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le Lun 23 Fév - 12:30
Take these broken wings and learn to fly

ft. Katelynn Hawkins & Grace Milderton
Ses mouvements sont lents, mesurés. Chaque geste lui coûte. Ses doigts tremblent quand elle le serre sur un objet et des vagues de douleur l'assaillent encore dans tout le corps. Après plusieurs jours, ses blessures n'ont pas encore totalement cicatrisé. Le guérisseur revient la voir quotidiennement, guettant des signes d'infection, la couvrant d'onguents épais et odorants, changeant ses bandages sous l’œil attentif des membres de sa famille qui viennent régulièrement lui rendre visite. Inquiets, en colère, ils s'assurent qu'elle est entre de bonnes mains et en voie de guérison. Mais ces regards constamment posés sur elle, emplis d'inquiétude, finissent par l'irriter. Plus encore, devoir rester au fond de son lit en attendant d'aller mieux, c'est une véritable torture. Elle a besoin de sortir, elle a besoin de prendre l'air. Mais surtout, elle n'a plus envie d'être couvée à longueur de journées. Bien sûr, elle leur est reconnaissante pour toute cette sollicitude, mais elle arrive très vite à saturation. Alors quand le guérisseur vient ce jour-là, elle insiste pour que ce soit elle, désormais, qui aille à sa rencontre pour les prochains soins. Même si chaque pas lui arrache une grimace. Même si son dos la lance à chaque mouvement. Le pire de tout ? Ses phalanges qui ne peuvent plus tenir une arme avec sa force d'antan. Ce genou qui ne supporte plus son poids aussi bien. Mais Katelynn serre les dents, ravale ses plaintes et fait de son mieux pour vaquer à ses occupations. Elle s'autorise quelques pas dans le village sous les regards ébahis de certains qui voient pour la première fois les bleus qui parsèment son visage à découvert. Elle tente de se remettre au travail mais doit rapidement s'avouer vaincue tant sa main tremble, instable. Le soigneur lui assure un rétablissement total, mais ça prendra du temps, de la patience. En somme, on lui demande de ne rien faire, lui laissant tout le loisir de ruminer sa honte et son désir de vengeance.

Plusieurs jours passent encore néanmoins avant qu'elle ne puisse plus supporter la situation. Elle parvient désormais à se déplacer à peu près normalement, faisant fi des élancements dans ses plaies pas encore tout à fait refermées. Après la visite quotidienne au guérisseur, elle rentre chez elle et récupère les affaires qu'elle a rassemblées afin de partir en forêt. Imprudente. Le monstre qui l'a mise dans cet état est toujours en liberté, et pourtant, elle balaie l'éventualité d'une nouvelle rencontre d'un revers de la main. Cet homme est pourtant omniprésent dans ses pensées ; elle rêve de vengeance, de ses doigts autour de sa gorge, de sa lame plantée dans ce qui lui sert de cœur. Elle rêve de sa mort, lente et douloureuse, pour chasser les cauchemars hantés par ce regard ignoble qui l'observe agoniser sans réagir. Elle n'oubliera jamais ce visage, appréhendant de croiser sa route à nouveau, terrifiée en réalité par cet être ignoble qui a bien failli l'arracher à sa famille. Mais elle refuse de se laisser contrôler par sa peur. Elle s'obstine à vouloir maîtriser sa vie, à se croire plus forte que ça, plus forte que lui. Dans son esprit, il n'y a plus que cet objectif ; le faire payer de ses mains. Et ce, même si elle doit passer ses journées à s'entraîner doublement afin qu'il n'ait plus aucune chance face à elle.

Katelynn rumine encore tout ça quand elle récupère son sac de provisions et qu'elle s'arme de ses habituelles lames. Se faisant la plus discrète possible, elle contourne le village, emprunte le chemin qui lui permet d'en sortir et retrouve la liberté et cette forêt qui lui manquait tant. Sans jamais perdre de vue l'océan, elle longe l'orée des arbres, marchant d'un pas mesuré afin d'épargner à ses jambes un trop grand effort. Sa progression est plus lente que d'habitude, ses muscles sont tiraillés. Et pourtant, elle se sent bien. Enfin seule après des journées de convalescence où elle était sans cesse surveillée. Elle sait que sa famille ne songe qu'à la protéger. Mais le fait st qu'elle étouffait.

Le long du chemin, elle effectue plusieurs haltes, reposant son genou fragilisé, massant sa cuisse trop sollicitée. Elle prend le temps de s'hydrater, de ne pas insister en cas de douleur trop forte. Mais bientôt, les arrêts sont plus fréquents, les élancements reviennent plus vite, douloureux, et la nuit approche à grands pas.  Déjà, le soleil atteint l'horizon, colorant les cieux dégagés d'une couleur écarlate et lumineuse. La température chute rapidement et elle sait qu'elle ne peut pas s'arrêter dans ces conditions sans trouver un abri pour la nuit. Habituée des longues marches en forêt, elle sait qu'il lui faut normalement une heure encore pour atteindre le village des Pikuni. Là-bas, elle connaît plusieurs personnes qui pourront l'accueillir pour la nuit et lui permettre de reprendre des forces avant de refaire le chemin en sens inverse. Encore faut-il y arriver.

Le muscle de sa cuisse est tiraillé, trop demandé, douloureux. Désormais, chaque pas lui arrache une grimace et elle doit serrer les dents pour empêcher les larmes de lui monter aux yeux. Elle rassemble tous ses efforts et toute son énergie pour parvenir au village. Mais ce n'est pas suffisant. Lasse, elle s'arrête pour reprendre son souffle et remarque que quelque chose ne va pas. La douleur est trop forte, sa cuisse pulse, en feu. Quand elle baisse les yeux dans la semi-obscurité du crépuscule, elle réalise que son pantalon se teinte progressivement d'une nuée carmin, imbibant lentement le tissu ; ses points de suture ont dû sauter sous l'effort supplémentaire qu'elle a fourni quand le soleil a débuté sa descente. Irritée, elle laisse échapper un râle plein de rage et de douleur. La Calusa respire un bon coup, emplit ses poumons de cet oxygène glacé et salvateur, puis se remet en route ; pas question de baisser les bras. Et pourtant, elle ne tient pas plus d'une demi-heure de cette façon. Sa plaie ouverte coule abondamment, plus qu'elle ne l'aurait pensé. Et elle boîte, piteusement, jusqu'à ce que ses jambes ne la soutiennent plus, son genou décidant à son tour de se plaindre du long trajet parcouru. Alors Katelynn s'appuie contre un arbre, les yeux brouillés par des larmes de frustration, et elle se laisse glisser contre celui-ci, soutenant sa cuisse imbibée de sang, faisant pression dessus avec un pan de sa veste. Encore une fois, elle a surestimé ses capacités. Quelle piètre guerrière elle fait, misérable, seule. Et mise à terre par son orgueil démesuré.
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Dernière édition par Katelynn Hawkins le Sam 2 Mai - 0:26, édité 1 fois
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le Dim 1 Mar - 16:51
Où es-tu ? Depuis quelques temps je te cherche, tentant de flairer ta piste, et tu n’es plus là. Sans un mot, sans un signe de vie, tu m’as abandonnée, laissée au dépourvu sans me dire où tu allais, ni ce que tu faisais. Tu es parti quand je commençais à aller mieux, tu es parti alors que j’avais encore besoin de toi. Pourquoi me faire souffrir davantage, pourquoi chercher à te rapprocher de moi pour ensuite t’en aller comme un voleur ? Je n’acceptais pas que tu sois parti de la sorte, tu ne m’aurais jamais fait ça… pourquoi maintenant ? Qu’est ce qui avait enclenché cette disparition ? As-tu peur de faire face à tes sentiments, de me regarder en face ? As-tu peur d’assumer, de regretter cette barrière que nous avions franchi toi et moi dans la montagne ? Pas moi en tous cas. J’avais mis le temps nécessaire pour marcher sur le pont de glace et passer de l’autre côté, celui où tu y étais, où tu m’attendais. Plutôt que de nous regarder l’un comme l’autre, séparés par la rivière, je t’avais rejoint pour que nous marchions ensemble sur un même sentier, pour commencer notre histoire.
A croire que la vie souhaitait que je chemine seule, sans personne à mes côtés pour m’y aider. Ma condamnation, ma pénitence. Depuis, je ne pouvais penser à ce que tu m’avais dit, tout en tentant de comprendre les faits qui ne me laissaient qu’une libre interprétation pour ce faire. Je ne pouvais pas accepter de penser qu’il m’avait abandonnée et laissée seule.

Dans une énième quête désespérée, j’avais cherché une piste. Un départ, une trace de son passage pour le retrouver. Quelque chose qui ne m’assure qu’il était encore en vie. Quelque chose pour me dire qu’il ne venait pas de disparaître comme mon père. Sans savoir quoi, comment, ou quand, je ne voulais pas me montrer passive et attendre. Pas cette fois non. Je ne pouvais pas me résigner à la patience d’un retour. Mon cœur s’effritait à mesure que je restais sans réponse, d’un silence pesant, troublant. D’habitude, il serait venu, d’habitude, il aurait été là. Qu’est ce qui avait changé depuis, avais-je tout détruit en franchissant ce premier pas auquel aucun de nous n’avait souhaité se lancer ? Je ne savais plus quoi en penser, et que dire de tout cela. J’ignorais tout, et cela me tuait. Incapable de rester stoïque à ne rien faire, l’action avait plus de sens à mes yeux. Inachevée ou non, je me mettais en quête de celui que j’aimais par-dessus, en qui j’aurais même donné ma vie.
La plaine, si vaste, et si grande, que l’on y apercevait au loin la forêt s’élever au loin, grande et sombre. Certains arbres avaient survécu à la radioactivité, à se demander comment ils pouvaient entre être debout et droits comme des idées. Je ne cherchais l’aide de nul autre pour cette quête, ayant appris à mes risques et périls qu’il était préférable de ne pas s’appuyer sur autrui pour éviter la déception. Je savais d’avance que je ne trouverai rien, dans les grandes vallées environnantes, qui pouvait m’indiquer avec certitude une localisation ? Les habitudes ne fonctionnaient guère chez les guerriers que la chasse appelait à une traque différente du gibier. Changeant constamment d’endroit, de place, de lieu, les animaux se localisaient aussi à des endroits qui parfois demeuraient incompréhensibles aux humains.

