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Dix de perdus, une de trouvée. ✷ feat. Jezabel & Milaan. Empty Dix de perdus, une de trouvée. ✷ feat. Jezabel & Milaan.

le Mar 14 Avr - 4:38



Jezabel White & Milaan N. Wayne

" Euh... Les gars...? "

Les ruines, lieu inconnu et inexploré, enfin par moi j'entends. Cela ne faisait que depuis peu de temps que nous avions exploré cette partie de la région. Allez savoir pourquoi il avait fallu que ce soit pour des ruines. Peut être que l'intuition que les méchantes tribus de terriens étaient plus à l'Ouest et qu'ici on serait plus ou moins en sécurité. Enfin il nous avait fallu quand même une petite semaine de marche à ma petite expédition et à moi-même pour que nous rendre en plein milieu de... Euh... Et bien je ne savais pas vraiment ce qu'étaient ces bâtiments à l'origine mais ce qui était sûr c'était qu'ils ne ressemblaient plus à grand chose maintenant. Je me demandais d'ailleurs pourquoi on se rendait dans un lieu aussi éloigné. Explorer toujours davantage la région pour voir s'il n'y a pas des choses utiles dans le coin ? Pas totalement inutile mais avouez quand même que c'était plutôt loin en fait. Même si on trouvait quelque chose d'intéressant à ramener, cela représentait plusieurs jours de marche exténuante, une ration de nourriture et d'eau conséquente alors on avait plutôt intérêt à trouver quelque chose de pas trop mal...

J'étais parti avec une dizaine de débarqués, pas vraiment super ravi de faire un si long voyage. Non vraiment, j'adore la nature, les plantes et tout. Mais je tiens à ma vie. Déjà que sortir pendant toute une journée hors du campement cela peut être dangereux alors imaginez à quel niveau de dangerosité nous pouvons nous trouver lorsque qu'on part plus d'une semaine ? Mais bon, il leur fallait un médecin et comme j'étais également un bon botaniste, ils avaient fait une pierre deux coups en m'emmenant avec eux. Enfin c'était comme ça que je comptais me rassurer en fait : penser à toutes ces nouvelles plantes que je pourrais, peut-être, découvrir. Si ça se trouvait, il y avait peut être tout un champ de plantes comestibles qui nous attendait quelque part. Ou de plantes tueuses aussi pourquoi pas. Tout avait changé sur cette planète alors niveau botanique, je n'étais plus vraiment sûr de rien. Du coup, si quelqu'un d'autre pouvait goûter les plantes avant moi, cela m'arrangeait plutôt.

Enfin heureusement, peu de plantes avaient changé sur le plan de la comestibilité. Sinon je crois que je serais déjà mort et enterré depuis longtemps. Quoiqu'il en soit, nous étions enfin arrivés sur place et nous nous étions séparés pour explorer la zone afin de trouver quelque chose d'intéressant plus rapidement, même si nous restions quand même à portée de vue et d'audition. Pas très doué pour les chasses au trésor, je me contentais de regarder les plantes qui croisaient ma route. Et d'ailleurs j'étais plutôt fasciné par la manière dont elles s'étaient toutes développées alors que rien pourtant ne les destinait à naître au beau milieu de ces villes auparavant. La vie pouvait être étrange parfois. Stupéfait, je me suis même arrêté pour regarder ce gros chêne qui s'était carrément installé autour d'une ancienne bâtisse en ruine. D'ailleurs je pense que depuis le temps, elle ne tenait plus que grâce à l'arbre qui la soutenait. M'approchant doucement de l'arbre, j'en fis le tour pour observer ce réseau de racines gigantesques qui se plantaient dans le sol tout autour de la maison comme si elle défendait quiconque d'y entrer. Cela formait presque un abri naturel si l'on n'avait pas peur que tout s'écroule sur le bout de votre nez un jour ou l'autre.

Plongé dans mon désir d'exploration, je repérai une petite ouverture dans la bâtisse en ruine qui n'était pas bloquée par les racines. Curieux je m'en approchais prudemment, passant ma tête dans l'ouverture. A l'intérieur c'était le noir complet. Et bizarrement je n'aimais vraiment pas ça. Enfin de règle générale, je n'aime pas trop l'idée de rentrer dans un lieu que je ne connaissais pas sans avoir une lumière pour m'éclairer. Je restais cependant ainsi pendant de longues minutes à observer ce trou béant de ténèbres devant moi, tentant de repérer quelque chose de brillant ou qui en valait la peine. Mais non rien, juste du noir, épais et terrifiant. Frissonnant doucement, je me mis à penser que Kelan n'aurait pas manqué cette occasion pour se moquer de moi. Mais Kelan n'était pas là et moi je m'ennuyais comme un rat mort. Il était peut être insouciant et stupide parfois, il avait au moins le mérite de me faire rire et de m'occuper. Tout le contraire de mes compagnons du moment qui étaient bien trop concentrés sur leur mission à mon goût. Il n'y avait même pas eu une blague salace depuis qu'on était parti de notre campement, imaginez donc la torture ! Ou peut être que c'était ainsi que les gens normaux se comportaient... A force de traîner avec Kelan, on ne savait plus très bien.

Soupirant d'ennui mais aussi complètement paumé dans mes propres pensées, je finis par émerger à un moment. Une pensée me vint alors immédiatement à l'esprit. Les autres ? Où sont passés les autres ? Inquiet, je me mis à regarder tout autour de moi. Rien, pas un mouvement, pas un bruit. J'étais seul, tout seul. Aussitôt mon coeur se serra et je me sentis mal, sentant même la panique qui commençait à doucement monter en moi. Seul, au beau milieu de ruines qui s'étendaient sur je ne sais combien de mètres avec je ne sais quel danger qui se tapissait parmi ces murs branlants et cette végétation envahissante. J'étais mal, très mal. Pressant le pas, courant presque en fait, je me mis à tourner en rond autour de mon chêne, tentant de les repérer. J'essayais aussi de repérer d'où je venais... Mais ces foutues ruines se ressemblaient toutes ! Bref j'étais perdu. Bien joué Milaan !

Repérant une petite butte, je décidai alors de m'y rendre histoire d'avoir une position en hauteur et de pouvoir les repérer plus facilement. Resserrant mes sacs et ma sacoche autour de moi, je pris mon courage à deux mains et montai la butte en peinant un peu. J'en avais marre de marcher, mes pieds sont tout engourdi et... Bam ! Je sentis que le sol se dérobait sous mes pieds. Criant avec bien peu de virilité, je tentai tant bien que mal de me raccrocher à quelque chose mais tout s'effritait en même temps que je chutai. Heureusement, la chute ne dura pas longtemps. Retrouvant un sol solide, je m'écroulai comme un sac à patates sur le sol, ne parvenant pas à réaliser une réception propre. Un peu sonné, je secouai ma tête avant de regarder autour de moi. Me voilà dans un trou. Un bâtiment qui avait été recouvert visiblement et qui n'avait pas supporté mon poids. Je n'avais pourtant pas tant grossi que ça.... Si ? Maudissant mes sublimes idées, je finis par m'asseoir doucement avant de poser tous mes sacs sur le sol poussiéreux sur lequel j'étais assis.

Regardant tout autour de moi, je tentais de repérer ce que je pouvais utiliser pour pouvoir remonter. Et à mon grand désarroi, il n'y avait pas grand chose. Voire rien du tout en fait. Pourtant ce n’était pas haut. Enfin ceci dit, il y avait peut être deux trois trucs là-bas, dans le noir complet. Frissonnant rien qu'à cette idée, je me demandais combien d'énormes araignées pouvaient avoir élu résidence dans un endroit comme celui-là. Cette simple idée me terrorisa et me figea sur place. Je ne savais même plus quoi faire à part rester là comme un idiot sous un trou qui n'allait pas me laisser passer de lui-même... Mais non, je ne pouvais décidément pas aller là-bas dans les ténèbres sans rien y voir. Impossible. J'allais crever c'était sûr ! Alors soupirant, je finis par me ratatiner sur moi-même. *Milaan tu ne sers à rien... Tu a peur du noir, c'est ridicule !*. Ouais mais il est sacrément glauque ce noir là... Finalement, je baissais les bras, frissonnant de dégoût. Non je vais attendre de l'aide. Hein ? Quelqu'un va bien finir par venir non ? N'est-ce-pas ?

- Les amis...? Wouhou...? Les gars...? Vous êtes là...? J'ai besoin d'aide...

Soupirant, je n'entendis rien. Rien du tout. A part le raisonnement de ma propre voix. Seul, j'étais tout seul, dans un trou minuscule. Quelle façon minable de mourir. Et bien, il fallait bien y passer un jour n'est-ce pas ? Prenant une poignée de cette poussière qui me tenait lieu de matelas, je finis par rouvrir ma main, paume tendue vers le ciel. Puis, complètement découragé et déprimé, je finis par souffler dessus, faisant voleter un nuage de poussière devant mes yeux. *Ouais... Bon anniversaire Milaan au fait...* Puis, repliant mes genoux sur moi-même, je tentais alors de me bercer sans trop de conviction. Ne pas penser à ce noir. Ne pas penser aux araignées immondes qui s'y tapissent. Non n'y pense pas... Ne pense pas à ces yeux qui t'observent, ces centaines de trois paires d'yeux rivés sur toi... Pense que tu es au chaud, au campement, riant avec Kelan, oui c'est ça... Tu es là bas Milaan, tu vas bien...


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Dix de perdus, une de trouvée. ✷ feat. Jezabel & Milaan. Empty Re: Dix de perdus, une de trouvée. ✷ feat. Jezabel & Milaan.

le Mer 15 Avr - 22:06
dix de perdus, une de trouvée
milaan ∞ jezabel

À vivre trop longtemps avec un bunker à la place du coeur, on s'habitue à l'obscurité. ✻✻✻ Le feu ronfle doucement dans sa cheminée de fortune, dans cette bâtisse dans laquelle elle a élu domicile. Les flammes s''élèvent hautes et tournoient dans l'âtre en fins volutes. Malgré la chaleur de cette journée de printemps, malgré le soleil haut dans le ciel. Jezabel n'a que faire de ce trop plein de chaleur. Femme du désert, la morsure du feu n'est plus qu'un chatouillement anodin. Pourtant, elle ne l'allume pas pour le simple plaisir d'étouffer. Elle est en pleine préparation de concoctions diverses. En effet, si elle est là, et non dans sa demeure habituelle, c'est parce que la forêt regorge des ingrédients nécessaires à ses préparations. Et qu'au retour des beaux jours, les plantes font leur apparition et elle a tout intérêt à ne pas rater ça. Certaines, plus rares, ne montrent leur nez que quelques jours par an. Alors elle les cherche attentivement, fouillant les clairières, les fourrés, tout ce qui pourrait abriter ces précieuses fleurs. Pourtant, même si elle les trouve, ces jolies plantes ne survivraient pas le chemin du retour jusqu'à la cité Rahjak. C'est pourquoi elle les sèche ou les prépare directement sur place. Sur la petite table aménagée en atelier de fortune, elle broie des feuilles, écrase des graines, recueille les moindres parties utiles à ce noble art qu'elle pratique depuis presque toujours. Sorcière douée, malgré sa réputation traînée dans le sable, beaucoup viennent acheter ses services et sont prêts à y mettre le prix. Pourquoi ? Parce qu'elle se diversifie, qu'elle a la patience, qu'elle est intransigeante envers elle-même, cherchant la perfection dans chacun des remèdes ou des poisons qu'elle élabore. Et elle ne s'accorde aucune droit à l'erreur. Tout ce qu'elle vend a fait ses preuves. Sauf si le client est un emmerdeur notoire et qu'elle préfère qu'il aille au diable plutôt que d'utiliser ses produits. Oui, même si ça signifie y perdre au change. Elle est bien capable de lui fournir de la pisse de fennec si cette personne a osé faire quoi que ce soit qui l'a dérangée. Ne serait-ce qu'insulter la mauvaise personne. Non pas qu'elle soit susceptible, mais Jezabel aime rendre justice à sa manière.

L'après-midi est déjà bien entamé lorsqu'elle décide de faire une pause. Sa préparation chauffe lentement au-dessus du feu et d'autres reposent au bord d'une fenêtre aux vitres brisées. La quadragénaire dissimule le tout sous une étoffe qu'elle recouvre de mauvaises herbes, au cas où un voleur se dissimulerait dans ces ruines désolées. Munie d'une lame recourbée et d'un fin poignard, elle sort de la bâtisse et s'en va explorer les alentours. Un instant, son regard se perd au loin, vers l'ouest. Là où ses filles demeurent encore à ce jour. Là où elle compte se rendre quand elle aura réuni le courage nécessaire pour les prévenir de son retour. Mais elle devra prévoir un séjour plus long dans ces contrées étrangères. Pour le moment, elle est simplement revenue se fournir en ingrédients, rien de plus. Bien que, inconsciemment, elle se soit bien plus éloignée que d'ordinaire. Pour trouver des plantes plus rare ? C'est ce dont elle essaie de se convaincre. Mais il est bien évident qu'autre chose la retient. Une ombre. Un passé.

Jezabl est appuyée contre un arbre, en train d'en recueillir la sève, lorsque des éclats de voix retentissent et résonnent contre les parois murales abandonnées. Des voix jeunes, une langue qu'elle n'entend que rarement, des accents étrangers. Sans attendre, la sorcière se dissimule dans l'ombre et se fait la plus discrète possible. De son regard attentif, elle observe au loin les silhouettes de ces inconnus. Sa curiosité est alors titillée. Elle n'avait jamais vu ces étrangers tombés des cieux, il ne s'agissait que de rumeurs, que d'histoires étrangères pour elle. Pourtant, elle doit bien reconnaître qu'ils n'ont rien de ces terriens que l'on rencontre dans la région. Rien que leurs vêtements contrastent terriblement avec ceux d'ici, leur allure et leur façon de se tenir également. Quant à leur manière de tenir une arme et de jouer la discrétion, mieux vaut ne pas en parler. Si plusieurs terriens s'étaient cachés dans les parages, ils auraient tous eu très vite la gorge tranchée. Et si ces terriens avaient été natifs du désert, les étrangers auraient tôt fait de se retrouver pieds et poings liés, emportés dans la cité pour être vendus comme esclaves. Jezabel esquisse un rictus à cette pensée, mais elle ne bouge pas de sa cachette. Elle les observe de loin, elle se demande bien ce qu'ils font. Avec appréhension, elle les voit qui furètent non loin de la bâtisse où elle a entreposé ses préparations, de la fumée claire qui ressort de la cheminée. Mais ils ne semblent même pas la remarquer. Ils passent tout droit, s'arrêtant ici et là pour ramasser des objets qui lui semblent tout à fait inutiles et pourtant, ils sont satisfaits de leurs trouvailles. Un soupir discret quitte ses lèvres. Pathétique. Et en même temps, elle est amusée par le comportement des ces jeunes gens. On dirait des enfants, de pauvres gamins qui découvrent le monde sans être sur leurs gardes.

Plusieurs minutes passent, peut-être une heure, avant que ces jeunes gens ne décident de s'éloigner, de rentrer peut-être. Sans les quitter des yeux Jezabel sort lentement de sa cachette, les observe quitter les chemins tracés du passé pour en retourner sur les routes moins sûres de la forêt. Bien, elle préfère ça. Un peu de paix et de solitude. Enfin, c'est ce qu'elle pensait.

