pétales de pissenlits emportés par le vent et elle ne sait plus ce qu'elle raconte. Heureusement, il lui répond et ne lui laisse pas le temps de s'embarrasser encore plus. « Eh bien, je pensais justement qu'il était dommage de toujours vivre à la verticale. On manque tellement de choses si on ne change pas sa perspective, non ? » Elle rit, légèrement, puis se mord la lèvre dans un geste inconscient. « Tu as sûrement raison. » répond-elle avec amusement. Ne pas vivre à la verticale mais à l'horizontale... Elle est obligée de regarder ailleurs pour s'éviter de piquer un nouveau fard. Bon sang, qu'est-ce qui va pas chez elle ? On dirait une adolescente  !

Heureusement pour elle, Noah se redresse enfin et lui permet de reprendre ses esprits. « Ce serait dommage de gâcher cette beauté, si vous le voulez, mademoiselle. » Lucie s'assoit à ses côtés et prend la fleur en lui adressant un sourire sincère. Elle est vraiment très jolie. Et déjà, elle sait qu'elle ne la lâchera plus de la journée. Elle songe même à la faire sécher d'une manière ou d'une autre pour pouvoir la garder en souvenir. Mais sa lubie s'envole quand il reprend la parole. « Comment vas-tu ? » Question visiblement plus sérieuse. Est-il au courant de ce qu'il se passe au sein de son campement. ? Lucie lui en dévoile quelques bribes parfois, mais sincèrement, elle préfère ne pas y penser la plupart du temps. Se concentrer sur le positif, ça a toujours été un principe qu'elle suit à la lettre autant que faire se peut. Alors elle acquiesce sans lâcher la fleur dont elle triture la tige du bout des doigts. « Ca va. On essaie de mettre en place un potager au campement, ça me rendra la tâche plus facile en cuisine. » Elle esquisse un sourire en coin à ces mots. Elle lui a déjà parlé de ce qu'elle fait, de ses amis, de leur vie pas toujours facile. Des gamins tombés du ciel et qui n'ont jamais eu affaire à un seul animal de leur existence, ça a de quoi perturber. Quant aux plantes, elles étaient limitées. La palette des possibilités est si large ici. Les façons de s'empoisonner avec une mauvaise baie aussi. Enfin pour le moment, ils avaient eu de la chance. « Oh d'ailleurs, regarde, je t'ai amené ça vu qu'on en a parlé la dernière fois. » Et d'un geste, elle sort une lampe de poche de son sac et la tend à Noah. Sous ses yeux, elle l'enclenche et... évidemment, il ne se passe pas grand chose. « Euh... là on voit rien parce qu'il fait jour, mais ça éclaire bien la nuit. » dit-elle, légèrement embarrassée en se mordillant la lèvre. Bon okay, super démonstration. Et maintenant ? « Hum..sinon, tu vas bien toi ? Tu m'as toujours pas dit où tu vivais en ce moment. » Dans un arbre ? Une grotte ? Une cabane ? Elle sait seulement qu'il a quitté les siens, mais il reste plutôt évasif à ce sujet alors elle préfère généralement ne pas insister.
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Only in the darkness can you see the stars | PV Noah Empty Re: Only in the darkness can you see the stars | PV Noah

le Jeu 3 Sep - 22:45

Noah & Lucie
“I believe in everything until it's disproved. So I believe in fairies, the myths, dragons. It all exists, even if it's in your mind. Who's to say that dreams and nightmares aren't as real as the here and now?"

Il sent son corps prendre feu et des instincts qu’il avait enfouis il y avait bien longtemps refaire surface. Ses sens sont multipliés, et alors que Lucie lui demande de s’éloigner, tout ce qu’il voudrait serait s’approcher un peu plus. Effleurer cette mèche, du bout du doigt, caresser le contour de ce visage, tracer ces formes lentement et apprendre ces courbes par cœur, et même par le cœur. Un bouillonnement au creux de la poitrine, une pression pour poser son regard ailleurs que les yeux amandes, des yeux dans lequel il pourrait pourtant se noyer, mais le poser ailleurs, indécemment, insolemment. Mais il se reprend, ce n’est pas sérieux tout ça, c’est Lucie … Éloigne-toi, change de sujet. Trop déconcerté, pas habitué à devoir refouler ses pulsions, il barbouille quelque chose qui se veut confiant dans le feu de l’action alors que son esprit n’est pas encore sûre sur les débouchées des prochaines secondes. Il pourrait se pencher, quelques centimètres seulement et s’emparer de ses lèvres, ou il pourrait lui attraper le menton et jouer à un jeu qui lui vient du néant de la mémoire collective … peut-être ? Et puis quoi ? Réfléchis ! Aux conséquences, le mot paraissait vague et sans aucun sens. Réfléchir … Céder, résister, profiter de l’instant, envisager le futur, les dangers, la fuite, la gêne. Son cerveau sembla soudainement sur le point d’exploser et il se retira sur le côté, masquant sa gêne comme il put. Non, vraiment, ce n’était pas comme le vélo ! Depuis combien de temps n’avait-il eu personne dans son lit ? Depuis aussi longtemps qu’il n’avait plus de lit, en fait.

Il lui tend alors une fleur, celle qui attrapa en premier son œil expert. Une offre, une excuse pour son invasion un peu longue ? Heureusement, Lucie accepta la fleur sans vaciller en lui adressant un sourire sincère qui eut le don de le rasséréna immédiatement. S’installant plus confortablement, il lui demande alors comment elle va. Une question simple qui cache une inquiétude plus réel. « Ca va. On essaie de mettre en place un potager au campement, ça me rendra la tâche plus facile en cuisine. » Lucie était cuisinière, ce serait mentir que de dire que cela ne faisait pas partie de ses charmes. « Tu n’as jamais cuisiné pour moi … » Déclara-t-il dans un souffle sur un ton plaintif. Il pencha la tête, semblant demander pourquoi elle n’avait jamais cuisiner pour lui ? Il n’était pas assez bien pour sa cuisine ? Oh s’il-te-plait, je veux te voir paniquer derrière les fourneaux. Est-ce qu’elle portait une serviette attachés à la taille, ou posée négligemment sur l’épaule ? Est-ce qu’elle relevait ses cheveux pour ne pas être gênée ? Est-ce qu’il ne saurait jamais ? « Je pourrais te trouver des plantes comestibles si tu veux. Il y en a tellement dans le coin. Je t’ai déjà parlé des … du … Truc. «  Le nom lui échappait traitreusement et il partit d’un éclat de rire face à sa propre ignorance. Truc, c’était bien. Il aimait beaucoup ce mot, sa consonance dure et la façon dont on pouvait le caser n’importe où. A la place, il prononça le nom dans sa langue avec un air mystérieux. « Peu importe, je t’en amènerai. » Il fait rouler les r comme un enfant joue avec un yoyo. Il aime la façon dont les nouveaux sons parcourent sa bouche, les nouvelles positions de langues que Lucie lui a apprises. Il aurait aimé lui retourner la faveur, lui faire découvrir sa langue maternelle à lui, pouvoir s’exprimer avec elle sans réfléchir, sans maladresses, bien que pour être honnête, Noah n’avait pas besoin de l’anglais pour dire n’importe quoi.
« Oh d'ailleurs, regarde, je t'ai amené ça vu qu'on en a parlé la dernière fois. » Noah s’était redressé immédiatement, comme toujours fasciné par tous ce qu’elle pouvait lui amener. Elle sortit un objet cylindrique et à part son apparence étrangement lisse et brillante, il n’avait rien d’extraordinaire. La partie blanche, transparente attira plus son attention. Il la voit pressé un bouton, il retient son souffle et … Rien. Il l’interroge du regard pour savoir s’il devait s’attendre à une réaction longue à la détente et s’il devait s’abriter quelque part. Bah oui ! La dernière fois qu’elle lui a parlé de cet objet, elle lui a dit que c’était un bâton avec de la lumière dedans ! De la lumière ! Comment on pouvait emprisonner de la lumière ? Il devait y avoir une explication sorcière. « Euh... là on voit rien parce qu'il fait jour, mais ça éclaire bien la nuit. » Ce qui ne rassura pas vraiment le Rahjak. Il prit l’instrument de manière suspecte en inspectant ses angles. Il y avait des inscriptions mais Noah n’y comprenait goutte. Même pas goutte en fait. « C’est une bougie dedans ? » Il pressa le même bouton que Lucie auparavant et aperçut la lumière agiter l’ampoule à l’intérieur. Ouf, moins impressionnant que ce qu’il pensait. «Hum..sinon, tu vas bien toi ? Tu m'as toujours pas dit où tu vivais en ce moment. Tu as sûrement raison. » La question le détourna du bâton qu’il reposa entre eux. Il se passa une main dans les cheveux. « Oh, j’ai trouvé une cabane abandonné. Magnifique location, une vue sur les montagnes ! J’y suis resté une bonne semaine cette fois mais le propriétaire était pas content de me voir dedans … De toute façon, c’était trop loin de mon rendez-vous préféré. Je dormirai sous les arbres pour quelques jours, j’ai bien envie de me mettre à l’astronomie. » Il était incroyablement sérieux, cet idiot vagabond. Et s’il pleuvait, il irait sans doute prendre refuge chez des connaissances dans les tribus avoisinantes. Pourtant il n’aimait pas faire ça, il ne pouvait pas s’empêcher de penser à ce qui leur arriverait s’il était pris chez eux. Non, il devait arrêter d’y penser, cette vie était loin derrière lui. Quatre ans, qui cherchait encore pour lui ? Tout irait bien. Lucie irait bien.