Dans les bois environnants, je ne pensais pas croiser de personnes, chose relativement rares. Parfois, c’était une ou deux personnes dans la journée, où nous nous regardions avec suspicion, sans nous adresser la parole. Mes recherches s’affaissaient, sans la moindre trouvaille, sans quoi que ce soit. Pas un indice, pas la moindre idée d’où il aurait pu aller. Et s’il était mort ? L’hypothèse se dessinait lentement dans mon esprit…
Un bruissement me fit comprendre que quelqu’un se trouvait dans les parages. Sans la sortir de son fourreau, je préparais ma dague pour le cas où il y aurait menace. J’étais au fond, une femme, plutôt mince et sans grande force physique face à ses barbares de guerriers. Et je la vis, je la reconnus. Cette fille dont le culot avait créé une certaine mésentente avec elle. Se mêler de ses affaires, elle ne savait pas faire, si bien qu’elle faisait de même avec celle des autres. Evidemment, en la voyant aussi blessée en pleine forêt, le visage ayant encore des traces de bleus récents, je ne pus m’empêcher de me demander ce qu’il venait de lui arriver. M’approcher d’elle, je remarquais la plaie saignante et ne cherchait même pas à réfléchir, bondissant vers la blessée.

« Que t’est-il arrivé ? »

D’une voix presqu’indifférente, je m’occupais de celle qui prenait le rôle de patiente. Notre passé commun n’interférait pas. Du moins pour le moment.
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le Mer 4 Mar - 13:20
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ft. Katelynn Hawkins & Grace Milderton
Les secondes passent. Le sang s'écoule. Il est chaud contre sa peau, poisseux, désagréable. La douleur qui part de la plaie ouverte parcourt son corps en vagues successives, lui faisant monter les larmes aux yeux. Elle presse dessus pourtant, comme on le lui a appris. Elle appuie de toutes ses forces avec un bout de son manteau pour arrêter le saignement. Mais bientôt, la fourrure se teint d'un rouge éclatant, tout comme ses doigts. Foutue blessure. Pourquoi ça cicatrise pas plus vite ces trucs-là ? Il suffit d'un petit effort supplémentaire pour que le travail délicat du guérisseur se brise en un instant. Katelynn est forcée de sortir sa lame et de faire une ouverture dans son pantalon pour constater les dégâts, incapable d'enlever le vêtement par ce froid, consciente que le tissu qui colle à sa peau risque d'en emporter des morceaux au passage si elle force un peu trop, ce qui empirerait le saignement. Et elle n'a pas du tout envie de prendre ce risque. La terrienne, jette un œil sur la plaie et serre les dents. Ca fait un mal de chien. Pas plus que lorsque Haldir l'a ramenée, inconsciente, après sa mauvaise rencontre dans la montagne. Mais ça n'en reste pas moins douloureux. Et ses muscles endoloris n'aident en rien ; elle se sent lessivée, trop faible pour continuer. Ses forces ne sont pas encore revenues, pas comme autrefois. Elle se sent comme une gamine en pleine phase d'apprentissage, pas encore assez grande pour s'occuper d'elle-même, pas assez sage pour prendre les bonne décision. Ca l'irrite. Pire, ça l'enrage. Voilà des années qu'elle se bat pour que ses aînés cessent de la voir comme une fillette sans défense et elle finit par leur donner raison. Rien qu'à cette idée, la douleur semble d'intensifier, juste pour en rajouter une couche. Mais non, elle refuse de se laisser terrasser par un stupide saignement. Elle ne laissera pas ce monstre gagner une nouvelle fois. Il n'aura pas le dessus. Plus jamais.

Katelynn continue d'appuyer sur sa plaie et réfléchit à toute vitesse. Si elle bouge, elle risque de perdre beaucoup trop de sang avant d'arriver au village des Pikuni. Et si personne ne l'aide, ça pourrait bien lui être fatal. D'un autre côté, si elle reste immobile pour éviter à la blessure de s'ouvrir plus fortement encore, elle risque d'attirer des bêtes sauvages. Et il y en a de peu commodes dans la région. Leur odorat développé détectera le sang à des centaines de mètres, peut-être plus si le vent s'en mêle. Alors oui, dans sa tête, il est clair qu'il faut qu'elle bouge. Mais à peine s'est-elle redressée que son genoux tremble sous son poids et qu'elle est forcée à s'appuyer à nouveau contre l'arbre pour se laisser retomber le long de son tronc. Décidément, c'est bien sa vaine. Il a fallu que ce salaud, non content de lui blesser sa main de travail, l'empêche de se déplacer correctement. Elle est tellement frustrée qu'elle fulmine, légèrement désespérée. Alors elle repose sa tête contre le tronc de l'arbre et espère que le saignement s'arrêtera assez pour qu'elle puisse se remettre en route.

Le soleil a depuis longtemps disparu et son souffle n'est plus qu'un vague filet de fumée blanchâtre quand un bruissement la fait sursauter. Elle entend des pas, quelque part entre les arbres. Habituée aux sons de la forêt, elle tend l'oreille, reconnaît la démarche ; ce n'est pas un animal, c'est clairement un homme. Ou une femme. Katelynn pose la main sur le manche de son couteau et se tient prête à se défendre, même dans cet état. Pourtant, quand elle voit la silhouette s'approcher, elle reconnaît bientôt une chevelure enflammée et un regard soudain inquiété par la vision de cette jambe ensanglantée. Grace. Celle-ci bondit sur elle, examinant immédiatement sa blessure.

« Que t’est-il arrivé ? » La Calusa grimace un peu en la sentant toucher sa jambe, mais elle ne dit rien car elle semble savoir ce qu'elle fait. Il y a dans ses yeux l'assurance que confère l'expérience. Est-elle guérisseuse ? « Mes points de suture ont lâché. » répond-elle d'une petite voix en l'observant. Ce n'est sûrement pas ce qu'elle voulait savoir. Vu l'état de sa jambe et de son visage, elle a probablement l'air d'avoir été utilisée comme marteau dans la forge de son frangin. Néanmoins, elle n'a pas envie d'entrer dans les détails avec elle. Tout d'abord parce qu'elle ne la connaît pas et que les souvenirs de leur dernière rencontre ont laissé un froid entre elles. Mais surtout parce qu'elle a encore honte de ce qui lui est arrivé. Katelynn serre les dents pendant que sa plaie est examinée et ajoute finalement : « Pas joli hein ? J'dois ça à un coup de poignard. » Mon poignard, faillit-elle ajouter avant de se retenir. N'en rajoutons-pas une couche, ça vaut mieux.
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le Jeu 12 Mar - 1:23
De la tristesse. Si le dernier souvenir que j’avais de cette femme restait ce moment où elle avait vu ma lame contre son cou tandis que je la menaçais, le spectacle actuel semblait tout autre. Faible, je la voyais faible, dans un état de détresse auquel je ne me serais pas attendue, venant de sa part. Dans ce moment de vulnérabilité où elle aurait certainement préféré rester seule le temps de sécher ses larmes, j’étais apparue. J’avais vu, je partageais maintenant, contre mon gré, un secret, ou plutôt un élément compromettant pour d’autres. Les larmes, je ne les voyais nullement comme mauvaises, plutôt comme un soulagement, celui de l’Homme acceptant la douleur ancrée au fond de lui, tentant vainement de la faire s’échapper pour se sentir davantage libéré de son emprise oppressante. Que celui qui n’a jamais eu mal jette la première pierre, tout le monde passait par cette passade. Chacun l’extériorisait pourtant à sa manière, certains laisseraient leur colère se déchaîner, d’autres, des larmes.

Du sang perlait sur ses vêtements, la plaine ouverte s’échappant à cœur joie, s’amusant, se moquant de pouvoir s’échapper et causer encore du tort. Les points de suture ont lâché me dit-il, ravalant sa fierté, tentant de dissimuler cette douleur au fond d’elle. Lentement, je relevais le pan du pantalon, veillant à ne pas lui faire davantage de mal qu’elle n’en avait déjà. Le contact du tissu avec la plaie pourrait également être source d’infections inattendues, un fil de coton pouvant s’infiltrer rapidement parmi la blessure déjà ouverte. La refermer avec un corps étranger présent ne ferait qu’amplifier tout ce mal qui la rongeait déjà, l’empirant pour qu’il ne la quitte pas, cherchant tout bonnement à la tuer. L’infection se répandait dans le corps en bonne santé pour mieux le détruire et en prendre possession. Et elle allait certainement profiter d’un manque de vigilance pour reprendre d’assaut ce corps tentant de l’en déposséder. Les points de suture ayant cédé, il était presque certain que des morceaux en seraient coincés à l’intérieur de cette plaie, que je voyais plutôt importante et imposante. Diagnostic effectué, je lui faisais cette remarque à son insu, sans la juger. J’ignorais les faits exacts, je ne pouvais pas me référer à ce que je ne savais pas. Néanmoins, la faute revenait à l’un ou l’autre, quand ce n’était un peu des deux à qui la responsabilité incombait.