« Les amis...? Wouhou...? Les gars...? Vous êtes là...? J'ai besoin d'aide... » Sourcil arqué, moue surprise, Jezabel tourne les yeux dans la direction d'où vient la voix. Elle s'avance à pas de loup, sur ses gardes, sa lame à la main. Là, elle grimpe une légère pente, prenant garde à ne pas marcher sur un endroit fragilisé par le temps ; ces vieilles ruines ne tiennent plus en place depuis bien longtemps. Enfin, elle parvient au sommet d'une butte et aperçoit un trou. La quadragénaire approche puis se met à quatre pattes afin de répartir son poids de façon équitable. Enfin, son visage passe par dessus le bord pour voir ce qu'il s'y trouve ; un jeune homme blond et apparemment bien seul. Recroquevillé sur lui-même, il lui ferait presque de la peine à se balancer ainsi d'avant en arrière en jetant des regards affolés autour de lui. Enfin presque, mais pas tout à fait. Un sourire malin fend ses lèvres pendant qu'elle observe le manège de l'étranger quelques minutes ; oui, elle est très patiente. Puis sa voix s'élève, aux accents tranchés du désert, résonnant dans la pénombre. « Si tu bouges pas tes fesses, t'auras du mal à te sortir de là. » Elle le voit qui lève la tête dans un sursaut et ça l'amuse. Le pauvre n'a pas l'air bien rassuré, pourtant, elle ne fait rien pour l'apaiser, ni même pour l'aider. Ses coudes appuyés contre le rebord, elle appuie son menton dans ses mains et le scrute avec attention. Quel âge peut-ils bien avoir ? Il a l'air jeune, ou alors ce n'est qu'une impression à le voir s'agiter comme un enfant là en bas. « Comment tu t'appelles gamin ? » demande-t-elle finalement, le ton léger, pas le moins du monde pressée ou effrayée par cet étranger. Si Jezabel aime la solitude, elle apprécie encore plus les énigmes, et avoir le contrôle de la situation. Là, elle fait d'une pierre deux coups, assouvissant sa curiosité et, par la même, ayant droit de vie ou de mort sur une personne. Elle peut bien le laisser croupir dans son trou ou aller chercher de quoi l'aider. Mais pour le moment, elle n'a pas encore tranché. Ca dépendra de lui.

✻✻✻
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Dix de perdus, une de trouvée. ✷ feat. Jezabel & Milaan. Empty Re: Dix de perdus, une de trouvée. ✷ feat. Jezabel & Milaan.

le Ven 17 Avr - 3:38



Jezabel White & Milaan N. Wayne

" Quelle bonne surprise ? "

Seul, au fond d'un trou poussiéreux, sombre et menaçant... J'ai vraiment touché le fond. Déjà que d'habitude je ne suis pas vraiment du genre à flotter, là j'atteignais des abysses rarement atteintes. Je m'enfonce dans un océan de ridicule et de pitié. Parfois je me tuerais moi-même, par simple pitié. Après tout, j'avais une vie décousue, sans aucun sens. Quel était mon but, mon objectif sur cette Terre ? Ma vie avait elle une finalité ou serait elle finalement aussi vide de sens que cette Ashera qu'on avait retrouvé, la tête sur une pique ? Moi j'allais être retrouvé au fond de ce trou poussiéreux. Peut être un jour, quand mon corps aura été dévoré par des charognards. Je servirai à ça alors, remplir la panse d'un vulgaire volatile, retourner dans le cycle immuable de la vie sur cette fichue planète inhospitalière. Non je me le refusais. Je ne pouvais pas partir comme ça, pas de cette façon ridicule. Je ne méritais pas ça, pas après tout ce que j'avais vécu.

Et pourtant, seul dans le silence le plus total pendant de longues minutes, je ne pouvais pas empêcher cette petite voix à l'intérieur de moi qui me disait "Et si jamais...?". Recroquevillé sur moi-même, j'avais beau balayer de mon regard toute la salle autour de moi, je ne parvenais pas à repérer le moindre objet qui puisse m'aider. Qu'est ce que j'espérais ? Trouver une vieille échelle antique ? Tout devait être poussière à présent. A moins que dans les ombres se cache une sortie. Oui c'était mon dernier espoir. Et pourtant mon corps se refuser de bouger, tétanisé. On aurait un gosse effrayé par le noir. Oui je l'étais. Qui savait ce qu'on pouvait trouver tapi dans les ténèbres ? Quelle menace était prête à vous sauter à la gorge ? Qui savait ce que cette fichue planète pouvait bien abriter après tout ? Il fallait demander à un terrien, il m'informerait aussitôt ce que je peux y trouver, avant de m'exécuter sauvagement ensuite. Quelle formidable option.

Non vraiment j'étais dans la bouse jusqu'au cou. Et dire que c'était mon anniversaire aujourd'hui, un quart de siècle tout juste ! Ce n'était pas rien. Et pourtant je n'avais pas accompli grand chose. Je n'étais qu'un pion dans un échiquier trop large pour moi, trop flou également. Mais qui pouvait bien se permettre de dire avec certitude qu'il était utile, qu'il avait réalisé quelque chose d'important dans sa vie ? Surtout sur cette terre où la civilisation avait été réduite de manière drastique. Avait on seulement une trace de l'histoire qui se jouait ces derniers jours ? Enfin bref, plus les secondes passait et plus mes pensées dérivaient, devenant de plus en plus sombres et de plus en plus déprimantes. J'avais été abandonné, comme un malpropre, comme un indésirable, un rebut d'une société de gamins qui ne savaient pas quoi faire, moi compris. Je n'étais qu'une poussière inutile sur un meuble qu'on peut regarder fixement sans rien voir. Je n'importais pas, personne ne s'inquiétait, j'allais mourir desséché et bouffé par les vers. Et personne ne s'en apercevrait. On m'avait déjà oublié après tout.

Mais soudain je fus happé hors de mes noires pensées, hors de ce dégoût et de cette terreur qui m'envahissait. Une voix, presque une hallucination en fait. Une voix qui ne ressemblait d'ailleurs à aucune de celles de mes compagnons. Une voix avec un accent bien particulier que je ne connaissais pas, à couper au couteau. On aurait presque dit ce dictateur allemand de la deuxième guerre mondiale qui se mettait à parler dans ma langue avec des intonations bien féminines. Sans pouvoir m'en empêcher, je fus pris d'un violent sursaut. J'étais surpris, presque choqué, de constater la présence de quelqu'un qui m'observait. Et depuis combien de temps exactement ? J'en avais aucune idée. Mais le fait était que je n'avais strictement rien entendu, trop centré sur moi et mes pensées stupides pour faire attention à ce qui m'entourait. Milaan t'es débile, tu aurais pu te faire tuer d'un coup sans même voir le coup arriver ! Et fallait vraiment que quelqu'un se mette à m'apprendre les bases de la survie. Même un mouton domestiqué pourrait me tuer sans problème.

Mon regard se posa alors sur la présence qui m'observait et c'était une femme plutôt âgée, enfin dans la trentaine ou bien dans la quarantaine peut être, qui me toisait du bord du trou dans lequel je m'étais effondré. Je ne reconnaissais pas ses habits mais ce que je savais en revanche c'était que ce n'était pas quelqu'un de mon campement, loin de là. Une terrienne. Mon sang se glaça et je restai interdit. Que faire ? Je n'en avais plus aucune idée. Mais ce qui était sûr, c'était que ma vie ne m'appartenait plus. Elle venait de glisser entre les mains de cette femme qui avait en ce moment le pouvoir de vie ou de mort sur ma pauvre existence. Et à moins d'un miracle, il était probable que j'y reste... Les terriens n'étaient pas vraiment des plus accueillants avec les enfants venus de l'espace comme moi. Mais une seule pensée arrivait quand même à me rassurer : si elle avait voulu me tuer, elle l'aurait déjà fait depuis longtemps. A moins qu'elle veuille s'amuser un peu avant.

Je n'en étais que peu rassuré pourtant, déglutissant doucement, mal à l'aise. La femme me fit d'ailleurs remarquer que mon inaction ne m'amènerait nulle part. J'étais le premier à le constater mais je ne pouvais pourtant pas me résoudre à franchir cette barrière entre la lumière et ces ombres inquiétantes. D'autant plus que je ne verrais que dalle. Figé sur place, les tremblements qui m'agitaient auparavant s'étaient calmés de même que mes mouvements de bascule. Non maintenant je n'étais plus qu'une statue de cire, une biche fixant un prédateur en se demandant si cela allait être son dernier jour ou non. Pourtant, une main se glissa dans ma sacoche en douceur, saisissant le manche de mon couteau de prédilection, ma seule arme en fait. Oui même dans cette situation désespérée, même si je savais qu'un misérable couteau ne ferait jamais le poids, il me restait un sursaut de survie en moi. Serrant simplement le manche dans ma main je restais alors coi, scrutant les réactions de la femme, n'osant pas parler, ne sachant pas quoi dire plutôt. Elle finit par me demander mon nom. Et je me mis à réfléchir, trop réfléchir. La jeune femme ne semblait pas particulièrement hostile. Non elle avait plutôt l'air amusé, comme si tout cela la faisait rire. Moi beaucoup moins, je n'étais pas rassuré du tout et pour la première fois depuis de longues minutes, j'avais presque envie de rejoindre les ombres pour me faire le plus invisible possible... Finalement, c'est avec un petit sourire timide que je finis par lui répondre.

- Je euh... Je m'appelle Milaan. Et hum.... Enchanté de vous rencontrer ?

Ou pas. Cela dépendait de si je survis à notre rencontre ou pas. D'où mon affirmation dont le ton pris davantage les airs d'une question. Je ne savais vraiment pas sur quel pied danser avec cette terrienne. Surtout que ses habits semblaient si différents de ceux des autres terriens, surtout de cette terrienne que j'avais croisé un jour avec Kelan. On aurait presque dit que cette femme venait d'une autre tribu, peut être moins bienveillante que celle de Katelynn... Mais peut être serait elle pareille, peut être ne me voudrait elle pas de mal ? Je n'avais plus qu'à l'espérer si je voulais toujours vivre. Et il y eut alors cette question qui me brûla le bout de la langue, cette question qui m'obséda et qui tourna dans ma tête quelques secondes avant qu'elle ne passe la barrière de mes lèvres. Mais je devais savoir. Il fallait que je sache ou que je me prépare. Alors baissant les yeux sur ma sacoche, je lui demandai d'une voix bien mal assurée :

- Est ce que vous.... Vous allez me tuer ?


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Dix de perdus, une de trouvée. ✷ feat. Jezabel & Milaan. Empty Re: Dix de perdus, une de trouvée. ✷ feat. Jezabel & Milaan.

le Sam 18 Avr - 2:06
dix de perdus, une de trouvée
milaan ∞ jezabel

À vivre trop longtemps avec un bunker à la place du coeur, on s'habitue à l'obscurité. ✻✻✻ Jezabel a derrière elle de nombreuses années d'expérience. Dans sa vie, elle a rencontré beaucoup d'étrangers, venus de contrées lointaines, de tribus nomades. Des individus égarés ou tout simplement en quête d'aventures et de libertés. Beaucoup se retrouvaient dans le désert, perdus au milieu de nulle part. D'autres étaient ramenés en tant qu'esclaves au sein de la cité des Rahjak par des mercenaires ambitieux assoiffés d'argent et de pouvoir. De toutes ces personnes, elle a pu apprendre de nombreuses choses, s'est renseignée sur d'innombrables cultures. Curieuse mais surtout consciente que la connaissance est l'un des outils les plus nécessaires à la survie – bien que mis de côté pour la force brute – elle s'est abreuvée de tous les récits possibles et imaginables. Pourtant, lorsqu'elle a entendu parler de ce peuple du ciel, elle n'a pas ressenti le désir de les voir de plus près. Peut-être parce que ça lui paraissait invraisemblable. Ou qu'elle les imaginait déjà tous succomber à l'hiver. Mais s'ils ont survécu, c'est qu'ils doivent être plein de ressources, qu'ils ne sont pas totalement indignes d'intérêt. On raconte qu'ils ne sont pas comme eux. D'autres disent que ce ne sont que des gamins naïfs et incapables. Certains, plus alarmistes, pensent qu'ils sont annonciateurs de malheur, les éclaireurs d'une armée plus redoutable. Jezabel reste sceptique. Car elle ne croit que ce qu'elle voit. Les théories vaseuses, la pseudo sagesse des anciens, ça lui passe par dessus la tête. Elle n'apprend que par l'expérience et si elle peut entrer en contact avec ces êtres de l'espace, elle se forgera sa propre idée. C'est d'ailleurs ce qu'elle se dit en examinant l'énergumène coincé dans son trou. Pourtant, elle n'est pas encore certaine que cet homme vient bel et bien du ciel. Peut-être n'est-il qu'un terrien incapable qui a réussi à survivre jusqu'à présent par elle ne sait quel miracle et qui aime parler l'ancienne langue de la Terre. Oui, peut-être, mais ça lui paraît bien étrange. Néanmoins, elle ne perd pas de vue son pragmatisme habituel. Si elle veut des réponses, il faut poser les bonnes questions.  

Quand elle prend la parole, le jeune homme réagit comme elle s'y attendait ; comme un enfant apeuré. Il la fixe de ses grands yeux clairs et reste totalement pantois, incapable de dire un mot. Est-elle si terrifiante que ça ? Possible. Certains la trouvent intimidante, d'autres trop mystérieuse. Mais tous s'accordent à dire qu'elle est imprévisible. Sa douceur n'en est que plus déconcertante car si ses paroles peuvent se faire caresses, ses gestes, eux, peuvent ôter la vie. Il n'est pas toujours bon de lui faire confiance. Mais soyez de son côté, soyez utiles de surcroît, et elle n'aura aucun mal à vous garder en vie. Alors oui, peut-être que cette ambivalence se lit sur son visage, que l'étranger voit clair dans son jeu. Ou alors il a simplement peur de tout ce qui bouge. L'un n'exclut par l'autre, bien évidemment. De toute évidence, il n'est pas bien bavard de toute manière, c'est pourquoi elle lui demande son prénom qu'il ne tarde pas à lui donner, toujours terrorisé. « Je euh... Je m'appelle Milaan. Et hum... enchanté de vous rencontrer ? » Le sourire de Jezabel ne s'efface pas. Il reste accroché à ses lèvres, discret, presque imperceptible. Est-ce une question ? Est-ce une affirmation ? Il ne semble pas bien sûr de ce qu'il raconte et il lui fait presque de la peine. Son prénom tourne alors dans son esprit. Milaan. Pas du tout un prénom d'ici. Milaan. C'est doux sur la langue, c'est agréable à prononcer. Les secondes se suivent et elle est de plus en plus certaine qu'il ne vient pas d'ici. Ni des alentours immédiats.