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le Ven 18 Sep - 21:18

Noah & Lucie
Je tisse comme une araignée du ciel le fil qui relie les rêves et la réalité et dans ma toile j'embarque l'espoir absolu.

Sous les rayons pâles d'un soleil matinal, les sourires se répondent et les regards gênés fuient, avant de se retrouver. À chaque rencontre, il semble qu'elle apprend un peu plus sur ce jeune étranger aux yeux noisette et à l'accent chantant. Il n'a rien du sauvage ou du guerrier dépeint par certains débarqués, il ne semble ni violent ni enclin à vouloir lui faire du mal. Même s'il le voulait, pourrait-il réellement ? On lui a décrit tant de fois l'ennemi comme une montagne de muscles prêt à écraser un crâne entre ses mains nues, mais elle n'est pas certaine que Noah serait capable d'un tel exploit. Quoique... cet homme est plein de surprises. Comme sa soudaine arrivée, les mains pleines de fleurs de toutes les couleurs, aux parfums délicats. Un être tel que lui ne peut être mauvais, n'est-ce pas ? Est-il cet étranger décrit comme un barbare ? Celui qui prendra les armes pour tous les décimer jusqu'au dernier ? Elle n'y croit pas une seconde. Mais Lucie aime croire en l'impossible, à ce qui est beau et qui ne sera jamais. Une fin positive à leur histoire, c'est tout ce qu'elle désire. Trouver une solution, trouver un moyen de s'entendre. Le dialogue n'est pas impossible, Noah en est la preuve vivante. Ou n'est-il que l'exception ? La fille des étoiles est perdue, elle doute. Mais elle veut y croire alors elle y croit. Dur comme fer. Serrant la fleur entre ses doigts, le regard se tournant toujours plus vers cet étranger plus si étrange que ça. Un étranger qu'elle commence à bien connaître.

« Tu n’as jamais cuisiné pour moi … » Tout d'abord surprise, elle sourit en voyant son air amusé et cet air taquin qui le rend si craquant. Mince, est-ce qu'elle vient vraiment de penser ça ? Mais oui, elle le regarde, elle croise ses yeux pétillants et elle fond devant lui comme un marshmallow au-dessus d'un feu de camp. « Je pourrais te trouver des plantes comestibles si tu veux. Il y en a tellement dans le coin. Je t’ai déjà parlé des … du … Truc. » Elle le voit en difficulté et quand il éclate de rire, le son est tellement communicatif qu'elle rit avec lui. Incapable de l'aider, elle l'observe se mélanger les pinceaux jusqu'à ce que le mot qu'il prononce ait pour elle des consonances totalement étrangères. Elle ne peut alors s'empêcher de penser que leur langage est vraiment très beau. Et cette façon qu'il a de rouler les r, un peu comme cette langue d'autre fois qu'elle a entendue dans les archives. De l'épagneul ? Non, c'est pas ça. Il y avait un s dedans. Espa...don ? Non plus. Enfin, quelque chose comme ça. Dans tous les cas, la demoiselle de l'espace est sous le charme et elle est bien incapable de détacher ses yeux de cet étranger qu'elle apprécie tant. « Peu importe, je t’en amènerai. » Elle rit avec légèreté et hoche la tête. « Très bien, marché conclu. Tu amènes ça et je te cuisinerai quelque chose avec. » Promesse teintée de quelques rougeurs sur ses joues à l'idée qu'ils se reverront encore après cette rencontre.

Finalement, elle sort la lampe torche de son sac pour la lui montrer, déçu qu'il ne se passe pas grand chose. Son sourire s'affaisse mais elle laisse Noah inspecter l'objet sous toutes les coutures. « C’est une bougie dedans ? » Amusée par cette question naïve que n'importe lequel de ses élèves aurait pu lui poser, elle se force à se souvenir qu'il a vécu sans technologie toute sa vie et qu'il n'y connaît rien. Pourtant, à bien y songer, elle non plus. « Euh... non, c'est une ampoule, de l'électricité. Mais je sais pas trop comment ça fonctionne en détails, c'est pas vraiment mon domaine de prédilection. » répond-elle avec un léger embarras. Non, son domaine, c'est plutôt l'histoire. Ou les histoires. Et les langues. Et les livres. Tout ce qui peut l'emporter loin et éveiller une imagination déjà florissante.

« Oh, j’ai trouvé une cabane abandonné. Magnifique location, une vue sur les montagnes ! J’y suis resté une bonne semaine cette fois mais le propriétaire était pas content de me voir dedans … De toute façon, c’était trop loin de mon rendez-vous préféré. Je dormirai sous les arbres pour quelques jours, j’ai bien envie de me mettre à l’astronomie. » Tiraillée entre amusement et inquiétude, Lucie fronce les sourcils. L'idée de dormir à la belle étoile est très attirante. Même pour la jeune femme qui vient tout droit de là-haut. Il y a quelque chose de bien plus pénétrant à les observer d'ici, allongé sur la terre ferme, qu'à travers les hublots de ce vaisseau de malheur. La vue était imprenable, elle ne le nie pas. Mais être sur terre... C'est pouvoir respirer cet air si pur, frôler l'herbe du bout des doigts comme elle le fait à cet instant, c'est entendre le chant des oiseaux et le murmure des insectes. C'est merveilleux, mais l'idée que Noah vive ainsi, tout seul... « Pourquoi tu ne rejoins pas des amis ? Enfin... tu ne peux pas aller dans un autre...village ? » Car il y en a bien plusieurs n'est-ce pas ? C'est en tout cas ce qu'elle a cru comprendre lorsqu'il a vaguement décrit sa situation. Elle reprend alors d'une petite voix. « En tout cas...si tu te mets à l'astronomie, je compte sur toi pour me donner un cours particulier. » Un sourire timide fend ses lèvres et elle détourne un instant le regard, comme soudainement obnubilée par l'avancée d'une chenille sur une souche d'arbre. Elle est colorée et plein de poils, mais décidément pas l'attraction la plus intéressante de cette journée.
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le Dim 4 Oct - 0:15

Noah & Lucie
“I believe in everything until it's disproved. So I believe in fairies, the myths, dragons. It all exists, even if it's in your mind. Who's to say that dreams and nightmares aren't as real as the here and now?"