« Pas joli en effet. Il va falloir tout refaire. A commencer par retirer tes points. Soit ton médecin est mauvais, soit tu as marché alors que tu n’en avais pas la permission. »

Me relevant, je lui disais revenir pendant que j’allais chercher Flamme qui attendait à quelques mètres de là. Je n’avais pas le matériel nécessaire pour m’occuper de cette plaie, je ne pouvais rien faire qu’aggraver la situation. La bride du cheval entre mes doigts, je le menais vers la blessée malgré ses réticences à monter le sentier. Allez mon grand. Face à la jeune femme, je lui fis une proposition, puisque je ne l’obligeais à rien. Si notre précédente rencontre me laissait un goût amer dans la bouche, je lui laissais le choix de venir ou de rester plantée à attendre les secours. Parfaitement calme, la proposition n’avait pour but que de lui laisser le choix, et ce afin d’éviter les questions à propos de confiance et autre. Qu’on ne perde pas de temps en paroles inutiles qui m’exaspéraient plus qu’autre chose.

« Je ne peux pas te recoudre ici, je n’ai pas suffisamment de matériel adéquat sur moi. Alors je te propose de venir chez moi, tu monteras sur Flamme pour ne pas aggraver ta blessure, je t’y emmènerai ce n’est pas très loin. Je ne force à rien, c’est toi qui vois ce qui est de mieux pour toi. Ta jambe ne tiendra pas le coup jusque chez toi, je te conseille fortement de venir avec moi. »

Inutile de lui dire que si j’avais voulu la tuer, je l’aurais déjà fait. Oh, certainement pas ici, mais chez elle, ce fameux matin où j’aurais pu lui trancher la gorge.
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le Jeu 19 Mar - 22:53
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ft. Katelynn Hawkins & Grace Milderton
Ses yeux suivent les mouvements et observent. Ils examinent les gestes habiles, les gestes expérimentés d'une personne qui sait ce qu'elle fait. Katelynn est orgueilleuse, elle est très fière et trop butée, mais à cet instant, elle est surtout en grande souffrance. Alors elle ne repousse pas cette main secourable qui déjà s'affaire à jauger les dégâts de cette plaie suintante qui laisse échapper un filet de sang qui continue de tacher la neige et ses vêtements au passage. Elle la laisse faire, trop heureuse d'être bientôt soulagée de la douleur. D'un geste rapide, elle essuie ses joues humides de larmes pendant que Grace se concentre sur la blessure, relevant son pantalon et palpant la peau avec une étonnante douceur pour une femme aux allures aussi froides. La Calusa ferme un instant les yeux, inspirant lentement, serrant les dents pour ne pas se laisser submerger à nouveau par ces vagues régulières de douleur qui la prennent d'assaut. Elle se concentre sur sa respiration, sur les sont rassurants de la forêt ; le bruissement des feuilles, les croassements des corbeaux, le vent qui murmure à ses oreilles. Elle est dans son élément et ça la calme. Elle qui, pourtant, déteste devoir se reposer sur les autres. Pour une fois, elle ravale sa fierté et lui laisse carte blanche ; elle n'a pas le choix, mais surtout, elle en a plus besoin qu'elle ne veut bien l'avouer à qui que ce soit. Devant ses aînés, elle arbore toujours ce visage assuré, de femme forte. En réalité, elle possède encore bien des fissures qui la fragilisent et demandent de l'attention si elle ne veut pas s'effondrer totalement.

« Pas joli en effet. Il va falloir tout refaire. A commencer par retirer tes points. Soit ton médecin est mauvais, soit tu as marché alors que tu n’en avais pas la permission. »  Katelynn grimace. Tout refaire... Ca ne l'enchante pas du tout. Mais puisque c'est de sa faute, elle se pliera aux exigences de sa nouvelle guérisseuse attitrée. Car oui, plus les secondes passent, plus elle est certaine que cette femme doit en être une, ou du moins, elle a dû suivre l'enseignement de l'un d'entre eux. Alors elle hoche simplement la tête quand elle lui annonce qu'elle retourne chercher sa monture puis prend son mal en patience. Sa gorge est nouée par la douleur, les larmes échappées ont ouvert la voie à d'autres qu'elle se force à garder emprisonnées. Chaque élancement lui rappelle sa mauvaise rencontre et les coups reçus, tous plus clairs les uns que les autres dans son esprit pourtant bien embrumé. Cet homme aurait pu la tuer et pourtant, il a décidé de la laisser ainsi, à deux doigts de la mort, se noyant dans les affres d'une douleur indescriptible. Au lieu de l'achever proprement, il a préféré la voir souffrir. Et cette idée plus que tout l'enrage et la fait frissonner à la fois. C'est un monstre. Voilà la seule conclusion qu'elle tire de toute cette histoire. C'est homme est un monstre et il rôde dans ces bois, dans la montagne, dans tous ces lieux qu'elle considère comme sa demeure et qui, désormais, ne sont plus sûrs.

Katelynn sursaute en entendant une branche craquer. L’œil vif, elle se retourne pour apercevoir Grace qui revient en compagnie de son cheval. La honte est cuisante face à cette réaction totalement enfantine qu'elle vient d'avoir, mais elle reprend vite un air impassible avant d'esquisser un sourire timide, emprunt de soulagement.

« Je ne peux pas te recoudre ici, je n’ai pas suffisamment de matériel adéquat sur moi. Alors je te propose de venir chez moi, tu monteras sur Flamme pour ne pas aggraver ta blessure, je t’y emmènerai ce n’est pas très loin. Je ne force à rien, c’est toi qui vois ce qui est de mieux pour toi. Ta jambe ne tiendra pas le coup jusque chez toi, je te conseille fortement de venir avec moi. » Katelynn l'observe, considère sérieusement sa réponse. Elle n'habite pas loin, elle vient donc du village Pikuni ? Peu importe au fond. Elle a besoin de son aide. Et malgré leur première rencontre – pour le moins houleuse – elle n'irait pas jusqu'à risquer sa vie en l'envoyant sur les roses. Après tout, Grace n'a fait que réagir après avoir été assommée. Elle aurait probablement fait la même chose à sa place.

Son regard se pose dans celui de la rouquine et elle acquiesce enfin, tendant la main pour qu'elle l'aide à se relever. À nouveau, elle grimace sous la douleur, mais elle prend sur elle car elle sait que c'est bientôt terminé. Lentement, elle s'approche du cheval, se tient à sa scelle et lui flatte doucement l'encolure avant de se tourner vers Grace, un mince sourire sur les lèvres. « Merci. » Sans s'attarder sur des paroles inutiles, elle pose un pied sur l'étrier – celui de sa jambe valide – et se hisse sur l'animal avec difficulté, sans pouvoir retenir une plainte de douleur. Bordel, c'est que ça fait un mal de chien ! Mais aucune remarque ne quitte ses lèvres pendant qu'elle se laisse mener par sa sauveuse le long du chemin. Le silence les enveloppe à nouveau. Seule la souffrance reste, accentuée à chaque pas de l'équidé sur la route tortueuse. Finalement, elle baisse le regard sur sa sauveuse. « Tu vis au village Pikuni ? » Question bête, oui. Mais il lui faut une distraction pour se détourner de la douleur à sa jambe. Les secondes paraissent interminables et elle désire simplement s'allonger et plonger dans un sommeil profond qui l'empêcherait de ressentir quoi que ce soit. Espoir bien lointain pour le moment.
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le Lun 23 Mar - 14:52
La douleur a recouvert son visage de larmes salées comme l’océan. Elle ne l’avouera pas en face, c’est une guerrière que la peur ne semble pas traverser, que le mal ne semble pas ronger. C’est d’un côté, ce qu’elle fait croire à tous, c’est ce qu’elle fait penser à son entourage et les autres guerriers se mesurant à elle, pour justement que personne ne voit ses faiblesses, et qu’elle inspire le respect et la crainte. C’est ainsi qu’on les considérait comme imbus d’eux-mêmes, et fiers. La solitude devait certainement les peser, car garder ses faiblesses pour soi, c’était créer une boîte de Pandore qu’un cataclysme déchainerait sans vergogne. Je ne la jugeais pas d’avoir mal, la voir simplement avoir mal, c’était déjà quelque chose. Si je lui énonce les hypothèses de son mal, je n’obtins aucune réponse ; inutile d’être devin pour comprendre qu’elle avait simplement désobéi les conseils de son médecin. Pour ma part, je n’étais pas le modèle parfait, l’exemple même qui écoutait et exécutait machinalement. Au contraire, je restais l’entêtée, celle qui n’en ferait qu’à sa tête. Comme dit plus haut, je ne pouvais pas juger d’un geste bien que je l’aurais bien sermonnée pour son inconscience.
J’étais allée chercher mon cheval pour l’emmener chez moi. Autant dire que je n’étais pas en mesure de faire quoi que ce soit ici sur place. Chez moi, il y aurait de tout mais également la chaleur d’une maison, ce qui éviterait quelques désagréments supplémentaires.