« Est-ce que vous... Vous allez me tuer ? » Jezabel sort de ses songes pour poser son regard dur sur lui. Ses lèvres sont scellées et elle remarque qu'il a détourné les yeux. Trop effrayé ? Honteux de poser une telle questions ? Est-ce qu'il se rend compte de ce qu'il est en train de lui demander ? Alors ses réflexes de Rahjak lui reviennent ; elle l'examine avec attention, évaluant mentalement sa valeur si elle devait le ramener dans sa tribu et le vendre au marché des esclaves. Elle songe à ce que ça lui rapporterait. Ou à ce qu'il pourrait lui rapporter en termes de connaissances aussi. S'il vient de si loin, il doit bien avoir des informations à lui donner.

« Disons que ce n'est pas dans mes projets. Pas dans l'immédiat. » rétorque-t-elle finalement, toujours avec cette douceur caractéristique. Elle est franche. Elle n'a pas de raison de lui mentir. Elle est en position de force et ils le savent tous les deux. Alors elle laisse le temps s'écouler, elle patiente gentiment, pas pressée. Le crépuscule ne devrait plus tarder, mais elle a un feu qui l'attend déjà, ce qui n'est pas le cas du jeune homme. Néanmoins, elle se décide à reprendre la parole. « Tu es l'un de ces gamins du ciel ? » demande-t-elle, sans cacher son scepticisme à ce sujet. Des gosses qui tombent du ciel, ça lui paraît toujours aussi absurde. Mais à en croire les marchands qui s'aventurent dans leur tribu, il n'y a plus aucun doute à avoir sur le sujet. Aussi étrange que ça puisse paraître, ils ont bel et bien atterri au beau milieu de la région après une longue chute depuis les étoiles. Au final, Jezabel a envie d'y croire. Mais c'est probablement son côté terre à terre qui préfère prendre le dessus dans ces cas-là. Elle fixe l'étranger et attend sa réponse. Elle ne lui propose même pas son aide, ce n'est pas son genre. Pas sans quelque chose en échange et il ne semble pas avoir grand chose à lui donner. Si ce n'est, peut-être, un peu de son temps et des récits intéressants.

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Dix de perdus, une de trouvée. ✷ feat. Jezabel & Milaan. Empty Re: Dix de perdus, une de trouvée. ✷ feat. Jezabel & Milaan.

le Lun 20 Avr - 10:54



Jezabel White & Milaan N. Wayne

" Comment raconter sa vie à une terrienne. "

Mon regard noisette se posa sur la femme qui me faisait face. Elle était confiante, sûre d'elle et bien mystérieuse... Enfin je suppose que l'on a le droit de l'être quand on se sent dans une situation de supériorité. Après tout, moi-même je la comprenais. Qu'est-ce que je pourrais bien lui faire à des mètres en dessous d'elle à part tenter de la frapper avec un arc ? Enfin même si j'avais un arc en ma possession, le temps que je le sorte, elle avait largement le temps de se planquer pour ensuite me laisser moisir et pourrir au fond de ce trou. Et soyons franc, c'était tout ce que j'essayais d'éviter à ce moment précis. Enfin du moins, je n'avais pas encore décidé si c'était mieux qu'elle soit présente ou que je sois seul. Après tout, je me rendais bien compte que je ne connaissais absolument rien d'elle ou de sa tribu. Pour ce que j'en savais, elle pouvait très bien être une sanguinaire, une serial killer, ou encore une cannibale. Dieu seul savait ce dont les terriens étaient capables.

Et pour ce que j'en savais d'eux, autrement dire pas grand chose, certains pouvaient être gentils à l'instar de Katelynn et d'autres complètement sans coeur comme ces terriens qui avaient tué tant des nôtres comme cette Ashera dont on avait retrouvé la tête sur une pique. Avouez que ça ne rassurait pas vraiment. D'autant que l'accoutrement de la jeune femme semblait particulier. C'était comme si j'étais tombé sur une terrienne d'une tribu bien différente. C'était bien ma veine. Me voilà dans l'inconnu total à faire des hypothèses sur une femme dont je ne connaissais rien. Si j'avais su qu'elle venait d'une tribu d'esclavagistes, je n'aurais très certainement pas dit tout ce que je m'apprêtais à lui révéler. Mais l'idée de l'esclavage était tellement loin de mon esprit à cet instant. Jamais je n'aurais pensé que quiconque ait pu rétablir une abomination des années après l'avoir abolie et interdite. Enfin, j'oubliais parfois à quel point les terriens avaient fait un bond dans le passé. Entre eux et nous, il y avait un tel fossé culturel... Cela expliquait d'ailleurs tous nos affrontements...

Bref, je n'étais pas rassuré du tout. Entre savoir qu'elle avait entre les mains ma vie et être en train de dépérir dans ce trou, je n'étais pas très optimiste. Pire même, j'avais bien conscience que cette femme était à peu près le seul espoir que j'avais de sortir de là vivant. Alors étrangement, j'étais tout stressé. C'était comme si mon fichu père se mettait à m'interroger sur mes connaissances en médecine et que je devais tout citer par coeur. Je ressentais tout ça. Le coeur dont les battements s'accéléraient, la gorge sèche, les mains moites et cette jambe qui s'activait, tremblait presque, sous la tension qui s'accumulait dans mon corps. J'étais devenu une boule de nerfs surtout lorsque la terrienne ne me répondis pas ensuite, me laissant alors dans le flou total en ce qui concernait son identité. Pourtant ce n'était pas grand chose un simple nom... Juste le signe d'une conversation amicale et de la paix... Ce qui ne me rassura pas vraiment. Je m'imaginais déjà en côtelettes de Milaan, vendu sur un marché terrien.

Mais l'espoir revint dans mon coeur lorsqu'elle me révéla qu'elle ne désirait pas me tuer, pas tout de suite en tout cas. Ah l'espoir, qu'elle magnifique chose qui donne des ailes aux hommes. J'avais entendu vainement que quelqu'un hésiterait davantage à vous tuer lorsqu'il connaissait tous les détails de votre vie. Par compassion ou une connerie comme ça. Alors vous devez bien vous imaginez que ces petites paroles de sa part furent comme un déclenchement dans mon esprit. Quelque chose qui me disais "Vas y par le Milaan, elle n'osera plus te tuer après ça, plus jamais !". Et jamais je n'aurais pensé que ça deviendrait davantage "Vas y parle Milaan, ça lui fera une bonne liste toute prête lorsqu'elle voudra te vendre aux esclavagistes". Bref, comme d'habitude, je n'avais pas vraiment assez réfléchi à la situation. J'avais agi sous la pression et le stress, lui débitant une longue tirade qui s'apparentait plus ou moins à lui raconter ma vie...

- Je peux être utile vous savez ! Il ne faut pas me tuer ! Je pourrais vous sauver la vie un jour. Je suis médecin, je soigne les gens, s'ils sont blessés ou qu'ils sont malades. Je connais beaucoup de choses. D'ailleurs mes camarades seraient bien seuls sans moi. Plus personne pour les soigner vous savez, ce serait terrible. Des gamins d'une dizaine d'années vont mourir sur cette planète sans mon aide. Et je peux vous trouver à manger aussi ! Je suis botaniste, les plantes comestibles ça me connaît. Si vous avez un petit creux... Et puis mon ami Kelan a besoin de moi, son amie a été tuée et il... Enfin il déprime en ce moment, il a besoin de moi pour le consoler et le réconforter et... Et j'ai des faux frères et soeurs ! Ce sont pas vraiment mes vrais frères de sang... Mais c'est tout comme. Ils seraient dévastés s'ils apprenaient ma mort vous savez. Anéantis. A jamais. Et...

Et rien Milaan, t'en avais déjà dit assez... Et puis de toute façon tu n'avais pas grand chose d'autre. Des parents tu n'en avais plus. Enfin si mais c'était tout comme. Fermant alors ma bouche, je finis par constater que j'en avais peut être dit beaucoup. Et que j'avais peut être enjolivé les choses aussi. Car bon, si j'étais honnête, je savais très bien que ma mort ne ferait pas grand chose au campement. Des médecins il y en avait d'autres, des botanistes aussi. Kelan avait d'autres amis. Quant à mes frères et soeurs comme Logan et Eleonor, et bien ils se réconcilieront tous les deux en faisant des bébés. Et peut être que leur fils s'appellera Milaan. Peut être. Donc oui peut être que j'avais menti au final... Mais bon, vu la situation, Dieu m'en voudra pas, j'espère. Bah de toute façon il m'en doit une avec tout ce que j'ai pu subir. Cependant, je finis par rouvrir une nouvelle fois la bouche. Mais cette fois-ci je décidais de faire sobre. C'était juste histoire de répondre à sa question qui en soit n'était pas un secret de polichinelle.

- Oui je suis un enfant du ciel... Si on veut. On était juste en orbite autour de la Terre. Comme la Lune, au-delà du ciel même.

Je ne savais pas vraiment pourquoi la question l'intéressait. Après tout n'était ce pas évident avec les vêtements que je portais ? Avec l'accent aussi certainement. Moi-même je pouvais dire qu'elle venait d'ailleurs. Et cela m'intrigua. Et puis bizarrement ma longue tirade m'avait un peu soulagé. En fait je venais de réaliser moi-même que tout ce que j'avais pu dire ne l'empêchera pas de me tuer si l'envie l'en prenait. Ce n'était pas comme si j'avais vécu longtemps au point d'avoir un gosse et une famille entière sous ma responsabilité. Et ce n'était pas comme si ma mère attendait encore à la maison et que ma mort l'anéantirait. Non elle m'attendait plutôt de l'autre côté à présent. Alors ma vie n'était pas très importante au final. Et la terrienne s'en rendrait peut être compte d'ailleurs. Finalement, en soupirant un peu, je la regardais doucement avant de me risquer à lui poser une question à mon tour. Il n'y a pas qu'elle qui était curieuse après tout...

- Vous ne ressemblez pas aux terriens que j'ai croisé. D'où est ce que vous venez...?


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le Mer 22 Avr - 23:31
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À vivre trop longtemps avec un bunker à la place du coeur, on s'habitue à l'obscurité. ✻✻✻ La rencontre titille son intérêt. Oui, c'est vrai, on ne rencontre pas des jeunes gens venus de l'espace tous les jours, et voilà qu'on lui en offre un sur un plateau. Ou plutôt, dans un trou. Ce qui revient plus ou moins au même en l'occurrence, car il ne risque pas d'aller bien loin dans cette posture. Dans tous les cas, bien qu'elle n'ait pas eu envie de faire le déplacement uniquement pour les voir de plus près, elle n'est pas mécontente du résultat. À l'observer attentivement, il n'a pas l'air bien différent de ces jeunes hommes que l'on rencontre quotidiennement sur Terre. Deux bras, deux jambes, deux yeux et possiblement tout l'attirail masculin qui va avec. Mais bien qu'il ressemble à n'importe lequel d'entre eux, il n'a pas l'air bien effrayant. Un gamin paumé, voilà tout ce qu'elle voit. Et pour être honnête, c'est un changement plutôt agréable. À force de vivre dans le désert, on s'habitue aux fortes têtes, aux brutes, à la vie difficile qu'offre cette étendue de sable parcourue d'habitants austères et surtout hostiles. Prêts à vous sauter à la gorge pour un mot de travers, pour un peu de nourriture, pour un simple coup de tête aussi, pourquoi pas. Jezabel a appris à surveiller ses arrières et à ne pas accorder sa confiance trop rapidement. D'ailleurs, c'est à se demander si elle l'accorde vraiment totalement. Toujours sur ses gardes, jamais tranquille. Et même alors qu'elle discute avec le blondinet, son regard se tourne parfois vers l'extérieur, balaie les alentours, s'assure que rien ne risque de lui tomber dessus sans crier gare. Il ne s'agit ni de peur, ni d'angoisse. Rien que des années d'expérience et la connaissance d'une Terre peu accueillante si l'on se permet de trop prendre ses aises.

Le dénommé Milaan, par contre, semble être très mal à l'aise. Sa question indique bien dans quel état d'esprit il doit être. Et tant mieux, songe-t-elle. Au moins, il n'est pas du genre naïf, à penser que toute personne sur son chemin soit une machine à câlins prête à lui tendre une main secourable. Dans ce monde détruit et désolé, où tout ce qui compte est la survie, le seul moyen de s'en sortir est d'avoir une monnaie d'échange qui en vaut la peine. Si t'as pas ce qu'il faut, tu risques de crever la bouche ouverte, personne ne viendra t'aider. Voilà bien le genre de leçons qu'elle a entendues durant toute sa vie. Ne compter que sur soi-même, c'est la clef du succès. Et savoir user des autres en cas de besoin. Le gamin dans son trou n'est pas à son avantage, et pourtant, il parvient à la surprendre quand il se remet à parler. « Je peux être utile vous savez ! ... » Surprise, Jezabel pose sur lui un regard intéressé, pénétrant. Bientôt, l'amusement prend peu à peu place sur ses traits froids et durs. Un mince sourire fend son visage d'ordinaire si impassible et elle ne loupe pas une miette de cette logorrhée qui lui parvient du fond de ce trou poussiéreux. De tout ça, elle retient plusieurs choses ; il est soigneur. Et il connaît les plantes. Ils s'occupe des plus jeunes également. La femme du désert tente de suivre son discours décousu, cherchant en mémoire les mots de cette langue d'antan qu'elle ne pratique plus assez. Finalement, elle parvient à saisir l'essentiel, retenant un nom, puis des habiletés, et aussi la mention d'une famille, non pas de sang mais d'esprit. Plein de détails qui ne se révéleraient pas d'un grand intérêt pour beaucoup de ses semblables, mais Jezabel sait que la moindre information peut être utile. Il suffit d'avoir une bonne mémoire et de bien choisir son moment pour s'en servir. Pourtant, elle ne lui répond pas. Elle continue de l'observer, semble l'évaluer, retenant son verdict pour plus tard.

« Oui je suis un enfant du ciel... Si on veut. On était juste en orbite autour de la Terre. Comme la Lune, au-delà du ciel même. » La brune pose sur lui un regard pensif. Son explication lui paraît bien étrange, mais il n'a pas l'air de mentir. Il a bien trop peur pour mentir. Elle le lit dans ses yeux. Pauvre enfant innocent et effrayé. Sur Terre, les plus jeunes apprennent ce qu'est l'horreur avant même de savoir ce qu'est la puberté. Celui-là semble y avoir échappé. Est-ce vraiment un mal ? Elle n'en a pas la moindre idée. Mais cette attitude trop gentille, trop molle, sera avant tout vue comme une faiblesse par la majorité des siens. Un être trop enclin à tendre la main plutôt que l'épée n'est pas un bon soldat. Mais puisqu'il est guérisseur...

« Vous ne ressemblez pas aux terriens que j'ai croisé. D'où est ce que vous venez...? » Elle reporte son attention sur lui. Un sourire en coin prend place sur ses lèvres et elle laisse s'écouler quelques secondes durant lesquelles elle se demande si elle a vraiment envie de lui répondre. Mais finalement, que risque-t-elle ? « Je viens du désert. » Pas de mention du nord, du sud ou d'une quelconque direction à suivre. Juste le désert. Trop flou. Trop vaste. Il serait incapable de s'y rendre, même s'il le voulait. À moins de découvrir l'endroit par lui-même. Jezabel l'examine de haut en bas avec attention. « Si quelqu'un vient te voir avec une brûlure, quelle plante vas-tu utiliser ? » Une question. Une simple question, pour évaluer ses connaissances, pour s'assurer qu'il dit la vérité. Les soins, c'est son domaine. Tout comme les poisons. Elle a d'ailleurs une concoction sur le feu qui demande son attention, mais elle a envie de continuer ce petit entretien qui attise son intérêt. La Sorcière ne le quitte pas des yeux, en attente d'une réponse qui décidera du sort de l'enfant du ciel.