Un œil toujours accroché au bâton de l'enfer, les méninges tournant et sifflant à s'en faire exploser le cerveau, Noah n'aimait pas ne pas comprendre. Complètement dépassé par la technologie qu'on agitait sous ses yeux, ce n'était pas tant que l'engin fournisse de la lumière qui énervait ses connaissances, mais la façon dont il le faisait. Comme si c'était facile. Tout ce qu'il connaissait relié à la lumière possédait ce double-tranchant destructeur : le soleil, le feu. Ne parlons pas du manque de contrôle que l'humanité avait toujours eu sur ces éléments. Et voilà qu'elle pressait un bouton et que l'obscurité décidait gentiment de s'écarter du passage comme une gentils toutou. Enfin, en théorie puisque la lumière ne peut encore battre le soleil visiblement. Mais Noah ne mettait pas en doute la parole de Lucie, jamais. En plus, il était sûr de pouvoir apercevoir une lueur lorsqu'il approchait le tube de sa paume. Il retint un frisson. Le Rahjak gardait ses pieds bien sur terre, ne croyait en rien aux histoires des druides mais il devait avouer que l'idée d'une intervention divine lui traversa l'esprit. Non ... Il était plus malin que ça. Peut-être. Les souvenirs dépassent l'endoctrinement Rahjak pour arriver à ses lectures sur l'ancienne civilisation, celle d'où Lucie venait, celle où tout cela n'avait rien d'extraordinaire. « Euh... non, c'est une ampoule, de l'électricité. Mais je sais pas trop comment ça fonctionne en détails, c'est pas vraiment mon domaine de prédilection. » Il hocha la tête d'un air entendu, le même air qu'il imagine deux scientifiques auraient échangé en tombant d'accord sur une théorie.

Il posa alors l'objet de son attention pour l'éloigner de ses pensées, ce n'était pas le moment de produire des théories farfouilleuses. Mieux valait se concentrer sur la compagnie qu'il avait actuellement, ce n'était pas une habitude, surtout ces dernier temps. Lucie lui demanda où il hébergeait ces temps-ci et il s'efforça de lui décrire son expérience d'incrusteur de maisons et ses sorties parfois privé de petit-déjeuner. Mais la réaction qu'il reçut ne fut pas exactement celle attendu. Elle fronçait des sourcils, mauvais signe. Avait-il dit plus qu'il n'avait voulu ? Noah avait cette fâcheuse manie d'éviter les sujets délicats. « Pourquoi tu ne rejoins pas des amis ? Enfin... tu ne peux pas aller dans un autre...village ? »  Il ouvrit la bouche, sans doute prêt à répondre quelque chose de stupide pour écarter la conversation, mais se ravisa. « Oui, je suppose que je pourrais aller chez les Calusas. J'ai quelques amis là-bas mais ... Ce serait trop dangereux. Hmm, quelques personnes me cherchent et je préfère qu'elles ne me trouvent pas. » Il éclata alors de rire, gêné par la tournure de la discussion. Ce n'était pas ce qu'il avait espéré de cette rencontre. A vrai dire, il avait été assez confident de pouvoir éviter son passé encore quelques temps. « J'ai l'air tellement mystérieux maintenant. Mais je ne suis qu'un gars qui cours dans les bois. J'évite seulement de rester longtemps à un endroit. C'était il y a une éternité, je me fais sûrement du soucis pour rien.   » Dit-il en grimaçant. Oui, une éternité. Non, ils n'ont pas abandonnés, ils n'abandonnent jamais mais un peu d'espoir n'a jamais tué personne, si ?

« En tout cas...si tu te mets à l'astronomie, je compte sur toi pour me donner un cours particulier. » Il lève vers elle des yeux reconnaissant de changer de sujet. « Que pourrais-je bien apprendre à une enfant des étoiles ? » Ce qui sonnait comme une phrase d'accroche utilisé et ré-utilisé sortit de son contexte. Qui pouvait se vanter d'avoir un jour dit ceci au sens littéral ? La demoiselle descendait des étoiles ! Un point c'est tout !
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le Sam 31 Oct - 23:06

Noah & Lucie
Je tisse comme une araignée du ciel le fil qui relie les rêves et la réalité et dans ma toile j'embarque l'espoir absolu.

Il est fasciné par la lampe presque autant qu'elle-même est fascinée par lui. Toute son attention est focalisée sur le gadget tandis que le regard de la jeune fille du ciel l'observe avec attention, avec fascination presque. Il semble soudain si jeune, si candide devant l'inconnu. Comme un enfant qui découvre le monde. L'image lui tire un sourire, surtout quand elle songe que ce sont eux, les gamins du ciel, qui doivent avoir l'air enfantins pour les autochtones. De véritables bambins, à gambader comme des idiots au hasard sur des territoires qui leurs sont totalement inconnus. Ils vont et viennent sans savoir ce qu'ils font, il agissent sans réfléchir La moindre plante, le moindre animal, tout est prétexte à s'émerveiller. Même après tout ce temps, même après avoir été témoins des dangers de cette nature étrange, leurs regards brillent face à la nouveauté et au goût de la liberté. Lucie est la première à ouvrir des yeux ronds comme des soucoupes au premier phénomène qui la prend par surprise. La nature qui l'entoure, ses habitants, la météo changeante, le vent et la pluie sur son visage. Autant de choses qui réduisent la nostalgie de sa vie passée à une minuscule fourmi, un grain se sable dans le désert, une goutte d'eau dans l'océan. La vie sur l'Odyssée n'est rien, absolument rien, face à celle qui leur tend les bras ici, sur Terre. Et bon sang, qu'est-ce qu'elle est incroyable cette vie ! Sans ça, elle n'aurait jamais rencontré Noah. Elle n'aurait jamais été attendrie par ses moues pleines d'incompréhension et par ses sourires maladroits. Elle le regarde tester la lampe de poche et son sourire s'élargit de plus belle. Ce n'est que quand il se décide à la reposer à ses côtés qu'elle détourne le regard, gênée d'être ainsi surprise à le fixer sans raison apparente. Mais plutôt que de s'attarder là-dessus, elle s'intéresse à son quotidien, à comment il occupe ses journées. Et c'est un froncement de sourcils qui suit sa remarque. Le genre qu'elle réservait à ses élèves qui faisaient une bêtise. La mine à moitié sévère mais le regard empli d'inquiétude.

« Oui, je suppose que je pourrais aller chez les Calusas. J'ai quelques amis là-bas mais ... Ce serait trop dangereux. Hmm, quelques personnes me cherchent et je préfère qu'elles ne me trouvent pas. » L'inquiétude ne s'évapore nullement à ces paroles lâchées avec sincérité. Elle tique un instant lorsqu'il prononce un mot qu'elle ne comprend pas ; Calusa, est-ce un nom de famille ? Un village ? Une tribu ? Elle ne connaît pas encore très bien les spécificités des peuples de la Terre et elle comprend qu'il ne veuille pas en dire plus. Ils sont l'ennemi après tout. L'envahisseur venu prendre leurs terres d'assaut. Elle en prend note néanmoins, même si son attention est surtout concentrée sur la dernière partie de sa phrase. Lucie se mord la lèvre, ses yeux luisent d'une inquiétude qu'elle ne peut masquer. En peu de temps, elle s'est bien trop attachée à cet étranger pour que quelqu'un débarque sans rien dire et l'arrache sans un avertissement. En fait, elle n'a aucune idée de ce que tout cela implique, leurs mœurs lui sont encore inconnues, tout comme leurs lois. Qu'a-t-il fait pour être ainsi recherché ? Est-il un criminel ? Et puis elle se dit qu'elle-même est considérée comme une criminelle, coupable ou non du crime dont on l'a accusée. Elle est une criminelle et c'est uniquement pour cette raison qu'elle est sur Terre.