La jeune femme se hissa elle-même sur l’animal, apportant également mon appui pour lui faciliter la tâche. Je ne souhaitais pas la voir chuter de toute sa hauteur et aggraver sa blessure déjà conséquente. Pour être suffisamment profonde, je me demandais ce qui avait bien pu lui arriver pour avoir un coup aussi mauvais. Un coup de poignard, certes, mais pas celui que l’on enfonce par erreur dans sa chair, plutôt celui de la guerre, d’un combat nullement à l’amiable à en juger par la manière dont la peau avait été déchirée et entaillée. A croire que la haine animait les gestes de l’auteur. Je répondis à son remerciement par un sourire avant de lancer le cheval au trot sur le chemin du retour. Nous n’étions pas bien loin. Néanmoins, il n’était pas utile qu’elle se fatigue et prenne le risque de perdre son membre. N’étant pas d’humeur très bavarde, je répondis toutefois à sa question avant de laisser le silence d’installer durant tout le trajet.

« Oui »  

Au loin, la maison se dessina, celle où je vivais, à l’écart, loin des moins. Achim n’avait jamais été très social, et avait préféré que nous vivions à l’écart même s’il appréciait ses frères d’armes et sa tribu. Pour ma part, je ne m’en étais jamais plaint, peu dérangée par la marche à pied. Seulement, en cas d’urgence je ne pouvais porter secours à ceux qui étaient dans le besoin aussi rapidement que je l’aurais voulu, mais Flamme aidait à contourner la distance d’une certaine manière.
Parvenus à destination, je l’aidais à descendre du cheval et à entrer chez moi, où je l’approchais du lit que je réservais aux malades venant me voir. M’éloignant quelque peu d’elle, je revenais avec une gourde pleine d’un breuvage pour l’oubli et l’enivrement. Autant lui éviter d’avoir trop mal inutilement.

« Tiens, avale ça, ça t’évitera d’avoir trop mal »

La fin de l’hiver annonçait également le manque d’herbes médicinales que j’utilisais donc avec modération pour éviter d’en manquer considérablement avant que le printemps ne revienne. Rien de plus simple qu’un peu d’alcool pour ne plus sentir la douleur et aller mieux. Quelques gorgées pour atténuer le mal être et rendre la cicatrisation plus simple et plus rapide. Une aiguille plantée dans la chair n’avait rien de très agréable… encore moins quand on refaisait les points.  
M’armant de fil et d’une aiguille propre, que j’avais préalablement stérilisée, je m’emparais également de tissu propre et d’eau claire pour désinfecter tout cela, remontant tout doucement le pantalon, puis retirant les morceaux de fil de l’ancienne couture, pour ensuite nettoyer le tout et m’offrir une certaine visibilité de l’ensemble. La plaie, bien que vilaine montrait des traces de cicatrisation, marquant nettement qu’elle se refermait normalement.

« Tu respires bien, ça va faire mal. Si c’est trop douloureux, tu m’arrêtes, on fait une pause et on reprend. »
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le Dim 29 Mar - 15:53
Take these broken wings and learn to fly

ft. Katelynn Hawkins & Grace Milderton
Si elle ne veut pas se montrer faible, c'est parce que c'est ainsi qu'on l'a élevée. Sur Terre, c'est marche ou crève. La moindre faiblesse est la porte ouverte aux moqueries, au dédain, à la mort. Les incapables sont laissés à leur sort, ils sont traînés dans la boue, ils sont bannis au loin. Car tout ce qui compte, c'est la survie, celle d'un peuple qui se bat jour et nuit pour conserver sa place sur des terres parfois bien hostiles mais qui restent leur demeure. Katelynn a grandi avec cette idée que les guerriers étaient des gens sans peur. Elle les voyait s'entraîner avec les yeux brillants, elle enviait l'aisance de leurs mouvements et la puissance de leurs coups. Elle observait également ses aînés, de forts caractères qui ne se laissaient pas marcher sur les pieds. Et elle a toujours voulu devenir comme eux ; forte, inatteignable. Elle sait aujourd'hui que ce n'est qu'un masque. Que les personnes sans peur n'existent pas. Pourtant, elle est habituée désormais à le porter, présentant au monde cette image de guerrière, trop heureuse de laisser ses émotions se terrer dans un coin de son esprit. Parce qu'elles font bien souvent mal, qu'elles sont douloureuses quand elles ressortent. Et que de cette façon, il est plus simple d'avancer. Elle rit alors de tout pour ne pas pleurer. Elle s'amuse de ce qui l'entoure parce que tout prendre au sérieux est le meilleur moyen de se faire du mal. Et Katelynn, elle préfère de loin la légèreté. Alors laisser ses larmes couler face à une quasi inconnue, c'est nouveau pour elle. La douleur physique est si forte, elle fait céder les barrage et laisse la place à tout le reste. Elle est alors bien en peine de retenir le flot qui rêve de se déverser, mais elle serre les dents, parce qu'elle a une fierté bien mal placée. Après tout, à qui Grace irait-elle le répéter ? Probablement qu'elle s'en fout d'ailleurs, de sa peine, de sa haine. Elle n'est que de passage, un petit oisillon tombé du nid qu'il faut réparer avant de lui rendre sa liberté. Rien qu'une brise qui passe et que l'on oublie rapidement.

Les minutes semblent longues sur cette monture qui avance en direction de son salut. Chacun de ses pas fait mouvoir sa jambes et provoque des élancements de douleur dans tout son corps. Pour penser à autre chose, elle tente une approche, entame une conversation futile. Mais elle n'a pour réponse qu'un mot, une syllabe. Et le silence revient, l'enveloppant dans sa souffrance. La Calusa n'est pas douée pour les discussions sans intérêt, alors elle n'insiste pas. Même si la distraction aurait été plus que bienvenue. Au lieu de ça, elle se mure dans le silence, ressentant la douleur comme une brûlure qui paraît s'étendre le long de sa jambe. Une autre larme s'échappe, qu'elle n'arrête pas cette fois-ci. Ca ne sert décidément à rien.

Enfin, elles arrivent à destination. Katelynn voit se dessiner une bâtisse et à l'instant, il lui semble que c'est la plus belle maison qu'elle ait jamais vue. Le soulagement la prend à la gorge et elle se sent un peu plus légère. Sans un mot, elle descend du cheval avec l'aide de Grace qui la soutient ensuite afin de pénétrer dans la maisonnette. Durant quelques secondes, sa curiosité reprend le dessus et elle laisse son regard vagabonder sur la pièce silencieuse avant de se concentrer sur le lit et sur la meilleure façon de s'y poser pour ne pas réveiller à nouveau la douleur. Elle s'y allonge, posant les yeux sur la plaie pendant que son hôte s'en va chercher du matériel pour la soigner. La Calusa n'y fait d'ailleurs pas attention, veillant plutôt à allonger sa jambe sur le matelas en douceur. « Tiens, avale ça, ça t’évitera d’avoir trop mal. » Elle relève les yeux et attrape la gourde que Grace lui tend avant d'en avaler plusieurs gorgée d'un coup. Le liquide lui brûle la gorge et lui soutire une grimace, mais elle sait que c'est un mal pour un bien. Surtout quand elle voit le fil et l'aiguille déjà prêts à ses côtés. Katelynn se tient le plus tranquille possible lorsque la plaie est dégagée et nettoyée, mais le plus dur est à venir. « Tu respires bien, ça va faire mal. Si c’est trop douloureux, tu m’arrêtes, on fait une pause et on reprend. » Elle acquiesce, lui montrant qu'elle a bien compris. Avant de commencer, elle boit une autre gorgée de cette gourde offerte et la pose au pied du lit. Puis elle croise le regard de Grace, hochant la tête pour lui faire signe qu'elle peut y aller.

Comme elle s'y attendait, l'aiguille qui transperce sa peau provoque une vive douleur dans la chair déjà à vif, mais elle suit les instructions de Grace ; elle ferme les yeux, elle respire lentement et ses poings se ferment sur les draps. À cet instant, elle regrette amèrement sa petite escapade. Elle aurait dû rester chez elle, elle aurait dû écouter ses aînés pour une fois, prendre son mal en patience et ménager sa jambe. Ou mieux, elle n'aurait pas dû provoquer cet homme en montagne. Mais n'aurait-elle pas été plus honteuse encore si elle avait laissé un inconnu s'échapper avec sa proie sans rien dire ? Sans rien faire pour la récupérer ? Non, elle n'aurait pas été capable de rester les bras croisés. Aussi stupide que ça puisse paraître, elle sait qu'elle agirait probablement de la même manière si ça devait se reproduire. Quoique... peut-être ne foncerait-elle pas tête baissée cette fois-ci.

L'aiguille lui arrache une plainte douloureuse mais devant le regard de Grace, elle secoue la tête pour qu'elle continue. « T'arrête pas, autant en finir rapidement. » dit-elle entre ses dents avant de se concentrer à nouveau sur sa respiration. Plus vite ce sera fini, mieux ce sera. En attendant, elle accuse le coup et assume les conséquences de sa bêtise. Peu importe le temps que ça prendra. Et heureusement, Grace ne lambine pas et termine enfin son œuvre, nettoyant la plaie et s'assurant que tout tient en place. Katelynn observe également, soulagée que ce soit terminé. « On dirait que t'as fait ça toute ta vie. » Un mince sourire prend place sur ses lèvres. « Merci. » ajoute-t-elle, gênée, avant de détourner les yeux, faisant mine de s'intéresser à la demeure où elle se trouve, posant le regard un peu partout où elle le peut.