✻✻✻
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le Ven 24 Avr - 15:47



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" Un test important. "

La jeune femme en face ne semblait pas particulièrement bavarde. C'était le moins que l'on puisse dire. Tout ce que je pus récolter avec ma longue tirade, qui s'apparentait d'ailleurs plus à un plaidoyer qu'autre chose, fut un regard un peu surpris et un sourire étrange. Et je réalisais petit à petit que je me ridiculisais peut être devant cette terrienne. Elle devait certainement croire que j'étais qu'un petit gamin effrayé, en train de se soulager de peur dans sa culotte. Ce qui n'était pas vraiment faux. Sauf pour la partie soulagement. Si je voulais qu'elle me sorte de là, autant que je lui montre que j'étais plus dur que je ne le laissais paraître, non ? Mais je me demandais bien comment je pourrais faire alors que j'étais coincé dans ce trou poussiéreux, condamné à laisser mon sort entre les mains de cette terrienne. Mais je dois dire qu'elle m'intriguait. Si on mettait de côté le fait que je ne connaissais rien d'elle, elle n'avait pas encore l'intention de me tuer. C'était que je devais représenter un intérêt pour elle non ? Même minime.

En revanche, je n'avais strictement aucune idée de ce que je pouvais représenter pour elle. Qui savait ce qui pouvait lui passer par la tête. Tout ce que je voyais en face de moi c'était ce regard pénétrant qui semblait sonder toutes mes paroles et tous mes gestes comme si elle tentait de démêler le vrai du faux. De mon côté, j'étais bien incapable de mentir. Du moins, je n'aimais pas ça et je répugnais de le faire. Alors je mentais souvent par omission et ne mentais que si je ne pouvais pas faire autrement. Si j'avais un couteau sous la gorge en somme. Mais elle pouvait difficilement l'imaginer à ce moment là. Quoiqu'il en soit, je commençais à presque apprécier cette femme. Elle semblait avoir toutes les qualités que j'admirais dans le sexe opposé. Elle semblait forte et inébranlable. Elle n'avait pas l'air de se laisser marcher sur les pieds et j'imaginais bien que les hommes de son village n'osaient pas trop se risquer à lui chercher des noises. C'était peut être une des rares choses que j'aimais chez les terriens, les femmes semblaient plus indépendantes et influentes que sur l'Odyssée, c'était indéniable.

Et quelque part, j'étais un peu jaloux, j'aimerais bien moi aussi avoir la même assurance qu'elle. Mais j'étais dans un éternel doute et un manque de confiance en moi. Ce qui faisait que je pourrais paraître comme étant faible. Moi je pensais au contraire que j'étais juste gentil et respectueux. Que cela faisait juste de moi une meilleure personne à l'écoute des autres. Mais j'aurais bien aimé pouvoir encaisser les coups aussi, cela m'aiderait parfois... D'ailleurs, je voyais souvent ses yeux quitter mon regard pour regarder tout autour d'elle. Elle semblait comme sur ses gardes ou comme si elle attendait l'arrivée de quelqu'un ou de quelque chose. Et ça piqua ma curiosité, vilain observateur que je suis. Je ne pus alors m'empêcher alors de lui demander naturellement : "Vous attendez quelqu'un...?". C'était peut être aussi un moyen de me rassurer. Si elle attendait quelqu'un, cela ne sentait pas bon pour moi. La femme terrienne semblait m'apprécier ou du moins ne pas vouloir me tuer alors en serait-ce de même pour une nouvelle personne ? Mais je me gardais bien de lui révéler ma pensée à cet instant.

C'était aussi un moyen de rompre ce silence qui me gênait. Je n'avais jamais vraiment été bon pour ce genre de situation. Je pouvais être très réservé et timide parfois. Mais dans une situation en tête à tête avec une inconnue, je me sentais mal à l'aise et surtout je me croyais obligé de tout le temps parler si la personne en face se taisait. Ce qui arrivait bien trop souvent. Du coup il fallait toujours que je parle ou que je pose une question, même si ce que je disais n'avait ni queue ni tête. Au moins le silence était rompu. Et dans cette situation en particulier, le malaise prenait une proportion encore plus importante. J'avais l'impression que si je ne parlais pas, elle allait simplement m'abandonner dans ce trou sombre et sale. Alors je parlais. Et je triturais aussi le manche de mon couteau, toujours caché dans mon sac. Je ne pouvais pas m'empêcher de le tenir encore, toujours pas rassuré par la femme. Enfin, après tout elle devait certainement faire la même chose de son côté... Enfin voilà aussi pourquoi je lui avais demander d'où elle venait.

Quatre mots pour toute réponse. Le désert. Elle venait du désert. J'avais entendu certains cartographe et éclaireurs qui disaient avoir vu un grand désert très loin à l'Est du campement. Je ne m'y étais personnellement encore jamais aventuré. Il pouvait certes y avoir des plantes désertiques assez intéressantes d'un point de vue médical. Mais je pouvais aussi tout simplement me perdre. De toute façon la forêt regorgeait largement plus de ressources intéressantes que le désert alors je me contentais d'y rester, ne pas tenter le diable encore plus que ce que je ne faisais. Enfin en tout cas je notais cette information dans un coin de la tête. Bien que très vague, elle me permettrait de mettre en garde les miens, ceux qui pensaient que personne ne serait assez fou pour vivre dans le désert. Force était de constater qu'ils avaient bien tort. Et avant que je ne puisse établir des théories fumeuses sur son lieu d'habitat, la femme enchaîna avec une question qui sortait un peu de nulle part.

Comment soigner une brûlure et avec quelle plante ? Pourquoi cette soudaine question. La regardant, surpris, j'écarquillai les yeux un moment, un sourcil interrogateur levé vers le ciel. Puis je compris rapidement que cette question n'était qu'un test. Bien entendu. Je lui avais dit que j'étais soigneur et elle ne me faisait pas assez confiance pour me croire sur parole. Pourtant la question était simple, presque basique en fait. Un infirmier pourrait le savoir. Mais je ne pus m'empêcher de grimacer. Les tests, je détestais ça. Peut être un traumatisme de mon adolescence et de mon enfance durant laquelle mon père me posait questions sur questions. Et si par malheur j'avais faux, j'avais le droit à une punition sortie de son imagination. Oui décidément je détestais ça. Soupirant doucement, je me mis à réfléchir tout de même, puisqu'il le fallait bien. Quand on a une brûlure, dépendant du niveau de gravité, il fallait que la plante ou la mixture ait des capacités analgésiques, antiseptiques et hydratantes. Et selon mes connaissances, plusieurs plantes pouvaient correspondre à cette description, comme souvent. Alors je me contentais de lui répondre sans hésitation :

- Venant du désert, vous devez souvent utiliser de l'aloe vera pour ça mais moi j'aurais plus de chance de trouver du millepertuis, moins efficace mais au moins je serai sûr d'en trouver là où j'habite... Enfin bien sûr c'est dans le cas où la brûlure serait du premier ou second degré. Sinon ce serait une tout autre affaire qu'un simple gel à appliquer...

A ces mots, je frissonnais. Les brûlures faisaient parties des pires blessures que j'avais pu voir dans ma vie. Je repensais encore à ce pauvre homme qui s'était brûlé gravement au quatrième degré sur tout un bras. Accident près d'un réacteur de souvenir. La chair calcinée, les cris qu'il poussait, c'était vraiment affreux. Et même soigné, son bras n'avait jamais plus eu le même aspect. Chassant cette pensée de ma tête, je regardais la femme à nouveau, demandant simplement avec un petit sourire : "J'ai réussi le test ?". Ce n'était qu'une simple question, comme la sienne. Mais pourtant j'avais comme l'impression que c'était plus que cela. Que ce test serait ce qui l'aiderait à prendre sa décision sur mon sort. Peut être que la femme avait besoin d'un soigneur qui sait ? Ou peut être était-ce simplement pour savoir si elle pouvait me faire confiance sur ce que je lui avais dit quelques minutes auparavant. Et bizarrement je ne pouvais pas m'empêcher d'être nerveux. C'était moi et mon père, encore et toujours. Et je n'aimais pas ça du tout. Alors je restais suspendu aux lèvres de la jeune femme, avais-je bon ou faux ? Allais-je mourir ou non...?


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le Sam 25 Avr - 0:25
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À vivre trop longtemps avec un bunker à la place du coeur, on s'habitue à l'obscurité. ✻✻✻ « Vous attendez quelqu'un...? » À ces seuls mots, Jezabel esquisse un sourire amusé. Terrifié mais pas bête le gamin. Plutôt observateur aussi, du fond de son trou. Voilà une qualité qu'elle admire chez les personnes qui croisent sa route ; rares sont ceux capables de voir un peu plus loin que le bout de leur nez. Tous des aveugles, des ignorants. Elle ne comprend pas l'intérêt de se jeter tête baissée dans une situation. Elle préfère rester en retrait, observer de loin, se faire une idée de ce qui l'attend. Elle parle peu, elle partage peu. En fait, si elle n'en voit pas l'intérêt, elle ne dit rien. Comme à cet instant, où elle le laisse mijoter et se faire des idées invraisemblables sur les raisons qui peuvent l'amener à jeter des regards réguliers autour d'elle. Peut-être finira-t-il par comprendre par lui-même. Ce n'est pas bien difficile. Ils sont dans un endroit isolé, totalement à découvert, parcouru par des étrangers il y a quelques minutes à peine. Il n'est pas si étonnant que Jezabel préfère surveiller ses arrières. Mais lorsqu'on est à la merci d'un autre, les idées les plus folles peuvent nous passer par l'esprit. Elle ne le sait que trop bien pour l'avoir vécu et elle a dû apprendre à réfléchir de façon plus posée, écartant les possibilités les plus rocambolesques. Son esprit d'analyse lui vaut également d'être une bonne manipulatrice, pourtant, à cet instant, elle se doute d'avoir besoin d'user d'une telle stratégie avec lui. Par contre, ce jeune homme devrait peut-être y songer. Non pas qu'il ait grand chose à lui offrir, a priori, mais un bon bluff peut parfois très bien passer dans une situation telle que celle-ci. Mais non, au lieu de ça, il plaide sa cause, il met en avant toutes les qualités qui mériteraient, selon lui, d'être gardées intactes. Et même si elle remarque qu'il décrit certains de ses talents, il appuie avant tout ses arguments sur le besoin des autres. Il n'a pas une très haute idée de lui-même ou il est trop généreux ? Ici, la générosité ne paie pas. Dans les deux cas, il est la proie idéale de tous les prédateurs de la forêt, particulièrement des humains et de leur perfidie. Et plutôt que de le sermonner à ce sujet ou de lui poser une centaine de questions inutiles, elle se contente d'une seule. Une seule et unique question. Et elle patiente sagement, pas du tout pressée par le temps.

« Venant du désert, vous devez souvent utiliser de l'aloe vera pour ça mais moi j'aurais plus de chance de trouver du millepertuis, moins efficace mais au moins je serai sûr d'en trouver là où j'habite... Enfin bien sûr c'est dans le cas où la brûlure serait du premier ou second degré. Sinon ce serait une tout autre affaire qu'un simple gel à appliquer... » Milaan finit enfin par répondre et elle n'est pas déçue. Aucune émotion ne transparaît pourtant sur ce visage fermé et froid. Elle se contente de l'observer, réfléchissant avec attention. Mais elle est bientôt interrompue par l'étranger. « J'ai réussi le test ? » Elle commence décidément à l'apprécier ce gamin. Un sourire fend ses lèvres, mais pour toute réponse, elle se redresse et disparaît de sa vue, sans un mot. Sans songer à le rassurer ou à calmer ses angoisses, Jezabel s'éloigne et fait plusieurs pas en direction de la forêt. Qu'il marine encore un peu dans son coin, ça ne peut que lui faire du bien. Elle parvient à l'orée, là où elle a laissé son cheval attaché à un arbre, et elle le détache, afin de l'emmener avec elle. Il ne lui faut pas beaucoup de temps pour retourner à l'endroit où Milaan est coincé, mais elle ne se presse pas, prenant une corde dans un sac qu'elle attache à la longe avant de remonter sur la butte. Enfin, elle réapparaît au-dessus de trou. « Accroche-toi à ça. » Jezabel lui lance le bout de la corde et s'éloigne aussitôt. Il a intérêt à être rapide, car elle ne va pas s'amuser à effectuer le même manège à plusieurs reprises. S'il n'a pas une bonne prise ou qu'il retombe, il devra se débrouiller tout seul. Alors la sorcière tire lentement son cheval en arrière. Celui-ci fait quelques pas, tire sur la corde qui remonte avec lenteur, amenant un jeune homme qui a su saisir l'opportunité qui s'offrait à lui. Une fois en haut, Jezabel arrête son cheval et s'avance vers l'étranger. Elle sort une lame de sa poche et, sans qu'il n'ait le temps de se remettre totalement sur pied, elle l'appuie sur sa gorge. « Ton sac. » Le ton est doux mais autoritaire. Son regard est brillant à la lueur des derniers rayons du jour. Le gamin doit bien faire une tête de plus qu'elle, mais elle n'a jamais été intimidée par des détails aussi basiques que la taille ou le sexe de l'autre. Elle s'empare du sac, même s'il n'est qu'à moitié d'accord de s'en séparer et lui fait signe de la suivre.

Jezabel reprend son cheval par la longe et l'entraîne à sa suite sans vérifier que Milaan les suit. Probablement, puisqu'elle a ses affaires sur elle. Néanmoins, ce n'est pas son problème s'il décide de fuir. Il est libre à présent. Alors elle continue son chemin sans se retourner et attache son cheval à un ancien réverbère cette fois-ci, lui flattant l'encolure avec douceur, non loin de la maisonnette qui laisse encore échapper de la fumée. Elle y entre sans un mot et retourne directement auprès du feu pour vérifier où en est sa préparation. Celle-ci semble presque prête. Puis elle se retourne vers la porte pour y apercevoir un jeune homme hésitant. « Entre, j'vais pas te manger. »

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Dix de perdus, une de trouvée. ✷ feat. Jezabel & Milaan. Empty Re: Dix de perdus, une de trouvée. ✷ feat. Jezabel & Milaan.

le Mer 29 Avr - 20:50



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" Ne me laisse pas moisir ici ! "

La femme ne répondit pas à ma question. Elle se contenta de rester mystérieuse et de ne pas me dire si elle attendait quelque chose ou non. Décidément, elle avait décidé de ne pas me faciliter la vie, laissant cette épée de Damoclès au-dessus de la tête. Et à vrai dire, cela ne m'inquiéta pas plus que cela. Après tout, qu'est ce que je pouvais y faire ? Coincé dans ce trou à rat, je ne pouvais pas bouger alors si elle attendait quelqu'un, je pouvais difficilement fuir ailleurs. Et pour autant que je le sache, elle pouvait tout simplement assurer ses arrières. Ce que je ne faisais jamais d'ailleurs. Mais la différence entre elle et moi, c'est qu'elle savait survivre un minimum de temps seule dans la nature. Moi, beaucoup moins... Alors je préférais tout simplement attendre, seul dans mon trou, attendant qu'elle se décide de ce qu'elle voudrait faire avec moi. Elle avait littéralement ma vie entre ses mains. Et cela me faisait un effet très bizarre. Dire que mon futur dépendait d'une "ennemie"... Je craignais d'ailleurs de finir dans ce trou dans l'indifférence totale.