Noah rit mais le son semble peu naturel, presque forcé. Il ne chasse en rien les appréhensions qui se sont fait un nid douillet au creux de son être. Malgré tout, il continue, il s'explique. Il lève un voile sur sa vie, juste un instant. Juste le temps qu'elle y pose un regard curieux sans s'y attarder. « J'ai l'air tellement mystérieux maintenant. Mais je ne suis qu'un gars qui cours dans les bois. J'évite seulement de rester longtemps à un endroit. C'était il y a une éternité, je me fais sûrement du soucis pour rien. » Lucie acquiesce, un sourire contrit dessiné sur ses lèvres. S'inquiète-t-il vraiment pour rien ? N'est-il qu'un garçon un peu trop précautionneux ? On le recherche, mais qui est ce 'on' qui lui fait si peur ? La complexité de leur vie lui saute soudain au visage. Tout n'est pas tout noir ou tout blanc , comme sur l'arche, chaque personne présentait une palette de couleurs infinie et n'était en rien définie par de simples appartenances. Noah est la clef qui lui ouvre les portes de la compréhension. Lentement, elle avance dans le couloir sombre de cette nouvelle demeure qui est sienne et, pièce après pièce, elle apprend à s'imprégner des lieux. Nouvelle locataire mais se sentant encore terriblement étrangère. Elle voudrait en savoir encore plus, avoir la possibilité de poser mille et une questions, mais elle sent qu'il n'a aucune envie de s'attarder sur le sujet. Barrière de la langue ou non, les signaux sur son visage ne trompent pas. La situation l'embarrasse. Peut-être appréhende-t-il lui aussi l'avenir. Lucie aimerait tendre la main et lui venir en aide. Mais elle n'est qu'une simple enseignante tombée du ciel qui erre dans un monde inconnu.

Délicate, elle change de sujet, revenant sur son envie d'astronomie et il s'immisce immédiatement sur la voie plus sûre qu'elle trace à l'aide de quelques mots. « Que pourrais-je bien apprendre à une enfant des étoiles ? » Une moue amusée prend place sur ses traits et elle hausse les épaules, indécise. « Tout et n'importe quoi. Pour une fois, j'aimerais être l'élève et non le professeur. » Sourire en coin, elle ne le lâche plus du regard pendant quelques instants. Puis, réalisant que les secondes s'écoulent en silence, elle reprend, hésitante. « Les étoiles sont encore bien mystérieuses pour moi. Mais la Terre l'est plus encore. Je ne sais le nom d'aucune de ces fleurs alors qu'elles sont toutes tellement magnifiques. Et je ne sais rien de la faune, ou même de ton peuple. Quelles sont vos coutumes ? Quelle est cette langue que vous parlez ? Est-ce que vous connaissez les mêmes chants que nous, ou les mêmes danses ? » Elle s'interrompt soudain, presque embarrassée. « Désolée, c'est juste que... tout ici me fascine. » se justifie-t-elle, le regard à nouveau accroché au sien. Oui, tout la fascine ici. Absolument tout.
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le Dim 22 Nov - 22:57

Noah & Lucie
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Noah, il aurait pu mentir. Il aurait pu mettre sa réalité de côté, juste pour un instant, juste pour offrir à cette femme, qui l'intriguait bien plus que la raison ne lui dictait, une version légèrement alternée pour ne pas voir ce pli entre ses yeux. Ce n'était qu'un détails à effacer de l'équation, un geste malencontreux, une mauvaise décision, une très mauvaise décision mais une seule décision. C'était si facile de juste l'oublier le temps d'une phrase ou deux. Mais Noah ne comprenait pas ce genre de chose. Il avait la tête dans les nuages, peut-être même bien au-dessus des nuages, dans les étoiles ! Pourtant il a l'habitude de garder un oeil ouvert, une porte de sortie pas très loin et le pied prêt à gravir toutes les forêts qu'il faudra pour les tenir loin de lui. Mais il n'y peut rien, il s'attache. Il succombe aux yeux de biches, il privilégie certains coins d'herbes parce qu'on y trouve de plus belles fourmis ou il monte dans cet arbre plus souvent que d'autres parce que la vue est plus belle. C'est pas bien de prendre des habitudes quand quelqu'un n'attend que ça. Et puis un jour, il se met à organiser des rencontres en pleine forêt, à la vue de tous, bouquet à la main pour seul arme. Et la personne qu'il a arrosé des fleurs de ce même bouquet à ce même rendez-vous se met à froncer des sourcils avec cette lueur inquiète au fond des yeux, tout cela parce qu'il n'a pas su mentir et être plus prudent. Il n'y a même pas pensé, ça ne lui a pas caressé l'esprit un instant de lui imposer des mots sans vérité. Est-ce que les enfants du ciels avaient une caractéristique spéciale qui faisait qu'il perdait toute notion de réflexion quand il était en leur présence ? Il ne saurait dire, il en connaissait si peu et aucun comme Lucie. Mais il savait que sa pensée se déroulait sur sa langue sans qu'il n'y puisse rien dés qu'il s'adressait à elle. Il ne pensait ni à ce qu'elle devait savoir ou ce qu'il était mieux pour elle d'ignorer. Il lui parlait comme à un miroir, sans relâche.

Avec la paresse qui le caractérisait, il déballa ses inquiétudes, ses découvertes à la demande de la belle sans se rendre compte des effets. Mais Lucie, dans toute sa sagesse, change la direction de la conversation avant qu'il n'en dise trop.

« Tout et n'importe quoi. Pour une fois, j'aimerais être l'élève et non le professeur. » Répondit-elle à sa question. Lui, un professeur, c'était tentant. Il avait eu quelques apprentis lui semble-t-il ... Bah c'était une autre vie ! Depuis quatre ans, la vie n'était qu'un apprentissage constant. Il n'était pas sûre de savoir enseigner quoique ce soit, il se contentait de poser son regard sur ce qu'il y avait de plus beaux, de plus exotiques et de plus intéressant. Il voulait comprendre le reste du monde juste pour la différence avec le sien.

Il se perd dans son regard et cherche le fond de sa pensée. Qu'y a-t-il dans cette tête ? Un ingrédient secret qui expliquerait tout ? « Les étoiles sont encore bien mystérieuses pour moi. Mais la Terre l'est plus encore. Je ne sais le nom d'aucune de ces fleurs alors qu'elles sont toutes tellement magnifiques. Et je ne sais rien de la faune, ou même de ton peuple. Quelles sont vos coutumes ? Quelle est cette langue que vous parlez ? Est-ce que vous connaissez les mêmes chants que nous, ou les mêmes danses ?  Désolée, c'est juste que... tout ici me fascine. » Il entre ouvre la bouche, légèrement surpris par le flot de questions ainsi que charmé. Il réalisa à quel point il tenait à cette tête blonde. « Ai hod yu shish in ai sleng... *» Mais elle ne parlait pas sa langue. Cette impression de retenir chaque pensées en arrière, à la recherche de ses mots, il n'en pouvait plus. Au fur et à mesure qu'il connaissait Lucie, plus il avait de choses à lui dire et plus les termes lui manquaient. Une seule langue ne lui suffisait pas, de toute façon. Creusant dans sa mémoire, il revint des années plus tôt lorsque son premier intérêt était justement ce monde, des décades plus tôt, où des milliers de langues s'affrontaient tous les jours. Les journées sous le plafond d'une bibliothèque ancienne lui revenait en mémoire. Des lettres entrelacés qu'il prononçait amoureusement du bout des lèvres des heures entières. Maintenant, il avait une experte à portée de main, c'était le moment parfait pour demander la signification de ce qui le hantait. « Ich liebe dich. » Prononça-t-il, hésitant à peine sur les syllabes mais avec un air interrogateur. Les sons rebondissaient dans sa bouche et on pouvait dire sans peine quel bonheur enfantin cela lui procurait. Il scruta son visage dans l'objectif de détecter n'importe quel réaction : l'incompréhension, la surprise ? Il espérait secrètement l'impressionner de ce savoir qu'il avait gardé secret jusqu'à présent. Pourquoi ? Sans doute attendait-il le moment idéal, inconscient des mots qu'il détenait.