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le Ven 3 Avr - 1:56
Ma quête vers celui en qui je tenais plus que tout semblait vaine, agrémentée d’une rencontre fortuite inattendue. L’habitude de perdre des êtres proches ? Certainement était-ce la raison pour laquelle je tenais encore debout alors que j’aurais dû m’accrocher. Ce brin d’espoir semblait encore vivant, frêle mais pourtant là. Pour combien de temps ? Je l’ignorais, et ne pouvait me cramponner à une date limite. Je ne voulais pas savoir. Ce que je souhaitais, c’était le retrouver avant que la corde ne se brise, avant que je ne baisse les bras pour laisser le désespoir m’envahir et grignoter mon corps comme un ver. Il était parti, et je devais me faire à l’idée prochaine qu’il ne reviendrait jamais. Etait-il mort, était-il encore en vie ? Pas un signe pour l’affirmer, et mon sixième sens semblait m’avoir abandonné, incapable de me donner cette impression de vie ou de mort. Simplement, ce mot que je ne voulais pas entendre, pour l’avoir suffisamment enduré devant le corps de mon mari. « Abandonne ». Et si je n’avais pas envie ? Et si je souhaitais encore me battre pour une cause désespérée ? Cette corde me tenait encore, et je la tirais, sans savoir jusqu’où j’irai, jusqu’où j’atterrirai, et ce que j’y verrai à la fin. Au bout du chemin, au fond du tunnel, l’obscurité et la déception. Loin de moi l’idée d’avoir peur de ce que je verrai ou trouverai, simplement savoir, connaître cette vérité à laquelle je souhaitais me rapprocher, pour comprendre. Ne pas savoir, c’était vivre avec une question, hypothèse planant au-dessus de nous. Ignorer aurait été mieux, ignorer aurait pu être autrement plus simple. Je ne pouvais pas. Il était mon abri, il était celui auquel je me raccrochais, il était celui qui m’empêchait de couler, pour lequel je me battrais.

Qui resterait-il s’il ne revenait pas ? Personne, pas même un patient auquel se cramponner. Il y aurait toujours pour avoir besoin de moi. Combien se souviendront de mon visage, de mon nom ? Combien sauront à qui ils ont affaire ? Combien chercheront à savoir au-delà de la guérisseuse, au-delà de ce que je semblais être ? Personne. Les remparts sont clos et fermés, j’ai replié mes sentiments et tout ce qui me rendait humain dans une forteresse de glace. Ce qui me laissait un semblant d’humanité, c’était le soin, c’est l’attention pour une plaie, c’était ce que je savais de mieux faire. Pas besoin de réfléchir ou de penser, pas besoin même d’avoir un cœur. C’était mécanique, c’était habituel, gestes connus par cœur, répétés ça et là avec de nombreux autres avant elle. L’habitude me rendait plus forte et avisée dans la moindre de mes actions, anticipant tout. Pourtant, c’était de l’affection , du soin que je portais, malgré ce que mon cœur pouvait ressentir, malgré les pensées d’autres guerriers avant elle qui me rappelaient des souvenirs. Serait-ce suffisant pour me convaincre que l’on n’avait besoin de moi ? Un cœur brisé, par la mort, par la rupture, par la disparition, c’est la même chose : il est cassé, on ne peut le réparer avec des mots, ou des gestes. On ne peut rien faire qu’attendre que la plaie se referme et cicatrise.
Si elle veut bien, évidemment.

Elle souhaita poursuivre. Ecoutant le moindre de ses dires, je continuais, sensible à la moindre de ses douleurs, de son mal être. Croyez-le ou non, si l’indifférence se tirait sur les traits des médecins lors de la souffrance du malade, ce n’était qu’une façade, un rempart pour mieux se protéger de l’empathie en chacun de nous. Je ne pouvais supporter le mal des autres, incapable de gérer le mien, ni de le contenir. Et parfois, le silence ronge davantage que les mots. Il ronge de vide, des pensées qui s’effritent et ne peuvent parfois s’expliquer. Il alarme, mais personne n’y prête attention, la voix ayant trop d’importance. Le message silencieux est alors oublié, abandonné, jeté. C’est pourquoi je lui parlais, pour savoir, pour la laisser poser des mots sur la souffrance.

« C’est terminé »

La laissant respirer un peu, je reposais les outils sur un côté, pour ensuite scruter le travail, vérifier que je n’avais commis d’erreur durant la suture. Je n’avais pas pris le temps de répondre à sa question, me contentant d’acquiescer pour éviter d’être à moitié concentrée. L’attention ne se jouait pas au lancer de dés, soit on était dedans, soit on ne l’était pas. Pas d’entre-deux, pas de discussion hormis en cas de nécessité, les infections profitant de ce moment oublié pour s’infiltrer et creuser leur nid douillet.

« Vous ne prenez plus appui sur cette jambe pour les prochains jours qui restent. C’est un ordre, pas une recommandation ou votre jambe sera foutue en l’air »

Inutile de la laisser partir seule dans cet état. Si j’avais horreur du travail bâclé, je ne supportais pas le soin inutile…
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le Sam 4 Avr - 14:08
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ft. Katelynn Hawkins & Grace Milderton
Elle ne sait pas ce qui lui fait le plus mal dans toutes cette histoire. Le fait que sa blessure envoie des vagues violentes dans tout son corps, ou que ses aînés aient eu raison. Qu'elle était encore trop faible pour quitter sa tribu, qu'elle avait besoin de repos, de surveillance peut-être, autre que le guérisseur dont le travail venait de se déchirer littéralement sous ses yeux. Katelynn ressent toute cette frustration s'accumuler ; elle a voulu prendre l'air, s'éloigner de leurs regards de compassion, trop lourds pour elle. Peu désireuse de se faire à nouveau couver comme une petite fille, elle n'a donc pas hésité bien longtemps, mais sa fierté était trop grande et sa force trop moindre. À présent, elle s'en mord les doigts et elle est obligée de serrer les dents pour ne pas être submergée. Rattrapée par le sentiment d'impuissance qui l'a prise à la gorge alors qu'elle agonisait sur le sol enneigé, incapable de se relever ou de panser ses plaies trop nombreuses, trop profondes. Une peur indescriptible s'était emparée d'elle avant de sombrer. La peur que sa famille ne sache jamais ce qu'il lui était arrivé. Qu'il leur arrive malheur alors qu'elle n'était plus là pour les protéger. Katelynn ressent tout ça et plus encore quand l'aiguille transperce sa peau. La douleur ne suffit pas à éloigner ses pensées de souvenirs douloureux. Au contraire, elle est la preuve de son inconscience et son impétuosité. Elle marque au fer rouge la stupidité de son acte. Et elle ranime chaque parcelle de sa mémoire connectée à ce sombre événement.

Pourtant, à mesure que le temps passe, la concoction de Grace semble faire son effet. La Calusa ne sait pas très bien de quoi il s'agit, mais le breuvage lui monte lentement à la tête et anesthésie la douleur progressivement, la déconnectant presque de la réalité. L'effet se fait ressentir, s'amplifie même, jusqu'à ce que tout soit enfin terminé et que le sang arrête de s'écouler, de retour dans sa prison de chair. Katelynn observe le travail et remercie sa guérisseuse d'une nuit, intriguée par cette femme énigmatique qui aurait pourtant toutes les raisons de ne pas vouloir l'aider. Après tout, elle l'a assommée sans même une once d'hésitation. Il y a de quoi en énerver plus d'un. Mais non, en retour, elle la ramène chez elle, prend soin d'elle, ne la sermonne même pas. C'est d'ailleurs un soulagement pour la jeune femme qui en a marre des leçons de morale, raison pour laquelle elle a quitté son village en premier lieu.

« Vous ne prenez plus appui sur cette jambe pour les prochains jours qui restent. C’est un ordre, pas une recommandation ou votre jambe sera foutue en l’air » Pour les prochains jours ? Katelynn grimace et retient une plainte, sachant qu'elle n'a rien à dire sur le sujet car elle n'est pas une experte. Son hôte a l'air de savoir ce qu'elle fait, elle. Mieux vaut peut-être l'écouter cette fois-ci. Pourtant, à l'idée d'être à nouveau alitée pendant plusieurs jours, l'irritation s'éveille à nouveau, bien que son esprit soit encore légèrement embrumé par le breuvage de tout à l'heure. Alitée dans la demeure d'une inconnue en plus, voilà bien sa vaine. « Et si j'ai une envie pressante, je fais quoi ? » demande-t-elle avec ironie en levant les yeux vers Grace. Ah ben oui, elle ne va tout de même pas la porter à l'extérieur à chaque fois qu'elle aura besoin de se soulager, non ? Ou alors elle pourrait sautiller sur un pied pour se déplacer. Cette pensée la fait sourire ; voilà qu'elle divague. Elle s'imagine déjà jouer les équilibristes rien que pour aller au petit coin. Quelle idée saugrenue. Et pourtant, dans son état, elle l'envisage sérieusement ; épuisée par sa longue marche et par la douleur, étourdie par ce qu'elle a bu, tout lui semble plausible.

Finalement, son regard se perd sur la pièce qui l'entoure, dans tous les recoins, sur chaque meuble, chaque objet. Sa vision semble légèrement troublée, mais elle ne s'en soucie pas vraiment. À l'instant, une seule chose la marque. « Tu vis toute seule ? » demande-t-elle, curieuse, sans vraiment réfléchir à ses propos. Mais elle ne s'arrête pas là. Posant le regard sur Grace, plissant les yeux le temps que sa vision se focalise sur ses traits, elle ajoute : « Me dis pas que y'en a pas un pour avoir remarqué comme t'étais jolie. » Ca y est, elle a finalement perdu la tête. Les effets du breuvage la frappent de plein fouet et elle a l'impression d'avoir bu autant que lors d'une soirée arrosée. Mince, si elle avait su, elle serait venue plus tôt faire la fête chez Grace. C'est puissant ce truc ! Et pour ne pas s'arrêter là, elle lui adresse un sourire un peu absent. « Ben ils savent ce qu'ils perdent ! » continue-t-elle en laissant son regard se poser sur les alentours, intriguée par les lieux.