Alors je m'étais contenté d'essayer de lui montrer que je pouvais être utile, que des gens comptaient sur moi. Histoire qu'elle soit miséricordieuse avec moi, qu'elle ne me tue pas. Et étonnement, ça semblait marcher. Enfin j'étais encore vivant, pour le moment. Suite à sa petite question test, que j'estimais avoir réussi car je ne voyais pas du tout quoi répondre d'autre en fait, la femme se contenta de me sourire. Un sourire. Je me demandais quand elle se mettrait à me parler réellement. Car bon les énigmes et les devinettes j'aime bien ça mais pas non plus sans arrêt en guise de conversation. Ca ne me rassurait pas du tout et me laissait sur des charbons ardents à chaque seconde qui passait. Qu'est ce qui pouvait bien passer derrière ces yeux mystérieux et ce sourire amusé et inquiétant. Aucune idée. Je ne la connaissais à vrai dire pas assez pour savoir ce qu'elle pouvait penser. Même si je commençais à me faire une petite idée de son caractère rien qu'en l'observant. Mais lorsque je la vis quitter mon champ de vision, mon coeur manqua un battement.

Cela m'avait pris de court. Je m'étais attendu au moins d'avoir une réponse. Mais non. A la place, elle me laissa sur place, surpris et hébété avec une bouche grande ouvert. Mais... Elle ne pouvait pas faire ça ! Elle ne pouvait pas être cruelle au point de laisser quelqu'un mourir dans ce trou poussiéreux. Alors je sentis peu à peu la panique s'insinuer en moi. Aussitôt après son départ, je me suis levé d'un seul coup, m'approchant du bord du trou duquel sa tête était apparue. Ainsi levé, la tête vers le ciel j'entendis vaguement ses pas s'éloigner de moi. Elle partait vraiment ! Elle m'abandonnait, me condamnait à mourir ici au fond de ce trou. Je tressaillis, ressentant alors une vague de froid se répandre dans tout mon corps. C'est alors que je me mis à crier, tentant d'attirer son attention. Et la panique pouvait me faire dire des conneries, des mensonges. Mais j'avais tellement besoin qu'elle revienne sur ses pas et me sorte de là, l'instinct de survie avait repris le dessus.

- Non, non ! Reviens !!! Je... Je peux être bien plus utile encore !!! Je suis un bon amant ! Je peux durer des heures ! Je... J'ai de quoi te payer aussi ! Tu deviendras riche ! Plus que ce que tu peux l'imaginer ! Hanlala... Non ! Non ! Ne me laisse pas je t'en supplie... M'abandonne pas...

Lorsque je me tus enfin, seul le silence me répondit. Plus aucune trace de la terrienne. Me revoilà tout seul... Juste ce fichu bruit de fond avec des abrutis d'oiseaux qui chantaient gaiement dans les ruines des alentours. Baissant la tête, je commençais à désespérer. Il en me restait plus qu'à attendre au fond de ce trou, m'égosiller jusqu'à ce que les vivres manquent ou que je me fasse bouffer par une bête sauvage attirée par le bruit, ou un terrien affamé. Soupirant, mes épaules retombèrent, ployant sous le poids de la déception. Qu'est ce que j'allais bien pouvoir faire moi...? Est-ce vraiment comme ça que j'allais finir ? Alors mon corps trembla et la fureur pointa le bout de son nez. J'étais furieux de ne pouvoir rien faire, d'être l'instrument d'un destin cruel. Et pourtant je n'arrivais pas à trouver une solution. La tête baissée, les yeux rivés au sol, j'étais complètement perdu dans mes pensées et dans ma dépression personnelle.

Mais soudain un objet apparut juste devant mes yeux par miracle. Un bout de corde, devant mes yeux. Aussitôt, une joie immense explosa dans ma poitrine. Et sans qu'on ait besoin de me le dire 4 fois, mon instinct de survie s'activa. D'un bond en arrière, je pris ma sacoche qui traînait encore au sol. La terrienne était revenue ! Elle est revenue me sauver ! Passant ma tête dans la boucle du sac, je m'approchai alors rapidement de la corde. Sans vraiment trop savoir ce que je faisais, ayant simplement vu d'autres personnes le faire, ma main s'enroula dans la corde qui recouvrit alors mon bras en une spirale. Je fis la même chose avec ma jambe puis j'attendis que la corde remonte, espérant que je réussirai ainsi à tenir jusqu'à ce que je sois tout en haut. Et par miracle, c'est ce qui se passa bien que mes muscles souffrirent pas mal par la même occasion. Me hissant enfin hors du trou, je n'en croyais toujours pas d'être enfin hors de ce satané. Mes yeux, humides de reconnaissance et de joie, se posèrent alors sur un poignard qui se dirigea sur ma gorge et alors tout sourire disparut de mon visage alors que mon corps s'était raidi significativement.

- Ok, ok... Tenez...

D'un geste lent et mesuré, je me dégageais de la sacoche avant de la lui tendre doucement. Je tenais énormément à cette sacoche mais je n'y tenais pas suffisamment pour perdre ma vie à la protéger... Et bien que je doutais que la terrienne se soit donnée autant de peine pour me sortir de là puis pour me tuer pour une simple sacoche, je n'étais tout de même pas rassuré. Je n'ai jamais vraiment aimé me faire menacer par une arme blanche... Ou n'importe qu'elle arme en fait. Les deux mains en l'air, j'attendis qu'elle s'en empare. Elle ne prit même pas la peine de jeter un regard à l'intérieur. Sérieusement, pourquoi l'avait-elle pris si elle ne regardait pas dedans ? Haussant un sourcil, surpris, je la vis repartir tranquillement, me tournant le dos. Mais... Mais... Quelle drôle de femme. Elle m'a fait signe de la suivre mais j'hésite. Après tout, je suis libre maintenant, je pourrais suivre. Pourtant je lui emboîtais le pas. J'étais trop intrigué par cette rencontre et j'avais envie de savoir ce qu'elle me voulait. Et surtout, je voulais récupérer ma précieuse sacoche ! Oui parce que l'air de rien, mes vivres se trouvaient là dedans et je n'avais aucune idée d'où étaient partis mes camarades. Alors si c'était pour mourir de faim dans la forêt, non merci...

La suivant en silence, je me contentais de regarder tout autour de moi le chemin que je prenais. On finit par arriver à une maison en ruine d'où s'échappait une petite fumée blanche. Et on avait loupé ça nous ! Secouant légèrement la tête, atterré par notre stupidité, je vis la terrienne attacher son cheval à un poteau avant de rentrer dans la maison. Moi j'hésitai à rentrer. J'hésitai encore à repartir ou à la suivre tout simplement. Je ne savais pas à quoi m'attendre. Et je ne savais pas non plus si la femme allait m'inviter à rentrer ou non. enfin, j'eus la réponse rapidement puisqu'elle m'invita à entrer m'assurant qu'elle ne me ferait rien. Haussant les épaules je décidais de prendre mon courage à deux mains avant de rentrer dans la petite maison, laissant alors traîner mes yeux un peu partout. La terrienne s'activait autour d'une préparation et à l'odeur je pouvais deviner que c'était une décoction à base de plantes. Curieux, je m'en approchais alors pour renifler les bonnes odeurs volatiles qui s'en échappaient. Une forte odeur de plantes envahit mes narines.

- Qu'est ce que vos avez préparé...?

M'en éloignant pour respirer un peu d'air "normal" au cas où ces émanations seraient toxiques, je m'éloignais du feu pour ne pas gêner la terrienne qui s'en occupait. Je me contentais d'observer alors, me tournant de tous les côtés pour voir des objets éparpillés un peu partout avec d'autres plantes que je connaissais et d'autres moins bien. Finalement, je me contentais de m'accroupir dans un coin avant de la regarder faire distraitement, un peu perdu dans mes pensées. Dire que je ne connaissais rien d'elle. Même pas son propre nom. Il y avait tellement de questions qui se bousculaient dans ma tête à cet instant. Et même si la terrienne m'intimidait, la curiosité était malheureusement trop forte et je ne pus m'empêcher alors de continuer, lui posant de nouvelles questions :

- Merci... Pour m'avoir sauvé. Je vous en suis redevable... Mais je ne sais même pas comment vous vous appelez... Faisant une petite pause, je repris alors, craignant la réponse autant que j'avais besoin de le savoir : Au fait, pourquoi est-ce que vous avez décidé de me sortir de là...?


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le Sam 2 Mai - 4:30
dix de perdus, une de trouvée
milaan ∞ jezabel

À vivre trop longtemps avec un bunker à la place du coeur, on s'habitue à l'obscurité. ✻✻✻ Du fond de son trou, il crie, il supplie. Il lui promet monts et merveilles, il se vend corps et âme – littéralement – pour qu'elle ne le laisse pas pourrir là-dedans. Et cette idée la fait sourire. Promettre quelque chose à Jezabel, c'est un peu comme vendre son âme au diable. On ne sait jamais si elle vous donnera exactement ce que vous voulez, mais elle viendra tout de même récolter son dû. Fourbe ? Absolument. Opportuniste ? À n'en pas douter. C'est la deuxième fois que ce jeune homme de l'espace lui dit pouvoir être utile. Soit. Il est grand temps de vérifier ses dires. De toute manière, il a passé son petit test ridicule. Rien que pour ça, il mérite un peu de temps supplémentaire. Un sursis qu'elle lui accorde uniquement par curiosité. D'autres auraient peut-être pu avoir pitié aussi, mais ce n'est pas son cas. La sorcière apprécie les esprits forts, qui ne lâchent pas l'affaire. Celui-ci semble un peu trop gentil pour pouvoir faire long feu dans cet univers hostile, néanmoins, elle y décèle un potentiel. Pas de combativité, mais d'ingéniosité. C'est peut-être bien la seule chose qui le maintient en vie désormais. L'intérêt qu'il a su susciter en elle. Alors oui, elle le sort enfin de son trou, mais elle n'est pas prête à lui faire confiance pour autant. D'ailleurs, elle ne fait pas confiance à beaucoup de monde de toute façon. Elle s'empare donc de son sac, au cas où il lui viendrait à l'esprit de vouloir l'attaquer avec ce qu'il y a dedans. Pourtant, elle n'en vérifie pas le contenu. Pas envie. Pas besoin. Elle se retourne simplement pour se rendre dans la bâtisse délabrée et réchauffée par les flammes hautes de la cheminée. Lui faisant signe d'entrer également, Jezabel se concentre ensuite sur sa préparation. Son regard suit pourtant ses mouvements quand il s'approche à son tour, curieux. « Qu'est ce que vos avez préparé...? » Il semble réellement intéressé, ce n'est pas juste une question pour briser le silence ou pour passer le temps. Elle voit son regard qui se pose un peu partout, intrigué. Peut-être qu'il n'a jamais vu un atelier de ce genre. Et encore, celui-là est improvisé. De la pacotille à côté de son échoppe dans le désert. « C'est de la consoude. Ca va me servir à faire un onguent pour la cicatrisation. » répond-elle d'une voix particulièrement douce malgré la froideur dont elle fait preuve.

Quand il s'éloigne, elle retire la préparation du feu et la dépose sur une table, près d'une fenêtre afin qu'elle y repose. Ca prendra plusieurs heures, ce qui lui laisse le temps de s'occuper du reste. Enfin, elle repose la sacoche de l'étranger dans un coin sans jamais vraiment quitter celui-ci des yeux. Par réflexe. Par habitude. Jamais tranquille la sorcière, trop accoutumée aux sournoiseries d'un peuple ambitieux et prêt à tout. Il n'a pas l'air dangereux pourtant, mais elle est bien placée pour savoir que les apparences sont trompeuses. Elle s'affaire ensuite près de la table où sèchent certaines racines quand la voix de Milaan retentit à nouveau. « Merci... Pour m'avoir sauvé. Je vous en suis redevable... Mais je ne sais même pas comment vous vous appelez... » Ah oui, son nom. Mais où sont donc ses bonnes manières ? Elle hésite, juste un instant, une fraction de seconde. Mais que risque-t-elle à le lui révéler ? « Mon nom est Jezabel. » répond-elle sans le regarder, concentrée sur son travail. Décidée à finir ça avant la tombée de la nuit. Et puis, elle commence à avoir faim. Il serait peut-être temps qu'elle mange quelque chose aussi. « Au fait, pourquoi est-ce que vous avez décidé de me sortir de là...? » Cette fois, elle relève les yeux. Le visage impassible, elle croise son regard. Est-ce qu'il veut vraiment le savoir ? La sorcière n'est portée que par son intérêt personnel. Elle pourrait dire qu'elle n'aime pas laisser mourir les gens sans raison, mais ce serait faux. Elle s'en moque en fait. Ca ne la touche pas. Si Milaan est en vie, c'est bien parce qu'elle l'a décidé. Pourquoi ? Appelons ça une intuition. « T'as dit que tu pouvais durer des heures, je suis curieuse de voir ça. » répond-elle avec sérieux, laissant planer le suspense un instant avant de lui adresser un sourire mutin. Elle en retourne à ses occupations en ajoutant : « Viens par là, rend-toi utile. » Eh bien oui, elle ne l'a pas tiré de là pour qu'il se tourne les pouces dans son coin. Et non, il n'obtiendra pas plus d'informations sur les raisons de ce sauvetage.

Quand il parvient à sa hauteur, elle lui montre des tiges qu'elle a préalablement coupées, puis lui tend un couteau plat, pas du tout tranchant mais utile pour ce genre de manœuvres. « C'est des tiges de mandragores. Tu en extraits le suc et tu le verses là-dedans. » Elle lui indique un bol en terre cuite sans s'assurer qu'il sait bien de quoi elle parle. Mais s'il connaît le millepertuis et l'aloe vera, il doit savoir comment faire. Alors elle le laisse se débrouiller et en retourne aux coquelicots qu'elle a préalablement fait sécher. Impossible de les trouver dans le désert et pourtant tellement utiles pour leur propriétés analgésiques. Elle en découpe les graines, ainsi que les tiges, recueillant ce précieux latex qui lui servira pour en faire ses préparations. De temps à autre, elle jette un regard expert au jeune homme et lui donne un conseil sur comment améliorer son geste. Comme elle le ferait avec son apprenti. Son ton est autoritaire, très directif, mais c'est parce qu'elle fonctionne comme ça. Finalement, entre deux gestes assurés, presque automatiques, elle lui demande : « Si tu viens de l'espace, comment connais-tu les plantes ? Vous en aviez là-haut ? » Question un peu naïve, mais elle ne parvient pas à se représenter leur mode de vie. De mémoire, rien ne peut pousser dans l'espace. Et puis, quitte à avoir la compagnie de ce gamin, autant en apprendre plus sur lui et son peuple.