Poussant un petit soupir et secouant la tête, il reprit dans son anglais dur. « Je me disais que ... Si tu pouvais parler ma langue, je te déguiserai et te glisserai dans la tente des professeurs de mon peuple. » Il la taquinait maintenant, ils savaient tous les deux à quel point cette idée était impossible. « En attendant, meet cette fleur. » Il ramassa avec douceur une des pauvres rescapées et l'introduit à Lucie. « Un peu amer, mais très jolie. Très comestible, surtout, si jamais tu te perds en forêt. »Ponctua-t-il d'un clin d’œil.
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HJ :
J'ai pris des libertés avec la langue, j'espère que ça ira Only in the darkness can you see the stars | PV Noah 484338566 et désolée pour la qualité Only in the darkness can you see the stars | PV Noah 480477335 ...
* : " J'aimerai que tu puisses parler ma langue. "
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le Mer 9 Déc - 18:17

Noah & Lucie
Je tisse comme une araignée du ciel le fil qui relie les rêves et la réalité et dans ma toile j'embarque l'espoir absolu.

.« Ai hod yu shish in ai sleng... » Il recommence. À nouveau, il prononce des paroles qu'elle ne saisit pas et elle sourit face à la douceur du regard qu'il pose sur elle. Il est beau ce langage. Chaque syllabe la fait voyager. Elle imagine l'étendue de sable brûlant dont il lui a parlé. Elle visualise les dunes immenses et les rayons de soleil ardents qui lui mordent la peau. Elle revoit des palmiers comme dans les documents des archives sur lesquels elle a pu mettre la main. Des caravanes de gitans voilés qui parcourent des kilomètres avec leurs chameaux ou leur chevaux. Du sable à perte de vue. Un ciel sans nuages et le soulagement de retrouver la civilisation ou une oasis salvatrice. À chacun de ses mots, la curiosité l'emporte et elle brûle de s'emparer de ce savoir si précieux. Serait-il d'accord de lui apprendre quelques mots un jour ? Elle n'est pas exigeante. Elle ne désire que quelques bases, des formules de politesse. Comment dire bonjour, merci, s'il vous plaît. Pourquoi pas quelques mots triviaux comme fleur, ou soleil ? Connaître des coutumes, des mœurs. Se serrent-ils la main quand ils se voient ? Se prennent-ils dans les bras ? De toute évidence, Noah tombe sur les gens, mais ils n'en font certainement pas tous de même. Les questions s'amassent aux abords de ses lèvres mais elle les retient en le voyant qui se concentre pour s'exprimer. Pour lui aussi, la communication est rude. Impressionnée par les progrès de son élève, l'ancienne enseignante l'encourage comme elle peut, lui laisse le temps de trouver ses mots. Sans se presser, sans le presser. Elle se contente de l'observer, sous les rayons d'un soleil matinal, sous une brise fraîche qui fait frémir sa chevelure emmêlée. Elle s'étonne encore de s'être liée d'amitié aussi facilement avec ceux que ses camarades craignent tellement. Est-ce simplement de la chance ? Un heureux hasard que de tomber sur le plus chaleureux de tous ? Elle s'attarde sur ses yeux, sur ce front qui se plisse sous l'effet de la concentration et son cœur s'attendrit un peu plus.

« Ich liebe dich. » Les nouvelles paroles qui sont prononcées, elle ne les comprend pas non plus. Mais le son lui semble plus familier. Sourcils froncés, elle part dans une réflexion intense, se demandant où elle a bien pu entendre de tels mots. Mais ça ne lui revient pas. « C'est... c'est aussi ton langage ? Qu'est-ce que ça veut dire ? » demande-t-elle, hésitante. Qu'essaie-t-il de lui dire ? Elle est perdue mais elle ne perd pas pour autant ce sourire sincère qui ne la quitte plus depuis qu'ils se sont retrouvés. « Je me disais que ... Si tu pouvais parler ma langue, je te déguiserai et te glisserai dans la tente des professeurs de mon peuple. » Si seulement, songe-t-elle. L'idée est risible bien sûr. Elle la fait sourire. Mais au fond, elle adorerait rencontrer son peuple. Rencontrer des professeurs qui lui enseigneraient tout ce qu'il y a à savoir sur cette terre aux milles merveilles. Elle regrette que ça ne soit qu'un rêve, qu'un fantasme de grands naïfs qui ne pensent encore qu'il est possible de vivre d'amour et d'eau fraîche. « En attendant, meet cette fleur. » Un peu prise de court, Lucie relève les yeux sur la fleur aux pétales flamboyants. Délicatement, elle la prend entre ses doigts, frôlant les siens au passage, rougissant soudainement de ce contact éphémère et du présent qu'il lui fait avec un naturel sidérant. « Un peu amer, mais très jolie. Très comestible, surtout, si jamais tu te perds en forêt. » Quoi ? Lucie relève des yeux soupçonneux, surprise par de telles paroles ? Ca se mange ? Vraiment ? Elle détaille alors la fleur sous ses yeux, l'approche de son visage pour en respirer les effluves. Elle sent bon. Et elle est tellement belle. Quel dommage de manger une telle merveille. Mais si Noah dit que c'est comestible, alors soit.

Lucie arrache un pétale et regarde Noah d'un air dubitatif avant de le mettre en bouche. Curieuse mais pas folle au point de tout avaler d'un coup. La texture est étrange, mais c'est le goût qui la fait frissonner. Pour être amer, c'est effectivement amer ! Mélangé aux bons ingrédients, ça pourrait être bon néanmoins. Mais alors, elle croise le regard de Noah qui semble surpris. « Quoi ? T'as dit qu'elle était comestible... Tu t'es pas moqué de moi au moins ? » demande-t-elle soudain inquiète. Ce n'est pas toxique n'est-ce pas ? La jeune femme du ciel s'interrompt pour voir si la plante produit des effets mais rien, ça semble inoffensif, a priori. Est-ce qu'il la mène en bateau ? Il semble s'en amuser beaucoup. « Rigole pas, j'apprends aussi figure-toi. » dit-elle d'un ton boudeur. Elle est à deux doigts de lui tirer la langue mais elle se retient. Au lieu de ça, elle commente : « C'est vrai que c'est amer. Mais merci pour le conseil. Et pour les fleurs. » Puis elle se penche vers lui sans réfléchir, embrassant sa joue mal rasée avec douceur avant de poser la fleur à côté d'elle. Elle les ramasserait toutes après. Non seulement ça lui ferait un bon souvenir, mais ça lui donnerait une excuse pour être restée aussi longtemps à l'extérieur du camp. Cueillir des fleurs pour égayer le vaisseau et les tentes, c'est un bon prétexte non ? Finalement, elle relève les yeux vers Noah et demande avec enthousiasme : « Dis, tu veux bien m'apprendre quelques mots dans votre langue ? Juste quelques petites choses. » Un rien du tout pour assouvir sa curiosité, rien de plus. Et une nouvelle raison de rester à ses côtés plus longtemps encore.
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le Mer 23 Déc - 3:03