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le Mer 8 Avr - 17:16
Je conservais toujours mon sérieux lorsqu’il était question de mes patients. J’en prenais soin, pour une raison que je ne comprenais pas moi-même. Après tout, mon corps, ma vie, mon existence, je n’y portais pas l’attention dont je pouvais faire preuve alors que pour ceux dans le besoin, je mettais du cœur à l’ouvrage, exigeante et protectrice avant tout. Envers tous, mais pas envers la personne la plus importante, c’est-à-dire moi-même. Sans comprendre la raison, je ne pouvais me résoudre à me donner de l’estime et me considérer comme une personne à part entière. L’autre avait forcément un statut plus important, toujours fort, placé sur un piédestal, protégeant sa vie au péril de la mienne. Mon entêtement ne changerait pas les facettes de ce côté dans lequel je me réfugiais, un patient, une excuse.
Cette réaction, inattendue, fit glisser un timide sourire sur mes lèvres. Qui disparut entre une fraction de secondes, redevenant invisible et hermétique face à son environnement. Je ne souriais pas vraiment, quand je me moquais ou provoquais,  certainement plus souvent, mais sincèrement, amusée par la situation, heureuse ? Plus vraiment. Franklin savait comment s’y prendre. Il n’est plus là maintenant, trop tard. Et si je le croise un jour, s’il revient un jour, je ne pourrais estimer ma réaction face à ce qu’il m’a fait. Si j’ai encore espoir de le voir encore rentrer, frappant à la porte pour annoncer son retour, impossible pour autant de prédire ma réaction. Une gifle, c’est certainement l’accueil qui accompagnerait mes larmes. Ma voix se teinterait de mots disgracieux, que je répandrais en pluie dans ses oreilles, déferlant la tempête. Il regretterait d’être parti, de sorte de ne plus jamais recommencer de cette manière. Plus jamais me faire endurer cela.
S’il revenait.

« Je vous accompagnerai jusqu’à l’endroit pour vous soulager. Vous n’avez pas besoin de marcher pour faire votre affaire »

Retrouvant mon sérieux, je ne permettais pas que les règles soient enfreintes pendant la convalescence. Je décidais de son rétablissement et cela ne se négociait pas, me souciant de son état. D’une certaine manière, nous nous ressemblions bien plus que nous ne voulions le voir ; son entêtement avait fait sauter ses points de suture. Allons, ce n’était nullement un bête accident, le fruit du hasard. Pour céder, la plaie devait encore être pénible à supporter, et ouverte. On ne casse pas des points comme on casse un pot en terre. D’un hochement de tête, je répondis par l’affirmative que je vivais seule. Ces derniers temps, Amaryllis passait bien plus souvent que d’ordinaire, restant parfois des jours entiers chez moi pour me tenir compagnie. Dans cette grande maison dont je m’étais habituée à la présence du silence et de la solitude, il était exceptionnel d’entendre l’écho de ma voix rebondir contre les murs.
Interloquée par ses propos, je la regardais d’un air étonné face à sa question. L’alcool faisait ses petits effets à ce que je pouvais constater. Petite Kate allait bientôt rejoindre le pays des merveilles et croiser un chat arc en ciel sur son chemin, tout en se nourrissant de champignons hallucinogènes.

« Pourquoi tu veux faire l’entremetteuse ? J’ai un cœur de pierre, et ça ne risque pas de changer. »

Entrer dans la moindre confidence ? Très peu pour moi, autant dire que je ne souhaitais en faire savoir davantage. J’avais fermé mon cœur, comme on ferme une porte, qu’on la verrouille par crainte que quelque chose ne cherche à en connaître les secrets. Un inconnu n’était pas plus fiable qu’un ami, et personne n’était suffisamment digne, car finalement j’avais toujours mal. Quel était  le problème avec moi ? Pourquoi tournais-je aussi mal, pourquoi m’entourais-je de personne en qui je ne pouvais avoir la moindre fiabilité pour ne pas m’abandonner ? Ou peut-être que tout simplement je m’accrochais à eux comme un radeau dérivant en pleine mer, telle une épave et que personne ne me voyait et ne pouvait y porter la moindre attention. Personne.

« Tu devrais te reposer au lieu de parler. Tu divagues. »
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le Dim 12 Avr - 15:52
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ft. Katelynn Hawkins & Grace Milderton
« Je vous accompagnerai jusqu’à l’endroit pour vous soulager. Vous n’avez pas besoin de marcher pour faire votre affaire » Ca la fait sourire. Ca la fait rire même, très légèrement. Katelynn évolue dans un univers un peu cotonneux. Ben mince, elle ne sait pas ce qu'elle a mis dans sa mixture, mais ça décoiffe ! Et c'est vraiment agréable. Les bruits sont estompés, la douleur aussi. Elle n'est plus qu'un écho lointain, une bribe de souvenir qui l'effleure au lieu de peser sur elle de tout son poids. La brûlure de sa peau n'est plus qu'une morsure légère. Elle a l'impression que sa jambe flotte. Et son esprit vogue au loin, sur une mère de nuages nacrés. Katelynn se sent bien. Pour la première fois depuis longtemps, elle se sent apaisée, soulagée. Les tensions entre tribus, la menace des débarqués, les disputes avec sa famille, la folie de son père, les conséquences de son combat en montagne ; tout ça s'est envolé, emportant le poids sur ses épaules dans un univers lointain ou tout ça n'a plus d'importance. Juste l'espace d'un instant, elle se détache de ces problèmes et les voit de l'extérieur, comme un point lointain, important mais trop éloigné pour qu'elle puisse y faire quoi que ce soit. Et cette déclaration d'impuissance lui permet de souffler. Elle ne peut rien y faire. Il est temps qu'elle lâche prise. Elle ne peut plus continuer à tout prendre sur elle et à porter ce masque de puissance qui cache ses faiblesses.

Peu importe ce que lui a donné Grace, la déconnexion à tous ses tourments est efficace et Katelynn ne peut que la remercier. Mais au lieu de ça, elle laisse sa curiosité reprendre le dessus. Déjà spontanée en temps normale, elle en devient légèrement invasive. Sa vie privée ne la regarde pas et pourtant, elle ne se gêne pas de lui poser des questions. Se permettant même des commentaires sur le sujet. « Pourquoi tu veux faire l’entremetteuse ? J’ai un cœur de pierre, et ça ne risque pas de changer. » Katelynn fronce les sourcils et l'observe d'un regard intense. Ses yeux dévient sur sa poitrine – non pas pour mater ses seins, merci bien – mais pour tenter d'y déceler une preuve que son palpitant est bien fait de roche solide. Pourtant, tout semble normal. Du moins de l'extérieur. Alors la Calusa lui adresse un sourire espiègle, le genre qu'elle réserve quand elle compte faire des mauvais coups. Ce sourire que les membres de sa famille ne connaissent que trop bien. « Ce serait sous-estimer ma capacité de persuasion ! » réplique-t-elle non sans se départir de ce sourire. « J'ai deux frangins si ça t'intéresse. Ils sont très mignons. Quoiqu'un peu emmerdeurs. » ajoute-t-elle alors, replongeant dans une réflexion visiblement profonde sur le sujet. Oui, des emmerdeurs. Et Daïgan est un rabat-joie. Mais si elle a un cœur de pierre, peut-être s'entendront-ils, qui sait ? Peut-être qu'ils pourront se regarder dans le blanc des yeux avec une mine renfrognée et faire des blagues auxquelles ils ne riront pas. Oui, voilà un tableau tout à fait étrange. Mais si ça marche, au final, on se fiche bien des détails non ?

« Tu devrais te reposer au lieu de parler. Tu divagues. » Katelynn relève les yeux et focalise son regard tant bien que mal sur le visage de la guérisseuse. Divaguer ? Elle ? Mais pas du tout ! « J'suis pas fatiguée. » réplique-t-elle en réprimant un bâillement. Menteuse. La marche et la douleur l'ont vidée, elle n'a plus aucune énergie dans le corps. Elle ne sait même par quel miracle elle est encore éveillée d'ailleurs, surtout vu son état. La concoction l'a assommée elle aussi. Peut-être n'aurait-elle pas dû en prendre autant, mais la vue de cette aiguille ne l'a pas rassurée. Oui, la grande guerrière a peur des petites aiguilles mais pas des haches, c'est tout à fait normal. C'est que ça pique ces saletés ! « Et puis j'veux pas me réveiller avec une lame sous la gorge, je tiens à ma vie. » dit-elle alors avec ironie. D'accord, ce n'est peut-être pas drôle, mais sur le moment, elle a trouvé ça marrant. Et puis, le karma fait bien les choses. Voilà que c'est elle à qui on donne des ordre et à qui on demande de rester au lit. Elle espère simplement que Grace ne songera pas à l'assommer pour la faire dormir, ce serait bien sa vaine.