✻✻✻
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le Lun 4 Mai - 3:06



Jezabel White & Milaan N. Wayne

" Cooking time ! "

Je me questionnais encore sur ce dont la terrienne comptait faire avec moi. C'est vrai après tout, elle m'a sauvé et ensuite elle m'a amené droit vers sa... Son atelier ? Je ne savais pas vraiment ce qu'elle comptait faire ni même ce qu'elle était en train de faire. Tout ce que je savais c'était qu'il y avait des plantes un peu partout. Un bordel qui semblait pourtant organisé car la terrienne semblait savoir où tout se trouvait. Moi je me contentais de regarder, curieux. De toute façon je pouvais difficilement faire autre chose. Et comme je ne supportais pas m'ennuyer, je me contentais d'observer. En fait, je commençais sérieusement à réfléchir à mon avenir. Où étaient passés mes camarades ? Allaient ils revenir pour me chercher et me retrouver ? Que se passerait il alors ? Qu'est ce que la terrienne comptait faire de moi ? Etait elle tout simplement en train de m'héberger le temps qu'ils me retrouvent ? Avait elle d'autres plans ? J'en avais aucune idée, dans le brouillard le plus complet. Et je dois dire que cela m'angoissait particulièrement.

Et on ne pouvait pas dire que la femme me rassurait. Silencieuse et concentrée, elle ne laissait paraître aucune émotion alors qu'au contraire moi j'étais un véritable livre ouvert. Elle devait très certainement bien rire de cette situation et d'ailleurs elle ne se privait pas pour jouer avec moi. Cependant elle répondit à ma curiosité, elle semblait plus ouverte que lorsque j'étais dans le trou. Peut être le fait qu'elle ait décidé de ne pas me tuer lui avait alors fait penser qu'elle pouvait se confier un peu plus. Ou pas. Peut être ne voyait elle pas l'intérêt de me cacher l'information. Mais je m'en contentais bien qu'elle restait une énigme pour moi. Cependant, j'étais un peu plus à l'aise avec cette Jezabel, puisque c'est comme cela qu'elle se nommait. Peut être le fait que ne plus être en situation de danger de mort avait enlevé un poids en moins, un stress en moins, bien que la situation ne s'était pas non plus éclaircie totalement. Enfin, j'avais dans l'idée que la jeune femme allait très vite m'annoncer ce qui allait se passer, tôt ou tard. J'en serais informé très vite sans aucun doute.

Puis après le stress vint la honte. Mes joues s'enflammèrent lorsque j'entendis la réponse de Jezabel. Mince elle avait entendu alors. Je ne savais plus vraiment où me mettre. Etait-ce vraiment la raison pour laquelle elle s'était décidée à revenir ? Avait elle tourné les talons puis changé d'avis à ces mots-là ? Mince, j'avais un problème là... Je ne savais pas vraiment si j'étais un bon amant. Après tout c'est vrai, je n'étais pas vraiment le meilleur placé pour dire cela. Ca faisait présomptueux. Bien que je n'avais jamais vraiment enregistré de complainte, je n'étais pas non plus certain d'être un magicien ou un dieu tout puissant. Alors j'étais tout gêné et comme je ne connaissais pas assez Jezabel, je n'avais pas pu dire qu'elle blaguait tant que je n'aperçus pas son sourire au coin de ses lèvres. "Pfiouuuuu !" Voilà le soupir de soulagement, très puissant, qui était alors sorti de mes lèvres, me délivrant soudain de ce malaise qui m'oppressait. Il me faudrait certainement un moment avant que je puisse m'adapter à l'humour de la terrienne. Car l'air de rien, elle m'impressionnant grandement... Bon okay elle me faisait carrément peur.

Finalement, Jezabel ne me laissa pas le temps de respirer et m'engagea pour réaliser une tâche. Ravi de pouvoir aider, enfin, ravi de pouvoir arrêter de m'ennuyer, elle me confia des racines de mandragore à préparer. Sérieusement ? Je lui adresse un regard chargé d'incompréhension et surtout bardé de sourcils froncés. La mandragore, certainement la plante la plus connue sur l'Odyssée. Qui n'a pas lu l'ancienne série des "Harry Potter" ? Parmi les rares ouvrages sauvés, ces livres avaient toujours un succès fou, chez moi en premier d'ailleurs. Par contre, peu de gens comme moi en savaient leur effet véritable. Toxique car ses composés pouvant s'infiltrer par simple contact sur la peau, elles avaient tout un tas de propriété hallucinogènes mais étaient aussi un aphrodisiaque puissant. Et je me demandais ce qu'elle pouvait bien vouloir faire avec de l'essence de mandragore. Un philtre d'amour peut être ? Mais elle semblait très sérieuse. Alors en soupirant légèrement, je pris le couteau plat qu'elle me tendait et me mis enfin au travail.

Première chose que je fis, remonter les manches sur mes mains pour éviter tout contact avec la plante. Dommage que je ne puisse pas aller mes gants dans ma sacoche. J'en avais commandé justement pour éviter de toucher certaines plantes dangereuses au toucher. Puis, il me fut délicat de manier à la fois le couteau et de réussir à mettre le suc dans le bol prévu à cet effet. Y allant maladroitement, je réussis cependant à caler les bouts de tiges contre la paroi du bol avant de venir aplatir avec mon couteau la tige d'où en sortit un petit liquide blanchâtre. Ayant décidé que cette technique n'était pas si mal, je décidai alors de continuer ainsi, raclant alors les tiges plusieurs fois pour m'assurer que je ne gâchais rien de ces précieuses plantes. De temps à autre, Jezabel jetait un oeil sur ma technique et me conseillait. Je reconnaissais là une preuve de sa connaissance, alors j'écoutais ses conseils sans discuter et tentais de les appliquer avec plus ou moins de réussite. Après tout elle avait vécu bien plus longtemps que moi sur cette Terre et moi ce n'était que la première fois que j'avais l'occasion de toucher une vraie mandragore. Je préférais le coquelicot qui remplissait les mêmes effets sans le côté délirant ou excitant... D'ailleurs, remarquant que Jezabel en maniait, je ne pus m'empêcher de lui dire :

- Je ne savais pas qu'il y avait des coquelicots dans le coin... Et ils sont d'une espèce différente que ceux que je trouve. Les miens sont orangés. Certainement tout aussi efficaces... Vous avez ramassé toutes ces plantes aujourd'hui ?

Prenant enfin le pli à force d'effectuer les mêmes gestes, mon esprit s'était alors libéré de sa concentration. Voilà pourquoi j'étais devenu si bavard tout à coup. Il fallait bien que je comble le silence non ? Alors, attendant sa réponse, elle m'en posa une en retour, concernant mes connaissances sur les plantes et d'où elles venaient. Arrêtant mon travail l'espace d'une seconde pour la regarder. Je me demandais pourquoi elle me posait cette question dont la réponse me semblait évidente. Où est-ce qu'on apprenait les choses sinon dans un livre ? Ou alors via un professeur. Il n'y avait pas nécessairement avoir besoin de pratiquer pour apprendre un tas de chose et s'adapter alors en pleine nature lorsque l'occasion se présentait. Comme j'avais fait. Comme la botanique était ma passion, ma mémoire avait tendance à retenir ces informations plus rapidement. Peut être était ce parce que j'étais toujours aussi excité d'apprendre quelque chose de nouveau sur une espèce... Alors, je lui répondis simplement, haussant mes épaules en retournant au travail :

- On en a quelques unes oui, celles qui peuvent nous nourrir principalement. Maïs, riz, arbres fruitiers... Le reste, j'ai appris tout ce que je sais grâce à des livres. Et je me suis perfectionné quand on a atterri sur Terre. J'en ai beaucoup étudié depuis... C'est un peu comme ma passion.

La regardant à nouveau, je lui souris alors doucement. Toutes ces informations n'étaient pas capitales, je pouvais alors lui parler librement sans me sentir coupable. Et je ne savais pas dire pourquoi mais j'aimais bien parler avec cette terrienne. Même si elle ne semblait pas avenante, elle semblait tout de même être gentille. Enfin, après je ne la connais que depuis quoi... Une heure ? Un peu moins. Je ne suis pas vraiment sûr d'être une valeur sûre. Et puis j'avais toujours tendance à voir le meilleur dans les gens. Qui savait au fond ? Elle avait peut être tué des dizaines d'innocents à la pelle. En leur donnant des tiges de mandragore qui savait ? A cette simple idée, je me mis à rire, sans faire attention. Elle allait me trouver fou à rigoler comme ça tout seul. Non tout ceci était ridicule, si elle était fondamentalement méchante, je serais déjà mort à cet instant... Même si quelque part je pouvais très bien l'être bientôt...


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le Lun 4 Mai - 23:56
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milaan ∞ jezabel

À vivre trop longtemps avec un bunker à la place du coeur, on s'habitue à l'obscurité. ✻✻✻ Ce gosse est tellement stressé. Un peu plus et il tourne de l’œil. Pourtant, qu'est-ce que c'est amusant de jouer avec ses nerfs. Sur ses traits, elle voit toute la palette d'émotions défiler. De la surprise à la peur en passant par un soulagement plus que sincère. Un véritable livre ouvert, rien à cacher, tout est à portée de bras si elle sait comment s'en emparer. Et pourtant, ça ne le rend pas moins intéressant aux yeux de la sorcière. Habituée aux masques et aux faux semblants, elle passe son temps à déchiffrer son entourage. C'est devenu comme un réflexe, une chose qui s'installe peu à peu sans qu'on ne s'en rende vraiment compte. Elle qui se targue d'apprécier les énigmes, le jeune Milaan est à la fois la plus facile à résoudre et la plus fascinante. Mince, un homme du ciel qui communique chaque émotion d'un regard, par une grimace ou un sourire, c'est pas quelque chose qu'elle croise derrière chaque caillou de son désert. Elle a là une occasion unique, un phénomène encore inédit pour elle. Peu à peu, la curiosité naît en elle, fleurit progressivement pour faire pousser un intérêt grandissant pour le jeune homme. Voilà qui est rare. D'ordinaire, il en faut bien plus pour arrêter la sorcière afin qu'elle vous jette ne serait-ce qu'un banal regard ennuyé. Peut-être est-ce l'effet de la nouveauté ? Peut-être redeviendra-t-il mortellement ennuyeux, comme la plupart des gens le sont de toute manière. Peut-être qu'il se révélera en fin de compte plat, ordinaire, peu distrayant. Comme ils finissent tous par l'être. Les exceptions se comptent sur les doigts de la main. Elle songe notamment à la raison qui l'a poussée à rester parmi les Calusa durant cinq ans. Cinq longues années qu'elle n'aurait sûrement accordé à personne d'autre qu'à cet homme. Son amant d'autrefois. Un parmi tant d'autres et pourtant, le seul qui importait.

Si Milaan est enfin sorti de son trou, Jezabel n'en a pas fini avec lui. Elle lui fait signe d'approcher et de lui donner un coup de main. Quitte à ce qu'il traîne dans les parages, autant qu'il se rende utile, pas vrai ? Et il le fait sans broncher. Peut-être parce qu'il a peur d'elle. Que croit-il ? Qu'elle va le balancer à nouveau où elle l'a trouvé s'il n'obéit pas à chacune de ses demandes ? Voilà qui serait pratique d'ailleurs. Un esclave personnel rien qu'à elle. Mais qu'en ferait-elle ? Elle a déjà un apprenti dans son échoppe qui se plie en quatre pour la satisfaire – non, pas sexuellement, je vous vois venir. Apprenti assez dévoué pour tenir boutique quand elle s'absente et pour gérer les clients potentiels jusqu'à son retour. Ce gamin est décidément plein de ressources et elle ne regrette pas de l'avoir pris sous son aile il y a plusieurs années. D'une certaine manière, Milaan lui fait un peu penser à lui. En plus doux. Beaucoup plus doux. Bercé par les étoiles et non par la dureté du désert, il n'a certainement pas vécu les mêmes tourments ou les mêmes difficultés. Un enfant du ciel, pas du sable. Un jeune homme au regard tendre sous cette lueur d'appréhension qu'il reflète. Mais certainement pas un incapable.

Jezabel jette des regards réguliers sur ton travail ; il est là pour aider, par pour tout foutre en l'air après tout. C'est que ça prend du temps à récolter et à préparer ces plantes. Déjà qu'elle ne peut pas venir souvent dans la région, ça l'irriterait profondément de devoir recommencer. Toutefois, ses gestes sont assez précis pour quelqu'un d'aussi tendu et mal à l'aise. Quand elle mentionne la mandragore, il paraît surpris mais pas parce qu'il ne sait pas ce que c'est. Très vite, il couvre ses mains pour les empêcher de s'enduire de la substance que la tige renferme, ce qui lui tire un nouveau sourire amusé, presque sournois. Au moins, il ne se mettra pas à délirer dans les minutes qui suivent. Est-ce que tout cela n'était qu'un test de plus ? Pas vraiment. Ou alors, ce n'était même pas conscient. Instructrice exigeante, la sorcière s'attend à ce que ceux qui se proclament connaisseurs sachent ce qu'ils font sans qu'elle ait à tout expliquer. Méthode un peu brutale et parfois cruelle que de laisser l'autre tâtonner. Mais à son avis, c'est la meilleure manière d'apprendre. Sa sœur dirait la même chose. Mauvaise, elle prendrait même un malin plaisir à faire la leçon à ses élèves, de façon douloureuse si possible. Ainsi, elle estime que les informations rentrent mieux. Jezabel ne va peut-être pas jusqu'à de telles extrémités. Elle ne lui aurait pas mis entre les mains une plante vénéneuse sans le prévenir par exemple. L'agonie et la mort ne sont décidément pas de bons professeurs selon elle.

« Je ne savais pas qu'il y avait des coquelicots dans le coin... Et ils sont d'une espèce différente que ceux que je trouve. Les miens sont orangés. Certainement tout aussi efficaces... Vous avez ramassé toutes ces plantes aujourd'hui ? » Alors que leur travail avance, Milaan se détend, se permet de lui poser des questions. Ses yeux se relèvent pour se poser sur cet élève improvisé qu'elle a sous les yeux. Sa curiosité lui plaît. Il a soif d'apprendre et c'est important ça. « Pas seulement aujourd'hui. Certaines se trouvent plus loin au nord, comme celles-ci. » Elle désigne les coquelicots qu'elle manie avec l'habileté que lui confère l'expérience. Des champs magnifiques se mettent à fleurir en cette période de l'année. Dans des régions plus lointaines mais facilement atteignable pour elle qui a un cheval. À pied, ça prendrait facilement plus d'une journée à chaque déplacement. Alors que là, elle peut parcourir la distance voulue en quelques heures à peine. Il ne peut certainement pas en dire autant.