Noah & Lucie
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Comme deux enfants, ils se tournent autour, cherchent l’autre du regard : dis à quoi tu penses, d’où tu viens, raconte-moi cette vie dont je ne sais rien. Etranger, c’est incroyable, tu es comme moi. Avec des ongles sales, ils creusent sous la surface et dégagent la poussière qui égare leurs âmes. Et plus profondément ils s’aventurent dans leurs différences, plus leurs similitudes se jettent à leur yeux aveugles. Noah et Lucie se touchaient du doigt, se dévisageaient et il semblait qu’en un regard tout s’évanouissait. Tous les soucis matérialistes comme la langue, un outil bien précaire, avec tous ses petits mots qu’il voulait lui dire, d’un mouvement vague de la main il lui transmettait tout et plus. Même les univers séparés par mille étoiles ne comptaient plus quand on pouvait plonger dans les yeux de l'autre. Il lui dit tout ce qu’il sait, tout ce qu’il croit savoir. L’érudit ne l’est qu’à moitié. Il veut apprendre, il cherche l’enseignement encore et toujours dans les doutes qui l’assaillent. Il lui donne ces mots qu’ils répétaient inlassablement, des sons rebondissant si loin de sa prononciation habituel et Lucie le remarque. « C'est... c'est aussi ton langage ? Qu'est-ce que ça veut dire ? » Il sourit, il se demande si son oreille s’est entraînée à reconnaître le dialecte qu’il lui impose parfois, dans un moment d’excitation intense, à défaut de pouvoir en comprendre le sens. Il pourrait lui apprendre songea-t-il, de la même façon pour laquelle elle a partagé son langage avec lui, mais quelque chose le retient. Bien sûr quand elle demandait, il lui glissait des mots à l’oreille, comme un secret qu’il n’arrivait pas à lui refuser. Il ne parvenait pas à lui dire non mais Noah il ne s’en rendait pas compte. Lucie n’était ni capricieuse ni cruelle, Lucie ne lui donnait jamais une raison de dire non. « Non, non. C’est … Je croyais que c’était le tien, ton langage. » Il fronça les sourcils, visiblement déconcerté et surtout déçu. « J’ai lu dans des livres. Je voulais que tu m'expliques ce que ça veut dire. » Il avait attendu très longtemps pour demander, il y avait pensé toute la nuit durant pour se souvenir avec exactitude des sons. Maintenant qu’il n’avait plus son nez sous l’inscription, le doute l’assaillait. Est-ce qu’il l’avait mal dit ? Peut-être que son accent le rendait incompréhensible ! Stupide accent ! Stupide langue ! Il rêvait d’un monde où tout le monde éjecterait un son intelligible et remplis de sens pour atteindre le cerveau raisonné de l’autre être intelligent. Et ils se serreraient la main et la guerre serait un doux mirage. D’ailleurs on pourrait cueillir des dattes dans les forêts continentales et ramasser des châtaignes dans le désert. Le rêve d’un utopiste qui avait bien trop de temps à perdre à réinventer le monde.

Il finit par lui avouer le sens de ses pensées, son envie de l’emporter avec lui. Il ne savait pas partager ce qu’il savait Noah, pas réellement, mais il était un professionnel pour voyager et montrer les merveilles sous le meilleur angle. Ses yeux étaient vierges d’étonnement, il semblait qu’il redécouvrait tout à chaque fois parce que l’idiot oubliait tout jusqu’à ce que ça lui tombe sous le nez. Et son nez tomba alors sur une fleur alors que Lucie subissait un autre virage à 90° degrés. Il s’en saisit et lui agita sur son appareil à senteur à elle en expliquant les propriétés particulières de cette plante. Noah ne mangeait pas beaucoup de fleur, bien qu’il commence à établir un bon catalogue mental de celles qui pouvaient passer dans son œsophage sans vouloir en sortir en hurlant. Ce n’était pas nourrissant il faut dire, et comme il oubliait souvent de se préparer à manger avant que son ventre ne grogne de mécontentement, il n’avait pas le temps de débusquer toutes les demoiselles coquines. Mais l’idée lui plaisait et il lui arrivait d’en grignoter quand elles se trouvaient à proximité. L’incompréhension sur le visage de Lucie l’amusa mais il n’en montra rien en bon vendeur qu’il était. Il la rassura d’un coup de tête. Etait-ce donc une telle surprise que la nature offre à ses habitants de quoi survivre ? Est-ce qu’il ne mangeait jamais de salade ces habitants des étoiles ? D’ailleurs, qu’est-ce qu’ils mangeaient là-haut ? On pouvait faire pousser des choses dans l’espace ? Mais avant qu’il n’ait le temps de lui poser ses interrogations, l’ingénue arrache une des pétales de la fleur et la mangea. Les iris de Noah s’arrondirent alors qu’il restait interdit devant la scène, indécis sur la réaction à adopter. Elle la prenait complètement au dépourvu, dans tout ce qu’elle faisait. « Quoi ? T'as dit qu'elle était comestible... Tu t'es pas moqué de moi au moins ? » La mâchoire un peu décollé, son regard passait de la jeune femme à la fleur pendant qu’elle lui posait ses questions. « Euh … » Un sourire commença à s’élargir, de plus en plus jusqu’à ce qu’il commence à rire franchement. Il n’en revenait pas ! S’il s’était attendu à ce qu’elle l’écoute, trop habitué à parler dans le vent, ou plus souvent, au vent, Noah ne s’attendait à une réaction aussi … Direct. Il essaie de se restituer un visage plus sérieux, il ne veut pas offusquer la femme qui a juste eu le malheur de l’écouter. Il ne se moquait pas, Noah, ou juste un peu. Se penchant sur la fleur, il plissa les yeux, fit quelques sons avec sa bouche digne de quelques darwiniens, des moues insatisfaites et déclara finalement. « Aaaarf, mais j’avais pas vu ses tâches bleus ici … J’espère que tu survivras à la nuit … » Il la taquine, évidemment. Il ne laisse plus la place au doute alors qu’il attrape un autre pétale et l’avale à son tour avec un clin d’œil et un sourire complice. « Rigole pas, j'apprends aussi figure-toi. » Il hausse les épaules comme un enfant pris en faut. Il sait bien, mais il n’y peut rien s’il ne ressent que l’envie de sourire en sa présence. Il marmonne un désolé peu sincère. « C'est vrai que c'est amer. Mais merci pour le conseil. Et pour les fleurs. » Il s’apprêtait à lui répondre qu’elle n’avait pas à le remercier, que ce n’était rien que des parlottes du voyageur trop solitaire qu’il était, que ça n’avait aucune valeur auprès de ce qu’elle lui apportait et qu’elle aurait finis par s’en rendre compte si un jour elle mangeait une fleur par hasard, ce qu’il ne lui souhaiterait tout de même pas, la plupart n’était pas génial quand même, et puis pour manger une fleur par accident il fallait le faire, ce ne devait pas être agréable même sans compter le goût. Oui, tout ça, sans doute avec quelques passages seulement dans sa tête. Mais elle ne lui en laissa pas le temps. Au contraire, elle le prit de court en déposant un baiser timide sur sa joue. Proche et éphémère. L’instant lui échappa avant qu’il ne comprit qu’il devait le saisir. Troublé, il fronça légèrement les sourcils. « Dis, tu veux bien m'apprendre quelques mots dans votre langue ? Juste quelques petites choses. » De quoi s’agissait-il ? Ah oui, langues, pas la même. Pas les même peuples d’ailleurs, sans doute une guerre si on savait. Oh mais, traître, plus de peuple, pas vrai ? Que se passait-il ? Il fallait parler sans doute, répondre aux questions. C’était l’essence même des questions, à ne pas en douter. « Sha. Oui. » Mais il ne parvenait pas à se concentrer quand tout ce à quoi son regard réussissait à s’attarder était les lèvres qui innocentes réveillaient des remous enterrés longtemps auparavant. Il la retint de s’éloigner encore en glissant ses doigts dans sa nuque, caressant la peau blanche. Fasciné par la tentation, son regard se consume. Il cherche une réponse, un accord, une raison mais ne trouve que le désir. Et il cède. Ses lèvres se posent sur les siennes, animé par la passion et la douceur de l’amant, l’envie de céder aux pulsions refoulées et la peur de brusquer. Il met fin au baiser pour observer la réaction de la jeune femme.  
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le Sam 9 Jan - 12:22