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le Mar 14 Avr - 10:29
Elle ne savait vraiment pas à qui elle avait affaire. Je ne me laisserai pas faire à la moindre persuasion pour convaincre mon cœur de suivre une direction ou une autre. Ce n’était nullement de ce bois que j’étais faite. J’aimais peu, mais j’aimais sans retenue. Difficile à croire lorsque l’on me croyait, d’apparence si froide, si sèche, si impersonnelle. Inutile d’étendre mes sentiments face au monde pour prouver que j’aimais une personne pour ce qu’elle était. Tant qu’elle le savait, en avait conscience et le comprenait, cela me suffisait. Le monde n’avait nullement besoin de connaître mon attachement vis-à-vis d’une personne, et à quel point je pouvais en être proche. Retirons là les élans d’envie me prenant où la foule de regards disparaissait autour de moi pour se focaliser sur la personne choisie. Tout simplement. Tant que celle-ci le voyait et le comprenait, cela suffisait.
En revanche, les entremetteuses, disons que je les fuyais comme la peste. Kate ne semblait pas l’avoir compris, en tout cas, par son comportement, j’en déduisais que tout pouvait être possible pour me convaincre de regarder davantage les muscles d’un homme ou me focaliser sur mon splendide arrière-train. Non, pas vraiment mon genre. Les guerriers au physique attrayant ne manquaient pas, et si j’avais été un tant soit peu intéressée par leur physionomie virile, dont les femmes y voyaient là des signes de bonne santé pour avoir des enfants forts et costauds, j’aurais certainement fini maintes fois dans leur bras. Pour beaucoup, j’étais l’inaccessible, celle qui ne se laissait pas emporter par ses pulsions, mais que sa raison contrôlait du tout au tout.
A me parler de ses frères je la lorgnais d’un soupir, pas vraiment intéressée. Des hommes, il y en avait partout, il suffisait de les aguicher pour les cueillir. Si seulement on le voulait bien, évidemment.

« Tu voudrais que je fasse partie de ta famille pour me dire cela ? Des hommes attirants, il y en a partout, inutile de connaître tes frères pour ça »

Qu’on se le dise entre nous, je pourrais faire ce que je voudrais si seulement je le voulais. Tout était question de détruire les barrières mentales, de ne se montrer moins méfiante tout simplement. Comme on dit… tout simplement.
Entêtée comme elle était, je me doutais bien qu’elle n’écouterait pas. Finalement nous avions quelque peu un tempérament similaire, certainement pas suivant les mêmes intérêts, mais ce côté plutôt têtu et borné, il me semblait le lire à travers elle. Une patiente pire que moi, qui l’eut cru ? Je ne l’aurais certainement pas pensé aussi inconsciente. Après tout, la dernière fois, j’avais été assommée pour m’éviter de rentrer chez moi en pleine nuit. A croire que seuls les plus inconscients envers eux-mêmes sont les plus protecteurs envers les autres. Petite piqûre de rappel concernant cette précédente rencontre qu’elle me fit d’ailleurs. Je n’en souris pas, lui rappelant avec un certain détachement que la lame ne résultait que d’une conséquence de ses propres actes. A elle d’assumer de contraindre les autres contre sa volonté.

« Ma belle, tu l’avais cherché la dernière fois. »

Si elle regrettait son geste ? Aucunement même, Kate ayant dépassé les limites. Il y avait une différence flagrante entre proposer et obliger une personne contre sa volonté. Finalement, elles arrivaient encore à communiquer sans avoir envie de se tuer, preuve que finalement chacune était passé à autre chose, et que de rancune, il n’en restait aucune trace pérenne. Il était temps de prendre une décision maintenant, de celles que Kate devrait subir pour ne pas avoir de problèmes avec sa jambe. Pas question qu’elle se déplace seule pour rentrer ou qu’elle ne passe des jours ici. Là-bas, chez elle, ses proches allaient s’inquiéter et se poser des questions concernant sa disparition. Autant minimiser l’affolement, surtout que, blessée, son absence serait d’autant plus alarmante. Pour elle, j’ai pris une décision. Calusa, je pourrai parfaitement profiter de cette virée dans la tribu des marins pour rendre visite à Stacey.

« Je te raccompagnerai chez toi. Ça t’évitera de faire des bêtises, comme détruire une fois de plus tes points de suture. Tu es partie depuis longtemps de chez toi ? »
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le Sam 18 Avr - 2:12
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ft. Katelynn Hawkins & Grace Milderton
Lui présenter ses frères. Quelle idée. Elle ne sait pas bien où elle est allée chercher une chose pareille, mais maintenant que celle-ci tourne dans son esprit, il sera bien difficile de l'en déloger. Non pas qu'elle ait pour habitude de se mêler des histoires d'amour des autres ni même de jouer les entremetteuses – sauf avec son cousin Mewan qui vient régulièrement lui demander ses conseils – mais son état second la rend ouverte à toute possibilité. Que cette étrangère qui vient de lui sauver la vie s'approche de l'un de ses frangins, ça lui semble soudain tout à fait plausible. Tout comme le fait de pouvoir se mettre à flotter au-dessus du lit, c'est pour dire si son esprit est clair à cet instant. En plus de ça, Grace a eu la mauvaise idée de lui dire qu'elle ne pourrait pas la faire changer. Si ça ne sonne pas comme un défi ça, elle ne s'appelle décidément plus Katelynn Hawkins ! Sale gamine bornée. Oui, toujours aussi bornée et insouciante. Prête à tout pour contredire son entourage, pour bousculer le quotidien des autres, pour faire rire un peu aussi. Parce que l'étrange fait sourire et que ses idées sont bien souvent étranges. Katelynn aime surprendre, mais surtout, elle aime plonger les gens dans l'inhabituel. Si Grace a pour habitude d'être seule à cause de ce cœur de pierre qu'elle décrit, eh bien ça changera. La Calusa est soudain prête à venir lui rendre visite régulièrement dans sa petite maison isolée afin de briser ses habitudes et de la détourner de sa routine. Oui, voilà, c'est sûrement ce qu'elle fera quand sa jambe sera guérie. Et elle lui apportera des produits de la mer, ça devrait lui faire plaisir non ? Son esprit divague, il s'égare, même si elle a affirmé le contraire à son hôte. Peut-être qu'elle est déjà à moitié en train de dormir, qui sait.

« Tu voudrais que je fasse partie de ta famille pour me dire cela ? Des hommes attirants, il y en a partout, inutile de connaître tes frères pour ça. » Katelynn hausse les épaules. Elle n'avait même pas pensé à ça, et loin d'elle l'idée de la contredire quant à l'attirance des hommes de la région. Tous ces guerriers musclés et maintenus en forme par les aléas d'une existence difficile et sauvage. Elle est la première à les remarquer. Mais voilà, ils ne sont pas ses frères. « Ouais mais les autres, je peux pas te les présenter. » rétorque-t-elle avec sérieux, se trouvant pleine de bon sens. Eh bien oui, même si certains sont ses amis, elle ne peut décemment pas jouer les entremetteuses. Quoique... Voilà qu'elle envisage même cette possibilité. Mais Grace lui fait bien vite remarquer qu'elle divague et qu'elle devrait se reposer. La mine boudeuse, Katelynn lui fait remarquer que lors de leur dernière rencontre, elle s'est réveillée avec un couteau sous la gorge. Mais la guérisseuse ne se laisse pas amadouer par ses airs faussement innocents. « Ma belle, tu l'avais cherché la dernière fois. » Bon, d'accord, peut-être. La Calusa doit bien l'admettre, elle y est allée un peu fort cette fois-là. Mais Grace était bien trop butée pour parvenir à un accord autrement. Elle aurait pris un risque considérable. Tout comme elle en ce jour, en quittant les siens seule sans la permission de son guérisseur. Deux fortes têtes incapables d'admettre leurs torts. Encore aujourd'hui, Katelynn est persuadée d'avoir fait la chose qu'il fallait lors de cette mémorable première rencontre. Pourtant, aussi étrange que ça puisse paraître, elle n'ajoute pas d'huile sur le feu, se contentant de hausser les épaules d'un air entendu. Le regard un peu perdu dans le vague.

« Je te raccompagnerai chez toi. Ca t'évitera de faire des bêtises, comme détruire une fois de plus tes points de suture. Tu es partie depuis longtemps de chez toi ? » Elle ne lui laisse même pas la possibilité de refuser son aide. Mais à vrai dire, Katelynn ne songe même pas à la contredire pour une fois. Enfin si, elle le ferait, uniquement par principe, mais elle n'est pas mécontente qu'elle lui propose son aide. Si sa fierté mal placée l'empêche d'accepter celle de ses aînés, elle n'a soudain aucun mal à accepter celle de Grace, sous couvert de son autorité de guérisseuse. Peut-être que ça la rassure quelque part. Parce qu'elle la traite comme une patiente comme une autre, pas comme une enfant qu'il faut surprotéger. Le changement est agréable et la Calusa acquiesce doucement. « Je suis partie tôt ce matin. J'en pouvais plus de rester à rien faire. » se justifie-t-elle finalement. Oui, l'immobilité dans un lit, ça lui est simplement insupportable. Visiblement, elle n'aura pourtant plus le choix, à moins de vouloir boiter toute sa vie. Elle songe à cette éventualité et sa gorge se noue. Elle sent également la fatigue de la journée qui la rattrape, jointe par la mixture anesthésiante de la Pikuni. Katelynn repose la tête sur l'oreiller et plisse les yeux pour tenter de la voir plus nettement. « Tu restes ici cette nuit, hein ? » demande-t-elle, presque timidement, à cette femme dont elle ne sait rien. Après tout, où pourrait-elle bien aller ? La question est absurde. Mais Katelynn n'y songe pas, elle ne veut simplement pas se retrouver seule cette nuit.