Finalement, elle lui pose à son tour une question. Une question un peu naïve peut-être pour cet étranger, mais qui l'intrigue tout de même. « On en a quelques unes oui, celles qui peuvent nous nourrir principalement. Maïs, riz, arbres fruitiers... Le reste, j'ai appris tout ce que je sais grâce à des livres. Et je me suis perfectionné quand on a atterri sur Terre. J'en ai beaucoup étudié depuis... C'est un peu comme ma passion. » Intéressée par ces informations, Jezabel ne le quitte pas des yeux un instant. Elle n'a pas vraiment songé aux livres, car elle n'en possède aucun. Elle consigne tout elle-même dans des carnets, comme son instructeur avant elle. De sa main, elle dessine les plantes et les divers ingrédients nécessaires à la préparation de ses produits et elle note la marche à suivre. Tout le reste est avant tout transmis à l'oral dans leur cité. Elle sait, pour les avoir côtoyé quelques fois, que la famille royale possède un certain nombre d'ouvrages anciens qu'ils ne montrent qu'à ceux qu'ils estiment dignes d'eux, mais là encore, ces personnes sont rares. La sorcière préfère les méthodes plus traditionnelles ; apprendre par l'expérience, par la pratique. Milaan parle de sa passion alors qu'il a appris la plupart de ces informations sur les pages d'un livre. Il a donc encore beaucoup de chemin à faire s'il veut perfectionner cet art délicat.

Jezabel termine de s'occuper des coquelicots puis se tourne vers l'étranger. Il se débrouille pas trop mal mais ses gestes sont encore lents, hésitants. Après avoir rangé précautionneusement son travail, elle s'approche lentement de lui et se place à ses côtés. Sans vraiment lui demander la permission, elle pose une main sur la sienne et guide son geste. « Si tu la coupes de cette manière, tu recueilles bien plus de substance. Comme ça. » Elle lie le geste à la parole avec cette autorité qui lui est propre. Elle répète le mouvement à plusieurs reprises puis lui laisse à nouveau de la liberté dans ses mouvements. Patiente, elle observe et juge le travail satisfaisant car elle ne le reprend pas. À la place, elle contourne la table qu'elle commence à vider des déchets pour faire de la place, tout en expliquant d'un air détaché : « Mieux vaut ne pas en perdre une goutte. Je l'utilise pour faire un antidote contre le venin de vipère. Leur morsure ne pardonne pas. » Et puisqu'elle en élève, elle préfère être préparée à toute éventualité. Il n'est pas rare qu'une voyageur inexpérimenté se fasse attaquer au milieu du désert. Et il est encore plus fréquent de voir ces personnes succomber. Les mercenaires retrouvent leur cadavre décomposé ou entamé par les charognards. La sorcière, elle, sort toujours préparée. D'un regard, elle observe les alentours à travers la fenêtre crasseuse et miraculeusement encore intacte après toutes ces années. La nuit s'installe sur les ruines. Pas un seul signe de vie à l'extérieur. « Si tes amis reviennent, tu es libre de partir avec eux. En attendant, je te conseille de rester là pour la nuit. Sauf si tu veux essayer de retrouver ton chemin dans le noir. » Le ton est dur, presque froid. Mais ses yeux ne laissent transparaître aucune méchanceté. Elle n'avait pas prévu d'avoir de la compagnie, mais maintenant qu'il est là, autant faire avec. Elle pourrait le balancer seul dans la nature pour avoir un peu de paix, mais étrangement, cette idée n'a pas grand intérêt pour elle. Pas pour l'instant du moins.

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le Mer 6 Mai - 17:54



Jezabel White & Milaan N. Wayne

" Quand la nuit tombe, les rêves s'éveillent... "

J'aimais bien cette Jezabel et je n'aurais su dire pourquoi. Une intuition peut être. J'avais pourtant conscience qu'elle pouvait être très dangereuse et cela ne fait aucun doute que si j'arrive un jour à devenir son ennemi, je ne donnais pas cher de ma peau. Mais elle était différente des autres terriens, de l'idée que je m'en faisais. Alors que certains tuaient à vue chaque enfant des étoiles comme moi qu'ils croisaient, elle réfléchissait. Elle était un minimum intelligente, suffisamment pour savoir que je ne représentais aucune menace pour elle et que je n'avais d'ailleurs nullement l'intention de la représenter. Du coup elle remontait dans mon esprit. Et je savais qu'au fond d'elle, elle était bien, gentille. Il suffirait de creuser un peu pour trouver peut être une personne aimante comme tout le monde et pas ce personnage froid qu'elle laissait paraître. Et je dois bien avouer que c'était mon petit faible. Les gens qui se cachaient sous leur carapace. Cela me donnait envie de les connaître, les connaître vraiment. Pas comme certaines pouffes qui disaient tout ce qui leur sortait par la tête.

J'appréciais aussi ses conseils et ses connaissances. Une aubaine pour moi qui était si passionné de botanique. Pouvoir échanger avec une terrienne avec un tel niveau de connaissance et qui avait l'avantage de connaître le terrain et les changements biologiques des plantes, ça tenait presque du miracle. Et je ne pouvais pas m'empêcher de constater qu'un certain sentiment d'admiration commençait à naître en moi. Et comme la femme s'évertuait à me transmettre ses connaissances, je dois dire que j'écoutais attentivement, comme une éponge qui absorberait toute connaissance. D'autant plus que j'apprenais vite. Ma mémoire était visuelle alors lorsqu'il s'agissait de travaux pratiques, ça rentrait deux fois plus vite. D'ailleurs, à force de perfectionner ma technique, j'avais le temps de voir ce que la terrienne faisait à côté avec les coquelicots, apprenant de loin une autre technique. Puis alors que mes gestes se faisaient automatiques avec mes racines de mandragore, mon regard se perdait dans la contemplation de ces petites fleurs rouges qui étaient sur le côté du plan de travail.

Enfin, j'en voyais, ces petites fleurs d'un rouge intense et si spécial. Depuis tout petit, j'avais décidé que ces petites fleurs étaient mes fleurs préférées, presque à mon image. C'est peut être ce qui me plaisait chez elle. En dépit de leur utilité flagrante pour n'importe quel soigneur qui se respecte, cette plante était magnifique. Facile d'entretien, se répandant rapidement sur presque n'importe quel sol. Et sa beauté était si simple mais si magnifique. Je rêvais de tomber un jour sur un champ entier de coquelicots. Un champ entier de vert teinté de points de couleur rouges, ma couleur préférée. J'avais vu quelques photos dans certains livres. Mais cela devait être encore plus magnifique en vrai, se balançant au gré du vent. D'autant plus lorsque j'étais tombé sur un champ de coquelicots américains, déjà magnifiques malgré leur couleur orange plutôt que rouge. Et je m'étais juré d'en trouver un, un jour. Et maintenant que je voyais qu'il y en avait plus au nord, j'étais plus déterminé encore que jamais. Et alors que la jeune femme me donnait cette information, mon regard se fit plus rêveur avec un sourire de presque ravissement sur les lèvres. Je m'imaginais déjà au milieu des coquelicots pendant une journée chaude du printemps, le vent me rafraîchissant juste assez. Le paradis... Arrêtant de travailler un instant, je laisse échapper, toujours rêveur :

- Je rêve de voir ça un jour... Un champ de coquelicots... Ça doit être magnifique... Puis voyant que la terrienne se demander ce qui se passait, je crus bon de devoir me justifier, un peu gêné : C'est que... Ce sont mes fleurs préférées...

Puis finalement, je retournais à mon travail. Finie la rêverie, la terrienne ne m'avait pas laissé venir avec elle pour rêvasser toute la journée sur un champ de coquelicot. D'ailleurs la journée commençait à toucher à sa fin, la luminosité commençant à s'estomper petit à petit. Aussi, j'essaye d'accélérer le rythme mais mes mouvements restent lents et hésitants, j'en ai bien conscience. Et je ne me fais pas d'illusions, ce n'est pas en quelques minutes que mes doigts auront la même agilité que ceux de Jezabel. Il faut de l'entraînement pour cela. Et si la jeune terrienne ne réagit pas à mes paroles, je la vois qui est intriguée par mes paroles et qu'elle se met à réfléchir de son côté. Pourtant elle ne me pose pas plus de questions. J'ai certainement répondu à sa curiosité sur l'Odyssée. Si seulement elle savait tout ce qui se passait là-haut... Elle aurait peut être plus de questions que cela. Haussant des épaules, je continue mon travail. La terrienne elle finit déjà le sien, m'ayant bien devancé, et se rapproche de moi pour me montrer comment je pouvais faire pour gagner du temps et du rendement surtout.

Instinctivement, par réflexe, je sursaute lorsque sa main se pose sur la mienne. Je ne me suis certainement pas attendu à ce contact... Mais finalement, me trouvant un peu stupide, rougissant légèrement de ma stupidité d'ailleurs, je finis par me laisser guider doucement. Elle me montre comment couper la racine en deux pour pouvoir l'écraser plus facilement et en extraire le jus sur le couteau avec plus de facilité. Intrigué, j'observe attentivement et reproduit le geste à la perfection lorsqu'elle me laisse essayer. Et effectivement la technique est bien plus efficace que le mienne. La voyant satisfaite, je lui souris avant de lui adresser un petit "Merci !" plein de sincérité. Après tout, un conseil n'est que très rarement gratuit, encore moins une information. Alors un remerciement, c'était le moins que je puisse faire pour la remercier de perfectionner ma technique. Puis Jezabel m'indiqua qu'il valait mieux ne perdre aucune goutte pour réaliser un antidote contre des vipères. "Des vipères ?!!" Bon ok, j'ai pensé tout haut. Mais mon regard lui est surpris et décontenancé. Pourquoi faire un antidote contre ces bêtes ? Y en avait-il dans le coin ? Et je fus soudain un peu inquiet, oui encore.

- Euh... Ca a l'air... Dangereux. Il y en a beaucoup dans le coin...?

A vrai dire, je n'avais jamais vraiment rencontré de serpent. Bien heureusement. Et je savais que certains étaient très venimeux. Autant vous dire que je ne suis pas vraiment prêt à les rencontrer de sitôt... Décidément, il y avait encore un tas de choses que je ne connaissais pas sur ce monde désolé et inhospitalier. Frissonnant de dégoût à l'idée d'en voir une, je reprends pourtant le boulot, avançant bien plus vite qu'avant. Finalement, je vis la jeune femme s'approcher de la fenêtre sans vraiment faire attention à ce qu'elle regarde. J'étais bien plus préoccupé à ne pas me couper un doigt en fait. Mais le ton qu'elle pris, soudainement plus glacial, m'étonna. Levant les yeux un instant de ma préparation, ils se posèrent sur elle, ronds comme des billes. Elle me dit que je pouvais partir si je le souhaitais. Mais je me demandais pourquoi elle était soudain si distante ? Moi qui croyait qu'on avait fait des progrès. Je n'avais certainement pas l'intention de partir maintenant alors que la nuit tombait à peine. Je ne serais bien capable que de me faire tuer dehors à cette heure. Alors d'une petit voix, légèrement timide je répondis :

- Je... Hum... Si ça ne vous dérange pas, j'avais pensé passer la nuit ici... Et peut être partir à leur recherche demain matin ? Enfin, je ne voudrais pas être un fardeau pour vous.

Je me gardais bien de lui révéler que la vraie raison à tout cela c'était que je ne voulais pas mourir. Et qu'ici avec la terrienne je me sentais presque plus en sécurité que dehors sous nos tentes avec mes petits camarades. Le couteau suspendu en l'air, je suspendais aussi mon travail sur les racines, attendant sa réponse avant de continuer. J'espérais qu'elle dirait oui. Que je ne passerai pas la nuit seul dans cette forêt sombre. Rien qu'à cette idée, ça me donnait des frissons... J'ignorais encore pourquoi elle avait pris la mouche. Voulait elle que je parte ou voulait elle que je reste ? Aucune idée. En tout cas, j'étais suspendu à ses lèvres...


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le Mar 12 Mai - 15:04
dix de perdus, une de trouvée
milaan ∞ jezabel

À vivre trop longtemps avec un bunker à la place du coeur, on s'habitue à l'obscurité. ✻✻✻ « Je rêve de voir ça un jour... Un champ de coquelicots... Ça doit être magnifique... » Lentement, ses yeux reviennent se poser sur l'étranger. Elle observe ses traits rêveurs, son regard brillant, son sourire sincère. Déjà, il semble bien loin de cette maison délabrée au bois pourri, à la pierre effritée. Il vogue peut-être vers des champs lumineux aux teintes écarlates sous un soleil pâle de printemps et une brise fraîche secouant les fleurs dans des vagues éclatantes. Jezabel le suit dans cette vision et, malgré elle, un sourire s'installe sur ses lèvres scellées. Elle imagine parfaitement ce paysage car elle s'y trouvait quelques jours plus tôt. Une vue imprenable, des effluves agréables. Rien avoir avec les dunes du désert qui l'a vu naître. Magnifique mais terrible, il peut parfois sembler très monotone pour l’œil novice qui ne remarque pas le paysage changeant sous les assauts du vent et sous les pas des voyageurs. Ni les quelques lieux de verdure qui se dissimulent çà et là lorsque l'on sait où chercher. Des merveilles arides qui ne sont pas à la portée de tous. Mais la sorcière doit bien avouer que la forêt regorge de trésors tout aussi magnifiques et ces champs en font indéniablement partie. Elle se rend compte alors de cette vague lueur bien trop compatissante sur son visage et elle la fait disparaître immédiatement sans quitter le jeune homme des yeux. « C'est que... Ce sont mes fleurs préférées... » se justifie-t-il avant de détourner le regard et de se remettre au travail. À cet instant, Jezabel esquisse un nouveau sourire amusé qu'il ne peut voir et termine également la tâche qu'elle est en train d'accomplir. Elle songe à lui dire qu'il pourra très certainement en voir un jour, qu'elle pourrait même lui montrer la voie. Mais elle s'abstient, consciente de sa bêtise. Décidément, ce Milaan est plein de surprises. Voilà qu'il parvient à craqueler quelque peu son éternel masque de froideur.

Ils travaillent silencieusement, chacun de leur côté, alors que les rayons du jour disparaissent peu à peu à l'horizon. Bientôt, ils ne seraient éclairés que par les flammes hautes de la cheminée. Rapide, Jezabel termine ce qu'elle a à faire et s'approche de son apprenti improvisé pour lui montrer les gestes à accomplir afin d'être plus efficace. Il la remercie alors avec une telle sincérité qu'elle lui adresse un mince sourire, répondant d'un simple hochement de tête sans s'attarder. Son regard suit encore un instant ses mouvements puis elle retourne vaquer à ses occupations. Il est largement temps d'en finir avec les plantes et de manger quelque chose. Certainement que l'étranger ne doit pas avoir avalé grand chose au fond de son trou. Et elle-même s'est retrouvée bien occupée durant toute la journée pour ne pas avoir eu le temps de s'y consacrer. Pourtant, elle y songe à présent alors qu'elle reprend la parole pour expliquer l'importance de cette plante au jeune homme des étoiles. Sa réponse ne se fait d'ailleurs pas attendre. « Des vipères ?!! » Un peu surprise par une telle réaction, elle hausse les sourcils avant d'acquiescer silencieusement. Oui, des vipères, il a bien compris. En quoi est-ce si étonnant ? « Euh... Ca a l'air... Dangereux. Il y en a beaucoup dans le coin...? » Et alors, elle comprend qu'il n'a jamais croisé la route de l'un de ces reptiles. Elle ne le lui souhaite pas d'ailleurs. Sans expérience, sans prudence, il risque une morsure et la mort. Pas très radieux comme avenir. « Il y en a, mais les plus dangereux vivent dans le désert. » répond-elle d'une voix calme, comme s'il s'agissait de la nouvelle la plus banale du monde. Il existe bien des espèces vivant dans la forêt, mais même si certaines sont venimeuses, elles préfèrent fuir le danger et se camoufler qu'attaquer des proies trop grosses pour elles. La vipère du désert, par contre, n'est pas un animal à prendre à la légère. La nourriture étant plus rare au cœur des dunes de sable, elle n'hésite pas à mordre ce qui passe à sa portée. Et il y en a d'autres au venin tout aussi mortel qui parcourent ces contrées. « Si tu en vois, contente-toi de t'éloigner. Ils n'attaquent que quand ils se sentent menacés. » ajoute-t-elle finalement, prodiguant un nouveau conseil à ce jeune homme qui ne semble pas savoir grand chose de la terre qui l'accueille désormais, au même titre que tous les terriens qui la foulent. Il a encore bien des choses à apprendre. Et certainement personne pour l'aider.