Noah & Lucie
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C'est un peu un jeu d'enfants tout ça. Partir à la découverte de l'autre et rire de ses mésaventures. Ils se taquinent et se questionnent. Ils se cherchent, s'amusent de la réaction de l'autre. Pour Lucie, c'est une nouveauté à bien des égards. Sur l'Odyssée, il n'y avait pas d'étrangers, jamais. Personne pour venir d'un autre coin d'espace ou d'une autre station. Personne d'exotique à qui poser des questions insolites. Toutes les bizarreries du monde ne venaient que des vidéos emmagasinées dans les archives et que certains dévoraient plus que de raison. En tant que passionnée d'histoire, elle en a vu passer des images d'un autre temps, de civilisations perdues mais également merveilleuses. Elle a appris la montée et le déclin des peuples, des royaumes, des empires. Les révolutions sociales, technologiques, politiques. Toutes ces petites choses qui font de leur planète un lieu exceptionnel. Jusqu'à ce que les tensions soient trop fortes et que l'homme aille trop loin. Lucie, elle a étudié tout ça de très près mais à la fois de tellement loin. Et à présent, elle est sur place et elle en savoure chaque instant comme si elle se trouvait dans l'un de ces romans d'aventures qu'elle lisait très souvent. Peut-être qu'elle est trop naïve de croire qu'il est possible de voir se profiler une fin heureuse à tout ça, mais elle aime croire en l'impossible et Noah y contribue fortement, c'est certain.

« Non, non. C’est … Je croyais que c’était le tien, ton langage. J’ai lu dans des livres. Je voulais que tu m'expliques ce que ça veut dire. » Oh ? Lucie fronce les sourcils, un peu inquiète à l'idée de voir sa mine déçue. Alors elle réfléchit, songe à tout ce qu'elle a appris, repense à la phrase qu'il a prononcée. « Hum... ça doit être une autre langue. Il y en avait beaucoup sur Terre avant la Guerre. » Et peut-être qu'il y en a encore ! Qui sait si d'autres terriens n'ont pas survécu aux radiations ? Dans d'autres parties du monde, très loin d'ici. Et s'ils avaient atterri ailleurs ? Les survivants parleraient-ils le même langage ? Le même dialecte ? Vivraient-ils de la même manière ? Sont-ils tous retournés à une vie plus primitive au cœur de la forêt ou certains sont-ils restés dans les ruines des grandes cités d'autrefois ? Toutes ces questions la fascinent presque autant que tout ce que peut raconter Noah sur son propre peuple et sur ses connaissances de la nature. Comme cette fleur qu'il lui tend et qu'il est possible de manger. Ce qu'elle fait sans vraiment y réfléchir. Juste un pétale, mais déjà, elle voit dans les yeux du terrien qu'il ne s'attendait pas à ça. A-t-elle fait une bêtise ? Devait-elle attendre ? Ou était-ce une simple plaisanterie et elle doit s'attendre à être malade ? Lucie s'inquiète un peu lorsqu'il lui dit s'être trompé de fleur mais il avale ensuite un pétale à son tour et elle peut à nouveau respirer normalement. La taquinerie est réprimandée avec humour ; naïve comme elle est, ça aurait pu être grave s'il avait réellement voulu lui jouer un mauvais tour mais elle réalise bien vite que Noah n'est pas de ces gens-là. Il ne l'a jamais été. Pas avec elle.

Curieuse, elle ne s'arrête pas là pourtant. Déjà, elle lui demande d'en apprendre plus sur ce langage mystérieux dont elle ne sait rien. Elle a bien reconnu quelques similarités avec l'anglais mais de là à le comprendre, c'est peut-être s'avancer un peu vite. « Sha. Oui. » Ah, voilà. Ce n'est pas grand chose, mais c'est une base. « Sha. » répète-t-elle en tentant de reproduire les sonorités propres à cette langue étrangère. Elle croise alors son regard, en quête d'une approbation quelconque. Il s'est rapproché, glissant une main sur sa nuque, provocant en elle des frissons. Elle se sent soudain à court de mots, toute pensée cohérente s'envole tandis qu'elle se perd dans son regard noisette. Elle n'a pas vraiment le temps de réfléchir, ni même l'envie d'ailleurs. Il pose ses lèvres sur les siennes et son cœur se met à battre à toute allure, comme s'il cherchait à sortir de sa poitrine. Ca ne dure que quelques secondes pourtant, juste assez pour que la chaleur s'empare de ses joues et pour qu'elle en perde son souffle, juste assez pour qu'elle désire y goûter un peu plus. Au moment où il s'éloigne, elle lui adresse un sourire timide, un peu hésitante. Voilà bien longtemps qu'elle n'a plus partagé ça avec personne. C'est agréable cette sensation, comme si tout à coup, elle devenait plus légère qu'une plume et que tout devenait lumineux. Comme une adolescente, elle rougit sous son regard. Mais elle n'a plus quinze ans et elle très envie de recommencer l'expérience. Juste un peu, pour voir. Alors Lucie se rapproche à son tour, avec réserve. Et quand ses lèvres retrouvent celles de Noah, tout lui semble si naturel, si sincère. À cet instant, elle oublie qu'ils viennent de deux mondes différents. Que les siens craignent son peuple. Que la réciproque est certainement vraie. Elle ne songe pas aux implications ni même aux conséquences. Elle se perd dans la douceur de cette connexion profonde qui s'est installée au fil des jour. Peut-être même depuis le départ. Ses doigts tout contre sa joue, elle en oublie les secondes qui défilent. Mais le contact finit par se rompre et elle a l'impression d'avoir couru un marathon tant son cœur s'emballe.

« Ce... c'est pas vraiment ce que j'avais en tête quand je parlais d'en savoir plus sur ta langue. » bafouille-t-elle, le visage prenant des teintes cramoisies malgré le trait d'humour qu'elle tente de faire passer. Oui, le jeu de mots est limite, mais lorsque l'embarras se fait sentir, c'est plus fort qu'elle, il faut qu'elle brise la glace. Non pas que l'idée de continuer sur cette voie la dérange, au contraire. Pourtant elle baisse les yeux un instant, se mordant légèrement la lèvre au passage. Elle aurait mieux fait de se taire.
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le Dim 24 Jan - 21:48

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« Sha. » Elle répète ses mots, la langue étrangère passant dans ses intonations et la ponctuant d’un accent que Noah entend pour la première fois. Peut-être même un accent qui venait de naître ici entre les dents blanches de Lucie, dont le monde pouvait profiter du lyrisme enchanteur en même temps que le Rahjak ébahi. Et s’ils mêlaient leurs deux langues, pourraient-ils en créé une autre aussi exclusive que cet accent qui le transportait ? Elle venait de lui confirmer, il existait un nombre bien plus important de langages autrefois, et cela ne pouvait que titiller l’excitation de Noah. Un désir presque obsessif s’empara de lui, il voulait les connaître, il devait les découvrir, les déterrer ou les réinventés. Mais il n’y avait aucun livre dans la forêt, aucun parchemin à dénicher, seulement des feuilles encore bien attachées à leurs arbres. Seulement il n’eut pas le temps d’être déçu par l’idée, ni même d’y accorder trop de pensés qu’une autre qui se glissait depuis quelques minutes déjà prenait son expansion. Ses mains s’aventuraient derrière sa nuque, trop naturellement, de leurs propres initiatives. De la même façon, ses lèvres effleurent les siennes, sage dans un premier temps, goûtant le fruit avec toute la retenue de celui qui ne sait pas encore s’il y a le droit. Maladroit et pourtant expert, il ne peut s’éloigner, envouté par la sensation, il intensifie le baiser. Il n’y a que Lucie, son mystère parfait dont il croyait pouvoir saisir toutes les mimiques et qui ne cessait pourtant de l’étonner, de faire grandir des concepts inconnus mais qui prenaient toutes leur logique, d’éveiller ses sens, de mettre un bordel dans cette tête pourtant bien organisé. C’est un concert de battements aussi éphémère qu’éternel qui prend fin quand il se recule.