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black bird singing in the dead of night | PV Grace & Daïgan Empty Re: black bird singing in the dead of night | PV Grace & Daïgan

le Lun 20 Avr - 10:16
C’était assez amusant de l’entendre divaguer à propos d’histoires de cœur. Moi-même ne semblait nullement une experte dans ce domaine, ayant des idées plutôt arrêtées sur le sujet. Disons que je n’avais fait que suivre un sentier balisé tout au long de ma vie, celui que l’on m’avait donné sans me demander mon avis. Me marier avec Achim, pour ensuite subir son adultère, et ne rien faire qui soit contre l’image et la morale, ne même pas agir comme lui pour me venger ou chercher à lui faire du mal comme il m’en faisait. J’aurais certainement dû agir ainsi, et nous aurions peut-être été tous deux plus heureux, qui sait ? Plutôt que de laisser la rancœur et l’amertume nous consumer, plutôt que nous laisser entrainer dans les remparts de la fragilité, jusqu’à la rupture. Si brutale et si douce en même temps, la mort avait apporté une libération à la fois douloureuse et apaisante. Incapable de trancher sur ce qui pourrait m’être favorable à ce qui ne l’était pas, je remarquais pourtant que j’avais choisi la voie de la punition plutôt que choisir d’être heureuse. Comme quoi, l’humain pouvait se montrer ô combien stupide de fermer les yeux pour embrasser le passé en repoussant l’avenir. Accessoirement, je vivais davantage là-dedans, dans les souvenirs aussi meurtriers que doux, par crainte que le futur soit pire qu’imaginé. De quoi avais-je peur pour reculer autant ? Quand la maladie finissait par en devenir si incompréhensible que rien ne se profilait davantage, c’est qu’il était temps de crever l’abcès pour passer à autre chose.
Fermement décidé à la protéger pour l’empêcher de faire plus de bêtises qu’elle n’en avait déjà à l’heure actuelle. D’un certain côté je la comprenais, son entêtement et elle, j’aurais probablement fait la même chose à sa place ; autant montrer l’exemple et me taire plutôt que d’admettre combien je pouvais la comprendre.

« C’était tout de même inconscient de ta part. »

Comme une impression de me parler à moi-même avec mes conseils. J’avais l’impression d’être elle, mais de l’autre côté, celui du spectateur, et de me regarder faire les bêtises en ignorant les conséquences. Seulement, de ce côté-là, j’avais davantage envie de hurler à la folie que d’approuver. L’être humain est fait de multiples contradictions n’est-ce pas ? S’il est prêt à embrasser le côté sage, il demeure considérablement attiré par le côté frivole et nonchalant. La liberté a un goût sucré dans la bouche auquel personne ne veut faire abstraction une fois goûté. Je sentais sa fatigue croissante, la voyant s’effondrer petit à petit sur le lit, s’affaissant, tombant tout doucement sur le lit. Au moins ne prendrait-elle pas de risques inconscients à s’enfuir en pleine nuit. Ce serait la dernière chose voulue : que ma patiente prenne un risque de plus. Et je n’aimais pas les mesures drastiques comme l’attacher au lit pour l’empêcher de s’enfuir.

« Où voudrais-tu que j’aille ? »

Son inquiétude me fit froncer les sourcils, tout en m’amusant. La minute d’avant, le sommeil refusait de venir en raison d’un mauvais souvenir nous liant toutes deux, et maintenant elle souhaitait que je reste à ses côtés. Tout un esprit de contradiction cette demoiselle.

« Dors au lieu de raconter des bêtises. Je veillerai sur ton sommeil. »

Cela ne se discutait pas, car je ne dormirai certainement pas avant qu’un léger ronflement n’émane dans la pièce. J’étais un peu comme ça, un côté maternel sur les bords, qui allait grandissant quand la personne apparaissait comme vulnérable. C’était un peu comme me protéger moi-même, à travers ce comportement, car j’avais la sensation de me voir à travers Kate, cet entêtement débordant à agir avec impulsivité pour ne pas se laisser enfermer dans une cage dorée.
Le sommeil mit un certain temps à se manifester, les nuits bien plus courtes lorsqu’il était question de veiller sur d’autres, préparant déjà le retour de Kate chez les siens.

« Bien dormi ? »

Quand elle ouvrit les yeux, c’était comme si je n'avais simplement pas dormi de la nuit.


Dernière édition par Grace Milderton le Mer 29 Avr - 16:48, édité 1 fois
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black bird singing in the dead of night | PV Grace & Daïgan Empty Re: black bird singing in the dead of night | PV Grace & Daïgan

le Jeu 23 Avr - 0:40
Take these broken wings and learn to fly

ft. Katelynn Hawkins & Grace Milderton
« C’était tout de même inconscient de ta part. » La moue boudeuse reprend sa place sur le visage de la patiente. C'est bien le genre de choses qu'elle entend quotidiennement, de la bouche de sa famille, de son guérisseur, d'à peu près toutes les personnes qu'elle connaît de près ou de loin. Peut-être qu'elle devrait tenter de prendre ces remarques en compte pour les prochaines fois. Oui, peut-être. Elle y songe à l'instant, mais un battement de cils et l'idée a déjà disparu au loin, comme emportée par une rafale de vent. À quoi bon être trop prudent si ça empêche l'amusement ? Les risques, il n'y a que ça de vrai ! Enfin, du moment qu'on ne se vide pas de son sang au milieu de la forêt. Katelynn est une inconsciente oui. Mais une inconsciente chanceuse. Quand elle a des ennuis, on finit toujours par lui venir en aide, d'une manière ou d'une autre. Peut-être que c'est ça qui énerve le plus son aîné. Qu'elle puisse jouer les impertinentes sans que les conséquences ne lui retombent dessus, jamais. Elle passe par des instants difficile, elle souffre parfois, comme elle souffre depuis sa rencontre au cœur de la montagne. Mais elle finit toujours par se relever et par recommencer. Comme aujourd'hui. Grace ne la sermonne pas plus pourtant. Elle ne lui dit pas de faire plus attention la prochaine fois ou d'arrêter de jouer les idiotes. Elle ne se met pas à l'engueuler ou à lui faire un discours interminable sur les risques qu'elle encourt en recommençant. Et en fait, c'est bien la seule chose qui l'incite à rester tranquille et à reposer sa tête sur l'oreiller – ça et son incapacité à tenir debout une minute de plus. Alors que si elle s'était mise à lui faire la morale, elle aurait sûrement fait l'effort de puiser dans son énergie restante pour la contredire, voire s'en aller. Oui, c'est stupide. C'est carrément puéril. Mais elle l'aurait fait, cette tête de mule. Enfin là, pas besoin d'en venir à de telles extrémités, et heureusement, car la fatigue la gagne et qu'elle a envie de dormir. Mais elle n'a soudain plus envie de se retrouver seule. Pas dans cet endroit inconnu.

« Où voudrais-tu que j’aille ? » Ah, c'est une bonne question. Ailleurs ? Auprès des siens ? Parcourir les bois comme ces animaux nocturnes qui ne sortent qu'à la nuit tombée ? Qui sait, peut-être Grace était-elle une chouette dans une autre vie. Un rapace volant à la lueur de la lune. À nouveau, elle divague, elle se perd dans des images qui n'ont pas de sens. « Dors au lieu de raconter des bêtises. Je veillerai sur ton sommeil. » Katelynn relève des yeux embrouillés de fatigue dans la direction de son médecin du jour et elle sent un élan de reconnaissance l'envahir. Elle se sent alors en sécurité, comme une gamine veillée par le regard apaisant de sa mère. Il y a bien longtemps qu'elle n'a plus connu ça, bien que là, il s'agisse de déformation professionnelle. Pourtant, ça la calme. Elle se sent mieux et parvient à peine à lui adresser un sourire avant de sombrer dans les limbes d'un sommeil profond et sans rêves. Elle dort d'une traite, à poings fermés, pas dérangée à un seul moment par un bruit quelconque ni même par la douleur à sa jambe. Non, rien de tout cela ne vient perturber un repos dont elle avait bien besoin. Et ce, jusqu'au matin, où les premières lueurs du jour traversent les fenêtres et se posent en douceur sur la pièce alors nimbée d'une lumière pâle.

Enfin, Katelynn ouvre les yeux, quelque peu éblouie par cette lumière. Désorientée, elle met quelques temps à se souvenir de l'endroit où elle se trouve. Elle n'a d'ailleurs pas le temps d'y réfléchir avec attention, car une douleur diffuse à sa cuisse finit de la réveiller et ravive sa mémoire embrouillée. Lentement, son regard se pose sur la pièce qu'elle ne connaît pas, sur un mobilier étranger et sur tout ce qui l'entoure. Ca lui revient par bribes, morceau par morceau, jusqu'à ce qu'elle parvienne à assembler le puzzle. Et puis une voix la ramène à l'instant présent. « Bien dormi ? » La Calusa pose son regard encore endormi sur Grace et esquisse un mince sourire, presque timide, avant de hocher la tête avec conviction. Elle se rappelle alors quelques unes des bêtises qu'elle a pu lui dire la veille et sent la gêne lui monter aux joues. Néanmoins, elle préfère ne pas les mentionner. C'est bien mieux ainsi. « Oui très bien, merci. » répond-elle, la bouche pâteuse.

Katelynn se redresse alors, s'appuyant sur ses coudes pour retrouver une position assise, l'esprit encore un peu embrumé par le sommeil qui peine à la quitter. « Est-ce que... je pourrais avoir un peu d'eau ? » demande-t-elle alors, hésitante. Elle n'a pas envie d'abuser, mais Grace a été très claire ; pas question de poser la jambe au sol, au risque de causer des dégâts irréversibles. Et comme elle est incapable de rester en place bien longtemps, elle préférerait éviter ce genre de conséquences.

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