Elle s'avance alors pour regarder par la fenêtre et observer les alentours. Pas un signe de vie à l'extérieur, mais on n'est jamais trop prudent. « Je... Hum... Si ça ne vous dérange pas, j'avais pensé passer la nuit ici... Et peut être partir à leur recherche demain matin ? Enfin, je ne voudrais pas être un fardeau pour vous. » Sans le regarder, elle prend un instant de réflexion à ce sujet. Après tout, c'est elle qui lui a conseillé de passer la nuit dans cette maison, en sa compagnie. Mais elle prend toujours le temps de bien peser le pour et le contre. En l'occurrence, cet étranger ne lui semble vraiment pas être un problème, bien qu'elle ne sache rien de lui. Ses amis par contre pourraient se révéler plus dangereux s'ils décidaient de revenir sur leurs pas durant la nuit. Un risque qu'elle ne courrait probablement pas en temps ordinaire. Mais cet étranger, lui, n'est pas ordinaire. Il vient des étoiles. Lui et ses camarades ne connaissent rien à ces terres. S'il s'était agi d'hommes de son peuple, elle l'aurait renvoyé immédiatement à l'extérieur. Sans une explication, sans même un remord. Elle l'aurait même laissé moisir dans son trou, très probablement. Mais voilà, il n'est membre d'aucune tribu native de la région, il n'est qu'un enfant perdu.

Jezabel se retourne pour lui faire face. Sur son visage, aucune émotion ne transparaît ; ni signe de colère ou de compassion, ni même de sympathie ou d'arrogance. Rien que des traits impassibles et des yeux brillants, reflétant les flammes de la cheminée. « Termine ce que tu es en train de faire et installe-toi pour la nuit. Il y a une bassine d'eau là-bas si tu as besoin de te rafraîchir un peu. » Son doigt indique le coin de la pièce avant qu'elle ne s'avance pour ramasser l'un de ses sacs et fouiller à l'intérieur. Elle y a rassemblé quelques vivres transportables, des aliments qui se conservent sur les longs trajets. Mais également quelques plantes et légumes sauvages qu'elle a trouvés dans les environs. De quoi faire un repas consistant avec les morceaux de viande déjà cuite qu'elle a emportés avec elle. Sans ajouter un mot, elle rassemble le tout et commence la préparation dans le nouveau silence qui s'est installé, interrompu uniquement par leurs gestes automatiques, le crépitement du feu et le murmure du vent qui pénètre leur abri. Jezabel ne cherche pas à briser ce calme soudain. Elle est trop habituée à être seule, elle a fait du silence son plus cher ami, son seul confident. Pour elle, les paroles sont parfois bien inutiles. Trop souvent fourbes, trop facilement manipulables. Les mots cajolent et blessent si facilement, les plus malins en font une arme de choix. Comme c'est son cas depuis des années. C'est pourquoi elle ne s'embarrasse pas de conversations superflues et banales.

Tandis qu'elle continue sa préparation, elle voit Milaan en finir avec les racines et nettoyer sa place de travail comme elle l'a fait précédemment. Bien, au moins il sait se débrouiller sans qu'elle n'ait besoin de lui dire quoi faire. Curieuse, elle l'observe du coin de l’œil, suit ses mouvements quand il se lave les mains et le visage dans cette eau qu'elle est allée récolter dans un ruisseau à quelques minutes d'ici. Il n'a pas l'air à l'aise, il semble un peu décontenancé. Il est désœuvré également. Mais surtout, il doit être épuisé. Jezabel met le repas sur le feu et s'assoit non loin des flammes. Elle lui fait alors signe de s'approcher et lui laisse le temps de s'avancer et de s'installer non loin d'elle. Cette voix, sa voix est plus douce, malgré cette éternelle sensation de froideur qu'elle dégage quand elle s'adresse à des inconnus. « Est-ce que tu sais comment retourner chez toi depuis ici ? » Il y a des chances que ses amis ne reviennent pas et elle n'a elle-même aucune idée de l'emplacement exact du campement des cent, malgré les discussions entendues à leur sujet. S'il veut rentrer le lendemain, il a plutôt intérêt à avoir un minimum de sens de l'orientation.

✻✻✻
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le Ven 15 Mai - 2:18



Jezabel White & Milaan N. Wayne

" Ca a l'air boooon... "

Les yeux perdus dans mes rêves de coquelicots et de champs de couleurs, on ne pouvait pas dire que j'avançais très vite. Mais bon, ne dit on pas que ça avance doucement mais surement ? Et puis, je pouvais bien faire une petite pause après tous ces événements... Enfin bien sûr, ce n'était qu'un prétexte car j'étais toujours de nature rêveuse, souvent tête en l'air et plongé dans mes propres pensées. Alors les coquelicots n'étaient qu'un exemple parmi d'autres. Mais la terrienne ne me connaissait pas, elle devait d'ailleurs me trouver bien ridicule avec mes rêves de gamins qui sortaient tout droit de la maternelle. Enfin, depuis le temps, elle devait me trouver bien faible. Depuis qu'elle m'avait trouvé dans ce fichu trou en fait. Je ne comprenais toujours pas ce qui l'avait motivée à m'en sortir d'ailleurs. Moi-même à sa place, je ne l'aurais pas fait. Enfin si, mais j'étais gentil, pas une terrienne implacable qui semblait être née avec un couteau dans la bouche. Non, je ne comprenais pas. Peut être était elle comme moi, simplement bonne et compatissante. Peut être était ce parce que je pourrais lui être utile à préparer des plantes... Enfin je ne le saurais certainement jamais, bavarde comme elle était...

Mais bien vite ce rêve s'évanouit au loin et le travail reprit, plus vite qu'avant même depuis qu'elle m'avait montré la technique à utiliser. Et même avec mes mains empêtrées dans mes manches, j'arrivais à tenir un rythme plutôt pas mal. Je m'impressionnais presque moi-même. Enfin j'aurais pu si cette technique était venue de moi, ce qui n'était pas le cas... Et encore après, les connaissances de la jeune femme s'avérèrent bien plus utiles que les miennes. Des vipères... Qui aurait pensé à ces fichues vipères ? Certainement pas moi. Et je me sentais perdu dans ce monde qui une fois de plus se révélait dangereux et inhospitalier. Et chaque jour je me demandais un peu plus ce que je pouvais bien faire ici bas... Inapte à la survie, trop tendre et trop gentil pour résister deux minutes face à un terrien qui voulait ma peau. Je me demandais encore comment j'avais réussi à ne pas mourir depuis presque une année maintenant sur cette planète. Et elle aussi devait certainement se l'être demandée. Alors, complètement perdu, je me contentais de mordre ma lèvre, gêné et me sentant aussi si stupide d'ignorer toutes ces choses.

- Je euh... Merci beaucoup, c'est noté. Je... Je ne comptais pas m'en approcher de toute façon...

Et voilà que je suis reparti dans mes pensées, après un petit sourire gêné en direction de Jezabel. Je suis troublé et je tente de ne pas le paraître. Plus les jours passaient et plus mon incompétence flagrante se révélait et j'avais alors l'impression que je ne savais rien de ce monde et que je n'étais qu'un funambule sur un fil, trop chanceux pour ne pas tomber mais qui finirait par faire un mauvais pas un jour et tomberait dans le gouffre de sa mort. Et tout cela me donna un frisson d'horreur. Alors je préférai encore me concentrer sur mon travail, penser à autre chose et me vider l'esprit avec cette simple tâche répétitive que j'assimilais de mieux en mieux. Et petit à petit, le pot en terre se remplissait de l'essence de la plante. Mieux encore, j'avais presque fini. Enfin. Ce n'était pas comme si je m'y consacrais depuis de longues minutes déjà. Sans doute que ça aurait pris bien moins de temps à la terrienne pour le faire. D'ailleurs elle m'attendait près de la fenêtre sans rien faire, ayant déjà fini et rangé ses plantes. Enfin au moins, j'aurais la satisfaction qu'elle avait eu le temps de faire autre chose en attendant. C'était toujours mieux que rien non ?

Jezabel semblait prendre du temps. Prendre du temps pour réfléchir si oui ou non elle m'autoriserait à rester passer la nuit avec elle dans cette maison miteuse. Voulait-elle que je parte finalement ? C'était à n'y rien comprendre. Je comprenais alors mieux pourquoi les hommes sur l'Odyssée n'arrêtaient pas de dire que les femmes étaient compliquées. Peut être que les femmes terriennes étaient encore pire qui sait ? Mais finalement, ce n'était qu'une question de confort pour moi. Après tout, la jeune femme avait un feu et un abri. Elle représentait aussi une compagnie certaine même si elle n'était pas des plus bavarde. Si elle me lâchait dans la nature, je n'aurais alors qu'à trouver une autre bâtisse délabrée avec peut être un peu moins de fenêtres et en un peu plus glaciale... Ouais bon, peut être que je ne passerais pas la nuit, elles étaient encore fraîches. Mais on se console comme on peut. Enfin, au final, contre toutes vraisemblances, elle accepta et m'offrit une place pour dormir ce soir. Réprimant un soupire de soulagement, j'essayais à la place de me contenter d'hocher la tête sans pouvoir m'empêcher de lui dire un simple "Merci beaucoup". Des mots simples qui exprimaient pourtant toute ma gratitude. D'ailleurs, je le disais bien trop souvent aujourd'hui à mon goût... Je lui devrais beaucoup de service dans le futur à cette terrienne...

Puis finalement, la femme se remet en action et se met à préparer quelque chose sur le feu. Quelque chose qui commençait à sérieusement sentir bon d'ailleurs. Et je reconnus tout de suite une bonne odeur de ragoût. Et bien que trop stressé pour le remarquer avant, ce joyeux fumet me fit prendre conscience que j'étais affamé. Les émotions, l'épuisement physique, autant de choses qui avaient dû mettre mon estomac à l'épreuve. Motivé par toutes ces odeurs, mon rythme s'accélère et je finis enfin par terminer ces foutues racines. Observateur, je ne mis pas longtemps pour ranger le plan de travail, mettant mes déchets de plantes où elle avait disposé les siens, et rangeant le pot de terre près des autres. Ensuite je ne savais pas bien quoi faire de mes deux mains. Je décidais alors de faire rapidement un brin de toilettes comme elle me l'avait suggéré même si je me sentais mal d'utiliser quelque chose qui avait du lui demander du temps. Je fis alors l'essentiel, le visage bien entendu et aussi les mains qui malgré mes précautions avaient aussi reçues un peu d'extrait de mandragore. Ensuite, répondant à son invitation, je vins m'installer auprès de la terrienne.

Mal à l'aise, je me balançai d'avant en arrière, les genoux repliés contre mon corps, regardant attentivement la préparation de la terrienne. Je ne savais pas vraiment si elle avait prévu de faire un repas pour deux mais dans le cas contraire, j'avais des rations de nourriture dans ma sacoche alors je ne m'en faisais pas trop bien que cela me gênerait grandement de profiter encore de son hospitalité. Mais je commençais vraiment à avoir une faim de loup. Sans qu'elle le demande réellement et pour me sortir de mon inaction, je me dépliais et me saisis de certains légumes pour aider la terrienne à les préparer, les lavant un peu et coupant les parties non comestibles, les épluchant parfois. Autant gagner mon ragoût non ? Je n'ai jamais aimé que ça me tombe tout cuit dans le bec. Et ça au moins, je connaissais. Car depuis que j'étais arrivé sur Terre, j'en avais bouffé des ragoûts... Non ce qui me manquait c'étaient les pâtisseries... Les beignets, les gâteaux et ces autres douceurs sucrées... De vrais délices. Et je me demandais si les terriens en faisaient tiens...

Enfin je n'eus pas le temps d'y réfléchir que Jezabel prit une nouvelle fois la parole, rompant le silence qui s'était installé. Elle me demandait si j'allais retrouver mon chemin. Réfléchissant sur ma position, j'avais vaguement vu quelques cartes de la région. Je savais en gros où se trouvait mon campement. En gros. En gros j'étais perdu. Non parce que c'est beau de se dire que le campement est un peu au Sud-Ouest des ruines, encore fallait il savoir où se trouvait le Sud-Ouest... Et ça, j'en avais aucune idée. Je ne savais même pas deviner où était l'Est. Et pourtant, je savais que c'était là d'où venait le soleil. Mais bizarrement quand je vois le soleil dans le ciel, j'ai du mal à voir sa trajectoire. Alors je me perds. Et puis d'habitude, je me réfère toujours aux cartographes. Ils savent mieux que les autres non...? Me mordillant la lèvre, j'espérais sérieusement que les autres arriveraient à me retrouver. Alors je baissais les épaules, désespéré. Non vraiment, je n'étais bon à rien. Elle devrait me tuer tout de suite et faire un ragoût de mon corps.

- Je euh... Techniquement... Oui... Mais en pratique... C'est plus... Compliqué. Aller au Sud, si j'y arrive, trouver la rivière, puis remonter le courant jusqu'au pont de pierre, puis... Après... Improviser...?

Je soupirai encore une fois avant de poser un légume et de me prendre la tête entre les mains. Peut être que la fatigue commençait à faire effet et à agir sur mon moral qui se faisait de plus en plus désespéré. Finalement, je poursuivais : "Rah, je suis désolé... Vous devez me trouver si inutile ! Si seulement j'avais pris le temps de mieux lire cette fichue carte !". Parfois j'avais un peu trop tendance à compter sur les autres et à laisser mon esprit rêver au lieu d'écouter attentivement ce qu'on me disait. Comme cette fois où le cartographe nous avait montré la carte avec notre destination et le chemin à prendre pour rentrer si il y avait un problème. Je n'avais pas écouté, trop tête en l'air, j'avais trouvé ça inutile. J'avais eu tort. J'avais l'air bien malin moi maintenant. Devant une terrienne qui devait me prendre pour un abruti, tout simplement. Finalement, prenant mon courage à deux mains, même si je ressemblais davantage à un chaton qui tentait de se la jouer gros chat de gouttière, je finis par secouer la tête et déclarer en lui souriant doucement et en restant positif :

- Enfin ne vous en faites pas. J'y arriverai. J'ai toujours eu de la chance pour l'instant !


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