Inquiet, il cherche le rejet mais ne trouve qu’un sourire timide auquel il répond avec le même embarras. Il n’avait pas fait ça depuis longtemps, il avait du mal à se souvenir de la dernière fois qu’il avait partagé un lien aussi intime avec quelqu’un. Solitaire, il avait adopté cette vie pleinement, mais Lucie venait remettre en question des principes qu’il avait cru bien établi. Il en avait eu envie, c’est tout. Trop envie pour résister, trop envie pour savoir pourquoi il devrait même résister. Il ne voulait pas la repousser au loin cette pulsion qui souhaitait difficilement disparaître. Il en réclamait plus, Noah l’impulsif, Noah le sentimental. A l’instar du meilleur psychique, Lucie sembla lire dans ses pensées alors qu’elle rompait le peu de distances entre eux et les plongea dans le manège endiablée qu’ils venaient de quitter. Ils se cherchent mutuellement, s’apprivoise dans un baiser qui veut combler toutes les lacunes et les distances futiles. Il sent ses doigts caressant sa joue alors que les siens se perdent dans sa chevelure à la base de sa nuque.

« Ce... c'est pas vraiment ce que j'avais en tête quand je parlais d'en savoir plus sur ta langue. » Oui, il était possible qu’il se fût légèrement éloigné de la question. Le rire s’échappa sans qu’il en est le contrôle, baissant la tête, pris en faute dans son rôle de professeur qui débutait déjà mal. « Mais peut-être que je voulais t’apprendre la culture de ma langue … Important pour comprendre les mots aussi … » Il était clair qu’il n’y croyait pas lui-même, relevant des yeux rieurs sur elle. Ses doigts glissèrent sur le bras de la belle et lui vola cette main qui l’intriguait. Il la replia en douceur en un poing pour ne laisser que l’index libre. Puis il murmura tout bas, la distance presque inexistante, en désignant le doigt. « Un, won … Deux, tu … Thri … Fou … Fai. » Il dépliait les doigts de la belle au fur et à mesure du décompte, prenant son temps pour qu’elle puisse répéter après lui si elle le désirait, mais également électrisé par le contact. A cinq, leurs deux mains se rejoignirent. « Tu vois, je suis bon professeur. » L’insolent vient chercher sa récompense, faisant mine d’aller embrassé son élève mais s’arrêtant aux quelques millimètres cruciaux comme coupé dans son élan, pris d’un doute terrible. « Non ? » Demande-t-il le plus terriblement sérieux du monde. Tiraillé entre sa terrible envie de lui en apprendre plus pour entendre l'adorable accent encore une fois ou céder à des besoins plus primitifs bien que certains les qualifie d’extrêmement spirituels. Et s'il lui apprenait mal ? Elle pourrait se retrouver devant un mercenaire et ce ne serait pas quelques chiffres qui pourront la tirer de ses griffes.
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le Dim 31 Jan - 22:53

Noah & Lucie
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C'est électrisant cette sensation. Comme un interdit qu'elle enfreint. C'est une montée d'adrénaline qui parcourt tout son corps et qui réchauffe ses joues. La compagnie de Noah la fait se sentir soudain aussi embarrassée qu'une adolescente lors de son premier baiser. Sa main sur sa peau, ses lèvres sur les siennes et c'est son cœur qui s'affole. Les secondes s'envolent tandis qu'ils apprennent à se découvrir autrement, étrangers curieux d'en apprendre un peu plus sur l'autre à chaque minute qui passe. Il ne sont pas du même monde et pourtant, dès le début, ils se comprennent sans difficulté autre que la barrière de la langue. Barrière franchie avec aisance cette fois-ci. Il a toujours bousculé les a priori que les siens pouvaient avoir sur les terriens. Aujourd'hui, ils font un pas de plus vers un univers qui leur est totalement inconnu. Ces terres lui font peur à Lucie. Ce monde lui semble si hostile et à la fois si merveilleux. Elle ne sait plus vraiment quoi en penser et ses espoirs croissent à mesure qu'elle profite de la compagnie de ce jeune homme si touchant. Peut-être qu'elle attendait cet instant depuis plus longtemps qu'elle n'oserait l'admettre. Dans ce second contact, il y a une certaine impatience, une envie qui se manifeste à travers son souffle qui se fait soudain bien court. L'instant est bref, trop bref à son goût, très certainement. Mais elle n'a aucune envie de forcer les choses ou de se presser. Ils auront tout le temps de se revoir, encore et encore. Et cette idée la séduit. À nouveau, ses joues se parent de teintes cramoisies et elle tente de faire passer sa gêne avec un trait d'humour. Blague de mauvais goût mais qui a le mérite de faire rire Noah. Un rire qui lui réchauffe le cœur.

« Mais peut-être que je voulais t’apprendre la culture de ma langue … Important pour comprendre les mots aussi … » Vil baratineur. Elle rit à son tour, soulagée qu'il entre dans son jeu, encore un peu prise de court par la tournure des événements. Elle qui pensait simplement passer du temps avec un ami... Son regard suit le mouvement de sa main le long de sa peau et elle frissonne, le laissant s'emparer de ses doigts, curieuse de savoir ce qu'il a en tête. « Un, won … » Oh... Il lui apprend à compter ? En bonne élève, Lucie répète sagement : « Won. » Elle surveille la réaction de Noah, s'attendant à ce qu'il se moque de son accent, probablement, mais il continue, relevant chacun de ses doigts au fur et à mesure. Et à chacun des mots, elle répète à son tour, s'efforçant de les retenir, bien que son attention ne soit pas vraiment focalisée là-dessus. Leurs doigts s'entrelacent alors et elle lui adresse un sourire lumineux, fière d'elle malgré le manque de difficulté de la tâche. Ou peut-être que c'est le simple fait de pouvoir passer un peu de temps en sa compagnie.

« Tu vois, je suis bon professeur. » Surprise, elle le voit à nouveau s'approcher, attendant un contact qui ne vient pas. Il s'arrête près d'elle et cette proximité l'électrise. Son regard papillonne sur ses traits, de ses yeux jusqu'à sa bouche, s'arrêtant sur les moindres détails. « Non ? » Lucie se mord la lèvre, esquissant un sourire timide avant de lui jeter un regard pétillant de malice. « Je n'en ai pas encore assez vu pour pouvoir en juger. » répond-elle dans un murmure. Ses lèvres se posent au coin des siennes, dans un baiser aussi doux que bref. Elle se sent l'âme aventurière, désirant partir à la découverte de sa peau légèrement hâlée. Son regard retrouve le sien et l'amusement s'y lit toujours. « Je pense qu'il me faudra des cours particuliers. » Espiègle, elle laisse sa main libre se perdre contre son cou et elle revient se saisir de ses lèvres. Gamine gourmande devant une nouvelle sucrerie qu'elle vient de découvrir, elle apprécie cette saveur nouvelle sans plus faire attention à ce qui les entoure.

Et les secondes défilent. Et les heures s'envolent. La présence de Noah lui fait oublier les problèmes et les angoisses liées au campement et à tout ce qui leur arrive depuis leur arrivée sur Terre. Le temps à ses côtés paraît accélérer sa course et il semble que rien ne peut vraiment venir les déranger. Si ce n'est la descente du soleil au dessus de leur tête. « Il faudrait que je rentre. Les autres vont finir par s'inquiéter... » Elle n'en a pas envie. Le laisser ainsi tout seul lui déchire le cœur. Mais elle reviendra. Dans un jour. Deux jours. Peu importe, mais elle compte bien revoir l'étincelle dans ces yeux noisettes et entendre les sonorités chantantes de cette voix plus si étrangère que ça. Sa main enveloppée dans la sienne, elle peine à s'en aller et pourtant, il le faut bien. Elle sait que ses responsabilités se trouvent là-bas, parmi les siens. Mais elle sait aussi que Noah sera là quand elle reviendra. Parce qu'elle est comme ça Lucie, elle croit aux belles choses.
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